






L’intrigue de la Dernière Tribu repose sur un parallèle osé entre le judaïsme et le shintoïsme. Je ne dévoilerai pas ce qu’est la thèse finalement développée au final, mais je doute qu’elle ait la moindre crédibilité historique. Mais qu’importe au fond, il s’agit juste d’une fiction. Cependant, cet aspect des choses est extrêmement présent et ne pas vraiment y croire nuit quand même fortement à l’enthousiasme que l’on peut ressentir en lisant ce livre. A côté de cela, les mécanismes d’enquête sont cependant assez bien huilés pour happer la curiosité du lecteur quel est le fin mot de l’histoire. Le côté « osé » de l’intrigue permet en tout cas à cette dernière de ne pas être trop prévisible.
Le style d’Eliette Abécassis est très léger et vivant. Le roman n’est pas excessivement long et se lit facilement. Malgré ses grandes imperfections, on peut prendre la Dernière Tribu comme une curiosité littéraire qui ne prendra pas trop de place dans vos lectures d’été (ou d’hiver d’ailleurs). Ce roman s’inscrit dans un cycle autour de personnages récurrents. La qualité de ce roman n’est pas suffisante pour donner réellement envie de se plonger dans la totalité de l’œuvre de cette auteur, mais suffisante pour ne pas donner de regrets de l’avoir lu.

Pour le remplacer, Jean-Christophe Cambadélis est nommé Premier Secrétaire par intérim et va le rester un long moment, en dehors de toute procédure prévue par les statuts du PS. Personnellement, j’étais assez effaré par cette arrivée aux manettes d’un homme qui représente pour moi tout ce qui pose problème au PS. Un parfait apparatchik, ayant prouvé à de maintes reprises sa parfaite incompétence (cf. la campagne des européennes 2009), qui ne reste député que parce qu’il bénéficie d’une circonscription acquise au PS (enfin jusqu’en 2017…)… Je me rappelle très bien avoir dit un jour que jamais je ne voterai pour lui si jamais il devait être candidat au premier secrétariat. La suite me prouvera qu’il ne faut vraiment jamais dire jamais.
La situation au Parti allait être remise à plat par un Congrès devant avoir lieu cette fois-ci à Poitiers. Il apparut vite qu’il allait se transformer en un duel entre les supporters du gouvernement et les frondeurs. Ou plus classiquement dans l’histoire du PS, entre les sociaux-démocrates et les marxistes. Certes, deux autres forces se proposaient bien au suffrage des militants. Des forces se voulant être celles choisissant l’apaisement et tourné vers le fonctionnement du Parti. Mais comme souvent dans les situations tendues, où les clivages sont importants, la place laissé à une troisième voie est resté minime.
Pourtant, ce Congrès avait commencé par une phase de contributions où les textes proposés étaient extrêmement nombreux (27). Comme toujours, je le ai tous lus et décidé de donner ma signature à un texte porté par un collectif de jeunes militants, nommés Bougez les Lignes. Le texte était excellent, mais comme peu de gens l’avaient lu et qu’il n’était soutenu par aucun poids lourd national, il passa totalement inaperçu. Etant le seul signataire des Yvelines, j’ai même eu l’honneur de présenter le texte lors du débat départemental.
Mais au moment des motions, les textes sur lesquels les adhérents sont amenés à voter et qui structurent les instances du parti, tout ce petit monde se rassembla autour de quatre textes seulement, dont aucun n’était vraiment emballant. Me voyant mal abandonner mes camarades sociaux-démocrates yvelinois avec qui j’avais tant travaillé ces dernières années et ne voulant certainement pas laisser le moindre champ libre aux frondeurs, je me ralliais donc à la motion dont le premier secrétaire était Jean-Christophe Cambadélis.
J’avais un peu l’impression de donner ma voix au triomphe de la médiocrité. Cela traduisait à quel point l’appareil du Parti était laissé aux seconds couteaux, quand les figures les plus influentes voguaient plutôt dans les sphères gouvernementales. D’un côté, il y avait quelque chose de sain dans cette situation. Le pays avant le Parti comme on dit. Mais avec le recul, cette perte de substance de l’appareil a marqué le début d’un déclin qui ne semble pas depuis vouloir s’arrêter.
Pendant plusieurs semaines, les militants PS vécurent donc au rythme des débats entre les différents textes. Personnellement, j’assistais à celui organisé en commun avec la Section voisine de Vélizy, où je prenais longuement la parole pour défendre le texte, que je présentais un peu plus tard dans une petite Section toute proche. Mais je retiendrais surtout de cette période le débat départemental, où les deux principaux textes furent présentées par deux figures nationales : Laurence Rossignol pour les soutiens du gouvernement et Gaétan Gorce, le Maire de la Charité/Loire, chère à mon cœur, pour les frondeurs.
L’ambiance s’avéra relativement électrique et tendue. Mais je mesurais surtout à quel point il ne ressortait plus grand chose de ces débats qui aurait dû être d’idée ou de fond. La fédération étant devenue depuis un moment le fief de Benoît Hamon, les interventions du public se montrèrent majoritairement hostiles au gouvernement. La plupart des arguments avancés ne traduisait pas vraiment une hauteur de vue. Je me rappelle particulièrement de l’intervention tout sauf spontanée d’une des principales lieutenantes de la majorité fédérale, connue pour sa hargne et son agressivité. Elle expliqua que, proche du peuple, elle avait souvent l’occasion de discuter avec de simples citoyens qui lui auraient dit que parmi toutes les décisions prises par le gouvernement, la hausse de la TVA de 19,6 à 20% serait celle qu’ils ne sauraient pardonner.
Cette attaque, sortie tout droit d’un argumentaire prêt à l’emploi, n’avait strictement aucun sens. Pour la simple raison que cette hausse de la TVA n’avait eu strictement aucun impact sur les prix. Tout simplement parce qu’augmenter la TVA de 0,4% ne change pas l’immense majorité des prix qui sont soit ronds, soit du type 9,90 euros. Les entreprises ne sont pas soudainement mises à vendre leurs produits 9,92 euros. Bref, cette hausse avait été entièrement absorbée par les entreprises et donc augmenté discrètement les prélèvements qui pesaient sur elles. Une mesure qui aurait du donc satisfaire l’aile gauche. Mais voilà, dans leur vision totalement manichéenne des choses, TVA = impôt injuste = instrument du démon. Seul le diable pouvait donc oser augmenter la TVA. Cela aurait pu passer pour une erreur de bonne foi, si cela n’avait été dit avec un ton de donneur de leçons plein de morgue et de certitudes, venant d’une jeune fille qui n’avait pas la moindre idée de ce qu’est une entreprise et de la manière dont elle fixe ses prix.
Dans cette ambiance délétère et comptant surfer sur l’impopularité du gouvernement, l’aile frondeuse pensait pouvoir enfin mettre main basse sur le parti après toute une vie dans l’opposition. Mais le PS est un parti avant tout social-démocrate et la motion soutenant le gouvernement obtint une large majorité dès le premier tour (60%), l’aile gauche se trouvant cantonnée une nouvelle fois sous les 30%, soit son étiage habituel. L’élection ensuite de Jean-Christophe Cambadélis ne fut plus qu’une formalité, ce dernier remportant 70% des voix.
Tout ce petit monde se donnait alors rendez-vous à Poitiers. Et pour la première fois, je me rendais moi aussi à un congrès du Parti Socialiste.




Pour résumer, Madre nous raconte l’histoire d’une jeune mère dont le fils a été enlevé quand il était tout petit et qui, des années plus tard, croise le chemin d’un jeune adolescent qui lui rappelle ce qu’aurait pu être désormais son fils. Et que croyez-vous qu’elle fait ? Et bien, elle débute avec lui une relation quasi amoureuse qui finira par devenir charnelle (même s’il y a une certaine ambiguïté à ce niveau-là). Bref, le film nous présente des élans pédophiles comme une manière de faire son deuil. Je caricature un tantinet, mais le propos est définitivement glauque et sans grand intérêt. Dans ces conditions, comment s’attacher à un personnage qui a un tel comportement ?

LA NOTE : 06/20
Fiche technique :
Réalisation : Rodrigo Sorogoyen
Scénario : Isabel Peña et Rodrigo Sorogoyen
Costumes : Ana López Cobos
Photographie : Alejandro de Pablo
Montage : Alberto del Campo
Musique : Olivier Arson
Durée : 128 minutes
Casting :
Marta Nieto : Elena
Jules Porier : Jean
Alex Brendemühl : Joseba,
Anne Consigny : Lea
Frédéric Pierrot : Gregory
Guillaume Arnault : Benoit
Álvaro Balas : Iván
Blanca Apilánez : la mère d’Elena
Alexandre Pagani : Benjamin

Le Cyber Poulpe écrit donc à travers d’internet confronte le détective aux grands bras au monde numérique et aux sombres activités pratiquées en ligne. Le choc culturel est violent et donne lieu à des situations savoureuses. Ce volume respecte totalement l’esprit de la série, avec son ironie omniprésente. La source donnant vie à cette dernière paraît ici intarissable. Mais la qualité du Cyber Poulpe ne s’arrête pas là car l’enquête en elle-même est incontestablement une des plus riches, complexes et passionnantes que la série nous ait proposée.
Le Cyber Poulpe apparaît nettement plus épais que les autres romans de la série. Cela est du à la complexité de l’intrigue, bien supérieure, mais avant tout au fait que le roman nous propose trois fins alternatives, écrites chacune par un auteur différent. Ceci représente un peu plus qu’un gadget, car il montre à quel point un dénouement peut totalement renverser (ou pas) la vision complète que l’on porte sur les événements qui ont précédé. Cet épisode ravira donc les amateurs de la série, mais aussi tout simplement les amateurs de bons romans policiers.




Un couple, un membre fait une rencontre « troublante » et voici venir la tentation de l’adultère. Voilà comment on pourrait résumer la Vie Secrète d’une Mère Indigne. Une situation assez classique, sauf qu’ici tout cela sera traité de manière très superficielle pour vanter simplement à la fin le bonheur de vivre avec un con, mais un con qu’on aime et avec qui on est lié par les liens sacrés du mariage. Tout ça pour ça ? Et bien oui. Et comme les à côtés de l’histoire sont parfois sympathiques, mais sans plus, il n’y a pas beaucoup de raisons de trouver un intérêt à ce roman.
Heureusement, la Vie Secrète d’une Mère Indigne est sauvé par deux choses. D’abord, le style de Fiona Neill est très vivant et léger. Définitivement pas de la grande littérature, mais pour une lecture d’été, cela passe tout seul. Ensuite, le personnage principal par sa maladresse et ses gaffes à répétition nous inspire assez de sympathie pour nous accrocher un minimum au récit. Elle rappelle beaucoup Bridget Jones ou l’Accro du Shopping, mais on lui pardonne malgré tout ce manque d’originalité flagrant. On pardonne un peu moins par contre la médiocrité globale de l’œuvre à son auteur.

The King of Staten Island est un film portrait. Celui d’un jeune homme un peu paumé, qui ne sait pas trop quoi faire de sa vie. Le reste sera un parcours d’apprentissage finalement assez classique, mais mené ici avec une grande intelligence. La narration est tout d’abord remarquable, en dévoilant progressivement toutes les facettes du personnage et donc de l’histoire. Elle promet dans les premiers instants d’être assez simplistes et convenues, mais on en découvre vite toute la subtilité et la réelle profondeur. Les évolutions s’avèrent crédibles dans leur mesure. Elles ne sont jamais gratuites et on adhère totalement un message humaniste et positif qui se dégage de cet excellent long métrage.

LA NOTE : 14/20
Fiche technique :
Réalisation : Judd Apatow
Scénario : Judd Apatow, Pete Davidson et Dave Sirus
Décors : David Schlesinger
Costumes : Sarah Mae Burton
Photographie : Robert Elswit
Montage : Jay Cassidy, William Kerr et Brian Scott Olds
Musique : Michael Andrews
Producteur : Judd Apatow et Barry Mendel
Durée : 136 minutes
Casting :
Pete Davidson : Scott Carlin
Bel Powley : Kelsey
Ricky Velez : Oscar
Lou Wilson : Richie
Moises Arias : Igor
Marisa Tomei : Margie
Maude Apatow : Claire Carlin
Pauline Chalamet : Joanne
Kevin Corrigan : Joe
Bill Burr : Ray
Steve Buscemi : Papa

Les Gens d’En Face nous emmène à Batum, une ville portuaire de la Mer Noire, où le personnage principal a été nommé consul de Turquie. C’est donc à travers ses yeux d’étranger que l’on va découvrir la réalité de la vie de la population locale, notamment la surveillance policière permanente. Procédé classique et vieux comme la littérature, mais qui fonctionne toujours aussi bien, surtout sous une plume aussi brillante que celle de Georges Simenon. Surtout, que le roman s’enrichit par une exploration de l’âme humaine comme ce dernier sait en proposer.
Je le dis à chacune des critiques des romans de cet auteur, mais je ne peux encore une fois que le constater. Georges Simenon écrit dans un style absolument merveilleux. Comme j’aimerais posséder ne serait-ce qu’une once de son talent. Comme en plus ici, le propos est doublement intéressant (d’un point vue historique et d’un point de vue psychologique), les Gens d’En Face est réellement passionnant. Même si le format reste très classique pour cet auteur (un peu moins de 200 pages), le décor inhabituel apporte un peu de piment supplémentaire aux habitués de cet auteur. Bref, un vrai petit bonheur estival !
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