
En pleine prohibition, Billy est un jeune garçon qui vit seul avec son père, dont la seule occupation est de fréquenter les champs de courses. Après avoir failli être séparés par la police, ils partent au fin fond de l’Alabama, dans la ferme de Sagamore, l’oncle de Billy. Cela ne doit constituer qu’une étape sur la route qui mène à la Côte Est, mais le séjour va finalement s’éterniser faute d’argent. Jusqu’à ce que débarquent le Docteur Severance, et sa nièce, Miss Harrigton dont le physique et sa propension à se balader vêtue uniquement d’un minuscule maillot de bain.
Fantasia Chez les Ploucs repose sur un procédé humoristique à la fois classique et simple. L’histoire est rapportée par Billy, jeune garçon pur et innocent, qui prend tout ce que l’on lui dit au pied de la lettre. Or il est entouré de personnes peu recommandables dont le mensonge et la dissimulation sont les premiers passe-temps. Il n’hésite pas à donner son point de vue sur les évènements de manière totalement décalée par rapport à ce que nous comprenons, nous, adultes, déjà pervertis par la société.
En fait, Fantasia Chez les Ploucs est typique d’une œuvre dont la lecture peut se faire à deux niveaux. Les plus jeunes trouveront cela amusants, surtout que la forme du roman, assez court, écrit dans un vocabulaire simple, est vraiment adaptée pour eux. Les plus âgés comprendront de manière beaucoup plus profonde tout le second degré de Fantasia Chez les Ploucs, notamment quelques allusions plus sexuelles. Après, il faut voir si le lecteur adulte arrive à aller au-delà de l’aspect grosse farce enfantine que ce roman revêt souvent. Globalement, l’humour reste majoritairement premier degré et très accessible.
Comme je l’ai évoqué plus haut, le style de Charles Williams, comme il s’adresse à un lectorat assez jeune est assez simple et directe. Personnellement, j’ai lu ce roman le temps d’un voyage en car entre la France et l’Allemagne et il m’a permis de trouver le temps beaucoup moins long. C’est sûr qu’il ne vous offre pas des heures et des heures de grande littérature, mais si un jour quelqu’un a l’idée d’offrir ce livre à votre gamin, n’hésitez pas à le lui piquer une fois qu’il aura fini.
La plus belle réussite de Fantasia Chez les Ploucs reste sa galerie de personnages certes très caricaturaux, mais variés et qui fonctionnent à merveilles. Charles Williams nous décrit à la fois avec tendresse et moquerie l’Amérique très profonde. Sous leurs aspects grossiers et un peu simplets, les protagonistes emploient souvent des trésors d’imagination et de finesse pour arriver à leur fin. Du coup, on apprend à s’y attacher, alors qu’à première vue, ils nous ont semblés plutôt antipathiques.
Charles Williams est un auteur policier qui a connu étonnamment en France un grand succès… cinématographique. Si Fantasia Chez les Ploucs a fait l’objet d’une très mauvais adaptation par Gérard Pirès en 1971, avec Lino Ventura, Jean Yanne et Mireille Darc, ses romans ont formé la base
des scénarios de plusieurs classiques du cinéma hexagonal comme L’Arme à Gauche de Claude Sautet ou Vivement Dimanche ! de François Truffaut.
Fantasia Chez les Ploucs est donc un roman familial très drôle, à défaut d’être hyper subtil. Se lisant rapidement et facilement, on lui pardonnera aisément ces quelques faiblesses et son ton parfois enfantin.

Il faut ajouter à tout cela une réalisation que l’on qualifiera de sobre si on décide d’être gentil et de minimaliste si on est dans un plus mauvais jour. Bien sûr, Jean-Marc Moutot ne fait pas dans l’esbroufe, ce qui compte c’est le propos, le propos et le propos. Mais dans De Bon Matin, seul le montage en flashbacks permanents est un minimum recherché. Une descente en enfer est un thème classique du cinéma et bien des réalisateurs ont su mettre une mise en images imaginative au service d’un sujet profond ou bouleversant. Ce n’est pas le cas ici. Cependant, pas sûr que cela aurait changé grand chose au destin de ce film qui ne restera certainement pas dans les mémoires. 

Bon voilà, j’en ai fini avec l’objectif. Place au subjectif. Si Drive possède d’immenses qualités, il ne m’a inspiré qu’une admiration distante. Tout y est presque parfait, mais aussi parfait qu’une toile de maître accrochée au mur d’un musée. J’étais là devant l’écran, ébloui par tant de talent, mais jamais je n’ai eu l’impression de rentrer dans ce film. Nicolas Winding Refn possède une virtuosité cinématographique à laquelle peu de réalisateurs peuvent prétendre. Il y a un peu de Tarantino là-dedans, avec ces références et cette réinvention permanentes, mais ce dernier sait toujours jouer avec le spectateur pour en faire un complice. Rien qui ne ressemble à cela ici. 
Mais Un Monstre à Paris reste surtout une grande réussite technique. Déjà, il confirme que c’est surtout pour le cinéma d’animation que la 3D présente un quelconque intérêt. Elle donne ici une vraie profondeur aux personnages et les rend plus expressifs. Mais plus globalement, il y a une remarquable élégance dans les graphismes, qui créent une charmante ambiance rétro. On pourra leur reprocher également un manque d’audace, mais à défaut de génie, il faut savoir saluer la maîtrise. 




Le Skylab nous présente un grand nombre de personnages, plus ou moins réussis, plus ou moins sympathiques. Mais le moins domine largement le plus. Caricaturaux et sans relief, ils ne permettent ni l’attachement, ni l’identification. Entre le para traumatisé et l’Espagnol obsédé sexuel, difficile de choisir celui qui nous laisse le plus dubitatif. Je ne sais pas s’ils sont tous inspirés de personnages que Julie Delpy a pu croiser au cours de son existence, mais une choses est sûre, je n’ai aucune envie de connaître les originaux.
Commentaires récents