AMYL AND THE SNIFFERS (Amyl and the Sniffers), DOGREL (Fontaines D.C.), PSYCHOGEOLOGY (Gemma Ray) : Bordel plus ou moins organisé

amylandthesniffersamylandthesniffersOn débute cet avis en partant en Australie, ce qui n’est pas si fréquent, pour faire la connaissance d’Amyl and the Sniffers et leur premier album sobrement intitulé Amyl and the Sniffers, sorti en 2019. On est tout de suite plongé dans un son très rock, voire punk, d’entrée. La voix de la chanteuse, Amy Taylor est débordante d’énergie. Leur est musique est un peu bordélique mais entraînante. Cela tourne parfois au grand n’importe, mais ils mettent assez de cœur pour qu’on leur pardonne aisément. L’album donne envie de se lâcher et sauter partout. A final, c’est assez basique et assez uniforme mais ça fait du bien par où ça passe.

dogrelfontainesDCOn part ensuite en Irlande pour un autre premier album, Dogrel, du groupe Fontaines D.C. Là aussi la musique est bordélique et énergique. Mais le parallèle avec le groupe précédent s’arrête malheureusement là car le résultat s’avère avant tout dissonant et pénible. La voix de Grian Chatten est vraiment poussive pour le genre. La musique reste basique et ne présente guère d’intérêt. Quelques titres semblent tout de même un peu plus aboutis, mais rien qui ne sorte de l’ordinaire. La voix reste de toute façon trop horripilante pour vraiment ressentir du plaisir à l’écoute de cet album.

psychogeologygemmarayGemma Ray est quant à lui une plus vieille routière de la scène musicale. Son album Psychogeology est son huitième en onze ans de carrière. Elle nous plonge dans une ambiance un rien éthérée. Le résultat n’est guère emballant. La voix est sans relief, arrangements sans originalité. La musique n’affiche pas de réelle personnalité, malgré la maîtrise artistique avérée. Elle nous offre une certaine variété, sans jamais changer totalement de registre. Land of Make Believe est un cependant un titre marqué par un supplément de conviction et tout de suite le résultat devient bien meilleur. Dommage que le reste ne soit pas à cette image de ce morceau.

LA DERNIERE TRIBU (Eliette Abécassis) : Parallèle osé

ladernieretribuReligion et polar font assez bon ménage. Le point d’orgue de ce mariage pas forcément évident à première vue a été le succès phénoménal de The Da Vinci Code. Depuis, beaucoup de livres de ce type sont mis en avant par les spécialistes du marketing, mais si on creuse on voit vite que le genre n’a rien de nouveau. Ainsi l’œuvre d’Eliette Abécassis compte une série de romans pouvant s’inscrire pleinement dans cette mouvance, débutée avant la publication de son best-seller par Dan Brown. La Dernière Tribu en fait partie et m’aura offert une lecture de vacances sympathique, mais loin d’être inoubliable.

L’intrigue de la Dernière Tribu repose sur un parallèle osé entre le judaïsme et le shintoïsme. Je ne dévoilerai pas ce qu’est la thèse finalement développée au final, mais je doute qu’elle ait la moindre crédibilité historique. Mais qu’importe au fond, il s’agit juste d’une fiction. Cependant, cet aspect des choses est extrêmement présent et ne pas vraiment y croire nuit quand même fortement à l’enthousiasme que l’on peut ressentir en lisant ce livre. A côté de cela, les mécanismes d’enquête sont cependant assez bien huilés pour happer la curiosité du lecteur quel est le fin mot de l’histoire. Le côté « osé » de l’intrigue permet en tout cas à cette dernière de ne pas être trop prévisible.

Le style d’Eliette Abécassis est très léger et vivant. Le roman n’est pas excessivement long et se lit facilement. Malgré ses grandes imperfections, on peut prendre la Dernière Tribu comme une curiosité littéraire qui ne prendra pas trop de place dans vos lectures d’été (ou d’hiver d’ailleurs). Ce roman s’inscrit dans un cycle autour de personnages récurrents. La qualité de ce roman n’est pas suffisante pour donner réellement envie de se plonger dans la totalité de l’œuvre de cette auteur, mais suffisante pour ne pas donner de regrets de l’avoir lu.

TOUT CA, POUR CA : 10 ANS DE MILITANTISME AU PARTI SOCIALISTE : EPISODE 31 : Le Congrès de Poitiers, partie 1 : le PS toujours social démocrate

episode31L’impopularité croissante de François Hollande et du gouvernement et les très mauvais résultats des élections municipales et départementales ont évidemment laissé des traces au sein du Parti Socialiste. Après les premières, le remaniement et l’arrivée de Manuel Valls furent l’occasion d’exfiltrer un Harlem Désir dépassé par les événements en le nommant Secrétaire d’Etat aux Affaires Européennes. Acte absolument lamentable, une nomination à ce genre de poste n’étant évidemment pas faite pour régler des affaires internes à un parti. Certes, son long passé de député européen ne le rendait pas totalement illégitime pour une telle fonction, mais la manœuvre était trop grosse pour croire vraiment que c’est sa compétence qui avait prévalu.

Pour le remplacer, Jean-Christophe Cambadélis est nommé Premier Secrétaire par intérim et va le rester un long moment, en dehors de toute procédure prévue par les statuts du PS. Personnellement, j’étais assez effaré par cette arrivée aux manettes d’un homme qui représente pour moi tout ce qui pose problème au PS. Un parfait apparatchik, ayant prouvé à de maintes reprises sa parfaite incompétence (cf. la campagne des européennes 2009), qui ne reste député que parce qu’il bénéficie d’une circonscription acquise au PS (enfin jusqu’en 2017…)… Je me rappelle très bien avoir dit un jour que jamais je ne voterai pour lui si jamais il devait être candidat au premier secrétariat. La suite me prouvera qu’il ne faut vraiment jamais dire jamais.

La situation au Parti allait être remise à plat par un Congrès devant avoir lieu cette fois-ci à Poitiers. Il apparut vite qu’il allait se transformer en un duel entre les supporters du gouvernement et les frondeurs. Ou plus classiquement dans l’histoire du PS, entre les sociaux-démocrates et les marxistes. Certes, deux autres forces se proposaient bien au suffrage des militants. Des forces se voulant être celles choisissant l’apaisement et tourné vers le fonctionnement du Parti. Mais comme souvent dans les situations tendues, où les clivages sont importants, la place laissé à une troisième voie est resté minime.

Pourtant, ce Congrès avait commencé par une phase de contributions où les textes proposés étaient extrêmement nombreux (27). Comme toujours, je le ai tous lus et décidé de donner ma signature à un texte porté par un collectif de jeunes militants, nommés Bougez les Lignes. Le texte était excellent, mais comme peu de gens l’avaient lu et qu’il n’était soutenu par aucun poids lourd national, il passa totalement inaperçu. Etant le seul signataire des Yvelines, j’ai même eu l’honneur de présenter le texte lors du débat départemental.

Mais au moment des motions, les textes sur lesquels les adhérents sont amenés à voter et qui structurent les instances du parti, tout ce petit monde se rassembla autour de quatre textes seulement, dont aucun n’était vraiment emballant. Me voyant mal abandonner mes camarades sociaux-démocrates yvelinois avec qui j’avais tant travaillé ces dernières années et ne voulant certainement pas laisser le moindre champ libre aux frondeurs, je me ralliais donc à la motion dont le premier secrétaire était Jean-Christophe Cambadélis.

J’avais un peu l’impression de donner ma voix au triomphe de la médiocrité. Cela traduisait à quel point l’appareil du Parti était laissé aux seconds couteaux, quand les figures les plus influentes voguaient plutôt dans les sphères gouvernementales. D’un côté, il y avait quelque chose de sain dans cette situation. Le pays avant le Parti comme on dit. Mais avec le recul, cette perte de substance de l’appareil a marqué le début d’un déclin qui ne semble pas depuis vouloir s’arrêter.

Pendant plusieurs semaines, les militants PS vécurent donc au rythme des débats entre les différents textes. Personnellement, j’assistais à celui organisé en commun avec la Section voisine de Vélizy, où je prenais longuement la parole pour défendre le texte, que je présentais un peu plus tard dans une petite Section toute proche. Mais je retiendrais surtout de cette période le débat départemental, où les deux principaux textes furent présentées par deux figures nationales : Laurence Rossignol pour les soutiens du gouvernement et Gaétan Gorce, le Maire de la Charité/Loire, chère à mon cœur, pour les frondeurs.

L’ambiance s’avéra relativement électrique et tendue. Mais je mesurais surtout à quel point il ne ressortait plus grand chose de ces débats qui aurait dû être d’idée ou de fond. La fédération étant devenue depuis un moment le fief de Benoît Hamon, les interventions du public se montrèrent majoritairement hostiles au gouvernement. La plupart des arguments avancés ne traduisait pas vraiment une hauteur de vue. Je me rappelle particulièrement de l’intervention tout sauf spontanée d’une des principales lieutenantes de la majorité fédérale, connue pour sa hargne et son agressivité. Elle expliqua que, proche du peuple, elle avait souvent l’occasion de discuter avec de simples citoyens qui lui auraient dit que parmi toutes les décisions prises par le gouvernement, la hausse de la TVA de 19,6 à 20% serait celle qu’ils ne sauraient pardonner.

Cette attaque, sortie tout droit d’un argumentaire prêt à l’emploi, n’avait strictement aucun sens. Pour la simple raison que cette hausse de la TVA n’avait eu strictement aucun impact sur les prix. Tout simplement parce qu’augmenter la TVA de 0,4% ne change pas l’immense majorité des prix qui sont soit ronds, soit du type 9,90 euros. Les entreprises ne sont pas soudainement mises à vendre leurs produits 9,92 euros. Bref, cette hausse avait été entièrement absorbée par les entreprises et donc augmenté discrètement les prélèvements qui pesaient sur elles. Une mesure qui aurait du donc satisfaire l’aile gauche. Mais voilà, dans leur vision totalement manichéenne des choses, TVA = impôt injuste = instrument du démon. Seul le diable pouvait donc oser augmenter la TVA. Cela aurait pu passer pour une erreur de bonne foi, si cela n’avait été dit avec un ton de donneur de leçons plein de morgue et de certitudes, venant d’une jeune fille qui n’avait pas la moindre idée de ce qu’est une entreprise et de la manière dont elle fixe ses prix.

Dans cette ambiance délétère et comptant surfer sur l’impopularité du gouvernement, l’aile frondeuse pensait pouvoir enfin mettre main basse sur le parti après toute une vie dans l’opposition. Mais le PS est un parti avant tout social-démocrate et la motion soutenant le gouvernement obtint une large majorité dès le premier tour (60%), l’aile gauche se trouvant cantonnée une nouvelle fois sous les 30%, soit son étiage habituel. L’élection ensuite de Jean-Christophe Cambadélis ne fut plus qu’une formalité, ce dernier remportant 70% des voix.

Tout ce petit monde se donnait alors rendez-vous à Poitiers. Et pour la première fois, je me rendais moi aussi à un congrès du Parti Socialiste.

A STEADY DRIP, DRIP, DRIP (Sparks), ULTIMATE SUCCESS TODAY (Protomartyr), JIMMY LEE (Raphael Saadiq) : Vaut mieux tard que jamais

asteadydripdripdripsparksA travers ces critiques, je découvre un nombre important de groupes. Le plus souvent ils sont tout frais, tous neufs. Mais parfois pas du tout. Ainsi Sparks est un groupe américain dont le premier album est sorti en 1971. A Steady Drip, Drip, Drip, sorti lui en 2020, n’est pas moins que leur vingt-sixième album. Et cela valait le coup d’attendre. Le premier le titre donne un air de chorale au groupe et s’avère assez accrocheur et original pour intriguer l’auditeur. Le reste sonne plus rock, mais sans perdre tout à fait l’effet chorale. Et surtout sans perdre l’originalité, à laquelle on peut ajouter la personnalité et une qualité constante. Il nous offre un travail intéressant sur les sonorités. Les textes sont vraiment joués, avec parfois beaucoup d’humour et de fantaisie. Le résultat est un album qui ne se prend visiblement pas au sérieux, mais doté d’une grande rigueur artistique. Une belle découverte.

ultimatesuccesstodayprotomartyrOn poursuit dans les découvertes avec le groupe de « post punk » (d’après Wikipédia) Protomartyr et leur album Ultimate Success Today. Un groupe qui ne sévit que depuis 2012. Sévir est le mot puisque après un premier titre sous forme d’une longue introduction instrumentale, on découvre la voix de Joe Casey, qui se révèle simplement horrible. Il chante relativement faux et rarement en harmonie avec la musique. C’est tout simplement du gros rock qui tâche, nous plongeant dans une ambiance sombre et monotone. L’album est ans grand intérêt, entre le manque d’harmonie et l’absence de réelle recherche artistique. A oublier

jimmyleeraphaelsaadiqOn poursuit cette fois avec un artiste solo, mais toujours américain, Raphael Saadiq et son album Jimmy Lee. Il nous propose sa voix originale et nous plonge dans une ambiance jazzy plutôt classe. Mais très vite, on commence à regretter que les titres soient quelque peu lancinants parfois. Il manque une petite étincelle pour vraiment accrocher l’oreille. Sa musique ne tient pas du tout les promesses, nées de ses réelles qualités et de sa maîtrise. Avec du punch ça serait juste excellent. Frustrant donc !

MADRE : Hors de propos

madreafficheUn personnage vit un drame affreux et un scénariste est alors tenté d’en faire un film. En effet, quoi de mieux que le malheur pour écrire une histoire. Notre empathie nous pousse vers un sentiment de sympathie envers celui qui le vit et on est prêt à lui pardonner beaucoup de choses, puisqu’il a une excuse toute faite pour expliquer son comportement. L’auteur s’attend à ce que l’on soit ému et compréhensif, à moins de passer pour un monstre insensible. Je le suis peut-être parfois, car tout cela ne me suffit pas toujours pour me faire aimer un film. Nouvelle preuve avec Madre, qui m’a surtout inspiré indifférence, voire hostilité.

Pour résumer, Madre nous raconte l’histoire d’une jeune mère dont le fils a été enlevé quand il était tout petit et qui, des années plus tard, croise le chemin d’un jeune adolescent qui lui rappelle ce qu’aurait pu être désormais son fils. Et que croyez-vous qu’elle fait ? Et bien, elle débute avec lui une relation quasi amoureuse qui finira par devenir charnelle (même s’il y a une certaine ambiguïté à ce niveau-là). Bref, le film nous présente des élans pédophiles comme une manière de faire son deuil. Je caricature un tantinet, mais le propos est définitivement glauque et sans grand intérêt. Dans ces conditions, comment s’attacher à un personnage qui a un tel comportement ?

madreLe film de Rodrigo Sorogoyen, qu’on avait quand même connu beaucoup plus inspiré, est pourtant formellement plutôt réussi. Il parvient à installer une ambiance qui intrigue le spectateur. La scène d’ouverture est notamment remarquable. Il dirige également à merveille ses comédiens. La performance de Marta Nieto est de tout premier ordre. Mais ces qualités artistiques ne peuvent effacer les problèmes posés par le propos. On ressort de Madre en ressentant une gène immense. C’est parfois le signe d’un film percutant qui ne laisse pas indifférent. Ici, il s’agit d’autre chose, qui doit plutôt inciter le spectateur à aller voir autre chose.

LA NOTE : 06/20

Fiche technique :
Réalisation : Rodrigo Sorogoyen
Scénario : Isabel Peña et Rodrigo Sorogoyen
Costumes : Ana López Cobos
Photographie : Alejandro de Pablo
Montage : Alberto del Campo
Musique : Olivier Arson
Durée : 128 minutes

Casting :
Marta Nieto : Elena
Jules Porier : Jean
Alex Brendemühl : Joseba,
Anne Consigny : Lea
Frédéric Pierrot : Gregory
Guillaume Arnault : Benoit
Álvaro Balas : Iván
Blanca Apilánez : la mère d’Elena
Alexandre Pagani : Benjamin

LE CYBER POULPE : L’union fait la force

lecyberpoulpeLe Poulpe est un personnage qui n’appartient à aucun auteur en particulier puisque chaque épisode de cette série en possède un différent. Mais le Cyber Poulpe va encore plus loin, puisque chaque chapitre de ce roman a été écrit par une personne différente dans le cadre d’un atelier d’écriture, organisé sur le site internet de Mano Solo (l’info n’a aucun intérêt en soi, si ce n’est que j’ai trouvé ça amusant). L’écriture collective bénéficie de l’intelligence du même nom puisque ce volume est à mon sens le meilleur de la série (parmi ceux que j’ai lus bien sûr).

Le Cyber Poulpe écrit donc à travers d’internet confronte le détective aux grands bras au monde numérique et aux sombres activités pratiquées en ligne. Le choc culturel est violent et donne lieu à des situations savoureuses. Ce volume respecte totalement l’esprit de la série, avec son ironie omniprésente. La source donnant vie à cette dernière paraît ici intarissable. Mais la qualité du Cyber Poulpe ne s’arrête pas là car l’enquête en elle-même est incontestablement une des plus riches, complexes et passionnantes que la série nous ait proposée.

Le Cyber Poulpe apparaît nettement plus épais que les autres romans de la série. Cela est du à la complexité de l’intrigue, bien supérieure, mais avant tout au fait que le roman nous propose trois fins alternatives, écrites chacune par un auteur différent. Ceci représente un peu plus qu’un gadget, car il montre à quel point un dénouement peut totalement renverser (ou pas) la vision complète que l’on porte sur les événements qui ont précédé. Cet épisode ravira donc les amateurs de la série, mais aussi tout simplement les amateurs de bons romans policiers.

CONTAINER (The Wants), KITCHEN SINK (Nadine Shah), GHOSTS OF WEST VIRGINIA (Steve Earle) : In the country

containerthewantsOn commence avec Container, le premier album du groupe The Wants, sorti il y a quelques semaines. On y découvre une pop aux accents électro, qui malheureusement agresse un peu les oreilles. L’harmonie ne règne pas tout à fait entre chant et musique. La suite de l’album est un peu plus propre à ce niveau-là, mais leur son qui rappelle les années 80 ne se montre jamais bouleversant d’intérêt. Certains titres largement instrumentaux s’avèrent même assez mauvais et pénibles. Globalement, l’album se montre très inégal, mais jamais très bon de toute façon.

kitchensinknadineshahOn poursuit avec le quatrième album de l’artiste britannique Nadine Shah, Kitchen Sink. Les premiers titres de l’album nous laissent quelque peu circonspects. La musique prend des accents jazz, avec cuivres et percutions. Sa voix se révèle chaude fascinante. Le tout manque un peu de punch, ne se montre pas hyper impactant, voire lancinant et répétitif. Mais quand les titres se font plus rock, l’intérêt de l’auditeur se réveille. Il se rend compte alors que cet album est vraiment élaboré et abouti. Il se laisse finalement écouter avec intérêt, car cette artiste fait vraiment preuve de personnalité et nous livre un travail assez original. De plus l’album va crescendo en qualité et on retiendra avant tout le titre Wasps Nest.

ghostsofwestvirginiasteveearleandthedukesOn termine avec un vieux routier de la scène country américaine, Steve Earle en compagnie du groupe the Dukes. Ghosts of West Virginia s’ouvre sur un gospel a capela, où on peut pleinement apprécier sa voix profonde et caverneuse qui prend aux tripes. Le reste est plus franchement country. Après, on aime ou on n’aime pas. Le tout se montre très classique, mais interprété avec beaucoup de conviction et de maîtrise. La qualité reste constante. Cet album ravira réellement les amateurs. Le titre The Mine reste celui que l’on retiendra avant tout.

LA VIE SECRETE D’UNE MERE INDIGNE (Fiona Neill) : Moralement médiocre

laviesecretedunemereindigneAyant tout juste dépassé l’âge canonique de 40 ans, il est normal que les histoires portant sur la fameuse « mid-life crisis » me parle un minimum. Effectivement, c’est un moment dans son existence où on est amené à se poser bien des questions. Bon, quand le récit tourne autour de la vie de couple après de nombreuses années de mariage, je me sens un tantinet moins concerné. C’est peut-être pour cela que je n’ai guère apprécié la Vie Secrète d’une Mère Indigne de Fiona Neill. Il était assez évident qu’il ne s’agissait pas de grande littérature. Mais je ne m’attendais pas forcément à une morale aussi convenue.

Un couple, un membre fait une rencontre « troublante » et voici venir la tentation de l’adultère. Voilà comment on pourrait résumer la Vie Secrète d’une Mère Indigne. Une situation assez classique, sauf qu’ici tout cela sera traité de manière très superficielle pour vanter simplement à la fin le bonheur de vivre avec un con, mais un con qu’on aime et avec qui on est lié par les liens sacrés du mariage. Tout ça pour ça ? Et bien oui. Et comme les à côtés de l’histoire sont parfois sympathiques, mais sans plus, il n’y a pas beaucoup de raisons de trouver un intérêt à ce roman.

Heureusement, la Vie Secrète d’une Mère Indigne est sauvé par deux choses. D’abord, le style de Fiona Neill est très vivant et léger. Définitivement pas de la grande littérature, mais pour une lecture d’été, cela passe tout seul. Ensuite, le personnage principal par sa maladresse et ses gaffes à répétition nous inspire assez de sympathie pour nous accrocher un minimum au récit. Elle rappelle beaucoup Bridget Jones ou l’Accro du Shopping, mais on lui pardonne malgré tout ce manque d’originalité flagrant. On pardonne un peu moins par contre la médiocrité globale de l’œuvre à son auteur.

THE KING OF STATEN ISLAND : King of summer

thekingofstatenislandafficheJudd Appatow est pour moi une des réalisateurs contemporains les plus déconsidérés par rapport à son immense talent. La faute à des films qui ne rentrent pas des une case prédéfinie. Ni réellement comédie, ni vraiment film social, son style se situe entre Woody Allen et les frères Farrelly. Les inconditionnels de ces deux styles n’y trouvent pas leur compte, surtout s’ils s’attendaient à autre chose. The King of Staten Island a cette fois-ci rencontré un beau succès critique. Malheureusement, il sort dans une période vraiment particulière et terriblement défavorable. Du coup, un grand nombre de spectateurs passeront à côté de ce qui restera peut-être comme le meilleur film de cet été (bon ok, en attendant Nolan…).

The King of Staten Island est un film portrait. Celui d’un jeune homme un peu paumé, qui ne sait pas trop quoi faire de sa vie. Le reste sera un parcours d’apprentissage finalement assez classique, mais mené ici avec une grande intelligence. La narration est tout d’abord remarquable, en dévoilant progressivement toutes les facettes du personnage et donc de l’histoire. Elle promet dans les premiers instants d’être assez simplistes et convenues, mais on en découvre vite toute la subtilité et la réelle profondeur. Les évolutions s’avèrent crédibles dans leur mesure. Elles ne sont jamais gratuites et on adhère totalement un message humaniste et positif qui se dégage de cet excellent long métrage.

thekingofstatenislandThe King of Staten Island nous offre une vraie et belle révélation. Celle de Pete Davidson, venue de la télévision américaine et qui tient là son premier grand rôle au cinéma. Il incarne son personnage avec un naturel déconcertant et talent qui ne l’est pas moins. Si j’ai une admiration sans borne pour Judd Appatow, je dois reconnaître que son film n’aurait pas été aussi réussi sans son acteur principal. Mais le reste du casting n’est pas à oublier, y compris quelques apparitions sympathiques, comme celle notamment de Steve Buscemi, dont la présence à l’écran est toujours un régal sans borne. Il prend donc facilement sa place dans ce film qui est déjà un régal à lui tout seul.

LA NOTE : 14/20

Fiche technique :
Réalisation : Judd Apatow
Scénario : Judd Apatow, Pete Davidson et Dave Sirus
Décors : David Schlesinger
Costumes : Sarah Mae Burton
Photographie : Robert Elswit
Montage : Jay Cassidy, William Kerr et Brian Scott Olds
Musique : Michael Andrews
Producteur : Judd Apatow et Barry Mendel
Durée : 136 minutes

Casting :
Pete Davidson : Scott Carlin
Bel Powley : Kelsey
Ricky Velez : Oscar
Lou Wilson : Richie
Moises Arias : Igor
Marisa Tomei : Margie
Maude Apatow : Claire Carlin
Pauline Chalamet : Joanne
Kevin Corrigan : Joe
Bill Burr : Ray
Steve Buscemi : Papa

LES GENS D’EN FACE (Georges Simenon) : Bon baisers d’URSS

lesgensdenfaceQuand vient l’été, vient le temps de passer quelques jours à la campagne et de piocher dans la bibliothèque, relativement bien fournie, qui s’y trouve. Et celle-ci s’avère particulièrement riche en ouvrages signés par Georges Simenon. Il est donc habituel que l’un d’entre eux fasse partie de mes lectures estivales. Cette fois-ci, mon choix (et un peu le hasard puisque j’ai pris le premier qui venait) s’est porté sur Les Gens d’En Face. Un livre écrit suite au voyage de l’auteur belge en Union Soviétique en 1933.

Les Gens d’En Face nous emmène à Batum, une ville portuaire de la Mer Noire, où le personnage principal a été nommé consul de Turquie. C’est donc à travers ses yeux d’étranger que l’on va découvrir la réalité de la vie de la population locale, notamment la surveillance policière permanente. Procédé classique et vieux comme la littérature, mais qui fonctionne toujours aussi bien, surtout sous une plume aussi brillante que celle de Georges Simenon. Surtout, que le roman s’enrichit par une exploration de l’âme humaine comme ce dernier sait en proposer.

Je le dis à chacune des critiques des romans de cet auteur, mais je ne peux encore une fois que le constater. Georges Simenon écrit dans un style absolument merveilleux. Comme j’aimerais posséder ne serait-ce qu’une once de son talent. Comme en plus ici, le propos est doublement intéressant (d’un point vue historique et d’un point de vue psychologique), les Gens d’En Face est réellement passionnant. Même si le format reste très classique pour cet auteur (un peu moins de 200 pages), le décor inhabituel apporte un peu de piment supplémentaire aux habitués de cet auteur. Bref, un vrai petit bonheur estival !