Voilà huit ans qu’on attendait le nouveau film de Peter Weir, le réalisateur de Witness, Le Cercle des Poètes Disparus, The Truman Show ou encore Master and Commander (entre autres). Un cinéaste assez peu prolifique, mais qui signe généralement des films qui font date. Sa dernière production, les Chemins de la Liberté est sorti dans un anonymat relatif (il y a quand même eu un peu de promotion), indigne d’un metteur en scène de ce calibre. Comme quoi à force d’être trop longtemps absent, on se fait quelque peu oublier.
1940, un camp de prisonniers en Sibérie regroupe des détenus de différents horizons. Il semble impossible de s’évader de cet endroit entouré par une immensité vide et glaciale. Impossible sauf pour des hommes prêts à parcourir 10 000 km à pied…
Master and Commander, le précédent film de Peter Weir, m’avait laissé quelque peu sur ma faim. Magnifiquement réalisé, avec des acteurs superbement dirigés, mais malgré tout, un résultat pas totalement passionnant. Il s’agissait là d’un avis très personnel vu l’enthousiasme de la critique d’alors et celui de tous les cinéphiles que je connais. Les Chemins de la Liberté m’a fait exactement la même impression. Sauf que cette fois, si j’en crois la critique relativement tiède vis-à-vis de ce film, l’impression est nettement plus partagée.
Si Les Chemins de la Liberté est un rien décevant, c’est par rapport à ce que l’on peut attendre d’un tel réalisateur, surtout vue l’ambition du sujet. Quand on fait parcourir 10 000 km à ses personnages, au milieu de décors grandioses, en essayant d’y glisser un message politique (oh les vilains communistes !), le tout sous un titre de roman d’aventures du XIXème siècle, on se doit de faire un grand film. Or, nous sommes là face à un bon film… C’est peut-être injuste de le lui reprocher, mais n’empêche que ça gâche un peu le plaisir.
Surtout que les Chemins de la Liberté ne brille pas par son suspense. On sait dès la première seconde qu’ils seront trois à arriver jusqu’en Inde. Reste à savoir qui, mais tout au long du film, on n’a jamais trop de doute sur l’identité du prochain qui va succomber. L’intérêt est donc ailleurs. Il est dans le sentiment d’évasion, dans l’admiration que l’on peut avoir pour l’abnégation de ces personnages. Mais encore un fois, il manque un grand souffle épique pour ce film soit totalement passionnant, pour que le spectateur rentre vraiment dans cette histoire incroyable, mais pourtant vraie. On y trouve tout ce à quoi on pouvait s’attendre, mais absolument rien de plus. Il n’y a aucune prise de risque, ni artistique, ni narrative. Alors même si ce qui nous ait proposé est plutôt réussi, on reste un peu sur notre faim.
Le casting minimise lui aussi la prise de risque. Colin Farrell en chien fou, Ed Harris en sage un peu bougon, pas vraiment des rôles à contre-emploi. On pourra simplement saluer la performance de Jim Sturgess qui tient là son premier grand rôle. Etre dirigé par Peter Weir doit évidemment faciliter les choses, mais c’est aussi grâce à son talent qu’il s’en sort aussi bien. Bon, ce n’est pas vraiment un rôle à Oscar, mais il n’y a cependant pas grand chose à redire sur son interprétation et celles de ces petits camarades d’évasion.
Les Chemins de la Liberté n’est donc pas le grand film qu’il aurait pu être. C’est propre, c’est beau, mais ce n’est jamais vraiment passionnant. On ne s’y ennuie pas, mais on ne s’y enthousiasme pas non plus.
Fiche technique : Production : Exclusive Media Group, National Geographic Entertainment, Imagenation Abu Dhabi Distribution : Metropolitan FilmExport Réalisation : Peter Weir Scénario : Peter Weir, Keith Clarke, d’après le livre A marche forcée de Slavomir Rawicz Montage : Lee Smith Photo : Russell Boyd Décors : John Stoddart Musique : Burkhard Dallwitz Costumes : Wendy Stites Durée : 134 mn
Casting : Jim Strugess : Janusz Ed Harris : M. Smith Saoirse Ronan : Irena Colin Farrell : Valka Mark Strong : Khabarov Gustaf Skarsgard : Voss
A la base, je n’aime pas trop Benoît Magimel, alors je n’ai pas vraiment très chaud pour aller voir l’Avocat. Et puis, on m’en a dit du bien et comme j’ai plutôt confiance dans les avis familiaux, je m’y suis rendu tout de même. Et bien, je n’aurais pas du !
Léo est un jeune avocat débordant d’ambition. Il vient d’être embauché dans un grand cabinet, lorsqu’il est approché par un proche de Paul Vanoni. Ce dernier règne sur la collecte et le retraitement des ordures dans la région par des méthodes quelque peu controversées. Il hésite à accepter cette mission, mais son patron lui indique que les avocats sont là pour défendre leurs clients, non les juger. Mais quand est-il quand on découvre que tout cela cache une organisation mafieuse et criminelle ?
Ceux qui parmi vous suivent la série Damages peuvent immédiatement passer leur chemin. Les similitudes sont assez nombreuses… enfin aussi similaire que peut l’être le meilleur foie gras et le pire pâté premier prix. Si l’Avocat avait l’ambition de rivaliser avec les meilleurs films du genre américains, c’est raté car le résultat est juste plat et sans intérêt. Les gangsters sont censés faire peur, pas donner envie de rire, tant ils sont caricaturaux.
Donc premier point qui ne va pas, le scénario. Ce n’est même pas qu’il soit vraiment mauvais. Mais c’est tellement prévisible et cousu de fil blanc qu’on se demande si son écriture a demandé plus de cinq minutes. Ca a été fait mille fois déjà et la plupart du temps en beaucoup mieux. Aussi bien les rebondissements que l’évolution des personnages ne nous surprennent pas une seconde. Allez, si on est vraiment généreux, il y a bien un élément quelque peu inattendu. Mais comme cela reste relativement anecdotique, cela n’a aucune chance de sauver une intrigue globalement sans intérêt.
Deuxième point qui fâche, la réalisation. Cédric Anger est à la fois le metteur en scène et le scénariste de l’Avocat. Au moins, on ne pourra pas lui reprocher un manque de constance dans la performance. Le moindre épisode de série américaine est désormais réalisée avec plus d’imagination, de punch et d’originalité que ce film. La caméra est plantée là à filmer ce qui se passe, sans jamais contribuer à créer une ambiance oppressante, propice à l’angoisse et au suspense. Quant au fait que le film commence par la fin, il s’agit d’une technique tellement sur-utilisée que l’on n’y prête plus aucune attention. De plus, ce coup-ci, cela n’apporte strictement rien à la narration, qui, de toute façon, est cousue de fil blanc à grosses mailles.
Enfin, terminons par ce qui est vraiment confondant de médiocrité. L’interprétation ! A la limite Benoît Magimel ne s’en sortirait pas trop mal par rapport à ses compagnons. Certes, il a l’air d’y croire comme le candidat socialiste à l’élection municipale de Neuilly-sur-Seine, mais au moins, il nous sert le minimum syndical. Par contre, en face de lui, Gilbert Melki nous livre peut-être son plus mauvais rôle. On se pince pour y croire tellement son jeu tire sur la caricature. On serait dans une parodie, on pourrait presque le trouver excellent. Le problème, c’est qu’on est dans un film qui se veut on ne peut plus sérieux, pour ne pas dire qui se prend au sérieux, et du coup, ça finit de couler l’Avocat, qui prenait déjà pas mal l’eau par ailleurs.
L’Avocat est donc un film qui se voulait l’égal des meilleures productions du genre, essentiellement hollywoodienne. Au final, cela donne un mauvais téléfilm bien de de chez nous.
Fiche technique : Production : Sunrise film Distribution : SND distribution Réalisation : Cédric Anger Scénario : Cédric Anger, Jean-François Leforsonney Montage : Simon Jacquet Photo : Guillaume Schiffman Décors : Antoine Platteau Musique : Grégoire Hetzel
Casting : Benoît Magimel : Léo Demarsan Gilbert Melki : Paul Vanoni Aïssa Maïga : Eve Eric Caravaca : Le flic Vincent Demoury : Eric Boyer Samir Guesmi : Ben Corey
Angèle et Tony, voilà bien un film à côté duquel j’ai failli passer. Pas de bande-annonce, pas de campagne marketing, pas de stars au générique, juste un affiche qui ne me donnait guère envie. Cette dernière sentait le film ennuyeux au pathos lourdingue à plein nez. Mais heureusement, le bouche à oreille a fonctionné et c’est avec plaisir que j’ai pu voir ce film, bourré d’optimisme et d’amour.
Angèle sort de prison et cherche à récupérer son fils, qui vit chez ses beaux parents. Elle se débrouille comme elle peut pour joindre les deux bouts. Un jour, suite à une petite annonce matrimoniale, elle rencontre Tony, un marin qui lui propose finalement un boulot plutôt que de l’amour. Deux êtres pas vraiment destinés l’un à l’autre mais qui vont finir par nouer des liens inattendus.
Le synopsis et les premières minutes de Angèle et Tony ne font pas vraiment penser que ce film puisse être une comédie romantique… Bon déjà parce que ce n’est pas une comédie romantique, au sens où on l’entend habituellement, mais une belle histoire d’amour qui nous montre que l’on peut trouver le bonheur même si on n’est pas né avec une cuillère d’argent dans la bouche.
Angèle et Tony est donc un film résolument optimiste et rafraîchissant. Les personnages ne finissent pas par gagner au loto au son de violons enthousiastes. Ils ne leur arrivent au final rien d’extraordinaire, rien qui les fasse changer de vie. Une histoire n’a pas besoin de finir mal pour être crédible. Le film véhicule une vraie émotion, mais avant tout il donne le sourire et le cœur léger.
Angèle et Tony possède tout de même un vrai fond social, mais on reste quand même loin de Ken Loach. Ou alors le Ken Loach optimiste de Looking for Eric. Il ne s’agit pas vraiment pas ici d’un film sur les difficultés économiques que connaissent les marins-pêcheurs, sur la réinsertions des anciens détenus ou sur le combat d’une mère pour récupérer la garde de son enfant. Ce sont bien des éléments de l’intrigue, mais jamais Alix Delaporte ne s’y appesantit. Le film nous parle de gens « modestes » sans insister sur ce point. Bref, il faut bien qu’une histoire de se situe dans un milieu social, alors pourquoi pas celui-là plutôt qu’un autre.
Il faut cependant bien le reconnaître, tout cela contribue à notre attachement aux personnages et à notre envie de les voir accéder au bonheur. A la fois, si tout était facile pour eux, il n’y aurait même pas de film. Mais comme pour le scénario, les protagonistes ne restent pas focalisés sur leurs problèmes et décident d’avancer et de vivre leur vie. Pas d’optimisme béât non plus, juste des gens de la vraie vie vraie, qui n’ont rien de winners implacables ou de losers pathétiques.
Ces deux personnages principaux d’Angèle et Tony sont magnifiquement interprétés par le duo Clotilde Hesme, une valeur montante du cinéma français, et Grégory Gadebois, une valeur sûre, qui quitte là son statut d’éternel second rôle pour tenir avec brio le haut de l’affiche. Deux révélations parfaitement dirigées par Alix Delaporte qui signe là un premier film remarquablement réussi.
Angèle et Tony constitue donc une des premières vraie bonne surprise de cette année 2011 qui, avouons-le, commence plutôt doucement. Un film qui donne de la joie et du baume au cœur. Ca fait quand même du bien parfois !
Fiche technique : Production : Lionceau films, Cinécinéma Distribution : Pyramide distribution Réalisation : Alix Delaporte Scénario : Alix Delaporte Montage : Louise Decelle Photo : Claire Mathon Décors : Hélène Ustaze Musique : Mathieu Maestracci Durée : 87 mn
Casting : Clotilde Hesme : Angèle Grégory Gadebois : Tony Evelyne Didi : Myriam Jérôme Huguet : Ryan Antoine Couleau : Yohan Patrick Descamps : le grand père Patrick Ligardes : le conseiller d’insertion Lola Duenas : Anabel
Le numéro de France Football de ce mardi nous livre une interview d’Eric Abidal, où il revient longuement sur le pathétique feuilleton que nous a offert l’Equipe de France cet été. Les propos tenus par l’arrière gauche de Barcelone sont à la fois consternants et d’une rare pertinence.
Consternants puisque l’on voit qu’une esquisse de mea culpa. Du bout des lèvres, Eric Abidal admet que l’attitude de l’équipe de France n’a pas été celle qu’elle aurait du être. En termes de contrition, on a déjà fait beaucoup mieux. Il y a une sorte de déni qui ressemble fort à du je m’en foutisme et de l’irresponsabilité. On est en droit d’être déçu par un tel discours, qui prouve, encore une fois, que s’excuser et admettre ses erreurs ne sont pas toujours le fort des êtres humains.
Mais avec une recul de six mois, on regarde d’un autre œil les propos tenus ici. Eric Abidal, ni aucun autre joueur de l’Equipe de France n’est un criminel et le traitement médiatique de ces évènements fut complètement disproportionnée. On a parfois nagé en pleine délire, comme lorsque Thierry Henry fut amené directement depuis l’aéroport à l’Elysée. Cela ne constitue en rien une excuse à ce qui a été fait, mais il serait peut-être bon de relativiser.
Et puis, Eric Abidal revient longuement sur la manière pathétique où certains ont absolument voulu désigner des coupables. Et beaucoup parmi eux cherchaient avant tout à fuir leurs propres responsabilités. Si les Bleus ont dépassé tout ce qu’on aurait pu imaginer de pire, ils faut bien avouer qu’ils n’ont fait qu’écraser violemment un avion qui n’avait ni pilote, ni moteur depuis longtemps. Les sanctions prises envers certains joueurs et pas d’autres, leur infligeant un nombre de matchs de suspension déterminée à la tête du client, ne constituent pas vraiment un modèle de justice équitable.
Enfin, l’ancien Lyonnais rappelle avec force un fait sur lequel le silence est assourdissant. Tout le cirque médiatique est née d’une une du journal L’Equipe rapportant les propos de Nicolas Anelka… qui ne sont pas ceux que l’attaquant de Chelsea a tenu. On peut considérer que ce n’est qu’un point de détail, mais les mots réellement prononcés ont quand même un caractère moins insultants que ceux affichés en pleine page par le seul grand quotidien sportif français… dont on attend toujours le mea culpa. L’attitude de la rédaction du journal est dans ce dossier totalement inadmissible et ne peut qu’entretenir un sentiment d’injustice chez les joueurs de l’Equipe de France.
Eric Abidal a donc l’impression que les joueurs de l’Equipe de France ont payé pour d’autres. Mais ne pas être les seuls coupables ne retire rien à leur culpabilité. Cependant, la récente sortie pitoyable de la nouvelle ministre des sports, Chantal Jouanno, prouve bien qu’en termes de bêtise pure, les footballers font face à une rude concurrence.
Les évènements de Tunisie et désormais d’Egypte font naître bien des commentaires enthousiastes sur la capacité des peuples à chasser les dictateurs qui les oppriment. On en vient à rêver que le phénomène s’étende et amène d’autres pays vers la démocratie. Mais évidemment le chemin est encore bien long.
On le voit bien en Tunisie, et sûrement demain en Egypte, chasser un dictateur ne signifie pas forcément voir la démocratie fleurir d’un seul coup. Le pouvoir, même le plus démocratique du monde, doit bien être exercé par un chef d’Etat, un gouvernement, des élus… Bref autant de futurs dictateurs en puissance, ou au moins des alliés, qui après s’être unis pour combattre un ennemi commun, auront tout loisir de devenir eux-mêmes des ennemis les uns pour les autres.
J’ai un jour entendu quelqu’un dire que si la Révolution Française avait si bien fonctionné, c’est qu’elle avait provoqué la mort de tous ceux qui l’avaient menée. En effet, combien de révolutionnaires triomphants se sont transformés en despotes une fois arrivés au pouvoir ! La chance de la Tunisie et de l’Egypte est de connaître des mouvements qui ne s’incarnent pas dans une ou plusieurs grandes figures qui pourraient réclamer le pouvoir à ce titre. Certains y voient un risque de division, mais je pense qu’il s’agit là avant tout d’une formidable opportunité. Mais encore une fois le chemin est encore long et il faudrait bien se garder de tout optimise béat.
Un mot enfin sur l’attitude de la France face à ces évènements. Ceux de Tunisie nous touchent évidemment plus particulièrement, du fait des liens historiques particuliers que nous entretenons avec ce pays. Notre grand ami Ben Ali s’est d’un coup transformé en indésirable, prié d’aller trouver exil ailleurs. Ceux qui hier chantaient le louanges de ce supposé progressiste se font soudainement bien discret. Tout cela montre bien à quel point l’hypocrisie est à la base de toutes relations internationales. Mais fallait-il une révolution de jasmin, ou Wikileaks, pour s’en apercevoir ?
La pluie de superlatifs qui déferle dans les médias sur l’équipe de France de handball est, une fois n’est pas coutume, pleinement méritée. Les Experts ont signé un exploit qui les place au firmament des étoiles du handball, du sport français, voire même mondial, même si leur sport reste quand même relativement peu universel. Une telle domination dans un sport collectif est absolument exceptionnelle, surtout que rien ne semble pouvoir la contrarier dans un avenir proche.
Le destin de cette équipe est d’autant plus étonnant que la France fut longtemps une nation mineure des sports collectifs, jusqu’au début des années 90, aussi bien pour les équipes nationales au niveau mondial, que pour les clubs au niveau européen. Puis Limoges et l’Equipe de France de handball, déjà, ont montré le chemin que d’autres ont suivi depuis. C’est aussi étonnant de penser que cette domination sans partage se produit dans un sport qui, avant les Barjots de 1992, n’avait connu que des résultats très faibles pendant des décennies dans notre pays.
Cependant, chaque jour qui passe nous rapproche un peu plus du jour où cette équipe sera enfin battue. Le réservoir de talents que possède la France peut nous faire espérer que ce jour soit encore loin. Cependant, il pourrait arriver dès le prochain Euro, début 2012, le scénario de la finale l’a prouvé. Mais serait-ce un si grand mal ? En effet, si cette équipe, déjà tellement dominatrice, abordait les Jeux Olympiques, la seule vraie compétition qui compte, avec un esprit de revanche, elle sera peut-être définitivement invincible.
Devenir double championne olympique, c’est tout le mal que l’on peut souhaiter à cette équipe fantastique à tous les points de vue. Je dois bien avouer que pendant longtemps mon amour du handball s’est limité à suivre les bons résultats de l’Equipe de France. Ce sport est en effet parfois un peu « bourrin », ressemblant à des concours des lancers de boulets de canon par de grands costauds. C’est encore la base du jeu de bien des équipes, mais depuis toujours les Français ont usé de bien d’autres armes, pleines d’imagination et souvent particulièrement spectaculaires.
Pendant longtemps, les équipes françaises, notamment en football, étaient réputées pour la beauté de leur jeu, mais leurs piètres résultats. Nos Experts ont porté les deux à des sommets rarement, voire jamais, égalés. Ils méritent donc encore une fois tous les éloges qu’ils reçoivent. Et espérons qu’ils nous offrent encore longtemps des raisons de leur en offrir.
Aller voir un film de Clint Eastwood, c’est forcément s’attendre à voir un chef d’œuvre, vu la qualité et la densité de sa filmographie. Mais bon, même les meilleurs ont droit à de petits moments de faiblesse. Au-Delà ne sera certainement pas le film que l’on retiendra quand on examinera la carrière de réalisateur de celui qui sera à jamais le Bon.
Trois destins marqués par la mort. Celui de Marie, journaliste vedette de France Télévision, qui y a réchappé de peu pendant ses vacances dans le Sud-Est asiatique lors d’un tsunami. De tellement peu, qu’elle est désormais hantée par la vision qu’elle a eu lorsque les sauveteur la considérait comme cliniquement morte. Celui de George, ancien médium, qui a le don de parler au personnes décédées. Un pouvoir auquel il essaye désespérément d’échapper. Celui de Marcus, jeune garçon qui vient de perdre son frère jumeau et essaye de trouver un moyen de communiquer avec lui.
Au-Delà est donc un film aux trois parties distinctes, même si elles finissent par se rejoindre. Trois histoires ayant le même thème central mais très différentes. Trois histoires surtout diversement réussies. Celle des deux jumeaux est de loin la plus intéressante, la mieux construite et surtout la plus émouvante. Cet intérêt vient très certainement du fait qu’elle est la plus ancrée dans le réel. Elle nous parle de la difficulté du deuil, ce qui peut évidemment concerner n’importe lequel d’entre nous.
L’histoire de George est également une réussite, mais est un peu frustrante. Ce pouvoir que tout le monde prend pour un don, alors que, pour son possesseur, il se révèle être une malédiction constitue une base solide et intéressante pour un propos que l’on aimerait voir développé. Mais Clint Eastwood ne se donne pas le temps de creuser. On retiendra cependant que cette partie du film nous offre une scène réellement extraordinaire, qui nous rappelle d’un coup qui est derrière la caméra. Une scène d’une sensualité ébouriffante autour de l’art culinaire, qui vous donnera faim… et pas que de nourriture.
Et puis, il y a l’histoire de Marie. Bien sûr, on peut trouver agréable qu’un tiers d’un film réalisé par une légende de Hollywood soit interprété par des acteurs francophones s’exprimant dans leur langue maternelle. Mais cela reste malheureusement anecdotique devant le manque d’intérêt de cette partie de l’intrigue. A cela s’ajoute parfois un peu de ridicule, quand Clint nous fait partager la vision de Marie. Représenter l’Au-Delà n’est pas chose aisée, mais s’il existe réellement, j’espère bien qu’il ressemble à autre chose que ce mauvais décor de téléfilm des années 80.
Ces trois morceaux convergent vers une fin pas vraiment convaincante. Du coup, on ressort avec un sentiment de déception. On aimerait voir le verre au deux tiers plein, mais malheureusement le gros tiers de vide marque fortement l’esprit du spectateur. Et ce n’est pas les prestations pâlottes de Matt Damon, dont on peut admirer les yeux de chien battu pendant deux heures, et Cécile de France dont le personnage était de toute façon trop inintéressant pour être sauvé, qui arrivent à inverser la tendance. Seuls les deux jumeaux, interprétés par les jeunes Frankie et George McLaren, viennent quelque peu éclairer cette grissaille.
Au-Delà est une œuvre sur un sujet difficile qu’il essaye de traiter par différentes perspectives. L’intention était louable, mais Clint Eastwood n’est pas arrivé à créer une synergie entre elles. Il nous livre donc un film bancal, auquel il n’a pas manqué tant que ça pour être franchement réussi mais qui constitue au final une petite déception.
Fiche technique : Production : Warner Bros Entertainment, The Kennedy / Marshall company, Malpaso productions, Amblin Entertainment Distribution : Warner Bros France Réalisation : Clint Eastwood Scénario : Peter Morgan Montage : Joel Cox, Gary D. Roach Photo : Tom Stern Décors : James J. Murakami Musique : Clint Eastwood Durée : 128 mn
Casting : Matt Damon : George Lonegan Cécile de France : Marie Lelay Frankie McLaren, George McLaren : Marcus et Jason Bryce Dallas Howard : Melanie Jay Mohr : Billy Thierry Neuvic : Didier Lyndsey Marshal : Jackie
Le studio Ghibli est avant tout connu pour être le lieu de création du maitre Hayao Miyazaki. Mais il abrite bien d’autres artistes, dont les œuvres sont parfois distribués en France. C’est le cas d’Arrietty, le Petit Monde des Chapardeurs. Un film peut-être moins magique que ceux du maître, même si ce dernier est au scénario, mais qui nous offre un bien beau conte, plein de poésie.
Sho est un jeune garçon de 12 ans qui part se reposer chez sa grand-mère avant une délicate opération au cœur. Des ses premiers pas dans le jardin, il croit remarquer une jeune fille pas plus haute que quelques centimètres. Elle s’appelle Arrietty et vit avec son père et sa mère, à l’abri du regard des humains, qu’ils considèrent comme particulièrement dangereux. Mais elle est irrésistiblement attirée par Sho qui fait tout pour nouer le contact.
Arrietty, le Petit Monde des Chapardeurs est très classique sur bien des points. Visuellement, déjà, on est dans le pur style studio Ghibli, qui se situe entre un graphisme européen et celui habituel des mangas. Pas de grands yeux et de nez à peine esquissé, mais demeure tout de même un trait typiquement japonais… Notamment du fait que les personnages sont dessinés avec un physique qui n’a rien d’asiatique…
Comme souvent également dans ce genre de production, Arrietty, le Petit Monde des Chapardeurs met en scène des protagonistes principaux se situant entre l’enfance et l’adolescence. On peut se demander d’où vient cette fixation nippone. Peut-être est-ce une façon de pouvoir rendre asexué et innocent des rapports entre personnages du sexe opposé. Bon, le but de ma critique n’est pas d’explorer la sociologie du Pays du Soleil Levant, mais tout ça pour dire que l’on est dans un cadre plutôt familier.
Par contre, puisque la comparaison est inévitable, on ne retrouve pas le foisonnement visuel et l’imagination débordante auquel nous habituent les films de Miyazaki, même si ce dernier a signé ici le scénario. Arrietty, le Petit Monde des Chapardeurs est une histoire plutôt simple et son aspect imaginaire ne donne pas pour autant dans le fantastique… Plus clairement, une fois accepté le fait qu’il existe des êtres semblables à nous à part qu’ils ne mesurent que quelques centimètres de haut, le film reste relativement réaliste.
En fait, une grande partie du charme d’Arrietty, le Petit Monde des Chapardeurs, repose sur ce jeu incessant entre les échelles. Les objets changent de fonction selon par qui ils sont utilisés, une simple épingle devenant une véritable épée par exemple. Alors bien sûr, tous ceux qui regardaient les Minipouss à la télé dans les années 80 ou qui ont succombé (ou subi) la mode des Minimoys connaissent bien ce principe. Mais il est utilisé ici avec beaucoup plus de finesse et de poésie, et surtout dans un univers visuel beaucoup plus fouillé et tout simplement joli.
Arrietty, le Petit Monde des Chapardeurs est dénué de toute violence ou de tension sexuelle. Pourtant, l’histoire n’est en rien simplette ou gnangnan. On peut lui reprocher éventuellement un aspect un peu enfantin. Mais c’est avant tout une histoire simple, encore une fois très poétique. Un vrai conte qui s’adresse à un public large, que les enfants et les parents apprécieront, pas forcément pour les mêmes raisons.
Le plus difficiles reprocheront à Arrietty, le Petit Monde des Chapardeurs de ne pas être un Miyazaki. Mais il reste une très beau film d’animation, preuve que le Japon possède une richesse artistique incomparable dans ce domaine.
Fiche technique : Shinobu Ôtake : Homily Tomokazu Miura : Pod Kirin Kiki : Haru Ryunosuke Kamiki : Sho Mirai Shida : Arrietty Keiko Takeshita : Sadoko Production : Studio Ghibli, Toho Company Distribution : Walt Disney Company France Réalisation : Hiromasa Yonebayashi Scénario : Hayao Miyazaki, d’après les romans de Mary Norton Photo : Atsushi Okui Musique : Cécile Corbel Durée : 94 mn
Casting : Shinobu Ôtake : Homily Tomokazu Miura : Pod Kirin Kiki : Haru Ryunosuke Kamiki : Sho Mirai Shida : Arrietty Keiko Takeshita : Sadoko
The Green Hornet était fort attendu pour plusieurs raisons. Premièrement, l’année dernière, Kick-Ass nous avait montré que les films de super-héros au second degré pouvaient donner de purs moments de bonheur cinématographique. Et puis, avec Michel Gondry aux commandes, on pouvait s’attendre à une imagination visuelle débordante et un humour décalé savoureux. Malheureusement, le résultat n’est pas tout à fait à la hauteur des espérances.
Britt Reid est loin de ressembler à son père. Quand ce dernier dirige un journal d’investigation respecté, lui préfère la fête, l’alcool et les jolies filles. Mais au décès de son géniteur, il va devoir prendre sa succession. Un bien lourde responsabilité pour quelqu’un qui n’en a jamais assumées. Heureusement, il est épaulé par Kato, l’homme qui réparait les voitures et préparait le café de son père. Les deux compères décident alors de faire quelque chose de grand de leur vie et de combattre le crime.
The Green Hornet est une nouvelle version d’une histoire, née dans les années 30 à la radio, et qui a été adaptée plusieurs fois au cinéma et surtout dans une série télévisée qui a vu, dans les années 60, les débuts de Bruce Lee à l’écran. La version 2010 aurait pu revisiter le mythe, mais elle se contente malheureusement de l’effleurer. Car si ce film est au final plutôt sympathique, il est tout à fait oubliable et on n’attend pas avec une impatience spéciale la suite qui ne manquera pas de voir le jour.
Michel Gondry a été frappé du syndrome « mon gros budget nuit à mon originalité ». Il n’est pas le premier à y succomber, mais c’est bien dommage. Pourtant, The Green Hornet aurait pu lui donner l’occasion d’y exprimer tous ses talents. Dans la première partie du film, l’humour est bien plus présent que l’action, le temps que les héros naissent avant de combattre le crime. Mais au lieu de cet humour décalé auquel il nous avait habitué, on a droit à un humour un rien lourdingue et pas toujours très drôle. Là, on se dit que le film est plutôt mal parti.
Puis les scènes d’action prennent la relève. Et là aussi, ça commence doucement, avec des scènes divertissantes mais sans plus, avant un final heureusement plutôt réussi. Enfin, on se situe quand même à des années lumières du moment de jouissance cinématographique pure offert il y a un an par le dernier quart d’heure de Kick-Ass, auquel The Green Hornet fait quand même souvent penser. Enfin, la dernière demi-heure arrive tout de même à nous faire oublier la poussivité du début. Au final, on aura quand même passé un bon moment. Mais c’est vrai qu’on s’attendait à passer un très bon moment.
Ce qui manque vraiment à The Green Hornet, c’est un début de commencement de politiquement incorrect, de provocation ou d’anticonformisme. On l’espère, on l’attend, mais jamais il ne vient, ce qui nous laisse considérablement sur notre faim. Et on se demande comment le réalisateur d’OVNI cinématographique comme Eternel Sunshine of the Spotless Mind ou Soyez Sympas, rembobinez a pu signer un film si conventionnel.
Il faut dire que le duo d’acteurs occupant le haut de l’affiche est plutôt pâlot. Seth Rogen, pourtant très impliqué dans un projet dont il est aussi scénariste, manque passablement de charisme et fait beaucoup trop transparaître son passé d’acteur de grosses comédies qui tâchent. Son comparse, Jay Chou, fait guère mieux et ne fera certainement pas oublié Bruce Lee.
Heureusement, ils font face à Christoph Waltz, l’acteur génial révélé par Inglorious Bastard. Il est peut-être ici moins inspiré que sous la caméra de Quentin Tarantino, mais il se démarque largement du reste du casting. On pourra toujours objecter que Cameron Diaz fait preuve elle-aussi de son charisme habituelle, mais son rôle ne lui permet pas de briller spécialement.
Au final, si The Green Hornet avait été réalisé par n’importe quel réalisateur débutant, on aurait pu apprécier pleinement ce divertissement agréable. Mais il est difficile d’oublier ce qu’il aurait pu être si Michel Gondry avait fait preuve de la même créativité qu’à son habitude.
Fiche technique : Production : Original Films, Columbia Pictures Distribution : Sony Pictures Réalisation : Michel Gondry Scénario : Seth Rogen, Evan Goldberg Montage : Michael Tronick Photo : John Schwartzman Décors : Owen Paterson Musique : James Newton Howard Durée : 117 mn
Casting : Seth Rogen : Britt Reid, Le frelon vert Tom Wilkinson : Jaùes Reid Christoph Waltz : CHudnofsky Cameron Diaz : Lenore Jay Chou : Kato Edward James Olmos : Axford Edward Furlong : Tupper David Harbour : Scanlon
Certains albums méritent une deuxième écoute, voire une troisième ou une quatrième. C’est visiblement le cas de Me and Armini d’Emiliana Torrini. Un album que j’avais écouté sur Deezer, il y a de nombreux mois déjà et qui m’avait autant déçu que j’aime le single Jungle Drum, ce qui n’est pas peu dire. Malgré ça, je n’ai pas pensé à le retirer de ma liste de CD à écouter… J’ai donc décidé de lui laisser une seconde chance. Même si l’enthousiasme n’est toujours pas au rendez-vous, je ne le considère plus avec la même oreille.
Emiliana Torrini est une chanteuse… islandaise, née de père italien. Elle s’est fait connaître notamment en interprétant Gollum’s song, la chanson du générique de fin des Deux Tours, deuxième volet du Seigneur des Anneaux… Remarquez « fait connaître » est un bien grand mot puisque j’ai eu connaissance de cette information, il y a à peu près… trente secondes en allant sur Wikipedia. Pourtant ce morceau est une de mes chansons préférées, dont j’étais effectivement incapable de nommer l’interprète. En tout cas, Me and Armini est son 5ème album, sorti en 2008, et premier à connaître un succès international aussi large.
En fait, j’ignorais également qu’elle était islandaise avant de consulter sa page Wikipedia. Mais cela ne m’a pas tant étonné que ça puisque j’avais prévu de consacrer une large partie de cette critique sur le fait que la musique d’Emiliana Torrini rappelle souvent celle de… Björk. Tout de suite, cette ressemblance est nettement moins étonnante. Bon, d’un point de vue personnel, c’est un peu embêtant car parmi les artistes que je ne supporte pas, figure justement Björk. Donc autant vous dire que les morceaux de Me and Armini où le parallèle est le plus frappant ne sont pas ceux qui m’ont le plus enthousiasmé.
Bon, pour être honnête, à part Jungle Drum, aucun titre ne m’enthousiasme vraiment. Ce dernier le fait assez pour que cet album ne rejoigne pas directement le néant et l’oubli. Cependant, malgré cette deuxième écoute plus positive, je ne peux que conserver la déception due au fait que le reste ne soit pas du même acabit. En fait, ce single n’est pas du tout caractéristique des morceaux que l’on trouve sur Me and Armini. Un tube bourré d’énergie et onze autres chansons sur le mode ballade douce. Je ne m’attendais pas du tout à ça la première fois, c’est sans doute pour ça que j’ai eu cette réaction si négative. Au deuxième essai, j’ai pu lui laisser une chance.
Mais force est de constater que ces ballades restent relativement hétérogènes niveau qualité. On passe du folk à l’électro, mais les titres donnent quelque peu l’impression de tourner en rond. Après la dernière plage, on se dit qu’il était temps que ça s’arrête car Emiliana Torrini n’avait plus rien à nous apporter. On retiendra tout de même les morceaux Birds, Ha Ha et surtout Beggar’s Prayer. Le reste est beaucoup plus moyen, surtout pour un allergique à Björk comme moi. Heard it all Before, Hold Heart et Dead Duck sont les trois morceaux que je jetterai si on m’avait demandé mon avis. On ne me l’a pas demandé, mais ça ne m’empêche pas de le donner.
Reste la voix d’Emiliana Torrini. Si je la trouvais sublime dans Gollum’s Song, dans les titres de Me and Armini, elle touche à ses limites. Or, quand on tourne autant sur le registre de la ballade, on se doit de posséder un organe particulièrement envoûtant. Ce n’est pas le cas, même s’il possède une vraie personnalité. Cependant, je trouve le mieux mis en valeur dans un titre plus énergique comme Jungle Drum.
On retiendra donc de Me and Armini un titre génial et le reste plus moyen et assez inégal. Mais je reste persuadé que les amateurs de ballades électro auront un bien meilleure opinion que moi sur cet album qui, sans se démarquer spécialement, reste plutôt réussi.
Pour finir, faisons le tour des titres que l’on trouve sur Me and Armani.
1.: Fireheads Un rock tout en retenue, comme s’il s’agissait de l’introduction d’un titre qui ne démarrerait jamais.
2.: Me And Armini La voix d’Emiliana Torrini se superpose à un rythme plutôt qu’à une réelle mélodie. La voix est belle, mais sans être exceptionnelle.
3.: Birds Une ballade douce, sucrée et surtout très sympa.
4.: Heard It All Before Un rythme envoûtant pour une chanson qui rappelle fortement Björk. Problème… Je déteste Björk !
5.: Ha Ha Une ballade assez sombre, mais assez réussie.
6.: Big Jumps Un morceau enjoué et entraînant.
7.: Jungle Drum Le tube de l’album, bourré d’énergie. Vraiment enthousiasmant !
8.: Hold Heart Une chanson douce, accompagnée à la guitare, mais un peu décousue… Rappelle une nouvelle fois l’autre grande star islandaise.
9.: Gun Un titre qui donne la même impression que celui qui ouvre l’album.
10.: Beggar’s Prayer Un morceau doux et épuré, plus folk que les précédents, mais très bon.
11.: Dead Duck Un titre électro, sans intérêt.
12.: Bleeder Une nouvelle chanson douce et épurée pour finir, mais qui n’apporte rien de nouveau.
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