
Samuel est aide-soignant, sur le point de devenir papa et de passer le concours d’infirmier. Un jour, un truand blessé par balles est amené dans son service. Peu après, il s’interpose face à un homme visiblement venu pour achever le blessé. Il pense alors avoir simplement accompli un geste héroïque. Mais son geste va le plonger dans un cauchemar de plus en plus profond et mettra en danger la vie de sa femme et de son futur enfant.
Si A Bout Portant est relativement enthousiasmant, c’est que l’on ne s’attend vraiment pas à ça pour un film français. Le cinéma hexagonal n’est pas avare en très bon polar, mais ils prennent souvent la forme de film noir, doté d’une bonne dose de psychologie. Ils brillent rarement par leurs rebondissements incessants et leur rythme échevelé. C’est pourtant le cas de ce film parfaitement maîtrisé et particulièrement réussi.
Alors évidemment, on peut toujours rechigner en disant que si ce film avait été une production hollywoodienne, il aurait été jugé réussi certes, mais relativement classique. Objectivement, ces remarques sont fondées, mais on peut tout de même se réjouir d’en voir naître une bien de chez nous, avec un fond culturel qui nous parle réellement, même si ceux des films américains nous sont aussi, à force, parfaitement familiers.
Le parallèle avec Ne le Dis à Personne est difficilement évitable sur bien des points. Certes, le scénario de A Bout Portant est nettement plus basique. Mais certaines scènes d’action, dont notamment une poursuite à pied haletante, ressemblent presque à un clin d’œil. Et oui, en France, on ne donne peut-être pas dans le délire pyrotechnique ou la destruction massive de voitures, mais on sait tout de même réaliser des scènes d’action qui tiennent la route et ne sont pas loin, parfois, de littéralement nous scotcher au fauteuil.

La relative faiblesse des personnages entraîne du coup une interprétation qui ne reste parfois au ras du cliché. Gilles Lellouche, quelque peu à contre emploi, et Gérard Lanvin, dans un rôle par contre tout à fait classique pour lui, n’économisent guère leur énergie, mais ils ont bien du mal à donner de l’épaisseur à leurs personnages respectifs. Mais heureusement, Roschdy Zem est là. Il est certes aidé par un rôle nettement plus ambiguë et complexe que ses deux compères, mais il faut reconnaître qu’il est réellement en train de devenir un très très grand acteur au registre extrêmement large et il le prouve ici une nouvelle fois.
A Bout Portant a donc réussi là où la plupart des productions Besson se plantent. Certes, ce n’est pas du grand cinéma, il possède bien des imperfections, mais aussi énormément de qualités. Et des qualités rares par chez nous !
Fiche technique :
Production : LGM films, Gaumont
Distribution : Gaumont
Réalisation : Fred Cavayé
Scénario : Fred Cavayé, Guillaume Lemans
Montage : Benjamin Weill
Photo : Alain Duplantier
Son : Pierre Mertens, Alain Feat, Marc Doisne
Musique : Klaus Badelt
Durée : 85 mn
Casting :
Gilles Lellouche : Samuel
Roschdy Zem : Hugo Sartet
Gérard Lanvin : Commandant Werner
Elena Anaya : Nadia
Mireille Perrier : Commandant Fabre
Claire Perot : Capitaine Susini
Valérie Dashwood : Capitaine Moreau

Mais le vrai couple vedette de Red est bien sûr le duo Bruce Willis – Mary Louise Parker. Pour le premier, pas de surprise, il nous livre une prestation chargée de son charisme habituel et de son inimitable lever de sourcils pendant l’action. De toute façon, le film a clairement été taillé pour lui, il s’y sent donc particulièrement à l’aise. A ses côtés, les fans de Weeds seront heureux de retrouver une de leur héroïne préférée et ceux qui, comme moi, ont revu récemment Beignets de Tomates Vertes, se diront que la jeune fille est devenue une femme magnifique et charmante. Allez, soyons honnêtes, ce n’est pas la plus grande actrice de l’histoire du 7ème art non plus, mais ce film n’est pas non plus en lice pour l’Oscar. 
Cette audace, cette noirceur, ce réalisme des sentiments auront peut-être choqué à l’époque, mais n’auront pas freiné le succès de Manon, récompensé notamment par le Lion d’Or au Festival de Venise. Il faut dire qu’au-delà des thèmes abordés, Henri-Georges Clouzot nous livre là un chef d’œuvre d’un esthétisme que seul permet le noir et blanc. Ce dernier, au cinéma comme pour la photographie, permet de réaliser des portraits à nul autre pareil. L’expressivité des personnages est sublimée, donnant parfois quelque peu l’impression que les acteurs surjouent. Mais à l’époque, sans effets spéciaux, où les décors de grande ampleur étaient réservés aux super-productions hollywoodiennes, les comédiens formaient le pilier central sur lequel devait s’appuyer tous les flims. Et Henri-Georges Clouzot n’a eu guère d’équivalent pour les mettre en valeur.


Le second défi consistait dans l’écriture d’un scénario qui nous offre assez de rebondissements pour maintenir l’intérêt du spectateur du bout en bout. C’était sans doute là la clé qui pouvait faire basculer Buried d’un côté ou de l’autre de la réussite. Sans être génial dans son contenu, le scénario déploie assez d’intelligence pour que le challenge soit parfaitement relevé. Son plus grand mérite réside dans sa capacité à faire monter la pression peu à peu jusqu’à un final de toute beauté. Cette histoire n’était sûrement pas facile à conclure et une fin ratée aurait pu tout gâcher. Heureusement, il n’en est rien, bien au contraire.



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