CRAZY, STUPID, LOVE : Pas très crazy

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crazystupidloveafficheIl existe une légère variante aux comédies romantiques classiques, où l’on voit deux beaux et jeunes gens tomber amoureux l’un de l’autre, après avoir affronté maintes et maintes péripéties. En effet, on peut aussi tomber sur des films qui se focalisent sur un couple qui bat de l’aile et qui, à la fin, retombe amoureux comme au premier jour. On avait eu ainsi droit cette année au plutôt réussi Bon à Tirer. Dans la même lignée, voici Crazy, Stupid, Love, pour un résultat malheureusement plutôt décevant.

Carl Weaver voit son monde s’écrouler le jour où sa femme, qu’il a rencontré au lycée, lui annonce qu’elle veut divorcer, après l’avoir trompé avec un collègue. Fataliste face à cette nouvelle, il se laisse aller à la déprime. Jusqu’au jour où le jeune et beau Jacob Palmer, serial-tombeur irrésistible, décide de le prendre sous son aile pou lui faire retrouver sa virilité et son potentiel de séduction.

Crazy, Stupid, Love possède bien des qualités. De vraies trouvailles, quelques scènes savoureuses provoquant de vrais éclats de rire et des personnages particulièrement réussis et attachants. Malheureusement, tout cela est dilué dans près de deux heures de film, un format bien trop long pour une histoire dont on sait pertinemment comment elle va finir. Du coup, par manque d’intensité, on a bien du mal à entrer dans cette histoire. Beaucoup plus condensé, ce film aurait été beaucoup plus réussi, à défaut d’être génial.

Crazy, Stupid, Love nous présente trois histoires d’amour en parallèle. Les deux histoires adultes fonctionnent plutôt bien et on apprécie vraiment la compagnie des personnages. La troisième est plus bancale. Pour une fois, l’adolescence n’est pas trop caricaturée, mais on n’y croit pas vraiment et on a plutôt envie de baffer le jeune garçon pour lui demander d’arrêter d’être aussi lourd avec la fille qu’il convoite.

Mais le plus gênant, c’est peut-être de voir que ces trois histoires plutôt différentes arrivent à peu près à la même conclusion, nous expliquant que l’amour au final, c’est quand même formidable et finit toujours par plus ou moins triompher. N’importe quel être humain sait pertinemment que cela n’est pas vrai. Certes, le cinéma, et en particulier les comédies romantiques, sont là pour nous faire rêver, mais trois fois d’un coup, c’est un peu trop et rend du coup le propos définitivement inintéressant. Pourtant ce qui précède est encore une fois relativement bien traité (au moins sur le fond). Dommage de ne pas avoir pris un peu plus de risque avec un dénouement moins conventionnel et attendu.

crazystupidloveL’ensemble du casting ne s’en sort pas trop mal et il serait bien sévère de lui reprocher la moindre part dans le manque de rythme général de Crazy, Stupid, Love. C’est surtout du côté des hommes qu’il brille le plus. Steve Carell et Ryan Gosling forment un duo vraiment attachant et convaincant. Ils interprètent deux personnages diamétralement opposés, sans jamais pourtant sombrer dans la caricature ou en faire trop. Ils en ont pourtant maintes fois l’occasion. Du côté des femmes, Julianne Moore capitalise sur son talent naturel et c’est largement suffisant quand on est une telle actrice. De toute façon, le rôle ne se prêtait pas vraiment à la performance inoubliable. Par contre, Emma Stone apporte une vraie touche de fraîcheur et on peut regretter que son personnage soit quelque peu sous-exploité. Quant aux deux adolescents, on ne parierait pas toute sa fortune sur une brillante future carrière.

Au final, Crazy, Stupid, Love est un film plutôt raté, incapable d’exploiter ses qualités et ses bonnes trouvailles, en les noyant dans des longueurs qui aboutissent à un dénouement totalement attendu.

Fiche technique :
Production : Carousel productions
Distribution : Warner Bros Entertainment France
Réalisation : Glenn Ficarra, John Requa
Scénario : Dan Fogelman
Montage : Lee Haxall
Photo : Andrew Dunn
Décors : William Arnold
Musique : Cristophe Beck, Nick Urata
Effets spéciaux : Gravity
Costumes : Dayna Pink
Durée : 118 mn

Casting :
Steve Carell : Cal
Ryan Gosling : Jacob
Julianne Moore : Emily
Emma Stone : Hannah
Analeigh Tipton : Jessica
Marisa Tomei : Kate
Kevin Bacon : David Lindhagen

OLE BLEUS !

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eurobasketAucune des deux équipes de France battues par l’Espagne ce week-end ne peut vraiment nourrir de regrets. Avec des si, on peut refaire l’histoire à l’infini, mais on a beau la retourner dans tous les sens, on ne voit guère comment elle aurait pu s’écrire autrement cette fois-ci. Certes, on aurait quand même aimé éviter une telle humiliation en tennis, mais la victoire était de toute façon inaccessible. Nos basketteurs n’ont par contre par à rougir et on attend impatiemment de les revoir en 2012, aux Jeux Olympiques de Londres. Les deux pourront tout de même regretter que dans une situation normale, c’est à dire sans cette Espagne à un niveau aussi stratosphérique, elles auraient pu triompher et étoffer leur palmarès.

Ce week-end a illustré jusqu’à la caricature l’incroyable réussite du sport espagnol depuis 10 ans. On ne reviendra pas ici sur les suspicions que cela soulève, même si elles sont légitimes. Mais dans tous les cas, tout ne pourrait pas s’expliquer par un dopage généralisé. Le sport ibérique a vécu une mutation semblable à celle du sport français à l’orée des années 90, mais, il est vrai, avec un réussite extraordinairement plus insolente. Chez nous, c’est d’ailleurs de l’autre côté des Pyrénées que notre culture sportive a définitivement changé, en 1992 à Barcelone. On a certes conservé notre amour des perdants magnifiques, mais on exige désormais le plus souvent la victoire.

On pourrait donc considérer que ce sont nos rugbymen qui ont fait le plus honneur à nos couleurs ce week-end. Mais bon, parfois la manière compte presque autant que le résultat brut. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le XV de France est loin d’avoir rassuré ses supporters avec cette victoire désespérément poussive contre le Canada.

HABEMUS PAPAM : Habemus grand film

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habemuspapamafficheNani Moretti est un réalisateur qui ne m’a jamais convaincu. Bon, j’avoue que j’ai jamais osé regarder Palombella Rossa, que tout le monde autour de moi a toujours qualifié de sommet de l’ennui. J’avais par contre aimé la Chambre du Fils, Palme d’Or au Festival de Cannes, même si je n’avais pas vraiment fait preuve du même enthousiasme que bien des spectateurs et des critiques. Mais cette fois-ci, je dois avouer qu’il nous offre avec Habemus Papam un des meilleurs films de l’année.

Le Pape vient de mourir. Les cardinaux se rassemblent et se coupent du monde pour former le conclave chargé de désigner son successeur. Après plusieurs tours de vote qui n’ont pu départager les favoris, les suffrages se portent soudainement massivement sur le Cadirnal Melville. Mais ce dernier, au moment d’apparaître au balcon face à la foule attendant sur la Place St Pierre est frappé d’une profonde dépression. La foule attendra… Les cardinaux aussi, car tant que le Pape n’est pas connu du monde extérieur, le conclave se poursuit.

Habemus Papam part d’une idée un peu folle, mais pas si impensable que ça. En effet, il n’est pas si rare que les grands de ce monde fondent les plombs. Evidemment, c’est la dernière chose que l’on attend d’un Pape, mais d’une autre côté, il reste un homme… C’est d’ailleurs là tout le message de ce film qui porte un regard sévère sur l’institution, mais si tendre sur les hommes qui la composent. Le tout est réalisé avec beaucoup d’humour, infiniment de subtilité et d’intelligence et sans jamais laisser place à l’ennui.

Habemus Papam est donc un film réjouissant et enjoué. Un peu plus d’une heure et demi, c’est juste ce qu’il faut pour conserver légèreté et rythme. Nani Moretti ne surexploite aucune de ses nombreuses très bonnes idées. Son message est simple et direct, sans fioritures inutiles, délivré par un merveilleux humour humaniste. On est là face à une vraie comédie. Un tournoi de volley organisé entre les cardinaux dans la cours du Vatican tient lieu de morceau de bravoure à un film vraiment surprenant, qui sait manier aussi bien l’humour visuel que situationnel. De vrais éclats de rire donc, au service d’un message puissant.

Il y a deux histoires en parallèle dans Habemus Papam. Celle de ce Pape, partagé entre le désir de fuite et la volonté de trouver la force d’accomplir sa mission et celle de ce psychanalyste, enfermé avec les cardinaux et qui va les pousser à sortir du carcan dans lequel leur fonction les enferme pour qu’ils retrouvent une humanité et une spontanéité quelque peu enfouies. Une est plus intimiste, l’autre est plus exubérante. Mais les deux sont traités avec le même bonheur, la même intelligence et toujours le même humour.

habemuspapamHabemus Papam n’est donc en rien une sorte de parodie de la vie au Vatican. Nani Moretti ne cherche pas à se moquer ou à ridiculiser. Le rire est ici toujours porteur de sens. Il y a chez lui une infinie tendresse envers ses personnages. Certes, on sent chez lui la critique au final assez dure d’une institution dont il dénonce sans en avoir l’air le caractère hautement théâtral et étouffant. Mais au final, il ne blesse personne, car il n’y a pas de méchants et de gentils, simplement des êtres humains ayant parfois envie d’échapper au poids de responsabilités qui finissent trop souvent par les rattraper. Quant à la conclusion… Je n’en dirai rien, sauf qu’elle navigue entre optimisme et pessimisme et consitue une parfaite conclusion à un film d’une rare intelligence (bon je sais, je me répète un peu…).

Le film est merveilleusement interprété par l’ensemble du casting. On retiendra avant tout les performances de deux stars de Habemus Papam. Michel Piccoli n’est peut-être plus tout jeune et de plus en plus rare à l’écran. Mais quantité n’est pas qualité, ce film en est la preuve. Ce rôle restera sûrement un de plus marquants d’une carrière pour lequel le qualificatif d’immense est encore loin de la réalité. Mais le vrai détonateur de ce film est Nani Moretti lui-même, absolument époustouflant, drôle et véhiculant une formidable énergie. On peut donc saluer son formidable talent à double titre.

Habemus Papam est donc un film drôle et réjouissant, formidablement intelligent, surprenant et parfaitement réalisé. Bref un vrai grand moment de cinéma.

Fiche technique :
Production : Sacher film, Fandango, Le Pacte
Réalisation : Nanni Moretti
Scénario : Nanni Moretti, Francesco Piccolo, Federica Pontremoli
Montage : Esmeralda Calabria
Photo : Alessandro Pesci
Décors : Paolo Bizzarri
Distribution : Le Pacte
Son : Alessandro Zanon
Musique : Franco Piersanti
Durée : 102 mn

Casting :
Michel Piccoli : le pape
Nanni Moretti : le psychanalyste
Jerzy Stuhr : le porte parole
Margherita Buy : la psychanalyste
Renato Scarpa : Cardinal Gergori
Franco Graziosi : Cardinal Bollati

DESESPOIR BLEU, DES ESPOIRS BLEUS

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francejaponOn ne saura sans doute jamais ce qu’a dit Marc Lièvremont à ses joueurs à la mi-temps de France-Japon. Et c’est tant mieux, car cela n’a pas du constituer un modèle de discours motivant et efficace, tant le XV de France a été catastrophique lors des 30 premières minutes de la seconde mi-temps. J’ai exposé dans un billet précédent à quel point je ne croyais pas à cette Equipe de France. Je crains de plus en plus qu’elle me donne raison, car il semblerait qu’elle n’a pas encore touché le fond, ou alors, si c’est le cas, qu’elle a des ressources insoupçonnées pour creuser encore.

Le sélectionneur peut tenter de charger ses joueurs devant la presse tant qu’il voudra, il y a un seul responsable du spectacle navrant de dimanche dernier, c’est lui-même. La longue préparation ne semble pas avoir fait le moins du monde progresser son équipe, qui inquiète tout autant qu’après la défaite contre l’Italie lors du dernier Tournoi des VI Nations. Le problème, c’est que cette inquiétude ne nous quitte pas depuis 4 ans. Depuis l’arrivée de Marc Lièvrement à la tête de l’équipe de France…

Heureusement, il y a des Bleus qui, eux semblent armés pour décrocher la lune. L’Equipe de France de basket a atteint un niveau, une maturité et une maîtrise qu’on le lui connaissait pas. Depuis que les joueurs hexagonaux sévissent en NBA, on attend en fin que cela se concrétise enfin sous le maillot bleu. Pour l’instant, nous avons surtout récolté de la déception. Restons cependant prudent, car les choses vraiment sérieuse ne commence que demain avec les quarts de finale du Championnat d’Europe. Mais cette fois, on a toutes les raisons d’être confiant. Et de rêver à plus loin !

AU REVOIR : Le dur et austère chemin de l’exil

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aurevoirafficheLe cinéma iranien est à l’honneur cette année. Le magnifique Une Séparation a reçu l’Ours d’Or au Festival de Berlin. Voici désormais, Au Revoir, prix de la mise en scène au dernier Festival de Cannes. Un film engagé qui vaut à son réalisateur un procès dont il attend aujourd’hui le verdict. Mais un film également nettement moins enthousiasmant que son prédécesseur.

Une femme iranienne vit une situation de plus en plus désespérée : elle apprend que le bébé qu’elle porte est trisomique et elle perd sa licence d’avocate, car son mari, journaliste très critique face au régime, est contraint de vivre désormais dans la clandestinité. Alors elle décide de fuir son pays. Mais le chemin de l’exil est semé d’embûches.

Au Revoir constitue un poignant témoignage sur la situation actuelle en Iran, sur les lourdeurs de cette société qui oppresse et opprime. Le récit nous fait partager à la fois le quotidien des victimes de ce régime et le désespoir causé par les difficultés d’y réchapper. Car l’Iran ne tolère pas que l’on quitte son sol, même si on est un opposant (contrairement à Cuba qui ferme facilement les yeux). On suit la jeune femme dans toutes les étapes de la préparation de sa fuite, sentant à chaque instant la présence de l’étau prêt à se refermer sur elle.

Sur le fond, l’intérêt d’Au Revoir est incontestable. Sur la forme, le film peut rebuter. Il en effet particulièrement austère. Le prix de la mise en scène reçu à Cannes montre bien qu’il y a là une vraie démarche artistique volontaire. Mohammad Rassoulof a voulu nous faire ressentir de manière visuelle la dureté de la société iranienne. En effet, ce film est tourné exclusivement en plan fixe. Jamais la caméra ne se déplace. Les plans sont généralement assez longs, jamais moins de dix secondes et souvent supérieurs à la minute.

Au Revoir est donc un film incroyablement statique. Le spectateur est ainsi enfermé par l’image, comme l’est la protagoniste principale. La sensation est étouffante, presque claustrophobique. Mais cette âpreté dans la forme rend du coup ce film particulièrement froid, car le spectateur n’est pas avec la jeune femme, mais de l’autre côté du mur constitué par l’écran. On reste en dehors de l’histoire, n’arrivant pas vraiment à tisser de lien avec elle, tout comme elle n’arrive pas à en créer avec tous ceux qui l’entourent. On ne s’attache pas vraiment, on ne ressent que trop peu ses émotions, qu’elle n’a de toute façon très peu d’occasion d’exprimer.

aurevoirAu Revoir présente donc un vrai parti-pris artistique. On peut saluer la démarche et le risque encouru. Mais peut-être aurait-il mieux fallu rendre la forme plus accessible pour mieux faire passer le message. Surtout que ce film vient peu après Une Séparation, qui traite globalement du même sujet, mais avec infiniment plus d’émotion. La déception prédomine donc quelque peu, face à ce personnage qu’on aurait souhaité aimer, au-delà de la simple compassion, mais qui reste bien trop une étrangère.

L’actrice Leyla Zareh n’aura par contre rien à se reprocher. Certes, son jeu est lui aussi très austère, mais elle arrive à porter entièrement Au Revoir sur ses épaules sans jamais faiblir une seule seconde. On espère surtout qu’elle échappera à la répression qui frappe le réalisateur et on peut imaginer le courage qu’il a fallu avoir pour interpréter ce rôle. Le même courage dont fait preuve le personnage qu’elle interprête.

Au Revoir ne laisse pas indifférent, aussi bien sur la forme que sur le fond. Mais malheureusement, ce sentiment n’est pas que positif et une mise-en-scène radicale éloigne trop un spectateur qui aurait tant voulu entrer dans ce film.

Fiche technique :
Production : Mohammad Rasoulof films
Réalisation : Mohammad Rasoulof
Scénario : Mohammad Rasoulof
Montage : Arastoo Givi
Décors : Saeid Asadi
Distribution : Pretty Pictures
Son : Hussein Mahdavi
Durée : 100 mn

Casting :
Leyla Zareh : la jeune avocate

L’ANGE DU MAL : Mesrine 1 Vallanzasca 0

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langedumalafficheL’Italie a offert au monde les pizzas, les spaghettis, Eros Ramazzotti, le catenaccio, des raisons de donner des coups de boule… et beaucoup de gangsters, réels ou imaginaires. Renato Vallanzasca a bel bien existé et défrayé la chronique judiciaire transalpine au cours des années 60 et 70. Une sorte de Mesrine à l’Italienne, qui avait su séduire les foules par son charisme et son humour, qui faisaient oublier tout le sang qu’il a fait couler. L’Ange du Mal nous raconte son histoire.

Renato Vallanzasca a commencé sa carrière criminelle à l’âge de 9 ans. Vingt ans plus tard, il deviendra célèbre pour ses nombreux braquages de banque. Malgré les victimes qu’il laisse dans son sillage, il deviendra la coqueluche d’une partie de l’Italie, tombée sous son charme dévastateur.

Le parallèle entre Vallanzasca et Mesrine n’est pas qu’historique, mais aussi cinématographique. En effet, on peut facilement imaginer que le film de Jean-François Richet a sûrement influencé la démarche de Michele Placido, même si évidemment l’Italie ne nous a pas attendus pour nous livrer régulièrement des films de gangsters. On se souvient notamment de Romanzo Criminale, avec le même acteur principal ou de l’excellent Gamorra. Mais malheureusement, on ne peut pas dire que l’Ange du Mal apporte quoique ce soit de nouveau ou de bien intéressant.

Renato Vallanzasca est certes un personnage réel hors du commun. Presque un personnage de cinéma… Mais c’est peut-être bien là le problème, car il ne se démarque que très peu de bien des personnages de fiction, qu’il a paradoxalement inspiré. Le modèle original a été surpassé par ses copies. Du coup, le spectateur a bien du mal à s’enthousiasmer devant le spectacle de sa vie. Que les faits soient réels n’apportent rien, car on n’est pas dans l’émotion.

L’Ange du Mal est tourné comme un film de gangsters classiques et se veut spectaculaire. Sa dimension historique reste donc réellement anecdotique. Mais on lui préfèrera un bon paquet de films du même genre. Le choix ne manque pas dans cette catégorie, reléguant inexorablement ce film au rang d’œuvre mineure et absolument pas indispensable. On ne passe pas un mauvais moment, mais on suit les péripéties d’un œil plutôt discret et, sans avoir tout du long regardé sa montre, on n’est pas non plus mécontent que cela soit fini.

langedumalLa réalisation de Michele Placido est à l’image générale du film. C’est propre et professionnel, mais sûrement pas génial, encore moins original. On le sent hésitant entre un style très efficace et purement commercial et la volonté de nous raconter réellement une histoire. Faute d’avoir tranché, il condamne L’Ange du Mal à une certaine médiocrité et l’empêche de se démarquer du reste du nombre assez pléthorique de films de gangsters.

Kim Rossi Stuart met pourtant tout son charisme au service de son personnage. Il est difficile de lui reprocher quoique ce soit. Mais n’est pas Vincent Cassel qui veut et il n’arrive pas à porter à lui seul sur ses épaules un film par ailleurs trop dénué de surprises. Le reste du casting nous offre pléthore de seconds rôles. Cependant, là encore, rien de vraiment remarquable.

Sans être vraiment raté, l’Ange du Mal ne soulèvera pas l’enthousiasme des foules. Les amateurs de films de gangsters y trouveront peut-être quand même leur compte. Les autres pourront trouver aisément bien meilleur dans le même genre.

Fiche technique :
Titre original : Vallanzasca – Gli angeli del male
Réalisation : Michele Placido
Scénario : Michele Placido, Kim Rossi Stuart, Antonio Leotti, Toni Trupia, Andrea Leanza, Antonella D’Agostino et Angelo Pasquini d’après le livre de Renato Vallanzasca, Carlo Bonini et Antonella D’Agostino
Production : Elide Melli
Photo : Arnaldo Catinari
Pays d’origine : Italie
Format : Couleurs
Genre : Drame, policier, thriller, biographie
Durée : 125 minutes

Casting :
Kim Rossi Stuart : Renato Vallanzasca
Filippo Timi : Enzo
Moritz Bleibtreu : Sergio
Valeria Solarino : Consuelo
Paz Vega : Antonella D’Agostino
Francesco Scianna : Francis Turatello
Gaetano Bruno : Fausto

SEXE ENTRE AMIS : Beaucoup de fil blanc, mais bien cousu

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sexeentreamisafficheLorsque j’ai vu les affiches de Sexe entre Amis dans le hall de mon cinéma préféré (UGC La Défense pour ceux qui voudraient m’y croiser !), je me suis immédiatement dit : Jamais je n’irai voir ce film. Rien que le titre raconte le début, le milieu et la fin de l’histoire… Mais vous l’aurez compris, je n’ai pas tenu parole et au final, je ne le regrette pas. Même si le titre raconte bien le début, le milieu et la fin…

Dylan débarque à New-York depuis Los Angeles du fait de l’insistance de Jamie, chasseuse de têtes, qui veut absolument en faire le nouveau directeur artistique du magazine GQ. En une soirée, elle arrive à le convaincre d’accepter. Ils deviennent très vite les meilleurs amis du monde. Evidemment, beaux comme ils sont, ils finissent par coucher ensemble. Mais ils décident que cela restera purement sexuel et ne remettra pas en cause leur amitié.

N’attendez surtout pas de Sexe entre Amis la moindre surprise quant au dénouement. Il se termine exactement comme prévu, dans un happy end romantique des plus hollywoodiens. Mais pourtant, on n’a pas pour une fois envie de se fourrer deux doigts au fond de la gorge face à ce spectacle dégoulinant de bons sentiments. En effet, ce qui sauve le film, c’est qu’à la première seconde où l’on voit Dylan et Jamie, on se dit qu’ils feraient un très beau couple. Du coup, on a vraiment envie de les voir finir ensemble et d’assumer enfin leurs sentiments réciproques.

Les deux personnages de Sexe entre Amis sont en effet particulièrement sympathiques, malgré leur statut d’urbains américains jeunes beaux gagnant beaucoup d’argent grâce à un métier super cool censé nous faire rêver. Il y a quelque chose en eux qui les rend particulièrement attachants, dès la première seconde. Au moins, le film échappe au classique « il a l’air antipathique au premier abord, mais en fait, c’est un mec génial, donc ils vont finir par s’aimer ».

Parce que bon, au-delà de ça, on ne réchappe quand même pas à tout un tas de poncifs propres aux comédies romantiques hollywoodiennes. On s’amusera notamment du contraste entre des dialogues et des situations très crus sexuellement parlant et le fait que Jamie fait toujours attention à couvrir sa poitrine avec le drap, de peur que le spectateur ne voie un téton. Ce côté faussement puritain peut énerver, mais à force, on n’en a pris l’habitude. Par contre, là où le film est carrément borderline, c’est sur la mise en scène de la maladie d’Alzheimer du père de Dylan pour le conduire à avouer sa flamme et ne plus avoir peur de s’engager.

sexeentreamisMais au fond, le plus important, c’est que Sexe entre Amis est tout simplement très drôle. Et même si l’humour tourne beaucoup autour du sexe, le film est très rarement vulgaire. Il alterne premier et second degré, avec rythme et pas mal de bonheur. Ce n’est pas la comédie romantique la plus drôle de l’année, mais au moins, elle fonctionne et on ne s’ennuie pas une seule seconde. Après, on ne peut qu’admettre que tout y est cousu d’un gros fil blanc.

Sexe entre Amis tend également à prouver deux choses. Premièrement que Justin Timberlake se défend en tant qu’acteur, même si ce n’est pas non plus Robert De Niro. Ca viendra peut-être, mais j’en doute très très fort. Par contre, Mila Kunis est très certainement une des actrices le plus sous-cotées d’Hollywood, même si cela est certainement en train de changer. Magnifique dans The Black Swan, on l’attend avec impatience dans l’adaptation du Magicien d’Oz de Sam Raimi. En attendant, dans ce film, elle livre une performance très professionnelle, mais à laquelle son charme naturel rajoute un supplément non négligeable.

Sexe entre Amis constitue donc une comédie romantique sans surprise, mais qui fonctionne grâce à un humour efficace et un couple adorable.

Fiche technique :
Production : Screen Gems, Castle Rock Entertainment, Eucker productions, Olive Bridge Entertainment
Distribution : Sony Pictures Releasing France
Réalisation : Will Gluck
Scénario : Will Gluck, Keth Merryman, David A. Newman
Montage : Tia Nolan
Photo : Michael Grady
Décors : Marcia Hinds
Costumes : Renee Ehrlicj Kalfus
Durée : 109 mn

Casting :
Justin Timberlake : Dylan
Mila Kunis : Jamie
Patrica Clarkcson : Lorna
Jenna Elfman : Annie
Bryan Greenberg : Parker
Richard Jenkins : Mr. Harper
Woody Harrelson : Tommy
Emma Stone : Kayla

PRESUME COUPABLE : L’enfer du Nord

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presumecoupableafficheCette année aura été pour le cinéma français l’année des films sur les erreurs judiciaires, avérées ou supposées. Après Omar m’a Tuer, voici Présumé Coupable, qui revient sur l’affaire d’Outreau, pour laquelle 13 personnes ont été accusées à tort des pires exactions pédophiles. Certaines ont même été jugées coupables en première instance de manière aléatoire et incompréhensible, avant d’être innocentées en appel. Parmi elles, Alain Marécaux dont ce film raconte l’histoire.

Alain Marécaux est huissier de justice à Outreau, dans le Nord. Un matin, la police débarque chez lui et l’arrête, ainsi que son épouse, les accusant de viol sur mineurs. Commence alors un terrible cauchemar face à une machine judiciaire qui va le broyer, alors qu’aucune preuve de sa culpabilité n’existe.

A la fin de Présumé Coupable, une partie de la salle a applaudi. C’est un phénomène suffisamment rare pour être signalé. Cela ne tient pas tant aux qualités cinématographiques bien réelles de ce film qu’à l’émotion que cette histoire, encore très fraîche dans les mémoires, véhicule dans notre imaginaire collectif. Cette sensation de proximité avec une tragédie, qui, au fond, aurait pu arriver à chacun de nous, renforce encore la facilité avec laquelle on rentre dans ce film, pour ne pas en ressortir tout à fait indemne.

Mais Présumé Coupable a l’intelligence de ne pas nous raconter cette histoire de manière trop directe et ne ressemble donc pas un documentaire enflammé et à charge contre le système judiciaire. Ce n’est pas un film sur l’Affaire d’Outreau, mais sur le calvaire d’Alain Marécaux. Ce choix permet à Vincent Gareng de nous offrir un vrai moment de cinéma, qui aurait pu exister, même s’il n’était qu’une pure fiction. Après, le fait que cela soit des faits réels ne vient qu’amplifier une émotion, qui n’est jamais facile.

Présumé Coupable ne se focalise donc pas directement sur la violence de la police, sur l’entêtement absurde et détestable du Juge Burgaud ou sur les médias qui ont rapporté les faits et livrer la réputation de ces gens aux chiens, sans jamais prendre le moindre recul. Certes tout cela apparaît mais le film se focalise beaucoup plus sur les conséquences de tout ça. Sur la vie qui se brise, sur l’amour qui ne survit pas, sur le regard des autres qui même accompagné d’un mot de soutien en dit long sur le jugement qui est déjà tombé, sur le désespoir face à la sensation qui grandit un peu plus chaque jour que le cauchemar ne prendra jamais fin.

presumecoupableMais Présumé Coupable, comme Omar m’a Tuer, constitue un exercice qui a ses limites. Il s’agit là d’un témoignage, mais qui rapporte des faits déjà connus de tous. Il n’y a pas d’éléments nouveaux, simplement la mise en image de ce que l’on savait déjà. Cependant, il nous fait prendre conscience, au moins partiellement, de ce qu’a pu être le calvaire de ses hommes et ses femmes. Si cela nous amène à ne pas juger trop vite ceux que les médias nous livrent comme coupables, alors l’exercice n’aura pas été vain.

Présumé Coupable est aussi la confirmation que Philippe Torreton est peut-être le plus grand acteur français actuel. Mais en choisissant des rôles difficiles et intéressants plutôt que populaires, il renonce peut-être à la une des journaux people (en plus, je doute qu’il soit du genre à pisser dans une bouteille…), mais sûrement pas à l’admiration de tous les cinéphiles. Ce film est aussi l’occasion d’une vraie révélation, celle de Raphaël Ferret, qui tenait pourtant son premier rôle au cinéma. Son interprétation du Juge Burgaud, à la fois sobre et terrifiante, contribue largement à la réussite de ce film.

Au final, Jugé Coupable réussit à éviter tous les pièges, notamment le voyeurisme ou la dénonciation directe et facile. Il constitue plus une piqure de rappel, plus qu’une révélation. Mais il y a des piqures de rappels parfois nécessaires.

Fiche technique :
Production : Nord-Ouest Films, France 3 Cinéma, Artémis productions
Distribution : Mars distribution
Réalisation : Vincent Garenq
Scénario : Vincent Garenq, d’après le livre d’Alain Marécaux
Montage : Dorian Rigal-Ansous
Photo : Renaud Chassaing
Son : Pascal James
Directeur artistique : Yves Brover
Durée : 102 mn

Casting :
Philippe Torreton : Alain Marécaux
Wladimir Yordanoff : Maître Delarue
Noémie Lvovsky : Edith Marécaux
Raphaël Ferret : Le juge Burgaud
Michèle Goddet : Thessy
Farida Ouchani : Myriam Badaoui
Olivier Claverie : Le procureur

BLACKTHORN : Western crépusculaire et andin

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blackthornafficheButch Cassidy est une des figures les plus mythiques de l’Ouest américain. Avec son complice Harvey Logan, dit le Kid, il a connu une carrière criminelle des plus brillantes à la fin du XIXème siècle. L’histoire voudrait qu’ils soient morts en 1908, alors qu’ils avaient fui en Bolivie. Cependant, des tests ADN effectués en 1991 tendraient à prouver que les deux cadavres n’étaient pas ceux des deux fameux bandits, confirmant ce que la sœur de Butch Cassidy a écrit dans ses mémoires. On peut donc tout imaginer quant à la fin de sa vie.

James Blackthorn est un Américain, éleveur de chevaux qui vit au fin fond de la Bolivie. Il entretient une correspondance avec une jeune garçon, qui est peut-être son fils, mais qu’il n’a jamais vu. L’âge avançant, il décide de vendre sa ferme et de revenir aux Etats-Unis pour enfin le rencontrer. Mais sur sa route, il croise une ingénieur espagnol, qui a volé de l’argent à un des plus importants propriétaires miniers du pays. Ce dernier finira par découvrir le secret de James, qui est en fait le célèbre Butch Cassidy, et l’entraîne dans une dernière aventure.

Blackthorn est donc un western… mais n’en est pas un. Il ne se déroule pas aux Etats-Unis et non au XIXème siècle, mais dans les années 30. Pourtant, on retrouve beaucoup des éléments qui ont fait la légende du genre, à commencer par le personnage principal bien sûr. On est donc dans le western crépusculaire, à la Impitoyable, où les héros ont vieilli et porte un regard quelque peu désabusé sur leur passé. Ce film n’est donc ni aussi original, ni aussi classique qu’il pourrait en avoir l’air à première vue.

En fait, le seul défaut de Blackthorn, c’est justement de ne pas être Impitoyable, auquel il fait forcément penser. Mais on peut le lui pardonner aisément et apprécier ce film à sa juste valeur. Un scénario qui mêle situations classiques et quelques rebondissements particulièrement inattendus est particulièrement solide. De beaux duels à coups de pistolet qui, même dans une montagne verdoyante, ressemblent forcément à ceux des grandes plaines de l’Ouest. La photographie est elle-aussi très soignée, nous permettant de découvrir que les déserts boliviens n’ont rien à envier aux décors plus habituels des westerns. On n’en sort donc pas forcément bouleversé, mais au moins, le spectateur en a pour son argent.

blackthornBlackthorn repose beaucoup sur la relation entre les deux personnages principaux. Le premier vieux routier un peu bougon, l’autre jeune imprudent embarqué dans une aventure qui le dépasse. Là encore, cela ne brille pas par une originalité délirante. Mais là encore, ce n’est guère gênant car cela constitue un fil rouge, une trame narrative, sans que le scénario ne se livre à une analyse psychologique super profonde, qui aurait de toute façon déjà senti le déjà-vu. Le film reste avant un tout un film d’aventures.

Blackthorn offre à Sam Shepard un rôle à sa mesure. Il n’a peut être plus tout à fait à l’étoffe des héros, mais il porte encore le chapeau de cow-boy comme personne. Il entre totalement dans la peau de son personnage, qui doit quelque part de toute façon lui ressembler… l’aspect criminel en moins. Face à lui, un excellent Eduardo Noriega. Certes, il est un peu dans l’ombre de son illustre aîné, mais c’est aussi le rôle qui veut ça.

Au final, Blackthorn n’a peut-être pas totalement exploité le potentiel de l’idée de départ. Mais il reste un film élégant et agréable à suivre.

Fiche technique :
Production : Arcadia Motion pictures, Aiete-Ariane Films, Quickfire, Pegaso Producciones, Noodles prod, Buena Suerte, Eter pict., Nix
Distribution : Bac films
Réalisation : Mateo Gil
Scénario : Miguel Barros
Montage : David Gallart
Photo : Juan Ruiz Anchia
Musique : Lucio Godoy
Directeur artistique : Juan Pedro de Gaspar
Durée : 92 mn

Casting :
Sam Shepard : James Blackthorn
Eduardo Noriega : Eduardo Apodaca
Stephen Rea : Mackinley
Padraic Delaney : Sundance Kid
Nikolaj Coster-Waldau : James, jeune
Cristian Mercado : Le général de l’armée bolivienne
Daniel Aguirre : Ivan

DETOURS (Sheryl Crow) : Toujours au top !

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detourssherylcrowSheryl Crow ne possède que deux défauts. Déjà celui d’avoir épousé Lance Armstrong. Bon, ça je lui pardonne, car elle a réparé cette funeste erreur depuis. Par contre, ce que j’ai beaucoup plus de mal à passer outre, c’est le fait qu’elle ne m’ait pas épousé. Certes, elle a dix-sept ans de plus que moi, mais ce n’est qu’un détail sans importance. Enfin, quand on y repense, c’est surtout elle qui devrait s’en vouloir…

Bon, si on revenait un peu au sujet de cet avis, c’est à dire l’album Detours, sorti en 2008. Il ne s’agit que du 6ème album (un 7ème est sorti depuis) studio de la chanteuse, dont la carrière a démarré en 1993 avec l’inoubliable Tuesday Nigth Music Club, un de mes albums préférés. Elle n’est donc pas hyper productive. Mais si elle prend son temps, c’est pour toujours nous proposer de petits bijoux à consommer sans modération. Et celui-ci n’échappe pas à la règle.

Detours propose ce que Sheryl Crow sait faire de mieux. Une musique folk-country, douce et mélodieuse, mais avec ce supplément de personnalité qui différencie le commun de l’exceptionnel. Soyons honnête, cet album n’est pas le plus inoubliable de la chanteuse… mais reste infiniment supérieur à la plupart de ce qui est produit dans le genre. En fait, il ne manque qu’un vrai single sortant incontestablement du lot.

En effet, il n’y a vraiment rien à jeter dans ce Detours. Si le titre Gasoline est un peu plus en retrait, cela est tout à fait relatif et pourrait constituer le titre phare de bien des albums. Il y a donc une vraie densité dans cet album. Il n’est certes pas le plus varié qui soit, mais sur le thème de la ballade folk, Sheryl Crow sait tout faire et nous le prouve une nouvelle fois. Elle arrive à ne jamais donner la sensation que l’on est en train de toujours écouter le même titre.

C’est surtout du au fait que Sheryl Crow arrive vraiment à chanter, tout en prononçant ses paroles avec un ton de comédienne. Bien sûr, on est loin des techniques des chanteuses d’opéra, mais cela donne beaucoup de vie à sa musique. Les sentiments, les impressions de joie, de mélancolie ou de tristesse ne sont pas procurées que par la musique, mais réellement également par le chant. Il est vrai qu’elle s’appuie sur un style bien à elle, où le partie vocale interprète une mélodie en léger décalage avec l’instrumentation. Un effet dont elle n’abuse pas, mais que l’on retrouve dans toute son œuvre.

Avec Detours, Sheryl Crow confirme son statut de figure majeure de la folk musique. Ses albums sont un peu comme ceux d’un Bruce Springsteen pour le rock US. Plus forcément un super événement médiatique, mais la preuve que c’est souvent dans les relativement vieux pot que l’on fait les meilleures soupes. Même si je ne suis pas sûr qu’à 49 ans, Sheryl Crow apprécierait de se faire traiter de vieux pot…

Detours prendra donc place avec un vrai bonheur dans la discothèque, aux côtés de tous ses autres albums… Bon sauf le dernier en date, mais je vais vite combler ce retard impardonnable !

Pour terminer, un petit tour des titres qui peuplent Detours.

1.: God Bless This Mess
Une chanson simple, mais très belle, au son proche de celui d’un enregistrement pirate.

2.: Shine Over Babylon
Un titre typique de Sheryl Crow, où la voix est en décalage avec la musique.

3.: Love Is Free
Morceau gai et enjoué, presque enfantin, mais surtout très rafraîchissant.

4.: Peace Be Upon Us
Un morceau calme, aux rythmes orientaux envoûtants.

5.: Gasoline
Un titre très country, assez gai, mais un peu moins bon.

6.: Out Of Our Heads
Un morceau dont l’instrumentation a parfois des accents électro, mais le résultat est excellent.

7.: Detours
Ballade très classique, mais pleine du talent de Sheryl.

8.: Now That You’re Gone
Une ballade pop, bien mais sans plus.

9.: Drunk With The Thought Of You
Ballade épurée, classique et surtout très jolie.

10.: Diamond Ring
La voix de Sheryl est ici très claire, pour un très joli titre.

11.: Motivation
Un morceau rythmé, qui aurait pu être carrément génial avec un tout petit peu d’énergie supplémentaire.

12.: Make It Go Away (Radiation Song)
Une très belle ballade triste et mélancolique.

13.: Love Is All There Is
Un titre vraiment excellent, entraînant et où la voix de Sheryl est superbe.

14.: Lullaby For Wyatt
Une chanson épurée, où la voix se fait douce et claire.