MELANCHOLIA : Dépression et fin du monde

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melancholiaafficheLars Van Trier est un réalisateur qui laisse rarement indifférent. Et là, je ne parle pas de sa sortie regrettable sur Hitler lors du dernier Festival de Cannes. C’est son art même qui souvent dérange et déstabilise, aussi bien par la forme que par le fond. Mais si ces dernières œuvres avaient plutôt laissé la critique et le public assez froid, son dernier film, Melancholia, semble lui avoir à nouveau ouvert la voix du succès. Mais personnellement, je resterai beaucoup plus mitigé.

Justine devrait être heureuse aujourd’hui. C’est son mariage, célébré dans la majestueuse propriété de sa sœur, Claire, et son beau-frère, qui a dépensé beaucoup d’argent pour l’occasion. Il n’est pas donc pas vraiment ravi de la voir de plus en plus absente, voire triste au cours de la soirée. Dans le même temps, la planète Melancholia erre dans l’espace et s’apprête à passer à proximité immédiate de la Terre. Certains craignent même que les deux astres se percutent et que notre monde doit détruit.

Melancholia est un film en deux chapitres. L’un raconte le mariage de Justine et la manière dont elle le vit. La seconde est centrée sur le personnage de Claire et raconte son angoisse face à l’eventualité de voir la planète Melancholia percuter et détruire notre planète. Vous ne voyez pas le lien entre les deux ? C’est normal car il est loin d’être évident, pour ne pas dire complètement absent. Ce n’est guère surprenant de la part d’un Lars Van Trier que ce genre de détail n’a jamais dérangé. C’est ce qui fait l’originalité et l’intérêt de son cinéma, étranger aux conventions et aux codes en vigueur.

Melancholia, c’est donc un peu deux films en un. Aucun des deux ne vous fera rire aux éclats. S’il existe un fil conducteur qui fait de ce film un tout, c’est un pessimisme déprimant. Du coup, il avait intérêt à posséder bien des qualités pour ne pas plonger le spectateur dans une neurasthénie totale. Malheureusement, la première partie n’arrive vraiment pas à le sortir de la torpeur dépressive dans laquelle elle le plonge. C’est pauvre Justine a le droit de broyer du noir, mais personnellement, j’avoue que cela ne m’a guère touché. Par contre, ennuyé, oui.

Fort heureusement, la deuxième partie de Melancholia nous propose un très beau moment de cinéma, qui s’achèvera sur des dernières minutes de toute beauté. Une heure sur la fin possible du monde, aussi différente d’Armageddon que DSK de Mère Thérésa. On est là tout de suite beaucoup plus convaincu et on entre dans l’émotion des personnages, car cette fois, on comprend vraiment ce qu’ils ressentent. Et le tout est traité avec beaucoup de finesse et de sensibilité.

Reste la forme. Lars Van Trier reste fidèle à sa manière si particulière de filmer, avec ses mises au point incessantes à mesure que la caméra se déplace… ce qu’elle fait tout le temps. Ses films sont sûrement parmi ceux qui comptent les plus longues durées de « flou » et Melancholia n’échappe pas à la règle. Cependant, on peut trouver ça fatiguant à la longue. Beaucoup trouvent son style pompeux et prétentieux. Personnellement, je trouve simplement que le réalisateur danois est en train de galvauder quelque peu son style si particulier en le transformant en cadre rigide et incontournable. Visuellement, le film est superbe, mais peut donner un peu mal à la tête et on aimerait parfois vraiment que la mise au point reste constante.

melancholiaPar contre, Lars Van Trier reste un très grand directeur d’acteurs. Le prix à Cannes remis à Kirsten Dunst est mille fois mérité. On imaginait difficilement cette actrice capable d’une telle performance dans un rôle aussi dur et difficile. Elle est tout simplement éblouissante et c’est grâce à elle, si on supporte la première moitié du film. Melancholia offre également sûrement son plus beau rôle à Kiefer Sutherland, qui prouve ici qu’il n’est pas que Jack Bauer, mais peut être un grand acteur de cinéma. Enfin, Charlotte Gainsbourg est égale à elle-même en femme fragile et sensible. Un rôle qui lui sied à ravir et dans lequel elle peut exprimer tout son talent.

Melancholia fait partie de ses films qu’on aimerait encenser pour les risques pris par le réalisateur. Lars Van Trier invente son cinéma avec une ambition que certains qualifient de présomption, flirtant avec la mégalomanie. Personnellement, je ne lui jetterai sûrement pas la pierre pour s’aventurer là où personne ne va. Même, si avec ce film, il ne m’a qu’à moitié convaincu.

Fiche technique :
Production : Zentropa Entertainment APS
Réalisation : Lars von Trier
Scénario : Lars von Trier
Montage : Molly Malene Stensgaard
Photo : Manuel Alberto Claro
Décors : Jette Lehmann
Distribution : Les Films du Losange
Son : Kristian Eidnes Andersen
Durée : 130 mn

Casting :
Production : Zentropa Entertainment APS
Réalisation : Lars von Trier
Scénario : Lars von Trier
Montage : Molly Malene Stensgaard
Photo : Manuel Alberto Claro
Décors : Jette Lehmann
Distribution : Les Films du Losange
Son : Kristian Eidnes Andersen
Durée : 130 mn

LE REVE QUE JE NE FAIS PAS

XVdefrance

XVdefranceIl y a 4 ans, j’avais écrit avant la Coupe du Monde de rugby en France pourquoi j’y croyais. Au final, l’histoire ne m’a pas tout à fait donné raison, même si on n’était pas vraiment passé loin ce coup-ci. Depuis, beaucoup de sueur a coulé sur le front du XV de France et j’aurais beaucoup aimé écrire un article dans la même veine, à quelques jours de l’ouverture de la Coupe du Monde en Nouvelle-Zélande. Mais ce ne sera pas le cas, parce que je n’y crois pas du tout…

On a battu deux fois l’Irlande ! Youpi ! Ce n’est jamais que la 10ème victoire sur les 11 derniers matchs que nous avons disputé contre le XV du Trèfle. Bref, il n’y a pas grand chose à retirer d’une victoire sur un adversaire que l’on a tant l’habitude de battre. Surtout que l’on ne peut pas vraiment dire que l’on les ai écrasés. Alors certains diront que les deux équipes présentes sur le terrain étaient quelque peu expérimentales et qu’elles ne correspondaient pas au XV type.

Mais justement, le problème est là. Depuis 4 ans, Marc Lièvremont a été incapable de faire émerger une ossature de titulaires indiscutables, multipliant jusqu’au bout essais et expérimentations, le tout sur fond de choix très contestables. Jauzion, Poitrenaud, Michalak et Bastaraud regarderont la Coupe du Monde à la télévision et je fais partie des nombreuses personnes à se demander pourquoi. Si au moins, leur absence se justifiait par l’émergence d’une équipe-type efficace sans ces quatre-là, encore je comprendrais. Mais là, on est dans le flou le plus total.

Penser que le miracle français va de nouveau se reproduire dans ces conditions tient de la croyance, plus que de l’analyse. Surtout que les exploits du XV de France en Coupe du Monde ne lui ont jamais permis d’aller jusqu’au bout. Alors imaginer que cette Equipe de France, sûrement la plus faible ayant abordé une telle compétition, puisse l’emporter est un des rêves des plus fous.

Un rêve que je ne fais pas…

LES CHRONIQUES DE KRONDOR, TOME 2 : MILAMBER, LE MAGE : Un monde toujours aussi agréable à explorer

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milamberlemageBon, je l’ai déjà dit précédemment pour une autre saga littéraire, mais le plus dur est de confirmer après un premier tome prometteur. J’avoue, je me répète. J’ai bien cherché à dire autre chose en introduction, mais je ne n’ai pas trouvé. Comme je me fais vieux et que je n’ai surtout pas que ça à faire de mon dimanche, il vous faudra vous contenter de cette introduction pour vous parler de Les Chroniques de Krondor, tome 2 : Milamber, le Mage.

La Guerre de la Faille continue de ravager Midkemia, mais les deux armées semblent avoir stabilisé leurs positions. Pug vit désormais depuis plusieurs années dans le monde de ses ennemis, Kelewan. Il y est réduit en esclavage mais son don naturel pour la magie va finir par modifier radicalement son destin. Et celui des deux mondes.

A l’origine, les deux premiers tomes des Chroniques de Krondor, Pug l’Apprenti et Milamber, le Mage formait un seul et même livre, appelé Magicien. Il est vrai que ces deux volumes forment un tout cohérent et l’on pourrait presque s’y arrêter et faire l’impasse sur les deux tomes suivants (sans parler des autres séries qui se déroulent dans le même monde). Mais cela serait dommage tant cette série regorge de qualités et passionnera tous ceux qui aiment, de près ou de loin, l’heroic fantasy.

Les Chroniques de Krondor, tome 2 : Milamber, le Mage apporte donc une conclusion, même temporaire, à l’ensemble des sous-intrigues ouvertes précédemment. De nombreuses réponses seront apportées aux questions qui ont pu être soulevées. C’est assez plaisant car cela permet de ne pas se sentir perdu, surtout si on ne lit pas tous les livres de la saga dans la foulée les uns des autres. On en apprécie ainsi d’autant plus la richesse de cet univers imaginaire.

Raymond E. Feist ne fait pas l’imitation compulsive de Tolkien, comme bien des auteurs d’Heroic Fantasy, même des très bons. Bien sûr, un univers moyenâgeux peuplés de magiciens, d’elfes, de nains et de gobelins, nous revoient à cette mythologie bien connu. Mais cet auteur a son style bien à lui et ne cherche pas à en faire encore plus que son illustre prédécesseur. On se situe donc dans un univers sûrement moins complexe et décrit de manière moins exhaustive, mais avec une intrigue beaucoup plus directe et accessible.

Cette dernière est très agréable à suivre. Très classique, elle recèle néanmoins quelques surprises et les pages se dévorent avec une grande facilité. On est ravi de parcourir cet univers et l’attachement aux personnages, né à la lecture du premier tome, se renforce dans les Chroniques de Krondor, tome 2 : Milamber, le Mage. C’est vraiment l’élément qui fait la différence et qui nous pousse à vivre les péripéties avec passion et impatience.

Ceci est renforcé par le style fluide et agréable de Raymond E. Feist. Vous l’aurez compris, les Chroniques de Krondor, tome 2 : Milamber, le Mage n’est pas alourdi par de multiples descriptions. Mais les qualités d’écriture vont au-delà de cette simple constatation. On n’est pas face à du Victor Hugo certes, mais devant un auteur contemporain qui n’a rien à envier à bien de ses collègues. Après, évidemment, la qualité de la traduction a du forcément jouer…en bien ou en mal.

Les Chroniques de Krodor, tome 2 : Milamber, le Mage constitue donc une suite qui donne envie de poursuivre cette saga et plus largement de mieux connaître cet univers crée par Raymond E. Feist. Une livre et une saga pleins de qualités, dont le seul défaut éventuel est peut-être son grand classicisme.

MES MEILLEURES AMIES : On m’avait pourtant prévenu…

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mesmeilleuresamiesafficheLorsque que j’ai vu pour la première fois la bande-annonce de Mes Meilleures Amies, je me suis dit « qu’est ce que c’est encore que cette grosse bouse ! ». Et comme je l’ai vu de nombreuses fois, je me le suis répété à maintes reprises. Et puis, lorsque le film est sorti, il a plutôt reçu de bonnes critiques, alors je l’ai placé dans mon programme. Une amie m’a alors averti… je ne l’ai malheureusement pas écouté…

Annie n’est pas vraiment au top. Célibataire, elle couche avec un macho qui ne lui apporte guère d’attention. Professionnellement, elle a du fermer sa pâtisserie pour être vendeuse dans un magasin minable. De plus, elle vit dans un appartement, dont elle a du mal à payer le loyer, avec un colocataire pas franchement sympathique et la sœur de ce dernier. Heureusement, sa meilleure amie de toujours, Lillian, se marie et elle va être sa demoiselle d’honneur. Cependant, elle va vite se heurter à Helen, que la future mariée fréquente depuis peu mais assidument, et qui est surtout indécemment riche et qui cherche à tout contrôler.

« Elles jouent encore moins bien que dans une pub pour Tampax ». Phrase prononcée par un ado en voyant sa belle-mère jouer au tennis contre sa « rivale »… Voilà, la seule réplique vraiment drôle de Mes Meilleures Amies. Une réplique, c’est mieux que rien… Mais une seule réplique en 2h05 de film, c’est quand même désespérément peu. Le reste des gags : du pipi, caca, popo, vomi où seule l’option vulgarité a été coché et jamais la case drôle. C’est plutôt embêtant pour une comédie, surtout si on a payé pour la voir.

Bon, le film parle aussi pas mal de sexe. Il y a une volonté évidente de coller à Sex and the City, avec des dialogues crus et profondément féministes. Mais Annie n’est pas Carrie, loin de là. Dans le cas qui nous intéresse, c’est juste gras et affligeant souvent, jamais ni glamour, ni réjouissante. Aucun second degré, sans même oser prononcer le mot subtilité, un concept visiblement totalement inconnu des scénaristes de cette grosse bouse, qui n’a d’ailleurs guère fait rire dans la salle. Bref, Mes Meilleures Amies est raté sur toute la ligne…

mesmeilleuresamiesAllez positivons. Il y a quand même un aspect plutôt réussi dans Mes Meilleures Amies, c’est l’histoire d’amour entre Annie et un policier un peu timide. C’est mignon, parfois touchant et ce sont les seuls moments où on se prend un minimum d’affection pour les personnages. Plus que quand ils vomissent et chient dans un lavabo d’un magasins de robe de mariée en tout cas, suite à une tourista foudroyante… Cette romance nous offre aussi la seule scène qui nous arrache un long sourire, quand Annie commet toutes les infractions routières possibles et imaginables juste sous le nez du flic pour attirer son attention alors qu’il boude, enfermé dans sa voiture de service, stationnée sur le bas-côté. Bon bah voilà, j’ai donné tout ce que j’avais pour dire du bien de ce film. Et croyez-moi, c’est déjà beaucoup !

Faut-il vraiment parler des acteurs qui ont eu le malheur de tremper dans cette mascarade ? Allez, on va dire qu’il n’y sont pour rien, car ils donnent tout de même leur maximum. Après si les dialogues sont nuls et les situations affligeantes, ce n’est pas de leur faute. On signalera donc tout de même que le couple Kristen Wiig – Chris O’Dowd est plutôt mignon, qu’on préférait Maya Rudolph dans Away we go, que Rose Byrne sait parfaitement être exaspérante et que Melissa McCarthy arrive presque à nous faire rire. Et puis, on signalera la parfaite apparition de Monsieur « Don Draper des Madmen », John Hamm, irrésistible en macho vulgaire. Le rôle en fait trop, mais lui au moins s’éclate à jouer l’antithèse du personnage qui l’a rendu célèbre.

Mes Meilleures Amies est donc bien une bouse. On m’avait prévenu. J’écouterai la prochaine fois.

Fiche technique :
Production : Universal pictures, Relativity Media, Apatow productions
Distribution : Universal Pictures International France
Réalisation : Paul Feig
Scénario : Kristen Wiig, Annie Mumolo
Montage : William Kerr, Mike Sale
Photo : Robert D. Yeoman
Décors : Jefferson Sage
Musique : Michael Andrews
Costumes : Leesa Evans
Durée : 125 mn

Casting :
Kristen Wiig : Annie
Chris O’Dowd : Officier Rhodes
Maya Rudolph : Lillian
Jessica St Clair : Whitney
Ellie Kemper : Becca
Jill Clayburgh : la mère d’Annie
Rose Byrne : Helen
John Hamm : Ted
Melissa McCarthy : Megan

EASY TIGER (Ryan Adams) : Ballades country à la pelle

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easytigerryanadamsRyan Adams, à ne pas confondre avec Brian Adams, est un chanteur country-rock américain, tout ce qu’il y a de plus américain, totalement américain. Remarquez, c’est normal, personne ne chante de country s’il n’est pas né au cœur des Etats-Unis… Né à Jacksonville, en Caroline du Nord, on peut facilement imaginer qu’il a grandit au milieu de types habillés en cow-boys, parlant avec un accent pas possible et conduisant de gros pick-ups…

Bon, j’arrête d’affabuler, parce qu’en fait je n’en sais rien et cela n’est pas très intéressant pour vous parler de Easy Tiger, un album sorti en 2007 et dernier en date de Ryan Adams. Il s’agit là de son 7ème album solo d’un carrière débutée en 2000. Bref, un album par an, auxquels il faut ajouter 4 albums avec le groupe The Cardinals. Plutôt productif le garçon ! Enfin, depuis 2008, plus rien…

Easy Tiger nous emmène donc au cœur de la culture américaine. Mais de manière plutôt douce, car cet album ne comporte quasiment que des ballades ou assimilées. C’est d’ailleurs, le plus gros reproche que l’on peut formuler à l’encontre de cet album qui souffre d’une certaine monotonie. Ryan Adams pousse parfois un peu la voix, mais cela ne va jamais très loin.

Et c’est bien dommage, car il est plutôt doté d’un bel organe vocal. Mais Easy Tiger donne l’impression qu’il se bride volontairement et qu’il n’explore pas toutes les possibilités qu’il lui offre. C’est sûr qu’avec les titres de cet album, il va préserver une voix qu’il n’est pas prêt ainsi d’érailler. Mais bon du coup, c’est un peu frustrant car on aimerait qu’il donne un peu plus plus de punch à ses titres, comme pour Two Hearts. Cela reste timide, mais cela fait du bien d’entendre un son un peu plus enjoué.

Cependant, ne nous y trompons pas. Easy Tiger recèle quelques beaux trésors à côté desquels il serait dommage de passer. On citera notamment Oh My God Whatever Etc et These Girls. Après, il y a à boire et à manger, mais aucun titre n’est vraiment mauvais. Encore une fois, c’est plutôt l’uniformité qui pose problème. Mais tous les amateurs du genre y trouveront leur compte, surtout que le son n’est pas non plus country jusqu’au boutiste. N’allez pas imaginer un type qui joue du banjo et yodle tant qu’il peut. Simplement, on sent bien les influences dans chacun des plages de cet album.

Easy Tiger ne m’a donc pas vraiment déçu, mais ni vraiment enthousiasmé non plus. Je ne connaissais cet artiste que de nom et je suis heureux de pouvoir désormais mettre une voix sur ce dernier. Simplement, je ne suis pas forcément hyper impatient de découvrir le reste de sa discographie, même si cet album va rester bien au chaud dans ma discothèque.

Easy Tiger ravira donc les amateurs de belles ballades country. Les autres trouveront sûrement un ou deux titres pour enchanter leurs oreilles.

Pour finir, faisons le tour des titres que l’on trouve sur Easy Tiger.

1.: Goodnight Rose
Un titre country-rock dans la plus pure tradition.

2.: Two
Une ballade aux accents nostalgiques.

3.: Everybody Knows
Ballade où la voix de Ryan Adams est particulièrement claire et mélodieuse.

4.: Halloweenhead
Un titre plus rock sympa, mais qui ne décolle jamais totalement.

5.: Oh My God Whatever Etc
Une ballade triste mais vraiment belle.

6.: Tears Of Gold
Une plongée dans les racines profondes de la musique américaine.

7.: Sun Also Sets
Une ballade en mode slow.

8.: Off Broadway
Une chanson douce où la voix de Ryan Adams est étonnement haut perchée.

9.: Pearls On A String
Un titre ultra country… Après on aime ou on n’aime pas…

10.: Rip Off
Une ballade plus pop, même si les accents américains sont encore bien présents.

11.: Two Hearts
Une chanson rythmée et plutôt enjouée par rapport au reste. Ca fait du bien !

12.: These Girls
Un très beau morceau, très simple, à la guitare.

13.: I Taught Myself How To Grow Old
Très épuré également, mais moins réussi.

14.: Nobody Listens To Silence (bonus track)
Un rock sombre et saccadé.

LA BOURSE OU LA BOURSE ?

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bourseabsurdeLa crise boursière qui a débuté la semaine dernière montre une nouvelle fois à quel point le monde de la finance est devenu un grand n’importe quoi. Mais un grand n’importe quoi dangereux et dont l’importance devient délirante. On peut parier que l’on tient là un des prochains axes forts de la prochaine campagne présidentielle. Le souci est que le débat risque d’être « comment plaire au marché ? », plutôt que « comment en refaire des outils au service du développement économique ? ».

L’absurdité de la situation actuelle est éloquente. Les actions sont censées représenter une fraction de la valeur des entreprises. Or ces dernières se portent à nouveau très bien, les bénéfices sont revenus et ont même dépassé leur niveau d’avant crise. Tous les voyants devraient donc être au vert. Malheureusement, plus personne ne fait attention à cette valeur ancrée dans le réel, seul compte la valeur spéculative…

Si les marchés boursiers ont plongé, c’est par crainte que certains états n’arrivent pas à rembourser leurs dettes. Quel est le rapport entre les deux ? Aucun a priori, à part pour les actions des banques, qui, elles, sont directement concernées. Mais la finance fonctionne désormais comme un tout et une mauvaise nouvelle dans un secteur prend des proportions démesurées et va frapper l’ensemble des actifs financiers.

Le pire a été quand même d’apprendre que puisqu’il y a une crise de la dette dans beaucoup d’états (il paraît qu’elle menace la France), la Bourse a plongé et, du coup, les investisseurs se reportent en masse… sur les obligations d’état jugées sûres. Bref, la crise de la dette des états entraîne la finance à investir…dans la dette des états…

Absurde ? Evidemment, mais cela signifie surtout que la crise de la dette qui touche certains pays n’est provoquée en fait que par des bulles crées par des attaques spéculatives. Au fond, les créanciers savent très bien qu’ils sont à l’abri d’un défaut de paiement. Simplement, attiser cette crainte permet d’augmenter les taux d’intérêts, et donc les profits du créanciers, pour certains pays… qui, du coup, auront effectivement du mal à faire face à leurs échéances.

Tout cela n’a rien d’inexorable et n’est pas inscrit dans les lois de la nature, comme aimeraient le faire croire certains libéraux. Il est temps que les politiques, et donc les peuples, reprennent la main et signifient clairement au monde la finance que la plaisanterie a assez duré et que si elle veut continuer à exister, il lui faudra suivre un certain nombre de règles… Des règles qui existaient il y a juste un peu plus de trente ans avant que l’idéologie portée par le couple Reagan-Thatcher ne vienne peu à peu les balayer.

Et il y a urgence…

IMPARDONNABLES : Venise I love you… Le film nettement moins

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impardonnablesafficheSi André Téchiné était au Parti Socialiste, on dirait de lui qu’il est un éléphant. Heureusement, les grands artistes ont eux le droit de durer sans que l’on y voit le moindre mal. Sa carrière de réalisateur débuté au cinéma en 1975 se poursuit encore aujourd’hui. Pour preuve, la sortie sous nos écrans de Impardonnables. Mais si son début est plutôt prometteur, le film finit par décevoir.

Francis, écrivain à succès, vient à Venise pour trouver le calme et l’isolement propice à son inspiration. Il y trouvera finalement surtout l’amour, en la personne de Judith, son agent immobilier, qui lui a trouvé une grande demeure isolée de l’autre côté de la lagune. Un jour, Alice, sa fille, vient lui rendre visite…avant de disparaître quelques jours plus tard.

Impardonnables commencent comme un polar. Un polar qui s’annonce excellent. Les plans sur les regards des personnages nous font penser que certains ne sont pas ce qu’ils semblent être, que de lourds secrets sont enfouis, voire qu’ils possèdent des intentions cachées et inavouables. Et bien… en fait pas du tout. Tout ce petit beau monde est exactement comme il prétend être et tous les soupçons qui peuvent naître se révèlent totalement infondés. Mais alors, où réside l’intérêt de l’histoire ?

André Techiné aurait pu inventer le rebondissement ultime : l’absence de rebondissement alors que tout le monde s’y attend. Sauf que cela ne fonctionne pas du tout et vu que film dure pas loin de deux heures, le spectateur a vite fait de comprendre que le scénario d’Impardonnables ne cherche pas du tout de le surprendre ou à l’emmener sur de fausses pistes. Il se contente de lui décrire les relations complexes entre des personnages un tantinet torturés. C’est déjà pas mal me direz-vous, mais il faudrait pour que l’on rentre vraiment dans l’histoire que les protagonistes nous inspirent un minimum de sympathie.

Mais le seul personnage qu’Impardonnables nous fait vraiment aimer…s’appelle Venise. En effet, ce film nous offre une vision amoureuse de cette ville, à l’image de Minuit à Paris pour la Ville Lumière. Certains plans sont splendides, comme cette vue de la ville au fond de la lagune sur laquelle s’abattent les éclairs d’un orage. Le problème, c’est que l’on est pas venu dans une soirée National Geographic et que cela ne suffit pas à compenser notre frustration.

impardonnablesEn fait, plus globalement, si l’histoire de Impardonnables ne convainc qu’à moitié, pour ne pas dire qu’à un tiers, la mise en image est par contre d’une grande qualité. Photographie, montage, direction des acteurs, tous ces éléments nous permettent de bien nous rendre compte qu’il n’y a pas n’importe qui derrière la caméra. C’est d’ailleurs grâce à tout ça que le début est prometteur, avec une tension qui monte très vite. Dommage, qu’elle ne soit pas maintenue et que le tout se dégonfle comme un soufflé raté.

Impardonnables s’appuie sur un casting de très haute volée. Bon, on peut en avoir assez de voir encore et toujours André Dussolier, mais il reste tout de même incontestablement un des meilleurs acteurs de notre pays. A ses côtés, Carole Bouquet est toujours aussi sublime. Je ne sais pas quel est la part due aux chirurgiens, mais à 54 ans, elle peut encore faire beaucoup d’ombre à bien de jeunes actrices. Elle n’en fait pas par contre à Mélanie Thierry qui, même si son rôle reste tout de même relativement limité, confirme son statut de très grand espoir du cinéma hexagonal.

Impardonnables ne tient donc pas vraiment ses promesses. La faute à un scénario pas vraiment intéressant, quant la mise en image est elle d’une très grande qualité.

Fiche technique :
Production : SBS Films, Soudaine Compagnie, CRG International, TF1 DA, France 3 Cinéma
Réalisation : André Téchiné
Scénario : André Téchiné, Mehdi Ben Attia, d’après le roman de Philippe Djian
Montage : Hervé de Luze
Photo : Julien Hirsch
Décors : Michèle Abbé-Vannier
Distribution : UGC distribution
Musique : Max Richter
Costumes: Khadija Zeggaï
Durée : 111 mn

Casting :
André Dussollier : Francis
Carole Bouquet : Judith
Mélanie Thierry : Alice
Adriana Asti : Anna Maria
Mauro Conte : Jérémie
Alexis Loret : Roger
Zoé Duthion : Vicky

LA PLANETE DES SINGES : LES ORIGINES : Singes opprimés du monde entier, unissez-vous !

laplanetedessingeslesoriginesaffiche

laplanetedessingeslesoriginesafficheEn 1963, Pierre Boulle, un auteur bien de chez nous, publiait la Planète des Singes, un roman qui allait connaître un incroyable destin…cinématographique. Adapté, très librement, en 1968, il peut être considéré, avec Tarzan et Dracula, comme une des premières franchises de l’histoire d’Hollywood, avec pas moins de 4 suites. Le premier volet a eu droit à un remake, plutôt raté, en 2001 par Tim Burton. Voici, désormais la Planète des Singes : les Origines. Peut-être le meilleur de tous ces films.

Will Rodman poursuit depuis 5 ans des recherches sur un remède à la maladie d’Alzheimer, motivé par la maladie de son propre père. Il teste sur des chimpanzés une molécule prometteuse, qui semble booster leur intelligence. Mais le jour où il doit présenter à son Conseil d’Administration son singe le plus spectaculaire, ce dernier se rebelle contre le personnel du labo et entraîne l’ordre d’abattre tous ses congénères. Mais Will recueillera un bébé, nommé César, dont l’intelligence se révèle très vite prodigieuse.

La mode est aux prequels, c’est à dire aux suites qui se situent chronologiquement avant l’œuvre originale. Après les X-Men et avant Alien, voici donc la Planète des Singes. Il est vrai qu’il est légitime de s’interroger sur comment la Terre a pu finir par être dominé par nos plus proches cousins. C’était l’objet au début des années 70 des Evadés de la Planètes des Singes, de la Conquête de la Planète des Singes et de la Bataille de la Planète des Singes, trois beaux navets, pas vraiment convaincants. La Planète des Singes : les Origines est lui nettement plus réussi.

Bon, évidemment, on notera quelques approximations biologiques. Si les chimpanzés ne parlent pas, ce n’est pas parce qu’ils n’en sont pas intellectuellement capables (ils peuvent maîtriser la langue des signes), mais parce que leurs cordes vocales ne leur permettent pas (contrairement à celles de perroquets). Mais je pense que tous ceux dont les études en biologie n’ont pas été trop poussées pourront faire abstraction et jouir du spectacle et d’un scénario par ailleurs assez intelligent.

L’intrigue de la Planète des Singes : les Origines est parfois un peu simpliste. Singes opprimés du monde entier, unissez-vous ! Beaucoup de bons sentiments donc, qui frise parfois l’ode au communisme, mais le tout reste tout de même très bien construit. La catastrophe qui s’annonce prend corps étape par étape, formant un inexorable engrenage qui se met peu à peu en place sans que les personnages, humains, ne s’en aperçoivent. Le tout va évidemment très mal se terminer pour notre espèce. On est donc face à une histoire portant une réflexion plutôt maladroite, mais qui arrive tout de même à maintenir le suspense et l’intérêt du spectateur de bout en bout.

laplanetedessingesLes scènes d’action sont elles très spectaculaires, portés par des effets spéciaux de toute beauté. Quel contraste avec les costumes un peu ridicules du film de 1968 ! Je n’irai pas jusqu’à dire que l’on n’a jamais l’impression d’être face à des images de synthèse, mais le travail réalisé est vraiment impressionnant. La bataille finale, entre les singes et la police et l’armée sur le Golden Gate Bridge à Los Angeles reste un beau moment de cinéma.

Le casting est par contre solide mais sans génie. Enfin pour ce qui est des humains. James Franco a le vent en poupe à Hollywood, mais force est est de constater que son charisme reste limité. A ses côtés, Freida Pinto est fort jolie, mais son rôle ne sert pas à grand chose au fond. Par contre, Andy Serkis, confirme, après Gollum dans le Seigneur des Anneaux, qu’il est l’acteur à engager pour donner vie à une créature en image de synthèse.

Au final, La Planète des Singes : les Origines est un des plus films les plus spectaculaires de cet été, avec un scénario intelligent, malgré une réflexion un peu simpliste.

Fiche technique :
Production : Chernin Entertainment, 20th Century Fox Film
Distribution : 20th Century Fox France
Réalisation : Rupert Wyatt
Scénario : Rick Jaffa, Amanda Silver, d’après le roman de Pierre Boulle
Montage : Conrad Buff, Mark Goldblatt
Photo : Andrew Lesnie
Décors : Claude Paré
Musique : Patrick Doyle
Durée : 105 min

Casting :
James Franco : Will Rodman
Freida Pinto : Caroline Aranha
Andy Serkis : César
John Lithgow : Charles Rodman
Brian Cox : John Landon
Tom Felton : Dodge Landon
David Oyelowo : Steven Jacobs
Jamie Harris : Rodney
Madison Bell : Alice Hunisker

LE BIEN ET LE MAL

classico

classicoAu printemps dernier, toute la planète avait vécu à l’heure des classicos, ces affrontements entre le FC Barcelonet et le Real Madrid, sans doute les deux meilleures équipes de la planète actuellement. La saison 2011-2012 a démarré en fanfare avec la Super Coupe d’Espagne et deux nouveaux chocs des titans en quelques jours, pour un spectacle d’un niveau ahurissant si tôt dans la saison. 9 buts en deux matchs, des renversements de situation et la confirmation de la supériorité catalane et du génie incomparable de Lionel Messi.

Malheureusement, ces deux matchs on confirmé également la logique délétère dans laquelle est entrée le Real Madrid. Il y a une limite entre l’engagement physique et la violence inacceptable et l’équipe de José Mourinho l’a depuis longtemps franchie pour se situer du mauvais côté de la frontière. Le carton rouge de Marcelo a été provoqué par une faute volontaire et qui aurait pu blesser gravement Cesc Fabregas. Un geste qui n’a rien à faire sur une pelouse de football. Mais ce joueur n’en est pas à son coup d’essai et il aurait du depuis longtemps être sanctionné durement et durablement.

Mais que dire de l’attitude de José Mourihno ? On dit souvent que les entraîneurs, même professionnels, restent avant tout des éducateurs et sont donc censés montrer le bon exemple. L’entraîneur portugais, lui, se prend pour Dieu et a donné le pire exemple qui soit, en allant mettre volontairement le doigt dans l’œil de l’entraîneur adjoint barcelonais. Un geste qui laisse sans voix par sa bêtise et qui ne restera pas, espérons-le, sans suite. Le talent ne donne pas tous les droits. Et sûrement pas celui de se comporter comme un voyou de la pire espèce.

Heureusement que Messi, lui au moins, ne pense qu’à jouer au football. Et comme il y a parfois une justice dans ce bas monde, il gagne toujours à la fin.

L’ENTERREMENT DE MONSIEUR BOUVET (George Simenon) : Ma première rencontre avec une très grande plume

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lenterrementdemonsieurbouvetMa mère est une grande admiratrice de George Simenon et d’Agatha Christie. Il y a toujours eu de nombreux romans de ces deux auteurs dans les rayonnages de nos bibliothèques. Mais si j’ai déjà lu un grand nombre des livres de la maman d’Hercule Poirot, à 32 ans, je n’avais jamais ouvert un de ceux de l’écrivain belge. C’est désormais chose faite avec l’Enterrement de Monsieur Bouvet

Monsieur Bouvet est un homme sans histoire, apprécié de ses voisins et de sa concierge. Alors quand il meurt subitement, tout le monde s’imagine que tout se passera simplement. Jusqu’au moment où une femme se fait connaître et prétend que le défunt ne s’appelle pas Monsieur Bouvet et qu’il était son mari, disparu mystérieusement des années de cela.

L’Enterrement de Monsieur Bouvet est un roman plutôt court. On peut le classer dans le genre policier, même s’il ne s’agit pas ici de trouver un coupable, mais de déterminer la réelle identité d’un macchabée. Le rebondissement que je présente dans le synopsis n’est que le premier d’une longue série, la vérité ultime n’était connu que dans les dernières pages du roman. De ce point de vue, ce livre pourrait s’apparenter des romans de gare et autres séries noires qui ont connu leur heure de gloire dans les années 60. Mais, il reste tout de même une différence de taille.

L’Enterrement de Monsieur Bouvet est écrit par une des plus belles plumes de la littérature francophone et cela se ressent à chaque page. Un style incomparable qui donne une plus-value énorme à ce roman. Il ne s’agit sûrement pas de plus grand chef d’œuvre de cet auteur, mais on mesure tout de même facilement à qui on a affaire. L’écriture est contemporaine, rien à voir avec le style puissant d’un Hugo, ou d’un Zola, cependant, il en émane cette part du génie qui ne s’explique pas et ne peut que se ressentir.

Au-delà de ça, l’Enterrement de Monsieur Bouvet nous propose une histoire agréable à suivre, à défaut d’être totalement passionnante. On pourrait s’attendre à ce que les révélations se multiplient et se contredisent, avant que l’on découvre le fin mot de l’histoire et qui ment et pourquoi. Il n’en est rien. Ce roman ressemble plutôt à un puzzle dont les pièces s’assemblent peu à peu, mais dont aucune ne finit pas par trouver sa place. Il s’agit ainsi d’une sorte de biographie à l’envers, du récit d’une vie qui se reconstruit en partant de la fin. Enfin quand je dis une, le Monsieur Bouvet en question en a vécu plus d’une.

L’Enterrement de Monsieur Bouvet est aussi l’occasion pour George Simenon de nous livrer un tableau de son époque et surtout des personnages qui l’habitent. L’autre grande force de ce roman, en dehors du style, c’est cette galerie de personnages finement croquée et livrée au lecteur avec un rare talent. Des personnages ordinaires, mais qui prennent vie et relief sous la plume de cette figure majeure de la littérature du 20ème siècle.

L’Enterrement de Monsieur Bouvet peut donc constituer une très bonne porte d’entrée à une œuvre qui emmène parfois le lecteur dans des recoins beaucoup plus sombres et inavouables de la nature humaine (enfin pour ce que j’en sais… et pour les adaptations cinématographiques que j’ai pu voir). Un roman presque léger et anodin, même s’il possède des qualités extraordinaires.