UNE FEMME SOUS INFLUENCE : Une folie douce et dure à la fois

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unefemmesousinfluenceafficheJohn Cassavets est un des réalisateurs fétiches dans ma famille… Enfin sauf qu’en tant que petit dernier, je n’avais jamais eu l’occasion d’en voir un seul. J’ai donc pu me rattraper en regardant Une Femme sous Influence lors de son passage sur Arte. J’ai donc pu me plonger dans l’univers singulier de ce réalisateur, précurseur du cinéma indépendant américain. Mais si le film déborde de qualités cinématographiques pures, je n’ai pas forcément été totalement charmé.

Mabel est un peu cinglée. Une folie douce mais qui met rapidement mal à l’aise ceux qu’elle croise. Un soir, son mari Nick, contremaître sur un chantier, l’appelle qu’il ne pourra rentrer avant le lendemain, alors qu’ils avaient programmé une soirée en tête à tête et confié leurs trois enfants à leur grand-mère. Peu à peu cette folie va devenir de plus en plus dur à supporter pour chacun.

John Cassavets est un peu à la fois le Rohmer américain et l’anti-Rohmer. C’est à dire, que je me suis ennuyé comme devant un Rohmer, mais en assistant à un film extraordinairement construit (oui, désolé, il ne faut pas dire de mal des morts, mais j’ai toujours détesté Eric Rohmer). Une Femme sous Influence dans un film où on rentre totalement, et là j’imagine que ça peut être une expérience extraordinaire, ou alors on reste à la porte et on a l’impression d’assister à un spectacle dont on reste totalement étranger.

Le film est essentiellement composé de longues scènes qui semblent parfois tout droit sorties de l’émission Strip-tease. Plus qu’un spectacle cinématographique, on a souvent l’impression de partager une intimité, d’être la petite souris qui assiste à une scène de la vie quotidienne. Bref, Cassavets place le spectateur dans une position de voyeur. Dans Une Femme sous Influence, on se sent souvent aussi mal à l’aise que ceux que Mabel croise. On est gêné par cette folie, même inoffensive, mais face à laquelle on ne sait comment réagir. Du coup, cela donne une incroyable force au propos et on ressent vraiment les sentiments des personnages, l’isolement dans lequel s’enfonce Mabel alors qu’elle ne cherche qu’à communiquer. Bref, un film absolument bouleversant…

unefemmesousinfluence…si ce n’est que ce procédé implique que les scènes s’étirent en longueur. En effet, le temps de Une Femme sous Influence n’est pas celui d’une narration classique, avec son montage, ses raccourcis, ses ellipses. Ici, on est face à un temps du réel, du quotidien, de la vraie vie vraie, aussi extraordinaire soit-elle. Et parfois, si ce n’est souvent, on s’ennuie. L’absence d’une trame narrative forte tend à faire s’égarer l’attention du spectateur, qui a déjà tendance à vouloir s’échapper du malaise que ce film provoque. C’est sans doute le prix à payer pour atteindre cette fantastique impression de réalisme, sans beaucoup d’équivalent. Mais un prix lourd à payer.

Surtout qu’il ne permet pas non plus de profiter totalement de l’ahurissante prestation des deux acteurs principaux. Ah si Peter Falk n’était pas devenu Columbo, quelle carrière il aurait pu faire ! Une perte inestimable pour le cinéma, un grand bonheur pour les vendeurs d’imperméables. Et que dire de Gena Rowlands ! Elle ne joue pas, elle est ! A côté d’elle, Dustin Hoffman en autiste dans Rain Man ressemble à une imitation de Didier Gustin. Elle était la femme de John Cassavets, mais une chose est sûre, c’est que cela ne lui a pas permis d’accéder à un rôle trop grand pour elle. Elle a toujours été la muse inspiratrice du réalisateur et leur collaboration s’assimile ici à une fusion totale et parfaite.

Une Femme sous Influence est donc incontestablement un moment rare de cinéma. D’un abord difficile, cette œuvre en rebutera plus d’un, mais doit constituer une expérience hors du commun pour celui qui arrive à s’y abandonner complètement.

Fiche technique :
Titre : Une femme sous influence
Titre original : A Woman Under the Influence
Réalisation : John Cassavetes
Scénario : John Cassavetes
Production : Sam Shaw
Musique : Bo Harwood
Photographie : Al Ruban et Mitch Breit
Montage : David Armstrong et Sheila Viseltear
Pays d’origine : États-Unis
Format : Couleurs – 1,85:1 – Mono – 35 mm
Genre : Drame
Durée : 155 minutes
Date de sortie : 20 septembre 1974

Casting :
Peter Falk : Nick Longhetti
Gena Rowlands : Mabel Longhetti
Fred Draper : George Mortensen
Lady Rowlands : Martha Mortensen
Katherine Cassavetes : Margaret Longhetti
Matthew Laborteaux : Angelo Longhetti
Matthew Cassel : Tony Longhetti
Christina Grisanti : Maria Longhetti
O.G. Dunn : Garson Cross
Mario Gallo : Harold Jensen
Eddie Shaw : Docteur Zepp  

QUAND JEAN-PIERRE RAME…

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escalettesdomenechComment sauver un navire qui sombre… dans le ridicule. C’est le cas actuellement de la Fédération Française de Football. Le maintien de Domenech à la tête de l’Equipe de France après l’Euro 2008 a fait peu à peu de cette vénérable institution un des sujets centraux des discussions dans les café du commerce. Et pas pour en dire du bien !

Evidemment, la campagne de qualification pour la prochaine Coupe du Monde de l’Equipe de France n’a rien arrangé. Si, évidemment, on ne peut pas reprocher aux dirigeants du football français la main de Thierry Henry, le niveau de jeu déplorable de nos Bleus est évidemment à porter à la responsabilité du sélectionneur et donc, indirectement, de ceux qui lui ont fait confiance, quand tout aurait du les pousser à le mettre dehors.

Depuis la qualification, les sorties médiatiques d’Aimé Jacquet et de Guy Chambilly ont apporté leur pierre à l’impression de n’importe quoi ambiant. Personne ne maîtrise plus rien, le spectacle donné est lamentable, personne ne voulant assumer quoique ce soit.

Et pour reprendre la main, le Président de la FFF pensait avoir trouver la parade. En lançant dors et déjà le débat sur la succession de Domenech, il pensait sans doute détourner l’attention et pousser les clients des cafés du commerce vers des débats plus positifs. En annonçant dès ce mois de janvier les quatre favoris (Blanc, Tigana, Boghossian et Deschamps), il pensait sans doute donner toutes les cartes pour que l’on oublie définitivement de critiquer le sélectionneur aux sourcils infiniment plus épais que son palmarès…

Le moins que l’on puisse dire, c’est que Jean-Pierre Escalettes a fait preuve de constance… dans la médiocrité. Cette tentative s’est soldée par un échec complet. Car si Laurent Blanc a fait la une de l’Equipe cette semaine, ce n’est pas pour son statut de favori mais du fait de sa colère suite à la pluie de sollicitations médiatiques qu’il a reçu sur le sujet. Comme si l’entraîneur bordelais n’avait pas d’autres chats à fouetter en ce mois de janvier ! Oh bien sûr, cette idée lui trotte forcément dans la tête, mais comment pourrait-on l’imaginer déclarant son intention de quitter Bordeaux pour Clairefontaine alors que les Girondins vont attaquer les six derniers mois d’une saison qui pourrait être historique pour le club ?

Bref, le bateau tangue, tangue et tangue toujours… Les joueurs sont désormais les seuls qui peuvent encore sauver le navire. Ils l’avaient réussi en 2004. Mais le bateau était alors nettement moins endommagé. Et surtout, il y’avait un matelot dénommé Zidane…

L’ACCRO DU SHOPPING A UNE SOEUR (Sophie Kinsella) : La famille s’agrandit et c’est tant mieux !

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laccrodushoppingaunesoeurQuand on est tombé amoureux d’un personnage, on est toujours particulièrement heureux de le retrouver pour de nouvelles aventures. Et quiconque aura un jour ouvert Confessions d’une Accro du Shopping sera tombé sous le charme de Becky Bloomwood, et ce pour toujours. Il sera donc forcément enthousiaste à l’idée de la retrouver pour un quatrième épisode de ses aventures : L’Accro du Shopping a une Sœur. Vous l’aurez compris, je suis bel et bien dans ce cas là. Je m’y suis donc plongé avec entrain !

Becky et Luke viennent de passer dix mois à voyager partout dans le monde pour leur voyage de noces. Ils décident de rentrer en Angleterre et de faire la surprise à tous ceux qu’ils aiment. Mais le retour ne se déroule pas du tout comme l’imagination toujours aussi débordante de Becky l’avait prévu : sa meilleure amie s’est trouvé une autre complice, Luke redevient vite le businessman overbooké qu’il était et ses parents l’accueillent beaucoup plus froidement que prévu. Ils ont en fait une nouvelle inattendue à lui annoncer : Becky a une demi-sœur…

Ceux qui ont apprécié les trois premiers tomes ne seront en rien surpris par L’Accro du Shopping a une sœur. Le ressort est le même et Becky n’a évidemment pas changé, pour notre plus grand bonheur. Le livre est ponctué des innombrables scénarios visiblement imparables que son esprit élabore en permanence et qui, évidemment, ne se réalise jamais. Plus elle déploie d’énergie, et dieu sait si elle est capable d’en déployer, pour se sortir d’une situation embarrassante dans laquelle sa maladresse l’a fourré, plus elle s’y enfonce.

Evidemment, la magie ne sera plus jamais la même depuis le premier tome. Mais enfin, quand un plat est vraiment bon, on ne se lasse pas de se le faire servir. Et là, il faut avouer qu’il est excellent, toujours autant bourré d’énergie, d’humour et de vitalité. Les nouveaux personnages sont aussi attachants que ceux que l’on connaît déjà depuis longtemps. Bref, la famille s’agrandit et c’est tant mieux !

Comme tous les autres livres de la série, l’Accro du Shopping a une Sœur se lit tout seul. Il ne se lit pas, il se dévore. La légèreté du style de Sophie Kinsella est à la mesure de la légèreté de son propos. Bref, c’est pas un livre, c’est une plume ! En tout cas, c’est typiquement le genre d’ouvrage idéal pour les moments de détente où l’on a envie de sourire et de ciel bleu. Pas de la grande littérature, certes, mais dans le genre qui est le sien, on ne fait pas mieux que cette série. Alors pourquoi se priver ?

Le style de Sophie Kinsella est donc particulièrement accessible. Mais du coup, il possède un certain impact. Les sentiments des personnages sont incroyablement communicatifs, surtout que l’attachement que l’on ressent envers eux est très fort. Si la série compte autant d’adeptes, c’est avant tout pour cela ! Becky Bloowood ferait presque partie de la famille ! Alors, oui, L’Accro du Shopping a une Sœur ne vaut pas le premier volet évidemment, l’Accro du Shopping dit Oui non plus, mais reste une très bon moment à partager avec ces personnages que l’on aime tant.

J’adore la série l’Accro du Shopping et je l’assume ! Et l’Accro du Shopping a une Sœur est un de ses dignes représentants ! 

AU TREFONDS DU CIEL (Vernor Vinge) : Après l’effort, le réconfort

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autrefondsducielL’avantage d’un récit de science-fiction est d’offrir une liberté totale à l’imagination de son auteur. Il peut imaginer des mondes lointains et exotiques et surtout spéculer à l’infini sur les futurs possibles de l’humanité. Au tréfonds du ciel nous envoie dans un avenir très lointain, où les hommes ont colonisé une grande partie de l’univers. Et où, ils s’apprêtent à entrer en contact pour la première fois avec une autre civilisation.

Loin dans l’univers se trouve l’étoile Marche-Arrêt qui, cycliquement, brille 35 ans, avant de s’éteindre pour 215 ans. Elle chauffe une planète où vivent des araignées qui ont développé une technologie et viennent d’inventer la radio. Attirées par ces ondes, deux flottes humaines vont s’affronter pour prendre le contrôle des ressources de la planète. D’un côté, les Qeng Ho, une civilisation basée sur le commerce intersidéral. De l’autre, les Emergents, une civilisation beaucoup plus agressive et belliqueuse. Cependant, les dégâts qu’ils se causent mutuellement vont finalement les contraindre à cohabiter et à coopérer, sous la domination tyrannique de Thomas Nau, le chef des Emergents. Mais chez Qeng Ho survivants, tout le monde n’est pas prêt à plier si facilement.

Au Tréfonds du Ciel n’est pas un livre dans lequel il est forcément aisé d’entrer. Relativement long, il nous laisse cependant le temps de nous imprégner de cet univers, de ces trois civilisations et de cette dizaine de personnages que l’on a parfois un peu de mal à situer pendant presque un tiers du récit. Bon, j’avoue, c’est aussi moi qui n’ai pas compris tout de suite qu’une des lignes narratives décrivait le monde des araignées… J’ai du raté un épisode, ce qui m’a conduit à nager pendant un bon moment avant que tout ne redevienne clair. Mais non, je vous jure, je ne bois pas avant de prendre mon bouquin…

Une fois que l’on totalement entré dans le récit de Vernor Vinge, on se dit que cela valait le coup de s’accrocher un peu. Au Tréfonds du Ciel devient de plus en plus passionnant au fil des pages avant un final plutôt classique pour du « space opera », mais auquel des centaines de pages nous ont conduit patiemment. Ce livre est donc parallèlement une description de civilisations et d’univers originaux et un récit qui voit les tensions entre les différents acteurs monter crescendo avant l’explosion finale.

Au Tréfonds du Ciel s’adresse donc aux lecteurs qui aiment s’immerger dans un univers issu de l’imagination d’un auteur. Qui aiment y flâner, y découvrir ses particularités, ses curiosités, ses mœurs, ses coutumes, son histoire… Les amateurs d’action pure seront très certainement rebutés par l’aspect parfois un peu touffu du récit, qui le ferait presque ressembler à du John Le Carré (dans un tout autre contexte bien sûr). Mais bon, ce livre offre toutefois la possibilité d’un voyage qui vaut le coup d’être mené. Le guide, Vernor Vinge, manque parfois de clarté sans son propos, mais ce dernier est assez riche et étonnant pour mériter l’attention du lecteur.

Au Tréfonds du Ciel est donc un trésor de science-fiction qui demande un peu d’efforts pour être découvert. Mais après l’effort, ce livre sait apporter tout le réconfort qu’il faut.

KONK (The Kooks) : Brit, pop, rock, impair et passe

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konkthekooksL’Angleterre est un pays merveilleux sur bien des points. Certes, il y pleut souvent, mais on y boit du thé, de la bière aussi et, quand on a seize ans, on s’habille comme une prostituée avec des bourrelets, gonflés à la même bière que tout à l’heure, qui dépassent. On y fait aussi de merveilleux films et surtout, et c’est ce qui nous intéresse ici, de l’excellente musique rock.

-Mais non, voyons Julien, ce n’est pas du rock !
-C’est quoi alors ?
-Bah c’est de la pop !
-Bah du pop-rock alors ! C’est pas pareil ?
-Main non pas du tout, tu n’y connais rien…

Et oui, effectivement, j’avoue. Donc, si cette conversation vous a passionné, vous trouverez peut-être ma critique très surfaite. Les autres n’y verront que du feu et trouveront que ce que j’ai écrit est très intéressant. Vous avez le droit de dire exceptionnel, mais là, ça serait un peu exagéré.

Revenons donc à nos Anglais de The Kooks, groupe de brit-pop-rock-chupa-chups-Pierrot-Gourmand, appelons ça comme l’on veut. Konk est leur deuxième album, sorti en 2008. Le titre est une référence au nom de leur studio d’enregistrement, inutile d’y chercher une signification particulière. A moins que le nom de leur studio d’enregistrement ait une signification particulière, mais là, ça nous mènerait peut-être un tantinet trop loin…

Pour vous imaginer ce que peut-être la musique de The Kooks, il vous suffit de prendre un grand saladier d’y mettre les Beatles et Blur et vous mélangez très fort. Et voilà, le résultat : 13 chansons qui sonnent anglais comme Big Ben donne l’heure. Il n’y a pas donc pas grand chose de très nouveau et d’original de cet album, mais pas mal d’énergie et bien sûr de la guitare, de la basse et de la batterie.

Luke Pritchard a pourtant un timbre de voix intéressant, mais il le met rarement en avant comme il le mériterait. Il reste trop en retrait d’une musique que les plus sévères qualifieront de soupe, mais que les autres, dont moi, qualifieront d’airs sympathiques qui se laissent écouter. Ca ne déchaîne pas un enthousiasme fou, mais ça donne souvent envie de battre du pied, à défaut de le prendre complètement !

Konk ravira donc les fans du genre, qui sauront m’expliquer qu’en fait c’est complètement différent de Blur ou Supergrass et que je n’ai pas compris la subtilité intrinsèque du 3ème accord. Les autres l’écouteront avec plaisir, même s’ils n’iront peut-être pas jusqu’à l’achat.

Faisons le tour des morceaux de cet album :

1. See the Sun – 3:36
Une douce introduction qui enchaîne sur un morceau pop-rock des plus classiques… à l’image de l’album.

2. Always Where I Need to Be – 2:41
Le principal de single de l’album. Plutôt rock et énergique, c’est un des rares morceaux qui mettent vraiment en valeur la voix du chanteur.

3. Mr. Maker – 3:00
Un morceau qui donne la pêche et sonne un peu rétro.

4. Do You Wanna – 4:06
Un son plus dansant avec un solo guitare (presque) endiablé.

5. Gap – 4:00
Un titre plus calme, mais pas très mélodieux

6. Love It All – 2:50
Une chanson plus douce, où la voix est un peu plus poussée dans les aigues que d’habitude

7. Stormy Weather – 4:01
Un morceau très énergique, au rythme saccadé. Un morceau de brit-rock classique, mais qui est bon !

8. Sway – 3:36
Un peu le copier-coller de la chanson précédente mais en encore meilleur.

9. Shine On – 3:14
Un morceau plus doux que la moyenne, plus mélodieux avec des montées en puissance au moment du refrain. Bref, un son très pop !

10. Down to the Market – 2:27
Un titre très énergique, qu’on pourrait presque prendre pour du Blur.

11. One Last Time – 2:38
Une chanson un peu moins « pêchue » que la moyenne, mais pas encore tout à fait une ballade.

12. Tick of Time – 4:25
Une chanson en acoustique, qui ressemble à la chanson bonus de l’album

13. All Over Town – 3:14
Le morceau caché…enfin pas trop (genre une minute de silence). Une ballade à guitare sèche, aussi classique que le reste de l’album.

BORAT : Le choc des civilisations a eu lieu… et il est hliarant

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BoratafficheEtant seul et abandonné ce samedi soir dernier et ayant commencé ma préparation mentale pour la reprise du boulot de lundi matin qui s’annonce rude, j’ai décidé de me faire un petit plaisir en solitaire… Et là, j’entends déjà glousser tous ceux d’entre vous qui ont l’esprit mal placé ! Non, je me suis simplement regardé Borat en DVD, ce qui vous largement… enfin bref…

Borat est un journaliste vedette de la télévision du Kazakhstan, pays fier de ses valeurs : le viol, le lâcher de juif, la cruauté envers les attardés mentaux… Tout cela en fait un pays merveilleux, mais qui doit pouvoir encore s’améliorer. Le gouvernement l’envoie donc faire un reportage aux Etats-Unis pour découvrir ce qui fait la force de ce grand pays…

Attention, si vous n’appréciez pas le second…que dis-je, le vingt-huitième degré, passez immédiatement votre chemin, Borat n’est pas pour vous ! Il est d’ailleurs amusant de voir la réaction du gouvernement kazakhe, le vrai, à la sortie de ce film. Il fut tout d’abord outragé par l’image caricaturale (et encore le mot est faible) que ce film donne de ce pays, avant de s’apercevoir qu’il engendrait plutôt une vague d’intérêt et de sympathie envers leur pays. Ils ont alors décrété qu’il s’agissait bien d’humour…

Car Borat ne cherche en rien à se moquer du Kazakhstan qui ne sert ici que de prétexte. Non, c’est l’Amérique qui en prend un sacré coup ! En créant un choc des cultures complètement artificiel, il met en lumière les pires aspects de la société américaine. Quand il se rend chez un marchand d’armes pour lui demander quel pistolet serait le mieux pour se défendre contre un juif, ou à un vendeur de voitures quelle serait la meilleure pour écraser des gitans, aucun des deux ne se paraît choqué et ils répondent avec l’argumentaire nécessaire pour conclure la vente…

borat…Après reste la question de savoir s’il s’agit de complices ou bien de vraies situations provoquées. Il semblerait que la scène du rodéo, où il massacre l’hymne américain devant un public texan qui venait de l’acclamer deux minutes auparavant quand il souhaitait que l’Amérique raye l’Irak de la carte, soit vraiment tourné devant un vrai public incrédule (et inquiétant de beaufitude soit-dit en passant). Le lâcher de poule dans le métro new-yorkais ou son intervention sur une télé locale l’ont dans doute été également. Pour d’autres, la présence de la caméra qui le précède et certaines répliques qui tombent trop bien peuvent paraître suspectes…

Mais bon, il faut vraiment faire abstraction de toute ça. Borat est un vrai-faux reportage et si on se donne un tout petit peu la peine d’y croire, il devient surtout un moment de cinéma absolument hilarant (de la Baltique bien sûr !) Sacha Baron Cohen rentre tellement dans la peau de son personnage que l’on oublie bien vite qu’il s’agit d’un acteur et d’un rôle. C’est une métamorphose et personne parmi ceux qu’il croise ne peut s’imaginer un seul instant qu’il s’agit bien d’un acteur à l’accent aussi artificiel qu’hilarant.

Borat est le film culte par excellence. Décalé, provocateur, allant au bout de ses idées, ce film est surtout l’occasion d’immenses éclats de rire…

Fiche technique :
Production : Four by Two
Distribution : 20th Century Fox
Réalisation : Larry Charles
Scénario : Sacha Baron Cohen, Antohony Hines, Peter Baynham, Dan Mazer, d’après le personnage créé par Sacha Baron Cohen
Montage : Peter Teschner, James Thomas
Photo : Anthony Hardwick, Luke Geissbühler
Durée : 90 mn

Casting :
Sacha Baron Cohen : Borat Sagdiyev
Ken Davitian : Azamat
Luenell : Luenell 

2009, UNE GRANDE ANNEE DE CINEMA !

slumdogmillionaire

slumdogmillionairePuisque nous sommes désormais en 2010, j’ai pu m’amuser à faire mon classement des 10 meilleurs films de l’année 2009. N’étant pas comme Télérama, je ne l’ai fait pas fait au mois de décembre, puisque Noël est toujours l’occasion de grosses sorties, avec en tête cette année Avatar.

J’ai donc listé tous les films à qui j’avais mis la note maximale sur Ciao cette année. J’ai pris les dix premiers, mais ça me brisait le cœur de ne pas citer les suivants, j’ai donc fait un top 15… mais il en manquait encore et comme j’aime les bons films comme mes enfants (ok, je dis ça parce que je n’en ai pas encore…), je n’ai pas voulu en oublier un seul. Vous retrouvez donc ci-après la liste de mes 28 films 5 étoiles de l’année 2009.

Je donnerai une mention spéciale à deux scènes : le premier quart d’heure de Là-haut et le dernier du Concert, les deux plus beaux moments de cinéma qui m’est été donné de voir en 2009.

Pour les acteurs, je donnerais le prix d’interprétation masculine à Christoph Walz pour son rôle dans Inglorious Basterds et le prix d’interprétation féminine pour Kate Winslet, dans les Noces Rebelles. J’accorde également une mention spéciale à Mickey Rourke pour son rôle dans The Wrestler et évidemment à la bande-son de Good Morning England.

1 – Slumdog Millionaire
2 – Les Noces Rebelles
3 – Avatar
4 – Gran Torino
5 – Good Morning England
6 – Inglourious Basterds
7 – District 9
8 – 500 jours ensemble
9 – L’Etrange Histoire de Benjamin Button
10 – The Wrestler
11 – Departures
12 – Mary and Max
13 – Very Bad Trip
14 – Whatever Works
15 – Watchmen
16 – La-Haut
17 – Looking For Eric
18 – Star Trek
19 – Jusqu’en Enfer
20 – Morse
21 – Le Drôle de Noël de Scrooge
22 – Harry Potter le Prince de Sang Mêlé
23 – The Chaser
24 – Demineurs
25 – Une Mariage de Rêve
26 – Away we go
27 – Le Concert
28 – La Proposition

2009 EST MORT, VIVE 2010 !

2010

20101er janvier, heure des bilans d’un côté et des souhaits de l’autre.

Bon, le bilan, désolé, mais n’ayant aucunement l’intention de raconter ma vie ici, je me contenterai de quelques mots, dans le désordre, qui auront marqué cette année : crise, Michael Jackson, panneaux photovoltaïques, 2,5 (il n’y a que Anne-Ca qui comprendra), mamans, nouvelle version de mon site, main, Scrabble, 30 ans, putain 30 ans… Et puis bon, j’aurais fini 2009 en sauvant une nouvelle fois la Princesse Peach des griffes de Bowser… Ca dure depuis le Noël 1989, mais bon, ça fait toujours plaisir et ça donne tout de suite à votre année un autre relief !

Allez, le passé étant révolu, inutile de passer la nuit dessus. 2010, année du vice ? du pénis ? de la saucisse ? du clitoris ? du pubis ? de la cuisse ?… ou bien du tennis ? des varices ? de la police ? de l’avarice ? de la jaunisse ? de l’écrevisse ? de Sarkozys ? du comice ?…Ok j’arrête là, je commence à être à court d’idées !

2010 a la bonne idée d’être une année paire ! Et ce qu’il y’a de bien dans les années paires, c’est qu’il y’a soit des Jeux Olympiques, soit une Coupe du Monde ! J’en entends déjà soupirer en trouvant ça lamentable que ça soit la première chose qui me vienne à l’esprit, mais c’est comme ça que voulez vous ! C’est surtout que ce sont de formidables repères temporels et que je situe la date des évènements généralement à partir de ça. Donc, tout ce qui sera associé à la prochaine Coupe du Monde en Afrique du Sud sera à jamais situé en 2010 dans ma mémoire.

2010 va être aussi une année riche en naissances, vu que beaucoup de mes amis ont décidé de se reproduire en même temps ! Bref, j’aurais pas mal de layettes à acheter lors des six premiers mois ! Et puis, à nos âges, il était temps qu’ils s’y mettent… Et moi ? Arrêtez, on dirait mon père !

2010 est aussi l’année où j’aurais 31 ans, ce qui, en y repensant, constitue une perspective beaucoup plus effrayante que celle d’avoir 30 ans. C’est nul, 31, c’est un chiffre sans intérêt… à part d’être un nombre premier, certes, mais là, je ne vois pas en quoi ça me console !

Evidemment, j’aurais pu aussi vous faire la liste de tout ce que je me souhaite pour 2010, mais bon, si c’est pour citer la joie, le bonheur, le sexe, l’argent, l’alcool, les amis, le sexe, le pognon, le sexe, le blé, le sexe, le flouze… vu que c’est ce que je m’étais souhaité pour 2009 et que je me souhaiterai pour 2011, je ne vais pas non plus vous emmerder avec ça !

Donc voilà, 2009 est mort, vive 2010 !

Bonne année à tous !

THE EVANGELIST (Robert Forster) : Dylan dans le bush

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theevangelistrobertforsterA la lecture de la page Wikipedia consacrée à Robert Forster, vous apprendrez qu’il est venu à la musique, influencé par Bob Dylan… Et bien, sans avoir dix ans d’étude de musicologie derrière soi, il suffit d’écouter une seule chanson de The Evangelist pour en être intimement convaincu.

Robert Forster est donc un « song writer » folk dans la plus pure tradition du genre. D’ailleurs, je vous conseille d’aimer ce type de musique avant de vous aventurer à écouter cet album car il est réellement sans surprise, mais pas sans qualités.

Robert Forster, c’est avant tout une voix grave, chaude et un peu éraillée. D’ailleurs, la parenté avec Dylan est là aussi patente. Elle est plus ou moins bien mise en valeur selon les chansons, mais en forme toujours l’élément le plus important. Les accompagnements sont généralement assez simples, à la guitare dans la plupart des cas ou au piano pour From Ghost Town. L’image du chanteur se baladant avec sa guitare dans le dos n’est pas loin et certains des morceaux s’imaginent parfaitement chantés autour d’un feu de camp dans le bush australien (patrie de Robert Forster).

Les mélodies vont du pop-folk au country-folk. Vous me direz, ça ne va pas très loin. Certes, The Evangelist ne se démarque ni pour son originalité, ni même sa variété, même si les mélodies alternent les airs tristes et les plus guillerets. On est dans le plus pur respect d’une tradition et d’un genre. Mais le plupart des morceaux que comporte cet album valent le coup d’être écoutées. Ce dernier ne deviendra peut-être pas un album de chevet, mais pourra accompagner les envies de mélodies simples et de grands espaces. La seule chanson où l’instrumentation est plus élaborée, Don’t touch Anything, n’est d’ailleurs certainement pas la plus intéressante. On lui préférera Evangelist, peut-être la plus épurée, mais certainement celle qui fait le plus se dresser l’oreille du mélomane. Ce n’est d’ailleurs pas étonnant qu’elle constitue la chanson titre de l’album.

On peut toujours s’interroger sur l’intérêt d’un chanteur qui fait du Dylan sans tout à fait être Dylan. Mais bon, dans ce cas-là, on n’écouterait plus grand chose ! Je ne connaissais pas Robert Forster avant d’écouter cet album. Il ne me donne pas forcément envie de me ruer sur sa discographie complète, mais je suis heureux de compléter ma discothèque avec un album au son différent du son pop-rock formaté que l’on entend désormais partout (y compris chez moi, j’avoue…).

The Evangelist est donc un album fait pour tous les amoureux du folk à la Dylan. Les autres pourront se laisser charmer par quelques mélodies qui si elle ne valent peut-être pas le voyage, valent tout de même le détour.

Faisons le tour des titres de cet album :

1.: If It Rains
Une chanson aux accents tristes, où Robert Forster pousse un peu la voix façon country.

2.: Demon Days
Un morceau beaucoup plus doux et mélodieux, qui sonne presque comme une berceuse

3.: Pandanus
Un son plus pop pour ce titre, mais le résultat est plutôt sympa.

4.: Did She Overtake You
Une chanson sans grand relief

5.: Evangelist
Un titre à l’instrumentation minimaliste, mais la voix a ici assez de relief pour se suffire à elle-même.

6.: Let Your Light In Babe
Un morceau country-folk gai et entraînant

7.: Place To Hide Away
Une chanson douce qu’on croirait chantée au coin du feu

8.: Don’t Touch Anything
Le morceau à l’instrumentation la plus élaborée, mais le résultat n’est pas forcément le plus intéressant

9.: It Ain’t Easy
Une chanson guillerette, aux accents très country

10.: From Ghost Town
Le morceau le plus sombre et le plus triste de l’album, le seul accompagné au piano.

BATTLEFIELD (Ez3kiel) : Varié, mais lancinant, lancinant, mais varié

battlefieldez3kiel

battlefieldez3kielDepuis quelques temps, j’ai commencé à noter dans un coin (enfin techniquement un fichier Excel) les titres des albums recevant une bonne critique dans Télérama. Il s’agit pour la plupart de groupes dont je n’avais jamais entendu parler. Mais bon, comme je suis un aventurer qui n’a peur de rien, je me suis lancé et ai commencé à écouter ce que tout cela pouvait donner.

J’ai donc commencer par Ez3kiel et leur album Battlefield. Contrairement aux apparences, ce groupe est originaire de Tours et donc bien de chez nous ! Mais comme leur musique est essentiellement instrumentale, cela importe peu de toute façon.

Si ce groupe est généralement rangé dans le rayon « électro », ce classement est tout à fait réducteur. Si on devait coller une étiquette, cela pourrait plutôt être musique expérimentale, tant on sent chez eux une volonté d’explorer l’ensemble de l’univers musical, en se souciant bien peu de la barrière entre les genres. Mais le terme qui pourrait vraiment définir cette album serait en fait le terme d’inclassable.

Mais Battlefield possède une énorme qualité et un immense défaut, qui pourraient sembler contradictoires à première vue, mais qui ne s’exercent pas à la même échelle. Cet album est incroyablement varié, dans le sens où beaucoup de styles sont abordés. Il est donc particulièrement riche et va de la musique électronique proprement dite au métal ou au hip-hop. C’est donc quelque chose que j’aurais vraiment pu apprécier sans un revers à cette médaille.

Si les morceaux ne se ressemblent pas les uns les autres, ils sont quasiment tous hyper lancinants. La variété ne se retrouve pas à l’intérieur des morceaux qui sont déséspérément monocordes. Chaque titre correspond à une idée différente mais Ez3kiel ne semble pas avoir cherché à jouer autour de chacune d’elle, se contentant d’en faire un morceau généralement assez long mais dont on décroche après la première minute.

Une autre impression que laisse la plupart des morceaux de Battlefield est celui d’entendre une musique de film. Je n’y vois ni une qualité, ni un défaut, mais c’est vraiment récurent d’une plage à l’autre. C’est sans doute le côté instrumental qui veut ça, mais pas seulement. Mais cela renforce la sensation qu’il s’agit là vraiment d’une musique de fond, qui a toute sa place dans un second plan, mais qui ne s’écoute pas pour elle-même.

Je reste donc sur une impression plutôt mitigée concernant Battlefield. Musicalement très intéressant, son potentiel est trop sous-exploité pour vraiment être enthousiaste.

Faisons un peu le tour des morceaux qui compose l’album.

1.Adamantium
Un morceau instrumental qui met dans l’ambiance de l’album. La batterie martèle derrière une instrumentation lourde et lancinante

2.Volfoni’s revenge
Un titre qui crée une ambiance étrange et fascinante. Assez envoûtant et très long, il est l’un des morceaux qui ressemble vraiment à une musique de film

3.Spit on the ashes
Un des rares morceaux avec des paroles chantées. Une voix grave et profonde à la Nick Cave répond à des voix mêlées beaucoup plus hautes et claires. Mais le résultat demeure lancinant malgré tout.

4.Coal Flake
Un petit intermède de moins de deux minutes

5.The Wedding
Les sonorités se font cette fois plus cuivrées, mais le résultat reste toujours aussi monotone

6.Break Or Die
Un morceau de fusion entre électro et métal, très caractéristique du style du groupe

7.Alignment
Morceau de hip-hop qu’on ne s’entend pas à voir ici. A l’image de l’album : déconcertant

8.Lull
Un morceau qui ressemble vraiment à un générique de fin, avec comme fil rouge musical le son d’une boîte à musique

9.Firedamp
Grand n’importe quoi musical, qui sert de court intermède

10.The Montagues and the Capulets
Un morceau aux sonorités beaucoup plus classiques, sonnant comme un orgue de barbarie, accompagné de percussions

11.Wagma
Morceau enregistré comme si le groupe jouait loin des micros. Effet sonore original, mais sans plus.