GAINSBOURG : VIE HEROIQUE : Biopic poétique

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gainsbourgLa mode des biopics ne faiblit pas. Pour preuve la sortie de Gainsbourg : Vie héroïque qui, après Coluche, l’histoire d’un mec, fait renaître un homme qui a bercé l’enfance des gens de ma génération. Mais l’homme à la tête de chou a vécu plusieurs vies et le film qui nous intéresse ici ne les traite pas toutes avec le même bonheur.

Le jeune Lucien Ginsburg, dans le Paris occupé, est à la fois juif et a les oreilles décollés. De quoi vous coller quelques complexes. Après la guerre, il tente de vivre de sa peinture mais très vite, le destin le conduira à revenir vers la musique vers laquelle son père, professeur de piano, a toujours essayé de le pousser.

Pour les gens de ma génération, Serge Gainsbourg était un homme capable de dire à Whitney Houston « I want to fuck her » et dont le look ressemblait à celui d’un clochard en fin de vie. Dérangeant, provocateur, lubrique, à la frontière du vieux dégueulasse, il n’en restait pas moins un personnage sympathique. On a oublié qu’il a été avant ça, un vrai artiste de music-hall, ami de Boris Vian et écrivant pour les frères Jacques. Une époque où ce genre n’était pas synonyme de passer chez Patrick Sébastien. Et c’est surtout sur cette époque que le film se concentre et on peut être déçu de ne pas retrouver le Serge Gainsbourg que l’on a connu.

En fait, ce film, où plutôt ce conte comme il est précisé dans le générique, nous raconte surtout comment ce petit garçon a pu devenir « Gainsbarre ». La fin de sa vie est plus évoquée que racontée, et surtout largement édulcorée. On peut y voir peut-être là une forme de respect et de pudeur. Car avouons-le, il a, sur la fin, plus ressemblé à un déchet qu’à un artiste flamboyant. De même on peut préférer Love on the Beat ou No Comment au Poinçonneur des Lilas, mais ils représentent deux étapes différentes d’un même chemin. Gainsbourg : Vie héroïque se concentre surtout sur les premiers kilomètres. On peut le regretter, mais c’est un choix, un peu frustrant certes car il donne l’impression d’une fin quelque peu bâclée.

gainsbourg2Si Gainsbourg : Vie héroïque se définit comme un conte, c’est parce qu’il essaye de traiter les faits de manière poétique. Gainsbourg est hanté par un personnage, sa gueule, qui est une sorte de conscience à l’envers. Non pas qu’elle le pousse forcément vers le vice, mais le pousse à assumer tout ce qu’il est. Son physique d’abord, mais aussi ses envies, ses pulsions, et évidemment son talent. Comme si la création était forcément liée à sa propre auto-destruction. Les dialogues entre les deux entités constituent le cœur de ce film, qui n’est pas donc pas un biopic qui cherche à reconstituer fidèlement la réalité.

Un biopic demande forcément un acteur qui entre dans la peau d’un personnage que tout le monde connaît. C’est toujours un exercice délicat car, du coup, le spectateur est particulièrement exigeant quant à la ressemblance. Si on se moque d’avoir dans un film un Louis XIV qui ne ressemble pas à l’original, pour un homme qu’on a vu si souvent à la télé, c’est plus difficile. Cette fois c’est Eric Elmosnino qui s’y colle. C’est aussi l’occasion pour cet éternel troisième rôle d’enfin occuper le haut de l’affiche. Si on a connu métamorphose plus impressionnante, il épouse parfaitement son personnage… au moins dans la première moitié de sa vie. Car à mesure que Gainsbourg s’enfonce dans une décadence physique, moins la ressemblance est frappante. Cela concoure à l’impression plus mitigée que procure la dernière demi-heure.

Gainsbourg : Vie Héroïque est également marqué par une série d’apparition parfois surprenantes, mais généralement très réussies. On notera notamment un Philippe Katerine excellent en Boris Vian. Mais la révélation vient de Laetitia Casta, formidable en Brigitte Bardot. A telle point qu’elle est beaucoup plus classe et sexy que l’originale à mon humble avis, qui n’engage que moi.

Gainsbourg : Vie Héroïque n’est donc pas le meilleur biopic de l’histoire. Mais il est assez original pour que l’on prenne beaucoup de plaisir à le regarder et avoir une envie soudaine de faire des trous, des petits trous, toujours des petits trous…

Fiche technique :
Production : One World Films, Studio 37, Focus Features, France 2 Cinéma, Lilou films, Xilam films
Distribution : Universal Pictures International France
Réalisation : Joann Sfar
Scénario : Joann Sfar
Montage : Maryline Monthieux
Photo : Guillaume Schiffman
Décors : Christian Marti
Son : Daniel Sobrino, Jean Goudier, Cyril Holtz
Musique : Serge Gainsbourg, Olivier Daviaud
Durée : 135 mn

Casting :
Eric Elmosnino : Serge Gainsbourg
Lucy Gordon : Jane Birkin
Laetitia Casta : Brigitte Bardot
Doug Jones : La gueule
Anna Mouglalis : Juliette Gréco
Mylène Jampanoï : Bambou
Sara Forestier : France Gall
Yolane Moreau : Fréhel
Philippe Katerine : Boris Vian

A SERIOUS MAN : La fin d’une idylle ?

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aseriousmanafficheMais que m’arrive-t-il ? Moi qui vivais une histoire d’amour passionnel sans l’ombre d’un nuage. Oh bien sûr, il y’avait bien un petit Ladykillers, un peu plus faible que le reste, mais à peine. Je pensais le bonheur éternel, mais voilà, l’incroyable est arrivé. La première fois, ça ne m’a pas vraiment inquiété, cela fait partie des aléas de la vie. Ca peut arriver comme l’on dit. Mais là, deux fois de suite, je suis inquiet. Est-ce la fin d’un idylle ? Dois-je annoncer qu’après tant de bonheur partagé (ok dans un seul sens, mais quand même), vient se s’achever ma lune de miel avec les frères Coen… Après un Burn After Reading qui ne m’avait pas vraiment fait rire, voici A Serious Man, qui m’a carrément ennuyé…

Larry Gopnik voit sa vie, déjà pas terrible à la base, partir en sucette… Sa femme est sur le point de le quitter… et de le foutre dehors de chez lui. Des lettres anonymes sont envoyés à l’école où il l’enseigne le calomniant alors que sa titularisation est sur le point d’être examinée. Son frère est un débile léger qu’il traîne comme un boulet. Et ses enfants sont des adolescents qui ne ressemblent à rien… Bref, des ados… Il va alors chercher de l’aide et une oreille attentive… Mais y’a-t-il vraiment quelqu’un sur terre qui ait vraiment envie de l’aider ?

A Serious Man ressemble un peu à un remake de La Crise, le film de Coline Serreau. L’histoire d’un homme qui essaye d’exposer ses problèmes aux membres de son entourage, mais chacun d’eux est trop occupé avec ses propres problèmes pour lui prêter la moindre attention. C’est exactement le même ressort dans les deux films, mais si l’un était vraiment drôle et bien senti, le film des frères Coen est juste passablement vain et ennuyeux.

A Serious Man est largement parcouru par le thème de la religion puisque le fil rouge de cette histoire est la rencontre de Larry avec les trois rabbins de sa communauté. Beaucoup d’éléments du film renvoie au judaïsme et il y’a sans doute là une part assez personnelle de la part des frères Coen. Mais c’est malheureusement là le seul élément structurant de cette histoire qui manque dramatiquement de corps et d’épaisseur. Le héros n’est guère plus avancé au début qu’à la fin et on passe le film à se demander où les frères Coen veulent en venir. Malheureusement, la réponse n’arrive jamais.

aseriousmanTout cela est regrettable car on retrouve malgré tout ce qui fait le génie des frères Coen dans A Serious Man. La même ambiance quasi fantastique alors qu’ils mettent en scène des éléments très terre à terre, la même imagination visuelle et les mêmes personnages hauts en couleurs, parfois attachants, parfois inquiétants. Bref, ce film porte leur patte… l’intérêt en moins. Quand on est fan, on est donc particulièrement frustré ! Il y’avait moyen de faire de A Serious Man un excellent film, il aurait juste fallu penser à le doter d’une intrigue. Parfois, ça peut servir…

Du coup, il y’a quelques moments de vrai bonheur cinématographique. Mais le tout forme trop un méli-mélo informe pour qu’on puisse vraiment les apprécier. A Serious Man aurait été réellement un films à sketchs, on aurait pu pardonner une certaine inégalité entre les scènes. Mais là, rien n’a vraiment de sens et du coup, l’intérêt du spectateur est plus que limité. C’est vraiment regrettable car, comme je l’ai dit, ce film est sans doute l’œuvre la plus personnelle des frères Coen.

A Serious Man ne peut évidemment à lui seul remettre en cause le génie des frères Coen. Mais bon, j’aimerais infiniment que le dicton « jamais deux sans trois » ne se vérifie pas ce coup-ci.

Fiche technique :
Production : Mike Zoss prod, Relativity Media, Studio Canal, Working Title
Distribution : Studio Canal
Réalisation : Ethan & Joel Coen
Scénario : Ethan & Joel Coen
Montage : Ethan & Joel Coen
Photo : Roger Deakins
Décors : Jess Gonchor
Musique : Carter Burwell
Directeur artistique : Deborah Jensen
Durée : 105 mn

Casting :
Michael Stuhlbarg : Larry Gopnik
Richard Kind : Oncle Arthur
Fred Melamed : Sy Ableman
Sari Lennick : Judith Gopnik
Peter Breitmayer : Mr. Brandt

OU SONT PASSES LES MORGAN ? : Le bonheur d’être abonné !

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ousontpasseslesmorganafficheL’avantage de la carte UGC, c’est que l’on a plus jamais à se dire « Oui, bon, ce n’est pas que ce n’était pas bien, mais enfin 10 euros pour ça… ». C’est un immense avantage car cela permet d’apprécier pleinement sur grand écran les films que l’on peut placer dans la catégorie « ça sera aussi bien à la télé ». C’est le cas de Où sont passés les Morgan ?, une comédie romantico-policière bien sympathique, même si elle ne casse pas trois pattes à un canard.

Meryl et Paul Morgan sont séparés depuis trois mois, suite à une infidélité de ce dernier. Sa femme accepte enfin de dîner avec lui, mais lors de cette soirée, ils vont être les témoins d’un meurtre dont ils ont clairement vu le visage de l’auteur. Pour les protéger, la police les envoie au fin fond du Wyoming. Pour ces deux purs New-yorkais, le choc va être rude.

Où sont passé les Morgan est donc à réserver au détenteur d’une carte d’abonnement ou bien aux fans purs et durs du genre. Et les fans de Hugh Grant alors ?… Mademoiselle, au fond, si vous pouviez arrêter de hurler son prénom en vous tirant les cheveux, ça m’arrangerait et me permettrait de finir tranquillement ma critique. Merci. Alors je disais… Ah oui, Hugh Grant.. Et bien il fait évidemment ici du Hugh Grant. Là, logiquement, j’aurais du poursuivre par « et c’est encore ce qu’il fait de mieux… ». Sauf que justement, c’est un Hugh Grant en petite forme que l’on retrouve ici. Non pas qu’il soit mauvais, ça reste Hugh Grant quand même, mais il n’arrive pas à faire décoller le film par son seul talent, comme il sait si bien le faire d’habitude. Ceci explique en grande partie pourquoi le film en restera au stade de divertissement sympathique.

Oui, alors là, j’entends déjà les protestations féministes m’accusant de la pire misogynie. Et Sarah Jessica Parker alors ? Bon sachez tout d’abord, mesdames, que j’adôôôôôôôôôôôôôre Sex and The City, ce qui fait de moi presque une des vôtres. Mais bon, en toute honnêteté intellectuelle, elle ne boxe quand même pas tout à fait dans la même catégorie que Hugh Grant. Mais au moins, ces fans ne seront eux pas du tout déçu. Un personnage de New-Yorkaise qui étouffe dès qu’elle quitte Manhattan, ça ne vous rappelle rien ?

ousontpasseslesmorganBon revenons plus largement à Où sont passés les Morgan ? Le thème du choc des cultures ville-campagne est archi-classique, pour ne pas dire archi-éculé. Quelque part, Avatar, est dans la même veine. Mais bon, ce film a tout de même le bon goût de ne pas faire de jugement sur l’un et sur l’autre des modes de vie et de ne pas nous livrer un « vivre au milieu de nul part, c’est mieux, c’est plus sain et les gens y sont plus sympas ! ». Non, rien de moralisateur ici et c’est sans doute la grande force de ce film, qui aurait été sinon totalement insupportable. Après, le ressort comique, un peu usé donc, est correctement exploité, mais avec rien de nouveau, ni de tout à fait génial.

Cependant, on ne s’ennuie pas une seule seconde car les personnages restent attachants et on a plaisir à suivre leurs pérégrinations. Et puis, comme dans tous les films du genre, il y’a un ou deux petits moments de magie où le film fonctionne vraiment bien, que ce soit dans l’humour pur ou dans le romantisme. Ces petits instants de bonheur pur nous font oublier le reste, qui de toute façon, sans être désagréable, était fait pour être oublié aussitôt vu. Je mentionnerai notamment le personnage de la secrétaire blonde, mais alors vraiment blonde, interprétée par Kim Shaw, que l’on avait vu dans… rien du tout. Et c’est bien dommage car chacune de ses apparitions provoque un vrai moment d’hilarité !

Voilà, ne vous précipitez pas au cinéma pour aller Où sont passés les Morgan ?. Mais vous aurez le droit, lors de sa diffusion sur le petit écran, de répondre oui à la question « Y’a un truc bien ce soir à la télé ? »

Fiche technique :
Production : Columvia Pictures, Relativity media, Castle Rock, Banter films
Distribution : Sony Pictures Releasing France
Réalisation : Marc Lawrence
Scénario : Marc Lawrence
Montage : Susan E. Morse
Photo : Florian Ballhaus
Décors : Kevin Thompson
Musique : Theodore Shapiro
Directeur artistique : Steve Carter
Durée : 105 mn

Casting :
Hugh Grant : Paul Morgan
Sarah Jessica Parker : Meryl Morgan
Mary Steenburgen : Emma Wheeler
Sam Elliott : Clay Wheeler
Elisabeth Moss : Jackie Drake
Michael Kelly : Vincent

CITY ISLAND : Je vous ai dit que c’était excellent ?

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cityislandafficheSi j’ai été voir City Island, c’est pour deux raisons. Déjà, l’horaire m’arrangeait bien car collait avec l’heure de fin de Bright Star que j’ai vu juste avant. Mais aussi, parce que j’avais entendu le matin même une critique dithyrambique de la part de Benjamin Gomez, le critique de Ouï FM. Pourtant, on ne peut pas dire que je suive très fidèlement ses avis, vu qu’il passe son temps à faire l’éloge des films sponsorisés par la radio qui l’emploie. Mais bon, pour une fois, son enthousiasme était communicatif et je me suis laissé tenté. Et grand bien m’en a pris !

La famille Rizzo n’est pas vraiment championne du monde dans le domaine de l’honnêteté mutuelle et de la communication. Tout le monde fume en cachette, le père prend des cours de théâtre à l’insu de sa femme, qui du coup, pense qu’il a une liaison. La fille cache à ses parents qu’elle s’est faite virer de la fac et qu’elle exerce le noble métier de strip-teaseuse en attendant. Enfin, le petit dernier cache à tout le monde son addiction pour les obèses. Un jour, le père découvre que son fils illégitime, qui pense que son vrai père est mort, se trouve dans la prison où il est gardien. Il le fait sortir et le ramène dans la famille… sans évidemment expliquer quoi que ce soit à qui que ce soit.

City Island est une comédie humaniste, un peu trash. Voilà, j’ai presque envie d’arrêter ma critique ici, tout est dit, sauf à rajouter qu’elle est vraiment excellente. Mais bon puisqu’il faut développer, sachez aussi qu’elle est enthousiasmante, rafraîchissante, vivifiante, patatifiante… ok, le mot n’existe pas, mais résume bien l’état d’esprit avec lequel on quitte la salle après ce film. Parce que si ce film véhicule des valeurs très positives, du style, la famille c’est formidable, la communication y’a que ça de vrai et il faut suivre ses rêves, et bien il le fait de manière très intelligente.

Déjà les personnages sont loin d’être des américains propres sur eux qui se fondent dans le moule. D’ailleurs, la société américaine bien-pensante en prend un petit coup dans City Island puisque c’est en s’affranchissant de ses standards les plus idiots que les protagonistes accèdent au bonheur ! C’est une sorte de Whatever Works, mais en beaucoup moins bavard ! L’effet produit est à peu près le même, si ce n’est que Raymond De Felita n’est pas tout à fait Woody Allen. Mais il se défend tout de même et nous livre une excellente comédie (mais je crois que je l’ai déjà dit).

cityislandDans ce genre de film, tout se joue dans la sympathie que peuvent nous inspirer les personnages. Pour cela, City Island a tout bon et on a presque envie de faire partie de la famille Rizzo, qui, malgré ses faiblesses toutes humaines, est composée de personnages attachants. Bien sûr, les repas de famille sont quelque peu animés, surtout au début du film, mais c’est souvent mieux que de ne rien se dire du tout. L’autre qualité indispensable pour une comédie est le sens du rythme. Et ce film n’en manque pas, ne laissant jamais au spectateur le temps de s’ennuyer. Tout s’enchaîne, non avec frénésie, mais avec assez de peps pour nous entraîner avec un certain enthousiasme.

City Island, c’est aussi l’occasion de voir le trop rare Andy Garcia à l’écran. Ses premiers rôles se font rares et on peut se rappeler ici qu’il semblait promis il y’a un peu mois de 20 ans à devenir une des plus grandes stars d’Hollywood. L’avion de sa carrière n’a jamais vraiment totalement décollé comme il aurait du. Reste le talent et un immense charisme qui apporte la petite touche supplémentaire qui fait de ce film un vrai bon moment de cinéma.

Je ne sais pas si je vous ai dit mais City Island est une excellente comédie. Alors allez-y !

Fiche technique :
Réalisateur : Raymond de Felitta
Scénariste : Raymond de Felitta
Compositeur : Jan A.P. Kaczmarek
Directeur de la photographie ; Vanja Cernjul
Monteur : David Leonard
Directrice du casting : Sheila Jaffe et Meredith Tucker
Chef décoratrice : Franckie Diago
Directeur de production :Ged Dickersin
Costumier : Tere Duncan

Casting :
Andy Garcia : Vince Rizzo
Julianna Margulies : Joyce Rizzo
Steven Strait : Tony Nardella
Ezra Miller : Vinnie Rizzo
Dominik García-Lorido : Vivian Rizzo
Alan Arkin : Michael Malakov
Emily Mortimer : Molly Charlesworth
Sharon Angela : Tanya
Curtiss Cook : Matt Curniff

CONSOLERS OF THE LONELY (The Raconteurs) : Le rock US by Jack White

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consolersofthelonelytheraconteursThe Raconteurs est le projet parallèle de Jack White, des White Stripes. Avec trois autres musiciens, il explore un univers musical sans doute plus classique, mais au caractère rock plus musclé. Consolers of the Lonely est le deuxième album de ce groupe, sorti en 2008.

Les fans des White Stripes apprécieront très certainement cet album. La personnalité artistique de Jack White est trop prononcée pour que son influence ne se fasse pas sentir. La parenté musicale est donc flagrante. Cependant, il y’a ici moins de créativité et d’originalité que chez les White Stripes. Consolers of the Lonely, c’est du bon gros son comme on l’aime. Du son aussi américain que The Kooks (mon précédent avis) était britannique.

Consolers of the Lonely n’est pas uniforme, mais aucune chanson ne sonne comme quelque chose de vraiment nouveau, ni innovant. Quand chez les White Stripes, Jack White cherche à inventer une nouvelle musique, il cherche ici à explorer ses influences, c’est à dire le rock américain des années 80 et 90. Sans rien réinventer, The Raconteurs arrivent tout de même à donner une personnalité à leur musique qui leur est propre. On ne dit jamais « tiens ça ressemble à du… » alors que peut-être un jour on dira « tiens ça, ça ressemble à du The Raconters ».

Consolers of the Lonely est très homogène par contre niveau qualité des morceaux. A part, Salute your Solution et Attention, tous valent le coup d’être écouté. Bien sûr, certains plus que d’autre. Many Shades of Black et These Stories will Shout restent pour moi les deux meilleurs titres de l’album. Le premier parce qu’il est une des rares chansons à mettre totalement en valeur la voix si caractéristique de Jack White, le second parce qu’il balaye toute l’étendue de leur répertoire avec une première partie plus douce et une fin beaucoup plus rock. Mais encore une fois, l’album manque sans doute d’une chanson vraiment phare pour devenir un vrai morceau d’anthologie musicale.

Consolers of the Lonely ne déparera donc pas dans votre discothèque, sans pour autant devenir votre disque de chevet. Mais bon peut-être qu’il arrivera à convaincre votre copine que Bon Jovi, au fond, c’est quand même un peu nase… Et ça, ça serait une grande victoire !

1.: Consolers Of The Lonely
Un morceau globalement plutôt rock pour commencer. Certains passages sonneraient presque comme du Rage Against the Machine, du temps où la « fusion » dominait le rock US.

2.: Salute Your Solution
Un morceau où Jack White fait plus parler que chanter. Le morceau dégage beaucoup d’énergie, mais n’est pas mélodieux du tout.

3.: You Don’t Understand Me
Un son plus doux que les deux premier morceaux, plus mélodieux. Au final, une ballade rock plutôt agréable.

4.: Old Enough
La seule chanson qui sonnerait presque britpop. Un morceau énergique, pas mal du tout au final.

5.: Switch And The Spur
Un morceau où des cuivres se font entendre. Le résultat est plutôt sympathique et sans doute un de plus original de l’album.

6.: Hold Up
Un morceau rock beaucoup plus classique, encore une fois très énergique, mais un peu fouillis parfois.

7.: Top Yourself
Un titre plus calme, mais qui passe relativement inaperçu au sein de cet album.

8.: Many Shades Of Black
Une chanson où l’accompagnement est plus en retrait par rapport à la voix inimitable de Jack White. Le résultat est excellent.

9.: Five On The Five
Jack White pousse un peu la voix dans les aiguës sur ce titre. Du coup, on dirait parfois un groupe de rock jouant maladroitement à la Fête de la Musique… Mais bon l’accompagnement et le mixage restent très pro.

10.: Attention
Un rock énergique mais sans originalité

11.: Pull This Blanket Off
Une chanson courte formant une ballade sympa, mais sans plus.

12.: Rich Kid Blues
Un morceau qui alterne une intro sonnant comme une ballade, plus des passages très rock. Mais le tout manque de cohérence.

13.: These Stories Will Shout
On retrouve un peu le même schéma que le morceau précédent avec une montée en puissance. Mais cette fois, le résultat est très réussi.

14.: Carolina Drama
Une nouvelle ballade rock, avec un accompagnement très simple. Tout passe par la voix. Mais c’est celle de Jack White !
 

BRIGHT STAR : Trop d’émotion tue l’émotion

brigthstaraffiche

brigthstarafficheJane Campion est la première femme à avoir remporter la Palme d’Or au Festival de Cannes, avec la Leçon de Piano, en 1992. Elle est connue pour un cinéma débordant de sensibilité. Une sensibilité toute féminine diront certains. C’est peut-être pour ça que j’accroche rarement avec ses films. Et malheureusement, Bright Star, son dernier film, ne déroge pas à la règle.

John Keats, qui, à 23 ans, ignorait qu’il allait rester pour l’éternité un de plus grands poètes romantiques, et Fanny Brawne, sa voisine, s’aiment. Malheureusement, leur amour est contrarié par bien des obstacles : le manque d’argent, leur entourage…

Bref, Bright Star est une histoire aussi vieille comme le monde. Celui de l’amour impossible, ou du moins fort contrarié, qui va consumer deux êtres qui ne peuvent renoncer à leurs sentiments. Depuis Romeo et Juliette, on n’a pas vraiment fait mieux et ce n’est pas ce film qui va y arriver. Pourtant, tout était réuni pour faire de cette histoire un grand film.

Jane Campion sait tenir une caméra, je ne pourrais jamais lui enlever ça. Il y’a une vraie élégance dans sa mise en scène, dans les angles de prise de vue, dans le montage, la photographie… Bref, elle démontre qu’elle est une grande cinéaste avec un vrai sens artistique. Encore une qualité toute féminine oseront certains… Pour le coup, je ne suis pas loin d’être d’accord avec eux.

Le travail de direction d’acteurs est lui aussi remarquable. Le couple Ben Wishaw et Abbie Cornish n’est pas à proprement parler un couple de stars, mais fonctionne à la perfection. Si le cinéma de Jane Campion est autant apprécié, c’est sûrement parce qu’elle sait, comme nul autre, faire ressortir les sentiments du plus profond de ses personnages. Le moindre geste, le moindre sourire est plus chargé en émotion que toute la filmographie de Roland Emmerich (ou je sais, elle était facile celle-là…).

brigthstarMais alors, avec tout ça, comment Bright Star n’a-t-il pas réussi à déchaîner mon enthousiasme ? Et bien, malgré toutes ses qualités de forme, il souffre d’un immense défaut : une histoire comme celle-là devrait sans peine arracher des torrents de larmes au spectateur. Malheureusement, au final, si on a une très légère envie de sangloter, on garde tout le temps une certaine réserve face à ce film peut-être trop impersonnel à force d’être parfait. L’émotion est bien là, mais trop pure pour toucher vraiment. Trop d’émotion tue l’émotion.

Bright Star est emplis du romantisme littéraire qui caractérise si bien l’époque à laquelle écrivait John Keats. Mais le papier n’est pas l’écran. L’imagination y joue un rôle moins important alors le processus d’identification marche moins facilement. On a beau déjà avoir été fou amoureux, on aura bien du mal à se reconnaître dans un des deux protagonistes. On reste donc constamment en dehors du film, qui est un spectacle magnifiquement réalisé, mais dans lequel on aimerait tant pouvoir vraiment entrer.

Bright Star, comme la Leçon de Piano avant lui, me laisse donc largement sur ma faim. Je ne doute pas qu’il ravira le cœur de bien des spectateurs et des spectatrices. Mais le mien est reste bien froid !

Fiche technique :
Production : Pathé, Screen Australia, BBC Films, UK Film Council
Réalisation : Jane Campion
Scénario : Jane Campion, d’après la biographie d’Andrew Motion
Montage : Alexandre de Franceschi
Photo : Greig Fraser
Décors : Janet Patterson
Distribution : Pathé distribution
Musique : Mark Bradshaw
Costumes: Janet Patterson
Durée : 119 mn

Casting :
Ben Whishaw : John Keats
Abbie Cornish : Fanny Brawne
Paul Schneider : Mr Brown
Kerry Fox : Mrs Brawne
Edie Martin : Toots
Thomas Brodie Sangster : Samuel

UNE BARRIERE A SAUTER

relationvirutelle

relationvirutelleCette semaine, si tout va bien (et je touche du bois !), je vais avoir l’immense joie et honneur d’accueillir dans ma vraie vie vraie une nouvelle amie… Effectivement, dis comme ça, ça peut paraître étrange comme affirmation. Mais simplement, en dehors de la vraie vie vraie, il existe une autre vie, dont j’ai pu mesurer parfois qu’elle n’est pas toujours vraie, qui est une vie sur le net.

Nombreux sont les personnes qui savent que je fais facilement des ponts entre les deux, pour la simple et bonne raison que c’est sur Internet que l’on s’est connus. Ce fut longtemps les Meeticfriend, maintenant on est passé au Facebookfriend, ou, plus exotique, les Ciaofriend, Amoureuxfriend… Bref, une fois qu’on s’est vu pour de vrai de toute façon, on s’en fout des étiquettes. On est amis tout simplement.

D’ailleurs, si vous lisez ces lignes, c’est qu’à priori vous comptez réellement dans ma vie car sinon, il y’a longtemps que vous auriez disparu de mon existence. Car j’en ai vu passer des gens, c’est dingue quand j’y pense. Il faudrait d’ailleurs un jour que je fasse la liste de toutes celles (oui parce que j’ai jamais eu de pote virtuel en fait…) que j’ai eu l’occasion de rencontrer. Avec elles, notre relation s’est souvent arrêtée à un premier rendez-vous qui a ressemblé à un calvaire, d’autres sont devenues de bonnes amies avant que la vie et le temps ne nous éloignent. J’en ai viré d’autres un peu brutalement une fois que j’ai découvert qu’elles ne tournaient pas forcément très rond. Dans d’autres cas, ce sont elles qui m’ont viré, parfois mystérieusement, d’autres fois avec un bon coup de pied au cul donné avec le bout en fer de la Dock Martens… J’aurais bien des noms à citer, mais je les garderai pour moi, même si pour le dernier cas, certains d’entre vous doivent facilement deviner de qui je parle…

Mais bon, je n’ai pas voulu écrire ce billet pour parler de celles qui sont désormais des amies à part entière, mais de celles qui, un jour prochain, le deviendront j’espère. Bien sûr, les relations virtuelles sont plus ou moins intenses, plus ou moins intimes. Je n’ai pas avec chacune d’elles la même complicité qu’avec Aurélie avec qui la rencontre sera vraiment quelque chose de spécial ! Cependant, si je maintiens le contact avec elles, c’est que j’apprécie vraiment les relations que j’entretiens avec chacune d’elles. Et pour elles toutes, j’espère bien décrocher définitivement l’étiquette « amie virtuelle » et pouvoir leur témoigner pleinement mon affection. Parce qu’avec tout ce que j’ai pu vivre comme aventures sur le net (à quand le bouquin ? un jour, promis !), tant que le pas n’est pas franchi, je laisse toujours une petite barrière fermée. Juste au cas où…

Je ne sais pas si toutes celles auxquelles je pense liront ce billet, mais je vais leur laisser tout de même un petit mot !

Tout d’abord, commençons par la maman et la future maman, Dorothée et Audrey, ça va faire juste 5 ans qu’on se connaît. J’espère donc vraiment qu’on aura enfin l’occasion de se voir un de ces jours, parce que là, quand même, ça fait long !

Mes petites Bordelaises, Anne-Caroline et Myriam, ça fait à peine moins longtemps qu’on se connaît, mais promis, j’essaye de venir dans le coin cette année. Et vous aurez intérêt à être là à ce moment là !

Marie, je te promets que je ne suis pas blasé du tout, je faisais semblant !

Bon maintenant la série des Facebookfriend. Tout d’abord Muriel et Nacima. Je n’ai pas vraiment l’impression de vous connaître. Mais bon au-delà des petits jeux à la con, vous semblez quand même gagner à être connues ! J’en serai donc ravie !

Cécile, au lieu de me piquer tous mes liens, tu sais que tu as le droit aussi de passer me voir !

Caroline, je ne sais pas où ta recherche de boulot va te conduire, mais perso, ça ne me dérangerait pas que ça ne soit pas trop loin d’ici !

Ayla, y’a certes un océan entre nous, mais après tout, ce n’est pas si grand que ça, un océan…

Ely, y’a deux heures de TGV entre nous et ce n’est pas non plus si grand !

Sandra, tu viens quand tu veux me battre aussi sur un vrai Scrabble !

Et puis, un mot pour la petite dernière, mais pas des moindres ! Bon, Marie, toi c’est un peu différent vu que tu es une amie d’amie, mais ça n’enlève évidemment rien à mon envie de te voir bientôt !

Voilà, j’espère que tous ces prénoms viendront s’ajouter à ceux de Céline, Cécile, Elodie, Julie, Jurga, Maëlle, Maryline, Nathalie, Virgine et Zineb, vous que je n’étais pas du tout destiné à rencontrer, mais que je suis si, si heureux de l’avoir fait !

ESTHER : C’est avec les vieux ressorts qu’on fait les meilleurs matelas

estheraffiche

estherafficheCertains genres cinématographiques utilisent plus ou moins toujours les mêmes ficelles. Le « ils se détestent, il s’aimeront » des comédies romantiques, le « tout l’accuse, mais en fait ce n’est pas lui le coupable » des films de procès et bien sûr le « il a l’air gentil comme ça, mais il va tous les tuer » des films à suspens. C’est dans cette dernière catégorie que rentre Esther, un film sans vraiment de surprises mais qui vous fera sursauter plus d’une fois.

Les Coleman, après avoir perdu leur troisième enfant à la naissance, décide d’adopter une petite fille dans un orphelinat. Elle se prénomme Esther et semble être la petite fille idéale et modèle. J’ai bien dit semble…

On est dans donc dans un schéma très classique dans ce genre de film. Un tiers arrive dans une famille, manipule ses membres pour le faire se dresser les un contre les autres. Un d’entre eux s’en aperçoit, personne le croit et se retrouve exclu, laissant le champs libre à l’élément extérieur qui peut poursuivre son noir dessin à loisir. Que, dans ce film, celui-ci prenne les traits d’une petite fille de dix ans n’est pas non plus révolutionnaire. D’ailleurs, sans forcément donner dans le genre suspens-horreur, le thème de l’enfant machiavélique et manipulateur reste un grand classique (cf. Desperate Housewives par exemple).

A côté de ça, le réalisateur se débrouille pour créer une tension permanente rendant les moments les plus anodins terrifiants. Non n’ouvre pas ce placard, y’a sûrement un serial killer derrière… Mais elle l’ouvre quand même, on sursaute… et on découvre des fringues… Dans Esther, c’est exactement ce qui se passe, avec une mention spéciale pour un plan où des enfants traversent le champs en riant et qui ont fait sursauter toute la salle…alors que le personnage d’Esther n’était toujours pas apparu à l ‘écran. Car ce qui terrifie vraiment, ce n’est jamais ce qui se passe, mais ce que l’on sent qui pourrait se passer. Après, tout le jeu est de surprendre le spectateur en prenant à revers ses prédictions.

estherEsther fonctionne donc avec des ressorts tout ce qu’il y’a de plus usés. Mais voilà, cela n’empêche pas du tout une seule seconde le film de fonctionner à la perfection. On a beau faire le fier, on tremble et on sursaute comme tout le monde ! Car Esther est réalisé avec beaucoup plus de moyens et de talents que les séries B habituelles du genre. Et ceci à tous les niveaux : réalisation, photographie, casting… Ceci combiné à de l’intelligence, du rythme et de densité, on assiste donc à un film de genre certes, mais d’excellente facture !

On ne pourra que saluer la prestation hallucinante de la jeune Isabelle Fuhrman. Personnellement, je ne sais pas si j’autoriserais ma fille de 12 ans de jouer un tel rôle, combien même le film aurait été réalisé par Stanley Kubrick. Ce n’est pas que le film soit gore, loin de là, mais le rôle demande quand même une énorme maturité pour jouer un monstre aussi cynique et… Bon je m’arrête là parce que je risque de dévoiler le retournement de situation qui, vous vous en doutez, ne manque pas d’arriver ! En tout cas, c’est le genre de rôle qui peut vous marquer pour la vie, surtout en pleine adolescence… mais bon ceci est un autre débat.

Esther est donc à conseiller à tous les fans du genre. Mais aussi à ceux qui apprécient ce genre de film à l’occasion. Esther peut justement être une très bonne occasion…

Fiche technique :
Realisateur : Jaume Collet-Serra
Scénariste : David Leslie Johnson et Alex Mace
Compositeur John Ottman
Directeur de la photographie Jeff Cutter
Monteur Timothy Alverson
Directeur du casting Ronnie Yeskel
Chef décorateur Tom Meyer
Directeur artistique Michele Laliberte

Casting :
Kate Coleman : Vera Farmiga
John Coleman : Peter Sarsgaard
Esther : Isabelle Fuhrman
Soeur Abigail : CCH Pounder

AGORA : Le premier coup de coeur de 2010

agoraaffiche

agoraafficheDonner une dimension politco-religieuse à un film à grand spectacle n’est pas forcément le meilleur moyen de faire l’unanimité. On provoque forcément des réactions contrastées selon la manière dont le spectateur est réceptif au message… et bien sûr en accord avec lui. Cela avait été le cas avec Kingdom of Heaven de Ridley Scott (un très grand film à mon sens, avis pas forcément partagé), cela l’est également avec Agora, le nouveau film de Alejandro Amenabar. Même s’il ne s’agit là « que » d’un excellent film (ce qui n’est quand même déjà pas si mal), il s’agit bien là de mon premier coup de cœur cinématographique de l’année… Bon certes, c’est aussi le premier film que je vois en 2010, mais tout de même.

Au 4ème siècle, l’Empire Romain est en plein déclin. La cité d’Alexandrie est un melting-pot de religions, où cohabitent l’ancienne religion païenne, le judaïsme et le christianisme qui prend chaque jour un peu plus d’ampleur. Les tensions entre les communautés sont vives. Malgré tout, la philosophe Hypathie enseigne entre les murs de la grande bibliothèque le savoir et surtout la tolérance. Mais la guerre civile couve…

Agora est un manifeste pour la tolérance. Mais il ne cherche pas à réécrire l’histoire et comme pour Kingdom of Haeven, il ne peut que constater qu’elle doit souvent s’effacer face aux luttes de pouvoir. Il porte aussi en lui une critique sévère du fanatisme religieux, voire même de la religion tout court. Les premiers chrétiens en prennent pour leur grade et apparaissent comme une secte belliqueuse et misogyne.

Mais ne nous y trompons pas, le film ne souffre d’aucun manichéisme. Les victimes du jour seront les bourreaux du lendemain et inversement. Les courageux d’un jour finiront par faire preuve de lâcheté. L’amour fera place à la haine, la haine à l’amour. Seul le personnage d’Hypathie reste constant, en faisant ainsi la clé de voûte de cette histoire. Bref, ce film cherche à balayer toutes les images d’Epinal que l’on peut avoir sur cette époque. Je doute qu’au catéchisme, on y raconte cette histoire. D’ailleurs beaucoup de critiques trouvent ce film parfois trop caricatural, mais il est nettement moins que la plupart des productions occidentales ayant traité du sujet jusqu’à présent. Et sûrement beaucoup plus proche de la réalité.

Agora est une fresque qui s’étend sur plusieurs années. Il renoue avec le grand cinéma historique, comme on a peu en connaître du temps des 10 Commandements, de Cléopâtre ou de Ben Hur. Mais depuis Gladiator et la série Rome, on a cessé d’idéaliser l’Antiquité. Les hommes y transpirent enfin, y sont souvent sales et n’ayant jamais porté d’appareil dentaire, n’y ont pas forcément les dents très droites. Visuellement, le film est impressionnant, aussi bien au niveau des décors que des costumes. Amenabar n’a pas cherché à faire dans le sensationnel, sa vison de la grande bibliothèque d’Alexandrie n’a rien de fantasmagorique, mais il n’empêche qu’on est saisit par la beauté des lieux.

agoraSi on doit faire un petit reproche à Agora, c’est sans doute les effets de caméras parfois superflus utilisés par Amenabar. Certes, cela donne une vraie personnalité visuelle au film, mais cela ressemble parfois à un jeune réalisateur débordant d’enthousiasme, faisant mumuse avec sa caméra. Le réalisateur espagnol a depuis longtemps dépassé ce stade, alors on aurait pu attendre de lui un peu plus de maîtrise. Mais bon, il s’agit là vraiment d’une critique de forme et ça n’enlève pas une once du plaisir que l’on a à regarder ce film.

Pour Agora, Amenabar a donc sorti les grands moyens. Les scènes d’action sont parfaitement réalisées et renforcent l’aspect spectaculaire au delà des décors dans lesquels elles se déroulent. Mais encore une fois, cette forme à grand spectacle ne retire en rien à la consistance du fond. Et le mariage des ces deux aspect est ici particulièrement heureux, même si il n’a pas forcément séduit les tenants purs et durs des deux camps. Comme quoi la tolérance n’est pas forcément non plus une qualité universelle chez les critiques.

Un petit mot enfin sur Rachel Weisz, la star de ce film. Elle est sans doute l’élément le plus consistant d’un casting qui n’est pas tout à fait à la hauteur du reste. Elle est la seule à ne pas être écrasée par la splendeur des décors et l’ambition du propos. Elle tient là à n’en pas douter un des plus grands rôles de sa carrière.

Agora est donc un film particulièrement ambitieux. Amenabar a réussi à être largement à la hauteur. Tout le monde ne partage pas mon avis et c’est bien dommage.

Fiche technique :
Production : A Mod Producciones, Himenoptero, Telecinco cinema
Réalisation : Alejandro Amenabar
Scénario : Alejandro Amenabar, Mateo Gil
Montage : Nacho Ruiz Capillas
Photo : Xavi Gimenez
Décors : Guy Hendrix Dyas
Distribution : Mars distribution
Son : Glenn Freemantle
Musique : Dario Marianelli
Costumes: Gabriella Rescucci
Maquillage : Jan Sewell
Durée : 141 mn

Casting :
Rachel Weisz : Hypatie
Michael Lonsdale : Then
Ashraf Barhom : Ammonius
Oscar Isaac : Oreste
Max Minghella : Davus
Rupert Evans : Synesius

IL N’Y A PAS QU’EN BOITE QU’IL Y’A DES PHYSIOS… Y’A EN URNE AUSSI

votedesetrangers

votedesetrangersIls sont rigolos à l’UMP…enfin non, mais bref… Si j’ai bien compris, ils sont donc pour le droit de vote des étrangers dans l’absolu, mais pas tout de suite parce que les Français ne sont pas prêts… Non mais, ils n’avaient pas encore osé la faire celle-là. Le tableau de chasse de leur connerie frôle désormais l’exhaustivité. Ils se sont demandé si les Français étaient prêts à accorder aux 5% les plus riches d’entre eux le bouclier fiscal ?

Il faut dire que les médias font aussi très forts. Sans doute dans le cadre du Grenelle de l’Environnement et donc par soucis d’économies d’encre, ils parlent allègrement du débat sur le droit de vote des étrangers… Je rappelle à tout le monde que l’on parle ici du droit de vote des étrangers hors Union Européennes aux élections municipales…

Et oui, les fachos qui font pleuvoir leur haine à longueur de commentaires sur tous les sites d’actualités ne l’ont visiblement pas encore réalisé, mais les étrangers votent déjà. Un nombre peu important d’entre eux certes, mais des étrangers quand même. Ce qu’il y’a de plus grave, c’est que visiblement les membres de l’UMP ne l’ont pas réalisé non plus. Ou bien…

…est-ce plutôt que, si on prend cela en compte, il devient difficile de justifier l’injustifiable ? Pourquoi dénier un droit accordé aux ressortissants de l’Union Européenne aux étrangers hors UE ? Et là évidemment, on tremble d’effroi devant la seule réponse possible : mais parce qu’ils sont comme nous…ils sont blancs… Bon, je vomis et je reviens…

Après, se pose une autre question. Pourquoi les Socialistes n’ont jamais mis en œuvre cette décision lorsqu’ils en avaient l’occasion alors que, rappelons-le, elle faisait partie du programme de Mitterrand en 1981 ? C’est une bonne question, mais malheureusement qui s’applique à beaucoup de choses. Le gouvernement Jospin avait bien lancé la machine, mais n’avait osé porter l’initiative jusqu’au bout avant les Présidentielles. On sait ce qu’il en a été…

Alors verdict : UMP = connards, PS = petites bites ? Enfin en attendant, la bête immonde est bien toujours là.