MON BEAU-PERE ET NOUS : La suite de trop

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monbeaupereetnousafficheNombreuses sont les séries cinématographiques qui comptent un film de trop. Bon parfois, ce sont tous les films qui sont en trop, mais cela constitue un autre problème. Généralement, un épisode, puis deux, parfois trois nous ravissent, avant qu’un dernier ne vienne un peu tout gâcher. C’est malheureusement le cas de Mon Beau Père et Nous, suite de l’excellent Mon Beau Père et Moi et du plutôt bon Mon Beau Père, mes Parents et Moi.

Jack, le beau-père particulièrement méfiant de Greg, se sent faiblir après avoir été victime d’un léger infarctus. Il se décide alors à transmettre le flambeau de patriarche à son gendre. Mais même après plusieurs années de mariage et désormais deux enfants, arrivera-t-il à considérer que ce dernier est digne de la tâche qu’il lui assigne ?

Avec l’introduction des parents de Greg dans le second épisode, ce dernier contenait assez de nouveautés pour que l’on retrouve le beau-père et son gendre avec un réel plaisir. Le ressort restait le même, mais était pour le coup largement enrichi. Pour Mon Beau Père et Nous, rien de tout cela. On revient même aux fondamentaux, mais l’effet de surprise de Mon Beau Père et Moi n’est évidemment plus là et cela nuit à la qualité de l’ensemble. Bref, c’est sans surprise et d’un intérêt plutôt limité.

De plus, Mon Beau Père et Nous souffre d’autres défauts. Si les dix dernières minutes nous arrachent enfin de vrais éclats de rires, le reste est plutôt poussif, en particulier la première moitié. On pourrait dire que le film monte peu à peu en puissance. Mais la progression est bien trop lente pour que l’ennui ne commence pas à poindre rapidement. Certains gags nous arrachent bien un sourire de temps à autres, mais ils sont au final peu nombreux et certains tombent carrément à plat. Bref, l’imagination des scénaristes semblent quelque peu à plat, semblant constamment se demander ce qu’ils pourraient bien inventer de nouveau. La réponse est malheureusement pas grand chose.

monbeaupereetnousOn aurait pu aussi être tout de même heureux de retrouver le duo Ben Stiller – Robert De Niro. Mais malheureusement, à l’image du film, les deux acteurs sont peu inspirés et leur prestation est parfois poussive. Avant la séquence finale, ils n’ont jamais vraiment l’occasion de se lâcher et de transmettre une réelle énergie comique. Du coup, on a parfois l’impression qu’ils s’ennuient quasiment autant que le spectateur. Et ce n’est pas la très brève apparition de Dustin Hoffman ou le physique de Jessica Alba, qu’il faut mieux aller contempler dans Machete, qui pourront changer le destin de ce film.

Mon Beau Père et Nous tente pourtant de s’enrichir d’une réflexion sur le couple, sa solidité dans le temps, sur le désir qui parfois s’atténue. Cet aspect serait presque touchant, mais est bien trop bancal. Il est abordé dans les moments les plus faibles du scénario et apparaît plus comme un bouche-trous plutôt que comme un axe fort du scénario. Les choses ne vont donc pas assez loin et ne sont pas traitées avec assez de finesses pour avoir réellement de l’intérêt.

Bref, n’y allons pas par quatre chemins. Mon Beau Père et Nous est un film décevant, sans grand intérêt. Une suite dont on se serait bien passée.

Fiche technique :
Production : DW Studios, Everyman pictures, Paramount pictures, Tribeca productions, Relativity Media, Universal Pictures
Distribution : Paramount Pictures France
Réalisation : Paul Weitz
Scénario : John Hamburg, Larry Stuckey
Montage : Greg Hayden, Leslie Jones
Photo : Remi Adefarasin
Décors : William Arnold
Musique : Stephen Trask
Directeur artistique : Sue Chan
Durée : 98 mn

Casting :
Ben Stiller : Greg Focker
Robert De Niro : Jack Byrnes
Owen Wilson : Kevin Rawley
Blythe Danner : Dina Byrnes
Dustin Hoffman : Bernie Focker
Barbra Streisand : Roz Focker
Teri Polo : Pam Focker
Jessica Alba : Andi Garcia
Laura Dern : Prudence
 

AUCUNE BETE AUSSI FEROCE (Edward Bunker) : Voyage au fond de la nuit

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aucunebeteaussiferoceDans la série des anecdotes absolument passionnantes et indispensables, en voici une que je vais avoir un malin plaisir à partager avec vous. J’ai commencé à lire Aucune Bête aussi Féroce le jour même où j’ai vu le film Mon Pote. C’est dingue non ? Bon ok, pour l’instant vous ne voyez pas vraiment le rapport, je le sens. En fait, ces deux œuvres traitent exactement du même sujet, mais de manière très différente… Donc, je recommence… C’est dingue, non ?… non ?… De toute façon, je suis un incompris…

Max Dembo est un braqueur qui vient de passer plusieurs années en prison. Il sort sous le régime de la liberté conditionnelle, bien décidé à vivre enfin dans le droit chemin, pour ne jamais remettre les pieds dans une cellule. Mais le pourra-t-il vraiment ?

Si Mon Pote nous donnait une vision quelque peu idyllique de la vie post-carcérale, Aucune Bête aussi Féroce est au contraire un vrai roman noir qui nous livre une vision sans concession du milieu de la pègre de bas étage et de la manière dont la fréquenter peut vous coller à la peau pour toujours. Il faut dire que l’auteur sait de quoi il parle puisque Edward Bunker est lui-même un ancien braqueur récidiviste. On peut d’ailleurs constater que sa littérature est beaucoup plus pessimiste que son propre parcours, puisque lui, s’en est visiblement définitivement sorti.

Aucune Bête aussi Féroce est un livre passionnant par la neutralité avec lequel il nous décrit son univers. Aucun jugement moral, aucune célébration, juste un portrait réaliste d’une frange de la société qui a bien du mal à sortir de ses propres clichés. Car ce livre n’excuse jamais ses protagonistes, il nous fait simplement partager les raisonnements qui poussent des hommes à rester prisonnier de certains schémas. Bien sûr, les forces qui leur maintiennent la tête sous l’eau sont nombreuses et également parfaitement décrites, mais jamais Edward Bunker ne prend partie en désignant les bons et les méchants.

Mais Aucune Bête aussi Féroce n’est en rien une étude sociologique. C’est avant tout un superbe roman noir, avec une intrigue solide, des personnages complexes, le tout porté par un style de très grande qualité. Une plume nerveuse, extrêmement vivante qui nous plonge réellement dans cet univers. Gare au choc alors, car il est violent et livré sans prendre de gants. La neutralité évoquée plus haut est parfois dérangeante dans le sens où elle nous plonge au cœur des évènements en nous forçant à nous faire notre propre jugement moral. Et ce n’est pas toujours aussi évident qu’il y paraît au premier abord.

Aucune Bête aussi Féroce se lit donc d’une traite. Suivre les pas de Max Dembo est un voyage qui ne laisse pas indifférent, mais un voyage passionnant. Une histoire que vous devrez voir avec vos propres yeux, votre propre subjectivité. Mais aussi une histoire solidement construite, riches et trépidantes, pleines de rebondissements et dont le dénouement est particulièrement soigné.

Bref, un grand roman. 

3h10 POUR YUMA : La nostalgie au bout du colt

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3h10pouryumaafficheLe western, voilà un genre miraculé du cinéma. Donné pour mort, ringardisé à la mort de Sergio Leone, il a connu une renaissance étonnante en 1992 grâce au génie de Clint Eastwood et son génial Impitoyable. Depuis, même si cela reste épisodique, on peut voir dans nos salles obscures quelques bons westerns. Open Range, Appaloosa, autant de réussites cinématographiques de ces dernières années. En nous proposant une nouvelle version de 3h10 pour Yuma, James Mangold prenait le risque de se fâcher avec les amateurs purs et durs du genre. Mais ce remake est une vraie réussite.

Criblé de dettes, Dan Evans est obligé de s’engager dans l’escorte d’un dangereux criminel, Ben Wade, pour sauver sa ferme et sa famille. Mais la bande de se dernier n’est pas loin et rien n’assure que ce petit groupe d’hommes arrivera à conduire le bandit jusqu’à Yuma, où il pourra prendre place dans le train-prison de 3h10.

Je dois avouer que l’original de 1957 manque à ma culture et je ne pourrai donc faire aucune comparaison avec ce dernier. Tant mieux, cela ne peut qu’assurer une plus grande objectivité de cette critique. 3h10 pour Yuma est très classique dans sa forme et peut apparaître comme un hommage aux maîtres du genre. Il est un peu plus près de John Ford que de Sergio Leone, mais certaines scènes n’auraient tout de même pas dépareillé dans un film du réalisateur italien. La relation entre les deux personnages principaux nous fait forcément penser au rapport entre le Bon et le Truand.

Cependant, 3h10 pour Yuma a un aspect manichéen relativement prononcé et qui nous rapproche beaucoup plus du pur western hollywoodien. Le personnage de Ben Wade est faussement ambigu. Certes, il navigue entre la brute épaisse et le bandit d’honneur, mais au final… Ah bah non, je ne vais pas vous révéler comme tout cela finit, même si le dénouement n’est pas forcément ce qu’il y’a de plus surprenant dans ce film.

3h10pouryuma3h10 pour Yuma alterne les scènes d’action et de fusillades classiques pour le genre et des moments d’affrontement plus psychologiques entre les deux personnages principaux. L’équilibre entre les deux aspects est très bon et constitue d’ailleurs le plus grand intérêt du film. Cela donne une certaine profondeur aux personnages sans pour autant alourdir le propos. Encore une fois, cela reste relativement manichéen, mais tout à fait dans l’esprit des westerns d’autrefois.

Pour assurer la réussite de son projet, James Mangold s’est assuré la présence d’un casting de grande qualité. Les deux héros sont interprétés par le duo Christian Bale – Russel Crowe, ce qui n’est pas le pire que l’on puisse imaginer. Ils ne tiennent pas là le rôle de leur vie, mais nous livrent une prestation sobre et efficace, avec cette retenue dans l’expressivité qui sied aux vrais durs de l’Ouest. On notera aussi l’apparition à l’écran de Peter Fonda, qui se fait rare et qui est mieux là que dans des navets comme Ghostrider.

3h10 pour Yuma ravira donc les nostalgiques du genre. Il n’a pas le génie d’un Impitoyable, mais a assez le goût des grands espaces de l’Ouest et l’odeur du colt chaud pour nous offrir un bon moment de cinéma nostalgique.

Fiche technique :
Production : Relativity Media, Tree Line
Distribution : TFM Distribution
Réalisation : James Mangold
Scénario : Halsted Welles & Derek Hass adapté de la nouvelle de Elmor Leonard
Montage : Micheal Mccusker
Photo : Phedon Papamichael
Format : 35mm
Décors : Andrews Menzies
Musique : Marco Beltrami
Costumes : Arianne Phillips
Durée : 122 mn

Casting :
Russell Crowe : Ben Wade
Christian Bale : Dan evans
Logan Lerman : William Evans
Dallas Roberts : Grayson Butterfield
Ben Foster : Charlie Prince
Peter Fonda : Byron McElroy
Gretchen Mol : Alice Evans 

RAIPONCE : Humour, aventure et 3D

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raiponceafficheMes goûts cinématographiques sont relativement éclectiques. Pour preuve, il y’a quelques jours, je me suis fait une soirée ciné où j’ai vu successivement Machete… et Raiponce. Effectivement, difficile de faire plus différents. Mais en tout cas, j’ai passé une très bonne soirée, puisque ils constituèrent tous deux de vrais moments de plaisir cinématographique. Ce film d’animation confirme également un retour au top du secteur « classique » de Disney.

Raiponce est une jeune fille de 18 ans qui vit recluse dans une tour dont elle n’est jamais sortie, sous la surveillance de celle qu’elle croit être sa mère. Elle ignore qu’elle est en fait la fille du roi et de la reine qui la recherchent depuis son enlèvement tout bébé. Elle possède une chevelure magique capable de garantir la jeunesse éternelle à sa mère adoptive. Mais Raiponce ne rêve que d’une chose, visiter le monde et voir de près les lumières qui illuminent le ciel tous les ans le jour de son anniversaire.

Raiponce n’est pas au niveau du magnifique La Princesse et la Grenouille qui nous avait enchanté en janvier dernier. Mais il constitue un vrai bon divertissement familial chargé d’aventure et d’humour. Il n’a aucun complexe à nourrir vis-à-vis des productions de la branche Pixar, même si le ton est un peu plus enfantin et beaucoup plus classique. On ne s’ennuie pas une seule seconde, entraîné par le rythme rapide de l’intrigue.

Raiponce reprend une recette classique chez Disney : des personnages humains relativement réalistes et un élément animal à l’esprit « cartoon ». Ou plutôt deux ici, avec un caméléon et un cheval. Tous les deux apportent un vrai plus et un bonne dose de rire. Le vrai charme de ce film repose ici, car l’histoire principale ravira sûrement plus les jeune têtes blondes que les adultes même restés de grands enfants. Elle n’est pas désagréable à suivre, mais très classique et sans grosses surprises.

raiponceRaiponce manque cependant d’un vrai moment phare, d’une scène réellement inoubliable et enthousiasmante, comme pouvaient l’être par exemple le dernier quart d’heure de Toy Story 3 ou les dix premières minutes de Là-haut. Il y’a beaucoup de moments sympas, mais pas de séquences que l’on a envie de voir et se raconter encore et encore. De même, les chansons sont sympathiques, mais aucune qui restent réellement en mémoire. Bref, il s’agit là d’un très bon film d’animation Disney, mais peut-être pas d’un futur grand classique.

Par contre, j’ai été enthousiasmé par les aspects techniques. Soit, c’est moi qui n’avais pas tout à fait les yeux en face des trous précédemment, ou bien il y’a eu réellement un bond en avant dans la maîtrise technique de la 3D. Cela se remarque surtout dans le relief des personnages qui est réellement impressionnant. Pour la première fois peut-être, je n’ai pas du tout regrette cet euro supplémentaire que j’ai du débourser pour les lunettes. Même Toy Story 3 ne m’avait donné cette impression de relief, sans esbroufe, sans objets sortant loin de l’écran, mais général et sur tout les éléments du décor. Ca m’a vraiment bluffé et sonne pour moi comme le vrai avènement de la 3D.

Raiponce ravira donc toute la famille. Idéal pour passer un bon moment, même si ce film n’est pas le plus inoubliable des Disney.

Fiche technique :
Production : Walt Disney Animation Studios
Distribution : The Walt Disney Company France
Réalisation : Nathan Greno, Byron Howard
Scénario : Dan Fogelman, d’après le conte des Frères Grimm
Montage : Tim Mertens
Décors : Doug Rogers
Musique : Alan Menken et Glenn Slater
Effets spéciaux : Lino Di Salvo et Mark Mitchell
Directeur artistique : Dave Goetz
Durée : 101 mn

Casting :
Mandy Moore : Raiponce
Zachary Levi : Flynn Rider
Donna Murphy : Mère Gothel
Ron Perlman : Frère Stabbington 1
Ron Perlman : Frère Stabbington 2
M.C. Gainey : Capitaine de la Garde

MACHETE : Machete don’t text, il faut le savoir !

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macheteafficheLorsqu’ils sortirent ensemble les films Boulevard de la Mort et Planète Terreur, Quentin Tarantino et Robert Rodriguez avaient agrémenté les projections de fausses bandes-annonces, dont une est devenue culte après avoir faire hurler de rire des millions de spectateurs. Le succès fut tel qu’est né l’idée de réellement réaliser ce film. Ainsi est né Machete.

Machete est un flic mexicain trahit par sa hiérarchie, corrompue jusqu’à l’os par le parrain de la drogue locale. Sa femme et sa fille sont tuées, mais lui réussit à survivre et à s’échapper. Quelques années plus tard, il est devenu travailleur clandestin aux Etats-Unis. Repéré lors d’une bagarre de rue, il est contacté par un homme mystérieux pour assassiner le sénateur local, dont l’étendard est la lutte contre l’immigration clandestine.

Machete est une totale réussite. Un pari un peu fou relevé avec un incroyable brio par Robert Rodriguez. Car il ne s’est pas contenté de donner vie au personnage, il a réellement repris dans le film les passages les plus cultes de la fausse bande-annonce. On peut ainsi considérer que ce film est celui qui a eu la période de teasing la plus longue de l’histoire du 7ème art. Près de quatre ans d’attente, mais qui au final valait réellement le coup.

Bon cessons ces considérations qui ne concernent que ceux qui vouaient déjà un culte à Machete avant même que le film n’existe. Ce dernier se situe dans la droite lignée de Boulevard de la Mort et Planète Terror. Un faux nanar, à prendre au huitième degré, mais tourné avec le plus grand sérieux. Une parodie oui, mais qui ne tourne pas à la grosse farce mais reprend simplement avec humour et aucune retenue les codes du genre. Le tout avec un réalisateur de grand talent et un casting de choc. Bref que du bonheur !

Machete marche donc sur les traces du pire des films avec Charles Bronson, en tournant en dérision ces histoires de vengeances hyperviolentes. Les scènes d’action outrancièrement (le mot n’existe visiblement pas, mais je m’en fous !) spectaculaires sont avant tout là pour faire rire, même si les moyens sont là. Mais ce qui fait de Machete un film déjà culte, ce sont certains dialogues. On retiendra notamment un « Machete don’t text » (Machete n’envoie pas de texto) qui dans le contexte fait hurler de rire la salle et est déjà légendaire (suffit de vérifier sur Google si vous en doutez).

Ce qu’il y’a de bien quand on s’appelle Robert Rodriguez et qu’on est le frère jumeau de Quentin Tarantino, c’est qu’on a aucun mal de réunir un casting de très haute tenue. Aucun des nanars de quatrième zone que Machete parodie n’aura jamais compté un Robert De Niro dans sa distribution. Ce dernier, comme tous ses petits camarades, prennent un plaisir fou à tourner dans ce film incroyablement jouissif et ça se voit. Et cet enthousiasme est tout à fait communicatif.

macheteMais Machete permet surtout à Danny Trejo d’occuper le haut de l’affiche. Eternel second rôle, avec son physique improbable, il tient là le rôle qui lui permettra à jamais d’entrer dans la légende du 7ème art. Il ne joue pas Machete, il est Machete et on peut parier que de nombreux fans lui voueront encore un culte dans de nombreuses années.

Machete souffre cependant d’un défaut. Et oui, à force d’être main dans la main avec Quentin Tarantino, Robert Rodiguez nous fait presque regretter qu’il ne soit pas Quentin Tarantino lui-même. Machete réalisé par ce dernier, ce qui pourrait tout à fait se concevoir, aurait sûrement atteint des sommets encore supérieurs dans la jouissance. Robert Rodriguez est un réalisateur talentueux, à nul autre pareil pour transmettre une énergie jubilatoire, mais son cinéma reste quelque peu « brute de décoffrage », si vous me permettez l’expression. Machete l’est aussi. Un film presque parfait si ce n’est qu’on y trouve rien qui nous surprenne vraiment. C’est une parodie de film de genre, une parodie assez extraordinaire certes, mais juste une parodie. Robert Rodriguez a rempli sa mission à la perfection, mais n’a pas été au-delà. Alors que Quentin Tarantino l’aurait sûrement fait…

En tout cas, Machete est une vraie bonne surprise, un moment de jubilation pure qui figurera désormais au panthéon des films cultes.

Fiche technique :
Réalisation : Robert Rodriguez et Ethan Maniquis
Scénario : Robert Rodriguez et Álvaro Rodríguez
Décors : Christopher Stull
Costumes : Nina Proctor
Photographie : Jimmy Lindsey
Montage : Rebecca Rodriguez et Robert Rodriguez
Musique : John Debney et Carl Thiel

Casting :
Danny Trejo : Machete Cortez
Michelle Rodríguez : Luz
Jessica Alba : Yvetta Sartana
Robert De Niro : Sénateur John McLaughlin
Jeff Fahey : Micheal Booth
Lindsay Lohan : April Booth
Cheech Marin : le Père Del Toro
Steven Seagal : Rogelio Torrez
Daryl Sabara : Julio
Don Johnson : Von Jackson

FLEET FOXES (Fleet Foxes) : Chorale folk rock

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fleetfoxesfleetfoxesNouvelle découverte aujourd’hui, avec le groupe Fleet Foxes et leur premier album du même nom, dont je n’avais jamais entendu parlé avant de l’écouter. Remarquez c’est un peu logique puisque ces jeunes gens refusent de signer avec une grande maison de disque pour des raisons philosophiques. Bon du coup, niveau marketing, ils ne peuvent guère compter que sur le bouche à oreille, auquel je vais justement participer.

Le côté rebelle de ce quintette américain leur vient peut-être de la ville dont ils sont originaires. Seattle, patrie du grunge, de Nirvana et de Pearl Jam. Mais leur style musical est très différent de leurs illustres prédécesseurs. Le groupe nous livre une musique rock-folk qu’ils définissent eux même comme « baroque harmonique »… rien que ça ! Même si vous ne voyez pas vraiment à quoi ça peut ressembler, au moins, ça sonne très bien !

En fait, à leur écoute, j’ai d’abord pensé à I’m From Barcelona, la chorale pop suédoise qui nous avait enchantés il y’a quelques temps. En effet, chez Fleet Foxes, il y’a un gros travail sur les voix, la façon dont elles s’entremêlent et aussi leur profondeur. Le groupe utilise très souvent les effets d’écho pour donner l’impression qu’ils chantent dans un espace à la fois large et raisonnant…comme une église par exemple. Bon, rassurez-vous, on n’a jamais l’impression d’entendre de la musique de messe (sauf peut-être avec le titre Heard The Stirring), mais il y’a vraiment un effet « chorale ».

Mais contrairement aux Nordiques que j’évoquais plus haut, la musique de Fleet Foxes n’est que rarement sur un ton entraînant. Leur musique est très évaporée, presque psychédélique, toujours douce, mélancolique parfois. Le tout est surtout toujours agréable à écouter, pas forcément enthousiasmant, mais d’une réelle qualité musicale. On peut certes trouver qu’ils abusent un peu de l’effet chorale dont je parlais, mais au moins cela donne une certaine identité à leur musique.

Fleet Foxes est un album relativement homogène. Seul le titre Meadowlarks est nettement plus en retrait, manquant singulièrement de relief. Le reste se laisse écouter avec plaisir et même si les titres ne sont pas d’une variété immense, on navigue entre folk et rock. On reste cependant quasiment toujours dans le registre de la ballade. Il manque sans doute à cet album un vrai single accrocheur pour leur donner une renommée supplémentaire, même s’ils sont visiblement plutôt motivé par l’art pour l’art… Enfin, je doute qu’il refuse de voir trop de monde acheter leur album.

Fleet Foxes est le premier album du groupe, sorti en 2008. Un nouvel opus est en préparation. Il s’agit vraiment d’un groupe à suivre car leur musique recèle bien des promesses. Nombreux sont les groupes qui ne les tiennent jamais, mais espérons que celui-ci voit au contraire leur style s’affirmer et se perfectionner avec la maturité. En tout cas, c’est tout le mal qu’on leur souhaite.

Fleet Foxes constitue donc un album pour tous ceux qui apprécient la musique folk et rock vraiment mélodique. Vous ne sauterez peut-être pas d’enthousiasme à son écoute, mais vous ne perdrez sûrement pas votre temps à l’écouter.

Pour finir, faisons le tour des titres que l’on trouve sur cet album.

1.: Sun It Rises
Une ballade entre folk et country très douce.

2.: White Winter Hymnal
Le premier titre qui donne l’impression d’être chanté une chorale, sur un air sympathique et entraînant.

3.: Ragged Wood
Un morceau plus rock, un peu rétro mais surtout très bon.

4.: Tiger Mountain Peasant Song
Une ballade très mélodique.

5.: Quiet Houses
Une chorale folk tirant sur le psychédélique.

6.: He Doesn’t Know Why
Toujours cet effet chorale, mais avec un son beaucoup plus pop.

7.: Heard Them Stirring
Une courte intro au piano qui laisse place à une chorale presque religieuse.

8.: Your Protector
Les voix sont ici particulièrement mises en avant, donnant une certaine dimension à ce morceau.

9.: Meadowlarks
Un son un peu rétro pour une ballade pas terrible.

10.: Blue Ridge Mountains
Une ballade dynamique et agréable.

11.: Oliver James
Une ballade très épurée pour finir.

UN BALCON SUR LA MER : Un scénario qui fait plouf !

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unbalconsurlamerafficheEn introduction de ma dernière critique, portant sur le film De Vrais Mensonges, j’avais souligné la qualité du cru 2010 du cinéma français, en particulier en cette fin d’année. Malheureusement, il arrive même aux meilleurs de connaître des faiblesses et je vais devoir vous parler d’une production hexagonale franchement ratée, à savoir Un Balcon sur la Mer, le dernier film de Nicole Garcia.

Marc est agent immobilier dans le sud de la France, dans une agence spécialisée dans la vente de grande propriété. Un jour, il croit reconnaître dans une acheteuse la petite fille qui vivait en face de chez lui lorsque lui et ses parents vivaient encore en Algérie et avec qui il a connu un amour enfantin. Ils finissent par passer la nuit ensemble. Mais très vite, il commence à douter de sa véritable identité.

Un Balcon sur la Mer possède une grosse faiblesse, son scénario. Et c’est quand même le genre de faiblesse relativement rédhibitoire. L’intrigue repose sur un suspense qui s’évente très vite puisque on devine tout de suite quel est le fin mot de l’histoire. Le suspense est levé définitivement alors qu’il reste une bonne demi-heure et on se demande vraiment à quoi du coup sert cette dernière. Bref, voilà un film mal écrit, doté d’une bonne base, mais terriblement mal exploitée. Cela le rend vain et surtout totalement inintéressant.

Un Balcon sur la Mer ne propose pas d’à côté qui pourrait sauver le film. La relation du personnage principal avec l’Algérie aurait pu porter un discours sur cette période douloureuse et controversée de l’histoire française. Elle n’est finalement que le prétexte qu’à de multiples flash-backs dont l’intérêt va en décroissant au fur et à mesure que le suspense s’éteint. Et comme il s’éteint très vite…

unbalconsurlamerLe seul intérêt que l’on pourrait trouver à Un Balcon sur la Mer reste le rôle à contre-emploi de Jean Dujardin. Sauf que ce denier, à force d’être employé à contre-emploi, est en train tout simplement de passer du statut d’acteur comique à acteur tout court. Et un grand acteur, il faut le reconnaître. Mais ce n’est certainement pas ce rôle que l’on retiendra dans sa carrière. Il y’est excellent, mais une excellence qui ne peut enthousiasmer vu le contexte. A ses côté, Marie-Josée Croze fait elle aussi de son mieux dans un rôle qui aurait pu être infiniment plus intéressant s’il gardait son mystère plus longtemps.

On pourra aussi retenir l’élégance de la réalisation de Nicola Garcia. Il faut admettre qu’elle nous offre quelques beaux paysages à contempler. Mais cela donne parfois l’impression d’être là pour masquer un vide ou pour gagner du temps dans une intrigue mal maîtrisée. Du coup, elle contribue au côté artificiel de ce film, dont toutes les qualités sont gâchées par la fragilité de la base scnéaristique.

Au final, Un Balcon sur la Mer est un film qui déçoit profondément, puisque rien n’arrive à nous faire oublier la faiblesse du scénario.

Fiche technique :
Production : Les productions du Trésor, EuropaCorp, France 3
Distribution : Europacorp distribution
Réalisation : Nicole Garcia
Scénario : Nicole Garcia, Jacques Fieschi
Montage : Emmanuelle Castro
Photo : Jean-Marc Fabre
Décors : Véronique Barnéoud
Musique : Stephen Warbeck
Durée : 105 mn

Casting :
Jean Dujardin : Marc Palestro
Marie-Josée Croze : Marie-Jeanne
Sandrine Kiberlain : Clotilde Palestro
Toni Servillo : Sergio Bartoli
Claudia Cardinale : la mère de Marc
Michel Aumont : Robert Prat

DE VRAIS MENSONGES : Sympathique et léger

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devraismensongesafficheEn cette fin d’année, le cinéma français nous propose de nombreux bons films, ce qui devrait faire de 2010 un bon cru. De Vrais Mensonges ne sera certainement pas l’œuvre la plus marquante de cette année, mais cette comédie romantique sympathique et légère nous réchauffe un peu en cette période de grands froids.

Emilie dirige un salon de coiffure et un beau matin elle reçoit dans son courrier une très belle lettre d’amour, mais anonyme. Elle la froisse et le jette directement à la poubelle, sous les yeux de Jean, son employé, sans se douter un instant que ce dernier en est l’auteur. Inquiète pour sa mère, qui vit quasiment recluse depuis que son mari l’a quittée, elle décide finalement de recopier la lettre pour lui envoyer. C’est le début d’une longue série de quiproquos et de malentendus.

La comédie romantique est par essence un genre mineur du cinéma, du fait que l’on connaît toujours pertinemment comment cela va finir. Après, elles peuvent plus ou moins drôles, plus ou moins crédibles, plus ou moins touchantes, et sont même parfois enthousiasmantes. De Vrais Mensonges fait incontestablement partie des comédies romantiques réussies. Elle possède un côte très vaudeville, très français, avec les quiproquos qui naissent beaucoup plus vite qu’ils disparaissent. Ce n’est pas non plus du Feydeau, mais il y’a là un vrai arrière-plan culturel purement hexagonal.

De Vrais Mensonges est avant tout très amusant, et parfois vraiment drôle. Il n’y pas cette volonté d’enchaîner les gags situationnels ou visuels, comme dans une comédie américaine. Mais on a très souvent le sourire aux lèvres et on connaît également quelques vrais éclats de rire. Le ton est vraiment léger. Il n’y a aucun développement social ou philosophique dans ce film. Les rapports mère-fille, les rapports entre personnes n’ayant pas le même bagage culturel sont des éléments constitutifs de l’histoire, mais qui sont vraiment là non pour être développés pour eux-mêmes, mais totalement au service du triangle amoureux.

devraismensongesLe succès d’une comédie romantique repose souvent en grande partie sur la sympathie que nous inspire les personnages. En effet, comme l’on connaît déjà la fin par avance, pour que l’on soit vraiment dedans, il faut vraiment que l’on ait envie de voir l’amour triompher. Et là, De Vrais Mensonges connaît sans doute sa plus grande faiblesse. En effet, si les personnages interprétés par Nathalie Baye et Sami Bouajila rallient tous les suffrages, il faut avouer que celui joué par Audrey Tautou a beaucoup d’une tête à claques… Et elle a beau répéter « mais en fait, je ne suis pas comme ça », on n’est pas toujours hyper convaincu. C’est le petit bémol que je mettrais à ce film, sans que cela ne remette en cause profondément sa qualité générale.

Au-delà des personnages qu’ils interprètent, le trio d’acteurs donne tout la mesure de son talent. Nathalie Baye est tout simplement géniale et c’est elle qui apporte ce petit souffle en plus que donne une âme à De Vrais Mensonges. Sami Bouajila nous propose quant à lui un jeu très sobre, mais qui convient parfaitement pour ce rôle d’homme timide et réservé. Audrey Tautou, enfin, sans être particulièrement géniale nous séduit encore une fois par son charme naturel. Après, personnellement, j’aimerais bien la voir prendre quelques kilos, mais cela constitue un autre débat.

De Vrais Mensonges fait donc partie de ces films légers que l’on oublie facilement, mais qui nous font incontestablement passer un très bon moment.

Fiche technique :
Production : Les Films Pelléas
Distribution : Pathé Distribution
Réalisation : Pierre Salvadori
Scénario : Benoît Graffin, Pierre Salvadori
Montage : Isabelle Devinck
Photo : Gilles Henry, Philippe Eidel
Décors : Yves Fournier
Son : Michel Casang, Christophe Winding, Josefina Rodriguez, Joel Rangon
Durée : 105 mn

Casting :
Audrey Tautou : Emilie
Nathalie Baye : Maddy
Sami Bouajila : Jean
Stéphanie Lagarde : Sylvia
Judith Chemla : Paulette

HARRY POTTER ET LES RELIQUES DE LA MORT, 1ère PARTIE : La fidélité a un prix

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harrypotter71afficheLes rythmes de narration cinématographiques et littéraires sont généralement très différents. Si l’écrit supporte une certaine lenteur, une montée en puissance progressive, le 7ème art nettement moins. Cela pose une difficulté particulière quand il s’agit de porter à l’écran un roman dont une large partie n’est là que pour faire monter la pression avant l’action finale. Il faut alors faire le choix de soit adapter fidèlement l’œuvre originale, soit la transformer pour lui donner une forme plus proche des canons du grand écran. C’est tout à fait le genre de dilemme auquel ont du faire face l’équipe chargée de l’écriture du scénario de Harry Potter et les Reliques de la Mort, 1ère partie.

Voldemort et ses Mangemorts prennent peu à peu le pouvoir. Harry Potter et ses amis n’ont alors d’autre possibilité que celle de se cacher et de fuir une menace de plus en plus présente et surtout mortelle. Cependant, en même temps, ils se doivent de trouver un moyen de détruire leur ennemi. Mais où commencer à chercher ?

Cette critique pourrait facile tourner en débat existentiel. Mais je rappellerai simplement que beaucoup de fans avaient sévèrement critiqué le précédent épisode cinématographique pour les multiples coupes, ellipses et modifications par rapport au roman. La question de le découper en deux films s’était déjà d’ailleurs posée. Pour Harry Potter et les Reliques de la Mort, le choix a été fait de coller beaucoup plus au roman et à sa richesse. Mais du coup, ce sont ceux qui n’ont pas lu l’œuvre originale qui se plaignent. La vie de scénariste est décidément bien difficile.

Soyons clair, le rythme de ce film est lent et, au final, il ne se passe pas grand chose. Mais cela correspond tout à fait au rythme du roman. Cela fait des heureux et des déçus. Si les choix avaient été autres, cela aurait abouti à la même situation. Le dilemme est insoluble et il est impossible d’avoir un regard purement objectif et neutre. Harry Potter et les Reliques de la Mort, 1ère partie possède d’indéniables qualités qui laisseront froid bien des spectateurs qui n’ont pas lu le roman. Je serai bien tenté de dire tant pis pour eux car, au fond, les films ne sont que des produits dérivés d’une œuvre romanesque formidablement passionnante et incroyablement riche.

Cependant, aussi fan que je sois des romans, je dois avouer que Harry Potter et les Reliques de la Mort, 1ère Partie est sans doute celui qui m’a le moins enthousiasmé en lui-même. Par contre, il a renforcé mon envie de voir la suite ! On retrouve l’impatience provoquée par la première partie du roman et pour ça, à mon sens, le film est plutôt réussi. De plus, David Yates est vraiment le réalisateur, avec Chris Colombus, qui aura le mieux réussi à faire le lien entre œuvre littéraire et cinématographique. Sa réalisation est à la fois pleine de maîtrise technique, tout en gardant une certaine humilité face à la richesse de l’univers qu’il décrit. Il pourrait noyer la magie du monde d’Harry Potter dans une avalanche d’effets spéciaux et de scènes d’action échevelés, mais il n’en est rien.

harrypotter71Par contre, Harry Potter et les Reliques de la Mort possède une grande faiblesse, qui grandit de films en films. Une faiblesse nommée David Radcliffe. L’acteur enfant qui collait parfaitement au personnage et nous transmettait sa vivacité et son audace s’est mué en jeune adulte au jeu plat et sans intérêt. Heureusement pour lui, il évolue dans un univers visuel assez spectaculaire et il est entouré par un casting de très haute gamme pour les personnages adultes et pas deux acolytes dont le jeu a au contraire gagné en maturité à chaque épisode. Emma Watson et Ruppert Grint apportent une vraie dimension à leur personnage et tire heureusement leur compère vers le haut.

Le choix de faire deux films fait couler beaucoup d’encre. Beaucoup y voit une manœuvre purement commerciale, surtout vu le rythme de Harry Potter et les Reliques de la Mort, 1ère partie. Mais pour moi, et tous les fans des romans que je connais, cette solution était le seul moyen pour retranscrire fidèlement à l’écran une œuvre qui nous a tant enthousiasmés. Ce film ne nous aura peut-être pas fait entrer en transe, mais il nous fait plus que jamais trépigner d’impatience, comme à la lecture des pages écrites par J.K. Rowling.

Fiche technique :
Production : Heyday Films, Warner Bros Pictures
Distribution : Warner Bros Entertainment France
Réalisation : David Yates
Scénario : Steve Kloves, d’après le roman de J.K. Rowling
Montage : Mark Day
Photo : Eduardo Serra
Décors : Stuart Craig
Musique : Alexandre Desplat
Durée : 145 mn

Casting :
Daniel Radcliffe : Harry Potter
Emma Watson : Hermione Granger
Rupert Grint : Ron Weasley
Ralph Fiennes : Voldemort
Helena Bonham-Carter : Bellatrix Lestrange
Tom Felton : Drago Malfoy
Bill Nighy : Brtus Scrimgeour
Rhys Idans : Xenophilius Lovegood
Clémence Poésy : Fleur Delacour
 

MON POTE : Amitié et optimisme

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monpoteafficheDans la série des thèmes à la mode au cinéma, et en particulier dans le cinéma français, voici l’amitié virile. Ce n’est pas non plus très nouveau, mais le succès fulgurant du Cœur des Hommes, il y’a quelques années, aura considérablement relancé le genre. Les Petits Mouchoirs l’illustre, mais aussi, dans un genre différent, Mon Pote, de Marc Esposito, le réalisateur… du Cœur des Hommes. Comme quoi, quand on a une bonne idée, autant l’exploiter jusqu’au bout.

Victor dirige un magazine consacré à l’automobile. Alors qu’il donne une conférence dans une prison, il est abordé par Bruno, passionné par le sujet, qui pourrait obtenir une libération conditionnelle s’il trouvait un emploi. Victor accepte de lui laisser sa chance et va naître entre les deux hommes. Mais Bruno a-t-il vraiment rompu avec son passé de délinquant ?

Alors évidemment, un tel synopsis pourrait donner à penser qu’il s’agit là d’un drame social sombre et larmoyant, comme le cinéma hexagonal nous en livre parfois. Il n’en est rien. Il s’agit bien là d’une comédie des mœurs, avec un vrai fond social certes, qui reste cependant assez léger, autant dans la place qu’il prend que dans sa pertinence. C’est avant tout un beau duo d’acteurs qui donnent à leur personnage une dimension supplémentaire.

Tous ceux qui connaissent bien les problèmes liés à la réinsertion des anciens détenus pourront sourire face à la légère naïveté de ce petit conte de fée. Bien sûr, c’est plus ou moins censé être une histoire vraie, mais on peut facilement s’imaginer que tout cela est largement romancé. Mais ce n’est pas si grave car Mon Pote n’est absolument pas moralisateur. Bien au contraire… Bon, là, j’aurais bien des choses à dire, mais je serais obligé de dévoiler quelque peu l’évolution des personnages, qui n’est pas forcément celle attendue. Simplement, ce n’est pas les bons contre les méchants, les honnêtes contre les malhonnêtes et la morale finale de l’histoire n’est pas celle que l’on aurait pu craindre. Bref, ce film ne nous donne pas envie de nous enfoncer deux doigts au fond de la gorge, comme l’aurait très certainement fait une version hollywoodienne de la même histoire.

monpoteDeux potes, deux acteurs. Le film a été bâti autour et pour le duo Benoît Magimel – Edouard Baer. Si j’ai déjà fait part de mes réserves concernant le premier, je voue une admiration sans limite pour le second. Mais, pour Mon Pote, je dois admettre que les deux donnent le meilleur d’eux-mêmes et il est difficile d’en congratuler un plus que l’autre. On assiste à une vraie symbiose qui donne son brillant, son épaisseur et surtout sa crédibilité à cette fable, qui aurait pu sombrer dans le ridicule.

Il n’en est vraiment rien et ce film est prenant du début à la fin, jamais ennuyeux, soutenu, il est vrai, par un fil conducteur narratif de qualité. Marc Esposito ne s’est pas contenté d’admirer le jeu de ses deux acteurs principaux. Mon Pote comporte des rebondissements et un vrai rythme. On ne crie pas au génie à ce niveau-là, mais cela a le mérite de donner du corps à ce film qui se laisse regarder avec un vrai plaisir.

Mon Pote est donc un film pleinement réussi pour ce qu’il a cherché à raconter. On pourra lui reprocher certaine faiblesse du fond social, mais il s’agit là plus d’un film sur les rapports humains que sur les problèmes sociétaux. Et puis, un peu d’optimisme parfois, cela fait du bien !

Fiche technique :
Réalisateur : Marc Esposito
Production : Les Films Du Kiosque et Wayan Productions
Producteurs : Marc Esposito, François Kraus et Denis Pineau-Valencienne
Coproduit par France 2 Cinéma, Mars Films et Alvy Productions
Avec la participation de TPS Star, Canal+ et CinéCinéma
Scénario : Marc Esposito
Image : Pascal Caubère
Directeur de production : Claude Parnet
Régie : Eric Duchêne
1er assistante réalisateur : Carole Amen

Casting :
Edouard Baer : Victor, patron d’un magazine automobile
Benoît Magimel : Bruno, ancien braqueur fan d’autos
Diane Bonnot : Agathe, la femme de Victor, prof de français
Leonie Simaga : Anna, la femme de Bruno
Atmen Kélif : Sami, le directeur artistique du magazine
Anthony Levesque : Roland, le frère d’Anna
Albane Duterc : Gigi, une collègue de Victor
Solo : Augustin, fournisseur de « coups faciles »
Riton Liebman : Thierry, un collègue de Victor