A BOUT PORTANT : Bonne surprise hexagonale

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aboutportantafficheThriller, film d’action et cinéma français, voici des notions qui ne se sont que rarement mariés. Et encore moins souvent, pour des mariages heureux. Guillaume Canet a pourtant montré la voie avec son formidable Ne le Dis à Personne. Fed Cavayé emprunte le même chemin avec A Bout Portant, avec un film rare pour le cinéma hexagonal.

Samuel est aide-soignant, sur le point de devenir papa et de passer le concours d’infirmier. Un jour, un truand blessé par balles est amené dans son service. Peu après, il s’interpose face à un homme visiblement venu pour achever le blessé. Il pense alors avoir simplement accompli un geste héroïque. Mais son geste va le plonger dans un cauchemar de plus en plus profond et mettra en danger la vie de sa femme et de son futur enfant.

Si A Bout Portant est relativement enthousiasmant, c’est que l’on ne s’attend vraiment pas à ça pour un film français. Le cinéma hexagonal n’est pas avare en très bon polar, mais ils prennent souvent la forme de film noir, doté d’une bonne dose de psychologie. Ils brillent rarement par leurs rebondissements incessants et leur rythme échevelé. C’est pourtant le cas de ce film parfaitement maîtrisé et particulièrement réussi.

Alors évidemment, on peut toujours rechigner en disant que si ce film avait été une production hollywoodienne, il aurait été jugé réussi certes, mais relativement classique. Objectivement, ces remarques sont fondées, mais on peut tout de même se réjouir d’en voir naître une bien de chez nous, avec un fond culturel qui nous parle réellement, même si ceux des films américains nous sont aussi, à force, parfaitement familiers.

Le parallèle avec Ne le Dis à Personne est difficilement évitable sur bien des points. Certes, le scénario de A Bout Portant est nettement plus basique. Mais certaines scènes d’action, dont notamment une poursuite à pied haletante, ressemblent presque à un clin d’œil. Et oui, en France, on ne donne peut-être pas dans le délire pyrotechnique ou la destruction massive de voitures, mais on sait tout de même réaliser des scènes d’action qui tiennent la route et ne sont pas loin, parfois, de littéralement nous scotcher au fauteuil.

aboutportantComme je l’ai évoqué, la plus grande limite de A Bout Portant reste son scénario. Niveau rythme, il n’y a vraiment rien à dire et il faut vraiment le souligner car c’est souvent là où pêchent bien des productions hexagonales. Les rebondissements sont nombreux, mais sans jamais nous prendre totalement au dépourvu. Mais sa vraie faiblesse reste dans ses personnages, qui même s’ils peuvent nous inspirer une réelle sympathie ou au contraire une forte antipathie, il faut bien avouer qu’ils ne présentent pas non plus un intérêt fantastique. Certains pourront donc dire que le film abandonne ici ce qui fait d’habitude la force du cinéma français. Mais que voulez-vous on ne peut pas tout avoir, même au cinéma… Enfin si, ça arrive, mais tous les quatre matins non plus.

La relative faiblesse des personnages entraîne du coup une interprétation qui ne reste parfois au ras du cliché. Gilles Lellouche, quelque peu à contre emploi, et Gérard Lanvin, dans un rôle par contre tout à fait classique pour lui, n’économisent guère leur énergie, mais ils ont bien du mal à donner de l’épaisseur à leurs personnages respectifs. Mais heureusement, Roschdy Zem est là. Il est certes aidé par un rôle nettement plus ambiguë et complexe que ses deux compères, mais il faut reconnaître qu’il est réellement en train de devenir un très très grand acteur au registre extrêmement large et il le prouve ici une nouvelle fois.

A Bout Portant a donc réussi là où la plupart des productions Besson se plantent. Certes, ce n’est pas du grand cinéma, il possède bien des imperfections, mais aussi énormément de qualités. Et des qualités rares par chez nous !

Fiche technique :
Production : LGM films, Gaumont
Distribution : Gaumont
Réalisation : Fred Cavayé
Scénario : Fred Cavayé, Guillaume Lemans
Montage : Benjamin Weill
Photo : Alain Duplantier
Son : Pierre Mertens, Alain Feat, Marc Doisne
Musique : Klaus Badelt
Durée : 85 mn

Casting :
Gilles Lellouche : Samuel
Roschdy Zem : Hugo Sartet
Gérard Lanvin : Commandant Werner
Elena Anaya : Nadia
Mireille Perrier : Commandant Fabre
Claire Perot : Capitaine Susini
Valérie Dashwood : Capitaine Moreau

RED : Les vieux ont la cote

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redafficheLa mode est visiblement aux vieux sur le retour. Après, le très musclé, mais très réussi, the Expandables, voici Red, qui lui joue beaucoup plus la carte de la comédie parodique. Leur point commun : Bruce Willis. Mais s’il ne faisait qu’une courte apparition dans le premier, il est ici l’acteur principal d’un casting particulièrement réjouissant. Au final, on obtient un film très drôle et très divertissant.

Franck Moses est un relativement jeune retraité dans une banlieue américaine sans histoire. Son seul rayon de soleil : appeler sous n’importe quel prétexte sa conseillère de sa caisse de retraite, qu’il n’a jamais vu, mais avec qui il flirte allégrement. Mais un jour, un commando de tueurs débarque chez lui et lui rappelle qu’il n’y pas si longtemps, il était encore un des agents les plus efficaces de la CIA.

Red est symbolique d’un nouveau style de parodie, largement influencé par le cinéma de Quentin Tarantino. Un genre parodique, mais réalisé exactement comme les films du genre dont il se moque. Il ne s’agit donc pas d’une grosse farce à la Y’a-t-il un Pilote dans l’Avion, qui se moquait alors de la mode des films catastrophes. Non il s’agit d’un vrai film d’action, avec un rythme, un scénario, des scènes typiques du genre, mais parsemés d’éléments comiques entre premier et second degré.

Et Red est une réussite sur les deux plans. Les scènes d’action sont tournées avec talent. Ni trop longues, ni trop courtes, filmées sans génie, mais sans les transformer en clip vidéo, elles agrémentent le film et permettent au spectateur de ne pas s’ennuyer une seule seconde. Le tout est porté par un scénario certainement pas révolutionnaire, qui ne vous fera pas mal à la tête, mais qui vous divertira pendant 1h50.

L’aspect comique est lui aussi à la hauteur. Il repose principalement sur deux acteurs. D’un côté, Helen Mirren nous livre un personnage pince-sans-rire dont l’humour au second degré est un vrai régal. On en attendait pas moins d’une actrice qui a été primée à la fois aux Oscars, à Cannes et à Venise au cours de sa longue carrière, excusez du peu. A l’opposé, le grand John Malkovitch apporte lui un humour très premier degré, mais livré avec le talent qu’on lui connaît. Si tous les personnages avaient été comme lui, Red aurait été tout simplement insupportable et lourdingue, mais là, il apporte avant tout une touche de fraîcheur et de vrais éclats de rire.

redMais le vrai couple vedette de Red est bien sûr le duo Bruce Willis – Mary Louise Parker. Pour le premier, pas de surprise, il nous livre une prestation chargée de son charisme habituel et de son inimitable lever de sourcils pendant l’action. De toute façon, le film a clairement été taillé pour lui, il s’y sent donc particulièrement à l’aise. A ses côtés, les fans de Weeds seront heureux de retrouver une de leur héroïne préférée et ceux qui, comme moi, ont revu récemment Beignets de Tomates Vertes, se diront que la jeune fille est devenue une femme magnifique et charmante. Allez, soyons honnêtes, ce n’est pas la plus grande actrice de l’histoire du 7ème art non plus, mais ce film n’est pas non plus en lice pour l’Oscar.

Red reste donc un cocktail agréable d’humour et d’action. Un cocktail que j’ai bien failli ne pas goûter, tant la bande-annonce me faisait craindre le navet lourdingue. Il n’en est rien. On n’est pas ici face à un chef d’œuvre, mais face à un divertissement relativement réjouissant.

Fiche technique :
Production : Di Bonaventura Picturesa, Summit Entertainment, DC Entertainment
Distribution : SDN
Réalisation : Robert Schwentke
Scénario : Jon Hoeber, Erich Hoeber
Montage : Thom Noble
Photo : Florian Ballhaus
Format : 35mm
Décors : Alec Hammond
Musique : Christopher Beck
Effets spéciaux : James Madigan
Durée : 111 mn

Casting :
Bruce Willis : Franck Moses
Morgan Freeman : Joe Matheson
John Malkovich : Marvin Boggs
Helen Mirren : Victoria
Karl Urban : William Cooper
Mary-Louise Parker : Sarah
Brian Cox : Ivan simanov
richard Dreyfuss : Alexander Dunning
Ernest Borgnine : Henry

MANON : Noir, blanc, sublime

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manonafficheAdapter une œuvre littéraire au cinéma, mais en transposant l’histoire dans une toute autre époque que celle de l’œuvre originelle, constitue souvent un choix osé et sujet à polémique. Mais c’est aussi un moyen de montrer que les sentiments humains sont intemporels, en particulier l’amour. C’est ainsi que les Liaisons Dangereuses ont souvent été l’objet d’une telle transposition. Mais ce fut également le cas en 1949 de Manon Lescaut, porté au cinéma par Henri-Georges Clouzot sous le simple titre de Manon.

Un navire de marine marchande en pleine Méditerranée. A son bord, cachés dans la cale, des familles juives, réchappées du génocide, qui s’apprêtent à immigrer clandestinement en ce qui est encore appelé la Palestine. Mais aussi, un couple de passagers clandestins qui finissent par se faire prendre et sont emmenés dans la cabine du Capitaine. Là, l’homme est reconnu comme étant, Robert Desgrieux, un homme recherché pour meurtre. Il est alors décidé des les livrer à la police lors de leur escale à Alexandrie. Pour y échapper et convaincre le Capitaine de les débarquer avec les autres passagers, ils racontent leur histoire.

Le roman de l’Abbé Prévost avait été jugé scandaleux et condamné à être brûlé en 1733 et 1735. Il constitue une des œuvres les plus audacieuse de l’histoire de la littérature. Cette histoire d’amour « entre un fripon et une câtin » pour reprendre les mots de Montesquieu (oui, j’aime bien cité Montesquieu, comme ça, juste pour faire bien) ne correspondait pas vraiment aux canons de l’amour courtois alors en vigueur, en particulier sous la plume d’un ecclésiastique.

Deux siècles plus tard, de l’eau avait passé sous les ponts, mais il régnait encore un puritanisme très fort sur l’industrie cinématographique. Cela était certes moins vrai en France qu’à Hollywood, mais tout de même, on ne badinait pas impunément avec la morale. Mais ce n’était pas le genre de chose à arrêter Henri-Georges Clouzot, capable, en pleine occupation, de sortir un film, le Corbeau, dont le thème principal était la délation. Une vraie audace scénaristique, mais aussi visuelle puisque on peut voir dans Manon le sein nu de l’héroïne, chose quasi impensable pour l’époque.

manonCette audace, cette noirceur, ce réalisme des sentiments auront peut-être choqué à l’époque, mais n’auront pas freiné le succès de Manon, récompensé notamment par le Lion d’Or au Festival de Venise. Il faut dire qu’au-delà des thèmes abordés, Henri-Georges Clouzot nous livre là un chef d’œuvre d’un esthétisme que seul permet le noir et blanc. Ce dernier, au cinéma comme pour la photographie, permet de réaliser des portraits à nul autre pareil. L’expressivité des personnages est sublimée, donnant parfois quelque peu l’impression que les acteurs surjouent. Mais à l’époque, sans effets spéciaux, où les décors de grande ampleur étaient réservés aux super-productions hollywoodiennes, les comédiens formaient le pilier central sur lequel devait s’appuyer tous les flims. Et Henri-Georges Clouzot n’a eu guère d’équivalent pour les mettre en valeur.

Manon possède d’ailleurs un casting riche. Axé autour d’un sublime trio Cécile Aubry – Michel Auclair – Serge Reggiani (dont on oublie trop souvent qu’il fut avant tout un immense acteur), il nous permet de profiter pleinement de cette histoire d’amour dramatique et intemporelle. Les plus cinéphiles s’amuseront aussi à retrouver un Michel Bouquet d’à peine 25 ans et même à assister aux débuts à l’écran de Rosy Varte… Mais si rappelez-vous, l’actrice qui interprétait Maggy à la télévision !

Manon nous parle donc de tout ce que les hommes d’aujourd’hui, d’hier et de demain sont prêts à faire par amour. Et quand cette histoire est racontée par un réalisateur qui n’aura été surpassé peut-être que par Orson Welles dans sa maîtrise technique du noir et blanc, cela donne un immense classique intemporel du cinéma français.

Fiche technique :
Titre : Manon
Réalisation : Henri-Georges Clouzot
Scénario : Henri-Georges Clouzot et Jean Ferry, d’après le roman de l’Histoire du Chevalier des Grieux et de Manon Lescaut de l’Abbé Prévost
Musique : Paul Misraki
Photographie : Armand Thirard
Année : 1948
Genre : drame
Durée : 100 mn
 
Casting :
Cécile Aubry : Manon
Michel Auclair : Robert Desgrieux
Serge Reggiani : Léon Lescaut
Gabrielle Dorziat : Mme Agnès
Andrex : Le trafiquant
Raymond Souplex : M. Paul
André Valmy : Le lieutenant Besnard
Henri Vilbert : Le commandant du navire
Héléna Manson : La commère
Dora Doll : Juliette
Simone Valère : Isé, la soubrette
Gabrielle Fontan : La vendeuse à la toilette
Michel Bouquet : Le second
Robert Dalban : Le maître d’hôtel
Jean Hébey : L’hôtelière
Jean Témerson : Le portier du ‘Magic’ (sous le nom de Témerson)
Edmond Ardisson (sous le nom de Ardisson)
Don Angel : Soldat qui danse avec Manon
Wanda Ottoni
Rosy Varte
 

LA REVOLUTION ET NOUS, ET MOI

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cantonaNous sommes le 7 décembre 2010, il est 21h47 et aux dernières nouvelles, le système bancaire français ne s’est pas écroulé. L’appel d’Eric Cantona est un échec…

Au-delà de l’anecdote du buzz autour de la vidéo de l’ancien attaquant de Manchester United, cette affaire est particulièrement révélatrice de la relation ambiguë qu’entretient le peuple français avec l’idée de révolution. Voilà bien une idée qui nous parle et qui pour beaucoup nous séduit. Quoi de plus normal pour une nation qui a fondé une large part de son identité sur ce qu’on appelle la Révolution, avec un R majuscule. Elle est à l’origine de notre imaginaire politique et la décapitation de Louis XVI représenta l’expression la plus ultime du rapport amour-haine que nous entretenons avec nos dirigeants.

Mais si notre imaginaire est encore bercée de révolution, le passage à l’acte semble être devenu beaucoup plus difficile. Mais l’est-il vraiment ? Ou bien la légende n’a t’elle pas déformée l’image que nous avons de ces évènements ? Si on reparle souvent des évènements de mai 68, comme étant le dernier épisode révolutionnaire qu’ait connu notre société, on oublie souvent de mentionner la vague conservatrice qui a déferlé aux élections qui ont suivi.

De même 1789 est loin d’être ce que notre imaginaire national souhaiterait qu’il soit. On a retenu l’image d’une révolte du peuple contre l’oppression. Mais la Révolution Française fut avant tout la prise de pouvoir de la bourgeoisie. Cette dernière avait déjà largement conquis le pouvoir économique, il lui restait encore à conquérir le pouvoir politique. Ce fut chose faite… et rien n’a vraiment changé depuis, le peuple ayant au fond simplement changé de maître.

Avoir substitué un pouvoir acquis par le sang par un pouvoir procuré par l’argent présente un grand avantage pour celui qui le détient. En partageant un peu de son pouvoir, donc de son argent, il peut acheter la paix sociale. Bien sûr, il s’agit d’en donner le minimum, mais juste assez pour tuer dans l’œuf toute tentative de renverser l’ordre établi. De plus, si en 1789 la chute de la noblesse n’a nuit qu’à cette dernière, la chute du pouvoir économique entraînerait toute la société avec lui. La crise financière l’a montré, les premiers à trinquer en cas de secousse, ce sont les plus faibles. Ou du moins, ce sont les seuls qui peuvent tout perdre.

Si l’appel de Cantona avait été entendu à une large échelle, cela aurait surtout nuit à ceux qui l’aurait suivi. Pourtant, on ne peut s’empêcher de penser que ça aurait peut-être été un mal pour un bien. Cela pose une question fondamentale auquel est confronté toute personne ayant l’espoir de changer le monde et a fortiori à un militant de gauche comme moi. Peut-on vraiment changer les choses dans le système actuel ? La démocratie peut-elle encore dominer le pouvoir économique ? Bref, même si elle se mène au prix de bien de larmes et de souffrances, la révolution n’est-elle pas la seule issue ?

Bien sûr, aux deux premières questions, je répondrais oui et non à la dernière. Si ce n’était pas le cas, mon engagement ne serait pas le même. Mais le doute est évidemment là. Lâcher l’espoir en la démocratie pour un rêve révolutionnaire peut être signe de désespoir. Ceux qui n’ont rien à perdre dans la société actuelle n’ont aucune raison de ne pas la souhaiter. Mais ceux pour qui ne sont pas ce cas-là, il s’agit souvent d’une paresse intellectuelle, un refus d’assumer sa propre part de responsabilité, un moyen de se donner bonne conscience et d’oublier qu’on est, comme la plupart d’entre nous, dépendant, et donc quelque part acheté par le système économique.

Faire la révolution depuis son salon quand on a les revenus d’Eric Cantona (et une épouse qui a fait de la pub pour une banque…) est chose facile. Se présenter face aux électeurs, les convaincre, accepter leur verdict l’est beaucoup moins. Pourtant c’est ce qu’on appelle simplement la démocratie et on sait bien ce qu’ont donné les révolutions qui ont entraîné sa disparition.

DE HEROS A ZERO

finalecoupedavis2010

finalecoupedavis2010La France aura donc vécu un remake du cauchemar de 2002 en perdant une finale de Coupe Davis, alors qu’elle menait 2-1 après le double. Mais le scénario de cette après-midi ne ressemble en rien à la déconvenue de Bercy contre les Russes.

Michael Llodra aura passé un drôle de week-end. Samedi, il était un héros, après le point du double acquis au bout d’un match au scénario renversant. Un moment comme seul le tennis peut en proposer. Un vrai match de Coupe Davis où chacun des acteurs se bat avec acharnement sur chaque point, l’enjeu dépassant largement sa propre réussite personnelle. Cette « magie » propre à cette compétition a souvent profité à l’Equipe de France. Cette fois, elle a précipité sa défaite.

Aujourd’hui, Michael Llodra a connu ce que Paul-Henri Mathieu a vécu il y’a 8 ans. Cette impression d’avoir failli à son devoir et de ne pas avoir été à la hauteur du maillot que l’on porte. Mais dans une proportion sans commune mesure. Il n’y a pas eu de match, Michael Llordra s’est fait laminer par un joueur pourtant censé être inférieur. Certes, Viktro Troicki s’est porté à un niveau qu’il n’avait jamais encore atteint. Cependant, cela n’explique pas tout. Il suffit de regarder les statistiques au service pour voir que Michael Llodra a tout simplement livré une performance indigne d’une finale de Coupe Davis. Il a gravement failli et la belle victoire de la veille ne pourra effacer ce constat.

C’est d’autant plus difficile à supporter que la France possède un réservoir de joueurs de haut niveau comme il n’en a jamais connu auparavant. Si sa présence régulièrement en finale de Coupe Davis a souvent tenu du miracle, désormais, elle est nettement plus logique. Du coup, il serait tentant de jeter la pierre au capitaine, Guy Forget. Le choix de Michael Llodra pour le match décisif s’est révélé être une erreur fatale. Il a donc une lourde part de responsabilité dans la défaite.

Evidemment, il est facile de dire tout cela a posteriori. Espérons que l’histoire retiendra surtout la victoire largement méritée de la Serbie. Même s’il avait évolué à son meilleur niveau, rien ne prouve que Michael Llodra aurait pu battre un Viktor Troicki marchant sur l’eau. Ah par contre, si Jo-Wilfried Tsonga n’avait pas été blessé…

BURIED : Claustrophobes s’abstenir !

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buriedafficheParfois un réalisateur a une idée un peu folle. Une idée qui semble saugrenue et dont il est tentant de penser qu’elle ne se transformera jamais en film digne d’intérêt. Raconter une histoire en montant les scènes dans un ordre chronologique inverse ? Vous n’y pensez pas… Et pourtant, cela a donné Memento, le premier chef d’œuvre de Christopher Nolan. Tournez un film qui se passerait uniquement à l’intérieur d’un cercueil, uniquement éclairé au briquet ou à l’écran de portable ? Inimaginable… Pourtant Rodigro Cortes l’a osé et nous offre ce formidable Buried.

Paul Conroy est chauffeur de poids-lourd en Irak. Après que son convoi ait été attaqué, il reprend connaissance enfermé dans un cercueil, enterré sous une bonne couche de sable. Son seul lien avec le monde extérieur : un téléphone portable dont la batterie n’est pas éternelle.

Pour Buried, Rodigro Cortes a du faire face à deux défis. Le premier est relativement technique. Comment varier les plans dans un espace aussi exiguë ? Essayez de prendre en photo sous différents angles une pièce de dimension modeste et vous comprendrez très vite les difficultés rencontrées.

Mais le défi va ici encore plus loin. Il ne s’agit pas uniquement de nous montrer ce qui se passe, mais de nous faire partager les angoisses du personnage. Et à ce niveau, la réussite est au rendez-vous. Buried est un film à déconseiller à toute spectateur atteint de claustrophobie. Le film s’appuie énormément sur cette peur relativement primale. Rodigro Cortes n’est pas le premier à s’y essayer, mais il pousse le concept à l’extrême, tout en gardant une parfaite maîtrise. Il ne s’agit pas d’un film expérimental, mais simplement d’une idée audacieuse exploitée à son maximum. L’espace, la lumière et le son sont totalement appréhendés pour servir le propos du réalisateur.

buriedLe second défi consistait dans l’écriture d’un scénario qui nous offre assez de rebondissements pour maintenir l’intérêt du spectateur du bout en bout. C’était sans doute là la clé qui pouvait faire basculer Buried d’un côté ou de l’autre de la réussite. Sans être génial dans son contenu, le scénario déploie assez d’intelligence pour que le challenge soit parfaitement relevé. Son plus grand mérite réside dans sa capacité à faire monter la pression peu à peu jusqu’à un final de toute beauté. Cette histoire n’était sûrement pas facile à conclure et une fin ratée aurait pu tout gâcher. Heureusement, il n’en est rien, bien au contraire.

Rarement un film n’aura reposé autant sur un seul acteur. Dans le cercueil, il n’y a pas de place pour deux et Ryan Reynolds est le seul acteur apparaissant à l’écran. Il dialogue avec d’autres acteurs qui ont prêté leur voix aux personnages qu’il a bout du fil, mais à l’image, on ne voit que lui. Là aussi, il y’avait un vrai challenge et qui est encore une fois relevé avec une grande réussite. Ce n’est pas la plus grande performance d’acteur du siècle, mais vue la promiscuité entre le personnage et le spectateur, il valait mieux que l’interprétation soit porteuse d’un minimum de talent.

Buried fait donc partie de ces films qui marquent, parce que réellement uniques. Alors quand ils sont en plus très réussis à tout point de vue, cela donne une de perle cinématographique de l’année.

Fiche technique :
Production : Versus Entertainment, The Safran Company, Dark Trick Films, Studio 37
Distribution : Rezo films
Réalisation : Rodrigo Cortés
Scénario : Chris Sparling
Montage : Rodrigo Cortés
Photo : Eduard Grau
Musique : Victor Reyes
Effets spéciaux : Alex Villagrasa
Durée : 95 mn

Casting :
Ryan Reynolds : Paul Conroy

C’EST LEUR CHOIX

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russieqatarLe choix du pays organisateur d’une grande compétition sportive repose très souvent sur des critères aussi subjectifs que mystérieux. Enfin mystérieux, c’est une façon poli pour dire que des paramètres politiques et surtout financiers rentrent en jeu et font passer parfois au second plan les qualités « techniques » des dossiers de candidature. La France est très bien placée pour le savoir et garde toujours en travers de la gorge la défaite de Paris face à Londres pour l’organisation des JO de 2012.

La FIFA vit des heures difficiles avec de lourds soupçons de corruption pesant sur certains de ses membres. L’attribution de l’organisation des Coupe du Monde de 2018 et 2022 pouvait constituer l’occasion de montrer que la gouvernance du football mondial restait entre de bonnes mains sportives, et non purement financières. Pour le coup, c’est raté.

Le choix de la Russie peut éventuellement se justifier. Il s’agit quand même du plus grand pays du monde par sa superficie et il n’a encore jamais organisé cette compétition. Cependant, son dossier était loin d’être le meilleur, les infrastructures nécessaires étant pour beaucoup à ce jour inexistantes. Alors on peut arguer que, justement, l’organisation de la Coupe du Monde sera l’occasion pour ce pays de se doter de ces infrastructures qui serviront bien au-delà de la compétition. L’argument est recevable. Par contre, ce qui prête à sourire, c’est de savoir que le favori anglais a été discrédité par des accusations de corruption. Choisir à sa place un pays gangrené par ce même fléau n’est guère rassurant.

Par contre, le choix du Qatar est absolument injustifiable. Quelle est la légitimité de ce pays pour organiser une telle compétition ? Sportive ? Historique ? Démographique ? Sûrement pas. Le seul atout du Qatar, c’est son argent, l’argent du pétrole. Un argent qui servira à payer des stades climatisés. Quelle ironie que ce choix se soit fait en pleine conférence sur le climat à Cancun ! Le pire reste tout de même un des arguments mis en avant par les Qatari. En 2022, la FIFA en face d’elle les mêmes interlocuteurs… En gros, votez pour nous car ne nous sommes pas une démocratie. On croit rêver…

On a beaucoup tapé sur les joueurs de l’Equipe de France sous prétexte qu’elle vivait loin des réalités quotidiennes, les conduisant à agir avec un cynisme sans nom. Mais le choix de la Russie et du Qatar nous montre bien que c’est tout le football qui vit dans sa bulle. Une bulle gonflée à l’argent. Et on sait comment se finisse toujours ce genre de bulle… Par une crise sévère et violente.

 

 

STAY POSITIVE (The Hold Steady) : Rock fondamental

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staypositivetheholdsteadyParfois, cela fait du bien d’oublier les fioritures et de revenir aux fondamentaux. Un son pas forcément très original, pas forcément très élaboré, mais plein d’énergie. Bref, du rock, du vrai. Et bien pour cela, il suffit d’écouter The Hold Steady et leur album Stay Positive.

The Hold Steady est un groupe américain, originaire de New-York. Il est composé de quatre membres, avec devinez quoi ?! Et oui, un chanteur, un guitariste, un bassiste et un batteur, bingo ! Rien d’étonnant pour un groupe qui définit sa musique comme « riff-heavy mixture of classic rock ». Bon j’ai bien essayé de traduire, mais je n’ai pas trouvé de résultat satisfaisant. Enfin, de toute façon, je pense que c’est assez clair.

Stay Positive est le quatrième album de The Hold Steady, sorti en 2008. Mais par la nature-même de leur musique, cet album est largement intemporel. D’ailleurs, on est dans le bain dès la première chanson, Constructive Summer, Du rock que certains qualifieront de basique, mais qui reste très agréable à écouter par l’énergie qu’il véhicule. Tout le reste de l’album est dans cette droite lignée, entre rock très classique et pop énervée.

Alors évidemment The Hold Steady ne fait pas partie de ces groupes qui inventent la musique d’aujourd’hui et de demain. Mais l’interpréter avec autant de talent et de punch constitue déjà une preuve de grand talent. Stay Positive pourrait presque être un album de Bruce Springsteen. C’est sûrement à ce dernier artiste que ce groupe s’approche le plus à mon sens. Mais c’est là qu’on peut mesurer la différence entre un géant de la musique et un groupe qui se contente d’être bon. Mais bon, il y’en a tellement qui se contentent d’être mauvais.

En fait, Stay Positive est un album que l’on pourrait qualifier de « familial ». Si vous aimez les White Stripes, si votre père collectionne les disques du boss et si votre grand-père a grandi avec les airs de guitare de Chuck Berry, vous pouvez tous vous rassembler autour de la musique de The Hold Steady. Ca changera de Mon Beau Sapin ou Petit Papa Noël de Tino Rossi en ces périodes de fête.

En fait, le seul vrai reproche que l’on peut faire à l’encontre de Stay Positive est une certaine hétérogénéité. Sur les 11 titres de l’album, il y’en a trois ou quatre un peu plus en retrait, qui semblent moins aboutis que le reste. A l’inverse, aucun morceau ne se détache vraiment des autres et possèderait l’étoffe d’un tube. Mais bon, ne soyons pas trop sévère non plus, on parcourt cet album du début à la fin avec un plaisir non feint, car jamais The Hold Steady ne lâche au niveau de l’énergie qu’ils insufflent dans leur musique.

Stay Positive de The Hold Steady nous propose donc un rock énergique et transgénérationnel. Rien de génial certes, mais beaucoup d’énergie.

Avant de nous quitter, un petit tour des titres que l’on trouve sur cet album.

1.: Constructive Summer
Un morceau qui nous plonge directement dans le vif du sujet. C’est rock, c’est bon !

2.: Sequestered In Memphis
Entre rock et pop énervée, mais surtout vraiment bon.

3.: One For The Cutters
Le seul titre un tout petit peu original, avec l’utilisation surprenante d’une sorte de clavecin.

4.: Navy Sheets
Un morceau un peu brouillon, mais l’énergie demeure.

5.: Lord I’m Discouraged
Une ballade sympa, même elle manque un peu d’ampleur.

6.: Yeah Sapphire
Un titre pop très rock, plein de fraîcheur.

7.: Both Crosses
Un nouveau titre un peu brouillon.

8.: Stay Positive
Un morceau plus parlé que chanté, pas forcément d’un intérêt énorme.

9.: Magazines
Un titre très bon, très propre, très maîtrisé.

10.: Joke About Jamaica
Une chanson un peu décousue, pas mal mais sans plus.

11.: Slapped Actress
Un titre rock très classique mais excellent pour finir.

LA REGLE DE QUATRE (Ian Caldwell et Dustin Thomason) : Mystères à la bibliothèque

laregledequatre

laregledequatreLes livres sont des objets dont l’aura dépasse largement leur utilité première. Ils ont quelque chose de sacré. Dans de nombreuses histoires, un livre devient un objet de convoitise car le texte qu’il contient recèle des trésors cachés, quand ce n’est pas le sens de l’univers. C’est vrai dans la fiction, mais parfois même dans la réalité, quand on voit, par exemple, la fascination exercée par les Manuscrits de la Mer Morte. La Règle de Quatre, un polar plutôt réussi, se situe dans cette tradition.

A Princeton, deux étudiants, Tom et Paul, travaillent d’arrache-pied sur l’étude du Songe de Poliphile, ou Hypnerotomachia Poliphili de son petit nom latin. Une étude qui tourne vite à la fascination, tant ce livre semble receler de mystères. Des mystères auxquels d’autres avant eux se sont attaqués, notamment le père de Tom, que des rivalités entre professeurs aura entraîné vers la mort. Pardonnera-t-on à ses successeurs d’être si prêt du but ? 

La Règle de Quatre est un polar dont l’intrigue se situe à deux niveaux. D’une part, il y’a la quête des deux étudiants, cherchant à percer les mystères contenus par l’ Hypnerotomachia Poliphili, d’autre part, les évènements que leurs avancées semblent provoquer. On en découvre peu à peu le sens, qui a un lien avec le passé des personnages, en se demandant bien sûr qui est derrière tout cela. Double intrigue, double plaisir.

C’est surtout cette richesse qui donne tout son intérêt à La Règle de Quatre. Car les deux aspects sont traités avec un certain classicisme et sans être par ailleurs exceptionnel. Ce livre est vraiment un tout dont le charme vient de l’articulation entre différents éléments qui forment un puzzle un peu comparable à celui proposé par Hypnerotomachia Poliphili (toute proportion gardée). L’ambiance feutrée d’une grande université américaine, les mystères de la Renaissance italienne, tout cela participe à un certain dépaysement, que vient renforcer un certain ésotérisme.

Ian Cadwell et Dustin Thomason mêle une grande érudition historique (l’ Hypnerotomachia Poliphili existe réellement) avec un sens du mystère et une grande imagination. On se rapproche ainsi un peu du Da Vinci Code. Mais si on doit rapprocher La Règle de Quatre d’un livre plus connu, on s’approche beaucoup plus de la Neuvième Porte, porté à l’écran par Roman Polanski. Il se situe en retrait de ces deux œuvres à la renommé supérieur, mais reste encore une fois une œuvre très agréable à lire.

Bon, je ne sais pas vraiment comment on fait pour écrire à deux, mais en tout cas les deux auteurs nous livrent un style très agréable. A l’image du livre, ce n’est pas non plus exceptionnel, mais largement suffisant pour se laisser lire avec plaisir. La Règle de Quatre laisse une large place au dialogue et garde toujours une plume très vivante. On pourra peut-être reprocher un petit trou d’air après un début très prometteur. Mais heureusement, l’intrigue remonte en puissance rapidement et le dénouement est vif, clair, pas forcément hyper surprenant, mais sûrement pas décevant.

La Règle de Quatre pourra donc séduire tous les amateurs de polar un rien ésotérique. Ian Caldwell et Dustin Thomason ne sont peut-être pas Dan Brown, mais se défendent sur un marché du genre relativement pléthorique.

HOME BEFORE DARK (Neil Diamond) : 67 ans, mais toutes ses dents

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homebeforedarkneildiamondA une époque le mot country m’aurait fait dresser les cheveux sur la tête. Des cow-boys sur le retour, poussant des vocalises ridicules, pensant que le banjo et l’harmonica sont les instruments les plus intéressants de la création. Très peu pour moi ! Il y’a 10 ans, j’avais croisé un Canadien Anglophone qui m’avait parlé de son désespoir de voir son père fan de country, le style de musique le plus ringard qui soit… Et j’avais alors totalement partagé son désarrois. Désormais, les choses ont un peu changé.

Bien sûr, je n’aime toujours pas les cow-boys sur le retour poussant des vocalises ridicules. Mais j’avoue que dans ma discothèque commencent à fleurir quelques albums qui peuvent ranger dans ce genre musical. Une country qui tire souvent sur le rock, le blues ou le folk, mais de la country quand même. Et quoi de mieux alors que d’écouter la crème de la crème comme Neil Diamond par exemple.

Neil Diamond fait partie de ces géants de la musique que la renommée a quelque peu oublié. Enfin de ce côté de l’Atlantique, parce qu’il reste une icône de l’autre côté. En 2008, avec Home Before Dark, à 67 ans, il devient l’artiste le plus âgé à occuper la tête des ventes de disques aux USA. 67 ans, mais de beaux restes, après une carrière riche d’une trentaine d’albums entre 1966 et aujourd’hui. Il est l’auteur de tubes comme Sweet Caroline, Red, Red, Red Wine ou Girl, You’ll be a Woman Soon qui connurent la postérité interprétée par d’autres.

Home Before Dark est l’œuvre d’un artiste n’ayant plus rien à prouver et qui est sûr de son art. Sa voix magnifique ne porte en rien le poids des ans et contribue largement au charme exceptionnel de cet album. Après reste des mélodies, beaucoup de ballades, qui la mettent parfaitement en valeur, envoûtantes souvent, parfois superbes. Il n’y a vraiment rien à jeter, tous les titres sont de grandes qualités.

Alors bien sûr, Home Before Dark n’a rien de révolutionnaire. Neil Diamond n’a pas la créativité d’un Bob Dylan. Il nous livre des morceaux très classiques entre country, blues et folk. Nous sommes là au cœur d’une culture musicale typiquement américaine, mais qui sait nous enchanter quand elle est aussi merveilleusement interprétée. Pas de gros risque artistique donc, mais un art parfaitement maîtrisé. Ce n’est pas original, mais c’est beau !

Home Before Dark s’écoute avec un réel plaisir du début jusqu’à la fin. Même si, comme moi, vous n’êtes pas un fan inconditionnel du genre, cet album de dépareillera pas dans votre discothèque. Entre deux CD de Bob Dylan, un opus de Neil Diamond sera tout à fait à sa place. Bon, je n’ai pas encore écouté la trentaine d’autres qu’il a sorti, je ne sais donc pas si celui-là est LE CD de Neil Diamond qu’il faut absolument posséder. En tout cas, celui-là m’a beaucoup séduit et m’a effectivement donné envie d’en écouter d’autres.

En tout cas, Home Before Dark occupera une place de choix dans ma discothèque et constitue, à mon sens, un excellent moyen de découvrir cet artiste de légende.

1.: If I Don’t See You Again
Un accompagnement très simple, mais on est tout de suite saisi par la voix.

2.: Pretty Amazing Grace
Une ballade folk classique, mais énergique. Superbe !

3.: Don’t Go There
Un titre plus sombre, mais très classique. Au cœur de la culture musicale américaine.

4.: Another Day (That Time Forgot) – Diamond, Neil & Natalie Maines
Un très beau duo, où la voix claire de Natalie Maines contraste avec la voix grave de Neil Diamond.

5.: One More Bite Of The Apple
La voix de Neil Diamond est ici plus poussée, plus claire, mais garde sa puissance.

6.: Forgotten
Un morceau plus énergique, mais qui reste surtout toujours excellent.

7.: Act Like A Man
Une ballade plus douce, mais très belle.

8.: Whose Hands Are These
Un titre un peu répétitif, un peu en retrait, mais il reste tout de même la voix sublime.

9.: No Words
Un morceau énergique, presque guilleret.

10.: Power Of Two
Une ballade simple, excellente à l’image de l’album.

11.: Slow It Down
Une chanson plus parlée que chantée, un peu comme un chanteur en fin de soirée.

12.: Home Before Dark
Un titre un rien mélancolique, qui sonne comme un au revoir.