NOUS SOMMES LA NUIT : Wir sind die Nacht !

noussommeslanuitaffiche

noussommeslanuitafficheAprès onze ans à étudier l’allemand, j’avoue être absolument incapable de soutenir une conversation dans cette langue. Si j’arrive encore à comprendre de quoi parle un texte, je ne perçois que rarement le sens de ce qui peut être dit à l’oral. Cela ne m’empêche pas de prendre plaisir à voir des films allemands en version originale. Je me suis donc rendu voir Nous Sommes la Nuit, un film de vampires d’outre-Rhin, pour profiter de la joie d’ouïr la langue de Goethe. Et là, surprise, le narrateur commence à parler en anglais… Puis, les acteurs… Et c’est là que les problèmes commencèrent ! Car le doublage était affreusement mauvais, à la limite du sitcom ! Et puis quel est l’intérêt de proposer en France un film allemand doublé en anglais ? Bon, de toute façon, le film est nul, mais ce point de détail m’a rendu sa vision horriblement pénible.

Lena est une jeune délinquante de 20 ans, habillée avec l’élégance d’un sac à provision. Elle croise la route de trois belle vampire qui vivent, elles dans le luxe et la classe. Elles vont faire de Lena l’une d’ entre elle.

Vous l’aurez compris, Nous Sommes la Nuit ne brille pas particulièrement par l’originalité de son scénario. En fait, il ne brille pas du tout, mais on y reviendra. Une histoire de vampire hyper basique, pour ne pas dire sans intérêt. On pourrait éventuellement citer l’esthétique lesbien qui parcourt ce film, mais les histoires de vampires sont souvent marqué par un fort caractère sexuel, quand elles ne sont pas emplis de perversités. Alors ce n’est pas la vision de deux femmes qui s’embrassent qui va nous faire grimper aux rideaux. Les longs plans sur les soirées luxueuses et décadentes font plutôt penser à un reportage sur les rave party en banlieue qu’une vision orgiaque à la Pasolini.

noussommeslanuitLe réalisateur Dennis Gansel avait pourtant fait ses preuves avec le très réussi et surprenant la Vague. Mais là, c’est à peine digne d’un téléfilm pour adolescents… Bon, je suis peut-être un peu dur, mais à force de nous proposer le minimum de l’acceptable à tout point de vue, le tout ne l’est plus du tout. Pour être totalement positif, je saluerai le rebondissement du rebondissement qui m’a bien eu. C’est peu, mais c’est déjà ça. A côté de ça, les personnages sont d’une platitude affligeante et leurs réactions et évolutions sont cousus de fil blanc. Du coup, même la séquence « émotion » où une vampire retrouve sa fille octogénaire et mourante prête à sourire, alors que ce n’était évidemment pas du tout le but de la scène.

Je pourrais bien vous parler des acteurs. Mais comment les juger quand leurs performances sont à ce point massacrées par un doublage indigent. On n’a rien à dire sur le physique très avenant de ces jeunes filles. Les personnages masculins ont pour certains des physiques…comment dire… très allemands. Mais version Derrick, pas version Daniel Brühl. Pour autant, si j’avais l’occasion de revoir Nous sommes la Nuit en allemand, je crois bien que je m’abstiendrai. Bien sûr, je crois que cela me donnerait une image bien plus positive de ce film, mais je ne vois pas comment cela pourrait effacer totalement son manque flagrant d’intérêt.

Nous Sommes la Nuit est donc un gros navet. Ein Kitschiger Film comme on dirait outre-Rhin.

Fiche technique :
Réalisateur : Dennis Gansel
D’après les personnages créés par Dennis Gansel
Scénariste : Jan Berger
Directeur de production : Uli Fauth
Maquilleur : Georg Korpas
Directeur de la photographie : Torsten Breuer
Ingénieur du son : Alexander Saal

Casting :
Karoline Herfurth : Lena Bach
Nina Hoss : Louise
Jennifer Ulrich : Charlotte
Anna Fischer : Nora
Max Riemelt : Inspecteur Tom Serner
Jochen Nickel : L’officier de probation de Lena
Arved Birnbaum : Inspecteur Lummer
Steffi Kühnert : La mère de Lena

MEME LA PLUIE : Un film qui explose en vol

memelapluieaffiche

memelapluieafficheL’histoire se répète inlassablement. La barbarie, l’oppression, l’esclavage, autant d’horreurs que l’on voudrait tant voir appartenir définitivement au passé. Mais quand on y regarde de plus près, on s’aperçoit le plus souvent qu’ils ont simplement changé de forme. Voici la thèse défendue par Même la Pluie, un film espagnol extrêmement ambitieux. Peut-être un peu trop…

Une équipe de tournage débarque au fin fond de la Bolivie pour y réaliser un film sur l’arrivée de Christophe Colomb en Amérique et la génocide qui en découlera. Ce choix a été fait pour des raisons budgétaires car ils sont sûrs de trouver là des centaines de figurants pour un salaire dérisoire. Mais au même moment, commence un conflit entre la population locale et la société chargée de gérer la distribution d’eau. A la tête du mouvement, un des acteurs locaux clés du film. Le tournage pourra-t-il se terminer ?

Pendant deux bon tiers du film, Même la Pluie tient toute ses promesses. Le parallèle entre la situation actuelle et les faits relatés dans le film qu’ils sont en train de tourner se fait avec intelligence et très simplement. Le spectateur ne se voit imposer aucune conclusion. On passe de l’un à l’autre, à chacun de bâtir les ponts qu’il voudra. Evidemment, on sent bien vers quoi on veut nous amener, mais on est libre de faire le chemin ou pas. Bien sûr, on pourra trouver le parallèle entre la compagnie des eaux et les conquistadors un peu caricaturale et simpliste… mais ce parallèle n’est jamais fait expressément.

Malheureusement, le dernier tiers de Même la Pluie vient un peu tout gâcher. Ce qui aurait du être un moment fort et poignant ne tient pas debout. Trop de détails ne sont pas crédibles une seule seconde. Cela nuit fortement à l’intérêt de la description qui nous est faite de l’exploitation actuelle de ces population. La dénonciation est cette fois beaucoup plus directe, mais ces longues scènes d’émeutes urbaines et de violences policières n’apportent pas grand chose. Le propos perd toute subtilité et leur côté spectaculaire n’est pas assez fort pour présenter un réel intérêt à ce niveau-là. Du coup, on en vient à regretter que le film pour lequel on a payé sa place ne soit pas plutôt celui dont le tournage nous est relaté ici. Les scènes censés en être tirées qui nous sont proposées constituent au final les meilleurs moments de ce film qui se prend complètement les pieds dans un tapis qu’il a lui même tissé.

memelapluieC’est fort dommage, car, comme je l’ai dit les deux premiers tiers étaient fort prometteurs. Et ceux grâce aux trois acteurs principaux : Gael Garcia Bernal, qu’on ne présente plus, Luis Tosar, une valeur sûre du cinéma ibérique, et l’étonnant Carlos Aduviri qui tient là un premier rôle prometteur. Malheureusement, à l’image du film, leurs jeux perdent en consistance à mesure que leurs personnages perdent en crédibilité.

Iciar Bollain a donc fini par être débordé par son sujet. Elle fait preuve d’un réel talent pour les scènes « historiques » et la retranscription des tensions qui montent progressivement entre les protagonistes. Mais sa caméra semble perdu quand le rythme s’accélère et l’adrénaline monte. On pouvait pourtant attendre mieux d’un scénario signé Paul Laverty, le scénariste habituel de Ken Loach. On retrouve bien le message direct et sans fioriture que l’on retrouve chez le réalisateur britannique. Sans doute, l’alchimie ne s’est pas faite avec le tempérament latin de l’équipe artistique.

Même la Pluie n’est pas si mauvais que ça, au fond. Mais il s’agit bien d’un film raté, mal maîtrisé et donc au final très décevant.

Fiche technique :
Production : Morena films, Mandarin Cinéma, Alebrije Cine y Video, Vacafilms
Distribution : Haut et Court
Réalisation : Iciar Bollain
Scénario : Paul Laverty
Montage : Angel Hernandez Zoido
Photo : Alex Catalan
Décors : Juan Pedro de Gaspar
Son : Emilio Cortes
Musique : Alberto Iglesias
Costumes : Sonia Grande
Durée : 104 mn

Casting :
Luis Tosar : Costa
Gael Garcia Bernal : Sebastian
Juan Carlos Aduviri : Daniel, Hatuey
Karra Elejade : Anton, Christophe Colomb
Carlos Santos : Alberto, Bartolomé de la Casas

PALMARES 2010

inception

inception2011 a été une nouvelle année particulièrement riche d’un point de vue cinématographique. Par rapport à l’année dernière, le cinéma français s’est réveillé et place trois films dans le palmarès, plus My Own Love Song réalisé aux Etats-Unis par Olivier Dahan. L’Asie et l’Amérique Latine sont également présentes. Le cinéma d’animation prouve qu’il est définitivement incontournable, avec trois films et non des moindres.

Mais la plus grande difficulté a consisté à départager Inception et The Social Network. Deux chefs d’œuvre offerts par les deux réalisateurs les plus doués de leur génération : Christopher Nolan et David Fincher. Si le choix s’est finalement porté sur le premier, c’est sans doute que le second est peut-être trop lié à l’actualité pour devenir un classique intemporel. Mais ça, seul l’histoire le dira.

 

1-Inception

Un des scénarios les plus extraordinaires de l’histoire du cinéma, une mise en scène touchant au sublime et un Leonardo Di Caprio toujours plus charismatique pour une expérience cinématographique inoubliable.

2-The Social Network

David Fincher fait preuve ici d’un incroyable sens de la narration, transformant l’anecdotique en sujet passionnant. Jesse Eseinberg y livre le numéro d’acteur de l’année.

3-The Ghost Writer

Roman Polanski prouve ici qu’il reste un des plus extraordinaires réalisateurs de la planète avec ce polar égalant et passionnant. Du grand art !

4-Dans ses Yeux

Oscar du meilleur film étranger, ce polar argentin a conquis la planète entière par son scénario surprenant et passionnant et les merveilleux acteurs qui y figurent.

5-Toy Story 3

Le film d’animation de l’année qui conclut de la plus belle des manières la saga. Le dernier quart d’heure constitue un des moments cinématographiques les plus extraordinaires de l’année.

6-L’Arnacoeur

La bonne surprise du cinéma français qui nous offre la comédie de l’année. Une comédie romantique, mais pas que. Un Romain Duris au sommet dans un rôle où il fait étalage de toutes les facettes de son incomparable talent.

7-Kick-Ass

Entre film d’action et parodies, ce petit bijou nous offre la scène la plus jouissive de l’année, où une jeune fille de 10 ans prend d’assaut un building plein de malfrats armés jusqu’aux dents. Chloe Moretz n’a pas encore 13 ans, mais est déjà une très grande actrice. Espérons que la puberté ne lui enlèvera pas tout son talent.

8-In the Air

Un George Clooney au sommet pour cette comédie un rien désabusée, mais qui nous emmène au septième ciel.

9-Mother

La perle asiatique de l’année. Un film dont l’ambiance et le ton change du tout au tout, au fur et à mesure d’une intrigue pleine de surprises. Et un grand bravo à Kim Hye Ya, actrice de 69 ans, absolument époustouflante.

10-Tamara Drew

La petite perle de Stephen Frears qui nous livre ici une comédie comme seuls les Anglais en ont le secret. Un pur moment de bonheur et de rire.

11-Des Hommes et des Dieux

Pour beaucoup, ce film aurait du remporter la Palme d’Or. Un moment d’émotion intense, superbement mis en image par Xavier Beauvois, tout de même récompensé par le Grand Prix du jury.

12-Precious

Un sujet social très lourd, mais traité avec beaucoup de finesse, de poésie et d’optimisme. Jamais plombant, ce film est porteur d’espoir à bien des points de vue.

13-Dragons

Un film d’animation des plus réussis, au pays des vikings, plein d’humour et d’aventures, qui a ravi petits et grands.

14-Inside Job

Le film documentaire de l’année, qui nous plonge au cœur des mécanisme qui ont conduit à la crise économique. Passionnant, mais pas forcément très rassurant.

15-Alice aux Pays des Merveilles

Le dernier Tim Burton a divisé la critique. Sa vision sombre et inquiétante de l’univers de Lewis Caroll a eu du mal à trouver son public. Mais ce film n’en demeure pas moins passionnant et toujours aussi créatif visuellement.

16-La Princesse et la Grenouille

Un film d’animation en 2D qui confirme que la branche « classique » de Disney n’a plus grand chose à envier aux productions Pixar. On y retrouve le charme des classiques qui ont bercé notre enfance dans ce dessin-animé aussi bon et entraînant qu’un air de jazz de la Nouvelle-Orléans.

17-Agora

Le peplum de Alejandro Amenabar nous propose une grande fresque historique à l’ancienne, mais aussi un bon sujet de réflexion sur la place des religions dans nos sociétés. A la fois spectaculaire et passionnant.

18-Shutter Island

Scorsese aurait pu signer là une véritable chef d’œuvre si le rebondissement final n’avait été deviné par grand nombre de spectateurs, dont votre serviteur, bien avant la fin. Cela gâche un peu le plaisir procuré par ce scénario torturé.

19-City Island

Une comédie largement passée inaperçue et c’est bien dommage. Andy Garcia y retrouve un premier rôle à hauteur de son talent. Un portrait impertinent et anticonformiste bien loin de l’idéal hollywoodien.

20-Buried

Le film à déconseiller à tous les claustrophobes. 1H30 en compagnie du héros enfermé dans un cercueil. Un incroyable défi cinématographique relevé avec imagination et talent.

21-Cleveland contre Wall Street

Le vrai faux procès de la ville de Cleveland contre les financiers de Wall Street. Un procès qui n’aura certainement pas lieu pour de vrai. On se consolera avec ce film à la forme originale et au fond absolument passionnant et qui révèle bien des choses.

22-Les Petits Mouchoirs

Un énorme succès commercial pour le film de Guillaume Canet qui aura bouleversé les uns et donné envie de vomir aux autres. Il n’en reste pas moins une réalisation et surtout une direction d’acteurs particulièrement brillantes.

23-My Own Love Song

Une production hollywoodienne signée Olivier Dahan, assez mal reçue par la critique. Un film qui réchappe de peu à un pathos très lourd, pour nous offrir un très beau moment d’émotion et de poésie.

MEGAMIND : Quand les héros sont morts, les méchants s’ennuient

megamindaffiche

megamindafficheLa fin d’année est propice aux sorties de films qui plairons à nos chères petites têtes blondes. Elles sont en vacances, c’est donc le moment ou jamais de les pousser à emmener papa et maman au cinéma. Après Harry Potter, Narnia et Raiponce, voici Megamind. Une histoire de super héros, où la vedette, c’est le méchant. Un film qui surtout amusera beaucoup les cinéphiles par les multiples références parsemés ici ou là.

Depuis leur plus tendre enfance, Megamind, le méchant, et Metroman, le gentil, sont rivaux. Bien sûr, le bien l’emporte toujours… Jusqu’au jour où le héros que toute la cité adule se fait enfin tuer par son éternel ennemi. Megamind peut exulter et se rendre enfin maître de Metrocity… Sauf qu’il s’y ennuie très vite, sans personne pour l’arrêter. Il décide alors de créer un nouveau héros pour rejouer à nouveau le combat du bien contre le mal.

Megamind reprend peu ou prou le principe de base de Moi, Moche et Méchant. Un vilain, au final pas si vilain que ça, son assistant et une armée de petite créature, une affaire de rivalité, voici des ingrédients de base identiques aux deux films. Le film qui nous intéresse aujourd’hui est cependant un ton en dessous de son prédécesseur, en particulier au niveau de l’originalité. Il n’en reste pas moins un divertissement très plaisant.

Megamind s’amuse à parodier bien des classiques du fantastique et des films de super-héros. En premier lieu, la saga Superman dont les références sont omniprésentes. Mais on retrouvera aussi des éléments en provenance de l’univers Marvel (Megamind lui-même est la copie presque conforme du Cerveau, un des ennemis jurés des 4 Fantastiques), de Star Wars (en particulier au niveau de certains bruitages) et j’en passe. On y trouve aussi des clins d’œil à l’actualité et une bande-son rempli de standards du rock.

Il est vrai qu’au-delà de tout ça, Megamind est une histoire assez classique et surtout sans grande profondeur. Le film ne cherche guère à être plus qu’un sympathique divertissement familial. Mais en matière de films d’animation, il est vrai que la concurrence est désormais rude et que l’on devient particulièrement difficile. Du coup, si on rit et si on ne s’ennuie pas une seconde, on oubliera vite cette histoire au final sans grandes surprises.

megamindTechniquement, le film n’a rien non plus de révolutionnaire. La gestion de la 3D est très en deçà de Raiponce par exemple, les personnages manquant de profondeur visuel. Les décors sont par contre eux très soignés. Il manque peut-être aussi un caractère un peu plus cartoon. Il y a une vraie retenue visuelle. En fait, cela rejoint une impression générale donné par Megamind. Les auteurs n’ont pas été au bout de leur idée et n’ont pas exploité toutes les possibilités que leur imagination aurait pu leur offrir.

Pourtant, au niveau du casting vocal, Megamind s’est donné les moyens puisque les deux rivaux sont doublés par Will Ferrel et Brad Pitt, rien que ça, avec Ben Stiller au soutien. Cela assure évidemment une grande qualité « d’interprétation », mais ne gomme en rien les limites de ce film. Cela renforce même cette impression d’un film propre, efficace, plaisant, mais sans doute un peu trop formaté pour être génial, malgré un incontestable potentiel.

Megamind n’est donc pas le divertissement familial qui a bouleversé le monde à Noël. Il reste un spectacle plaisant qui ravira petits et grands, sans pour autant resté à jamais gravé dans leur mémoire.

Fiche technique :
Production : DreamWorks Animation
Distribution : Paramount Pictures France
Réalisation : Tom McGrath
Scénario : Alain Schoolcraft, Brent Simons
Montage : Michael Andrews
Décors : David James
Musique : Hans Zimmer, Lorne Balfe
Directeur artistique : Thimoty J. Lamb
Durée : 95 mn

Casting :
Will Ferrell : Megamind
Brad Pitt : Metro Man
Tina Fey : Roxanne Ritchi
Jonah Hill : Hal, Titan
Ben Stiller : Bernard

ANOTHER YEAR : Les quatre saisons de Mike Leigh

anotheryearaffiche

anotheryearafficheMike Leigh avait bouleversé la planète cinéma, il y a près de 15 ans désormais, avec son superbe Secrets et Mensonges, Palme d’Or à Cannes en 1996. Un pur chef d’œuvre d’humanité, mais aussi d’optimisme, doublé d’une réalisation audacieuse. Depuis, il nous livre régulièrement de nouveaux tableaux humanistes, encensés par la critique. Mais d’un point de vue personnel, je n’ai jamais ressenti le même enthousiasme. Et ce ne sera malheureusement toujours pas le cas avec Another Year.

Tom et Gerri forment un couple encore heureux et complice à cinquante ans passés. Mais autour d’eux, famille et amis ne connaissent pas le même équilibre. Alors ces derniers viennent souvent trouver refuge auprès de la sérénité dégagée nos deux cinquantenaires.

Vous l’aurez compris, Another Year n’a pas vraiment d’intrigue. Il s’agit plutôt d’un films à sketchs, quatre pour être précis, un par saison. Il y a cependant un fil rouge, celui de Mary, leur amie, maladroite et exubérante, à la recherche perpétuelle d’attention et de grand amour. Ce n’est pas forcément gênant en soi, mais cela rend plus compliqué de capter l’attention du spectateur. C’est dans doute cela qui faisait la grande force de Secrets et Mensonges, proposer une intrigue solide pour porter le propos humaniste plus général. Ce n’est pas le cas pour ce film.

Another Year commence doucement, par une longue phase de présentation des personnages. Elle est évidemment nécessaire puisque tout le film repose sur eux. Passé ce moment un peu longuet, mais qui permet de s’attacher aux protagonistes, on entre totalement dans l’intimité de ces derniers et on la partage en ami, parfois amusé, parfois attristé. Mon introduction pourrait donner à penser que ce film est décevant dans l’absolu. Il n’en est rien. S’il m’a légèrement déçu, c’est parce que j’en attendais plus, peut-être trop.

Car les qualités de Mike Leigh sont toujours là. Il s’agit bien d’un formidable réalisateur qui sait filmé les êtres humains et leurs émotions comme personne. L’usage du gros plan, où il faut, quand il faut, démontre une maîtrise totale de son sujet. Les acteurs nous communiquent leurs émotions beaucoup plus par leur communication non verbale, leurs expressions, leurs mimiques, leur regard qui fuit soudain devant la contrariété. Il y a un merveilleux travail de réalisation et de direction d’acteurs que peu de cinéastes seraient capables d’effectuer.

anotheryearAnother Year marque surtout la révélation de Lesley Manville, absolument époustouflante dans le rôle de Mary. Un personnage qui fait rire, parfois de manière sympathique, parfois de manière pathétique, quand le rire se fait à ses dépend. Elle est la star du film, de part sa place dans le scénario, mais surtout par la la formidable prestation livrée par cette actrice, habituée des films de Mike Leigh, mais qui tient là son rôle le plus marquant.

Si je devais faire un reproche à Another Year, c’est d’avoir choisi un ton si pessimiste. S’il y a une morale à cette histoire, c’est que certains sont fait pour le bonheur et d’autres le chercheront éperdument en vain toute leur vie. Bon, il est vrai que cela correspond bien à la réalité de l’existence. Mais du coup, on a du mal à comprendre ce que Mike Leigh cherche à nous dire. Peut-être voulait-il juste nous faire partager ce constat, mais j’ai ressenti une légère frustration de voir le propos s’arrêter là. C’est à mon sens dommage car, ajouté à l’absence d’une réelle intrigue, cela donne à ce film un aspect largement contemplatif. Une belle contemplation, il est vrai.

Another Year restera donc pour moi un nouveau beau film signé Mike Leigh, mais auquel il manque cette petite étincelle qui avait fait la différence dans Secrets et Mensonges.

Fiche technique :
Production : Thin Man Films, Simmon Channing Williams productions, Film 4
Réalisation : Mike Leigh
Scénario : Mike Leigh
Montage : Jon Gregory
Photo : Dick Pope
Décors : Simon Beresford
Distribution : Diaphana
Musique : Andrew Glen
Directeur artistique : Andrew Rothschild
Durée : 129 mn

Castng :
Lesley Manville : Mary
Ruth Sheen : Gerri
Jim Broadbent : Tom
Peter Wight : Ken
Martin Savage : Karl
Oliver Maltman : Joe
David Bradley : Ronnie
Karina Fernandez : Katie
Imelda Staunton : Janet

ATTIC THIEVES (Ralfe Band) : Folk britannique

atticthievesralfeband

atticthievesralfebandPour commencer cette année musicale 2011, un avis sur un nouveau groupe dont j’ignorais tout avant d’écouter leur album. Il s’agit de Rafle Band et leur album Attic Thieves. Une ambiance folk-rock pour un disque qui porte très bien son nom. « Pilleurs de Grenier » est tout à fait symptomatique de leur musique, aux multiples influences.

Ralfe Band est un groupe anglais, composé autour de Oly Ralfe qui a donné son nom au groupe. L’autre membre principal est le batteur Andrew Mitchell. Le groupe s’est formé en 2005 et Attic Thieves est leur deuxième album. Ils ont récemment composé la bande-originale d’un film anglais qui n’est pas sorti en France, ce qui limite terriblement l’intérêt de cette information que je partage néanmoins avec vous.

Ralfe Band puise ses influences dans de brillants prédécesseurs, comme Bob Dylan notamment, dont l’influence est celle qui se fait le plus sentir. La musique d’Attic Thieves a un fort côté rétro. Il n’y a donc pas de grande originalité, mais ça n’enlève rien au talent du groupe. La plupart des titres sont très agréables. Cela tourne souvent autour de la ballade, mais le rythme est aussi parfois plus enjoué. Enfin, ne vous attendez pas non plus à pogotez sur un de leur morceau !

Le seul principal reproche que j’adresserais à Attic Thieves est la présence de trois morceaux instrumentaux dont l’intérêt reste à démontrer. Cela pourrait constituer de petites pauses, mais vu le ton plutôt calme de l’album, on n’en ressent pas le moindre besoin. Cela aurait pu constituer néanmoins de beaux morceaux, mais honnêtement, je n’ai pas trouvé qu’il s’agissait là des mélodies les plus intéressantes de l’album. Enfin bon, cela reste assez anecdotique et n’enlève rien à la qualité globale de l’album.

En dehors de ces trois épiphénomènes, les autres titres sont d’une qualité relativement homogène. Pas de grand trait de génie, mais pas de morceaux franchement ratés non plus. Seul le titre Lost Like Gods m’a plutôt déplu. Globalement, beaucoup de titres de Attic Thives ont un aspect un peu évaporé symptomatique de la personnalité sonore de ce groupe. Mais ce morceau pousse le bouchon un peu loin. On dirait du mauvais Gorillaz…

Globalement, Attic Thieves de Ralfe Band s’adresse aux amateurs de belles mélodies et de folk calme. Ce dernier genre puise souvent ses racines dans une culture typiquement américaine. Ici l’influence européenne et encore plus britannique se fait largement sentir. Cela n’apporte pas forcément une originalité folle, mais donne un minimum de personnalité à ce groupe et à cet album.

On peut donc espérer que Ralfe Band continuera longtemps à piller dans les greniers musicaux.

Pour finir, regardons plus en détails les titres qui composent Attic Thieves.

1.: Open Eye
Un titre entre rock, folk et country fort sympathique.

2.: Stumble
Une ballade entraînante et rythmée.

3.: Big Head
Un premier instrumental sans grand intérêt.

4.: Mirror Face
Une chanson douce, presque murmurée, qui nous berce agréablement.

5.: Platform Boy
Une ballade plus pop, avec un son bien britannique et rétro.

6.: Attics
Un nouvel instrumental qui laisse froid.

7.: Helmutsine
Une chanson légère, où la voix du chanteur est légèrement déformée, pour un résultat plutôt sympa.

8.: St. Mark’s Door
Une ballade mélancolique et mélodieuse.

9.: Two Lorenzos
Un dernier instrumental, très court cette fois-ci.

10.: Lost Like Gods
Une chanson dans les aiguës, ce qui lui fait perdre de son naturel et donne un résultat trop évaporé.

11.: Ice Is On My Hands
Une ballade folk plutôt réussie.

12.: Queen Of Romania
Un titre au rythme entraînant et enjoué. 

LOVE ET AUTRES DROGUES : Ambition mal récompensée

loveetautresdroguesaffiche

loveetautresdroguesafficheMélanger comédie et sujet grave est un pari difficile. Il peut donner des résultats fantastiques car le rire est sûrement un meilleur vecteur de communication que l’apitoiement ou la culpabilisation. Mais atteindre un tel résultat est très difficile et on peut se prendre facilement les pieds dans le tapis. C’est malheureusement le cas de Love et Autres Drogues, une comédie romantique vraiment drôle mais au pathos un peu lourdingue.

Jamie est un dragueur invétéré, qui arrive généralement à ses fins et se sert largement de son charme dans son travail de commercial. Un jour, il croise la route de Maggie. Commence alors une relation torride qui pourrait bien se transformer en vrai romance. Seul problème, la jeune fille est atteinte d’une forme précoce de la maladie de Parkinson dont l’évolution vers la dépendance et le handicap est inéluctable à long terme.

Love et Autres Drogues laisse sur une impression très contrastée. On rit beaucoup et souvent. L’humour est parfois très premier degré, toujours un peu sur le même registre, mais se révèle terriblement efficace. Comme dans toutes les comédies romantiques, le suspense n’est pas vraiment le moteur principal de l’intrigue, seul l’humour peut en faire un film réussi. Mais dans le cas qui nous intéresse, Edward Zwick a cherché à enrichir son histoire d’éléments plus inhabituels. Louable intention si le résultat n’était pas si bancal.

En effet, on n’est pas du tout convaincu par l’aspect « l’amour malgré la maladie ». On aurait bien envie d’y croire, mais on a malheureusement plutôt envie de dire « oui, c’est ça, ça se passe comme ça chez McDonald ». Love et Autres Drogues hésitent visiblement à entrer dans le cœur du sujet, de peur de plomber l’ambiance sans doute, mais du coup, cela reste beaucoup trop édulcoré pour être crédible et surtout présenter un réel intérêt. Ce qui en présenterait, ça serait à la suite de cette histoire, les 30 ans pendant lesquelles le couple va vraiment affronter la maladie. Du coup, on regrette vraiment la présence de cet aspect qui, s’il donne sa personnalité et son originalité au film, ne fait au final que l’alourdir.

loveetautresdroguesC’est regrettable car le duo Jake Gyllenhaal et Anne Hataway fonctionne remarquablement bien. Cette dernière est assez charmante pour que l’on comprenne très bien que l’on puisse en tomber follement amoureux dès le premier regard. Quant au premier, il est excellent dans le rôle du dragueur impénitent qui connaît toutes les ficelles pour faire succomber ses proies. Le film est d’ailleurs très instructif sur ce plan-là… Bon, par contre, pas sûr que tout le monde connaisse le même taux de réussite en les appliquant.

Edward Zwick a donc raté son coup avec Love et Autres Drogues. On ne peut que saluer sa volonté de nous proposer autre chose qu’une énième comédie romantique hollywoodienne basée sur le même modèle immuable. Mais si, vraiment, vous avez le cœur romantique en ce début d’année, allez plutôt voir Les Emotifs Anonymes, beaucoup plus légers, mais tout aussi drôle.

Love et Autres Drogues vous fera donc beaucoup rire, ce qui est déjà pas mal. Mais il est évident qu’il cherchait à faire beaucoup plus. Sans vraiment y parvenir malheureusement.

Fiche technique :

Production : Bedford Falls Productions, New Regency Pictures, Stuber Productions
Distribution : 20th Century Fox France
Réalisation : Edward Zwick
Scénario : Charles Randolph, Edward Zwick, Marshall Herskovitz, D’après l’oeuvre de Jamie Reidy
Montage : Steven Rosenblum
Photo : Steven Fierberg
Décors : Meg Everist
Son : Edward Tise
Musique : James Newton Howard
Effets spéciaux : Ray Bivins, Robert J. Trosky III
Durée : 112 mn

Casting :

Jake Gyllenhaal : Jamie Randall
Anne Hathaway : Maggie Murdock
Oliver Platt : Bruce Winston
Hank Azaria : Dr Stan Knight
Josh Gad : Josh Randall
Gabriel Macht : Trey Hannigan

 

BIENVENUE EN 2011

2011

2011Nous sommes le 1er janvier, il est temps, il est l’heure d’écrire le traditionnel billet consacré à l’année qui vient de s’écouler et surtout à celle qui vient. C’est un peu comme les reportages sur la rentrée de classes début septembre au journal de 20h, il est impossible d’y réchapper.

2010 fut une année riche en évènements divers et variés, dans ma vie et dans celle de ceux qui me sont chers. N’ayant pas l’intention d’exposer ma vie privée au monde entier, je ne rentrerai pas dans le détail. Je dirai simplement que bien des choses ont été semées et que j’espère que 2011 verra le temps des récoltes.

J’attaque l’année avec un nouvel meilleur ami. Après six ans de vie commune, j’ai en effet changé d’ordinateur. C’est dingue à quel point on peut s’attacher à ces petites choses-là, purement matérielles, mais qui partagent votre quotidien. Et puis vider son disque dur, c’est un peu repasser le fil de sa propre existence, tant il contient souvent trace des choses les plus intimes.

J’attaque donc l’année bien armé pour faire face à toutes les aventures qui ne manqueront pas de m’y attendre. Il faut bien ça pour rencontrer tout le bonheur, la joie, l’amour, le succès et l’argent que l’on m’a promis depuis 24h. Mais au-delà de ces grands classiques que l’on souhaite à ceux que l’on aime aussi bien le 1er janvier, que le 13 mars ou le 26 octobre, même si on ne le dit pas, je voudrais me souhaiter plein de choses totalement futiles pour cette année, mais du coup totalement indispensables :

-Une Equipe de France de rugby championne du Monde

-Le PSG champion de France

-Un deuxième sénateur socialiste pour les Yvelines

-La mort de René la Taupe

-Que le statut de délinquant récidiviste devienne incompatible avec le poste de Ministre de l’Intérieur

-Un triomphe au Stade de France pour Princesse Constance (Bigard l’a fait, elle peut le faire !)

-Un nouveau Zelda, et non en 2012 comme ça semble malheureusement en prendre le chemin

-L’écriture de plus d’un chapitre de mon roman, parce que à ce rythme, il ne verra jamais le jour

-Arriver à continuer la muscu

-Arrêter de parfois zapper la moitié de ce que je voulais dire en Conseil Municipal

-Aller au Chalet du Lac

-Que le combat pour qu’une deuxième saison de Flashforward soit tournée triomphe et venge toutes les autres super séries qui finissent en eau de boudin

-Que je batte Vincent au scrabble beaucoup plus souvent

-Que mon slogan « un poney pour chaque Français » devienne nationalement fédérateur

-Qu’il fasse très vite assez beau pour pouvoir pique-niquer des dizaines de fois au Parc Georges Brassens…

… Bon bah voilà, ça fait déjà beaucoup ! Evidemment, dans le tas, il y a pas mal de choses dont la réalisation ne tien qu’à moi et d’autres plus improbables. De toute façon, le plus beau vient souvent de l’imprévu. Alors je finirai en me souhaitant, et en vous souhaitant à tous, une année 2011 pleine de (bonnes) surprises.

LE MONDE DE NARNIA, CHAPITRE 3, L’ODYSSEE DU PASSEUR D’AURORES : Plus anecdotique, mais toujours aussi divertissant

narnia3affiche

narnia3afficheAlors que toute l’attention se portait sur un Harry Potter et les Reliques de la Mort, 1ère partie, très controversé, l’adaptation d’une autre série phare de littérature fantastico-magique est presque passée inaperçue. Je veux parler de la sortie du troisième volet du Monde de Narnia, l’Odyssée du Passeur d’Aurores. Et de mon point de vue, c’est bien dommage.

Edmund et Lucy sont désormais séparés de Susan et Peter, partis en Amérique. Ils vivent chez leur oncle, en compagnie de leur insupportable cousin Eustache. Mais le Monde de Narnia n’est jamais loin et les voilà tous les trois happés par un tableau. Ils se retrouvent sur un bateau commandé par leur ami, le prince Caspien, qui vogue à la recherche de sept seigneurs, qui étaient restés à l’époque fidèles à son père, mystérieusement disparus.

Le Monde de Narnia, chapitre 3, l’Odyssée du Passeur d’Aurores a reçu un accueil plutôt froid de la part de la critique. Un des plus fréquents reproches formulés est son côté enfantin un peu trop prononcé. Il est vrai que l’on trouve ici nulle trace de la noirceur qui habite les derniers épisodes du magicien à lunettes et que l’intrigue manque quelque peu de complexité. Il s’agit effectivement d’un récit assez simple et abordable à tout âge. Mais de mon point de vue, cela ne gâche guère le plaisir, même pour les plus grands.

Par contre, j’admets volontiers que ce troisième épisode est nettement en retrait par rapport aux deux premiers volets dans l’ambition du récit. L’histoire est ici plus anecdotique, avec un souffle épique bien moindre. On n’assiste pas à de grandes batailles décidant du destin de tout un monde. En cela, le Monde de Narnia, chapitre 3, l’Odyssée du Passeur d’Aurores présente un intérêt limité à celui d’un simple, mais très bon divertissement.

Malgré la simplicité, le récit est rythmé, plein de magie et d’actions. Le tout est porté par des effets spéciaux plus beaux à chaque épisode. Si le premier volet de la saga avait été une vraie révolution à ce niveau-là, le Monde de Narnia, chapitre 3, le Passeur d’Aurores se contente de se hisser au niveau des productions actuelles. Mais quand on sait à quel point les progrès ont été fulgurants ces dernières années dans ce domaine, on serait bien injuste de le lui reprocher. Mais au final, on ne s’ennuie pas une seconde et on apprécie également la petite dose d’humour, un peu enfantin lui aussi, qui ponctue l’intrigue.

narnia3L’interprétation est quant à elle assez moyenne, il est vrai. Les jeunes acteurs ont bien sûr grandis au fil des années et, un peu à l’image d’un Daniel Radcliffe, leur spontanéité et leur énergie se sont un peu diluées avec la puberté. Mais s’ils ne tirent pas le Monde de Narnia, chapitre 3, le Passeur d’Aurores vers le haut, ils ne l’entraînent pas non plus vers les grands fonds. Là encore, on ne peut pas crier au génie, mais le plaisir est ailleurs.

Au final, le Monde de Narnia, chapitre 3, le Passeur d’Aurores renoue avec un cinéma en vogue dans les années 60 avec les films tirés des voyages de Simbad ou l’adaptation du mythe de Jason et les Argonautes. Un bateau qui vogue d’iles en îles, entraînant les héros vers des mondes mystérieux et des aventures sans cesse renouvelées. Ca ne brille pas par sa profondeur ou son originalité, mais constitue un parfait divertissement familial et sympathique.

Le Monde de Narnia, chapitre 3, le Passeur d’Aurores est donc nettement plus anecdotique que ses prédécesseurs, mais ce n’est pas une raison, de mon point de vue, pour totalement bouder son plaisir.

Fiche technique :
Production : Walden Media, 20th Century Fox, Fox 2000 Pictures
Distribution : Twentieth Century Fox France
Réalisation : Michael Apted
Scénario : Michael Petroni, Richard LaGravenese, Christopher Markus, Stephen McFeely, d’après l’oeuvre de C.S. Lewis
Montage : Rick Shaine
Photo : Dante Spinotti
Décors : Barry Robison
Son : James Boyle, Nigel Stone
Musique : David Arnold
Effets spéciaux : Thomas Van Koeverden
Maquillage : Jen Stanfield, Rick Findlater
Directeur artistique : Marco Niro, Mark Robins, Karen Murphy (II)
Durée : 115 mn

Casting :
Georgie Henley : Lucy
Skandar Keynes : Edmund
Ben Barnes : Caspian
Will Poulter : Eustache
Tilda Swinton : La reine blanche
Liam Neeson : voix d Aslan
Simon Pegg : voix de Ripichip

LES EMOTIFS ANONYMES : Timides du Monde entier, unissez-vous !

lesemotifsanonymesaffiche

lesemotifsanonymesafficheTimides du Monde entier, unissez-vous ! Tel pourrait être le slogan des Emotifs Anonymes, une comédie romantique à la française, sans prétention mais fort sympathique. Un film qui ravira un large public, mais encore plus tous ceux qui ont souffert un jour ou continuent de souffrir de ce terrible handicap.

Angélique fait partie d’un cercle d’émotifs anonymes, tant sa timidité lui fait perdre ses moyens et lui gâche sa vie. Jean-René souffre des mêmes maux et suit une thérapie. Jean-René est le patron d’Angélique. Jean-René aime Angélique et Angélique aime Jean-René. Mais une histoire d’amour peut-elle vraiment naître entre deux personnes si incapables d’exprimer leurs sentiments ?

Les Emotifs Anonymes est un film court, 80 minutes, mais suffisant. Drôle, touchant, sincère, il nous conte une histoire simple, sans fioritures, que l’on prend beaucoup de plaisir à suivre. Une vraie comédie romantique, mais d’une remarquable intelligence. Comme je l’ai dit en introduction, ce film parlera à tous ceux qui pourront se reconnaître dans l’un ou l’autre des personnages, dans l’une ou l’autre des situations.

Bien sûr, tout cela est un peu poussé à l’extrême pour les besoins de la comédie. Mais on peut tout de même sans problème s’identifier à bien des traits de caractère des personnages ou des éléments des situations. Même si vous n’êtes qu’un peu timide, vous vous sentirez moins seul après avoir vu les Emotifs Anonymes. Par définition, la timidité est un sentiment parfois difficile à partager. Ce film est juste un divertissement, pas une thérapie, mais tout de même, il fait du bien.

Et il fait surtout beaucoup rire. Benoît Poelvoorde apporte bien sûr une large part de l’énergie comique communiquée par ce film. Il le fait avec son talent naturel, qui s’affine d’année en année et se place désormais très loin des cabotinages de ses débuts. Mais Isabelle Carré n’est pas en reste. Elle joue bien sûr principalement sur le registre de l’émotion et des sentiments, mais les situations dans lesquelles elle se place participe largement à l’élaboration de l’humour des Emotifs Anonymes.

lesemotifsanonymesOn pourra toujours reprocher aux Emotifs Anonymes un certain manque d’ambition. Certes, il se concentre vraiment sur l’essentiel de son propos. L’originalité vient quasiment uniquement des personnages et de leur personnalité et, au fond, la trame narrative est de ce qu’il y a de plus classique pour une comédie romantique. On peut y voir un défaut, mais parfois, il faut vaut mieux se concentrer sur la qualité plutôt que sur la quantité. Ce film n’est pas forcément riche dans l’absolu, mais le peu qu’il recèle représente une vraie richesse.

Les Emotifs Anonymes pourront donc attendre un passage à la télé ou la location du DVD pour être vu. Cependant, encore une fois, certains d’entre vous ressentiront peut-être une émotion particulière à la vue de ce film sans chichi, mais terriblement bien senti. Je ne sais pas comment était Jean-Pierre Aménis quand il était jeune, ou peut-être encore maintenant, mais j’aurais bien du mal à croire qu’il n’y a pas un peu de vécu dans ce film. Enfin, il faut dire aussi que croiser un jour une Isabelle Carré a de quoi vous faire perdre vos moyens.

Les Emotifs Anonymes n’est donc pas la comédie romantique de l’année. Mais avec l’Arnacoeur et De Vrais Mensonges, ce genre retrouve une place de choix cette année dans le paysage cinématographique hexagonal. Il n’y a pas qu’à Hollywood qu’on sait faire de bonnes comédies romantiques, que cela soit dit !

Fiche technique :
Production : Pan Européenne Production, Hassen Brahiti, Studio Canal, RTBF
Distribution : StudioCanal
Réalisation : Jean-Pierre Améris
Scénario : Jean-Pierre Améris, Philippe Blasband
Montage : Philippe Bourgueil
Photo : Gérard Simon
Décors : Sylvie Olive
Son : Jean-Pierre Duret, Marc Bastien, François Groult
Musique : Pierre Adenot
Maquillage : Corine Maillard
Durée : 80 mn

Casting :
Isabelle Carré : Angélique
Benoit Poelvoorde : Jean-René
Lorella Cravotta : Magda
Lise Lametrie : Suzanne
Pierre Niney : Ludo
Swann Arlaud : Antoine