THE KILLER INSIDE ME : Troublant, mais pas tant que ça

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thekillerinsidemeafficheDans une histoire, le personnage le plus intéressant est souvent le méchant. En effet, il est souvent bien plus ambiguë, subtil et torturé que le héros. Alors, il est tentant de se passer de ce dernier et de simplement raconter l’histoire d’un méchant. C’est le cas de The Killer inside Me, qui nous fait découvrir un personnage qui n’aurait pu être qu’un brave Américain moyen, s’il n’avait une fâcheux penchant pour le meurtre.

Lou Ford est le jeune adjoint du shérif. Un jour, il est chargé de demander à une prostituée de mettre fin à ses activités. Mais au lieu de ça, une fessée plus tard, il débute une histoire d’amour torride avec elle. Le couple décide alors de partir loin tous les deux. Pour ça, il leur faut de l’argent. Elle lui propose alors de faire chanter le fils du magnat du coin, qui est fou amoureux d’elle. Mais Lou n’a pas vraiment l’intention de respecter à la lettre le plan qu’elle a fomenté.

The Killer inside Me est donc le portrait d’un tueur pas tout à fait en série mais presque. Ce n’est pas vraiment un sujet super original et ce film ne révolutionnera pas le genre. L’univers de l’Amérique profonde et ses conventions sociales bien établies n’est pas non plus un décor inconnu du cinéphile, tant il est propice à y faire évoluer des personnages qui tranchent avec le conformisme ambiant. Bref, nous sommes là devant des éléments sans grande surprise. Evidemment, ce film est plutôt original au vu de la majorité des productions d’Outre-Atlantique, mais dans la catégorie film indépendant original… et bien il ne brille pas spécialement par son originalité.

Mais The Killer inside Me reste tout de même un exercice de style un peu convenu, mais tout à fait réussi. Sa réussite repose avant tout sur la personnalité de Casey Affleck qui entre dans la peau de son personnage à la perfection. Cela serait inquiétant quant à d’éventuels penchants pervers, mais le frère de Mister J’ai une Moumoute mais je n’Assume pas nous a déjà prouvé à plusieurs reprises que son talent d’acteur est assez remarquable pour dissiper toutes les craintes à ce sujet. Nous voilà donc rassurés.

thekillerinsidemeThe Killer inside Me ressemble aussi à un exercice de style dans sa forme. Réalisation soignée, rythme narratif un peu lent, là encore l’anticonformisme est un peu trop attendu et donc un peu trop conformiste. Michael Winterbottom fait preuve d’une réelle maîtrise artistique, mais sont travail manque un peu trop de personnalité pour dépasser l’admiration polie et tomber dans le vrai enthousiasme. A trop vouloir bien faire, le réalisateur a un peu trop lissé son œuvre, nous empêchant d’apprécier pleinement l’ambiguïté dérangeante de son personnage.

Enfin, un détail en rebutera peut-être certains, c’est l’absence quasi-totale d’humour. En effet, The Killer inside Me est un film totalement au premier degré. Le décalage entre la vraie nature du personnage et son environnement n’est pas du tout exploité comme un ressort d’ironie ou d’humour noir, comme dans la série Dexter par exemple. Il s’agit vraiment du portrait d’un personnage sombre et inquiétant. Du coup, le ton un petit peu trop sérieux renforce encore l’impression d’assister à un exercice de style. Un exercice très bien réalisé certes, mais un exercice.

The Killer inside Me est donc un film qui tranche certes avec le reste des sorties estivales, mais qui manque finalement d’ambition à de nombreux points de vue. Le spectacle reste plaisant, mais pas enthousiasmant.

Fiche technique :
Production : Hero Entertainment, Stone Canyon, Muse, Revolution, Wild Bunch, Curiously Bright Entertainment, Indion Entertainment
Distribution : Mars distribution
Réalisation : Michael Winterbottom
Scénario : John Curran, d’après le livre de Jim Thompson (Le démon dans la peau)
Montage : Mags Arnold
Photo : Marcel Zyskind
Décors : Rob Simons, Mark Tildesley
Musique : Melissa Parmenter, Joel Cadbury
Costumes : Lynette Meyer
Durée : 120 mn

Casting :
Casey Affleck : Lou Ford
Jessica Alba : Joyce Lakeland
Kate Hudson : Amy Stanton
Ned Beatty : Chester Conway
Elias Koteas : Joe Rothman
Om Bower : le shérif Bob Maples
Simon Baker : Howard Hendricks
Bill Pullman : Billy Boy Walker
Kual Aiken : Johnnie Pappas

NIGHT AND DAY : Un duo de charme pour

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nightanddayaffichePrenez deux grandes stars d’Hollywood, ajoutez-y pas mal d’action, un peu d’humour et vous obtiendrez à coup sûr un succès commercial. Un bon film, c’est déjà moins automatique. Mais quand les deux stars en question sont du calibre de Tom Cruise et Cameron Diaz, on part déjà avec de solides assurances. Nigth and Day, qui les réunit à l’écran, n’est peut-être pas le film du siècle mais constitue un des meilleurs divertissements de cet été cinématographique.

June Havens rentre tranquillement chez elle à Boston, à temps pour le mariage de sa sœur. A l’aéroport, elle croise le chemin de Roy Miller, qui va l’entraîner bien malgré elle dans un tourbillon de fusillades et d’explosions. Mais qui est-il vraiment ? Un agent qui risque sa vie pour démasquer des collègues peu scrupuleux, comme il le prétend ? Ou bien un mythomane paranoïaque, comme le prétendent les autorités ?

Bon, comme je suis de bon humeur aujourd’hui, je passerai très rapidement sur ce grand moment de traduction de titre ridicule. Car le titre original de Night and Day est en fait Knigth and Day… Les bras m’en tombent… Soit on considère que les spectateurs ont un niveau d’anglais minimum et on laisse le titre original et son jeu de mot pas trop difficile à comprendre (surtout quand on sort des films en France sous le titre de The Dark Knight), soit on considère qu’il ne va rien y comprendre et dans ce cas là, on le traduit carrément… Voilà, j’y aurais finalement consacré un paragraphe… Allez zou, revenons au film.

Night and Day est donc un film d’action très classique, avec moult poursuites, fusillades et cascades. Le film est plutôt sur le ton parodique avec le personnage de Cameron Diaz qui apporte une touche d’humour par son côté « mais qu’est ce que je fais là ? ». Il y’a évidemment un peu de romance aussi, avec l’éternel « au début, elle le trouve vraiment antipathique, mais à la fin… ». Bref que des ingrédients archi maîtrisés à Hollywood. Mais les vieilles recettes sont parfois celles qui fonctionnent encore le mieux et ce film reste un divertissement très plaisant à suivre.

nightanddayNe cherchez pas d’intrigue complexe dans Night and Day. Ce film est réellement fait pour vous reposer les neurones. L’anti-Inception en quelques sortes. Il y’a des méchants et des gentils, et quand les scénaristes tentent de nous faire croire qu’il y’a finalement de l’ambiguïté dans leur histoire, cela ne dure que peu de temps. Son seul intérêt est finalement de nous faire voyager puisqu’elle nous emmènera des Etats-Unis à l’Espagne, en passant par l’Autriche. Certains plans semblent signés de l’office du tourisme local… Et cela fonctionne puisque j’ai depuis une folle envie de week-end à Salzbourg et Séville. La grande force du scénario repose en fait dans son intensité puisque les scènes d’action s’enchaînent avec une réelle frénésie réjouissante. On accordera une mention spéciale à une poursuite au milieu des taureaux lâchés dans les rues de Séville, qui est bien le seul moment d’originalité de ce film.

Night and Day ne serait évidemment pas si agréable à suivre, sans le charme incontestable du duo d’acteurs qui s’amusent visiblement à l’écran. Ce ne sont pas vraiment des rôles de composition, mais ils y mettent assez d’enthousiasme et d’énergie pour que ces derniers soient communicatifs. On regrettera simplement que Peter Sarsgaard se voit cantonné à un rôle de méchant quelque peu transparent.

Night and Day ne va donc pas bouleverser votre été, mais permettra de mettre vos neurones en vacances le temps d’un film. C’est tout ce que l’on demandait à ce film et il y parvient très bien. Alors que demander de plus ?

Fiche technique :
Production : Pink Machine, New Regency Pictures, Tree Line films, 20th Century Fox, Wintergreen productions
Distribution : 20th Century Fox France
Réalisation : James Mangold
Scénario : Patrick O’Neill
Montage : Quincy Z. Gunderson, Michael McCusker
Photo : Phedon Papamichael
Décors : Andrew Menzies
Musique : John Powell
Durée : 110 mn

Casting :
Tom Cruise : Roy Miller
Cameron Diaz : June Havens
Peter Sarsgaard : Fitzgerald
Viola Davis : La directrice
Jordi Mollà : Antonio
Paul Dano : Simon Feck

STAND! (Sly and the Family Stone) : Une influence immense pour cet album méconnu

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standslyandthefamilystoneSly and the Family Stone est un des groupes dont l’influence sur l’histoire de la musique est infiniment supérieure à ce que la postérité a retenu. Leur quatrième album, Stand!, sorti en 1968, symbolise parfaitement cette période de foisonnement créatif intense. Le succès qu’il rencontrât leur permis de participer au festival de Woodstock et leur prestation est reconnue comme une des meilleure qui eut lieu lors de ce moment mythique de l’histoire de la musique. Redécouvrons-le donc… Ou plutôt pour beaucoup, et moi le premier avant de me le procurer, découvrons-le.

Sly and the Family Stone est un groupe américain dont la principale personnalité est son chanteur, compositeur et multi-instrumentiste Sly Stone. Le groupe comporte bien d’autres membres, principalement des musiciens, mais dont on peut entendre la voix à de multiples reprises. Ils furent célèbres pour leur performances scéniques pleines d’énergie, mais ils se séparèrent en 1975, minés par les tensions internes et les problèmes de drogue.

Sly and the Family Stone est connu pour s’être toujours moqué des frontières, qu’elles soient musicales ou raciales. En effet, si le funk domine leur musique, du moins dans cet album, le rock psychédélique et la soul sont également bien présents. Sly Stone est également connu pour avoir collaboré aussi bien avec des musiciens et producteurs noirs que blancs. Les textes prêchent d’ailleurs le plus souvent la tolérance et la fraternité.

Mais le plus marquant dans la musique de Sly and the Family Stone et l’album Stand!, c’est l’énergie et le talent qui se dégage de chacun des morceaux. Il n’y a rien à jeter dans cet album qui ravira tous les amateurs de vraie bonne musique, qui, comme moi, ne sont pas forcément hyper fans de funk à la base. Mais voilà, on n’est face à un album dont la qualité dépasse largement les étiquettes que l’on peut coller, comme des prisons étroites, quand la musique s’épanouit dans l’espace et la liberté… Wouah, c’est beau ce que je dis !

Comme je l’ai évoqué, Stand! sonne avant tout funk. On attendrait presque à ce que la voix de James Brown ne surgisse au détour d’un des titres. Mais pour le Parrain de la Soul n’est pas le seul à avoir excellé dans ce genre musical, Sly and the Family Stone est là pour le prouver. Cependant, on retrouve bien la diversité musicale qui a fait la renommé de ce groupe, puisque certains titres sonnent plus soul (Stand), jazz (Somebody’s Watching You) et même pop (Everyday People). Mais bon, encore une fois, il s’agit là surtout de bonne, de très bonne musique.

Je suis donc très heureux de m’être attardé sur cet album et ce groupe dont je dois avouer que j’ignorais tout. Je reviendras prochainement avec un avis sur un autre album qui m’a nettement moins enthousiasmé, mais Stand! mérite incontestablement de figurer dans toute discothèque idéale.

Avant de finir, regardons de plus près les titres qui peuplent cet album.

1.: Stand
Une chanson aux allures de gospel qui lance parfaitement l’album.

2.: Don’t Call Me Nigger Whitey
Un son plus funk, avec un solo de guitare qui annonce déjà les années 70.

3.: I Want To Take You Higher
La seule chanson que je connaissais, très funk, qui prend la forme d’un dialogue entre différentes voix.

4.: Somebody’s Watching You
Un titre plus jazzy, qui garde le principe du dialogue entre les voix, mais qui se font ici plus graves.

5.: Sing A Simple Song
Un titre terriblement énergique et surtout terriblement bon.

6.: Everyday People
Une chanson plus “pop”, mais avec des voix sublimes.

7.: Sex Machine
Un long instrumental

8.: You Can Make It If You Try
Un titre funk très sympathique qui conclue parfaitement cet excellent album.

TORTILLA FLAT : Un Steinbeck léger

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tortillaflatJohn Steinbeck est le chroniqueur le plus célèbre de l’Amérique profonde, très profonde, on ne peut plus profonde. Ses romans Des Souris et des Hommes, A l’Est d’Eden et les Raisins de la Colère font partie des plus grands classiques de la littérature américaine. Ils décrivent un quotidien fait de misère et de drame dans une terre aride et ingrate. Tortilla Flat nous emmène dans le même décor, nous présente les mêmes personnages, mais sur un ton très différent, beaucoup plus léger, beaucoup plus gai. Une sorte de Friends chez les ploucs.

Danny revient de la guerre et s’apprête à reprendre sa vie de vagabond bon à rien. Mais son grand-père vient de décéder et lui a légué deux maisons. Le voilà donc propriétaire foncier. Une opportunité inespérée dont vont largement profiter ses amis tout aussi bons à rien que lui.

Mon parallèle avec Friends n’était pas totalement ironique, tant l’amitié est le thème central de Tortilla Flat. Les personnages font preuve d’une solidarité sans faille, malgré leur capacité à se mettre dans des situations difficiles. C’est cette cohésion qui leur permettra toujours de s’en sortir. Chacun des personnages est à la fois l’ami qu’on ne voudrait pas avoir et l’ami fidèle dont tout le monde rêve. On s’attache à chacun d’eux, nous donnant ainsi envie de faire partie de cette petite bande dont la principale occupation est de trouver un moyen de pouvoir se payer du vin, mais qui serait prête à tout pour secourir l’un d’entre deux.

Le ton de Tortilla Flat est plutôt burlesque. La galerie de personnages, tous haut en couleur, est particulièrement savoureuse et donne un charme particulier et original à ce roman vraiment surprenant pour cet auteur. Mais en conservant un décor qu’il connaît et maîtrise parfaitement, il s’y sent parfaitement à l’aise et nous livre de nouvelles merveilleuses pages de littérature. On s’amuse de les voir déployer des trésors d’énergie et d’imagination pour des causes futiles, mais capitales à leurs yeux. Il y’a un réel esprit anticonformiste dans ce roman, qui s’amuse à remettre en cause les valeurs puritaines. Ceux qui seraient jugés comme respectables dans la société réelle deviennent ici les indésirables face à une solidarité spontanée et fraternelle, qui ne se soucie guère des conventions.

En effet, la plume de Steinbeck reste la même, avec cette puissance incroyable. Du coup, Tortilla Flat donne parfois une impression bizarre avec un décalage avec la légèreté du propos et le style d’écriture qui reste le même que pour les histoires dramatiques qu’il nous réserve habituellement. Mais ce mélange des genres n’est pas forcément désagréable car l’écriture de Steinbeck reste admirable pour elle-même. Certains trouveront peut-être que cela alourdit l’ensemble, mais cela contribue surtout à faire de ce roman une curiosité littéraire réjouissante.

Tortilla Flat n’est pas réellement un chef d’œuvre, mais un roman avec une réelle personnalité, insufflée par son auteur. Relativement court, il ravira les amateurs de burlesque original.

THE PARTY : Un classique du burlesque

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thepartyafficheLe duo Blake Edwards – Peter Sellers est surtout connu pour avoir donné naissance au personnage de l’Inspecteur Clouzot, alias la Panthère Rose. Ce n’est pourtant pas le plus grand chef d’œuvre cinématographique auquel ils ont donné naissance. Ce titre revient incontestablement à The Party, sorti en 1968 et qui constitue un sommet d’humour visuel.

Hrundi V.Bakshi est un figurant indien sur un grand film hollywoodien. Mais sa maladresse va lui attirer les foudres du réalisateur, surtout quand il fait sauter par erreur un décor particulièrement dispendieux. Le producteur décide alors de le placer sur une liste noire et l’empêcher de tourner à nouveau dans le moindre film. Mais suite à une erreur avec sa secrétaire, Bakshi se retrouve au contraire sur la liste des invités d’une réception donnée au domicile du producteur. Sa maladresse va également y faire des siennes.

The Party n’est pas un film muet, mais aurait pu en être un. Le parallèle avec le cinéma de Jacques Tati est évident. Mais si ce dernier me laisse relativement froid, le film de Blake Edwards est un de mes films culte. L’humour est ici essentiellement visuel, reposant sur une confrontation entre la maladresse du personnage et les divers objets peuplant l’appartement. Vous pensiez qu’on ne pouvait pas faire rire avec une simple cuvette de toilette, la Party vous prouvera le contraire (sans jamais l’ombre d’un humour pipi-caca).

The Party est donc un des chefs d’œuvres d’un cinéma né avec Chaplin et qui s’est un peu éteint depuis, du moins avec cette classe et cette élégance. L’enchaînement des gags est ici particulièrement intense et ne laisse que peu de temps aux zygomatiques pour se reposer. Ce film est un incroyable moment de créativité et d’imagination visuelles. L’utilisation des objets du quotidien comme vecteur d’humour rappelle, dans un genre très différent, Toys Story. Comme quoi pas besoin d’images de synthèse pour nous faire rire avec ça.

thepartyThe Party repose presque exclusivement sur le talent de Peter Sellers, dont le talent burlesque fut un des plus remarquables de l’histoire du 7ème art. Il évolue dans le décor, comme un éléphant dans un magasin de porcelaine, mais tout en gardant une certaine classe et élégance. Pas de grimaces inutiles, d’effets comiques grossiers. Le comique visuel est forcément du comique premier degré, mais cela n’exclut ni la subtilité, ni un charme discret tout britannique.

The Party est un film à voir obligatoirement en VO (comme si on pouvait voir les films autrement de toute façon…) pour apprécier pleinement l’accent indien de Peter Sellers. Car si j’ai beaucoup insisté sur l’aspect visuel du comique de ce film, certains dialogues restent tout de même savoureux car la maladresse du personnage est également verbale. Dans ce milieu dont il ne fait pas partie, il ne sait ni se comporter, ni mener une conversation sans se faire remarquer.

The Party est aussi l’occasion d’admirer le travail de réalisation de Blake Edwards dont la postérité a surtout retenu sa capacité à mettre en scène des situations burlesques, mais a oublié à quel point il fut un des metteurs en scène les plus novateurs de son temps. Le travail de photographie est remarquable dans le décor pourtant exigu de l’intérieur d’une villa.

The Party est donc un classique du cinéma indispensable pour tout cinéphile qui se respecte. Un vrai moment de bonheur burlesque.

Fiche technique :
Production : The Mirisch corporation, United Artists
Réalisation : Blake Edwards
Scénario : Blake Edwards, Tom Waldman, Frank Waldman
Montage : Ralph E. Winters
Photo : Lucien Ballard
Décors : Reginald Allen, Jack Stevens
Musique : Henry Mancini
Costumes : Jack bear
Maquillage : Allan Snyder
Durée : 99 mn

Casting :
Peter Sellers : Hrundi V. Bakshi
Claudine Longet : Michele Monet
Marge Champion : Rosalind Dunphy
Al Checco : Bernard Stein
Dick Crockett : Wells
Danuelle de Metz : Stella D’Angelo
Herbert Ellis : le réalisateur
Steve Franken : Levinson
Gavin MacLeod : C.S. Divot
Denny Miller : Wyoming Bill

MILLENIUM 3 – LA REINE DANS LE PALAIS DES COURANTS D’AIR : Une conclusion digne de Stieg Larsson

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millenium3afficheDernier volet de la saga Millenium, La Reine dans le Palais des Courants d’Air conclut en beauté cette trilogie cinématographique qui a su parfaitement retranscrire à l’écran l’univers crée par Stieg Larsson, qui a déjà ravi de millions de lecteurs de part le monde. Le film présente les mêmes limites que les précédents épisodes, mais ravira tous les fans de la saga.

Lisbeth Salander a survécu à ses blessures. Malheureusement, son père également et ils se retrouvent à quelques chambres l’un de l’autre à l’hôpital. A Stockholm, les anciens responsables de l’espionnage suédois ne craignent plus qu’une chose, que l’un des deux se mette à parler. Ils décident donc de faire le nécessaire pour les mettre hors d’état de nuire. Mais le journaliste Mickael Blomkvist est bien décidé à révéler au public leurs machinations.

Millenium 3 – La Reine dans le Palais des Courants d’Air reprend exactement là où le deuxième volet nous avait laissé. Ces deux épisodes sont donc intiment liés et voir l’un sans l’autre n’aurait guère de sens, surtout si on n’a pas lu les livres dont ils sont l’adaptation. De manière générale, encore une fois, ce film s’adresse avant tout à ceux qui ont eu la chance de dévorer (parce qu’on la dévore forcément) l’œuvre de Stieg Larsson. Les ellipses restent nombreuses et il sera difficile pour un spectateur novice de toujours comprendre qui est qui et le sens exact de certains détails.

Cependant, le rythme est ici plus proche de celui du livre, on a moins l’impression que pour l’épisode précédent de sauter d’un évènement à l’autre sans avoir le temps de reprendre son souffle. Le scénario est bien plus équilibré et on peut l’apprécier pour lui-même, pas que pour les souvenirs littéraires qu’il réveille. Malheureusement, l’adaptation cinématographique ne peut que nous faire entrapercevoir l’incroyable richesse des personnages, qui font partie des plus extraordinaires de l’histoire de la littérature.

Pourtant, rarement des acteurs n’auront su aussi bien incarner des personnages pourtant incroyablement complexes et épais. La jeune Noomi Rapace est encore une fois fantastique en Lisbeth Salander, comme si le rôle avait été écrit pour elle. Millenium 3 – La Reine dans le Palais des Courants d’Air la met un peu moins en valeur que l’épisode précédent, mais sa présence à l’écran reste une nouvelle fois remarquable. A ses côtés, Michael Nykvist est une nouvelle fois parfait en Mikael Blomkvist.

millenium3A la base, Millenium 3 – La Reine dans le Palais des Courants d’Air, comme l’épisode précédent, avait été réalisé uniquement pour la télévision. Il est vrai que cela se ressent quelque peu dans la qualité de la réalisation qui a légèrement un côté téléfilm. Cela ne constitue pas non plus un handicap, mais il est clair qu’il n’y a là aucun intérêt artistique particulier.

En voulant rester extrêmement fidèle à l’œuvre initiale de Stieg Larsson, Millenium 3 – La Reine dans le Palais des Courants d’Air, et plus largement l’ensemble des trois films, s’est condamné à n’être réellement accessible qu’aux lecteurs de cette saga littéraire si riche. On attendra désormais la version hollywoodienne déjà programmée pour voir si les scénaristes sauront préserver les qualités du roman tout en lui donnait une réelle identité cinématographique.

Fiche technique :
Production : Yellow Bird
Distribution : UGC Distribution
Réalisation : Daniel Alfredson
Scénario : Ulf Ryberg
Photo : Peter Mokrosinski
Musique : Jacob Groth
Durée : 147 mn

Casting :
Noomi Rapace : Lisbeth Salander
Michael Nyqvist : Mikael Blomkvist
Lena Endre : Erika Berger
Annika Hallin : Annika Gannini
Per Oscarsson : Holger Palmgren
Jacob Ericksson : Christer Malm
Sofia Ledarp : Malin Eriksson 

LE COACH : Sympathique mais vu mille fois

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lecoachafficheAfin de vaincre plus rapidement le décalage horaire à mon retour de République Dominicaine, j’avais décidé d’éviter au maximum de dormir pendant le trajet en avion. J’ai donc profité des programmes vidéo proposés. Le film diffusé était le Coach, qui ne m’avait pas vraiment donné envie lors de sa sortie au cinéma. Finalement, il m’a fait passer un bon moment et m’a permis d’oublier quelques temps la longueur des 8h30 de trajet.

Maximilien Chêne est coach. Il motive et donne un esprit de « winner » à ses clients. Mais il a bien du mal à adopter la même attitude envers lui-même. Criblé de dettes au jeu, il voit sa femme le chasser de chez lui, alors que ses créanciers en ont après lui. Il pense s’en sortir en acceptant un gros contrat qui consiste à transformer le neveu du Président d’un grand groupe industriel en manager efficace. Mais la tâche va se révéler beaucoup plus difficile que prévue.

Le Coach repose sur un principe vieux comme les comédies françaises : le duo avec un maladroit et un sûr de lui. Pierre Richard-Gérard Depardieu (La Chèvre, les Compères), Jacques Brel-Lino Ventura (L’Emmerdeur), Patric Timsit- Jean Reno (Wasabi)…pour ne citer que les plus connus d’une longue liste, comptant parmi les plus célèbres classiques du rire hexagonal. C’est donc au tour de Jean-Paul Rouve-Richard Berry de s’y coller. Le duo fonctionne plutôt bien, même si cela n’a certainement pas révolutionné le genre.

Pourtant, Le Coach essaye de faire preuve d’un peu d’originalité en brouillant peu à peu la frontière entre les deux personnages. On retrouve ça dans à peu près tous les films du genre, mais ici cela constitue réellement le fil rouge de l’intrigue. Bon, on ne crie pas non plus au génie face à un morceau de bravoure de subtilité. Globalement, on n’échappe pas à l’impression de déjà vu mille fois.

Mais bon, on rigole quand même relativement souvent, donc on pardonne facilement les limites que présentent Le Coach. On a déjà vu plus drôle, mais on voit assez de comédies françaises carrément consternantes pour faire preuve d’une relative indulgence. Quelques scènes sont particulièrement réussies et disséminées de manière assez homogène pour que l’intérêt du spectateur ne s’évanouisse jamais. En plus, on entre assez facilement dans l’intrigue et on souhaite sincèrement connaître le fin mot de l’histoire, même si là encore, cela n’atteint pas les sommets d’un La Vérité si je Mens 2 par exemple.

lecoachSi le duo Jean-Paul Rouve-Richard Berry fait exactement ce qu’on lui demande, et avec talent, le Coach se démarque aussi par la qualité de ses seconds rôles, assez cruciaux dans se genre de film. Jean-Noël Brouté est notamment excellent dans son rôle de gros con de service et contribue largement à l’envie que l’on a de voir triompher nos deux compères. Mais le prix du meilleur second rôle revient à la charmante Anne Marivin, dont on a aucun mal à croire que son sourire soit capable de transformer n’importe quel crapaud en prince charmant.

Je n’ai pas vu le Coach au cinéma et je ne regrette pas une seconde d’avoir zappé sa sortie. Par contre une vision sur petit écran peut constituer un moment de divertissement agréable pour jour de pluie.

Fiche technique :
Production : Alter films, Outsider prod, Studio 37, M6 films
Distribution : Mars distribution
Réalisation : Olivier Doran
Scénario : Bruno Bachot, Denis Moulevrier
Montage : Emmanuelle Baude
Photo : Antoine Monod
Décors : Denis Hager
Musique : Pascal Jambry
Durée : 92 mn

Casting :
Jean-Paul Rouve : Patrick Marmignon
Richard Berry : Maximilien Chêne
Anne Marivin : Vanessa Letissier
Mélanie Bernier : Cécile Marmignon
Didier Bezace : Hubert Dampierre
Jean-Noël Brouté : Betrand Lecuyer  

LES REFUGIES (Sir Arthur Conan Doyle) : De grandes aventures par un grand auteur

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lesrefugiesLe XIXème siècle fut l’âge d’or du grand roman d’aventure historique, dont les Trois Mousquetaires est l’exemple le plus connu. Si Sir Arthur Conan Doyle est plus connu pour être le père de Sherlock Holmes, il a écrit également quelques unes des plus pages du genre, dont les Réfugiés, qui nous entraîne de la cour de Louis XIV aux tréfonds de la Nouvelle-France.

Amory de Cantinat est jeune officier des Gardes du roi Louis XIV, dont la cour est marquée par la rivalité entre les deux favorites, Madame de Montespan et Madame de Maintenon. C’est aussi une époque où les pressions se font de plus en plus fortes sur le monarque pour qu’il révoque l’Edit de Nantes et réprime durement les protestants. Or, la famille d’Amory et sa fiancée sont huguenotes. Devra-t-il fuir alors qu’il a toujours servi fidèlement son souverain, même sur les rives du Nouveau Monde ?

Les Réfugiés est un roman d’aventure historique des plus classiques. Duels, chevauchées, dangers, rebondissements sont au rendez-vous sur un rythme alerte. Un vrai divertissement littéraire donc, qui ne s’encombre pas de profondeur ou de réflexions métaphysiques. Seuls les péripéties et l’exotisme comptent, pour le plus grand bonheur du lecteur qui trouvera là un vrai moment de détente. Il y’a même une certaines naïveté dans cette intrigue somme toute basique mais qui atteint parfaitement son but.

Les Réfugiés ravira également les amateurs de reconstitution historique. Il leur permettra de découvrir, sans longues descriptions alourdissant le récit, la cour de Louis XIV au faîte de sa puissance et les premières heures des colonies françaises d’Amérique. Une découverte par l’action romanesque, mais qui ne perd rien de sa pertinence et de son intérêt. Sir Arthur Conan Doyle s’est largement documenté pour écrire ce roman et on ne soupçonne jamais qu’il ait été écrit par un étranger, tant la description de « l’esprit français » se fait de manière naturelle et sans lourdeur.

Le duo de héros est particulièrement sympathique et on a plaisir à chevaucher avec eux. Deux vrais héros de roman d’aventure, contribuant largement au souffle épique qui parcourt Les Réfugiés. Les personnages secondaires sont eux aussi particulièrement savoureux, parfois un peu caricaturaux, mais ils participent largement à la sensation d’évasion que procure ce roman. Seul le personnage féminin est beaucoup plus transparent, Sir Arthur Conan Doyle oubliant quelque peu de nous faire vraiment sentir pourquoi Amory est autant amoureux de sa fiancée. Un petit raté sans grande conséquence néanmoins.

Les Réfugiés est également remarquablement bien écrit. La plume de Sir Arthur Conan Doyle n’est pas non plus la première venue, même si la traduction doit évidemment nous faire perdre un peu de son génie. En tout cas, ce roman se dévore autant qu’il se lit et on arrive au bout étonnement rapidement, sans l’ombre d’une migraine. Une lecture parfaite donc pour les amateurs de légèreté historique.

Les Réfugiés n’est donc pas de la grande littérature, mais un roman d’aventure d’un classicisme qui n’enlève rien à ses remarquables qualités.

UNE PAGE D’AMOUR (Emile Zola) : Un Zola romantique

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unepagedamourSuite de mon exploration de la série des Rougon-Macquart, d’Emile Zola, avec Une Page d’Amour, 8ème volet de la série. Une histoire axée sur le romantisme donc, qui ressemble à une parenthèse dans cette œuvre à la connotation sociale très forte. Un roman peut-être plus « léger » donc, mais qui reste tout de même typique de l’auteur.

Hélène, jeune veuve, vit seule avec sa fille et jure qu’elle ne se mariera plus et que l’amour n’est pas fait pour elle. Un jour, elle fait la connaissance de sa voisine, Mme Deberle, dont elle apprécie très vite la compagnie. Mais, à son corps défendant, elle commence également à apprécier de plus en plus la compagnie de son marie, le Docteur Deberle.

Une Page d’Amour reprend donc le schéma classique du triangle amoureux et le thème de l’adultère. C’est évidemment relativement osé pour l’époque (même si depuis Tristan et Iseult, cela reste un grand classique de la littérature) surtout que le texte est avant tout centré sur les sentiments des personnages, sans jugement moral. Bien sûr, tout cela ne se terminera pas non plus par un happy-end romantique, ce n’est pas vraiment le genre de la maison et cela aurait été évidemment inacceptable au XIXème siècle.

Une Page d’Amour a donc un côté très moderne, mais est naturellement très marqué par la démarche naturaliste de Zola. Il y’a donc une certaine distanciation entre l’auteur et ses personnages qu’il observe et décrit, sans jamais se fondre en eux. Le récit est certes largement centré sur le point de vue d’Hélène, avec certains passages adoptant celui de sa fille. C’est d’ailleurs la relation entre les deux qui forme un des axes fort du récit, presque plus que le lien entre les deux amants, puisque le point de vue du Docteur nous reste toujours étranger.

Du coup, Un Page d’Amour manque un peu de cette passion que l’on attendrait d’un récit sur ce thème. Il n’y a pas ce désir qui parcourt les pages d’un Tristan et Iseult ou d’un Roméo et Juliette. La démarche de Zola est toute autre, mais du coup, on a un peu plus de mal à y adhérer. Décrire la société du XIXème siècle présente évidemment un intérêt historique incontestable. Décrire de la même manière une chose aussi intemporelle que les sentiments amoureux est déjà moins enthousiasmant. Bien sûr, il reste le contexte sociétal, quand même très présent, mais le thème de l’amour adultère dans les milieux puritains et bourgeois n’est pas celui qui nous ait le plus étranger, avec 150 de recul. Nos mœurs ont certes évolué depuis, avec la multiplication des divorces notamment, mais le thème reste globalement sans surprise.

Une Page d’Amour reste néanmoins une œuvre écrite par un des plus grands auteurs qu’ait connu la langue française. La puissance du style reste toujours aussi impressionnante à chaque page et demeure un vrai plaisir purement esthétique. Bien sûr, on n’écrirait plus un roman avec une telle écriture, mais tout auteur rêverait d’être capable de l’imiter. Ce ne sera jamais mon cas, mais bon, j’arrive quand même à trouver le sommeil pour autant.

Une Page d’Amour est donc une belle page de littérature. Pas la plus belle qu’ait écrite Emile Zola, mais cela n’enlève rien à la force de son écriture.

LES NEIGES BLEUES (Piotr Bednarski) : Une forme qui laisse froid

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lesneigesbleuesParler du quotidien est souvent synonyme de légèreté. Cependant, certains contextes font que ce dernier ressemble à un drame sans cesse renouvelé. Les Neiges Bleues nous fait partager le regard d’un jeune garçon, l’auteur lui-même en fait, qui nous fait découvrir ce qu’était la vie des déportés polonais dans les goulags soviétiques au début de la seconde guerre mondiale. Il y vivra bien des tragédies, mais il sera aussi témoin de belles histoires d’amour.

Le père Petia, officier dans l’armée polonaise, est déporté dans un camp de prisonniers, après l’invasion soviétique. Son fils et sa femme le suivent dans un camp situé à proximité. Ils y sont libres mais sous l’étroite surveillance des agents du parti. La vie s’y organise et le jeune garçon va y connaître une adolescence à la fois particulière et ordinaire.

Les Neiges Bleues se présentent comme un livre à sketchs. Sous forme de courts chapitres, Piotr Bednarski nous présente un épisode de sa vie ou de celle du camp et de ses autres habitants. Le ton y est souvent grave, mais on y trouve aussi la joie, l’espoir et l’amour. Comme tous les récits de ce type, Les Neiges Bleues est quelque peu inégal. Certains passages sont profondément émouvants, d’autres laissent beaucoup plus indifférents. Du coup, on a un peu de mal à rentrer totalement dans ce récit qui manque quelque peu d’un fil rouge solide, capable de maintenir constant l’intérêt du lecteur.

Les Neiges Bleues constitue néanmoins un témoignage rare sur un quotidien trop peu souvent rapporté. Il n’y a aucun parti pris idéologique dans l’écriture, mais la volonté de rapporter les faits, de décrire cette ambiance particulière. L’oppression discrète et constante y est remarquablement bien décrite, sans jamais tomber dans le spectaculaire ou le lyrique. L’auteur a très certainement quelque peu romancé certains passages, c’est inévitable, mais très certainement de manière très limitée. On peut y voir une force ou une faiblesse car le livre hésite toujours entre le ton du récit romanesque et le témoignage historique. Il aurait sûrement gagné à choisir franchement entre les deux, même si cette œuvre en aurait sûrement perdu une partie de son identité.

L’écriture de Piotr Bednarski est également parfois un peu confuse. Les personnages sont extrêmement nombreux et on s’y perd parfois. Il n’y a pas vraiment ni de gentil, ni de méchant, mais des rapports parfois complexes. L’auteur s’efforce à décrire le jonglage permanent entre ses pensées et ce qu’il a le droit de dire. C’est là un des principaux intérêts du récit, mais il y perd parfois un peu le lecteur.

Les Neiges Bleues est passionnant sur le fond, mais la forme ne permet pas d’en apprécier pleinement l’intérêt. Dommage car il s’agit là d’un sujet pour lequel les sources sont peu nombreuses.