
En 1942, Younes venu d’Algérie vit du marché noir. Arrêté par la police, il n’a d’autre choix que de les aider en acceptant d’espionner ce qui se passe à la Grande Mosquée de Paris. En effet, le recteur est soupçonné de délivrer de faux papiers. Younes y rencontrera Salim, se liera d’amitié avec lui avant de découvrir qu’il est juif. C’est alors qu’il décidera de rejoindre la combat pour la liberté.
Les Hommes Libres possèdent donc un réel intérêt historique. Avant tout, à propos de l’époque où se déroulent les évènements, mais aussi en nous projetant vers l’avenir. En effet, si de nombreux Algériens ont combattu du côté de la résistance, c’est aussi pour espérer bénéficier enfin en retour d’une réelle reconnaissance. Cela ne se passera évidemment pas tout à fait comme cela pour aboutir au conflit que l’on sait. Un film riche donc qui replace avec bonheur les choses dans leur contexte, sans parti pris ou revendications exacerbées.
Du coup, les Hommes Libres manque peut-être d’un rien de souffle épique qui aurait pu lui donner une toute autre dimension. Certes, le scénario est rythmé, avec un peu d’action et des rebondissements. On ne s’ennuie donc pas, même si cela est rarement spectaculaire. On est plutôt devant un bon polar, pas révolutionnaire, mais agréable à suivre. Mais en dehors de son contexte historique, cette histoire est de bonne facture, mais sans éclat ou génie particulier.
Les Hommes Libres pêchent en fait par des personnages un peu trop classiques, pour ne pas dire caricaturaux. Le parcours de Younes, sa prise de conscience puis son engagement, restent sans surprise. On aurait même envie de dire cousus de fil blanc. Son cousin, idéaliste, rappelle lui aussi tant et tant de personnages du même type. Seul le recteur, Kaddour Ben Gharbit, personnage historique, est un peu plus ambiguë et intéressant. Le propos aurait sans doute mérité une psychologie des personnages plus subtiles. Mais encore une fois, cela est loin de retirer tous les mérites réels de ce film.

Les Hommes Libres laisse donc une grande place au talent des acteurs. Tahar Rahim occupe le rôle titre, mais plombé par un personnage trop prévisible, il se contente d’assurer une performance propre et sans bavure, mais sans génie non plus. La vraie révélation du film s’appelle Mahmud Shalaby qui possède une réelle présence à l’écran. La star de ce film reste évidemment l’inoxydable Michael Lonsdale. Pour mesurer l’immense talent de ce géant du cinéma français, on notera qu’il est aussi à l’aise ici en recteur de la Grande Mosquée de Paris qu’en moine de Thibérine dans Des Hommes et des Dieux.
Les Hommes Libres n’est donc certainement pas le film de l’année. Mais le sujet, relativement bien traité, est assez digne d’intérêt pour que le film le soit aussi.
Fiche technique :
Réalisation : Ismaël Ferroukhi
Scénario : Ismaël Ferroukhi et Alain-Michel Blanc
Musique : Armand Amar
Photographie : Jérôme Alméras
Son : Jean-Paul Mugel, Séverin Favriau, Stéphane Thiébaud
Montage : Annette Dutertre
Décors : Thierry François
Costumes : Virginie Montel
Durée : 99 minutes
Casting :
Tahar Rahim : Younes
Michael Lonsdale : Si Kaddour Benghabrit
Mahmoud Shalaby (voix chantée : Pinhas Cohen) : Salim Halali
Lubna Azabal : Leïla
Christopher Buchholz : le major Von Ratibor
Farid Larbi : Ali
Stéphane Rideau : Francis

Au-delà du montage, la réalisation de Lynne Ramsay est très sobre, presque austère. Mais elle contribue parfaitement au caractère oppressant de We Need To Talk About Kevin. Les gros plans, nombreux, sur les visages de Kevin ou de sa mère renvoient à la froideur et au désespoir qu’ils ressentent respectivement. Le film cultive tout du long cette tension qui nous fait réaliser combien la catastrophe finale est inévitable. 
Rémi Bezançon a pourtant bien des qualités de metteur en scène. Sa réalisation recèle beaucoup de bonnes idées et on appréciera son talent technique et artistique. Mais il n’a pas réussi avec Un Heureux Evènement à trouver une réelle synergie entre la forme et le fond. Du coup, certains effets de style ne semblent pas porter de sens et donc ne nous émeut guère. En fait, globalement il manque à ce film un vrai souffle d’émotion, qui aurait poussé le spectateur à s’attacher aux personnages comme la mère à son enfant. On en est loin et quelques fois, on se dit que Barbara commence à nous ennuyer avec ses questions existentielles. 
Il ne reste donc que l’aspect comédie vaguement romantique. Mais Comment Font les Femmes ? fonctionne plutôt bien à ce niveau-là, mais sans réelle originalité, ni réel génie. On ne s’ennuie jamais vraiment, on sourit, on s’amuse des situations, on s’attache quand même beaucoup aux personnages, mais sans réel enthousiasme. On traverse ce film comme une sorte de routine cinématographique, après avoir rapidement compris qu’il ne nous réserverait guère de réelles surprises. Pas un mauvais moment donc, mais sûrement pas un moment d’exception.
La réalisation de Sylvain Estibal est sobre et sans fioriture. Les mauvaises langues diront que le Cochon de Gaza ressemble plutôt à un sympathique téléfilm. Ca serait faire injure à une inventivité réelle qui se manifeste surtout dans le scénario certes, mais qui est aussi parfois visuelle. On sent bien que les moyens étaient tout de même limités et on peut considérer que le réalisateur en a tiré le meilleur. 
La caméra de Gus Van Sant reste une des plus élégantes. Elle l’a souvent trop été à mon goût, dans certains films où le réalisateur américain oubliait quelque peu le fond au profit exclusif de la forme. Il n’en est rien dans Restless, où il laisse de côté les effets de style pour une réalisation sobre et lumineuse, au service de son histoire et de ses acteurs. 

Et Maintenant on va où ? est surtout un formidable message d’espoir, enthousiasmant, sincère et touchant. Il n’y a pas ici de naïveté, mais tout simplement la volonté de ne pas baisser les bras face à une situation qui n’a rien d’une fatalité. Nadine Labaki nous livre un formidable pied de nez à la violence et à la haine, nous prouvant qu’ils ne pourront jamais détruire totalement les valeurs humaines humaines les plus positives. Un moment de cinéma rare. Peut-être pas du grand cinéma artistiquement parlant, mais un si beau moment d’humanité que ce film sera à coup sûr un des films les plus marquants de cette année. 
Il aurait pu au moins nous rester quelques belles scènes de combat. Malheureusement, là encore, Warrior se prend les pieds dans le tapis. Déjà, la réalisation façon clip vidéo ressemble à un brouillon sans âme. Mais le pire reste le scénario même des affrontements. Pour faire simple, les combats de Tommy durent tous environ dix secondes, vu qu’il est super fort (exemple d’élément super crédible). Ceux de son frère sont beaucoup plus disputés, mais se déroulent tous exactement de la même façon : une fois, deux fois, trois fois, quatre fois… Bref, on se demande si on ne se moquerait pas du spectateur. On a vraiment l’impression que Gavin O’Connor a eu une idée et une seule et a complètement bloqué dessus, faisant ressemblé son film à un disque rayé.
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