SPIRIT (Leona Lewis) : Musique de pouffes propre et harmonieuse

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spiritleonalewisNouvel avis spécial musique de pouffes ! Avis aux amateurs ! Bon, on monte en puissance, après la très moyenne Natasha Bedingfield, voici Leona Lewis et son album Spirit. Elle ne figure pas encore parmi les super-stars du genre, mais on se situe quand même dans le haut du panier. Et je ne dis pas ça parce que la jeune femme est particulièrement jolie…

Leona Lewis s’est fait connaître du grand public anglo-saxon en remportant l’émission X-Factor en Grande-Bretagne en 2006. Bon, cela bouscule toutes mes convictions d’intellectuel reconnu (ça va, je me la joue pas trop?) de dire du bien d’une artiste sortie d’un radio-crochet télévisuel. Mais de toute façon, depuis ma folle, mais unilatérale, histoire d’amour avec Olivia Ruiz, je ne peux plus trop rien dire à ce niveau. Enfin pour en revenir à Leona Lewis, suite à sa victoire, elle sortira cet album Spirit en 2007. Il se classera numéro un des ventes en Grande-Bretagne, Irlande, Australie… et Etats-Unis. Le single Bleeding Love a connu le même bonheur, ce qui lui a permis de devenir ainsi la première artiste non-américaine depuis Kim Wilde et son You Keep Me Hangin’On en 1987 à réussir cet exploit.

Leona Lewis, c’est avant tout une très belle voix. Peut-être pas la plus inoubliable qui soit, mais elle lui permet tout de même de sortir largement du lot. Elle rappelle souvent celle de Whitney Houston et on peut trouver d’autre point de comparaison musicaux entre les deux. L’amour des belles ballades un peu sirupeuses notamment. Leona Lewis en abuse d’ailleurs un peu dans Spirit, qui du coup donne parfois l’impression de tourner en rond. Heureusement, la fin de l’album et même les bonus track de la version que j’ai eu sous la main sont excellentes, ce qui permet de quitter l’écoute sur une très bonne impression.

En fait, ce que l’on peut reprocher à Leona Lewis et Spirit, c’est de ne prendre aucun risque. Certes, cela provient du caractère quand même hautement commercial de cette production, mais on en connaît du même type où la voix est parfois poussée dans ses retranchements. Alors qu’ici, elle reste presque toujours parfaitement posée. Comme elle est très belle, on prend plaisir à écouter, mais c’est parfois un peu trop propre, un peu trop lisse.

Si beaucoup des meilleurs titres de Spirit se situent à la fin, c’est aussi parce que la dernière partie de l’album est plus épurée, avec de jolie ballade simplement accompagnée au piano. Leona Lewis mise avant tout sur la beauté et la pureté de sa voix et au fond, elle se suffit à elle-même. Pas de fioriture, juste un timbre harmonieux et clair qui offre quelques moments de grâce. A défaut d’être génial, il faut savoir mettre en valeur ses points forts, ce qu’elle fait parfaitement sur les titres First Time Ever I Saw your Face, Footprints in the Sand ou encore Moment like This.

Leona Lewis offre donc de la musique de pouffes tendance propre sur-elle, non pas chaude et sexy. Sa grande limite est de ne pas savoir passer d’un style à l’autre, alors qu’elle a les armes vocales pour le faire sans aucune difficulté. Peut-être qu’elle nous fera une carrière à une Britney, c’est ce qu’on peut lui souhaiter… Enfin, pas au niveau santé mentale, parce que je ne suis pas sûr que la jeune femme porte aussi bien la calvitie.

Spirit de Leona Lewis est donc de la bonne musique de pouffes harmonieuse, à défaut d’être géniale et inoubliable.

Faisons maintenant le tour des titres de cet album :

1.: Bleeding Love
Un titre assez épuré qui permet d’apprécier la voix.

2.: Whatever It Takes
Un titre très classique, très harmonieux, très propre.

3.: Homeless
Une ballade aux accents tristes, où la voix est parfaitement mise en valeur.

4.: Better In Time (single mix)
Une belle chanson au piano, où le rythme s’accélère ensuite.

5.: Yesterday
Une ballade sucrée pour ados…mais pas mal dans le genre.

6.: Take A Bow
Un morceau très sobre, où la voix est un peu plus poussée.

7.: I Will Be
Une ballade triste au piano. On se dit que l’album tourne un peu en rond.

8.: Angel
Un titre plus rythmé, mais on aimerait que cela se lâche un peu plus.

9.: Here I Am
Nouvelle ballade très épurée où on peut profiter pleinement de la beauté de la voix.

10.: I’m You
Plus rythmé, plus chaud surtout, mais pas brûlant non plus.

11.: Best You Never Had
Un très bon titre, assez entraînant.

12.: First Time Ever I Saw Your Face
Une ballade lancinante mais fascinante.

13.: Footprints In The Sand (single mix)
Un morceau très harmonieux, au piano, avec beaucoup d’âme.

14.: Moment Like This
Une slow au piano, pas mal encore une fois.

15.: Forgive Me (bonus track)
Un titre rythmé et entraînant.

16.: Misses Glass (bonus track)
Un peu électro, mais pas terrible.

17.: Run (bonus track)
Retour au piano pour ce dernier titre aux accents tristes, mais qui constitue une très belle ballade.

LES BIEN-AIMES : L’amour honoré

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lesbienaimesafficheJ’ai souvent un peu de mal avec les comédies musicales françaises pour la simple et très bonne raison que la plupart des acteurs de notre pays ne savent absolument pas chanter, contrairement à la majorité de ceux de l’autre côté de l’Atlantique, qui ont tous pris de cours. Heureusement, il y a quelques exceptions dont Ludivine Sagnier, à l’affiche de Les Bien-Aimés. Elle y chante beaucoup, contribuant à la réussite de ce film.

La vie amoureuse de Madeleine et de sa fille Vera n’a pas toujours été simple. Les chiens ne font pas des chats comme dit une des chansons du film. Des années 60 à aujourd’hui, elles croiseront des hommes qui les marqueront profondément.

Les Bien-Aimés n’est pas contrairement à ce que l’on pourrait penser une comédie romantique. Certes on n’y parle essentiellement d’amour, souvent avec le sourire. Mais dès les premières minutes quand on apprend que Madeleine rencontre le père de Véra lors d’une de ses passes occasionnelles, on comprend vite que tout ne sera pas rose bonbon et politiquement correct. Les amours que vivront la mère et sa fille seront des amours compliqués, parce que la vie est souvent compliqué.

Voilà, une fois, ce lieu commun délivré, parlons un peu plus en détail de Les Bien-Aimés. Tout d’abord, on saluera un scénario remarquable, humaniste, parfois drôle, parfois triste, mais toujours touchant. S’il est quelque peu difficile de s’identifier à eux, on ressent une profonde affection pour ces personnages qui tentent de vivre leur passion comme ils l’entendent, malgré les distances dans l’espace et dans le temps. N’allez cependant pas croire que ce film est une ode béate à l’amour éternel, on est très loin de cela.

Les Bien-Aimés est donc également une comédie musicale. On y chante quand même relativement peu, une dizaine de chansons tout au plus (bon, j’avoue, je n’ai pas compté). La qualité des interprètes est variée. Ludivine Sagnier confirme son talent dans ce domaine, Catherine Deneuve n’a plus tout à fait la voix de ses vingt ans, mais ne fait guère de fausse note et Chiara Mastroianni ne s’en sort pas trop mal, malgré un organe limité. Par contre, les interprètes masculins frisent parfois le hors-jeu. Bref, on va dire que c’est moins pire que d’habitude pour une production hexagonale, alors ça passe. Surtout que ce film aurait tout autant d’intérêt sans les passages musicaux.

Mais le seul vrai reproche que l’on pourra faire à Les Bien-Aimés est peut-être sa longueur. Deux heures et quart qui ne se justifiaient peut-être pas. Certes, on ne s’y ennuie pas une seconde, mais rajouter un peu de rythme à la narration n’aurait pas été superflu. Enfin, on a connu infiniment pire à ce niveau et cela ne retire rien au mérite de Christophe Honoré, qui signe-là son meilleur film, en tout cas une bien meilleure comédie musicale que les Chansons d’Amour, que je n’avais pas du tout aimé personnellement (contrairement à beaucoup, je l’admets). Un film relativement ambitieux et intéressant dans son fond et qui, sur la forme, cherche à sortir de la narration plan-plan de nombreuses productions hexagonales.

lesbienaimesLes Bien-Aimés constitue une réussite aussi par son casting prestigieux. Catherine Deneuve et Chiara Mastroianni sont parfaites en mère et fille, on y croirait… Ah bah oui, c’est normal, c’est vraiment le cas ! (ah ah ah que je suis drôle!). Avec Ludivine Sagnier, elles forment un trio d’actrices au charisme fabuleux. Les acteurs masculins sont eux plus hétérogènes. Milos Forman et Michel Delpech ne s’en sortent pas trop mal, mais ils sont quand même plus à l’aise sur leur terrain habituel. Seul, Louis Garrel sort vraiment du lot…même si personnellement, je trouve vraiment qu’il a une tête à claques, mais c’est un avis qui n’appartient qu’à moi.

J’ai été voir les Bien-Aimés uniquement après vu l’affiche et vu la note globale sur Allociné. Je ne savais donc absolument pas ce que j’allais voir et n’attendait rien en particulier. Mais au final, j’ai été réellement séduit par ce film touchant et riche.

Fiche technique :
Production : Why Not Productions, France 2 Cinéma, Sixteen Films, Negativ
Réalisation : Christophe Honoré
Scénario : Christophe Honoré
Montage : Chantal Hymans
Photo : Rémy Chevrin
Décors : Samuel Deshors
Distribution : Le pacte
Son : Guillaume Le Braz
Musique : Alex Beaupain
Durée : 135 mn

Casting :
Chiara Mastroianni : Vera
Catherine Deneuve : Madeleine
Ludivine Sagnier : Madeleine jeune
Milos Forman : Jaromil
Louis Garrel : Clément
Michel Delpech : François Gouriot
Paul Schneider : Henderson

ET MAINTENANT ?

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dsk2DSK est donc innocent… Enfin, disons qu’il ne sera pas reconnu coupable pénalement. Après, personne ne saura jamais ce qui s’est exactement passé dans cette fameuse suite, même si peut-être que les procès civils aux Etats-Unis et en France nous en diront plus… s’ils ont lieu. Il restera de toute cette affaire un sentiment de malaise car la fin de la procédure ne signifie en rien la fin du soupçon.

Une chose reste tout de même établie. Dominique Strauss-Kahn n’a pu résister à l’envie de faire l’amour à une femme de chambre plutôt moche dans une chambre d’hôtel à 11h du matin… On aura beau répéter que cela fait partie de la vie privée, on a guère envie de confier l’avenir de la nation à un homme incapable de résister à de telles pulsions. Parce qu’à côté de ça, Bill Clinton et le cigare de Monica Lewinski, c’était glamour et romantique.

Depuis deux jours, on spécule de plus belle sur l’avenir politique de DSK. Je suis le premier à souligner l’absence totale de mémoire de l’opinion, mais là, la tâche sera difficile à effacer, surtout que l’on a tendance à oublier que les démêlés judiciaires ne sont pas encore terminés. Aussi compétent soit-il, sa parole public est pour longtemps décrédibilisée, même sur des sujets n’ayant rien à voir avec la morale et le savoir-vivre.

On peut facilement imaginer que les candidats à la primaire socialiste, et surtout celui qui en sortira vainqueur, n’espérera qu’une seule chose : que l’ancien patron du FMI fasse profil bas. Mais comme on le voit mal en conseiller de l’ombre, le PS risque fort de se demander si, pour lui, DSK n’était pas mieux en prison. Enfin, peut-être que l’homme DSK n’aura plus envie pour un moment d’être sous le feux des projecteurs du pouvoir…

… Mais rares sont ceux qui ont su de désintoxiquer de cette drogue.

ECHOES, SILENCE, PATIENCE AND GRACE (The Foo Fighters) : Sans relief, ni grand intérêt

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echoessilencepatienceandgracethefoofightersKurt Cobain est mort. Nirvana pas tout à fait. En effet, Dave Grohl, ancien batteur du groupe, a fondé The Foo Figthers, où a évolué à un moment ou à un autre également Krist Novoselic (ancien bassiste) et Pat Smear (ancien guitariste). Fondé en 1994, ils ont enregistré jusqu’alors 7 albums studio, dont ce Echoes, Silence, Patience and Grace, sorti en 2007.

Dave Grohl a défini cet album comme le premier album rock du groupe, et non plus punk rock. Bon, ok, la différence profonde échappera peut-être à certains. Par contre, c’est sûr que lorsque l’on écoute Echoes, Silence, Patience and Grace, on ne voit vraiment pas comment le mot punk pourrait venir le qualifier. En effet, on assiste là à un enchaînement de ballades plus ou moins acoustiques et de titres pas franchement énervés. On est donc désormais très loin de l’héritage de Nirvana.

Cela n’est évidemment pas forcément une réflexion négative. Les deux groupes sont bien distincts et The Foo Fighters n’aura d’intérêt que s’il trouve un son bien à lui. Le problème c’est que le deux groupes se distinguent aussi nettement par la qualité des morceaux. En effet, cet Echoes, Silence, Patience and Grace est plutôt médiocre et surtout sans relief.

Ce n’est pas tant que les titres soient désagréables à écouter. Il y a quand même de vrais musiciens chez The Foo Fighters. Mais beaucoup de titres se ressemblent, alors qu’ils ne présentent pas un intérêt signifiant. On retrouve notamment le même schéma avec une introduction assez calme et lente, avant une suite beaucoup plus énergique et énervé. C’est effectivement un procédé très classique pour un titre rock, mais trop répété, cela devient une sorte de tic qui devient plus énervant qu’autre chose.

Quelque soit le style abordé, le résultat reste moyen. Les ballades acoustiques sont parfois jolies, mais sans vraiment d’âme et surtout sans rien qui ne les distinguent des milliers de morceaux de ce genre qui peuplent tous les albums rock de la planète. Quant aux titres plus énervés, ils ne le sont guère au fond. C’est propre, mais jamais l’énergie n’est communicative et aucune lueur d’enthousiasme ne s’allume chez l’auditeur. Dans les deux cas, on reste dubitatif et on se dit que ce groupe est sympathique mais n’ira pas loin… mais comme il s’agit d’un groupe de rock de renommé mondiale, on ne peut que retenir avant tout la déception provoquée par Echoes, Silence, Patience and Grace.

Si on doit quand même positiver et souligner les meilleurs titres de l’album, on retiendra Long Road To Ruin, qui est peut-être le titre le plus pop de l’album. On est définitivement loin de Nirvana. Ensuite, Home, une ballade très épurée… au piano. Bref, le genre de titre qui n’exploite pas vraiment l’ensemble des musiciens d’un groupe de rock. Au final, Cheer Up Boys ne laisse écouter tout en correspondant à la musique que l’on pouvait attendre de The Foo Fighters.

Echoes, Silence, Patience and Grace ne présente vraiment qu’assez peu d’intérêt. C’est vraiment décevant à la vue du pedigree de The Foo Fighters.

Avant d’en finir, faisons le tour des titres de cet album.

1.: Pretender
Un titre qui va crescendo…comme beaucoup d’autres morceaux de l’album.

2.: Let It Die
Même progression donc, mais le titre ne décolle jamais vraiment.

3.: Erase/Replace
Un morceau plutôt dur et martelé.

4.: Long Road To Ruin
Plus pop, mais aussi bien meilleur.

5.: Come Alive
Une ballade triste, pour ne pas dire tristounette, qui se transforme peu à peu en gueulante guère harmonieuse.

6.: Stranger Things Have Happened
Ballade à guitare sèche. Pas mal, mais sans plus.

7.: Cheer Up Boys (Your Make Up Is Running)
On revient au rock, au vrai, et ce n’est pas plus mal.

8.: Summer’s End
Un titre entre rock et pop, mais sans grand relief.

9.: Ballad Of Beaconsfield Miners
Interlude sans parole à la guitare sèche.

10.: Statues
Une ballade pop pour ados.

11.: But Honestly
Un titre du même acabit.

12.: Home
Une ballade jolie, simple et épurée au piano.

13.: Once And For All (demo/UK bonus track)
Un titre plus rock, mais guère intéressant.

LA PIEL QUE HABITO : Le Almodovar ultime

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lapielquehabitoaffichePedro Almodovar est sans doute le réalisateur non-anglo-saxon en activité le plus connu de par le monde. Ses films sont toujours très attendus et je fais partie de ceux qui les considèrent comme des évènements. Pourtant certaines de ces dernières œuvres m’avaient quelque peu déçues, notamment La Mauvaise Education et Etreintes Brisées, car je trouvais qu’il y ressassait quelque peu toujours les mêmes thèmes et les mêmes obsessions. J’attendais donc avec une certaine appréhension La Piel que Habito.

Le docteur Robert Ledgard est un des plus grands spécialistes mondiaux de la greffe de peau. Il se consacre avec d’autant plus d’ardeur à son travail que sa propre femme est morte des suite de ses brûlures. Il a mis au point un peu synthétique qui pourrait révolutionner la médecine. Mais ce qu’il ne peut avouer, c’est qu’il l’a testé sur une mystérieuse cobaye qui reste cloîtrée chez lui.

La Piel que Habito est peut-être le meilleur scénario que Pedro Almodovar n’ait jamais écrit. Ce film pourra être cité comme un des modèles de rebondissement qui change toute la perspective du film d’un seul coup. Ce n’est pas tout à fait Le Sixième Sens ou Usual Suspects, le revirement étant moins brutal et moins proche de la fin. On peut comprendre de quoi il en retourne plus ou moins tôt, mais au moment où cela arrive, on en reste comme deux ronds de flan.

La Piel que Habito possède par ailleurs toutes les qualités habituelles d’un film de Pedro Almodovar. C’est ce qui en fait réellement un film d’exception. On y retrouve ses personnages incomparables. Incomparablement torturés diront certains, mais au moins sont-ils particulièrement marquants. On est toujours partagé entre fascination, sympathie et dégoût. Du coup, on cherche à approfondir nos propres sentiments vis à vis des protagonistes, ce qui nous pousse à entrer de plus en plus loin dans l’histoire. Mais au cours du scénario, les rebondissements nous feront changer d’avis à plusieurs reprises.

Pedro Almodovar a encore puisé dans bien de ses thèmes favoris pour écrire La Piel que Habio, certains surgissant d’ailleurs de manières très inattendues. Mais cette fois, je lui pardonne totalement tant tous ces éléments s’arrangent cette fois de manière inédite et particulièrement fascinante. Ce film peut vraiment surprendre même les plus grands fans du réalisateur espagnol, tout en les ravissant puisqu’on y retrouve tout ce qui a toujours fait son succès. Se renouveler en exploitant ce que l’on fait de mieux, voilà la marque des grands !

lapielquehabitoLa Piel que Habito nous offre également une réalisation et une photographie sublime. C’est sûrement là que l’on mesure le mieux combien un excellent scénario ne pourra jamais remplacer un grand cinéaste. Chaque scène, chaque plan est une perfection visuelle, sans que l’on ne mesure jamais vraiment pourquoi. Pedro Almodovar ne donne pas dans l’esbroufe et les effets de caméra spectaculaires. Il n’est pas Gaspar Noe ou Daren Aronofsky. N’empêche que chacun de ses films n’aurait pu être réalisé par un autre, celui là ne faisant pas exception.

La Piel que Habito offre un de ses plus grand rôle à Antonio Banderas. 22 ans après Attache-moi, il retrouve avec un immense bonheur Pedro Almodovar. Bonheur pour les spectateurs avant tout ! On a parfois du mal à se dire qu’il a 22 ans de plus, tant il est bien conservé, mais cet acteur a incontestablement acquis un charisme que seule la maturité peut accorder. Mais le reste du casting n’a pas à rougir de la comparaison. On peut une nouvelle fois mesurer l’incomparable talent du réalisateur espagnol pour la direction d’acteurs.

Au moment des remises de prix de fin d’année, La Piel que Habito figurera sûrement dans les premières places de bien des palmarès. Du mien en tout cas, cela est certain !

Fiche technique :
Production : El Deseo
Réalisation : Pedro Almodovar
Scénario : Pedro Almodovar, d’après
Montage : José Salcedo
Photo : José Luis Alcaine
Distribution : Pathé Films
Son : Pelayo Gutirrez
Musique : Alberto Iglesias
Durée : 120 mn

Casting :
Antonio Banderas : Robert Ledgard
Elena Anaya : Vera
Marisa Paredes : Marilia
Jan Cornet : Vicente
Roberto Alamo : Zeca
Blanca Suarez : Norma
Eduard Fernandez : Fulgencio

LE FILS DE L’HOMME INVISIBLE (François Berléand) : Court, original et réjouissant

lefilsdelhommeinivisible

lefilsdelhommeinivisibleFrançois Berléand est un acteur à la carrière étonnante. En effet, s’il est présent sur nos écrans depuis les années 70, il a connu un succès phénoménal et soudain ces dernières années. Si bien qu’au début des années 2000, on ne pouvait quasiment pas voir un seul film français sans qu’il figure au casting. Cela s’est quelque peu calmé depuis, mais c’était quand même étonnant de voir ça pour un comédien qui allait vers ses 50 ans. Mais François Berléand ne sait pas que jouer la comédie. Il sait aussi écrire. Pour preuve, son seul et unique roman, le Fils de l’Homme Invisible, qui prouve que c’est un homme aux multiples talents.

Le jeune François Berléand a tout juste 11 ans quand un jour son père lui dit, au détour d’une conversation, « De toute façon, toi, tu es le fils de l’Homme Invisible… ». Quelle révélation ! Mais du coup, est-il lui aussi invisible ? Il va très vite s’en persuader… ce qui ne va pas tarder à lui attirer bien des ennuis.

Le Fils de l’Homme Invisible est une sorte de recueil de souvenirs d’enfance, racontés avec humour… mais pas que. Car que ce qui n’était qu’une imagination enfantine quelque peu débordante va se révéler être le catalyseur d’un malaise qui va le poursuivre toute son adolescence. Heureusement, François Berléand a désormais assez de recul pour nous raconter cela avec infiniment de détachement, de tendresse et de dérision.

Les Film de l’Homme Invisible est avant tout très drôle. On se délecte à chaque page des trésors d’imagination déployés par le jeune François pour justifier ses échecs et sa faculté d’auto-persuasion. Il n’est jamais à cours d’arguments envers lui-même et arrive toujours à se convaincre, même si tout lui indique son erreur. Cela a des conséquences souvent anodines, parfois plus dramatiques, mais cela nous arrache toujours un large sourire.

François Berléand nous fait part entre les lignes de la grande souffrance qu’a été son adolescence, mais d’une manière intelligente et originale. Le ton évolue tout au long de Le Fils de l’Homme Invisible car si croire de telles illusions est mignon lorsque l’on est enfant, cela devient peu à peu pathétique, lorsque les années s’accumulent. Et surtout, elles ne permettent pas de se construire en tant qu’adulte. Mais encore une fois, jamais ce livre n’est déprimant ou même triste. Le ton est toujours ironique et plein d’une auto-dérision qui n’est pas accessible à tout le monde.

Le Fils de l’Homme Invisible est un roman très court, on est presque à la limite de la longue nouvelle. Du coup, François Berléand n’a pas le temps d’épuiser l’idée de départ, ni de s’appesantir de trop et du coup tourner en rond. C’est vif et va droit au but. Cela se lit donc d’autant plus avec un grand plaisir, surtout la plume de l’auteur est elle aussi très agréable. Ajouté à l’originalité du sujet, on tient là un petit concentré de bonheur littéraire à consommer sans modération.

On peut facilement imaginer que l’écriture de Le Fils de l’Homme Invisible a été avant tout une démarche pour lui-même de la part de François Berléand. On ne mesure aussi guère facilement à quel point tout cela est romancé, car cela l’est forcément un minimum. Mais ce livre se situe à des années lumières d’une sorte d’autobiographie complaisante. Il resterait très agréable à lire, combien même il aurait été écrit à partir de la pure imagination d’un auteur totalement inconnue.

Le Fils de l’Homme Invisible constitue donc une curiosité littéraire courte, mais drôle et originale. Une œuvre vraiment unique, à la fois personnelle et réjouissante.

 

CAPTAIN AMERICA : FIRST AVENGER : Une nouvelle naissance, 70 ans après

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captainamericaafficheMarvel a visiblement décidé de remplir nos écrans cet année, avec pas moins de trois films de super-héros. Il y a tout d’abord eu le très moyen Thor, pourtant réalisé par Kenneth Branagh. Puis le très réussi X-Men : le Commencement. Restait donc à savoir où Captain America : First Avenger allait pencher la balance. Le verdict est sans appel : le cru 2011 est excellent !

Alors que la Seconde Guerre Mondiale fait rage en Europe, Steve Rogers rêve de s’engager dans l’armée pour défendre la liberté. Mais à cause de sa carrure frêle et de ses problèmes de santé, il se fait invariablement éconduire. Jusqu’au jour, où il croise le Professeur Erskine qui va le sélectionner pour un programme de création de super-soldats. L’urgence est là, car au même moment, un scientifique nazi, à la tête d’une mystérieuse organisation, l’Hydra, a mis la main sur une formidable source d’énergie.

Captain America est le second super-héros de l’histoire, né en 1941, deux ans après Superman. Il est donc un des personnages les plus légendaires de l’univers Marvel et a servi de modèle a bien de ses futurs collègues nés dans les années 60 (Les 4 Fantastiques, les X-Men, Ironman, Thor, Spiderman…). Il est donc l’archétype du super-héros costumé, symbole d’une Amérique qui se voulait le phare du monde occidental, du monde libre. Aujourd’hui, beaucoup des éléments qui ont présidé à sa création n’ont plus cours et prêtent même à sourire.

Il est vrai qu’il ne viendrait à l’idée de personne de nos jours de tailler le costume d’un personnage dans le drapeau américain ou bien de faire enfiler à un héros son slip par-dessus ses collants. Mais ses accoutrements grotesques font intégralement partie de la culture des supér-héros de comics. Marvel, suite au premier X-Men, de Bryan Singer, avait tenté de les supprimer dans ses publications… mais à vite fait machine arrière. Le problème est qu’objectivement, Captain America, a sans doute la tenue de combat la plus ridicule de tous. Quant au récit de ses origines, il est plutôt naïf et simpliste, en tout cas pas au niveau de ce que peut attendre le lecteur ou le spectateur de 2011.

Le problème se posait donc pour l’adaptation de Captain America : First Avenger : comment en faire un personnage à la fois crédible et fidèle à l’original, puisque toute trahison serait très mal vécue par les fans. Et bien, le tour de force a été réalisé ! Les connaisseurs de l’univers Marvel ne seront pas déçus et retrouveront un récit proche de la bande-dessinée, avec de multiples clins d’œil à l’œuvre de Jack Kirby, auquel le film cherche vraiment à coller. Mais les autres ne seront pas déçus non plus.

En tout cas, les deux types de spectateurs sentiront bien qu’il souffle sur Captain America : First Avenger un vent de nostalgie. On frôle parfois avec la parodie, ou disons plutôt l’hommage aux vieux films d’aventures. On retrouve le même esprit que dans les Indiana Jones, auxquels d’ailleurs il est fait une référence explicite. Un gentil, gentil et beau. Un méchant, méchant et laid. Une belle fille. Et évidemment, beaucoup de bagarres, de fusillades et de poursuites. Bref, de l’action, beaucoup d’action et le bien qui triomphe à la fin.

Captain America : First Avenger est donc un film quasi-parfait dans ce qu’il cherche à être. Un divertissement spectaculaire qui met en scène un univers et des personnages qui appartiennent à l’imaginaire de millions de gens à travers le monde depuis 70 ans, ce qui n’est pas rien. La mission est parfaitement accomplie. Après, on pourra préférer les personnages plus torturés, comme ceux des Spiderman de Sam Raimi ou de Ironman, mais le Steve Rogers de ce film est vraiment fidèle à celui qui vit depuis des décennies dans les pages des bandes-dessinées Marvel.

Captain America : First Avenger est porté par des effets spéciaux encore une fois impeccables. L’univers graphique est surtout beaucoup plus soigné et moins kitch que celui de Thor par exemple. Bien sûr, il s’agissait de reconstituer les années 40, pas un monde imaginaire comme Asgard. Mais tout cela est fait avec beaucoup plus de goût et de subtilité. Sans cela, le problème posé par le ridicule du costume n’aurait jamais pu être réglé de manière aussi réussie.

L’acteur Chris Evans qui interprète Steve Rogers est à l’image de son personnage : un rien monolithique et froid, mais c’est tout à fait ce que Captain America est. Il est le parfait opposé de Robert Downey Jr qui interprète Tony Stark dans Ironman, mais c’est tout à fait ce que ces deux personnages sont. Les fans de Marvel le savent bien. Je n’y verrai donc pas une erreur de casting comparable à Chris Hemsworth pour Thor.

captainamericaLe reste du casting se distingue surtout par la présence de Tommy Lee Jones, qui ne tient pas là son rôle le plus intéressant, mais qui s’en sort avec son talent habituel. Mais la plus grande star de Captain America : Frist Avenger est incontestablement Hugo Weaving (le Elrond du Seigneur des Anneaux) qui semble parfaitement à l’aise dans la peau de Crâne Rouge… ce qui, dit comme ça, n’est pas très rassurant pour lui. Enfin, on ne restera pas insensible au charme de Hayley Atwell, que l’on avait déjà remarqué dans l’adaptation télévisé des Pilliers de la Terre de Ken Follett.

Au final, Captain America : First Avenger n’est peut-être pas le meilleur film de super-héros dans l’absolu. Mais c’est peut-être celui qui a su le mieux retranscrire l’esprit de l’œuvre originale. Et pourtant, ce n’était pas gagné d’avance…

P.S. : Comme tous les films Marvel (sauf X-Men : le Commencement bizarrement), il y a une scène à la fin du générique qui ouvre sur un prochain film… Cette fois-ci, c’est encore plus net puisque tout cela finit carrément par la bande-annonce de The Avenger, prévu pour 2012. Et on se réjouit d’avance de voir Tony Stark, et donc Robert Downey Jr, se moquer du physique de bodybuilder de Thor-Chris Hemsworth.

Fiche technique :
Production : Paramount Pictures, Marvel Entertainment
Distribution : Paramount Pictures France
Réalisation : Joe Johnston
Scénario : Christopher Markus, Stephen McFeely, d’après les comics de Marvel
Montage : Robert Dalva, Jeffrey Ford
Photo : Shelly Johnson
Décors : Rick Heinrichs
Musique : Alan Silvestri
Durée : 124 mn

Casting :
Chris Evans : Steve Rogers, Captain America
Tommy Lee Jones : Col. Chester Phillips
Hugo Weaving : Johann Schmidt, le crâne rouge
Hayley Atwell : Peggy Carter
Sebastian Stan : Bucky Barnes
Dominic Cooper : Howard Stark
Derek Luke : Gabe Jones
Ken Choi : Morita
Stanley Tucci : Abraham Erskine

MEMOIRE COURTE ?

lybie

lybieLe régime du Colonel Kadhafi est sur le point de tomber. C’est évidemment une bonne nouvelle pour la Lybie et pour le monde. Bien sûr, il plane encore bien des interrogations sur la nature du régime qui va lui succéder et il faudra demeurer particulièrement vigilant. On peut se réjouir également du fait que l’action de l’OTAN n’a pas été vaine. Il faut dire que quand il y a du pétrole en jeu…

Dans les jours qui viennent, les pays occidentaux vont se congratuler de leur action décisive. Au premier rang desquels la France, dont ne peut que reconnaître la volonté décisive d’appuyer militairement la rébellion libyenne. Sans son action, on n’en serait évidemment pas là. Mais bizarrement, je ne pense pas qu’il y ait beaucoup de ministres du gouvernement pour rappeler également que Kadhafi plantait encore il n’y a pas si longtemps sa tente dans les jardins de l’Elysée.

On dit que l’histoire est toujours écrite par les vainqueurs. Dans le cas qui nous intéresse, il est encore trop tôt pour savoir ce que la postérité retiendra : notre contribution à la libération de la Lybie ou la manière dont nous nous sommes humiliés devant un dictateur pour toucher une part de sa rente pétrolière ?

Espérons que la deuxième partie ne sera pas totalement occultée.

NB (Natasha Bedingfield) : Musique de pouffes moyenne

NBnatashabedingfield

NBnatashabedingfieldAuprès de certains de mes amies, j’ai la réputation d’aimer la musique de pouffes… Tout ça parce que j’écoute Beyonce, Kylie Minogue, Briney, Shakira, The Destiny’s Child… Bon ok, il semblerait que, quelque part, au fond, enfouie, une pouffe soit terrée en moi… au moins dans mes goûts musicaux. Mais attention, il y a musique de pouffes et musique de pouffes ! Alors pour changer, des artistes habituelles, dont on connaît les tubes par cœur, j’ai essayé Natasha Bedingfield et son album NB.

Bon qui est Natasha Bedingflied ? Parce que j’avoue que je l’ignorais encore totalement il y a tout juste cinq minutes. Il s’agit donc d’une très sympathique chanteuse anglaise. Bon par sympathique, je veux dire jolie, parce que je n’ai pas eu la chance de passer une soirée en tête à tête avec cette jolie blonde. Elle a 5 albums à son actifs, NB étant son deuxième, sorti en 2007. Elle a aussi placé ses chansons dans plusieurs bande-originales, la dernière en date étant Morning Glory, une comédie très moyenne avec Harrison Ford.

Mais en fait, cela tombe bien car NB est lui-même un album assez moyen. Attention, je n’ai pas dit mauvais, ni même médiocre. Simplement, sa musique ne se détache pas vraiment du lot et l’album compte autant de bons titres que de morceaux nettement plus transparents. En fait, Natasha Bedingfield souffre surtout de ne pas posséder une voix exceptionnelle. Quand on fait du R’n’b, même s’il tire très fort sur la pop, c’est un peu embêtant. Enfin, j’aimerais bien quand même savoir chanter comme elle…

En fait, NB est un album en quatre temps. Trois premiers titres plutôt prometteurs, un bon trou d’air de même longueur, avant un passage plus réussi. Malheureusement, l’album s’achève sur trois titres très moyens. Mais aucun morceau n’enthousiasme vraiment. A contrario, les plus mauvais titres sont juste transparents et pas très intéressants, mais s’écoutent quand même sans douleur au pavillon auditif.

En fait, la musique de Natasha Bedingfield sur NB navigue entre Beyonce et Pink. Mais sans jamais atteindre la chaleur sexy de l’une et l’énergie ravageuse de l’autre. Du coup, le son sonne comme du déjà entendu… mais en moins bien. Enfin, encore une fois, il y a aussi infiniment pire et il ne manque pas grand chose pour que sa musique ne décolle vraiment. Un peu plus de punch, un rien de conviction. Tout est un peu trop propre, trop calibré. Et du coup, dès que c’est un peu moins bon, cela tire vers la soupe.

Il n’est donc pas nécessaire de braquer un disquaire pour se procurer NB de Nathasha Bedingfield. Mais on peut toujours y jeter une oreille si on a l’occasion de tomber dessus. On retiendra surtout Soulmate, une ballade épurée et Backyard, beaucoup plus rythmé. Ce dernier donne d’ailleurs quelques regrets car on se dit que si tout l’album était parcouru d’un peu plus d’énergie, il serait facilement bien meilleur.

NB de Natasha Bedingfield ne manquera pas forcément au pouffes qui ne le possèdent pas, mais je suis sûr que certaines prendront quand même plaisir à son écoute.

Pour finir, faisons le tour des titres de NB.

1.: How Do You Do
Un début prometteur, rythmé et jazzy.

2.: I Wanna Have Your Babies
Un son qui coule tout seul pour un titre très sympathique.

3.: Soulmate
Une ballade simple et épurée.

4.: Who Knows
Un morceau plus transparent, qui manque quelque peu de punch.

5.: Say It Again
Une ballade sexy et sirupeuse.

6.: Pirate Bones
Un titre un rien lancinant.

7.: Backyard
Un morceau plus rythmé et interprété avec plus de conviction. Et c’est tout de suite bien meilleur.

8.: Tricky Angel
Un titre très R’N’B et surtout pas mal du tout.

9.: When You Know You Know I Think They’re Thinking (interlude)
Un court interlude sous forme d’un gospel a cappella.

10.: No More What Ifs
Un morceau plutôt harmonieux et entraînant.

11.: Not Givin’ Up
Un titre plus rock, qui ressemble à du Pink…mais en moins bien.

12.: Still Here
Une ballade assez jolie, mais un peu plate.

13.: Smell The Roses
Un titre saccadé et qui manque de relief et d’intérêt.

On peut ajouter à cela deux titres cachés : un morceau qui ressemble à du Pink sous sédatif et une jolie ballade.

COMMENT TUER SON BOSS ? : Pour bien préparer la reprise du boulot

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commenttuersonbossafficheQuand j’étais petit, j’avais adoré le film Comment se débarrasser de son patron ?, Bon, en fait, ça fait tellement longtemps que je me rappelle uniquement du fait de l’avoir beaucoup aimé, mais absolument pas de l’histoire, ni de sa qualité réelle, qui doit être sûrement inférieure à mon souvenir juvénile. Par contre, maintenant que je suis un vrai adulte responsable, je peux juger le film Comment Tuer son Boss ? avec assurance et raison. Et cette fois, j’en suis sûr et certain, c’est un bon film.

Nick, Kurt et Dale seraient bien plus heureux sans leurs patrons respectifs pour leur gâcher la vie. L’un est un tyran, l’autre un cocaïnomane lubrique et la dernière une nymphomane invétérée. Par peur du chômage, ils n’osent démissionner. Mais alors, la seule solution n’est-elle pas de les faire assassiner ?

Comment Tuer son Boss ? est l’antithèse totale de Mes Meilleure Amies, la très mauvaise comédie que j’ai eu la très regrettable idée d’aller voir il y a quelques jours. Pourtant, les deux films partent d’un pitch ultra-classique, pour ne pas dire éculé. Mais tout cela ne constitue qu’un point de départ, l’essentiel réside dans la direction que l’on prend par la suite. Ce coup-ci, les scénaristes se sont dirigés vers le drôle, pas trop lourdingue et rythmé, plutôt que vers le pas drôle, affligeant et qui s’étire en longueur. Et croyez-moi, cela fait toute la différence.

Comment Tuer son Boss ? est vraiment drôle, sans être littéralement hilarant. Quelques gags arrachent tout de même de vrais et bons fous rires comme on les aime. Mais l’humour est le plus souvent situationnel et quand on ne s’esclaffe pas, on a toujours au minimum le sourire aux lèvres. Pas de pipi, caca, popo, juste une histoire de brosse à dent dans l’anus… Mais bon, avec le contexte, ça se justifie totalement et passe comme un lettre à la poste. Enfin, un jour où il n’y pas trop de queue au guichet.

Comment Tuer son Boss ? se distingue également par son rythme, qualité indispensable pour une vraie bonne comédie. Ce film a le bon goût de ne durer qu’un peu plus d’une heure et demi, soit le format idéal pour ce genre de film. Ainsi, on évite de tourner en rond et d’épuiser totalement le pitch avec des vannes de seconde zone. A comparer avec les plus de deux heures de Mes Meilleures Amies… Ok, j’arrête avec ce film, mais je crois qu’il m’a vraiment traumatisé.

Enfin, Comment Tuer son Boss ? restera dans les annales pour les trois rôles des patrons insupportables, qui ont permis un contre-emploi délectable de trois grands acteurs. Enfin, Kevin Spacey est ici dans un rôle qui lui va quand même très bien, il suffit de voir l’excellent Swimming with Sharks pour s’en convaincre. Par contre, Colin Farrel et Jennifer Anniston sont étonnants dans la peau de personnages très éloignés de ce qu’ils ont l’habitude d’interpréter. Pour cette dernière, c’est presque une révélation. Certes, tous les fans de Friends savent déjà qu’elle sait faire rire, mais pas forcément avec un tel sens de la comédie.

commenttuersonbossMais ce trio improbable n’éclipse pas totalement leurs trois souffre-douleurs. Jason Bateman, Jason Sudekis et Charlie Day s’en sortent à merveille. Seul le dernier, le moins expérimenté sur grand écran, en fait parfois un tout petit peu trop. Mais rien de bien méchant et surtout rien qui vienne gâcher le plaisir. Une comédie réussie est souvent un film où les acteurs son réellement dirigés et non livrés à eux-mêmes dans un numéro de cabotinage. Comment Tuer son Boss ? en fait incontestablement partie. Enfin, notons que le casting est complété par Jamie Foxx et Donald Sutherland… On a rarement vu un film avec un casting « second rôle » de cette qualité.

Comment Tuer son Boss ? est au final sûrement LA comédie de cet été et une des meilleures de l’année assurément.

Fiche technique :
Production : Rat Entertainment, New Line Cinema
Distribution : Warner Bros Entertainment France
Réalisation : Seth Gordon
Scénario : Michael Markowitz, John Francis Daley, Jonathan Goldstein
Montage : Peter Teschner
Photo : David Hennings
Décors : Shepherd Frankel
Musique : Christopher Lennertz
Durée : 97 mn

Casting :
Jason Bateman : Nick Hendricks
Charlie Day : Dale Arbus
Jason Sudeikis : Kurt Buckman
Kevin Spacey : Dave Harken
Jennifer Aniston : Dr Julia Harris
Colin Farrell : Bobby Pellit
Jamie Foxx : Dean Jones
Donald Sutherland : Jack Pellit