BOXER (The National) : Une belle voix pour un album sans surprise

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boxerthernationalBoxer est le quatrième album studio du groupe The National, un quintette américain à la composition très classique. Un chanteur, deux guitaristes, un bassiste et un batteur. Bref, une formation de rock sans surprise, plutôt pop-folk. Pas des énervés donc, mais un groupe plutôt talentueux, même si assez peu révolutionnaire.

La principale qualité de ce groupe repose sur la voix profonde et caverneuse de leur chanteur, Matt Berninger. Une voix typique de nombreux artistes américains, Johnny Cash ou Nick Cave en tête. Mais il ne se contente pas d’imiter ses aînés et impriment réellement sa propre personnalité sur le son de The National. Les amateurs de ce genre de voix ne devront pas manquer de jeter une oreille à Boxer, notamment au titre Start a War, qui permet de profiter pleinement de la qualité vocale de ce groupe.

Boxer est un album relativement homogène au niveau de la qualité des titres. Quelques uns sont un peu moins bons, mais rien n’est définitivement à jeter. Par contre, l’album ne recèle pas non plus un titre phare, même si pour moi, Slow Show reste le meilleur morceau. Le groupe navigue entre pop, rock et ballades et semble être à partout à l’aise. La profondeur de la voix du chanteur aurait pu les inciter à développer un univers musical plutôt sombre, mais il n’en est rien. Leur musique n’est pas vraiment dansante non plus, mais ne vous donnera jamais envie de vous pendre. Seul le dernier titre, Gospel, est emprunt d’une certaine noirceur, mais le résultat est excellent.

Comme je l’ai déjà évoqué, les morceaux de The National que l’on trouve sur Boxer n’ont rien de très original. Nous sommes là devant un genre musical très classique, que l’on imagine aisément dans une salle perdue au fin fond de l’Ohio, leur état d’origine. Les mélodies et les arrangements sont extrêmement classiques. Il faudrait voir sur scène ce qu’ils ont dans le ventre, car ici la prise de risque artistique est minimale. Mais le résultat reste tout de même plutôt bon et encore une fois, la qualité vocale du chanteur leur donne un petit truc en plus par rapport à une concurrence pléthorique.

The National et leur album Boxer pourra donc ravir les amateurs de « songwriter » américain à la voix caverneuse. Les autres pourront prendre un vrai plaisir à écouter les meilleurs titres de cet album.

Regardons maintenant de plus près les titres que comporte Boxer.

1.: Fake Empire
Une très bonne introduction qui nous fait découvrir immédiatement la magnifique voix de Matt Berninger, derrière laquelle se posent progressivement les différents instruments.

2.: Mistaken For Strangers
Un morceau plus rock et très classique.

3.: Brainy
Une ballade rock plutôt pas mal.

4.: Squalor Victoria
Un morceau un peu répétitif et lancinant.

5.: Green Gloves
Une ballade un rien mélancolique.

6.: Slow Show
Entre rock et pop, un excellent morceau.

7.: Apartment Story
Un titre plus enjoué et toujours très bon.

8.: Start A War
Une chanson simple qui permet de profiter pleinement de la voix du chanteur.

9.: Guest Room
Un morceau un peu moins harmonieux, un peu moins bon.

10.: Racing Like A Pro
Une chanson mélancolique, mais un peu transparente.

11.: Ada
Un titre très pop pas mal du tout.

12.: Gospel
Un morceau sombre, mais très beau qui finit très bien cet album.

CRIME D’AMOUR : Le crime est quand même loin d’être parfait

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crimedamourafficheDans les années 70, Alain Corneau était le spécialiste des films noirs à la française, signant notamment Série Noir, Police Python 357 ou encore le Choix des Armes. Ensuite, il a donné dans des genres divers et variés, du drame historique multicésarisé (Tous les Matins du Monde) à la comédie familiale gentillette (Le Prince du Pacifique). Avec Crime d’Amour, il revient à ses premiers amours. Et le film noir, c’est comme le vélo, ça ne s’oublie pas. Enfin presque…

Isabelle travaille sous les ordres de Christine au sein de l’antenne parisienne d’une grande multinationale. Mais la jeune fille commence à comprendre que sa supérieure, qu’elle admire tant, se sert surtout d’elle et de ses idées, qu’elle s’approprie sans vergogne, pour ses propres fins. Entre les deux femmes, une guerre psychologique sans merci va commencer. A ce jeu-là, Christine semble imbattable.

Crime d’Amour est un thriller sans grande originalité, avouons-le, mais réalisé avec un certain brio. En fait, tout se joue au niveau du scénario. L’intérêt que l’on peu lui porter dépend de la faculté que l’on possède à faire abstraction du manque de crédibilité dont il fait preuve parfois. Personnellement, j’ai beaucoup de mal à croire aux réactions des personnages et à la manière violente dont leur relation évolue. Ca ne m’a pas empêché d’apprécier le film, mais ça laisse un petit goût d’inachevé.

Au-delà de ça, le scénario est plutôt bien construit, réservant surprises, rebondissements et surtout suspense. A partir d’un moment, on comprend à peu près comment cela va se finir, mais on reste intrigué dans l’attente de découvrir le pourquoi du comment. L’intérêt du spectateur est maintenu donc de bout en bout. Cependant, tout ça est un peu froid et ne recèle qu’assez peu d’inattendu et de jamais vu.

La caméra d’Alain Corneau reste une des plus élégante du cinéma français. L’image, les décors, la photographie sont sans fioriture, mais totalement au service des acteurs. Ou plutôt ici de sont duo d’actrices, Ludivine Sagnier et Kristin Scott-Thomas. Si la première s’en sort plutôt bien, la seconde est éblouissante. Ce n’est pas vraiment une surprise quand on connaît son talent. Du coup, sa jeune partenaire a bien du mal à se mettre à son niveau, ce qui n’est pas vraiment un reproche vu les sommets à atteindre, mais cela nuit quand même à l’équilibre général du film qui repose quand même largement sur le duel entre les deux femmes.

crimedamourAlain Corneau signe donc là un bon moment de cinéma « populaire » à la française. Mais comme dans plusieurs de ses œuvre les plus récentes, il se contente de mettre en scène de vieilles recettes de manière un peu paresseuse. Certes le cuisinier a assez de talent pour que le plat se laisse manger avec plaisir, mais on attendait mieux d’un réalisateur qui fut pendant plus de 20 ans un des cinéastes les plus brillants et intéressants du cinéma hexagonal. Il s’agit peut-être là d’un reproche sévère, mais on aurait aimé le voir sublimer le talent de Kristin Scott-Thomas comme il avait su sublimer celui de Patrick Dewaere dans les années 70.

Crime d’Amour peut donc largement attendre un passage télé, qui pourra faire passer une bonne soirée aux amateurs de thriller et autres films noirs.

Fiche technique :
Production : SBS films, Divali films, France 2 cinéma
Distribution : UGC Distribution
Réalisation : Alain Corneau
Scénario : Alain corneau, Natalie Carter
Montage : Thierry Derocles
Photo : Yves Angelo
Décors : Katia Wisztop
Durée : 104 mn

Casting :
Kristin Scott-Thomas : Christine
Ludivine Sagnier : Isabelle
Patrick Mille : Philippe
Guillaume Marquet : Daniel
Olivier Rabourdin : le juge
Gérald Laroche : Gérard 

LE CHOIX QUE JE N’AI JAMAIS EU

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delinquanceLa dérive sécuritaire, teintée de xénophobie, du gouvernement fait couler beaucoup d’encre. Ce qui était sous-jacent depuis plusieurs années se déchaîne avec une telle violence que la majorité semble prête à exploser. C’est surtout la poursuite d’une politique uniquement axée sur la répression, ce qui, partout dans le monde, a prouvé son inefficacité. Mais ce n’est pas grave, on en change pas une politique qui perd, surtout si ça permet de récupérer les électeurs du Front National.

La stigmatisation systématique de franges défavorisées de la population est un exercice auquel la droite s’attelle depuis des décennies. Si les indigents du XIXème siècle ont laissé place aux immigrés, ou Français d’origine étrangère, la logique reste la même. C’est vrai que quand on voit les BMW des caïds des banlieues ou les caravanes luxueuses des Roms, je me demande bien pourquoi j’ai choisi le droit chemin et les études et non la délinquance et le trafic de drogue. Bah oui, au fait, pourquoi ?

Si j’ai réussi à ne pas devenir un délinquant comme toutes ces « racailles », c’est peut-être tout simplement que c’est un choix que je n’ai jamais eu à faire. Ai-je donc vraiment le moindre mérite à être resté sur le droit chemin quand rien, jamais ne m’a incité à en sortir ? Honnête ou malhonnête, voilà bien une question que je n’ai jamais eu à me poser. Quel aurait été mon choix face à cette alternative ? Je l’ignore et je suis très heureux de pas le savoir.

La nature humaine étant ainsi faite, face à un tel choix, il y’en aura toujours pour choisir le mauvais côté. Et vous pourrez réprimer, incarcérer, expulser, karcheriser tant que vous voudrez, vous n’y changerez rien. Lutter réellement contre la délinquance consiste donc à lutter contre les éléments qui mettent des êtres humains face à un tel choix : la misère, l’abandon, l’exclusion.

Porter un jugement moral sur les couches défavorisées dont sont issus nombre de délinquants est dont tout simplement abject. Surtout que certains comportements dans les hautes sphères financières, patronales et politiques montrent bien que l’argent et l’éducation ne rendent pas les humains meilleurs et que son origine sociale ne présage en rien de ses qualités morales.

Evidemment, tout acte de violence et de délinquance est condamnable et doit être condamné. Mais aux dernières nouvelles, nous avons des codes civil et pénal qui permettent largement de le faire. La frénésie législative sarkozienne en matière de sécurité est donc aussi ridicule qu’inefficace et n’a évidemment réglé aucun problème. C’est d’autant plus absurde quand dans le même temps on fait des coupes sombres dans le budget et les effectifs de la police et qu’on ferme des tribunaux. En effet, s’il est largement démontré que si la dureté des peines n’a que peu d’effet sur le taux de récidive, la rapidité des sanctions joue un rôle positif. Et pour que la justice soit rapide, il faut des moyens.

Sur le long terme, la politique socio-économique sarkozienne a évidemment des conséquences encore plus désastreuses. Où est le plan Marshall pour les banlieues qui était promis ? En creusant les inégalités par le bouclier fiscal, le gouvernement n’a fait que renforcer le sentiment d’exclusion ressentie par une partie de la population et a donc largement entretenu le cercle de la délinquance et de la violence.

Mais le pire dans tout ça, c’est que Nicolas Sarkozy en personne est un symbole de ce qui aboutit aujourd’hui à une tension et une violence permanente dans certaines franges urbaines. En tant que Maire de Neuilly, il a combattu le développement d’une vraie mixité sociale sur son territoire avec un cynisme sans borne. Mais comment casser la logique de ghettos, dont les grandes villes françaises ont tant de mal à se sortir, quand les plus aisés s’isolent dans ce qui ressemble à des forteresses pour riches ? Tout cela ne fait que renforcer encore une fois le cercle vicieux de l’exclusion qui entraîne la violence qui entraîne l’exclusion. Et quand il prétend que les habitants de Neuilly y habitent parce qu’ils le méritent, on voit bien à quel point les fondements de son idéologie sont abjects et nauséabonds, sans même parler de leur caractère contre-productifs. Les seuls qui ont du mérite, ce sont ceux qui on fait face au choix que j’évoquais plus haut et qui ont choisit de se battre par les études ou le travail acharné. Ce ne sont pas ceux qui naissent avec une cuillère d’argent dans la bouche et qui sont voués dès leur plus jeunes âges aux grandes écoles.

Nicolas Sarkozy pompier pyromane de la délinquance. Mais en attendant, ce n’est pas lui qui la subit au quotidien. Lutter contre la délinquance est définitivement un travail de longue haleine, qui passe avant tout par des politiques sociale, éducative et urbanistique efficaces et coordonnés. C’est un travail souvent décourageant et dont les résultats peuvent parfois paraître contradictoires, s’il n’est pas généralisé. Car, par exemple, déconstruire un ghetto, peut revenir à renforcer le sentiment d’exclusion de ceux qui restent en l’état. Et évidemment, déconstruire un ghetto ne doit pas être synonyme de concentrer encore plus certaines populations dans le ghetto d’à côté.

Le gouvernement actuel n’a jamais lié ses politiques sécuritaire et sociale. Mais comment le pourrait-il quand cette dernière est inexistante ? Du coup, il se condamne à mener une guerre vaine qui n’aboutira qu’à attiser la haine entre les Français. Et condamne surtout toutes les futures victimes d’une violence qu’ils n’auront pas su (voulu) endiguer.

CLEVELAND CONTRE WALL STREET : Tout simplement passionnant

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clevelandcontrewallstreetafficheL’avocat Josh Cohen, de nombreuses associations et la ville de Cleveland ont tenté de poursuivre les 21 principales banques d’affaires de Wall Street pour les dégâts causés par la crise des subprimes et les multiples expulsions qui en ont découlées. Mais à force de recours et autres procédures menés par les avocats de la défense, le procès est bien partie pour n’avoir jamais lieu. Toute cette affaire était suivie par le documentaliste suisse Jean-Stéphane Bron. L’idée lui alors venu de faire tenir quand même ce procès.

Cleveland contre Wall Street est donc le récit de ce procès, fictif certes, mais réalisé dans des conditions bien réelles, avec un vrai jury, un vrai juge, de vrais témoins, de vrais avocats et un vrai verdict. Il s’agit donc d’un documentaire dans le sens où tout le monde joue son propre rôle et où rien n’a été écrit à l’avance. Il y’a évidemment une part de mise en scène, mais nous ne sommes pas là devant une fiction.

On aurait pu craindre qu’il s’agisse là d’une parodie de procès, d’un procès à charge transformant Cleveland contre Wall Street en pamphlet à la Michael Moore. Mais ce film n’a rien à voir avec son Capitalism : a Love Story car il y’a bien deux avocats. Un représentant les habitants de Cleveland, mais aussi un, et un très bon, pour défendre Wall Street. Il s’agit donc bien là de la confrontation de deux points de vue, une confrontation qui pourra ébranler les plus convaincus.

On ne doute pas une seule seconde vers qui penche le cœur de Jean-Stéphane Bron, mais sa caméra n’interfère jamais dans le débat. On peut soupçonner que cela le démange parfois, mais il saura rester neutre et laisser son expérience se dérouler jusqu’à son terme. On assiste à un affrontement des plus sévères entre deux camps, à coups d’arguments massues et de questions pièges, dignes des meilleur film de procès écrits à l’avance. Beaucoup de témoins sont évidemment des habitants des quartiers pauvres de Cleveland, mais aussi un ancien conseiller à la Maison Blanche et l’informaticien qui a mis au point le logiciel utilisé par les banques pour permettre la titrisation des dettes contractées. Bref, il ne s’agit définitivement pas d’un procès de pacotille.

Ne vous affolez pas, même quand le débat devient un peu plus technique, tout reste clair. N’oubliez pas qu’il s’agit pour les deux avocats de convaincre un jury populaire, donc pas question de les noyer dans un jargon obscur. Il y’a un vrai intérêt pédagogique dans leurs argumentations et donc dans Cleveland contre Wall Street. Ce n’est pas un documentaire sur la crise en elle-même, mais on comprend beaucoup mieux à la vue de ce film comment elle a pu naître.

clevelandcontrewallstreetMais ce qu’il y’a de plus fascinant dans Cleveland contre Wall Street., c’est le débat de fond. Le défenseur de Cleveland en appelle surtout à l’émotion, celui de Wall Street à la raison. En fait, ce film pose de vraies questions philosophiques : quand quelqu’un abuse, de manière légale, de la naïveté d’un tiers, quelle est exactement la responsabilité des deux protagonistes ? En fait, est-on coupable ou victime de sa propre naïveté ? Doit-on défendre les gens contre leurs propres erreurs quand il s’agit d’actes volontaires et réfléchis ? Jusqu’où porte l’excuse de l’ignorance ? Cependant, toutes ces questions ne sont pas traitées ici par un philosophe à la coiffure improbable, mais par un cas concret qui a touché la planète entière et parfois nous-mêmes, directement ou indirectement. Quant aux réponsex, je vous laisse les découvrir en regardant ce film passionnant. En effet, il y’a un vrai suspense quant à l’évolution des débats et quant au verdict final. De toute façon, ce ne sont pas des questions auxquelles on peut répondre de manière absolue et définitive, malgré la tentation de certains de le faire.

Cleveland contre Wall Street est donc un film surprenant, mais surtout passionnant par la forme et le fond. Une vision sur petit écran vous permettra bien sûr d’en apprécier également toutes les qualités, mais ne tardez pas non plus trop, tant le sujet reste encore d’actualité.

Fiche technique :
Production : Les Films Pelléas, Saga production
Réalisation : Jean-Stéphane Bron
Scénario :
Montage : Simon Jacquet
Photo : Julien Hirsch
Distribution : Les films du Losange
Son : Jean-Paul Mugel, Benoît Hillebrant, Stéphane Thiébaut
Durée : 98 mn

SKY BLUE SKY (Wilco) : Ballades en stock

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skyblueskywilcoAprès la découverte de Emily Haines, voici venu un autre joli moment de musique douce avec le groupe Wilco et son album Sky Blue Sky. Il s’agit d’un groupe américain fondé en 1994 et dont la discographie compte déjà 9 albums, celui-ci étant le 8ème. Leur univers musical tourne autour du rock, du pop et de la country… Enfin si j’en crois Wikipedia car cet album est vraiment axé sur le mode ballade.

Sky Blue Sky a reçu de très bonnes critiques lors de sa sortie, avec raison à mon sens. Cependant, si la majorité des titres sont plutôt bons, certains sont plus transparents et surtout il manque un titre se démarquant réellement. Il s’agit là typiquement d’un groupe talentueux, capable d’offrir des albums relativement homogènes en qualité, mais qui ne sait pas produire de gros tubes. C’est sûrement là une des explications de leur relatif anonymat. C’est dommage car je préfère quand même largement ce genre d’album plutôt que ceux qui comptent deux chansons valables et dix sans intérêt.

Sky Blue Sky s’écoute donc avec plaisir, sans forcément retenir l’oreille plus que ça, mais en offrant un peu de douceur et de relaxation. D’ailleurs, les titres les moins bons de l’album sont ceux où ils tentent de mettre un peu plus d’énergie dans leur musique, à l’exception du morceau Walken. Par contre, quand ils restent dans le registre de la ballade, la qualité est toujours au rendez-vous, malgré le plus souvent une grande sobriété.

Le ton des morceaux peut varier, mélancolique ou plus joyeux, mais il est vrai que le rythme reste souvent le même. Mais jamais, je n’ai eu une sensation le lancinement et encore moins d’ennui. Beaucoup de ballades certes, mais pas toujours la même. Il y’a donc à la fois une cohérence artistique et assez de variété pour que Wilco apparaisse comme un groupe réellement intéressant et créatif.

Si vous voulez découvrir ce groupe, je vous conseille de faire un tour sur le site : http://wilcoworld.net puisque vous pouvez écoutez l’ensemble de leur discographie en ligne. Sur les quelques titres que j’ai pu parcourir sur les autres albums, la qualité reste toujours la même et l’ambiance toujours assez calme, même si je suis tombé sur quelques titres un peu plus rock ou pop que ceux que l’on trouve sur Sky Blue Sky. Bref, je pense que je vais étudier leur carrière d’un peu plus près d’ici peu.

Sky Blue Sky est donc un très bon album pour découvrir un groupe méconnu, mais qui gagne à être connu.

Pour finir, regardons de plus près les titres qui composent cet album :

1.: Either Way
Une jolie ballade qu permet d’entrer en douceur dans cet album.

2.: You Are My Face
Une chanson douce, mais peut-être la plus transparente de l’album.

3.: Impossible Germany
Une chanson plus rythmeé à laquelle il manque cependant une petite étincelle.

4.: Sky Blue Sky
Une ballade très simple mais assez belle.

5.: Side With The Seeds
La voix ici se lâche…un peu.

6.: Shake It Off
Une alternance de passages calmes et simples et de passages plus rock. Mais le groupe se montre moins à l’aise lors de ces derniers.

7.: Please Be Patient With Me
Une ballade sobre mais très belle.

8.: Hate It Here
Un morceau plus rythmé, plus pop et mal du tout.

9.: Leave Me (Like You Found Me)
Une ballade mélancolique, encore une fois très réussie.

10.: Walken
Un titre plus énergique, mais plutôt bon.

11.: What Light
Une ballade rythmée et dynamique, et surtout très réussie.

12.: On And On And On
Une ballade pop-rock gentillette, mais qui constitue une très bonne fin pour cet album.

DES RETARDS AU DEMARRAGE

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demarrageOM2010Marseille a raté son début de championnat. Trois points en trois matchs, ce n’est pas vraiment des résultats dignes d’un champion sortant… Mais voilà, si on regarde de plus près le classement actuel du championnat, on s’aperçoit vite qu’aucun candidat crédible au haut du tableau n’a démarré le championnat sur les chapeaux de roue. Le mien parti est Rennes, mais avec 5 points, il n’a jamais que 2 points d’avance sur l’OM ou Bordeaux, dont on a pourtant beaucoup parlé du départ catastrophique. Le PSG semblait seul en position de s’échapper, mais le hold-up girondin l’a renvoyé aussi sec dans le peloton des favoris.

Ce début plutôt étrange de championnat renvoie tout de même à une constante de notre championnat que sept ans de domination lyonnaise nous ont parfois fait oublier. Car depuis 1992, en dehors de l’OL, aucun club n’a su conserver son titre. Mais cette rotation se fait à tous les niveaux et notamment pour les places européennes. Cela n’est pas sans poser problème car beaucoup de nos représentants se présentent avec un indice UEFA individuel très faible et hérite du coup de tirage très défavorables, comme Auxerre cette année.

Ces dernières saisons, on a beaucoup parlé d’un début de Big Four à la française. Mais cette idée fut déjà largement battue en brèche la saison dernière. Et le début de la nouvelle semble démontrer une nouvelle fois que les cartes ont à nouveau été totalement rebattues lors de l’intersaison. Tant mieux pour le suspense. Pour la compétitivité européenne de nos clubs, il est moins évident que cela constitue une bonne nouvelle.

LA VIE PASSIONNEE DE VINCENT VAN GOGH : L’âge d’or d’Hollywood en peinture

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laviepassionneedevincentvangoghafficheCertains personnages historiques, au-delà des raisons de leur célébrité, sont légendaires par les aspects épiques ou dramatiques de leur existence. Vincent Van Gogh en fait partie, lui qui avant de devenir le peintre le plus célèbre de l’histoire, est mort aux portes de la folie, en ayant vendu quasiment aucune toile de son vivant (ce qui, avec le recul, est quand même sidérant). Il était normal que le cinéma s’empare du personnage, ce qu’elle a fait notamment en 1956, avec la Vie Passionnée de Vincent Van Gogh, de Vincente Minelli, avec Kirk Douglas et Anthony Quinn.

Le jeune Vincent Van Gogh cherche sa voie. Il marche d’abord sur les traces de son père, pasteur, mais se révèle trop exalté et déplaît vite à la hiérarchie ecclésiastique. Il se réfugie alors dans le dessin, une passion qui va le conduire au destin romanesque que l’on connaît.

Vincente Minelli, Kirk Douglas, Anthony Quinn, autant de noms qui évoquent l’âge d’or d’Hollywood. La Vie Passionnée de Vincent Van Gogh est un film typique de cette époque, avec ses décors colorés et peints, des acteurs qui surjouent quelque peu et des personnages aux caractères bien tranchés. Ajoutez à ça quelques clichés et une reconstitution des Pays-Bas et de la France du XIXème siècle un peu carte postale et vous obtiendrez un beau classique du 7ème art délicieusement désuet.

Mais La Vie Passionnée de Vincent Van Gogh est aussi l’occasion d’admirer un duo d’acteurs comme le cinéma en a peu connu. Kirk Douglas tient ici un de ses plus grands rôles, ce qui n’est pas peu dire. Le film nous rappelle que si son fils est un bon acteur (et le mari de Catherine Zeta-Jones accessoirement, ce que je trouve très injuste), lui fut un des plus grands comédiens de l’histoire d’Hollywood. Et à ses côtés, c’est pas mal non plus avec Anthony Quinn dont l’apparition est somme toute relativement brève mais lui valut tout de même un Oscar.

laviepassionneedevincentvangoghLa caméra de Vincente Minelli est celle d’un des maîtres d’Hollywood. Ce qui l’intéresse, c’est de mettre en valeur les acteurs qu’il dirige. Tout le reste n’est que l’écrin dans lequel ils pourront s’épanouir et donner le pleine mesure de leur talent. Bien sûr, ils ont un peu tendance à tout jouer comme s’il s’agissait une tragédie grecque (en fait, je ne suis pas vraiment sûr qu’on ait l’obligation de surjouer les tragédies grecques), mais c’était le style de l’époque où le spectateur n’était pas inondé d’images à la télévision et où grand spectacle ne voulait pas dire son THX et effets spéciaux à la chaîne.

Cependant, La Vie Passionnée de Vincent Van Gogh n’est pas non plus le plus extraordinaire classique de l’histoire du cinéma. Rien que pour Vincente Minelli, on préfèrera Un Américain à Paris (dans le genre carte postale !), Celui par qui le scandale arrive ou les 4 Cavaliers de l’Apocalypse. Mais il est à conseiller à tous ceux qui aiment les vieux classiques et accessoirement la peinture. Sans avoir valeur de documentaire, ce film permet au moins de mieux se rendre compte de l’évolution de l’œuvre du peintre, de nombreux plans passant d’un décor au tableau original.

La Vie Passionnée de Vincent Van Gogh n’est pas donc pas le classique indispensable à tout cinéphile qui se respecte, mais ne nuira à la culture de personne.

Fiche technique :
Titre : La Vie passionnée de Vincent van Gogh
Titre original : Lust for Life
Réalisation : Vincente Minnelli
Scénario : Norman Corwin d’après le livre de Irving Stone
Production : John Houseman et Jud Kinberg
Musique : Miklós Rózsa
Photographie : Russell Harlan et Freddie Young
Montage : Adrienne Fazan
Décors : F. Keogh Gleason et Edwin B. Willis
Costumes : Walter Plunkett
Pays d’origine : États-Unis
Société de production : MGM
Format : Couleur (Metrocolor) — 2.35:1 CinemaScope — 35 mm :
Genre : Drame, biographie
Durée : 122 minutes
Date de sortie :
17 septembre 1956 aux États-Unis
En 1957 en France

Casting :
Kirk Douglas : Vincent Van Gogh
Anthony Quinn : Paul Gauguin
James Donald : Theo Van Gogh
Pamela Brown : Christine
Everett Sloane : Docteur Gachet
David Bond : Georges Seurat
Laurence Naismith : Docteur Bosman
Isobel Elsom : Madame Stricker
Niall MacGinnis : Roulin
Noel Purcell : Anton Mauve
Henry Daniell : Theodorus Van Gogh
Madge Kennedy : Anna Cornelia Van Gogh
Jill Bennett : Willemien
Lionel Jeffries : Docteur Peyron  

THERE IS A RIOT GOIN’ON (Sly and the Family Stone) : Après l’enthousiasme, la déception

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thereisariotgoinonslyandthefamilystoneIl y’a deux jours, je vous avais fait part de mon enthousiasme concernant Stand!, un album de Sly and The Family Stone qui a exercé une large influence à l’époque et encore aujourd’hui. Dans la foulée, j’ai écouté There is a Riot Goin’on, sorti en 1971, qui est l’album suivant dans la discographie du groupe. Malheureusement, je n’ai pas vraiment accroché à cette ambiance fort différente.

There is a Riot Goin’on est doté d’une ambiance beaucoup plus sombre et n’a donc ni l’énergie, ni le caractère festif et dansant des précédentes œuvres du groupe. Il y’a là une volonté de proposer une musique en relation avec les sujets traités. Les thèmes abordés restent les mêmes : le racisme et l’intolérance, mais cette fois sur un ton nettement plus sérieux.

Malgré mon bon niveau d’anglais, il m’est quand même très difficile d’apprécier les textes pour la qualité de leur contenu et je peux donc difficilement baser mon jugement là-dessus. Il me reste donc l’impression que m’a fait la musique et cette dernière est plutôt mitigée. Certaines chansons ne manquent pas de qualité, mais le tout ne m’a pas réellement fait vibrer, comme a pu le faire Stand!.

There is a Riot Goin’on comporte essentiellement des titres funk, mais joués sur un rythme beaucoup plus lent que ce qu’on a l’habitude d’entendre. Cela aurait pu constituer un mérite en soi, si, répété sur toute la longueur d’un album, cela n’aboutissait avant tout à un manque d’intérêt de la part de l’auditeur, qui a vite tendance à ne plus jeter qu’un oreille distraite à ce qu’il entend.

Pourtant, le talent reste le même. On sent bien qu’il ne manque pas grand chose à beaucoup des morceaux qui composent There is a Riot Goin’on pour s’enflammer. Mais le choix a été fait de reste toujours en-dedans et de conserver cette ambiance sombre et peu enjouée. C’est une démarche artistique volontaire et respectable, mais l’effet est surtout de provoquer une certaine déception. La qualité des grands artistes est de savoir se renouveler et le moins que l’on puisse dire c’est que cet album sonne vraiment différemment que le précédent. Malheureusement, ça ne suffit pas pour provoquer le même enthousiasme.

Si on devait tout de même retenir deux morceaux, je choisirais Poet et Running Away, qui se distinguent par leur rythme un peu plus rapide et énergique. C’est peut-être la preuve que je n’ai pas su apprécier cet album à sa juste valeur parce que j’y attendais un musique plus proche de celles de Stand!. Mais je reste tout de même relativement déçu par There is a Riot Goin’on.

There is a Riot Goin’on montre que Sly and the Family Stone a su donner une personnalité différente à chacun de leurs albums. Mais pour le coup, pas sûr que cela ait été une si bonne idée que ça.

Faisons le tour des titres de cet album :

1.: Luv ‘n’ Haight
Un funk très classique, mais quelque peu lancinant

2.: Just Like A Baby
Une ballade sans grand relief.

3.: Poet
Un funk au rythme lent mais chaloupé.

4.: Family Affair
La voix prend ici le pas sur l’instrumentation, un peu dans le style crooner.

5.: Africa Talks To You ‘The Asphalt Jungle’
Un titre chanté en chœur mais sans donner une dimension supplémentaire.

6.: There’s A Riot Goin’ On
Une plage de 4 secondes de silence pour montrer leur opposition à toute forme de violence.

7.: Brave And Strong
Un son plus années 60, mais joué en-dedans

8.: You Caught Me Smilin’
De la puissance dans la voix, mais le reste ne suit pas.

9.: Time
Un rythme lent, presque un slow. Mais il manque toujours ce petit quelque chose.

10.: Spaced Cowboy
Le chant est ici murmuré, ce qui donne une impression étrange, mais d’un intérêt limité.

11.: Running Away
Une chanson enjouée et agréable.

12.: Thank You For Talkin’ To Me Africa
Une chanson à l’image de l’album…

EXPENDABLES, UNITE SPECIALE : Les papys font de la résistance

expendablesaffiche

expendablesafficheDans les années 80 et 90, le cinéma hollywoodien a fait naître une nouvelle sorte de héros dont le taux de testostérone était généralement proportionnel à la taille de ses biceps et sa capacité à flinguer les méchants vilains. Leurs chefs de file s’appelaient Stallone et Schwarzenegger, auxquels sont venus s’adjoindre un peu plus tard Bruce Willis et l’inénarrable Jean-Claude Van Damme. Puis les effets spéciaux et les 3D sont venus peu à peu les pousser à la retraite, voire même vers un poste de gouverneur de Californie. Mais heureusement, un homme s’est levé, a sonné le rappel de tous ses anciens compagnons d’armes et a lutté pour nous montrer qu’ils en avaient encore dans le ventre. Le résultat est Expendables, Unité Spéciale, un moment de cinéma jouissif et réjouissant.

Barney Ross est le leader d’un groupe de mercenaires qui luttent toujours pour le bien. Un jour, la CIA fait appel à lui pour se délivrer un petit pays d’Amérique Latine d’une terrible dictature. D’abord méfiant, il se rend sur place et voyant les atrocités que subissent la population (et accessoirement pour les beaux yeux d’une femme), il décide d’intervenir.

Expendables, Unité Spéciale est doté d’un scénario extrêmement basique. Mais dans ce genre de film, le scénario est le truc pas très utile qui impose des moments de répits entre les scènes d’action. A la limite, on s’en passerait bien. Donc, franchement, rien à dire à ce niveau là, si on veut assiste à une intrigue complexe, on va voir un autre film.

Expendables, Unité Spéciale, c’est avant tout le plaisir de voir réuni un tel casting. Il fallait bien un Stallone devant et derrière la caméra pour rameuter tout ce beau monde. Même Arnold Schwarzenegger a accepté de faire une courte apparition, sa première au cinéma depuis son élection. Bruce Willis n’est là lui aussi que pour le clin d’œil et on regrettera l’absence de notre Belge aware préféré. Le rôle de Mickey Rourke, même s’il est plus long, est lui aussi avant tout symbolique.

Car c’est le duo Stallone-Statham, largement épaulé par Jet Li, qui occupe le haut de l’affiche d’Expendables, Unité Spéciale mais surtout toute la largeur de l’écran. Bien sûr, les années ont passé mais Sylvester met toute son énergie pour nous prouver qu’il conserve de beaux restes. Ce n’est pas toujours hyper crédible, mais franchement, on a envie d’y croire et de le retrouver comme aux plus beaux jours. Alors on ferme les yeux sur les moments où les poids des ans devraient logiquement se faire sentir. A ces côtés, John Statham reste fidèle à lui-même, c’est à dire sans aucun talent d’acteur, mais avec tout de même un fort charisme à l’écran.

expendablesMais là encore, on n’est pas non plus venu pour assister à des rôles des composition. On veut du tactactactac, du vlan, du boum, du paf, du bing, du pan ! Bref, de l’action, de l’action et encore de l’action, avec si possible quelques poursuites, de belles bagarres, beaucoup de fusillades où les méchants tirent aussi incroyablement mal que les gentils visent incroyablement bien et tout plein de jolies explosions. Et pour tout ça, le final de Expendables, Unité Spéciale vous ravira en vous offrant un délire pyrotechnique démesuré mais réjouissant. Mais le reste du film n’est pas en reste avec beaucoup d’autres moments de bravoure survitaminés, pleins de bruits et de fureur, le tout sur un rythme qui ne laisse au spectateur que peu de temps au spectateur pour reprendre sous souffle.

Expendables, Unité Spéciale est donc un hommage à un cinéma un peu désuet désormais mais qui garde son caractère extrêmement jouissif quand il est bien fait. Et qui mieux que Stallone et ses amis pouvaient le faire revivre ?!

Fiche technique :
Production : Nu Image Films, Millenium Films
Distribution : Metropolitan FilmExport
Réalisation : Sylvester Stallone
Scénario : David Callaham, Sylvester Stallone
Montage : Ken Blackwell, Paul Harb
Photo : Jeffrey Kimball
Format : 35mm
Décors : Franco-Giacomo Carbone
Musique : Brian Tyler
Directeur artistique : Daniel Flaksman
Durée : 105 mn

Casting :
Sylvester Stallone : Barney Ross
Jason Statham : Lee Christams
Dolph Lungren : Gunnar Jensen
Jet Li : Yin Yang
Mickey Rourke : Tool
Eric Roberts : James Monroe
Bruce Willis : Mr Church
Terry Crows : Hale Caesar
Arnold Schwarzenegger : Trench 

KNIVES DON’T HAVE YOUR BACK (Emily Haines and the Soft Skeleton) : Un beau voyage musical au fil d’une voix

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kinvesdonthaveyourbackemilyhainesC’est incroyable ce que l’on peut faire avec une voix, un piano et beaucoup de talent. Emily Haines en est la preuve avec son album Knives Don’t Have your Back. Des chansons très simples avec les mêmes ingrédients mais qui arrivent tout de même à être différentes les unes des autres. Un miracle ? Non juste un formidable talent vocal.

Emily Haines est la chanteuse canadienne du groupe Metric, dont j’ignorais totalement l’existence avant de me renseigner sur Wikipedia. Knives Don’t Have your Back est un de ses deux albums solo. Le premier est sorti en 1996 (Cut in Half and also Double), celui là en 2006.

Knives Don’t Have your Back, c’est donc une voix, un piano et des chansons douces. Elles sont toutes sur un rythme de ballade assez lente et on aurait pu craindre que toutes les chansons se ressemblent du coup. Mais le travail de mixage et surtout les variations dans la voix nous font passer d’un univers musical à l’autre. Alors bien sûr, aucune chanson ne ressemble à du AC/DC. Et si la parenté avec Norah Jones est la plus évidente, certains titres ont un petit quelque chose de Portishead, Massive Attack ou encore Bjork.

Certains pourront être étonnés que du coup, j’ai beaucoup apprécié Knive Don’t Have your Back puisque je suis loin d’être amateur des œuvres des deux derniers artistes que j’ai cités. Mais voilà, Emily Haines fait du Massive Attack ou du Bjork…en mieux ! Bon évidemment, c’est un avis personnel que l’on est pas du tout forcé de partager. Et puis les fans pointilleux m’expliqueront qu’en fait tous ces artistes n’ont rien à voir les uns avec les autres. Enfin, certains titres de cet album m’ont tout de même fait vraiment pensé à ces différents univers musicaux. Cependant, il est vrai que l’album aurait quand même peut-être gagné à compter un ou deux morceaux un peu plus rythmés et entraînants.

Knive Don’t Have your Back n’est pas donc pas fait pour les jours où vous avez une folle envie de vous trémousser. Il est nettement plus adapté aux jours où vous avez simplement envie de vous faire bercer par une voix sublime et de la musique douce et envoûtante. A part éventuellement le tire Last Page, il n’y a vraiment rien à jeter dans cet album qui brille par sa densité. On passe d’une plage à l’autre avec toujours le même bonheur et la même impatience de savoir où la voix de Emily Haines va bien pouvoir nous emmener cette fois-ci.

Knive Don’t Have your Back est donc un excellent album, où la simplicité des morceaux n’empêchent pas de voyager dans différents univers musicaux.

1.: Our Hell
Une ballade au piano qui fait immédiatement pensé à du Norah Jones.

2.: Doctor Blind
La voix se fait ici plus profonde, plus chaude. Il fait du coup penser à l’univers musical de Portishead.

3.: Crowd Surf Off A Cliff
La voix d’Emily Haines paraît ici plus distante, plus évaporée, un peu comme du Massive Attack. Mais le résulta reste fascinant.

4.: Detective Daughter
Ca ressemble à du Bjork… en mieux !

5.: Lottery
La voix redevient beaucoup naturelle et c’est encore ce qu’il y’a de mieux.

6.: Maid Needs A Maid
Une ballade sur un ton plus mélancolique, avec des solos de piano plus longs.

7.: Mostly Waving
Un morceau plus sombre qui prend aux tripes.

8.: Reading In Bed
Une ballade très simple, mais surtout très belle.

9.: Nothing And Nowhere
Le voix est à nouveau plus distante et évaporée, mais cela reste toujours aussi beau.

10.: Last Page
Un morceau qui fonctionne un peu moins bien.

11.: Winning
Une dernière très belle ballade pour parfaitement pour finir.