
David Rousseau, écrivain en mal d’inspiration, est de passage à Mouthe, dans le Jura, pour la lecture du testament de sa tante, qui finalement ne lui lègue que son chien empaillé. En repartant, il croise les policiers qui viennent de retrouver le corps sans vie de Candice Lecoeur, idole de la télévision locale. Très vite, il va s’intéresser à ce fait divers, qui pourrait lui servir de sujet pour son prochain roman. Surtout que la thèse officielle du suicide ne le convainc pas.
Poupoupidou est donc un polar qui nous emmène dans la France profonde, très profonde. L’enquête est menée par un écrivain de roman policier de 8ème zone, un flic local qui rêve des techniques du FBI, une miss météo, célèbre pour avoir fait de la pub pour un fromage, une coiffeuse, une réceptionniste d’hôtel un rien gothique… Bref, pas de grands caïds ou de flics virils, mais du Français moyen, très moyen ! C’est en ça que l’on peut faire facilement le parallèle avec Fargo des frères Coen qui se situe tout à fait dans le même esprit. Jamais le film ne se moque de ses protagonistes, ou alors avec une infinie tendresse. On pourrait simplement considérer que ce film est l’adaptation du vers de Brasses : Au village aussi l’on a, de beaux assassinats.
Alors certes, Gérald Hustache-Mathieu n’a pas tout à fait le talent des deux frères les plus célèbres du cinéma américain. Mais il se défend et n’a pas à rougir de ce film, réussi et particulièrement original. On s’amuse vraiment de le voir prendre à contre-pied tous les poncifs du genre. On retrouve dans l’intrigue tous les éléments d’un film policier, avec son enquête, ses indices, ses pistes, vraies ou fausses, ses rebondissements… Mais le tout se situe dans un décor plutôt inhabituel et surtout avec des personnages que l’on a pas l’habitude de voir dans ce genre de production. Poupoupidou n’est donc pas vraiment une parodie, simplement un film au ton quelque peu décalé, pour un résultat plutôt rafraîchissant… Vous me direz, c’est normal quand on tourne un film dans le village le plus froid de France.

Poupoupidou constitue une nouvelle preuve du talent de plus en plus multiforme de l’ancien Robin des Bois, Jean-Paul Rouve. Bien sûr, son talent comique est largement mis à contribution dans ce personnage d’écrivain à la fois lunaire et déterminé. Mais il le met en œuvre avec une finesse et une retenue infinies, et surtout énormément de talent. A ses côtés, Sophie Quinton nous livre une interprétation touchante d’un personnage tout en séduction et en fragilité. On avait un peu perdu de vue cette actrice depuis sa nomination pour le César du Meilleur Espoir Féminin en 2004 pour Qui a tué Bambi ? Espérons que ce film lance définitivement sa carrière, elle le mérite.
Poupoupidou confirme donc pleinement la bonne forme du cinéma français avec un film qui ravira tous les amateurs de films sortant des sentiers battus.
Fiche technique :
Réalisateur : Gérald Hustache-Mathieu
Scénario, Adaptation et Dialogues : Gérald Hustache-Mathieu, Juliette Sales
Assistants réalisateurs : Léonard Vindry, Virginie Audouard
Scripte : Sandrine Bourgoin
Chef décoratrice : Marie-Hélène Sulmoni
Mixage : Marc Doisne
Monteuse : Valérie Deseine
Casting :
Jean-Paul Rouve : David Rousseau
Sophie Quinton : Candice
Guillaume Gouix : Gendarme Bruno Leloup
Olivier Rabourdin : Maréchal des logis-Chef, Colbert, Commandant de brigade.
Joséphine de Meaux : Cathy
Arsinee Khanjian : Juliette Geminy
Clara Ponsot : La réceptionniste
Eric Ruf : Simon Denner
Jenny Bellay : Mme Humbert


Le travail de narration et de montage est lui aussi remarquable. En effet, ce genre de récits en parallèle peut parfois sombrer dans la confusion, surtout, comme c’est le cas ici, quand l’un des deux est un flash-back. De plus, les deux actrices jouant la mère et la fille se ressemblent quelque peu (ce qui n’est pas illogique non plus). Mais jamais on n’éprouve de difficulté à resituer ce que l’on voit à l’écran dans son contexte. On aurait envie de dire que c’est la moindre des choses, mais comme ce n’est pas toujours le cas, il était bon de le souligner. 
Si j’ai eu l’air de dire du mal de Stephen Dorff plus haut dans cette critique, je m’en excuse auprès de lui, car ce n’était pas mon intention. Simplement, n’est pas Bill Murray qui veut. Il tient là son premier grand rôle au cinéma (à la télévision, on a pu le voir en tête d’affiche de la série XIII) et s’en sort remarquablement dans un rôle pas facile du tout. A ces côtés, la très jeune Elle Fanning, qu’on avait déjà pu voir dans Babel ou l’Etrange Histoire de Benjamin Button nous livre une prestation très prometteuse, même s’il faut toujours être prudent avec les acteurs de cet âge.


Pour Elle repose en large partie sur les épaules de Vincent Lindon. Sans un grand acteur, le film aurait pu vite sombrer dans le n’importe quoi. Le scénario ne pouvait fonctionner si le spectateur n’arrivait pas à croire que le personnage de Julien soit vraiment capable d’arriver à une telle extrémité. Vincent Lindon apporte donc une vraie crédibilité à la hauteur de son talent, ce qui n’est pas peu dire. A ses côté, Diane Kruger se contente d’être belle dans un rôle qui ne lui donne pas vraiment l’occasion de briller. 

Et si on s’attache autant au couple formé par les deux personnages, c’est aussi grâce au charme dévastateur de Virginie Efira. Elle avait déjà sauvé à elle toute seule L’Amour, c’est Mieux à Deux, de Dominique Farrugia, elle crève ici à nouveau l’écran. Certes, ce n’est pas l’actrice du siècle, mais elle dégage quelque chose de très fort et qui surtout colle tout à fait à ce genre de personnage. Elle n’est pas sexy et provocante, mais juste adorable, jolie et respire la sympathie et la joie de vivre. Bref, une fille qu’on a envie de serrer très fort dans ses bras pour ne plus la lâcher. Je ne sais pas si la carrière de Virginie Efira brillera de mille feux en dehors de ce registre, mais dans La Chance de ma Vie, elle est tout simplement parfaite. 
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