TRANSFORMERS 3 – LA FACE CACHEE DE LA LUNE : La face cachée du navet

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transformers3afficheLa première question est « pourquoi ? ». Pourquoi être allé voir Transformers 3, quand le deuxième volet fut une longue agonie de médiocrité cinématographique ? Quand tout dans la bande-annonce sonne comme une assurance d’assister à un gros navet. Quand la plupart des critiques vous confortent dans votre idée… Peut-être suis-je au fond quelque peu masochiste. Ou peut-être suis-je un incorrigible optimiste et j’espérais y trouver la même étincelle de second degré jouissif que possédait le premier volet. Que d’interrogations existentielles autour d’un tel film…

On nous a menti. La course entre Américains et Soviétiques pour la conquête spatiale cachait en fait un but secret. A la fin des années 50, les traces d’un crash d’un vaisseau spatial sur la face cachée de la Lune avaient été détectées et il fallait à tout prix être la première nation a pouvoir visiter l’épave. Il s’avère que cette dernière était un vaisseau Autobot, ayant fuit les dernières heures de la guerre avec à son bord une technologie qui aurait pu bouleverser le cours des évènements… et que les Decepticons rêvent de récupérer.

En fait, j’ignore pourquoi j’ai consacré autant de ligne au synopsis. Car la qualité et la complexité de l’intrigue n’est pas vraiment le qualité la plus marquante de Transformers 3… Autant dire que je me permets là un doux euphémisme… L’histoire n’est qu’un vague prétexte à un enchaînement de scènes d’action plus ou moins variées. Enfin, je dois reconnaître en tout honnêteté que le seul rebondissement du film m’a complètement surpris. Comme quoi, peut-être qu’ils auraient du persévérer dans cette voie.

Tout spectateur qui achète sa place pour Transformers 3 s’y résout pour voir de gros robots se taper dessus. Du coup, on se demande bien pourquoi les scénaristes se sont acharnés à nous ressortir encore le personnage de Sam Witwicki, toujours interprété par le non-charismatique Shia LaBeouf… Bon peut-être parce que c’est le héros de cette saga, mais franchement, on est venu là pour Optimus Prime et pour assouvir le désir de se débarrasser définitivement de la frustration de ne pas l’avoir eu en jouet quand on était petit !!! Alors, éventuellement, on peut apprécier le fait d’admirer la plastique de sa nouvelle copine sous à peu près tous les angles, mais franchement une Rosie Huntigton-Whiteley ne vaut pas le quart d’une Megan Fox !

Si le premier épisode de Transformers avait été si réussi, c’est qu’il maniait un humour très second degré, qui en faisait un film vraiment spectaculaire, mais ne se prenant pas du tout au sérieux. Ce troisième épisode essaye de retrouver cet esprit en y mettant une bonne dose d’humour et d’auto-parodie. Mais voilà, cette fois-ci tout est hyper premier degré, pour ne pas dire parfois un peu lourdingue. Le plus marquant est l’évolution du personnage interprété par John Turturo qui est devenu aussi superflu que grotesque. Seul l’apparition de John Malkovitch arrive à nous arracher quelques sourires.

transformers3Et ce qui demande le plus grand courage lorsque l’on va voir Transformers 3, c’est de se dire que l’on va en prendre pour 2h35 ! Et tenir aussi longtemps avec un scénario aussi ténu, ce n’est pas un mince exploit. Le tout est facilité par un affrontement final extrêmement long, ponctué par un des rares moments de bonheur cinématographique, lorsqu’un Decepticon serpentiforme s’attaque à la destruction d’un building en verre. Cela assouvira tous vos désirs cachés de vandalisme !

Bon quel est le bilan de tout cela ? Je serai particulièrement malhonnête en disant que je n’ai pris aucun plaisir à voir Transformers 3. Malgré cette liste de défaut longue comme le bras, le résultat est assez spectaculaire pour ne jamais vraiment succomber à l’ennui. C’est très basique, mais ça fonctionne quand même parfois assez bien. C’est sans doute ça qui fait l’énorme différence entre un Michael Bay et un Roland Emmerich, c’est cette faculté à rendre les scènes d’action assez prenantes pour que l’on oublie tout le reste.

Transfomers 3 est donc objectivement un navet. Mais que voulez-vous, je rêvais d’avoir le camion rouge et bleue quand j’étais petit, alors ce film m’a permis pour la troisième de toucher du doigt ce bonheur… C’est peu, mais c’est déjà beaucoup.

Fiche technique :
Production : Paramount Pictures, Hasbro, Di Bonaventura Pictures
Distribution : Paramount Pictures France
Réalisation : Michael Bay
Scénario : Ehren Kruger
Montage : Roger Barton
Photo : Amir M. Mokri
Décors : Jennifer Williams
Musique : Todd Haberman, Steve Jablonsky
Effets spéciaux : John Frazier
Directeur artistique : Benjamin Edelberg
Durée : 155 mn

Casting :
Shia LaBeouf : Sam Witwicky
John Turturro : Seymour Simmons
John Malkovich : Bruce Brazos
Frances McDormand : Charlotte Mearing
Patrick Dempsey : Dylan Gould
Rosie Huntington-Whiteley : Carly Spencer

A BIENTOT MESDAMES !

equipedefrancefemininedefootball

equipedefrancefemininedefootballIl n’est pas sûr que si la France était devenue championne du Monde de football féminin ce soir, les Champs Elysées seraient noirs de monde. On n’en est pas tout à fait là encore, mais il est incontestable que le regard de notre pays sur le football féminin a définitivement, espérons-le, changé. Lyon avait ouvert la voie il y a quelques semaines en remportant la Ligue des Champions, l’Equipe de France a magnifiquement transformé l’essai.

La principale explication à prise de conscience et ce soudain coup de projecteur médiatique tient dans la qualité du spectacle proposé par cette équipe, au-delà des résultats en eux-mêmes. Les matchs étaient tout simplement de très beaux matchs de football tout court, disputés dans un esprit. remarquable, qui, chez les hommes, n’existe plus depuis longtemps… ou alors dans les stades de rugby. Quel plaisir de voir un tel niveau technique pouvant s’exprimer, sans être haché menu par des fautes à répétition ! Chez les femmes, l’enjeu ne tue pas le jeu.

Et si notre pays est tombé amoureux de cette équipe, c’est qu’elle a eu aussi la bonne et mauvaise idée de se situer dans une grande tradition nationale. La défaite contre les Etats-Unis nous a rappelé tant de matchs où nos couleurs ont du s’incliner face à un froid réalisme. Les Bleues font partie de ces perdant(e)s magnifiques qui peuplent l’imaginaire sportif de notre pays. Elles étaient plus fortes, plus spectaculaires, plus enthousiasmantes, quand leurs adversaires n’étaient qu’efficaces et chanceuses. Mais espérons que cette tradition ne devienne pas un fardeau et qu’elles sauront préférer un jour l’esprit de 1998 à celui de 1958 ou 1982.

Les Jeux Olympiques de Londres constitueront une formidable occasion pour faire définitivement du football féminin un objet d’enthousiasme plutôt que de curiosité. Espérons qu’elles y brilleront assez pour que cette histoire d’amour ne soit pas sans lendemain.

PLANET EARTH (Prince) : Prince n’est pas mort

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planethearthprincePrince est un des noms les plus légendaires de la scène musicale mondiale. Mais les légendes renvoient souvent au passé. Il est vrai qu’il est difficile de citer une seule chanson qu’il ait écrite depuis l’album Diamonds and Pearls, et son tube Cream…, il y a tout juste 20 ans. 20 ans, une paille… Pourtant depuis cette date, l’homme aux multiples pseudonymes a sorti pas moins de 17 albums…Une paille également. Et parmi eux, ce Planet Earth, sorti en 2007.

J’avoue que je ne savais pas du tout à quoi m’attendre avant d’écouter cet album. Sa réputation d’artiste excentrique, hyper créatif et productif pouvait le conduire vers un peu un peu tout et n’importe quoi. Mais les premières notes m’ont tout de suite montré que Planet Earth est un album tout ce qu’il y a de plus classique et maîtrisé, pour un artiste qui a toujours navigué entre le funk et le rock.

Planet Earth est la création d’un musicien qui maîtrise parfaitement son art. Par contre, on n’y trouve pas l’étincelle de génie, la créativité débridée que l’on pouvait attendre de Prince et sa si longue et si riche carrière. C’est propre, c’est très agréable à écouter, mais rien de véritablement original, de radicalement différent ou d’incontestablement inoubliable. Pas de nouveau Purple Rain qui se cacherait dans cet album relativement passé inaperçu, ni le côté très subversif que sa musique a toujours véhiculé tout au long des années 80 et au début des années 90.

Bon voici, l’avis relatif à la renommé de son interprète. Mais si on raisonne dans l’absolu, Planet Earth est album de qualité. Le son est plutôt rock, avec ici et là les accents funk ou jazz qu’on lui a connu au début de sa carrière. Certains titres tirent même sur la pop. On se situe donc dans un domaine musical où l’offre est surabondante, mais cet album se démarque par des qualités mélodiques assez rares.

En effet, si Planet Earth possède bien une touche lui donnant tout de même une vraie personnalité, c’est pas l’aspect très mélodique des titres, quelque soit leur tonalité générale. Même quand le rythme est plus rock, plus énergique ou dynamique, la ligne mélodique reste très claire. Le piano est souvent très présent, sur lequel vient se poser la voix unique de Prince. Cela contribue néanmoins à l’aspect un peu lisse de cet album, où on aimerait parfois que la maîtrise cède le pas à une créativité débridée.

Planet Earth est un album très homogène. Aucun titre n’est à jeter, même si à l’inverse aucun ne se détache vraiment. Mais cette constance fait au final la différence pour que le plaisir soit réel, à défaut d’enthousiasme compulsif. On se laisse quand même bercer par les belles mélodies et les titres les plus énergiques arrivent à nous faire taper du pied. On ne va pas non plus se laisser contrarier par le fait que Prince soit peut-être désormais simplement un brillant artiste et non plus un pur génie créatif. Certains aimeraient lui arriver à la cheville, même aujourd’hui. Certains qui vendent beaucoup d’album et passent en boucle à la radio…

Planet Earth est donc dans l’absolu un album de qualité, naviguant entre rock et funk. Cependant, il faut peut-être oublier le passé de son auteur pour l’apprécier totalement.

Pour finir, faisons le tour des titres de Planet Earth.

1.: Planet Earth
Accents funk pour cette ballade simple, où la voix de Prince est parfaitement mise en valeur.

2.: Guitar
Un rock jazzy un peu rétro et pas mal du tout.

3.: Somewhere Here On Earth
Une ballade douce et sucrée, pleine de charme.

4.: One U Wanna C
Un rock assez punchy, mais au final très classique.

5.: Future Baby Mama
Ballade plus funky et sensuelle.

6.: Mr Goodnight
Entre funk et rap, très mélodique néanmoins et qui rappelle ce que faisait Prince dans les années 80.

7.: All The Midnights In The World
Ballade douce et sucrée.

8.: Chelsea Rodgers
Funk dynamique, mais qui manque une petite étincelle.

9.: Lion Of Judah
Jazzy et parfaitement maîtrisé, à défaut d’être génial.

10.: Resolution
Titre rock jazzy classique et sympathique.

THOMAS VOECKLER ET LES MEDIOCRES

thomasvoeckler

thomasvoecklerThomas Voeckler ne gagnera certainement pas le Tour de France. Mais cette hypothèse totalement farfelue il y a encore quelques jours a désormais quitté le monde de la science-fiction pour celui de l’improbable, mais pas impossible. La manière dont il a défendu son Maillot Jaune aujourd’hui lors de la grande étape pyrénéenne a épaté le monde du cyclisme, mais très certainement aussi le principal intéressé, qui ne s’imaginait pas suivre aussi facilement tous les meilleurs en haute montagne.

On le savait avant même le début de la Grande Boucle, mais Thomas Voeckler est dans la forme de sa vie. Son début de saison a été marqué par de très nombreuses victoires. Mais jamais on ne le considérait comme pouvant jouer un rôle pour le classement général. Mais voilà, son tempérament d’attaquant l’a conduit à dépasser tous ses objectifs. Si l’adage « seuls qui n’essayent pas sont sûrs d’échouer » peut tenir du lieu commun, Thomas Voeckler l’illustre pourtant à la perfection.

Le coureur français est l’héritier des grands attaquants d’hier. On pensait que la race s’était éteinte avec notre Jacky Durand national. D’ailleurs, le parallèle entre les deux est immédiat, les deux sachant compenser des moyens physiques pas forcément exceptionnels par un tempérament offensif, un courage sans faille et une intelligence rare dans le peloton. Jamais une course cycliste ne se gagne qu’avec la tête, les jambes jouent forcément, mais un peu de matière grise peut parfois faire la différence.

Le panache et la volonté de Thomas Voeckler tranche avec la médiocrité de l’esprit de ses principaux adversaires. Peut-être que le Tour sourira cette année enfin à Cadel Evans, l’homme qui n’attaque jamais. S’il était animé ne serait-ce que du dixième de l’esprit offensif du coureur de l’équipe Europcar, il y aurait longtemps qu’il aurait déjà été victorieux à Paris. Et que dire des frères Schleck qui courent les mains sur les freins. Leurs attaques d’une timidité maladive ne sont pas près de les conduire aux rêves de gloire tant espérés. Quant à Contador, il semble faire ce qu’il peut avec ses moyens actuels. Lui sait attaquer quand il le faut et ses adversaires ont tort de le laisser reprendre un peu plus de force chaque jour.

Ce Tour de France est enthousiasmant grâce à Voeckler et désespérant par la médiocrité de ses adversaires. Il est probable que la médiocrité finira par l’emporter. Et injustice sera alors faite !

DONKEY (Casei de Ser Sexy) : Il n’y a pas que la samba au Brésil

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donkeycssLe Brésil nous a offert beaucoup de belles choses au monde. La samba, de merveilleux footballeurs, Lula et Casei de Ser Sexy, généralement plus brièvement appelé CSS. Evidemment, ce dernier n’est sûrement pas son apport le plus connu. C’est sans doute à tort, tant ce groupe électro-rock produit une musique festive et rafraîchissante.

Ce groupe a été fondé en 2003 et originaire de Sao Paulo. Donkey, sorti en 2008, est leur dernier album en date, chanté en anglais, contrairement à leurs premières œuvres. Si vous ne parlez pas Portugais, sachez que Casei de Ser Sexy signifie « Fatigué d’Etre Sexy », un problème auquel il est très difficile de faire face, croyez-moi bien… Enfin je dis ça, aujourd’hui, j’ai un très beau t-shirt Yoda, pas sûr du coup que ce soit le premier qualificatif auquel on pense en me voyant… Bon, je m’égare.

Casei de Ser Sexy mélange rock et électro. Mais si vous êtes comme moi, assez rétif à l’électro, le rock domine largement. En fait, en écoutant Donkey, on se sent quelque peu rajeunir. Cela nous rappelle les années 80, où un groupe de rock se devait de compter dans ses rangs un synthé. Certains y voyaient un sacrilège et une période maudite, mais les gens de mon âge pense forcément à ces années avec un minimum de nostalgie.

Mais Donkey de Casei de Ser Sexy n’est en rien une imitation d’une époque révolue, ne comptant que sur la nostalgie de l’auditeur. Le son est résolument moderne, même si les influences passées se font entendre. Un son très rock donc, aux élans joyeux. Musicalement, on ne sent guère une réelle empreinte de la samba, mais on sent tout de même cette même légèreté et ce sens de la fête. Un vrai sourire au travers de notes !

Donkey présente 11 titres, tous de qualité. L’équilibre entre électro et rock varie d’un morceau à l’autre, mais l’esprit reste toujours le même. Le seul défaut est une certaine homogénéité en termes de sonorités. On n’a pas l’impression d’écouter toujours la même plage, mais tout de même, cela n’est pas plus particulièrement varié. Mais heureusement, le son de CSS est en lui-même assez original pour que ce défaut ne handicape pas trop l’album. Peut-être simplement parce que le chanteur est une chanteuse, et que cela n’est pas si fréquent pour un groupe de rock.

Donkey est donc à conseiller à tous ceux qui aiment la musique qui se situe à la frontière entre des époques et des genres trop bien établis. CSS n’est peut-être pas le groupe le plus génial et révolutionnaire qui soit, mais ils possèdent leur propre personnalité et apporte un peu de fraîcheur dans le monde du rock. Cela prouve aussi qu’il existe de très bons groupes en dehors de l’éternel duo Etats-Unis – Angleterre. Il y a sûrement bien d’autres influences culturelles qui mériteraient d’enrichir ce genre musical.

CSS et leur album Donkey constitue donc une agréable découverte qui apporte fraîcheur et joie, entre rock et électro.

Pour finir, regardons de plus près les titres que l’on trouve sur Donkey.

1.: Jager Yoga
Rock énergique, qui nous rappelle un peu les années 80. Très bon.

2.: Rat Is Dead (Rage)
Un rock beaucoup plus US, mais la voix féminine lui donne un son inhabituel.

3.: Let’s Reggae All Night
Un titre plus électro-pop, un peu rétro, mais toujours très énergique et très bon.

4.: Give Up
Electro-pop très imaginative et très dynamique.

5.: Left Behind
Très pop des années 80. Un peu plus transparent néanmoins.

6.: Beautiful Song
Un son entre rock et pop sucrée et énergique.

7.: How I Became Paranoid
Rock entraînant et rafraîchissant.

8.: Move
Retour aux années 80. Sympa mais sans plus.

9.: I Fly
Très rock, très énergique, très très bon.

10.: Believe Achieve
Electro-pop où la voix fait la différence. Un peu lancinant cependant.

11.: Air Painter
Pop-rock énergique et pas mal du tout pour finir.

LIBERTAD (Velvet Revolver) : Une seconde chance bien saisie

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libertadvelvetrevolverMa magnanimité est légendaire… Bon, je ne sais pas très bien auprès de qui, mais je trouvais que ça sonnait bien pour une introduction ! Bref, l’autre jour, j’ai dit beaucoup de mal de Contraband, le premier album de Velvet Revolver, un groupe formé de plusieurs anciens des Gun’N Roses, dont Slash leur célèbre guitariste. Je ne leur en ai donc pas tenu trop rigueur puisque j’ai écouté Libertad, leur second opus. Et j’ai bien fait car mon opinion à son sujet est beaucoup plus favorable !

A propos de ma critique de Contraband, on m’a fait remarqué que contrairement à ce que j’affirmais, Velvet Revolver ne fait pas du metal, mais du hard rock. Au temps pour moi, même si je n’ai guère saisi la différence profonde. De toute façon, j’ai toujours bien du mal avec les étiquettes musicales et les étiquettes tout court en fait. Par contre, pour Libertad, sorti en 2007, je suis assez sûr de moi en affirmant qu’il s’agit d’un disque de…rock !

En effet, si cet album est bien meilleur, c’est que Velvet Revolver n’y cherche plus à jouer les faux rebelles. On est un ton en-dessous dans les décibels, certains morceaux tirant même carrément vers la pop, c’est pour dire. Mais du coup, on a perdu cette désagréable impression d’un produit pour adolescents en mal de révolte. On est juste face à un album de rock US, assez basique parfois, mais parfaitement exécuté.

Cependant, Libertad contient quelques titres qui rappellent leurs travers précédents, notamment Mary Mary et Can’t Get It Out of My Head. Mais c’est bien tout, car le reste est d’un bien meilleur acabit. Certains titres sont vraiment basiques, notamment She Builds Quick Machines ou For a Brother, ce qui n’est pas forcément négatif. Mais ce coup-ci, certains morceaux explorent des univers plus inattendus. La pop, je l’ai déjà dit, avec She Mine et American Man, deux des meilleurs titres de l’alum. Mais le Velvet Revolver s’attaque aussi à la fusion avec Pills, Demons & Etc. et surtout au folk-country, un morceau très réussi qui conclue l’album, Re-Evolution : Making of Libertad.

Libertad n’est donc pas un grand moment de génie musical, mais s’écoute avec plaisir. On retrouve les qualités de maîtrise déjà présentes dans Contraband. On sent bien que l’on n’a pas n’importe qui derrière les instruments. Ils se servent cette fois de leur talent dans des contextes musicaux plus variés et l’expriment donc plus pleinement. Cependant, on conserve quand même cette légère frustration car, si les progrès sont incontestables, on reste persuadé qu’ils pourraient faire beaucoup mieux que cela, s’ils lâchaient les chevaux de la créativité.

Il faut donc parfois savoir donner une seconde chance. Si Conraband a disparu de ma discothèque aussi sec, ce Libertad l’agrémentera avec joie, à défaut d’enthousiasme.

Avant de se quitter, terminons par un petit tour des titres de cet album.

1.: Let It Roll
Un rock puissant mais maîtrisé, qui constitue un très bon début.

2.: She Mine
Un titre presque pop, mais pas mal du tout.

3.: Get Out the Door
On replonge dans le hard rock, avec un côté Iron Maiden… en mieux.

4.: She Builds Quick Machines
Rock US de base… mais belle base.

5.: The Last Fight
Une ballade rock convaincante.

6.: Pills, Demons & Etc.
Un titre qui tire vers la fusion, pour un résultat pas mal du tout.

7.: American Man
Un rock assez calme, tirant sur la pop, mais excellent.

8.: Mary Mary
Une chanson culcul pour adolescents.

9.: Just Sixteen
Très rock, très énergique, très bon.

10.: Can’t Get It Out of My Head
Une ballade gentillette.

11.: For a Brother
Rock basique, mais plutôt bon.

12.: Spay
Un rock un peu brouillon.

13.: Gravedancer
Un morceau plus acoustique avec un côté Red Hot très sympa.

14.: Re-Evolution: Making of Libertad
Une ballade enjouée folk-country surprenante.

UN AMOUR DE JEUNESSE : Un amour que l’on n’oublie pas

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unamourdejeunesseaffichePour introduire cette critique, je tiens à remercier une jeune fille. J’ignore tout d’elle, qui elle est, même son nom. Je crois qu’elle est assez jolie, même si je n’ai pas bien vu dans le noir. Elle ne lira sûrement jamais ces lignes, mais elle m’a épargné une expérience assez pénible, que j’ai déjà vécu et que je m’abstiendrais volontiers de revivre. En effet, en arrivant quelques secondes avant le début du générique, elle a empêché de voir Un Amour de Jeunesse en séance totalement privée. Pour une première semaine d’exploitation, même à 22h, ce n’est pas très encourageant quant au succès commercial de ce film. Et c’est bien dommage…

Camille a 15 ans et est folle amoureuse de Sullivan. Il est l’homme de sa vie et elle ne peut imaginer son existence sans lui. Alors, le jour où il part passer un an en Amérique du Sud, son univers s’écroule et rien ne semble pouvoir la consoler.

Un Amour de Jeunesse est donc un film sur le premier amour. Un amour qui marque à jamais (ou pas en fait, mais on va faire comme si, histoire de ne pas ruiner mon argumentation) à un âge où tout nous semble devoir être définitif. Ce n’est que plus tard que l’on apprendra que le temps guérit de tout et que rares sont les existences où l’on aime pas plusieurs fois. Ce film nous parle de tout ça, un sujet universel et immortel, traité ici avec beaucoup d’intelligence et d’émotion.

D’abord, je tiens à exprimer mon plaisir de voir un film parler de l’adolescence, sans en faire une caricature ridicule. Les jeunes de cet âge restent des êtres humains à part entière, ce que beaucoup de réalisateurs semblent oublier. Bon des fois, il est vrai, quand on en voit dans le métro, on se pose des questions, mais là n’est pas la question. Le personnage de Camille est parfaitement posé, avec la fragilité et le caractère entier qui caractérise cet âge. Mais, ses sentiments ressemblent à ceux que l’on a tous ressentis un jour ou l’autre et auxquels on peut donc s’identifier quelque soit son âge.

Un Amour de Jeunesse n’est pas que le portrait d’une jeune fille qui se construit. Le film nous amènera au fil des années à suivre son parcours et la manière dont il est marqué par ce premier amour. Il possède un vrai fil rouge narratif qui emmène vraiment les personnages d’un point A à un point B. Son évolution se fait à travers les évènements qu’elle traverse et l’intérêt du spectateur est maintenu car on ignore où l’histoire va bien pouvoir nous mener. Car jamais elle n’est cousue de fil blanc et même si elle traverse des épreuves qui nous rappellent celles que l’on a nous-même vécues, on ne sait jamais comment tout cela va se terminer.

unamourdejeunesseUn Amour de Jeunesse souffre par contre d’un léger manque de rythme, surtout dans sa première partie. C’est le passage le moins surprenant, du moins si on a lu le synopsis avant d’y aller, et il est vrai qu’il s’étire un peu en longueur. Cela fait craindre un film largement trop contemplatif. Comme évoqué plus haut, la suite est nettement plus riches en évènements, mais il faut admettre que tout cela n’est jamais raconté sur un rythme échevelé.

Mais le plus grand défaut de Un Amour de Jeunesse s’appelle Sébastien Urzendowsky. Je n’aime pas casser du sucre sur le dos des acteurs, mais là, je ne vois pas comment je pourrais défendre une prestation aussi poussive. Toutes ses répliques sont prononcées sur un ton qui sonne terriblement faux et ne contribue pas à compenser son absence totale de charisme. Du coup, on a bien du mal à comprendre comment cette jeune fille peut être aussi amoureuse de lui. Heureusement, à l’inverse, Lola Creton est la véritable révélation d’un film où elle fait étalage d’une sensibilité assez bluffante pour une actrice de son âge. Ne doutons pas que nous la reverrons bientôt.

Un Amour de Jeunesse est très beau film d’une profondeur remarquable, mais d’une forme pas tout à fait à la hauteur de l’émotion véhiculée par l’histoire.

Fiche technique :
Production : Les Films Pelléas, Razor Film, Arte France Cinéma
Distribution : Les films du Losange
Réalisation : Mia Hansen-Love
Scénario : Mia Hansen-Love
Montage : Marion monnier
Photo : Stéphane Fontaine
Décors : Mathieu Menut, Charlotte de Cadeville
Costumes : Bethsabée Dreyfus
Durée : 110 mn

Casting :
Lola Creton : Camille
Sébastien Urzendowsky : Sullivan
Magne Havard Brekke : Lorenz
Valérie Bonneton : la mère de Camille
Serge Renko : le père de Camille
Özay Fecht : la mère de Sullivan

ICKY THUMP (The White Stripes) : Chant du cygne ?

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ickythumpthewhitestripesJe crois bien que j’aime The White Stripes. Les lecteurs de mon avis sur Get Behind Me Satan en sont déjà convaincus. Après que je vous ai parlé de Icky Thump, je pense que plus personne n’aura de doute à ce sujet. De toute façon, ce n’est pas vraiment un scoop, puisque ce n’est pas comme si le groupe ne comptait pas des millions d’adeptes à travers le monde. Il faut dire qu’ils forment définitivement un des groupes les plus imaginatifs de la première décennie du 21ème siècle et chacun de leur album est un vrai petit bijou.

Icky Thump est sorti en 2007 et reste à ce jour leur dernier album en date. Et peut-être le dernier tout court, puisque le groupe a annoncé sa séparation tout récemment. Mais bon, il y a des nouvelles que l’on essaye d’oublier et on se dit qu’aucune erreur n’est irréparable. Surtout que les membres du groupe ne seront pas nombreux à convaincre, puisque The White Stripes est un duo. Espérons donc que Jack et Meg White revienne sur cette funeste erreur.

En attendant, Icky Thump pourra rester dans les mémoires comme leur chant du cygne, tant cet album regorge de qualités. Certes, tous les albums du groupe sont de cet acabit, mais celui-là frôle la perfection. Tous les titres constituent de vrais moments de bonheur musical, emplis de l’énergie et de la créativité qui ont toujours caractérisé ce groupe. Chaque plage renouvelle le bonheur de les entendre nous livrer une nouvelle création.

On peut reprocher éventuellement à Icky Thump de ne pas recéler un titre phare, un tube inoubliable. Cela n’est pas complètement faux, mais on ne peut pas non plus écrire Seven Nation Army à chaque fois. Mais si rien ne se détache vraiment, c’est aussi que le niveau moyen est tellement élevé qu’aller plus haut tiendrait du miracle. The White Stripes en est capable, mais il serait bien sévère de leur reprocher de ne pas en avoir accompli un cette fois-ci.

Icky Thump constitue donc un pur moment de rock et de créativité bruts. Beaucoup de titres sont ancrés dans au cœur de la tradition du rock US. Mais un rock US totalement réinventé et passé à la moulinette du génie de The White Stripes. Il en ressort un son à la fois familier, mais totalement original et inimitable. Après, la voix de Jack White fait le reste pour rendre chaque chanson véritablement unique et puissante.

Mais The White Stripes sait aussi nous surprendre totalement avec des sonorités totalement inattendues. On notera notamment un passage aux sonorités celtiques (les titres Prickly Thom But Sweetly Worn et St Andrew) et un très beau morceau de pure folk (Effect and Cause) qui achève magnifiquement un album qui doit figurer dans toute discographie rock digne de ce nom. En fait, tous les albums de ce groupe doivent y prendre place !

Au final, Icky Thump est trop bon pour que le groupe s’arrête là ! En attendant, que le duo reprenne ses esprits, on pourra sans jamais se lasser se repasser Icky Thump encore et encore… et espérer !

Avant d’en finir, faisons le tour des titres qui font de cet album un petit chef d’œuvre.

1.: Icky Thump
Un son rock dur, puissant, imaginatif et surtout génial.

2.: You Don’t Know What Love Is (You Just Do What You’re Told)
Le principal single de l’album, entraînant, aux sonorités plus country, mais toujours excellent.

3.: 300 MPH Torrential Outpour Blues
Une ballade où la voix de Jack White est tout simplement parfaite.

4.: Conquest
Sonne comme la musique d’un western… Mais un putain de bon western !

5.: Bone Broke
On revient aux sources du rock US et c’est bon !

6.: Prickly Thorn But Sweetly Worn
Accents irlandais et celtiques pour un titre surprenant.

7.: St Andrew (The Battle Is In The Air)
Petit intermède sur le même ton celtique.

8.: Little Cream Soda
Un morceau qui tire sur le metal, mais la voix rend le son vraiment unique.

9.: Rag And Bone
Un rock énergique et innovant. Du pur The White Stripes !

10.: I’m Slowly Turning Into You
La voix est ici particulièrement mise en avant et Jack White la maîtrise à la perfection.

11.: Martyr For My Love For You
Calme et sombre, mais toujours aussi prenant.

12.: Catch Hell Blues
Un titre plus brouillon, moins maîtrisé, mais on ne leur en voudra pas trop.

13.: Effect And Clause
Un morceau country-folk enjoué et génial pour finir.

CASE DEPART : Départ en seconde classe

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casedepartaffichePendant longtemps, j’ai été voir, avec un acharnement étonnant, tous les films d’Eric et Ramzy. Après les avoir trouvés tous plus consternants les uns que les autres, j’ai enfin renoncé à cet acte masochiste et n’ai pas été voir Halal Police d’Etat. Mais quand j’ai vu la première fois la bande-annonce de Case Départ, j’ai eu très peur de replonger dans une nouvelle drogue tout aussi nuisible, à savoir le duo Thomas Ngijol-Fabrice Eboué. Mais au final, sans être enthousiaste, je n’aurais pas passé un trop mauvais moment.

Jöel et Régis sont deux demi-frères, mais n’ont pas grand chose en commun. Le premier est un glandeur invétéré, qui prend le racisme comme excuse à tous ses problèmes. Le second est conseiller municipal et joue la carte de l’intégration jusqu’à la caricature. Les deux se trouve réunis en Guadeloupe autour de leur père mourant. Ce dernier leur lègue l’acte d’affranchissement de leurs ancêtres esclaves. Déçus de ne pas toucher d’argent, ils déchirent le précieux document, sous les yeux effarés de leur tante. Elle décide alors de les envoyer faire un tour en 1780…

Les Visiteurs au temps de l’esclavage, voilà quel aurait pu être le titre de ce film, qui repose sur même principe que la comédie de Jean-Marie Poiré. Un ressort connu, celui de l’anachronisme, mais qui continuera à faire rire, tant qu’il sera utilisé à bon escient. Dans Case Départ, il est mis en œuvre avec une certaine intelligente, au service d’un propos plein de bonnes intentions, à défaut d’une réelle profondeur.

Cependant, Case Départ souffre d’une limite irrémédiable. Le film est drôle…mais pas plus que cela. Certains gags fonctionnent bien, mais on les a déjà vu pour la plupart dans la bande-annonce. Du coup, les éclats de rire ne sont pas aussi nombreux que ce que l’on aimerait. Ils sont parfois réels, suffisants pour ne pas non plus passer un mauvais moment, mais pas assez pour faire de cette comédie un film culte.

Par contre, on peut reconnaître à Case Départ le mérite d’avoir échappé à une lourdeur trop commune dans ce genre de pure comédie. Pas de pipi-caca, mais quelques blagues en-dessous de la ceinture. Bon, ceux qui me connaissent me trouveraient quelque peu hypocrite si je considérais ça comme rédhibitoire. Seulement, dans ce film, ces gags-là ne sont certainement pas les plus drôles et du coup, ils n’apportent pas grand chose. Mais globalement, l’humour reste surtout situationnel et parfois teinté de second degré.

Case Départ tente aussi, de manière légère, de faire passer un vrai message. Et cela fonctionne plutôt bien, non que le sujet soit traité de manière exceptionnellement pertinente, mais avec tout de même un minimum de recul. En effet, tout le monde en prend pour son grade. Car si le racisme en lui-même est visé, le film se moque aussi allègrement de ceux qui l’utilisent comme excuse pour tout et n’importe quoi et les hypocrites qui se plaignent de ce qu’ils subissent, sans jamais réfléchir deux secondes à ce qu’ils infligent.

casedepartEn fait, Case Départ se démarque des films d’Eric et Ramzy par le fait que ce soit un vrai film, avec une intrigue, des acteurs qui jouent vraiment la comédie et une réalisation professionnelle. Pas d’impression d’assister à une suite décousue de sketchs et pas de cabotinage sans fin et sans aucun contrôle. Alors, certes, ce film n’est pas un chef d’œuvre, ne justifie peut-être pas le prix exorbitant d’une place de cinéma, mais on ne pourra reprocher aux auteurs de s’être moqué du monde.

Casde Départ est évidemment fait pour mettre en valeur le duo formé de Thomas Ngijol et Fabrice Eboué. Ils sont omniprésents à l’écran, mais sans pour autant partir dans des délires improvisés qui peuvent fonctionner dans un spectacle de « stand up comedy », mais jamais au cinéma, qui nécessite un cadre beaucoup plus construit et rigoureux. Ce ne sont peut-être pas le comédiens du siècle, mais il faut admettre que c’est eux qui nous font rire…quand le film nous fait rire.

Case Départ manque peut-être trop d’intensité comique pour être pleinement satisfaisant. Mais une soirée pluvieuse pourra être sans problème être agrémentée par cette comédie qui possède toute de même quelques qualités.

Fiche technique :

Réalisation : Lionel Steketee, Fabrice Éboué et Thomas N’Gijol
Scénario : Fabrice Éboué, Thomas N’Gijol et Jérôme L’hotsky
Décors : Christian Marti
Costumes : Pierre-Jean Larroque
Photographie : Jean-Claude Aumont
Son : Pierre André
Montage : Frederique Olszak
Musique : Alexandre Azaria

Casting :
Fabrice Éboué : Régis
Thomas N’Gijol : Joël
Stéfi Celma : Rosalie
Eriq Ebouaney : Isidore
Étienne Chicot : M. Jourdain
Catherine Hosmalin : Mme Jourdain
David Salles : M. Henri
Franck de la Personne : le curé
Joséphine de Meaux : Joséphine Jourdain
Franck Migeon : Le gendre
Max Baissette de Malglaive : Victor Jourdain
Alain Fromager : Chasseur #1
Sylvain Tempier : Chasseur #2
Michel Crémadès : Isaac
Isabel del Carmen Solar Montalvo : La vieille tante
Doudou Masta : Chef Neg’ Marron
Jean-Claude Duverger : Père Grosdésir
Jean-Yves Rupert : Jocelyn Grosdésir
Vincent Solignac : Le marchand d’esclaves

SWITCH : Un scénario en bois…

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switchafficheLe cinéma français nous a livré ces derniers mois des polars plutôt musclés et plutôt réussis. On citera notamment A Bout Portant et la Proie. Et c’est plutôt une bonne nouvelle, parce que bon, Julie Lescaut, ça va bien cinq minutes. Switch voulait s’inscrire dans cette même lignée. Avec un scénario signé Jean-Baptiste Grangé, on pouvait se dire que l’objectif avait toutes les chances d’être atteint. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’on en est loin… Très loin…

Sophie Malaterre est une Québecoise qui traverse une mauvaise passe. Pas de boulot, pas de mec, pas d’argent pour partir en vacances… Jusqu’à ce qu’on lui conseille le site switch.com, un site internet d’échange d’appartements. En quelques clics, elle réussit à troquer pour le mois d’août sa petite maison au bord du St Laurent contre un appartement avec jardin et vue sur la Tour Eiffel. Arrivée à Paris, les premières 24h ressemblent à un rêve… avant que tout ne tourne au cauchemar.

Switch est un gros navet pour une seule et unique raison : un scénario en bois… C’est bien surprenant venant d’un maître français du polar, au moins littéraire, mais c’est comme ça. S’il y a une notion qui échappe totalement à cette histoire, c’est celle de la crédibilité. Elle est absente de la première à la dernière seconde. On veut bien être magnanime pour ce qui est du réalisme quand on va au cinéma, mais il existe quand même des limites à ne pas dépasser. Croire aux évènements relatés dans ce film tient de la candeur la plus absolue.

Premier exemple. Dans Switch, la police française affronte un terrible ennemi, qui vient contrarier toutes ses investigations et la réduire à l’impuissance : le mois d’août ! Alors certes, beaucoup de gens sont en vacances, tout demande un peu plus de temps, mais ceci est totalement surexploité par ce scénario. En fait, cela devient la parade magique à toutes les faiblesses, et dieu qu’elles sont nombreuses, de cette histoire. A chaque fois que la police cherche à faire quelque chose qui, dans un monde juste un tantinet réaliste, mettrait fin à cette intrigue fumeuse en deux secondes, on se heurte au même « ah mais oui, ça ne va pas être possible, on est au mois d’août… » . La première fois, ça peut passer, la quinzième, on se demande de qui on se moque.

L’autre énormité vient du personnage de Sophie, jeune Québécoise, censée être une simple graphiste… Je ne sais pas ce qu’ils apprennent dans les écoles d’art canadienne, mais visiblement cela tient de l’entraînement paramilitaire de très haut niveau. Le quidam obligé de se muer en super-héros pour survivre ou sauver celui ou celle qu’il aime est ultra classique. Sauf que généralement, justement, ce genre d’histoire s’appuie sur la maladresse du personnage. Dans Switch, la police n’arrête pas de répéter « Ca se voit que c’est une professionnelle… »… sauf qu’elle ne l’est pas du tout, mais semble capable de mettre une raclée à James Bond. Par contre, si elle est capable de sauter d’une fenêtre à une autre comme Jason Bourne, elle n’est guère maligne et ne pense même pas à donner le nom et l’adresse de gens qui la connaissent, genre sa mère, pour prouver son identité.

switchDernier grief, la linéarité du scénario. Avec un tel titre, on s’attend à ce que Switch se termine par un twist final… Et bien non pas du tout… Aucun rebondissement final n’est programmé et le tout se termine de manière abrupte et totalement prévisible. Même l’explication du pourquoi du comment est visible de très loin et arrive avec de gros sabots à clochettes.

Et c’est vraiment dommage qu’un scénario aussi navrant vienne gâcher le très bon travail sur la mise en forme. En effet, l’histoire est ridicule, mais rythmée. Les scènes d’action sont parfaitement exécutées et très spectaculaires. On retiendra notamment une très belle poursuite à pied à travers les jardins de la zone pavillonnaire de Rueil-Malmaison. Les acteurs n’ont absolument rien à se reprocher. Eric Cantona est très bon et livre une performance propre et professionnelle. A ses côtés, Karine Vanasse s’en sort elle aussi très bien. On notera surtout sa superbe poitrine qu’elle exhibe à deux occasions, ce qui représente peut-être au final le seul réel intérêt de ce film.

Switch est plombé irrémédiablement par un scénario d’une médiocrité invraisemblable, où rien n’incite le spectateur à croire à la plausibilité de l’histoire.

Fiche technique :
Réalisation : Frédéric Schoendoerffer
Scénario : Jean-Christophe Grangé (scénario original, adaptation et dialogues) et Frédéric Schoendoerffer (adaptation et dialogues)
Images : Vincent Gallot
Musique : Bruno Coulais
Production : Carcharodon, L&G
Durée : 100 minutes

Casting :
Karine Vanasse : Sophie Malaterre
Éric Cantona : Damien Forgeat
Mehdi Nebbou : Stéphane Defer
Aurélien Recoing : Delors
Karina Testa : Bénédicte Serteaux
Bruno Todeschini : Verdier
Stéphan Guérin-Tillié : Policier, 3ème de groupe
Maxim Roy : Claire Marras
Karim Saleh : Kourosh
Jacob Desvarieux : Pat