
Briller le temps de deux étés ne fait pas d’un athlète un immense champion. Une carrière se juge sur une période beaucoup plus longue que cela. L’athlétisme a toujours connu des étoiles filantes qui n’ont guère éclairé qu’une nuit ou deux. Mais cette fois, on a vraiment envie d’y croire. Et pour bien des raisons.
La première n’est certainement pas le fait que Christophe Lemaître soit le premier blanc à atteindre un tel niveau en sprint, combien même cela soit de très très loin. Cela ne relève que de l’anecdotique. Par contre, sa progression constante depuis deux ans fait naître bien des espoirs. A 21 ans, il est encore extrêmement jeune et on ne voit aucune raison qu’il n’aille encore bien plus loin. Certes, tout athlète connaît un sommet puis un déclin. Personne ne peut dire à quel moment la courbe va s’inverser et cela arrive parfois de manière très précoce. Mais le voir capable d’améliorer son record de 36 centième d’un coup en finale du 200m confirme bien le fait qu’il possède encore un gros potentiel inexploité.
L’engouement suscité par Christophe Lemaître tient aussi au fait qu’il exerce dans l’épreuve qui représente la quintessence du sport. Le 100 m reste l’épreuve reine, pour le sport individuel tout du moins. Y briller signifie forcément rentrer dans l’histoire de l’athlétisme. Etre champion du Monde du 800m ou du lancer du marteau est certaine honorable, mais votre nom a tout de même toutes les chances de disparaître très vite des mémoires. Si personnellement je ne considère toujours pas Michael Phelps comme le plus grand nageur de tous les temps, c’est tout simplement parce qu’il n’a jamais brillé sur la distance la plus mythique. La médaille de bronze de Christophe Lemaître sur 200m a une valeur infiniment supérieure à tous les titres que pourra remporter un Yohan Diniz en marche.
Ses trois titres de champion d’Europe l’année dernière étaient réjouissants, mais n’avaient guère de valeur au niveau mondial. Christophe Lemaître fait désormais partie du gotha. Mais le niveau en sprint est d’une telle densité que la moindre baisse de régime le fera disparaître aussitôt des palmarès. Espérons qu’il poursuive son ascension pour pouvoir viser encore plus haut dans un an, aux Jeux Olympiques de Londres.
Par contre, est-ce que quelqu’un peut lui dire de raser sa moustache de puceau ridicule ?

On peut affirmer que Valérie Donzelli et Jérémie Elkaïm tiennent là le rôle de leur vie. Au sens premier du terme en fait. Leur performance est extraordinaire. Et qu’importe s’ils jouent en fait leur propre rôle. L’émotion qu’ils arrivent à véhiculer n’est pas que celle d’un témoignage. Elle est celle procurée par des acteurs qui arrivent à incarner une émotion. Sauf que dans La Guerre est Déclarée, ils en incarnent bien plus d’une.

Cowboys et Envahisseurs met en scène une jolie galerie de antihéros. Là encore, on ne crie pas au génie. On a connu mieux dans le genre. Mais on y retrouve du coup un esprit western de la grande époque, peuplé d’archétypes. Le film s’amuse à détourner les poncifs du genre pour les recycler dans une aventure que John Ford n’aurait sûrement pas imaginée. On peut toujours reprocher au film de ne pas tout à fait aller au bout de l’idée, mais cela ne gâche vraiment pas le plaisir, alors inutile de s’y attarder.
Un petit bémol néanmoins sur le dénouement de This Must Be the Place. Si la quête en elle-même se termine sur une idée brillante, la conclusion qui en est tiré laisse nettement plus dubitatif. La signification de la dernière scène n’est pas vraiment claire et les hypothèses que l’on peut formuler, pas vraiment satisfaisante. Cela ne gâche naturellement pas le plaisir ressenti pendant les près de deux heures précédentes. Mais tout de même, c’est dommage de finir sur une légère fausse note. 
Gilles Legrand a été évidemment aidé dans son entreprise par un casting de haute volée. Niels Arestrup n’est jamais aussi bon que quand il joue les rôle de salaud et celui-là lui sied vraiment à ravir. Un homme que l’on déteste dès la première seconde, mais qui arrive tout de même à faire preuve d’un charme qui arrive à séduire tant de gens. En face de lui, Lorant Deutsch confirme qu’il est à l’aise dans tous les genres de rôle et qu’il est encore bien trop souvent cantonné aux comédies pas drôles. Patrick Chesnais signe là encore une fois une prestation remarquable, malgré une grande sobriété. Le quatuor est complété par le jeune Nicolas Bridet qui, s’il ne joue pas encore tout à fait dans la même catégorie, signe là tout de même de bons débuts. 


Qui dit histoire d’amour, dit couple d’acteurs. Ce qu’il y a de bien avec cette phrase toute faite, c’est que je peux la ressortir dès que je rédige la critique de la moindre comédie romantique. Mais comme elle reste vraie, pourquoi se priver. D’un côté, la charmante Anne Hataway. Charmante, car elle n’a rien d’une bombe ou d’une beauté fatale hollywoodienne. Mais quel charme, mon dieu ! Même quand les costumiers et coiffeurs essayent de la rendre quelconque, il reste toujours quelque chose qui émane d’elle et qui vous donne une envie irrésistible de passer les 80 prochaines années de votre vie avec elle. En face d’elle, Jim Sturgess fait beaucoup plus bellâtre. Mais c’est aussi le rôle qui veut ça. En tout cas, les deux sont charmants et arrivent tout à fait à nous faire croire à leur histoire d’amour. Alors qu’on le sait bien, l’amour, c’est comme le Père Noël…
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