MAX ET LES MAXIMONSTRES : Le vrai conte pour enfants de ce Noël !

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maxetlesmaximonstresafficheTous les papas et les mamans qui ont emmené leurs chers têtes blondes (ou brunes ou rousses, ne soyons pas racistes) voir le Drôle de Noël de Scrooge en pensant voir un conte de Noël pour enfants, se sont trompés de salle. Il fallait aller dans la salle d’à côté voir Max et les Maximonstres ! Mais il n’est pas encore trop tard pour bien faire !

A la suite d’une dispute avec sa mère, Max s’enfuit de la maison. Il trouve une barque au bord d’une rivière et se retrouve vite au pleine mer. Il finit par accoster sur une île où vivent d’étranges créatures. Ces dernières proclament rapidement Max comme leur roi, après qu’il leur ait expliqué qu’il possédait de puissants pouvoirs. Mais qu’arrivera-t-il s’ils s’aperçoivent qu’il n’est en fait qu’une jeune garçon d’une dizaine d’années ?

Max et les Maximonstres est à la fois très moderne et tout à fait classique. Classique dans le fond, qui n’est guère différent des contes les plus anciens. On y retrouve le thème de l’enfant, de sa soif de découverte, de reconnaissance et d’émancipation qui va le pousser à se croire capable d’être déjà autonome. Evidemment, tout finira dans la reconstitution de la cellule familiale, après que l’enfant ait échappé aux pires dangers de mort.

Par contre, la forme est ici tout à fait contemporaine. Pas de princesse, de château, mais une famille américaine moyenne, monoparentale et vivant dans un maison en banlieue. Max est un petit garçon d’aujourd’hui, auquel tous les petits garçons d’aujourd’hui peuvent aisément s’identifier. Il inspirera également la sympathie des adultes par son air à la fois espiègle et fragile. Pas l’enfant idéal, et encore moins idéalisé, mais le fils que l’on pourrait tous avoir.

maxetlesmaximonstresAprès évidemment, on a le droit de trouver ça un rien cucul. Il est vrai que si le film recèle quelques moments plus sombres et inquiétants (mais vraiment rien de bien méchant), il se termine tout de même avec une bonne dose de bons sentiments. Heureusement, Max et les Maximonstres ne donne pas non plus dans l’hyper sirupeux et si tout se termine bien, il n’y a aucune envolée lyrique et bien lourde. Un regard et une embrassade suffisent pour symboliser la réconciliation et l’affection. Bref, un film familial, vraiment tout public, sans qu’il donne envie de se caler deux doigts au fond de la gorge.

Si le jeune Max Records est parfait dans son rôle, Max et les Maximonstres se distingue par un casting de voix de haut niveau, avec notamment Forest Whitaker. Les amateurs de séries reconnaîtront également avec joie la voix de James Gandolfini, alias Tony Soprano, et celle de Lauren Ambrose, alias Claire Fischer de Six Feet Under… Bon j’avoue pour elle, j’ai passé tout le film a me dire que je connaissais cette voix, sans pouvoir l’identifier, avant que Allocine ne me sauve la vie.

Max et les Maximonstres est donc le film où emmener ses enfants ce Noël… auxquels on pourra offrir le DVD à Noël prochain.

Fiche technique :
Production : Legendary Pictures, Village Roadshow, Playtone / Wild Things, Warner Brox
Distribution : Warner Bros. Pictures France
Réalisation : Spike Jonze
Scénario : Spike Jonze, Dave Eggers, d’après le livre de M. Sendak
Montage : Eric Zumbrunnen, James Haygood
Photo : Lance Acord
Décors : K.K.Barrett
Musique : Karen O, Carter Burwell
Costumes : Casey Storm
Durée : 100 mn

Casting :
Max Records : Max
Catherine Keener : la mère
Mark Ruffalo : Le petit ami
James Gandolfini : Carol
Paul Dano : Alexander
Catherine O Hara : Judith
Forest Whitaker : Ira
Lauren Ambrose : KW

TEASER AND THE FIRECAT (Cat Stevens) : Du pur Cat Stevens (pour finir)

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teaserandthefirecatcatstevensVoilà, mon voyage (dans l’ordre alphabétique…) dans la carrière de Cat Stevens touche à sa fin avec ce dernier album : Teaser and the Firecat, sorti en 1971. Un de ses plus importants succès commerciaux, une de ses œuvres les plus abouties.

Pour l’anecdote, ce disque illustre un livre pour enfant écrit et illustré par Cat Stevens lui-même. L’histoire d’un homme et de son chat qui cherchent à remettre en place la lune, après que celle-ci soit tombée.

Bref, revenons à la musique. Teaser and the Firecat contient plusieurs grands classiques de Cat Stevens. Il pourrait presque s’apparenter à un “best-of », non qu’il soit son meilleur album (ce titre revient sans conteste à Tea for the Tillerman), mais parce qu’il est sans doute le plus typique de son style. On y retrouve toutes les caractéristiques de sa musique, sans aller dans certaines extrémités de certaines de ses œuvres. Un album parfaitement équilibré donc, qui nous permet de profiter pleinement du génie de Cat Stevens.

Encore une fois, on retrouve donc d’un côté une instrumentation folk où domine soit guitare sèche, soit le piano, mais qui comporte également, parfois dans la même chanson, un nombre très important d’autres instruments, qu’il n’est pas d’ailleurs toujours aisé de reconnaître. De l’autre, un rythme qui peut changer brutalement entre le couplet et le refrain. Ces ruptures concernent aussi l’intensité de la voix de Cat Stevens.

Sa voix parlons-en. Je n’ai cessé de le répéter au cours de tous ces avis, mais Cat Stevens possède une des voix les plus extraordinaires jamais enregistrés. Incroyablement chaude et profonde, elle éclipserait presque tout le travail d’accompagnement pourtant si fouillé. D’ailleurs, si même un morceau de Cat Stevens moyen, reste un délice pour les oreilles, c’est avant tout grâce à elle. Avec une telle voix, vous ne pouvez jamais rater totalement une chanson.

Teaser and the Firecat est donc à conseiller à tous ceux qui voudront connaître l’univers de Cat Stevens, sans aller forcément jusqu’à l’exhaustivité la plus complète. Il constitue un monument de la musique folk… et même de la musique tout court.

Mais faisons le tour des morceaux que l’on trouve sur Teaser and the Firecat.

1.: Wind
Une courte ballade à la guitare, avec une voix très posée. Ce morceau constitue une véritable introduction à cet album.

2.: Ruby Love
Une ballade beaucoup plus typique du style de Cat Stevens : elle est accompagnée de multiples instruments et connaît aussi bien des changements de rythme de la mélodie que d’intensité dans la voix.

3.: If I Laugh
Une ballade aux accents tristes, très sobres, mais loin d’être la plus intéressante de l’album.

4.: Changes IV
Un morceau beaucoup plus énergique où la voix de Cat Stevens prend (presque) toute sa mesure.

5.: How Can I Tell You
Une autre ballade au ton plutôt triste. Mais cette fois, la mélodie véhicule beaucoup plus d’émotion. Le résultat est de facture sobre, même si l’instrumentation garde sa variété habituelle.

6.: Tuesday’s Dead
Un grand classique dans le registre des chansons énergiques de Cat Stevens. Rytmée, variée, une parmi ses meilleures chansons.

7.: Morning Has Broken
Le meilleur aussi, mais dans le registre ballade. Un morceau où la voix de Cat Stevens est tout simplement sublime.

8.: Bitter Blue
Un morceau énergique mais pas magique. Un titre pop sans grand relief.

9.: Moonshadow
Un autre de ses grands classiques : une ballade, pas la meilleure, mais tellement au-dessus de la moyenne du genre !

10.: Peace Train
Une chanson énergique dans le plus pur style Cat Stevens. Un parfait résumé de son génie pour conclure ! 

LES CHATS PERSANS : Musique et liberté

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leschatspersansaffiche2009 avait commencé avec un film sur la musique débordant d’une formidable énergie, Radio Rock, elle se termine par un film aux accents beaucoup plus graves, les Chats Persans. Mais les deux ont cherché à nous transmettre la force de la musique comme vecteur de libération et d’émancipation. Et, comme son prédécesseur, les Chats Persans est également une vraie réussite cinématographique.

Negar et Ashkan forment un groupe d’indie rock de Téhéran. Mais sans autorisation par le pouvoir en place, ils ne peuvent donner de concerts, ni même répéter, si ce n’est clandestinement. Ils rêvent d’obtenir le passeport et le visa qui leur permettront de partir à l’étranger pour pouvoir enfin jouer librement la musique qu’ils aiment.

Il y’a bien des raisons pour aimer les Chats Persans. Pour la musique tout d’abord. Le film comporte de longs extraits musicaux, offrant un espace d’expression à une musique, pop ou underground, on l’appelle comme on veut, totalement étouffée en Iran. D’ailleurs, le film est avant tout un témoignage musical, autant qu’une intrigue. Cette dernière est plus un fil rouge, même si elle connaît un dénouement très intense en émotion.

Un témoignage, mais aussi un voyage musical. Les Chats Persans nous fait découvrir l’Iran au quotidien et surtout ses habitants. Ce n’est pas ici quelques images jetées au JT, mais une vraie plongée au cœur d’une société qui nous ressemble tellement plus que l’on ne le croit. On n’en avait déjà eu un aperçu avec le magnifique Persepolis. Ici la vision est plus contemporaine, moins historique, mais le dépaysement et l’immersion sont totaux.

leschatspersansEnfin, les Chats Persans touchera tous ceux sensibles à la cause iranienne, et plus largement au combat de tout ceux qui luttent pour ce qui nous semble la liberté la plus élémentaire. Il faut aussi garder à l’esprit que les galères vécues par les protagonistes sont extrêmement proches de celles subies par Bahman Ghobadi. Tourné en 17 jours à Téhéran, sans autorisation, ce film ne sera évidemment jamais distribué en Iran, si ce n’est au marché noir. Il a même valu à son réalisateur une dizaine de jours de prison à son retour de Cannes. La réalité décrite par ce film est donc bien celle vécue par les artistes iraniens au quotidien. Certains passages paraîtront absurdes, mais nous montrent à quel point le système répressif est enfermé dans sa propre absurdité.

Bien sûr, tourné avec peu de moyens, Les Chats Persans n’est pas un grand film. Mais que ce soit pour la musique, le voyage ou le message, on a tous une bonne raison pour aller le voir !

Fiche technique :
Production : Mij Film
Réalisation : Bahman Ghobadi
Scénario : Bahman Ghobadi, Roxana Saberi, Hossein M. Abkenar
Montage : Hayedeh Safiyari
Photo : Turaj Aslani
Distribution : Mars distribution
Son : Nezamdin Kiaie
Durée : 101 mn

Casting :
Negar Shaghaghi : Negar
Hamed Behdad : Hamed
Ashkan Koshanejad : Ashkan 

UN SINGE EN HIVER : Verneuil, Blondin, Audiard, Gabin, Belmondo

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unsigneenhiverafficheChef d’œuvre intemporel, Un Singe en Hiver a rassemblé le meilleur du cinéma français du début des années 60. Tiré d’un grand roman, adapté par un immense dialoguiste, réalisé par un grand cinéaste (avec des assistants promis à un grand avenir) et mettant en scène deux monstres sacrés à l’opposé de leur carrière, ce film ne pouvait être qu’un grand film. Et il l’est !

Alors que la guerre touche à sa fin, Albert Quentin ne rêve que d’Indochine, où il a été fusiller-marin, une fois saoul. Et il l’est plus qu’à son tour. Un jour, pris sous les bombardements, il jure à sa femme de ne plus boire une goutte s’ils s’en sortent. Il tiendra parole… 15 ans plus tard, débarque à son hôtel un jeune homme qui lui ne rêve que d’Espagne et de la femme qui l’y a laissé. Il ressemble trop à l’Albert d’il y’a 15 ans pour que la femme de ce dernier ne s’inquiète pas de voir son mari revenir à ses anciens travers.

N’ayez pas peur à la lecture de ce synopsis, Un Singe en Hiver n’a rien d’un drame social sur l’alcoolisme. Ce n’est pas vraiment le genre d’Antoine Blondin, l’auteur du roman original. C’est une comédie des mœurs, un film humaniste, un portrait touchant et drôle de deux hommes que l’âge pourrait séparer mais que de nombreuses ressemblances finissent par rassembler. Certes, on y parle beaucoup d’alcool, on y boit beaucoup, mais il n’y pas de parti pris sur le sujet.

Dans Un Singe en Hiver, on trouve sûrement les meilleurs dialogues d’Audiard. Bien sûr, ce n’est pas les Tontons Flingueurs, aux répliques si cultes, mais Audiard ne ‘y parodiait-il pas lui-même ? Ici, le ton est plus subtil, moins coloré, mais il fait mouche et nous livre des tirades fabuleuses. Si je devais en retenir une, ça serait : « Vous avez la cuite mesquine. Dans le fond, vous ne méritez pas de boire ! ». Servi par un Jean Gabin, c’est tout simplement fabuleux.

unsigneenhiverJean Gabin, justement, tient dans Un Singe en Hiver peut-être son plus beau rôle d’après-guerre. Tout comme Jean-Paul Belmondo, ici presque débutant, il y est merveilleusement dirigé par Henri Verneuil. Quel bonheur de voir ici pourquoi ce sont deux monstres sacrés du cinéma français. Trop souvent, leur carrière les a conduit dans des rôles cherchant à exploiter leur talent jusqu’à la caricature d’eux-mêmes. Ici, ils ont des rôles à la mesure de leur talent, magnifique, inoubliable.

La conjonction de tout cela fait d’Un Singe en Hiver. Trop souvent le cumul de grands talents donne un résultat inférieur à la somme de chacun additionné. Ici, c’est le contraire. Le tout est bien supérieur à la somme des parties… Et quand on connaît la valeur des parties… Bref un concentré de bonheur cinématographique et humain.

Un Singe en Hiver est un des plus grands chefs d’œuvres du cinéma français. Une œuvre que seul ce dernier sait (trop rarement) nous offrir.

Fiche technique :
Réalisation : Henri Verneuil
Scénario : François Boyer, Henri Verneuil, Michel Audiard
Adaptation : François Boyer d’après le roman d’Antoine Blondin (Éditions de la Table Ronde)
Dialogues : Michel Audiard
Assistants réalisateurs : Claude Pinoteau, Maurice Kaminsky, Costa-Gavras
Musique : Michel Magne – Le Tango Caminito
Images : Louis Page

Casting :
Jean Gabin : Albert Quentin, patron de l’hôtel « Stella »
Jean-Paul Belmondo : Gabriel Fouquet, le jeune homme
Suzanne Flon : Suzanne Quentin, la femme d’Albert
Noël Roquevert : M. Landru, patron du bazar
Paul Frankeur : M. Esnault, le patron du café
Gabrielle Dorziat : Mme Victoria, la directrice
Marcelle Arnold : L’infirmière de la pension
Hella Petri : Georgina, la patronne du bar
Lucien Raimbourg : Le jardinier de la pension
Geneviève Fontanel : Marie-Jo, la serveuse de l’hôtel
Sylviane Margollé : Marie Fouquet, la fille de Gabriel  

LA RESOLUTION QUE JE NE PRENDRAI PAS

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rangerCette après-midi, j’ai passé une bonne partie de ma journée à ranger, trier, classer, archiver… J’avais un peu commencé depuis le début des vacances, mais là, j’ai mis un coup d’accélérateur. J’ai reconquis mon bureau, dont je revois à nouveau la couleur du bois et sur lequel je peux à nouveau imaginer pouvoir écrire ! J’ai aussi rangé dans les classeurs qui vont bien 6 mois d’archives municipales et glissé dans de belles chemises, dans la boîte à dossiers suspendus, un an de fiche de paye, quittance de loyer, relevés de compte et papiers divers…

Je suis donc super content de moi. Je vis dans un environnement ordonné et rangé (enfin à ma propre échelle) où l’on a pas besoin de pousser des choses pour en faire d’autres… Bref je suis dans une situation normale si je maîtrisais une technique qui m’est parfaitement étrangère : le fur et à mesure… C’est un art paraît-il pas particulièrement difficile à maîtriser, mais qui, pour moi, s’apparente à résoudre des équations de physique quantique les yeux bandés.

Et puis bon, ai-je une chance de changer ?… Il y’a bien les résolutions pour la nouvelle année, mais la seule que je n’ai jamais tenu, c’est l’année où j’ai décidé de ne plus en faire ! Donc, je crois que je vais rester comme ça…

Ok et si un jour, je suis deux ?… Euh, j’écrirais un autre article pour vous dire comment ça se passe…

TETRO : Sublime, mais…

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tetroafficheFrancis Ford Coppola nous avait offert la dernière fois un Homme sans Age qui avait profondément divisé la planète cinéma. Il revient avec Tetro qui ne manquera pas non plus de faire débat. Il nous livre un nouveau film personnel et intimiste, comme ceux du début de sa carrière et avant qu’il ne devienne le réalisateur du Parrain. Heureusement, ce coup-ci, son film est doté d’un scénario compréhensible et digne d’intérêt. Reste ensuite la manière, à la fois magnifique et déroutante.

Bennie débarque à Bueno Aires pour retrouver son frère qui a rompu tout lien avec sa famille depuis plusieurs années déjà. Mais les retrouvailles sont beaucoup moins chaleureuses qu’espérées. Bennie cherche des réponses aux mystères qui pèsent sur le passé de sa famille, mais Tetro, son frère, n’a aucunement l’intention de lui ouvrir son cœur et ses souvenirs.

Tetro vient s’ajouter à la longue liste des films sur la famille qui vous fait aimer la vôtre. C’est un film sur la figure du père, parfois destructrice, et la rivalité au sein de la fratrie. Le film commence dans les non-dits avant que chacun des personnages ne se dévoile peu à peu. Le tableau familial se dessine pièce à pièce, avant que la dernière ne donne un tout autre sens à l’ensemble.

Le tout est filmé dans un noir et blanc absolument fabuleux. Le travail de photographie est ici sublime, donnant à cette histoire un aspect « hors du temps » qui ne fait qu’en renforcer la portée universelle. Tetro est littéralement beau à regarder. Le jeu des acteurs est sublimé par les jeux de lumières qui valent bien tous les effets de caméra. On sent ici la patte du très grand cinéaste qu’est Francis Ford Coppola.

tetroMais à côté de ça, le rythme donné à la narration laisse circonspect. Ce n’est pas vraiment que l’on s’ennuie devant Tetro, mais on n’a quelque fois envie de sortir pour pousser et aider le train à aller plus vite (spéciale dédicace au RER C, même quand il n’y a pas d’accident). On a parfois l’impression qu’à force d’avoir travaillé l’esthétique, Coppola en oublie un peu de faire avancer l’histoire. C’est dommage, car à force de diluer le propos, il perd en impact et en force.

De Tetro, on retiendra également la performance éblouissante de Vincent Gallo, pourtant plutôt habitué aux petites rôles ou aux série B. Il prouve encore une fois la formidable richesse du cinéma américain, mais aussi les talents de direction de Francis Ford Coppola qui n’a plus rien à prouver dans ce domaine depuis longtemps. En face de lui, le jeune Alden Ehrenreich, qui tient là son premier grand rôle, est plus palot, mais c’est aussi le personnage qui veut ça.

Tetro est donc un film que seul un très grand cinéaste aurait pu réaliser. Mais il laisse tout de même un rien sur sa faim. Trop proche de l’exercice de style, il lui manque ce supplément d’âme qui propulserait le spectateur réellement au cœur de l’histoire. Malheureusement, il reste un peu trop comme un visiteur de musée devant un tableau.

Un tableau magnifique certes, mais un tableau, pas un film…

Fiche technique :
 Production : Americain Zoetrope, BIM, INCAAn Rornasol, Zoetropa
Réalisation : Francis Ford Coppola
Scénario : Francis Ford Coppola
Montage : Walter Murch
Photo : Mihai Malaimare Jr.
Décors : Paulina López Meyer
Distribution : Memento films
Son : Vicente d’Elia
Musique : Osvaldo Golijov
Costumes: Cecilia Montiel
Durée : 127 mn

Casting :
Alden Ehrenreich : Bennie
Maribel Verdu : Miranda
Vincent Gallo : Tetro
Klaus Maria Brandauer : Carlo
Carmen Maura : Alone

LA TRES TRES GRANDE ENTREPRISE : Les Robins des Bois de la Defense sont arrivés !

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latrestresgrandeentrepriseafficheLe mythe de Robin des Bois est profondément ancré dans nos imaginations. On n’a tous envie de croire que le petit peut triompher de l’injustice imposée par les puissants. Evidemment, dans la vraie vie vraie, cela est beaucoup plus facile à dire qu’à faire. Et dans la Très Très Grande Entreprise ? Je ne vous le dévoilerai évidemment pas, ne voulant pas gâcher le suspense.

4 victimes d’une pollution industrielle décident de ne pas se contenter des 12 000 euros de dommages et intérêts accordés par le tribunal et de se pourvoir en appel. Mais pour cela, ils ont besoin d’un élément nouveau à ajouter au dossier. Ils décident alors d’aller récupérer des documents au siège même de la multinationale fautive, à la Défense. Pour cela, il vont s’y faire embaucher.

Lors de sa sortie, la bande-annonce m’avait donné très envie d’aller voir ce film. Mais comme souvent, il donnait une image très élogieuse puisqu’on y retrouvait l’ensemble des répliques vraiment drôles. Cependant, le résultat reste tout de même plutôt bon. Un vrai divertissement sympathique et intelligent qui se laisse regarder avec plaisir.

On n’est bien plus proche dans la Très Très Grande Entreprise de la parodie de film d’espionnage ou de braquage que du film social à la Ken Loach. Il n’y a ici ni revendication, ni réel message politique. Tout ceci n’est qu’un prétexte à une série de péripéties et de situations, où les personnages doivent faire preuve de leur imagination pour arriver à leur fin. Une sorte de Prison Break ou de Mission Impossible, mais réalisés par des amateurs. Bref, on s’amuse et c’est tout. Mais c’est déjà pas mal.

latrestresgrandeentrepriseLe quatuor de personnages est évidemment aussi contrasté qu’il se doit : un arabe, un homosexuel, une geek et…une fille. Il faut bien une touche de charme ! Et quand le charme est incarnée par Marie Gillain, il est on ne peut plus charmant ! Mais Roschdy Zem et Jean-Paul Rouve ne sont pas en reste, peut-être pas avec un physique aussi gracieux, mais avec tout leur talent d’acteur, ce qui n’est pas peu dire. Et comme dans toute comédie, l’énergie des acteurs est capitale à la réussite du film. Et ces derniers s’amusent visiblement dans leur rôle, s’y sentent bien et transmettent ces ondes positives au spectateur.

On pourrait donc reprocher à Pierre Jolivet le manque de fond et le caractère un peu caricatural des personnages. Mais il a choisi la légèreté et la comédie. Comme le résultat est plutôt bon, il serait injuste de le lui reprocher. Après, il n’est pas certain qu’il ait exploité ses bonnes idées au maximum. Que le film soit un peu en dessous de ce que promettait la bande-annonce montre bien qu’il manque ce rien de densité qui font les très bons films, aussi légers soient-ils.

La Très Très Grande Entreprise est donc parfait pour un soir d’hiver ou pluvieux. Rien d’inoubliable, mais un bon moment assuré.

Fiche technique :
Production : Charles Gassot, France 2 Cinéma
Distribution : Pathé
Réalisation : Pierre Jolivet
Scénario : Pierre Jolivet, Simon Michaël
Montage : Yves deschamps, Charlotte Theillard
Photo : Pascal Ridao
Décors : Denis Renault
Son : Pierre Excoffier
Musique : Manu Katche
Durée : 102 mn

Casting :
Roschdy Zem : Zak
Marie Gillain : Mélanie
Jean-Paul Rouve : Denis
Adrien Jolivet : Kevin
Arlette Thomas : Mme de Marthod
Nicolas Marie : Maître Dessax

ARTHUR ET LA VENGEANCE DE MALTAZARD : Quand Luc Besson se fout de la gueule du spectateur

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arthuretlavengeancedemaltazardafficheComme la plupart des gens, je n’aime pas me faire prendre pour un con. J’en veux donc beaucoup à Eric…euh pardon Luc Besson de m’avoir pris comme tel. Arthur et la Vengeance de Maltazard est sans doute la plus grande arnaque cinématographique du siècle. Je sais, notre siècle n’a qu’une petite décennie, mais tout de même. Cela n’enlève rien à la colère qui m’étreint.

Arthur va enfin revoir la princesse Selenia, responsable de ses premières poussées d’hormones. Ce soir, c’est la 10ème lune et il va enfin pouvoir rejoindre le monde des Minimoys le temps d’une nuit, le temps d’un banquet en son honneur. Mais voilà, catastrophe, son père décide que la petite famille allait quitter la maison de son grand-père avec un jour d’avance.

Bon, vu comment Luc Besson se moque du spectateur avec Arthur et la Vengeance de Maltazard, je ne vais pas me fouler non plus et vous livrer une critique dont la longueur sera proportionnelle à l’intérêt de ce film…. En fait, non car c’est déjà trop tard ! J’ai déjà beaucoup trop écrit. En fait, dans ce film, il ne se passe rien ou si peu. Il s’agit là d’une bande-annonce, que dis-je un teaser pour… le troisième volet qui va très vite suivre.

arthuretlavengeancedemaltazardOn serait dans le cadre d’une série télévisée, pour un premier épisode, on se dirait que ça met l’eau à la bouche. Sauf que là, certains spectateurs auront payé près de dix euros pour eux-mêmes et chacune des têtes blondes qui les accompagnent pour ça ! C’est du vol, une pure arnaque !

Après, on peut simplement signaler que les parties « animation » du film sont superbement réalisées, que les personnages sont toujours éminemment sympathiques. Bref, tous ceux qui ont apprécié le premier volet aurait vraiment pu être ravi de retrouver cet univers qui les avait réellement enchantés. Mais à la place, c’est un goût amer et un portefeuille un peu plus léger qui les attend.

Allez, j’en ai déjà trop dit. Si vous aussi vous aimez vraiment Arthur, passez directement au dernier épisode, vous n’aurez rien raté, ou si peu…

Fiche technique :
Production : Luc Besson
Distribution : Europa Corp
Réalisation : Luc Besson
Scénario : Luc Besson
Photo : Thierry Arbogast
Décors : Hughes Tissandier
Son : Martin Boissau
Musique : Eric Serra
Effets spéciaux : Pierre Buffin
Durée : 94 mn

Casting :
Freddie Highmore : Arthur
Mia Farrow : la grand-mère
Ronald Crawford : le grand-père
Robert Stanton : le père
Penny Balfour : la mère 

LE DROLE DE NOEL DE SCROOGE : A la hauteur de Dickens !

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ledroledenoeldescroogeafficheA Christmas Carol de Charles Dickens est un grand classique de la littérature anglo-saxonne. J’ai eu l’occasion de le lire en anglais, il y’a quelques années, et j’avais vraiment été surpris par le ton du livre, beaucoup plus sombre et inquiétant que ce que j’avais pu imaginer. J’avais toujours eu l’image d’une histoire moralisatrice et cucul… Peut-être parce que la seule adaptation au cinéma que je lui connaissais était Noël chez les Muppets. Avec le Drôle Noël de Scrooge, j’ai vécu exactement la même surprise. La même très bonne surprise.

Ebezener Scrooge est le plus avare et le plus acariâtre des marchands de Londres. Même la mort de son associé de toujours ne l’émeut pas une seconde. Quand arrive Noël, rien ne l’exaspère plus que la joie que ce moment de l’année procure à tous ceux qui l’entourent. Même son neveu n’arrive pas à lui arracher un mot sympathique. Mais cette nuit de Noël, une expérience va le conduire à affronter son passé, son présent et son futur…

Le Drôle Noël de Scrooge aurait vraiment pu s’appeler un Conte de Noël, comme l’œuvre originale tant elle lui est fidèle. La plupart des dialogues sont repris à la virgule près du livre de Dickens. Une grande œuvre se respecte et le moins que l’on puisse dire c’est que Robert Zemeckis ne s’est pas permis la moindre trahison. Mais une telle œuvre doit se traiter ainsi !

Comme je l’ai évoqué, le Drôle de Noël de Scrooge n’est pas du tout ce que l’on pourrait attendre d’une production Disney sortie spécialement pour la trêve des confiseurs. Ce film peut être fortement déconseillé aux très jeunes enfants qui risquent d’être choqués par la noirceur de certains passages. Scrooge affrontera sans détour l’image de sa propre mort et ce passage mettra mal à l’aise le plus endurci des adultes.

ledroledenoeldescroogeMais c’est d’ailleurs pour cela que le Drôle Noël de Scrooge fonctionne aussi bien. Un propos trop infantile n’aurait pas été crédible car on n’aurait pas pu imaginer qu’il ait le moindre impact sur un homme comme ce vieil homme que la vie a usé et enfermé dans la solitude et l’hostilité. D’ailleurs, on pourra classer ce rôle de Jim Carrey parmi ses rôles sérieux et non drôles et grimaçants. Et si les quatre rôles qu’il interprète lui permettent de faire étalage de toutes les facettes de son talent, jamais il ne tombe dans le cabotinage incontrôlé dans lequel il a si souvent sombré. Correctement dirigé, il prouve qu’il peut être réellement un merveilleux acteur.

Visuellement, on peut mesurer les progrès du principe du « motion capture ». L’animation est beaucoup plus fluide et naturelle que dans un Beowulf par exemple. Le film ne cherche jamais à masquer sa nature de film d’animation (comme dans un Final Fantasy par exemple) mais exploite complètement les possibilités offertes par ce type de réalisation. Enfin, quoique depuis Avatar, on se demande s’il existe encore des limites au cinéma classique. Le résultat est esthétiquement très réussi et les personnages sont réellement aussi expressifs que leurs homologues réels. Le travail sur les lumières et les décors est également époustouflant. Bref, du grand art !

Le Drôle de Noël de Scrooge n’a donc de drôle que le nom. C’est au contraire un film beaucoup plus adulte que ce que la promo semble annoncer. Un film très réussi surtout !

Fiche technique :
Production : Imagemovers, Walt Disney Pictures
Distribution : Walt Disney Studios Motion Pictures France
Réalisation : Robert Zemeckis
Scénario : Robert Zemeckis
Montage : Jeremiah O’Driscoll
Photo : Robert presley
Décors : Doug Chiang
Musique : Alan Silvestri
Durée : 100 mn

Casting :
Robin Wright Penn : (voix) Belle, Fan
Bob Hoskins : (voix) Monsieur Fezziwig
Jim Carrey : (voix) Scrooge, l Esprit des Noëls passés, l Esprit du Noël présent, l Esprit des Noëls à venir
Gary Oldman : (voix) Cratchit, Petit Tim, le Fantôme de Marley
Colin Firth : (voix) Fred

AVATAR : Un rêve plus loin

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avatarafficheAvant de commencer, une petit précision : j’ai vu ce film en 2D. Il est possible que j’aille le revoir en 3D, mais je ne pense pas que cela modifie en profondeur cette critique.

Etre le réalisateur du film le plus vu sur grand écran de l’histoire, cela vous pose un homme. James Cameron est celui-là et appartient ainsi à jamais à la légende d’Hollywood. En fait, on peut presque dire qu’il est Hollywood. Il est de bon ton pour certains de cracher sur ce cinéma, mais il reste celui qui fait rêver le monde et conduit tant d’hommes à aimer passionnément le cinéma. En plus, James Cameron prend son temps entre deux films, un temps proportionnel à l’ambition qu’il place dans ces projets. Une ambition immense. Avatar est dans la lignée du reste de son œuvre. Pour le meilleur et le un peu moins bon.

L’humanité a débarqué il y’a quelques années sur la planète Pandora pour en exploiter le sous-sol. Mais cette dernière est habitée par les Na’vi, qui vivent en symbiose avec la forêt qui les entoure. Si les premiers temps les relations furent pacifiques, la tension monte peu à peu entre les deux peuples. Pour faciliter le contact, les humains ont crée les « avatars », des corps de Na’vi que des humains peuvent contrôler à distance. Jake Sully, marine tétraplégique, part pour la planète Pandora pour devenir un des pilotes d’avatar.

Vous pensiez en avoir déjà eu plein les yeux au cinéma et bien sachez que cela pouvait aller encore plus loin. Avatar en est la preuve ! Visuellement extraordinaire et incroyablement spectaculaire, ce film semble être l’aboutissement de la montée en puissance du numérique qui a définitivement libéré l’imagination des réalisateurs de toute contrainte. Il n’y a plus de limite à l’imagination et au rêve et le résultat est criant de vérité. La frontière entre le cinéma d’animation et le cinéma classique semble désormais totalement aboli et on en peu plus différencier le faux du vrai.

Pandora est un monde incroyablement coloré. Les Na’vi ont la peau d’un bleu vif. Il y’a encore quelques années tout cela aurait paru artificiel. Dans Avatar, on plonge vraiment dans un monde imaginaire dont on peut s’imprégner totalement. C’est un vrai voyage, sans doute la première fois qu’un film est réellement dépaysant. Après, bien sûr, on peut trouver toutes ces couleurs vives un rien agressives, voire carrément laides. Mais une laideur criante de vérité…

Avatar est donc visuellement non pas révolutionnaire, mais l’aboutissement d’un mouvement initié par George Lucas avec la Guerre des Etoiles, où les réalisateurs ont cherché à se débarrasser de toutes les entraves à leur imagination. Mais maintenant que cela semble acquis, reste à mettre en scène des histoires qui en valent le coup. Et là, James Cameron touche ses propres limites.

Aliens, Abbyss, Terminator 2, Titanic, autant de films cultes et de cartons au box-office. Avatar est bien parti pour accéder au même rang que ces prédécesseurs. Mais pour moi, son meilleur film reste le premier Terminator, réalisé avec peu de moyens et pour lequel il avait eu l’obligation de s’appuyer avant tout sur un scénario intelligent. Depuis, Hollywood lui a ouvert grand ses portes et dénoué les cordons de la bourse. Il en est devenu un des piliers, cherchant à la fois à en repousser toujours plus loin les limites, mais tout en ayant adopter tous les codes, de manière presque caricaturale.

avatarLe scénario d’Avatar est sans surprise dans le déroulement des évènements, dans la psychologie des personnages, dans son dénouement. Est-il pour autant mauvais ? Non, loin de là ! Rythmé, parfois animé d’un certain souffle épique, il joue son rôle, celui de tenir l’intérêt du spectateur en éveil de la première à la dernière seconde. Ce film est un divertissement, incroyablement ambitieux certes, mais un simple divertissement. Et le scénario ne cherche pas une seule seconde de le sortir de ce sentier battu. On peut peut-être le regretter, même si cela n’enlève rien au plaisir que l’on a à voir ce film. Je trouve que c’est une caractéristique récurrente chez James Cameron, qui, pour moi, sera toujours un cran en-dessous d’un Steven Spielberg ou un Riddley Scott, pourtant très hollywoodien, mais qui ont su parfois prendre aussi des risques scénaristiques.

Avatar est donc un vrai voyage. Un voyage dans un monde un rien manichéen, mais un vrai voyage. Après, les raisons de détester ce film existent. Le message écolo un peu lourd peut-être, qui conclue que l’on vit plus heureux tout nu dans les arbres… Personnellement, je préfère vivre en France et pouvoir aller voir ce film sur un écran géant, plutôt que de vivre en string dans une forêt, mais après chacun ses goûts. Mais bon, s’il y’a bien une chose que l’on ne pourra pas reprocher à ce film, c’est son caractère innovant, une démesure spectaculaire et souvent enthousiasmante. Il repousse les limites du rêve et ça, ça n’a pas de prix !

Bref, un extraordinaire moment de cinéma. Extraordinaire au sens premier du terme… mais pas seulement…

Fiche technique :
Production : Twentieth Century Fox, Lightstorm Entertainment
Distribution : Twentieth Century Fox France
Réalisation : James Cameron
Scénario : James Cameron
Montage : Stephen Rivkin, John Refoua, James Cameron
Photo : Vince Pace, Mauro Fiore
Décors : Rick Carter, Robert Stromberg
Musique : James Horner
Effets spéciaux : Richard Taylor
Directeur artistique : Nick Bassett
Durée : 161 mn

Casting :
Sam Worthington : Jake Sully
Zoe Saldana : Neytiri
Sigourney Weaver : Grace
Stephen Lang : Miles Quaritch
Michelle Rodriguez : Trudy Chacon
Giovanni Ribisi : Parker Selfridge
CCH Pounder : Moat