SUPER 8 : Divertissement, à défaut de chef d’oeuvre

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super8afficheL’été est propice au foisonnement des « blockbusters »… En français, des films américains à gros budget dont le but est d’attirer un maximum de spectateurs dans les salles obscures. A la fin, on fait les comptes et on voit qui a raflé la mise au box-office. Cette année, un des plus attendus était Super 8. J.J .Abrams à la réalisation et au scénario, Steven Spielberg à la production. Bref que du beau monde ! Mais si ce film constitue un agréable divertissement, il est difficile de le considérer comme un chef d’œuvre du genre.

Une bande d’adolescents, au fin fond de l’Amérique, s’amuse à réaliser un film de zombies avec une caméra Super 8. Un soir, il tourne une scène le long de la voie ferrée et assiste à un terrible accident : un professeur de science semble avoir volontairement percuté un train pour provoquer son déraillement. Très vite, l’armée débarque et les évènements inexpliqués se multiplient.

On le voit tout de suite Super 8 possède un scénario extrêmement classique. Ce n’est pas illogique car ce film se veut un hommage nostalgique à un certain cinéma fantastique, peuplé de créatures monstrueuses, bien avant l’arrivée des images de synthèse. Une sorte de vieux film, mais réalisé avec les moyens d’aujourd’hui. On peut facilement imaginer que J.J. Abrams et Steven Spielberg se sont faits plaisir avec ce film qui a du leur rappeler leurs premières émotions cinématographiques. On retrouve avec ce film la même démarche qu’avait eu ce dernier en produisant les Goonies, au milieu des années 80.

Malheureusement, Super 8 est aussi plombé par quelques défauts. Bon, rien de bien méchant, mais assez pour décevoir ceux qui vont le voir en en attendait beaucoup. L’histoire possède deux volets : le volet aventure pure et le volet relations entre les personnages. C’est ce dernier qui est nettement moins réussi. On retrouve un côté assez moralisateur et cucul, que les fans de Spielberg connaisse bien, mais qui prend ici une place trop importante pour seulement faire partie du décor et être facilement oublié. Du coup, si la fin n’est pas dénuée d’une certaine émotion, cette dernière est quelque peu prévisible et manque franchement d’intérêt. Bien sûr, elle donne aussi un peu d’épaisseur aux personnages, les rendent sympathiques, mais alourdit surtout un récit, qui aurait gagné à plus de légèreté et de fluidité.

super8Car à côté de ça, Super 8 nous offre du grand spectacle. Il reprend toutes les ficelles du genre, mais avec assez de talent et de moyens pour que cela ne ressemble en rien aux séries B, dont le film se veut pourtant l’héritier. Si on est pas forcément surpris par un récit qui ne déborde pas de rebondissements, on ne s’ennuie pas une seule seconde et on retrouve toute la joie un peu enfantine que l’on ressent devant un film d’aventures. On sait bien comment tout cela va finir, mais qu’importe. On est là pour se divertir et, au moins sur ce point, ce film remplit sa mission à la perfection. Bref, s’il y a bien des reproches rationnels à faire à ce film, il n’empêche qu’à la fin, on ne peut qu’admettre que l’on a passé un très bon moment.

Le casting ne brille pas particulièrement dans Super 8. On notera simplement la très bonne prestation de la jeune Elle Fanning, que l’on avait déjà remarquée dans Somewhere et l’Etrange Histoire de Benjamin Button. Comme tout talent adolescent, cela reste à confirmer une fois la puberté achevée, mais les promesses sont là. A ses côtés, Joel Courtney est lui aussi à la hauteur malgré ses 15 ans.

Au final, Super 8 est un film parfait dans sa forme, plus inégal dans son fond. Mais ne boudons pas notre plaisir, il est aussi un des divertissement le plus réussis de l’été, même si on pouvait attendre plus d’une telle débauche de talent.

Fiche technique :
Production : Amblin Entertainment, Bad Robot, Steven Spielberg, Paramount Pictures
Distribution : Paramount Pictures France
Réalisation : J.J. Abrams
Scénario : J.J. Abrams
Montage : Maryann Brandon
Photo : Larry Fong
Décors : Leia Pratapas
Son : Mark Ulano
Musique : Michael Giacchino, Tim Simonec
Effets spéciaux : Kim Libreri, Stephan Trojansky, Dennis Muren
Maquillage : Bonni Flowers, Annabelle MacNeal, Rick Pour, Deborah Lamia Denaver
Directeur artistique : David Scott
Durée : 110 min

Casting :
Ryan Lee : Carey
Riley Griffiths : Charles Kaznyk
Kyle Chandler : Jackson Lamb
Elle Fanning : Alice Dainard
Joel Courtney : Joe Lamb
Gabriel Basso : Martin
Zach Mills : Preston
Noah Emmerich : Nelec
Bruce Greenwood : Cooper

L’ETOILE DE PANDORE, TOME 2 : PANDORE MENACEE (Peter F. Hamilton) : Une suite qui tient ses promesses

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letoilepandore2Ecrire le premier tome d’une saga qui met l’eau à la bouche du lecteur et lui procure une irrésistible envie de lire la suite n’est certes pas donné à tout le monde. Mais il y a encore plus dur : écrire une suite qui soit à la hauteur ! L’Etoile de Pandore, tome 1 m’avait particulièrement séduit, pour ne pas dire enthousiasmé. J’attendais donc beaucoup de la suite, surtout que la saga compte au final 4 volets. Heureusement, l’essoufflement n’est pas du tout de rigueur avec l’Etoile de Pandore, tome 2 : Pandore Menacée.

Le Seconde Chance est revenu de sa mission en catastrophe, suite à l’ouverture du champ de force emprisonnant une galaxie entière qu’il était chargé d’étudier. La civilisation extra-terrestre enfermée semble particulièrement belliqueuse et agressive. Cependant, elle ne semble pas encore en mesure de voyager à grande distance par l’intermédiaire de trous de vers et d’attaquer directement le Comenwealth. Mais pour combien de temps encore ?

Après avoir mis en place le décor et les acteurs dans le premier volet, L’Etoile Pandore, tome 2 : Pandore Menacée se devait donc de mettre tout cela en branle. De nombreuses réponses aux questions précédemment posées y sont apportées, mais heureusement pas à toutes. Le récit a incontestablement changé de nature, les couches de mystère cessant de s’accumuler, sans pour autant assécher la curiosité du lecteur. On lui fourni très régulièrement de quoi la satisfaire, sans la combler totalement.

L’Etoile de Pandore, tome 2 : Pandore Menacée n’est donc pas un de ces tomes quelque peu inutiles, qui surferaient sur les qualités du premier volet, sans faire véritablement avancer les choses. Le récit ne temporise pas, au contraire. Il y’a désormais beaucoup plus d’actions. J’attends de savoir si ce rythme sera tenu jusqu’au bout, mais pour l’instant, je n’ai pas du tout l’impression que Peter F. Hamilton nous raconte en quatre tomes une histoire qui aurait pu tenir en deux ou trois. Et ça, c’est une qualité rare.

Le livre s’ouvre sur une liste des personnages et d’une courte description de qui ils sont. C’est une très bonne idée, car cette saga est très riche en intrigues parallèles et il est parfois un peu difficile de s’y retrouver entre tous ces protagonistes. Enfin, n’allez pas croire que le récit est le moindre monde confus. Simplement, notre mémoire a parfois besoin d’un peu d’aide. De toute façon, on sent bien à chaque page que Peter F. Hamilton a le souci de conserver cohérence et clarté, histoire de ne pas perdre des lecteurs en route, ce qui est plutôt appréciable quand on les entraîne sur un si long chemin.

La plume de Peter F. Hamilton ne se laisse donc jamais déborder par son imagination. C’est trop souvent le cas dans ce genre de littérature. Le style est ici solide et clair, à défaut d’être génial, et colle parfaitement à une œuvre vraiment très bien construite. Il ne constitue pas forcément la plus grande qualité de L’Etoile de Pandore, tome 2 : Pandore Menacée, mais le liant indispensable pour que toutes celles qu’il possède par ailleurs forment ce tout remarquable.

L’Etoile de Pandore confirme donc avec ce deuxième tome qu’elle constitue une excellente saga de science-fiction, tendance space opera. Pandore Menacée donne donc furieusement envie de se jeter sur les troisième et quatrième volets de la saga.

LES HEROS MEURENT AUSSI (Matthew Woodring Stover) : Savoureux mélange des genres

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lesherosmeurentaussiQui n’a jamais rêvé de vivre réellement les aventures d’un héros de film d’aventures ou de science-fiction ? D’affronter des dangers incommensurables, de visiter des contrées inconnues, de triompher d’ennemis puissants et terrifiants ? Bref, de devenir un héros ? Dans Les Héros Meurent Aussi, un excellent roman entre fantasy et science-fiction, cela devient possible.

Sur Terre, Hari Michaelson est une star. Mais une star au service des plus hautes castes qui dirigent de manière autoritaire une société où le divertissement le plus prisé constitue à suivre les aventures d’acteurs envoyés dans un monde lointain, mais bien réel, baptisé Autremonde. Là-bas, Hari s’appelle Caine et son nom est synonyme de crainte et de respect, car il est l’assassin le plus redouté. Mais lorsque son épouse, actrice elle-aussi, est en danger de mort, il bravera l’autorité des puissants, sur Terre comme sur Autremonde.

Les Héros Meurent Aussi recyclent beaucoup d’idées, de personnages ou de situations relativement classiques. Mais cet assemblage est une très grande originalité, car il mélange avec bonheur des éléments issus de genres littéraires qui ne se croisent pas forcément très souvent, principalement la science-fiction et la fantasy, mais pas que. De plus, le tout est d’une remarquable cohérence et ne donne jamais la sensation d’être face à un patchwork décousu. La richesse ne se fait jamais au détriment de la solidité de l’intrigue et de la crédibilité des univers dans lequel les personnages évoluent.

A cela, s’ajoute une histoire vraiment prenante et des protagonistes parfaitement mis en scène. Matthew Woodring Stover a su parfaitement dosé la complexité inhérente à tout récit se déroulant dans un monde totalement imaginaire. Du coup, on s’y sent parfaitement à l’aise dès les premières pages et on ne sent jamais perdu. On peut ainsi apprécier pleinement cette intrigue particulièrement prenante, riche en action et en rebondissements. On est vraiment ici face à une très bonne histoire et non pas simplement dans le plaisir de découvrir un univers totalement inconnu. En outre, la galerie des personnages est vraiment réussie et, sans parler de réelle profondeur, ils possèdent tous une certaine dose de complexité.

D’ailleurs, le seul reproche que l’on peut formuler à propos de Les Héros Meurent Aussi, c’est un manque de descriptions… Pour certains, cela représentera une qualité particulièrement appréciable. Il est vrai que cela rend le style très léger et nous permet de dévorer ce livre très rapidement et avec une facilité déconcertante. Mais on aimerait parfois en savoir plus, aussi bien sur la vision futuriste de notre planète que sur cet Autremonde, mystérieux, ampli de magie et aux allures quelques peu moyenâgeuses. C’est vraiment une question de goût, mais, personnellement, j’ai ressenti une très légère frustration à ce niveau.

En fait, ce que l’on regrette vraiment, c’est de devoir quitter cet univers si vite. La science-fiction et la fantasy nous offrent très souvent des sagas s’étirant sur plusieurs tomes. On peut du coup apprécier le fait que Les Héros Meurent Aussi soit un récit unique, mais quand un univers est aussi bon, on se dit qu’il aurait pu servir de base à quelque chose de plus large. L’idée de base est très bonne, ce roman l’exploite parfaitement, mais ne cherche pas à broder quelque chose par-dessus. Je trouve ça dommage, mais là encore, c’est une question de préférence personnelle.

Les Héros Meurent Aussi constitue donc une vraie bonne surprise littéraire, qui ravira aussi bien les amateurs de fantasy que de science-fiction. En fait, il plaira surtout à tous ceux qui apprécient les intrigues solides, plutôt que les vagabondages dans des univers imaginaires ou mystérieux.

UN ENFANT DE LA BALLE (John Irving): Un savoureux voyage, parfaitement guidé

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unenfantdelaballeL’Inde constitue en elle-même un monde à part, qui ne possède pas d’équivalent sur cette planète. S’y rendre constitue un tel choc que certaines personnes ne s’en remettent pas et pètent radicalement les plombs. On parle de « choc de l’Inde », qui est considéré comme un syndrome médical à part entière. Un Enfant de la Balle nous y emmène et nous fait découvrir certains aspects les plus étranges de cette société. Et quand le voyage se fait sous la plume de John Irving, le voyage est particulièrement délicieux.

Le Docteur Farokh Daruwalla est un chirurgien orthopédiste, né en Inde mais exerce désormais au Canada. Mais du coup, dans chacun de ces pays, il est vu comme un étranger. Un jour, à Bombay, un meurtre est commis sur le terrain de golf du club qu’il a pour habitude de fréquenter. Un crime qui va le renvoyer à son passé et faire ressurgir de nombreux personnages qu’il a eu l’occasion de croiser au cours de son existence.

Un Enfant de la Balle aurait pu être un roman policier pur et dur. Mais l’enquête policière n’y constitue qu’un prétexte à un vagabondage au cœur de l’Inde et une galerie de portraits haute en couleur et particulièrement dépaysante. Le début du roman peut d’ailleurs quelque peu rebuter par une richesse qui nous saute à la gorge, tant les éléments nous sont présentés sans aucuns liens visibles entre eux. Mais peu à peu, les pièces du puzzle finiront pas s’assembler et dessiner une intrigue cohérente.

Un Enfant de la Balle se caractérise donc avant tout par la richesse de son contenu. Acteurs de Bollywood, travestis, artistes de cirques, nain chauffeur de taxi… autant de personnages qui ne pourraient guère exister ailleurs, mais qui se mélangent ici sans problème, dans ce pays où tous nos repaires d’Occidentaux disparaissent. Mais comme cette histoire nous est racontée au travers d’un personnage, naviguant entre deux univers, on ne se sent jamais longtemps perdu. Les singularités de la société indienne sont vraiment considérées comme telles et ne nous sont pas présentées sans ménagement.

Reste l’intrigue principale. Comme je l’ai dit plus haut, elle constitue surtout un prétexte permettant entre les lieux et les époques. Et il faut bien admettre qu’elle n’est pas forcément passionnante par elle-même. Bien sûr, l’intérêt est ailleurs, mais elle aurait pu rendre Un Enfant de la Balle définitivement génial. Je cherche sans doute la petite bête et c’est bien plus un constat qu’un réel regret, tant ce livre reste fascinant et réellement original. La perfection n’est pas de ce monde et ce roman s’en rapproche déjà beaucoup plus que la plupart de ceux peuplant les étals des librairies.

Ce livre n’aurait jamais pu être écrit par un auteur moins solide et talentueux que John Irving. Il fallait une plume de ce calibre pour ne pas se sentir noyé dans une telle richesse, dans un voyage qui nous emmène si loin de tout ce que l’on connaît. Il fallait un style aussi affirmé pour nous faire oublier si vite le caractère fondamentalement atypique des personnages et pour les rendre aussi attachants. Bref, Un Enfant de la Balle n’aurait pas pu naître de l’esprit d’un lapin de deux semaines, à moins de ressembler à une bouillie quelque peu indigeste. On est donc heureux que le plat nous soit livré par un des phares de la littérature américaine contemporaine.

Un Enfant de la Balle est donc à conseiller à tous ceux qui aiment les voyages sortant de l’ordinaire, et de très loin ! Mais avec un guide comme John Irving, on a très vite envie de repartir.

LE MOINE : Le Moine est fait

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lemoineafficheDominik Moll est le champion du thriller psychologique à la française. Son Harry, un ami qui vous veut du bien avait fortement marqué les esprits et demeure encore aujourd’hui un de mes films préférés. Depuis ces productions sont peut-être passées plus inaperçues, mais je fais partie de ceux qui les attendent encore avec impatience. Le voir mettre en scène Vincent Cassel dans le Moine paraissait donc particulièrement prometteur. Mais le résultat est inégal, malgré d’incontestables qualités.

Frère Ambrosio force l’admiration de toute la région par la vigueur de ses prêches et la rigueur de sa foi. Un jour, un jeune novice est accepté au monastère. Défiguré par un incendie, il porte constamment un masque. Il porte surtout un secret que Frère Ambrosio va finir par découvrir et qui va ébranler ses convictions.

Le Moine porte la pate d’un vrai cinéaste, maître de son art aussi bien techniquement qu’artistiquement. Une photographie élégante, un sens du rythme, une capacité à dévoiler les mystères dans un parfait équilibre entre la lenteur qui tient en haleine et une avancée constante de l’intrigue. Dans la forme donc, rien à dire. On est là face à une œuvre aboutie, élégante et maîtrisée. Rien que pour ça, ce film tranche avec la majorité des films français qui négligent bien trop souvent ces aspects-là.

Le fond, par contre, est plus inégal. Le scénario arrive tout de même à nous intriguer et à maintenir l’intérêt du spectateur du début à la fin. Par contre, certains rebondissements laissent circonspects et même si on a envie de savoir où cela va nous mener, on n’est pas toujours franchement convaincu par le chemin emprunté. Heureusement, la dernière pirouette en surprendra plus d’un (en tout cas, cela a parfaitement fonctionné pour moi) et donne un sens général au film, qui nous permet de quitter la salle sur une impression plutôt positive.

lemoineL’histoire nous plonge dans l’univers feutré d’un monastère et au cœur de la mysticité chrétienne. Le ressort est somme toute classique et pas forcément très surprenant. C’est une des limites du Moine, qui n’emmène jamais le spectateur sur des chemins inconnus et originaux. Le début du film nous rappelle parfois le Nom de la Rose, même si les histoires finiront par prendre des voies très différentes. On n’est jamais réellement déstabilisé et c’est ce qui explique que ce film ne dépasse jamais le stade de l’intérêt pour entre dans le réellement passionnant.

Vincent Cassel est comme à son habitude impeccable et charismatique. Il a peut-être quelque peu tendance à imposer son jeu à son personnage et non l’inverse. C’est parfois le défaut des grands acteurs, mais son immense talent nous permet de lui pardonner aisément. Il est secondé dans ce film par deux jeunes actrices, Joséphine Japy et Déborah François (César du Meilleur Espoir Féminin en 2008 pour le Premier Jour du Reste de ta Vie), qui emplissent leur rôle sans être totalement éclipsée par leur brillant partenaire. Et ce n’est pas donné à tout le monde. On ne crie pas au génie, mais on voit là tout de même la vraie capacité de Dominik Moll à diriger ses acteurs. Enfin, on retrouve comme dans tous les films de ce réalisateur, Sergi Lopez dont l’apparition est courte, mais encore une fois, fort remarquée.

Le Moine ne constitue donc pas le meilleur film de Dominik Moll, mais une telle concentration de talent ne pouvait donner un résultat foncièrement mauvais.

Fiche technique :
Production : Diaphana Films
Distribution : Diaphana Distribution
Réalisation : Dominik Moll
Scénario : Dominik Moll, Anne-Louise Trividic, D’après l’oeuvre de Matthew G. Lewis
Montage : François Gédigier, Sylvie Lager
Photo : Patrick Blossier
Décors : Antxón Gómez
Son : François Maurel
Musique : Alberto Iglesias
Durée : 101 mn

Casting :
Vincent Cassel : Ambrosio
Catherine Mouchet : Elvire
Sergi Lopez : le débauché
Géraldine Chaplin : l abbesse
Déborah François : la jeune fille
Jordi Dauder : père Miguel
Roxane Duran : Soeur Agnès
Joséphine Japy : Antonia

COLOMBIANA : Luc Besson avant 5 minutes devant lui, alors il a écrit un scénario…

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colombianaafficheLuc Besson est une figure centrale du cinéma français. Une figure loin de faire l’unanimité, c’est le moins que l’on puisse dire. Certains considèrent qu’il tire le cinéma vers des territoires où il n’ose guère s’aventurer, d’autres qu’il le tire surtout vers le bas. Si, personnellement, j’ai toujours eu beaucoup d’admiration pour son travail de réalisateur, j’avoue que son travail de scénariste ou de producteur me laisse nettement plus circonspect : quelques belles réussites, beaucoup de déchets… Colombiana ne viendra malheureusement pas équilibrer la balance du bon côté.

La jeune Cataleya assiste petite fille au massacre de sa famille par les membres d’un des principaux cartels colombiens. Elle réussit à s’échapper par miracle et rejoint son oncle aux Etats-Unis. Elle y apprendra l’art de tuer, préparant patiemment sa vengeance.

Le thème de la vengeance continuera à constituer une source inépuisable d’inspiration pour les scénaristes pour encore bien des générations. Sauf que si Colombiana manque incontestablement d’une chose, c’est bien d’inspiration. Pas une once d’originalité ou de créativité à l’horizon, mais beaucoup de poncifs, de péripéties prévisibles et de platitude. Ce n’est même pas mauvais, ridicule ou incohérent, c’est juste sans intérêt. Les rares rebondissements ne surprennent personne et ne permettent pas à l’encéphalogramme des spectateurs de s’exciter un peu.

Le pire dans tout cela reste les personnages. Ils souffrent tous d’une absence totale de charisme, n’éveille aucun attachement ou aucune sympathie. L’héroïne ne fait naître aucun sentiment et, du coup, on ne prend pas du tout sa quête à cœur. Le méchant ne fait pas flipper et son décès final ne fait ni chaud, ni froid. Tout cela explique largement pourquoi on n’entre jamais dans cette histoire qui ne valait vraiment pas le coup d’être raconté. On n’y croit pas, pas forcément parce qu’on ne pourrait pas le faire, mais parce qu’on en a aucune envie. Et ce n’est pas la transparence de la réalisation et de la bande-originale qui viendra sauver le film.

colombianaEt les scènes d’action me direz-vous ? Parce que bon, soyons honnêtes, on ne va pas voir ce genre de production Besson pour la profondeur des personnages. Mais là encore Colombiana respire la médiocrité par tous les trous de la pellicule (ok, je sais, tout est en numérique désormais, mais je trouvais l’image jolie). Le seul moment d’intérêt vient lorsque… élimine une de ses cibles à l’intérieur même d’un poste de police. Par contre, le final, qui aurait pu ressembler à un Commando, version femme fatale, est dénué de la moindre once de talent cinématographique. On préférera un million de fois revoir les vingt dernières minutes de Kick-Ass, qui permet de mesurer la différence entre un cinéaste et un tâcheron.

L’interprétation ne vient en rien sauver Colombiana. La performance de Zoe Saladana n’aurait de toute façon rien pu changer au destin de ce navet. Alors, je ne lui jetterai pas la pierre car il est difficile de surnager quand tant de médiocrité vous entraîne irrémédiablement vers le fond. Le seul plaisir sera éprouvé par les fans d’Alias qui seront heureux de retrouver Michael Vartan…qui nous rappelle malheureusement pourquoi sa carrière d’acteur ne décolle pas.

Colmbiana ne réconciliera donc pas Luc Besson avec ses détracteurs, tant ce film transpire la médiocrité. Une vraie déception donc, même si on n’attendait pas grand-chose de ce film. Mais rien, c’est encore moins que pas grand-chose.

Fiche technique :
Réalisation : Olivier Megaton
Scénario : Luc Besson et Robert Mark Kamen
Direction artistique : Gilles Boillot, Franckie Diago, Pascal Leguellec et Fanny Stauff
Décors : Patrick Durand
Costumes : Olivier Bériot
Photographie : Romain Lacourbas
Montage : Camille Delamarre
Musique : Nathaniel Méchaly

Casting :
Zoe Saldana : Cataleya Restrepo
Jordi Mollà : Marco
Lennie James : Agent spécial Ross
Amandla Stenberg : Cataleya Restrepo, jeune
Michael Vartan : Danny Delanay
Cliff Curtis : Emilio Restrepo
Beto Benites : Don Luis
Jesse Borrego : Fabio
Cynthia Addai-Robinson : Alicia
Angel Garnica : Pepe

HARRY POTTER ET LES RELIQUES DE LA MORT, 2ème PARTIE : Harry nous quitte en beauté

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harrypotteretlesreliquesdelamort2afficheVoilà, il est temps de dire au revoir aux aventures du petit sorcier à lunettes avec ce Harry Potter et les Reliques de la Mort, 2ème partie. Bien sûr, les puristes diront que c’est avec le dernier tome de la saga littéraire que ses adieux ont eu lieu… et ils n’auront pas tort. Mais cela est un autre débat. En tout cas, ce dernier volet cinématographique conclut en beauté une saga qui aura charmé petits et grands.

Harry, Ron et Hermione savent désormais ce qu’ils leur restent à faire : trouver les trois derniers horcruxes pour les détruire et rendre Voldemort enfin mortel. Le premier se situe dans le coffre de Beatrix Lestrange à la banque Gringotts. Mais pendant ce temps, leur mortel ennemi réalise quel est leur plan et fera tout pour s’y opposer, armé désormais de la seule baguette susceptible de terrasser Harry.

Le premier volet de Harry Potter et les Reliques de la Mort avait divisé les fans. D’un côté, ceux qui y avaient retrouvé le rythme du livre et qui avaient apprécié ce calme avant la tempête. Les autres qui n’y avaient vu qu’un film manquant se souffle et de rythme. Cette seconde partie devrait réconcilier tout le monde puisque l’action y est présente du début jusqu’à la fin. Une vraie apothéose donc, qui ne laissera à personne le temps de s’ennuyer, même si elle n’échappera évidemment pas aux inévitables querelles de fans.

Certains considèrent ce Harry Potter et les Reliques de la Mort, 2ème partie comme extrêmement fidèle au roman. D’autres affirment le contraire. En fait, cela dépend à quel niveau de détail on se situe. Le meilleur exemple est le duel final où l’on retrouve beaucoup d’éléments présents dans le livre, mais qui ne se déroulent pas exactement de la même manière, ni au même lieu exact. Les fans l’auront déjà remarqué en voyant la bande-annonce où on voit Harry et Voldemort se jeter ensemble dans le vide. Ce détail précis est une invention pour le film et donne naissance à un très bel instant cinématographique. Pour moi, cette légère divergence a apporté une plus-value, mais certains seront plus intransigeants et ne pardonneront aucun écart.

Dommage pour eux car Harry Potter et les Reliques de la Mort, 2ème partie est une vraie réussite. Il faut bien sûr situer ça dans la continuité et y voir la conclusion d’une saga qui aura pris la forme de 8 films dont le succès et la qualité n’ont pas d’équivalent sur une telle longueur. Il ne s’agit plus de développer la moindre nouvelle intrigue, mais d’achever les quêtes et les combats menés par les protagonistes depuis longtemps. On est donc dans l’action pure et ce n’est pas pour une fois signe d’un manque d’épaisseur ou de richesse. Il est évident que le 8ème et dernier chapitre d’une histoire ne peut avoir du sens et de l’intérêt sans connaître tout ce qui a précédé.

harrypotteretlesreliquesdelamort2Effets spéciaux, décors, scènes d’action, tout est, comme d’habitude, parfaitement réalisés. On retrouve aussi dans Harry Potter et les Reliques de la Mort, 2ème partie cette noirceur qui n’a fait que grandir au fur et à mesure des films. L’humour et la romance sont infiniment moins présents, tout est axé sur l’avancée de l’intrigue qui doit nous mener vers le duel final. Celui-ci occupe une bonne place dans ce film, ce qui lui a parfois été injustement reproché, mais, encore une fois, à l’échelle de la saga, il n’est certainement pas trop long. Bref, tous les ingrédients sont réunis pour un au revoir spectaculaire et un rien nostalgique. Même s’il partage les fans, on retrouvera dans le film l’épilogue qui achève la saga et que personnellement j’aime beaucoup. La boucle se retrouve bouclée et de fort belle manière.

Pour finir, je tiens à souligner que la réussite de Harry Potter et les Reliques de la Mort, 2ème partie ne serait pas complète sans une performance de Daniel Radcliffe à la hauteur du rôle. Bon, certes pas au-dessus, mais nettement plus convaincante que lors des deux derniers films. On aurait pu craindre que son manque de charisme ne finisse pas gâcher la saga. Il n’en est rien et il se met au niveau de tout un casting qui s’est investi dans ce dernier volet, à l’image d’Emma Thomson qui n’apparaît à l’écran que l’espace d’une seconde, mais qui est bien présente.

Harry Potter et les Reliques de la Mort, 2ème partie permet de quitter à regret le monde de Poulard et tous ces personnages que l’on a appris à aimer. Un final spectaculaire et épique, à la hauteur du mythe !

Fiche technique :
Production : Heyday films, Warner Bros, J.K. Rowling
Distribution : Warner Bros Entertainment France
Réalisation : David Yates
Scénario : Steve Kloves, d’après le roman de J.K. Rowling
Montage : Mark Day
Photo : Eduardo Serra
Décors : Stuart Craig
Musique : Alexandre Desplat
Effets spéciaux : Tim Burke
Durée : 130 mn

Casting :
Daniel Radcliffe : Harry Potter
Emma Watson : Hermione Granger
Rupert Grint : Ron Weasley
Ralph Fiennes : Voldemort
Alan Rickman : Severus Rogue
Helena Bonham-Carter : Bellatrix Lestrange
Julie Walters : Molly Weasley
Ciaran Hands : Abelforth Dumbledore
Matthew Lewis : Neville Londubat

BAD TEACHER : L’éducation n’est plus ce qu’elle était

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badteacherafficheLe rapport professeur-élève est un sujet inépuisable d’inspiration pour le 7ème art. Il faut dire qu’il peut être traité sous bien des points de vue, du plus sérieux au plus léger, du drame à la comédie bien lourde. Bad Teacher se situe plutôt dans cette dernière catégorie. Mais si l’humour reste très premier degré, il fonctionne assez bien pour nous faire passer un très agréable moment et nous procurer quelques fous rires.

Elizabeth n’est pas vraiment la prof idéale, puisqu’elle ne se préoccupe guère d’apprendre quoique ce soit à ses élèves. Mais qu’importe puisqu’elle quitte son job pour épouser le riche héritier qu’elle a dégotté. Sauf que ce dernier vient enfin de réaliser qu’elle n’en veut qu’à son argent et décide d’annuler le mariage. Elle se retrouve donc obligée de reprendre son poste à la prochaine rentrée, avec une nouvelle obsession…non pas la réussite de ses élèves, mais trouver 10 000 dollars pour se faire payer une nouvelle poitrine et retrouver un homme susceptible de l’entretenir.

Bad Teacher repose sur un ressort comique assez simple et classique, mais plutôt efficace. Elizabeth emploie des trésors d’imagination non pas dans sa pédagogie, mais pour passer l’année sans que ni ses élèves, ni les parents, ni sa hiérarchie ne trouvent à redire à son absence totale d’attention envers les chères têtes blondes auxquelles elle est censée enseigner la littérature. C’est un peu les Sous-doués, mais à l’envers. L’humour flirte parfois avec le pipi-caca et ne brille jamais par une subtilité excessive. Bref, on pouvait vraiment craindre que ça ne vole vraiment pas haut et que cela se révèle au final beaucoup plus drôle que lourd.

Mais ce qui sauve Bad Teacher, c’est son côté politiquement incorrect. Evidemment, le personnage va évoluer vers une certaine forme de rédemption. Cependant, le message n’est pas aussi basique et moraliste que beaucoup de productions hollywoodiennes de ce type. Là encore, ce n’est pas particulièrement subtil, mais n’est pas totalement dénué d’intelligence et égratigne vraiment certaines valeurs morales américaines. Le tout cherche beaucoup plus à faire rire que réfléchir, mais ce mélange nous permet d’apprécier, sans trop culpabiliser, même les gags les plus lourds.

badteacherBad Teacher ne fonctionnerait pas aussi bien s’il ne possédait pas quelques autres qualités. Le rythme notamment est constant. Si les gags ne s’enchaînent pas avec une frénésie absolue, on ne déplore jamais de réels temps morts dans ce film. Tous les personnages sont aussi très réussis, à la fois énervants et attachants. Là encore, le scénario échappe à un manichéisme qui aurait pu le rendre totalement insupportable. Les mauvais, mais aussi les trop bons profs en prennent pour leur grade et la morale de cette histoire ne se révèle certainement pas être un chant à la gloire du travail et de l’assiduité monastique.

Bad Teacher repose aussi très largement sur le talent de Cameron Diaz. Cette dernière prouve une nouvelle fois qu’elle est particulièrement à l’aise dans ce genre de comédies, même si on est loin ici du côté culte d’un Mary à Tout Prix. Le plus important est qu’elle semble réellement s’amuser dans son rôle et ce, de manière particulièrement communicative. A ses côtés, Justin Timberlake, Lucy Punch, Jason Segel, que les fans de How I Met Your Mother seront heureux de voir sur grand écran, complètent agréablement cette belle brochette d’acteurs enthousiastes.

Au final, Bad Teacher ne constitue certainement pas la comédie de l’année, mais fait assez rire, malgré quelques faiblesses, pour que l’on ne boude pas totalement son plaisir.

Fiche technique :
Production : Mosaic Media Group, Columbia pictures
Distribution : Sony Pictures Releasing France
Réalisation : Jake Kasdan
Scénario : Gene Stupnitsky, Lee Eisenberg
Montage : Tara Timpone
Photo : Alar Kivilo
Décors : Jefferson Sage
Musique : Michael Andrews
Durée : 93 min

Casting :
Cameron Diaz : Elizabeth Halsey
Justin Timberlake : Scott Delacorte
Lucy Punch : Amy Squirrel
John Michael Higgins : Le principal Wally Snur
Jason Segel : Russell Gettis
Phyllis Smith : Lynn

HAPPY HAPPY : Un sourire venu du froid

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happyhappyafficheLe cinéma norvégien pourrait être comme son voisin suédois, plutôt synonyme, au moins sur nos écrans hexagonaux, de polars noirs et sombres. Mais c’est au contraire plutôt sous la forme de comédies pétillantes et réussies qu’il vient nous rendre visite. Enfin, cela reste un phénomène plutôt rare, mais on avait déjà pu apprécier il y a quelques temps Cops, une parodie de film policier hilarante. Si Happy Happy est peut-être plus axé second degré, il n’en constitue pas moins un vrai sourire venu du froid.

Kaia et Eirik vivent plutôt isolés dans le sud de la Norvège. Ils sont donc particulièrement heureux de voir débarquer de nouveaux voisins, Elisabeth et Sivge. Ils viennent de la ville, semblent très cultivés, heureux et épanouis. Bref, un couple idéal qu’ils vont tout de suite admirer et quelque peu envier. Sauf qu’il va s’avérer pas aussi idéal que cela.

Le synopsis aurait pu être celui d’un film dur et dramatique. Il n’en est rien, tant Happy Happy est léger et enjoué. Il s’agit d’une vraie comédie, non dénuée d’une certaine réflexion, mais qui tire plutôt sur le marivaudage. On parle de vrais problèmes de couple, mais sans dramatiser et en gardant le recul nécessaire pour que l’on rit de ce que l’on voit. Bien sûr, on peut parfois rire un peu jaune si on se reconnaît dans certaines situations, mais comme jamais le film ne prend ne devient méchant, on pourra quand même rire de bon cœur.

Le ton du film est un mélange détonnant de corrosif et de tendresse. On apprend vite à aimer les personnages, même si on se moque parfois de leurs états d’âme et de leurs réactions. Certains passages un peu acides ou désabusés sont vite contrebalancés par une humanité profonde. Si les travers des protagonistes sont mis en avant pour faire rire, ils restent tout simplement des travers humains. A la fois, si les personnes parfaites étaient supportables, ça se saurait ! On préférera nettement la compagnie des deux couples de Happy Happy.

On rit beaucoup devant Happy Happy. L’humour est surtout situationnel, rarement premier degré, mais cela n’empêche pas le spectateur de s’exprimer régulièrement par le biais de ses zygomatiques. Le film ne faiblit jamais de rythme et son format assez court permet vraiment de garder l’intérêt du spectateur de bout en bout. Le film aurait pu facilement traîner en longueur et tourner en rond dans son propos. Il n’en est rien et ce n’est pas la dernière de ses qualités.

happyhappyIl y a aussi dans Happy Happy un regard critique sur la société traditionnelle norvégienne. Là encore, cela reste drôle et assez tendre. Pour un étranger qui connaît très peu ce pays, cela est parfois difficile à saisir, même s’il est évident que le film cherche à faire passer un message sur le manque d’ouverture, sur la frustration que cela engendre et les comportements ridicules pour contourner des interdits qui n’ont pas vraiment de raison d’être. Les personnages finiront pas se libérer d’un carcan, cela représente un axe fort du film, même si on a parfois du mal à mesurer à quel point il est général à la société norvégienne ou spécifique aux personnages.

Happy Happy met en valeur quatre acteurs de grande valeur. On remarquera surtout Agnes Kittelsen et Henrik Rafaelsen dont les personnages sont les plus attachants et les plus sympathiques. La qualité de l’interprétation leur offre une grande crédibilité, sans laquelle le film ne marcherait pas aussi bien. Mais n’oublions pas Joachim Rafaelsen et Maibritt Saerens qui, même s’ils sont un tantinet plus en retrait, contribuent aussi largement à la réussite de ce film.

Au final, Happy Happy est une comédie rafraîchissante, dont on sort le sourire aux lèvres, le cœur léger, en se disant que les rapports humains ont infiniment plus de raison d’être source de joie et d’épanouissement que de tension et de peine.

Fiche technique :
Réalisation : Anne Sewitsky
Scénario : Ragnhild Tronvoll
Photographie : Anna Myking

Casting :
Agnes Kittelsen : Kaia
Joachim Rafaelsen : Eirik
Maibritt Saerens : Elisabeth
Henrik Rafaelsen : Sigve
Oskar Hernæs Brandsø : Theodor
Ram Shihab Ebedy : Noa

THE MURDERER : En Corée, noir, c’est noir !

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themurdererafficheLe film noir coréen est à l’honneur sur nos écrans en ce mois de juillet. Après le formidable J’ai Rencontré le Diable, voici The Murderer qui nous plonge dans certains aspects assez inavouables de la société du pays du matin calme. S’il n’est pas tout à fait aussi inoubliable que son prédécesseur, cette nouvelle pépite venue de Séoul nous rappelle pourquoi ce genre est si populaire dans ce pays.

Gu-nam vit dans la province chinoise de Yanbian, frontalière de la Corée. Sa femme est partie là-bas, mais ne lui donne plus de nouvelles et ne lui envoie pas non plus l’argent promis. De son côté, il perd régulièrement aux jeux l’argent qui devrait servir à rembourser à un malfrat local l’emprunt contracté pour organiser le départ de son épouse. Un jour, il se voit proposer un deal pour éponger sa dette : partir en Corée pour assassiner un homme et, s’il en a le temps, retrouver sa femme.

The Murderer se caractérise d’abord par une intrigue remarquable. Si le sujet de départ est classique, un homme forcé à commettre un crime pour rembourser une dette, elle va se dérouler, s’enrichir et rebondir plus d’une fois. On ne sait jamais où tout cela va finir par nous mener et cela permet au spectateur de rester dans l’histoire, malgré la relative longueur de ce film. Un bon scénario, c’est la première qualité que doit posséder un film noir. Mission accomplie à ce niveau-là.

Mais The Murderer ne s’arrête pas là. Il brille aussi par ses personnages. Un film noir n’est jamais manichéen et celui-là n’échappe pas à la règle. Simplement, on finit par devoir prendre partie dans ce monde peuplé de truands sans envergure et sans grand sens moral. Aucun d’eux ne poursuit de nobles objectifs, alors on se met à trembler pour celui qui lutte simplement pour survivre. Les protagonistes ont des caractères assez marqués et assez convaincants pour que leur opposition contribue à rendre l’intrigue particulièrement accrocheuse de bout en bout.

The Murderer est violent, même si on est loin du déchaînement de J’ai Rencontré le Diable. Elle n’y est surtout pas gratuite. Elle permet de nous faire partager le désespoir et la détermination d’échapper à une misère qui vous entraîne toujours plus bas. Elle est montrée de manière très crue et directe, mais jamais indécente. Elle contribue à créer la tension oppressante dans laquelle naviguent les personnages et les pousse à commettre parfois les pires atrocités.

themurdererPlus largement, The Murderer nous retranscrit visuellement avec talent une société gangrénée par la violence et la misère. Ce n’est pas seulement une histoire de truands, mais il y a aussi un vrai fond social sur la condition et l’exploitation des émigrés chinois en Corée. Le film ne s’en sert pas que comme un prétexte ou une toile de fond, mais cherche réellement à faire passer un message sur une situation sur laquelle, à mon avis, beaucoup des compatriotes de Hong-jin Na préfèrent fermer les yeux. Quant à nous, pauvres Occidentaux, nous découvrirons quelque chose dont nous ignorons tout.

The Murderer permet de découvrir encore une fois à quel point la Corée possède des acteurs fantastiques. J’ai l’impression de me répéter puisque je le dis dès que je parle d’un film de ce pays, mais je crois que j’aurais encore et encore l’occasion de le dire. Ce coup-ci, on saluera la performance de Jung-woo Ha et Kim Yun-seok (découvert en France avec The Chaser), les deux acteurs principaux. Mais c’est tout le casting qui est à couvrir d’éloges.

The Murderer constitue donc un excellent film noir sur le fond et la forme. Seul un thème assez classique ne lui permet pas d’être totalement inoubliable. Mais pour le coup, je cherche vraiment la petite bête.

Fiche technique :
Production : Wellmade Starm, Popcorn Films
Réalisation : Hong-jin Na
Scénario : Chihiro Itou, D’après l’oeuvre de Hiroshi Mori
Montage : Kim Sun-min
Photo : Lee Sung-je
Décors : Hwo-kyoung Lee
Distribution : Le Pacte
Son : Seung-yup Lee
Musique : Kenji Kawai, Jang Young-gyu, Byung-hoon Lee
Effets spéciaux : Jang-pyo Hong
Durée : 140 mn

Casting :
Kim Yun-seok : Myun
Jung-woo Ha : Gu-nam
Jo Seong-Ha : Kim Tae-won
Chul-min Lee : Choi Sung-nam