POUPOUPIDOU : Le James Ellroy de Mouthe

poupoupidouaffiche

poupoupidouafficheLe cinéma français commence l’année 2011 aussi bien qu’il avait terminé l’année 2010. Après la comédie romantique sympathique, La Chance de ma Vie, voici un polar original et surtout très réussi, Poupoupidou. Un film qui a quelque chose des frères Coen. Une comparaison flatteuse mais pas imméritée.

David Rousseau, écrivain en mal d’inspiration, est de passage à Mouthe, dans le Jura, pour la lecture du testament de sa tante, qui finalement ne lui lègue que son chien empaillé. En repartant, il croise les policiers qui viennent de retrouver le corps sans vie de Candice Lecoeur, idole de la télévision locale. Très vite, il va s’intéresser à ce fait divers, qui pourrait lui servir de sujet pour son prochain roman. Surtout que la thèse officielle du suicide ne le convainc pas.

Poupoupidou est donc un polar qui nous emmène dans la France profonde, très profonde. L’enquête est menée par un écrivain de roman policier de 8ème zone, un flic local qui rêve des techniques du FBI, une miss météo, célèbre pour avoir fait de la pub pour un fromage, une coiffeuse, une réceptionniste d’hôtel un rien gothique… Bref, pas de grands caïds ou de flics virils, mais du Français moyen, très moyen ! C’est en ça que l’on peut faire facilement le parallèle avec Fargo des frères Coen qui se situe tout à fait dans le même esprit. Jamais le film ne se moque de ses protagonistes, ou alors avec une infinie tendresse. On pourrait simplement considérer que ce film est l’adaptation du vers de Brasses : Au village aussi l’on a, de beaux assassinats.

Alors certes, Gérald Hustache-Mathieu n’a pas tout à fait le talent des deux frères les plus célèbres du cinéma américain. Mais il se défend et n’a pas à rougir de ce film, réussi et particulièrement original. On s’amuse vraiment de le voir prendre à contre-pied tous les poncifs du genre. On retrouve dans l’intrigue tous les éléments d’un film policier, avec son enquête, ses indices, ses pistes, vraies ou fausses, ses rebondissements… Mais le tout se situe dans un décor plutôt inhabituel et surtout avec des personnages que l’on a pas l’habitude de voir dans ce genre de production. Poupoupidou n’est donc pas vraiment une parodie, simplement un film au ton quelque peu décalé, pour un résultat plutôt rafraîchissant… Vous me direz, c’est normal quand on tourne un film dans le village le plus froid de France.

poupoupidouDe plus, la caméra de Gérald Hustache-Mathieu est particulièrement élégante. Il met parfaitement en valeur les décors enneigés dans lesquels évoluent ses personnages. Il possède également un vrai talent pour nous faire partager les sentiments et la sensibilité de ces derniers avec une vraie finesse. Un vrai travail de réalisation et de photographie donc, pas forcément spectaculaire, mais signe d’un vrai souci de faire de Poupoupidou un film aussi bon sur la forme que sur le fond.

Poupoupidou constitue une nouvelle preuve du talent de plus en plus multiforme de l’ancien Robin des Bois, Jean-Paul Rouve. Bien sûr, son talent comique est largement mis à contribution dans ce personnage d’écrivain à la fois lunaire et déterminé. Mais il le met en œuvre avec une finesse et une retenue infinies, et surtout énormément de talent. A ses côtés, Sophie Quinton nous livre une interprétation touchante d’un personnage tout en séduction et en fragilité. On avait un peu perdu de vue cette actrice depuis sa nomination pour le César du Meilleur Espoir Féminin en 2004 pour Qui a tué Bambi ? Espérons que ce film lance définitivement sa carrière, elle le mérite.

Poupoupidou confirme donc pleinement la bonne forme du cinéma français avec un film qui ravira tous les amateurs de films sortant des sentiers battus.

Fiche technique :
Réalisateur : Gérald Hustache-Mathieu
Scénario, Adaptation et Dialogues : Gérald Hustache-Mathieu, Juliette Sales
Assistants réalisateurs : Léonard Vindry, Virginie Audouard
Scripte : Sandrine Bourgoin
Chef décoratrice : Marie-Hélène Sulmoni
Mixage : Marc Doisne
Monteuse : Valérie Deseine

Casting :
Jean-Paul Rouve : David Rousseau
Sophie Quinton : Candice
Guillaume Gouix : Gendarme Bruno Leloup
Olivier Rabourdin : Maréchal des logis-Chef, Colbert, Commandant de brigade.
Joséphine de Meaux : Cathy
Arsinee Khanjian : Juliette Geminy
Clara Ponsot : La réceptionniste
Eric Ruf : Simon Denner
Jenny Bellay : Mme Humbert

L’ETOILE DE PANDORE, TOME 1 (Peter F.Hamiton) : Une étoile qui brille très fort

letoiledepandore1

letoiledepandore1Partir dans l’espace et découvrir d’autres mondes, voilà une idée qui fait rêver les hommes depuis longtemps. Elle a largement été source d’inspiration littéraire, depuis Cyrano de Bergerac jusqu’à aujourd’hui, où l’offre dans le domaine de la science-fiction est pléthorique. Il est donc désormais dur de se démarquer de la concurrence. Mais Peter F. Hamilton et son L’Etoile de Pandore y est parfaitement parvenu.

L’humanité a désormais colonisé plus de 600 planètes, qu’elle a rapidement peuplées, formant ainsi un Commonwealth galactique. Elle est également entrée en contact avec des peuples extra-terrestres, parfois étranges, mais jamais belliqueux. Un jour, un obscur astronome observe la disparition simultanée de deux étoiles. Un phénomène bien trop brutal et synchrone pour être d’origine naturelle. Les autorités sont alors tentés d’envoyer une mission d’observation. Mais quelle puissance technologique a pu réaliser une telle prouesse ? Et surtout, est-on assuré des bonnes intentions des auteurs de ce prodige ?

L’Etoile de Pandore présente un équilibre assez peu commun pour ce genre d’ouvrage. On y retrouve bien entendu le plaisir de la découverte de mondes et de peuples inconnus, où l’imagination de l’auteur peut vagabonder sans retenu et surtout sans limite. Voici quelque chose qui séduit tous les amateurs de science-fiction ou de fantasy. Mais ici, Peter F. Hamilton ne s’attarde pas sur ces aspects. Ils sont bien présents, mais ne forment que le décor de quelque chose de bien plus complexe, et je serais presque tenté de dire intéressant.

En effet, l’Etoile de Pandore, c’est avant tout une intrigue particulièrement riche, avec une multitude de personnages et de parcours croisés. Peter F. Hamilton prend le temps de nous les présenter, ce qui aide le lecteur à bien les situer par la suite. Mais il est quand même fortement déconseillé de d’interrompre pendant six mois la lecture de ce livre, vous risqueriez d’avoir un peu de mal à vous y replonger. Il faut dire que ce livre, déjà relativement épais, n’est que le premier tome d’une série de quatre. Il y a donc de la matière à brasser et cela demande un petit temps d’assimilation.

Mais l’effort vaut largement le coup d’être fourni car cette relative complexité ne nuit en rien à l’intérêt du roman, bien au contraire. C’est plutôt le contre-coup de sa grande richesse, qui nous fait voyager d’un coin à l’autre de l’univers, sans que le récit ne soit ralenti par de trop longues descriptions, auprès de personnages très différents. Encore une fois, c’est vraiment l’intrigue, les protagonistes, leurs relations qui intéressent en premier lieu Peter F. Hamilton. Cela n’enlève rien à la qualité et l’intérêt du décor.

Toutes ces qualités demandent évidemment une écriture claire et percutante. Ce n’est pas forcément de la grande littérature, mais un style mature et efficace, qui laisse une bonne part aux dialogues. Il s’agit là vraiment d’une œuvre adulte, pas d’un roman pour grands enfants en mal de vaisseaux spatiaux.

Je voudrais également saluer la grande qualité du prologue. Commencer par un court récit qui à première vue n’a pas de rapport avec l’intrigue principale est un procédé hyper classique. Celui-là se termine par un rebondissement qui vous permet de comprendre très vite que vous n’avez pas une œuvre de seconde zone entre les mains. Evidemment, ce ne sont que quelques pages à l’orée d’une saga qui s’étirera sur quatre tomes, mais cela vous met tout de suite dans l’ambiance et surtout vous donne une folle envie de lire la suite.

Et tant mieux, car cette envie ne diminue jamais au fil de pages. Et encore moins quand, comme moi, vous venez de terminer le premier tome et vous apprêtez à vous rendre dans la première librairie pour acquérir les trois suivants. 

INCENDIES : En quête d’un passé douloureux

incendiesaffiche

incendiesafficheLes films québécois ne sont pas très souvent distribués en France, mais lorsque c’est le cas, c’est généralement pour nous faire découvrir des œuvres singulières, mais surtout de très grande qualité. C’est à nouveau le cas avec Incendies, un film qui nous plonge au cœur de la guerre du Liban, au travers de la quête de deux jeunes gens pour redécouvrir le passé de leur mère. Un film dur parfois, mais jamais voyeur.

Jeanne et Simon Marwan écoute le notaire de leur famille lire le testament de leur mère, qui vient juste de décéder. Elle leur demande de partir à la recherche de leur père, qu’ils pensaient morts et de leur frère dont ils ignoraient l’existence. Si le jeune homme ne veut pas en entendre parler, sa sœur part au Liban se jeter corps et âmes dans ce voyage dans le passé de sa mère.

Incendies nous raconte deux histoires en parallèle. Celle de Jeanne et Simon d’un côté et de leurs recherches. De l’autre, celle de leur mère, qui commence bien avant leur naissance. Les deux lignes finiront naturellement par se rejoindre quand les jeunes gens découvriront enfin toute la vérité sur le passé de leur génitrice. Avant ça, Denis Villeneuve nous livre le portrait d’un pays déchiré, qui garde encore bien des stigmates des horreurs qui y ont vu le jour et le récit de la vie d’une femme qui, pour survivre, a du les affronter, les subir, voire y prendre part.

La force d’Incendies est de nous montrer sans lourdeur, au fil d’un récit remarquablement construit, la logique implacable de la haine, des représailles sans fin et de la violence. Une logique qui balaye tout sur son passage et finit toujours par rattraper ceux qui souhaiteraient y réchapper. Une logique où aucune neutralité n’est possible et où il faut forcément devenir l’ennemi de quelqu’un. Le conflit au Liban fait partie des évènements avec laquelle ma génération a grandi, sans jamais bien comprendre exactement ce qui s’y passait. Ce film est éclairant, même s’il n’a pas du tout vocation à être un documentaire sur le sujet. Mais à travers le parcours d’une individu, on comprend mieux comment tout un peuple a pu se déchirer ainsi.

Aucun manichéisme dans le propos. Aucune volonté de donner dans le spectaculaire gratuit non plus. Certaines scènes sont très dures, mais jamais la caméra de Denis Villeneuve ne cherche à en rajouter. Il nous montre juste ce qu’il faut pour que l’on prenne bien conscience de l’ampleur des évènements, mais sans s’y attarder inutilement. On regrettera simplement que le dénouement sombre dans une dramatique un peu superflue. C’est le seul moment où le film sombre un peu dans le « too much », mais rien qui vienne réellement gâcher la force du message.

incendiesLe travail de narration et de montage est lui aussi remarquable. En effet, ce genre de récits en parallèle peut parfois sombrer dans la confusion, surtout, comme c’est le cas ici, quand l’un des deux est un flash-back. De plus, les deux actrices jouant la mère et la fille se ressemblent quelque peu (ce qui n’est pas illogique non plus). Mais jamais on n’éprouve de difficulté à resituer ce que l’on voit à l’écran dans son contexte. On aurait envie de dire que c’est la moindre des choses, mais comme ce n’est pas toujours le cas, il était bon de le souligner.

Incendies est aussi l’occasion de découvrir deux très bonnes actrices : Lubna Azabal et Mélissa Désormeaux-Poulin. Leur performance se démarque par leur grande sobriété, même dans les passages les plus durs. Jamais elles n’ajoutent un pathos lourdingue superflu. En ça, elles contribuent largement à la qualité du film dans ce domaine. Un film qui n’en fait pas trop, mais qui atteint parfaitement son but.

Incendies constitue donc une des premières bonnes surprises de ce début d’année cinématographique. Un film fort et réussi, à défaut d’être génial, sur un sujet difficile mais traité ici avec beaucoup d’intelligence.

Fiche technique :
Production : Micro_Scope, TS productions, Phi group
Distribution : Happiness Distribution
Réalisation : Denis Villeneuve
Scénario : Denis Villeneuve, Valérie Beaugrand-Champagne, d’après la pièce de Wajdi Mouawad
Montage : Monique Dartonne
Photo : André Turpin
Son : Jean Umansky
Musique : Grégoire Hetzel
Costumes : Sophie Lefebvre
Directeur artistique : André-Line Beauparlant
Durée : 130 mn

Casting :
Lubna Azabal : Nawal Marwan
Mélissa Désormeaux-Poulin : Jeanne Marwan
Maxim Gaudette : Simon Marwan
Rémy Girard : le notaire Jean Lebel
Abdelghafour Elaaziz : Abou Tarek
Mohamed Majd : Chamseddine
Allen Altman : le Notaire Maddad

SOMEWHERE : Lost in Hollywood

somewhereaffiche

somewhereafficheLes films de Sofia Coppola m’ont toujours laissé circonspect. Je ne sais jamais très bien si je les adore ou si je les trouve creux. Des films ennuyeux devant lesquels on ne s’ennuie pas. Des films sublimes aux images ordinaires. Il y a quelque chose d’inexplicable, d’indéfinissable dans son œuvre. Si je lui accorde volontiers le mérite de ne pas laisser indifférent, mais je n’arrive jamais à être tout à fait convaincu. Somewhere, son nouveau film, n’a pas échappé à la règle.

Johnny est une star d’Hollywood. Il vit dans le luxe et n’a qu’à lever le petit doigt pour séduire les superbes créatures qui l’entoure. Mais dans cette vie où tout est trop facile, il s’ennuie profondément. Seuls vrais moments de bonheur, ceux passés avec sa fille de 11 ans.

Il est fort possible que ce synopsis vous fasse étrangement penser à celui de Lost In Translation, de la même réalisatrice. Il est vrai que Somewhere et lui ont énormément de points communs. On pourrait même facilement reprocher à Sofia Coppola de nous avoir fait exactement le même film. Cela n’aurait rien d’injuste, tant les thèmes développés sont les mêmes. A part la différence d’âge, le personnage interprété par Stephen Dorff est presque exactement le même que celui qui l’était pas Bill Murray…

Mais voilà, Stephen Dorff n’est pas Bill Murray. Somewhere n’a pas non plus sa Scarlett Johansson. Le passage se passant à Milan rappelle un peu le Japon de Lost In Translation en beaucoup moins dépaysant. Bref, Sofia Coppola nous ressert la même recette, avec des ingrédients de qualité moindre…

… et pourtant, Somewhere ne m’a pas fait flirter avec l’ennui, comme l’avait fait Lost In Translation. Certes, la trame narrative est tout aussi légère, pour ne pas dire inexistante. On est là face à un instantané d’une vie sans vrai début, ni fin. Le dernier plan nous offre certes une chute, mais pas vraiment de dénouement. Il n’y pas non plus de message. Ce film ne dénonce rien, ce n’est pas un brûlot contre la vacuité d’Hollywood ou la superficialité de la célébrité. Du coup, on retrouve cette impression de creux que donne souvent les films de Sofia Coppola.

Le problème, c’est que malgré tout ça, on reste fasciné par ce que l’on voit. C’est là que repose le vraie génie de Sofia Coppola. Pourquoi c’est beau ? Pourquoi c’est incroyablement séduisant ? Je l’ignore et ai du coup bien du mal à expliquer ce qui fait de Somewhere un film au style unique et parfois déstabilisant. On retiendra notamment une scène très courte, une conférence de presse, presque anodine, sans élément spectaculaire, mais qui exprime avec une force et une finesse incroyables le sentiment de vide qui habite Johnny. Un pur moment de génie cinématographique. Et c’est bien connu, le génie, ça ne s’explique pas.

somewhereSi j’ai eu l’air de dire du mal de Stephen Dorff plus haut dans cette critique, je m’en excuse auprès de lui, car ce n’était pas mon intention. Simplement, n’est pas Bill Murray qui veut. Il tient là son premier grand rôle au cinéma (à la télévision, on a pu le voir en tête d’affiche de la série XIII) et s’en sort remarquablement dans un rôle pas facile du tout. A ces côtés, la très jeune Elle Fanning, qu’on avait déjà pu voir dans Babel ou l’Etrange Histoire de Benjamin Button nous livre une prestation très prometteuse, même s’il faut toujours être prudent avec les acteurs de cet âge.

Somewhere a divisé la critique et divisera très certainement le public. C’est typiquement le genre de film dont les cinéphiles peuvent débattre encore et encore. D’autant plus, que c’est un film capable de diviser la propre opinion d’un même spectateur. Moi le premier…

Fiche technique :
Production : American Zoetrope, Focus Features
Distribution : Pathé
Réalisation : Sofia Coppola
Scénario : Sofia Coppola
Montage : Sarah Flack
Photo : Harris Savides
Décors : Anne Ross
Musique : Phoenix
Durée : 98 mn

Casting :
Stephen Dorff : Johnny Marco
Elle Fanning : Cléo
Chris Pontius : Sammy
Benicio Del Toro : une célébrité
Karissa Shannon : Cindy
Kristina Shannon : Bambi
Philip Pavel : Phil 

LE CRIME DE PARAGON WALK (Anne Perry) : Série relancée !

lecrimedeparagonwalk

lecrimedeparagonwalkCharlotte et Thomas Pitt sont les héros récurrents d’une série de romans policiers, qui nous plongent dans la haute société anglaise de la fin du 19ème siècle. J’avais beaucoup apprécié L’Etrangleur de Cater Street, qui ouvrait la série et nous présentait les personnages. Par contre, sa suite, Le Mystère de Callender Square m’avait profondément déçu. Je me suis donc attaqué à le Crime de Paragon Walk afin de savoir si cette série valait le coup d’être poursuivie.

A Paragon Walk, un des quartiers les plus huppés des faubourgs de Londres, un crime sordide est commis. Un meurtre accompagné d’un viol. Toute cette petite société, pleine d’hypocrisie et de conventions sociales, est en émoi, surtout lorsqu’il devient de plus en plus évident que le coupable est un des leurs. Parmi eux, Emily, la sœur de Charlotte. Ces deux dernières ne pourront s’empêcher de mettre le nez et leur curiosité un peu partout, histoire de seconder Thomas, chargé de l’enquête par Scotland Yard.

Le verdict est mitigé, mais plutôt favorable. Si le Crime de Paragon Walk n’est pas un chef d’œuvre de la littérature policière, on y retrouve une grande partie du charme de L’Etrangleur de Cater Street. Et contrairement à le Mystère de Callender Square, le récit est porté par une intrigue qui, sans être particulièrement originale ou géniale, arrive à capter l’intérêt du lecteur. Cette fois, on a réellement envie de connaître le pourquoi du comment. Et c’est quand même relativement indispensable pour un polar, aussi historique soit-il.

Le charme de cette série repose sur deux éléments principaux. Tout d’abord, ses deux héros. Deux originaux dans cette société si conventionnelle, qui apparaissent souvent comme des éléphants dans un magasin de porcelaine. Anne Perry joue pleinement sur ce contraste pour nous les rendre particulièrement sympathiques. Cette fois, ils sont largement épaulés par Emily, la sœur de Charlotte, qui figurait précédemment comme simple personnage secondaire. On apprend à mieux la connaître et cela apporte un peu de fraîcheur à la série. C’est le problème avec les personnages récurrents, on perd vite le plaisir de les découvrir une fois qu’on les connaît trop bien.

La plongée dans la haute société anglaise des années 1880 constitue également un des fils rouges des romans d’Anne Perry. Elle porte sur elle un regard acide, jamais complaisant, n’hésitant pas nous faire partager toute leur intolérance et leur vacuité. Elle dénonce avec force le sentiment de grandeur qui habite ces personnages souvent pédants et dont la valeur humaine flirte avec le pet de lapin. Dans le Crime de Paragon Walk, Anne Perry en remet une bonne couche en nous décrivant plusieurs protagonistes particulièrement antipathiques. On flirte parfois avec le caricatural, mais le tableau de cette société dressé ici reste tout de même un point fort de ce roman.

La plume d’Anne Perry est particulièrement légère. On dévore ce livre sans effort et sans risquer la migraine. Ce n’est vraiment pas de la grande littérature, mais sans jamais tomber dans la médiocrité. Il n’y aucune prétention dans son écriture, qui se contente d’être un parfait support à un divertissement littéraire, certes pas inoubliable, mais qui se laisse lire avec un certain plaisir.

Après le Crime de Paragon Walk, je m’attaquerai donc très certainement au roman suivant de cette série, Ressurection Row. Des romans que je conseillerais à tous les amateurs de polars historiques légers. 

OH (OHIO) (Lambchop) : Intimiste mais pas convivial

ohohiolambchop

ohohiolambchopAprès m’être rajeuni les tympans avec du Metallica, je pense que je ne pouvais guère faire plus diamétralement opposé en découvrant le groupe Lambchop et leur album Oh (Ohio). De la musique folk-country douce, très douce, épuré, très épuré… Un peu trop même parfois.

Originaire de Nashville, Tennessee, ville ô combien symbolique de la culture musicale américaine, ce groupe s’apparente plus à un collectif, tant les musiciens qui y participèrent furent nombreux au cours de leur 25 années d’expérience. Cependant, Lambchop possède une figure centrale, nommée Kurt Wagner… Que les amateurs de Comics se rassure, il n’a rien en commun avec le membre des X-Men. Son truc à lui, c’est plus le chant.

Sa voix est d’ailleurs de loin l’élément le plus marquant de la musique de Lambchop. Une voix qui reste toujours très en-dedans et qui est souvent plus proche du murmure que d’un concert de Lara Fabian… Bon pour le coup, on ne s’en plaindra pas, mais il est vrai que c’est parfois un peu déstabilisant. Cela crée une certaine intimité, mais pas vraiment de complicité. On a parfois l’impression que Kurt Wagner chante dans son coin, sans vouloir nous faire partager sa musique.

Et c’est bien dommage car ce qu’on entend est plutôt agréable aux oreilles. Les mélodies font parfois penser à du Cat Stevens… mais sans la voix de ce dernier, bien au contraire. A la fois, cette caractéristique donne sa personnalité à la musique de Lambchop. On est heureux d’écouter quelque chose qui sort un peu de l’ordinaire. Mais voilà, peut-être que je suis un peu trop conformiste en la matière, les meilleurs morceaux, National Talk Like a Pirate Day et Close Up, sont ceux à la sonorité la plus classique. Elles ne perdent rien de leur beauté et gagnent énormément en « convivialité ».

Cependant, Oh (Ohio) m’a quand même globalement plu. Simplement, il est un peu frustrant dans le sens où on a fortement l’impression qu’il aurait fallu peu de chose pour qu’il soit vraiment magnifique, même s’il aurait perdu une large part de son originalité. Mais bon, avec des si, on prêterait du talent à Justin Bieber, alors arrêtons un peu de vouloir changer ce qu’il ne le sera jamais. Ce sont les choix artistiques de Lambchop et Kurt Wagner, respectons-les.

La version de Oh (Ohio) que j’ai en ma possession comporte deux CD. Le second ne compte que cinq titres, pour la plupart de nouvelles versions de morceaux présents sur le disque principal. Il y en a de deux types, celles où la version est encore plus douce et elle est à mon sens moins bonne… Et celle où Lambchop y met un tout petit peu plus d’énergie et c’est tout de suite meilleur.

Oh (Ohio) est donc un album folk très intimiste, mais qui aurait peut-être gagné à être plus convivial… En tout cas, je suis super fier de ma conclusion !

Pour finir, faisons le tour des morceaux que l’on trouve sur ce double album.

Disque 1

1.: Ohio
Chanson très intimiste, presque murmurée.

2.: Slipped Dissolved And Loosed
Une chanson douce, avec un rien de Cat Stevens dans la mélodie.

3.: I’m Thinking Of A Number (Between 1 and 2)
Un morceau plus sombre, plus mélancolique.

4.: National Talk Like A Pirate Day
Un titre plus dynamique, la voix se fait plus claire. Un peu d’énergie, ça fait du bien !

5.: Hold Of You
Un morceau aux allures de slow très épuré.

6.: Sharing A Gibson With Martin Luther King Jr
Une chanson plus rythmées, quelques accords rock se faisant entendre.

7.: Of Raymond
Une ballade douce et épurée.

8.: Please Rise
Une chanson triste et un peu lancinante.

9.: Popeye
Un morceau très épuré, très lent.

10.: Close Up
La voix est ici plus claire, plus poussée pour un très beau résultat.

11.: I Believe In You
Un titre à nouveau murmuré sur une instrumentation minimaliste.

Disque 2

1.: Please Rise
Une reprise moins lancinante, plus dynamique.

2.: Slipped Dissolved And Loosed
Une version plus triste et mélancolique.

3.: Chelsea Hotel #2
Une chanson douce et encore une fois relativement minimaliste.

4.: Close Up
Une version plus mélancolique.

5.: Of Raymond
Une belle version, plus douce. 

POUR ELLE : Erreur réparée

pourelleaffiche

pourelleafficheLorsque Pour Elle était sorti au cinéma et même après avoir vu la bande-annonce plusieurs fois, j’avais très peur que ce film donne un thriller franchouillard cheap et mou, bref une pâle copie des films du genre hollywoodiens. Mais après avoir vraiment adoré A Bout Portant, le film suivant de Fred Cavayé, je me suis dit qu’il fallait peut-être laissé une chance à celui-là et j’ai profité de son passage sur Canal pour cela.

Lisa et Julien forment un couple heureux, jusqu’au jour où la police vient arrêter la jeune femme, accusée de meurtre. Elle sera condamnée, bien qu’elle clame son innocence. Après le rejet du pourvoi en cassation, elle commence à sombrer dans une profonde dépression et supporte de plus en plus mal son incarcération. Julien craint alors qu’elle finisse par lui être fatale et décide donc de tout faire pour la faire évader. Mais comment faire quand on n’a rien d’un truand ?

Je m’étais donc trompé en jugeant mal Pour Elle au vu de sa bande-annonce. Ce n’est pas le chef d’œuvre du siècle, mais une histoire bien construite, bien filmé et qui se laisse voir avec plaisir. Un film français qui ne cherche pas à imiter à tout prix ses collègues d’outre-Atlantique, mais conjugue avec bonheur développement des personnages et intrigue rythmée.

Pour ce genre de film, film d’évasion ou de cambriolage, on se focalise généralement sur le « comment va-t-il faire ? ». C’est souvent là que repose tout son intérêt et le reste n’est là que pour compléter le décor. Ce n’est pas le cas dans Pour Elle. Ce qui intéresse Fred Cavayé, c’est comment un homme « ordinaire » va trouver la force et le courage de réaliser quelque chose pour lequel il n’était pas du tout destiné. Il le fait bien sûr par amour, mais jamais le propos ne tombe dans le cucul simpliste. Non c’est beaucoup plus subtil que ça, sans être non plus lourdingue faussement profond.

Mais tout cela n’empêche pas d’avoir un vrai fil rouge constitué par l’élaboration et la préparation de l’évasion. Cela maintient un vrai suspense et Fred Cavayé a le bon goût de nous présenter un déroulement presque crédible. Il y a un truc un peu gros, mais globalement, le plan est juste intelligent, pas improbable. Cela n’enlève rien au plaisir du spectateur. C’est certes moins jouissif, moins spectaculaire, mais ça colle assez bien avec le ton un peu grave de Pour Elle.

pourellePour Elle repose en large partie sur les épaules de Vincent Lindon. Sans un grand acteur, le film aurait pu vite sombrer dans le n’importe quoi. Le scénario ne pouvait fonctionner si le spectateur n’arrivait pas à croire que le personnage de Julien soit vraiment capable d’arriver à une telle extrémité. Vincent Lindon apporte donc une vraie crédibilité à la hauteur de son talent, ce qui n’est pas peu dire. A ses côté, Diane Kruger se contente d’être belle dans un rôle qui ne lui donne pas vraiment l’occasion de briller.

Fred Cavayé démontrait déjà dans Pour Elle un vrai sens de la réalisation et du rythme. Cela est peut-être moins éclatant que dans A Bout Portant. Il n’empêche que le réalisateur arrive ici à tirer les maximum des moyens dont il dispose. Pas d’explosions spectaculaires, mais une mise en scène toujours intelligente, sachant créer une tension rien que par le jeu des acteurs ou le « je vous en dis un peu mais pas trop pour préserver le suspense ». Espérons que ces deux films réussis poussent les producteurs à lui donner encore plus de moyens. Avec son talent et un budget à la Besson, Fred Cavayé pourrait bien nous livrer des films nous enlevant tout complexe face à Hollywood.

J’ai donc fait mon mea culpa et pris beaucoup de plaisir à voir Pour Elle. Une belle histoire d’amour et un film prenant et bien construit, à défaut d’être hyper spectaculaire.

Fiche technique :
Production : Fidélité films, Wild Bunch, TF1 Films, Jérico, TPS Star
Distribution : Mars distribution
Réalisation : Fred Cavayé
Scénario : Fred Cavayé, Guillaume Lemans
Montage : Benjamin Weill
Photo : Alain Duplantier
Décors : Philippe Chiffre
Musique : Klaus Badelt
Costumes : Fabienne Katany
Durée : 96 mn

Casting :
Vincent Lindon : Julien
Diane Kruger : Lisa
Lancelot Roch : Oscar
Olivier Marchal : Henri Pasquet
Rémi Martin : Capitaine Jousseaume

L’HERITAGE, TOME 2 : L’AINE (Christopher Paolini) : Talent, naïveté et impatience

laine

laineElevez vos enfants sans internet et sans télévision, nourrissez-les de livres et ils deviendront des écrivains à succès. Bon évidemment, cette recette risque fort de ne pas fonctionner à tous les coups. En tout cas, elle a marché avec Christopher Paolini, l’auteur de la trilogie l’Héritage, dont le premier tome, Eragorn, fut publié alors qu’il avait à peine 19 ans. Voici le second tome, l’Aîné, sorti deux ans plus tard (en 2005 pour être précis).

Eragorn et les Vardens ont remporté une grande victoire. Mais le jeune dragonnier doit vite partir chez les elfes terminer sa formation, avant d’être capable d’affronter l’Empereur Galbatorix. Pendant ce temps, son cousin, Roran est recherché par les soldats de ce derniers, qui menacent de massacrer tout son village s’il ne se rend pas.

La trilogie de l’Héritage est une œuvre singulière par son histoire. Pondre un tel best-seller à peine sorti de l’adolescence n’est pas donné à tout le monde. Voir son premier roman adapté à Hollywood non plus… Sauf que l’adaptation d’Eragorn fut un des pires massacres de l’histoire du cinéma… Bref, je calme ma colère de cinéphile et revient à mon mouton, le second tome de la trilogie, l’Aîné.

Globalement, le très jeune âge de son auteur se fait sentir au fil des pages de l’Aîné. Mais on sent qu’il a déjà grandi et mûri depuis Eragorn. L’œuvre est moins naïve, mais conserve cependant son charme. Un charme qui mêle une imagination florissante et des références un peu trop directes parfois à ses sources d’inspiration, le Seigneur des Anneaux en tête. Un auteur confirmé n’aurait jamais procédé ainsi, avec autant de candeur. Mais au final, cela donne sa personnalité à cette saga, qui prouve qu’à la fois, la valeur n’attend pas le nombre des années et qu’à la fois, l’expérience reste irremplaçable. Il faut donc prendre son parti de ce constat et prendre ce livre pour ce qu’il est, c’est à dire l’œuvre d’un auteur extrêmement talentueux mais très jeune.

Mais ce manque de maturité dans l’écriture n’a, de plus, pas que des inconvénients. Car l’Aîné, comme le tome précédent, est écrit dans un style simple et direct qui permet au lecteur de le dévorer. On retrouve un peu ce qui fait le charme du style de J.K. Rowling pour Harry Potter, même si encore une fois, la différence d’âge et d’expérience se font sentir. Il est clair que la plume de Christopher Paolini n’est pas la plus inoubliable qui soit, mais elle est vive et alerte et colle parfaitement avec l’esprit du récit. Bref, elle constitue bien plus un atout qu’un défaut.

Reste l’intrigue de ce deuxième volet. L’Aîné est forcément moins passionnant que Eragorn. Il souffre du même défaut que la plupart des deuxièmes volets d’une trilogie. Il n’y a plus pour le lecteur la magie de la découverte d’un monde imaginaire et il n’y a pas non plus la tension narrative liée au dénouement. On est dans un moment de calme avant la tempête finale que l’on attend avec impatience, et qui fait quelque peu passer les évènements relatés ici pour de l’anecdotique. Mais Christopher Paolini en profite pour développer les aspects de son monde qu’il n’avait fait qu’évoquer lors du premier tome. Il en profite surtout pour faire évoluer ses personnages et leur faire acquérir la maturité dont ils auront besoin lors de l’affrontement finale. La trilogie de l’Héritage a un fort aspect « roman d’apprentissage ». Alors évidemment, le jeune Américain n’a pas le talent d’un Balzac, mais j’aurais quand même rêvé d’écrire un tel roman à son âge.

Par contre, pour le lecteur français, la trilogie de l’Héritage souffre d’un incontestable inconvénient. C’est le nom du grand méchant. Galbatorix… Cela semble sorti d’un mauvais album d’Asterix. Evidemment, cela ne pose problème que chez nous, mais du coup, ce personnage qui devrait inspirer la crainte prête involontairement à sourire. Mais bon, ça reste mince comme défaut.

L’Aîné donne donc une furieuse envie de lire Brinsingr, le troisième et dernier tome, de la trilogie de l’Héritage. Il est évident que cette dernière ne vaut pas le coup d’être lue pour ce tome uniquement, mais il constitue une très bonne transition avant un final que l’on attend avec impatience… Enfin personnellement, ça donnerait plutôt « dont j’attends qu’il sorte en format poche avec impatience… » 

LA CHANCE DE MA VIE : Charme à tous les étages

lachancedemavieaffiche

lachancedemavieafficheLe cinéma français commence l’année comme il l’avait fini. Sur une très bonne comédie romantique ! Après l’Arnacoeur, un des meilleurs films de 2010, après Les Emotifs Anonymes, voici la Chance de ma Vie. C’est étonnant de voir notre 7ème art s’épanouir dans un domaine où Hollywood semblait régner en maître et sans partage. Mais on ne peut évidemment que s’en réjouir et espérer que cela continue.

Julien souffre d’un très sérieux problème. Il porte la poisse à toutes les femmes avec qui il commence une relation. Cela aboutit systématiquement à une rupture et très souvent un petit séjour à l’hôpital pour sa conquête. Alors, quand il rencontre Joanna, qui a tout de la femme de ses rêves, il craint fort que la malédiction ne frappe à nouveau. C’est malheureusement le cas, mais, cette fois-ci, elle s’accroche à lui malgré tout. Mais pour combien de temps ?

Au risque de me répéter, pour faire une bonne comédie romantique, il faut de l’humour et un couple qui fonctionne. Le reste, c’est la cerise sur le gâteau. Mais la Chance de ma Vie nous en propose plusieurs. Déjà l’idée de départ est très sympathique et on y adhère totalement. J’aurais presque pu dire originale, mais au fond, elle ne constitue qu’une énième version du complexe d’infériorité dont souffre le soupirant face à sa belle, situation hyper classique pour ce genre de production. Pour le coup, avec cette histoire de malédiction, Nicolas Cuche va au bout de cette idée pas forcément très neuve.

Autre petit détail qui donne un petit charme supplémentaire à la Chance de ma Vie est que l’on ne s’attend pas à la manière dont les choses vont forcément s’inverser sur la fin. Qui dit comédie romantique dit happy end et rebondissement final… Bon, si on pinaille, l’ultime rebondissement est certes totalement cousu de fil blanc, mais celui d’avant, celui qui change vraiment les choses est nettement plus surprenant et inattendu. Ce n’est pas le Sixième Sens ou Usual Suspect non plus, mais c’était à noter.

Mais venons en à l’essentiel. L’humour déjà ! Celui de la Chance de ma Vie nous vient quasiment essentiellement de François-Xavier Demaison et de son personnage dont la seule présence provoque les catastrophes. Ces dernières sont à la base d’un humour premier degré plutôt sympathique, mais ce qui est vraiment drôle dans ce film, c’est la manière dont Julien tente désespérément de les éviter ou d’en corriger les effets. Ceci ne faisant, au final, évidemment qu’empirer les choses. Le charme et le talent réels de cet acteur sont incontestables et prouve que l’on peut être drôle sans être forcément grimaçant ou hyper cabotin.

lachancedemavieEt si on s’attache autant au couple formé par les deux personnages, c’est aussi grâce au charme dévastateur de Virginie Efira. Elle avait déjà sauvé à elle toute seule L’Amour, c’est Mieux à Deux, de Dominique Farrugia, elle crève ici à nouveau l’écran. Certes, ce n’est pas l’actrice du siècle, mais elle dégage quelque chose de très fort et qui surtout colle tout à fait à ce genre de personnage. Elle n’est pas sexy et provocante, mais juste adorable, jolie et respire la sympathie et la joie de vivre. Bref, une fille qu’on a envie de serrer très fort dans ses bras pour ne plus la lâcher. Je ne sais pas si la carrière de Virginie Efira brillera de mille feux en dehors de ce registre, mais dans La Chance de ma Vie, elle est tout simplement parfaite.

La Chance de ma Vie possède évidemment les mêmes limites que toutes les autres comédies romantiques, avec un dénouement connu avant même d’entrer dans le cinéma. Il ne possède pas non plus cette flamme magique qu’avait allumé l’Arnacoeur. Mais dans le genre, le 7ème art nous propose bien plus souvent moins bien que mieux. Alors, il n’y a aucune raison de bouder son plaisir et de se refuser une heure et demi de romantisme et d’humour.

Fiche technique :
Production : Fidélité Films, TF1 Films production, Wild Bunch, Mars Films
Distribution : Mars distribution
Réalisation : Nicolas Cuche
Scénario : Laurent Turner, Luc Bossi
Photo : José Gerel
Décors : Bertrand Lherminier
Musique : Christophe La Pinta
Durée : 87 mn

Casting :
François-Xavier Demaison : Julien Monnier
Virginie Efira : Joanna Sorini
Armelle Deutsch : Sophie
Raphaël Personnaz : Martin Dupont
Thomas Ngijol : Vincent
Brigitte Roüan : Lydie, la mère
Elie Semoun : Philippe Markus
Francis Perrin : François

DEATH MAGNETIC (Metallica) : Le metal qui m’a fait rajeunir

deathmagneticmetallica

deathmagneticmetallicaLorsque j’étais adolescent, ce qui chaque année remonte désespérément un peu plus loin, j’ai eu ma période « j’écoute du metal ». Bon, c’était alors les Guns and Roses que j’idolâtrais, ayant même un grand poster dans ma chambre, mais je ne crachais pas alors sur Metallica. Cette phase s’est assez vite terminée et j’avoue avoir réécouté certains albums qui tournaient à l’époque en boucle dans la chambre et les avoir trouvés parfois très mauvais. Mais bon, jamais contre un coup de jeune, j’ai récemment mis la main sur Death Magnetic de Mettalica.

Il s’agit du 9ème album du groupe, sorti en 2008 et le dernier en date. Il vient après cinq ans d’attente, qui ont paru particulièrement longue pour les fans. Il devint numéro un des ventes dans de nombreux pays, s’étant notamment écoulé à 75 000 exemplaires en France et près de deux millions aux Etats-Unis.
 

Je dois bien avouer que l’écoute de Death Magnetic m’a fait bien perdre quelques années le temps des dix chansons qui le composent. J’ai presque eu envie de m’habiller de cuir et de me laisser pousser les cheveux. Si Metallica dure de cette matière, à l’image d’AC/DC, c’est que c’est un des rares groupes capables de concilier l’énergie qui caractérise ce genre musical et le développement de réelles lignes mélodiques. J’ajouterais également une capacité à articuler un minimum. James Hetfield chante réellement, il ne se contente pas de beugler le plus fort possible dans son micro comme certains de ses collègues. Certes, il a parfois un peu tendance à marteler les paroles, mais certainement moins que beaucoup d’autres groupes. Et puis, c’est aussi le genre musical qui veut ça.

Death Magnetic comporte des titres plus ou moins basiques. Ce dernier terme n’est pas péjoratif, c’est juste que je n’en ai pas trouvé de meilleurs. Disons que le groupe revient parfois aux fondamentaux du metal et nous livre des moments d’énergie pure, sans fioriture aucune. Ca fonctionne parfois parfaitement, même si parfois, notamment avec le titre Day That Never Comes, cela perd du coup quand même un peu de son intérêt.

Les titres un peu plus mélodiques sont pour moi les meilleurs de Death Magnetic. J’admets volontiers, qu’au-delà de leurs intérêts artistiques intrinsèques, cela vient de mes goûts musicaux personnels qui ne sont pas ceux d’un fan de metal. De mon point de vue, Broken Beat and Scarred est le titre le plus intéressant de l’album, même si That Was Just Your Life ou Judas Kiss le sont également, bien que beaucoup plus « basiques ».

Globalement, j’ai pris énormément de plaisir à écouter Death Magnetic, bien que, encore une fois, il appartient à un genre musical qui est loin d’être un de mes genre de prédilection. Peut-être est-ce parce qu’il est plus abordable. Mais j’y ai surtout vu un gage de qualité pour un groupe qui domine la scène métal depuis de très nombreuses années. Ce n’est jamais pour rien !

Death Magnetic a donc pris une place de choix dans ma discothèque qui a pris un petit coup de jeune et surtout beaucoup d’énergie et de puissance.

Pour finir, un petit tour des morceaux que l’on trouve sur Death Magnetic.

1.: That Was Just Your Life
Très énergique. Les paroles sont quelque peu martelées, mais le résultat est très bon.

2.: End Of The Line
Plus basique, mais reste très bon dans le genre.

3.: Broken Beat And Scarred
Plus mélodique, plus sur le ton de la ballade, mais garde une grande énergie

4.: Day That Never Comes
Retour aux fondamentaux avec ce titre, peut-être un peu trop basique pour le coup.

5.: All Nightmare Long
Un morceau qui va crescendo, plein d’énergie et de puissance.

6.: Cyanide
Dans la continuité du titre précédent, mais sans la montée en puissance. Moins intéressant du coup.

7.: Unforgiven III
Une très belle ballade, très énergique.

8.: Judas Kiss
Retour à un style plus basique, mais parfaitement maîtrisé.

9.: Suicide And Redemption
Un titre instrumental qui permet de se remettre de ses émotions.

10.: My Apocalypse
Un titre très martelé, un peu moins bon que le reste.