J’ai une carte UGC et du coup, je me permets d’aller voir des films pour lesquels je n’aurais jamais payé. C’est le cas de Very Bad Cops, comédie à l’humour qui tâche, dont la bande-annonce ne me disait rien, mais pour qui les critiques sont plutôt bonnes, y compris celle de Télérama, pourtant pas toujours fan de ce genre de films. Et au final, je suis plutôt heureux de m’être laissé tenté.
Allen Gamble est un flic plus à l’aise dans la paperasse que sur le terrain. Terry Hoitz rêve de gloire, mais sa carrière est sérieusement compromise depuis qu’il a tiré sur la star de l’équipe de base-ball de New York, le prenant pour un déliquant. Les deux équipiers vivent à l’ombre des inspecteurs Highsmith et Danson, les superstars de la police New-Yorkaise. Mais un événement inattendu va enfin leur donner l’occasion de briller.
Autant être clair tout de suite, Very Bad Cops est à des années-lumière de Very Bad Trip, même si les traducteurs ont cherché à faire un parallèle entre les deux. En effet, en VO, le film s’appelle… The Other Guys. On n’est donc pas ici face à un chef d’œuvre d’intensité humoristique, mais face à une bonne grosse comédie assez inégale, parfois bien lourde, mais qui compte de vrais moments d’hilarité pure. Et ces derniers sont suffisamment nombreux pour sauver le film.
Vous l’aurez compris, on n’est pas ici face à de l’humour subtil, entre deuxième et douzième degré. Non, Very Bad Cops, c’est du premier degré, encore du premier degré et toujours du premier degré. Au moins au niveau de l’humour parce que je trouve qu’il y’a dans ce film une petite morale très pertinente et qui est amenée beaucoup plus intelligemment que dans bien des films plus sérieux, où elle arrive avec ses gros sabots.
Ce qui marche le moins bien dans Very Bad Cops, ce sont les seconds rôles, qui constituent pourtant généralement une grande force de ce genre de comédies américaines. Mais ici, que ce soit Eva Mendes (aaaaaaaaaaaaaaaaah Eva !!!) ou Michael Keaton, ils apportent plus de lourdeur qu’un réel impact comique. Leurs personnages respectifs sont très très mal exploités et tombent assez à plat. Les deux acteurs ont l’air de s’amuser, mais ont bien du mal à transmettre quoique ce soit au spectateur. Après, pour Eva, reste le plaisir des yeux.
Par contre, le duo Will Ferrel-Mark Whalberg fonctionne lui parfaitement, l’un dans son élément, l’autre totalement à contre emploi. Eux aussi s’amusent, mais cette énergie est cette fois largement partagée avec une salle souvent hilare. Ils ont aussi le bon goût de ne pas en faire trop, même quand ils sont amenés à partir dans des délires des plus complets. Bien sûr, Will Ferrel est nettement plus démonstratif que son partenaire, mais Mark Whalberg ne donne pas sa part au chien et joue la carte de l’autodérision à fond.
Very Bad Cops ne vaut peut-être le prix d’une place de cinéma, mais pour quelques moments de rigolade mémorables, ce film pourra agréablement occuper une soirée où votre cerveau aura envie de se reposer.
Fiche technique :
Production : Colombia Pictures, Sony Pictures Home Entertainment, Mosaic Media Group, Gary Sanchez Productions
Distribution : Sony Pictures Releasing France
Réalisation : Adam McKay
Scénario : Adam McKay, Chris Henchy
Montage : Brent White
Photo : Oliver Wood
Format : 35mm
Décors : Clayton Hartley
Musique : Jon brion
Durée : 107 mn
Casting :
Will Ferrell : Allen Gamble
Mark Wahlberg : Terry Hoitz
Eva Mendes : Sheila
Michael Keaton : Le capitaine Mauch
Steve Coogan : Ershon
Samuel L. Jackson : Highsmith
Dwayne Johnson : Danson


L’aspect carte postale n’est peut-être qu’un gadget, mais pose une question qui divise tous les cinéphiles depuis des siècles (oui bon, ok, depuis 115 grand maximum) : de belles images suffisent-elles à faire un bon film ? Je suis plutôt partisan du non, mais je dois admettre que cela peut apporte néanmoins un vrai plus à une production qui possède d’autres qualités par ailleurs. C’est le cas de The American où les plans sur les paysages sont un petit régal pour les yeux.

La relation entre Guillaume Canet et François Cluzet fonctionne visiblement parfaitement. Le réalisateur et l’acteur nous avaient enchanté dans Ne le Dis à Personne et ils remettent ça dans les Petits Mouchoirs. François Cluzet est ici tout simplement énorme, apportant à lui seul une large part de l’aspect comique de ce film. Son personnage n’est peut-être pas le plus intéressant en soi, mais il agit comme une sorte de liant qui fait que la recette preparée par le chef Canet est une totale réussite.

Le récit contemporain et la quête d’identité, elle, fonctionne peut-être un tantinet moins bien. Certes, il faut la prendre au second degré pour apprécier pleinement l’humour qui la parcourt. Mais il faut avouer que, comme Evelyn attendant avec impatience la suite des récits de Ninny, le spectateur attend lui aussi que l’intrigue nous rapatrie vers le passé. Mais bon heureusement, Evelyn est interprété par l’immense et talentueuse Kathy Bates, alors on ne passe pas non plus un mauvais moment.
Bon, ne croyez pas non plus que Vous Allez Rencontrer un Bel et Sombre Inconnu soit désagréable à suivre. On est face à un bon vaudeville, bien foutu, dirigé de main de maître et aux dialogues de haut niveau. Mais ceux qui connaissent bien l’œuvre de Woody Allen ne pourront être que déçus par un manque totale de surprise. Les autres y trouveront certainement beaucoup plus de plaisir. 

Dernier pilier sur lequel s’appuie l’étonnante réussite de The Social Network, l’interprétation. Car pour débiter autant de dialogues tranchants à la seconde, il faut bien des acteurs capables de les servir avec talent. Le premier d’entre eux est le futur plus jeune Oscar du meilleur acteur de l’histoire, Jesse Eisenberg. Bon, je m’avance peut-être un tantinet, mais je serai quand même prêt à miser quelques euros sur ses chances de remporter la précieuse statuette. Certains trouveront peut-être lassant de récompenser systématiquement des acteurs pour leur talent mimétique, mais il est vrai que la ressemblance avec le vrai Mark Zuckerberg est absolument frappante. Mais surtout, quelle dextérité dans le débit verbal ! Cependant, la performance de Jesse Eisenberg ne se limite pas à une fantastique élocution, mais c’est surtout la profondeur dont il arrive à doter son personnage qui parachève la réussite totale de ce film.
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