






J’avoue, je n’ai jamais vu Peur Bleue, le film réalisé à partir de ce scénario. Mais les avis spectateurs laissés sur Allociné ne donnent vraiment pas envie de le découvrir. Ils confirment surtout l’impression laissé à la lecture du script. Mais parlons d’abord de La Nuit du Loup-garou, titre officiel de la nouvelle de base. On y retrouve tout l’extraordinaire talent de narrateur de Stephen King. L’histoire est racontée par des cours chapitres, de deux à quatre pages le plus souvent, racontant un événement survenu chaque mois d’une même année. Le récit ne suit donc pas un cours classique et on apprécie réellement la maîtrise de l’art de la nouvelle qu’a toujours démontré Stephen King. Soit comment à travers un texte court faire naître une intrigue, des personnages, un décor, une ambiance. Il y parvient une nouvelle fois à la perfection avec un talent infini.
Vient donc ensuite le scénario, pourtant écrit par Stephen King lui-même. Pourtant, on se demande vraiment s’il s’agit du même homme. En effet, les impressions laissées par le deux textes sont radicalement différentes. On peut évidemment comprendre qu’on ne puisse pas garder la structure narrative originale et qu’il faille étoffer un peu l’histoire pour occuper la durée minimale d’un long métrage. Mais Stephen King abandonne du coup tout ce qui faisait l’originalité de son histoire pour la rendre d’une banalité affligeante. De plus, les ajouts n’apportent strictement rien, voire s’avèrent quelque peu ridicules. Quand aux indications de mise en scène… on comprend que le film soit mauvais si Daniel Attias, le réalisateur, les a suivies à la lettre. Bref, on comprend mieux à quel point l’adaptation est un art difficile, surtout quand l’œuvre de base n’est pas retranscriptible en scénario directement. Et pas sûr que l’auteur du texte littéraire soit le mieux placé pour réaliser cette adaptation.

The Climb allie de manière remarquable l’originalité des situations et l’originalité de la réalisation. La scène d’ouverture en reste la meilleure illustration. Un long plan séquence pendant une ascension en vélo (d’où le titre!), où le plus à l’aise des deux amis profite de la situation pour annoncer à son compagnon, incapable de le rattraper, quelque chose de très désagréable à attendre. La même scène filmé classiquement dans un café n’aurait pas du tout la même saveur et ne présenterait pas du tout le même intérêt. Cela lance parfaitement le film car le reste sera exactement dans la même veine. Le propos n’est pas bouleversant de profondeur, mais il est livré avec assez d’intelligence pour faire de ce long métrage un vrai régal.

LA NOTE : 13,5/20
Fiche technique :
Production : Topic Studios,
Réalisation : Michael Angelo Covino
Scénario : Michael Angelo Covino, Kyle Marvin
Montage : Sara Shaw
Photo : Zach Kuperstein
Directeur artistique : Kaili Corcoran, Leo Swartz
Durée : 104 min
Casting :
Michael Angelo Covino : Mike
Kyle Marvin : Kyle
Gayle Rankin : Marissa
Talia Balsam : Suzi
Judith Godrèche : Ava
Zina Wilde : Sarah
George Wendt : Jim

Avec un titre pareil, j’imaginais que ce livre allait nous entraîner dans des pays lointains, très certainement orientaux. Or, Nuits de Princes nous emmène à… Montmartre, à deux pas de chez moi. Par contre, il n’est pas totalement dénué d’exotisme puisqu’il nous plonge au cœur de la communauté russe exilée dans les années 20. Nous suivons en particulier le parcours de l’héroïne, partagée entre sa recherche du bonheur, la préservation de son honneur… et le besoin d’argent pour survivre. Le roman fourmille de personnages hauts en couleur et peut être vu avant tout comme un livre portrait d’une société dans la société. C’est surtout par cet aspect de découverte qu’il présente de l’intérêt.
Nuits de Prince est en effet un peu moins convaincant dans son aspect purement romanesque. L’installation de la situation prend un bon tiers du livre et du coup, on se demande vraiment quand l’histoire va enfin réellement commencer. Ensuite, les états d’âmes et les péripéties vécues par l’héroïne ne sont pas toujours totalement convaincants et se montrent parfois un peu répétitifs. Le roman est assez court pour que l’on n’est pas vraiment le temps de s’ennuyer, mais on termine pas la lecture débordant d’enthousiasme. Peut-être aurais-je mieux fait de continuer à y voir un roman d’aventures exotiques. Cependant, il ne faut jamais regretter d’avoir ouvert les pages d’un livre !

Autre grande nouveauté, la division du nombre de circonscription par deux pour en former des plus grandes, au sein desquels les électeurs étaient amenés à voter non pas pour un, mais pour un ticket paritaire. Avant cette belle innovation que l’on doit à l’action de François Hollande, les conseils généraux (départementaux) ressemblaient à des clubs réservés aux hommes. Avec ce système, ils se trouvaient condamnés à devenir paritaires. Quelques notables y perdirent une source de revenus non négligeables, mais la démocratie y gagnait par contre largement.
Dans l’ancien système, Viroflay était une « ville-canton », ce qui assurait généralement au Maire la possibilité de cumuler avec la fonction de conseiller général. La tradition aurait pu s’arrêter là puisque le nouveau découpage faisait cohabiter notre ville avec de nombreuses autres au sein de notre circonscription, mais le duo choisit par la droite comprenait bien mon adversaire préféré. Dans l’ancienne configuration, je ne me serais pas vraiment posé la question et j’aurais naturellement été candidat, sauf à voir un camarade se porter volontaire. Dans la nouvelle, avant de pouvoir l’être, il m’aurait fallu être investi par le PS. Or je n’étais pas le seul candidat potentiel dans la circonscription.
A la Section, certains m’ont incité à candidater. Cela semblait naturel dans la continuité des élections municipales. Je me rappelle avoir réfléchi, mais ma réponse fut rapide. Je laissais volontiers la place à mon homologue et ami de Vélizy. Il y avait plusieurs raisons à ce retrait. Déjà, le poids relatif des différentes sections ne me garantissait pas du tout l’investiture, au contraire même, et je n’avais pas du tout envie de batailler pour l’obtenir. Et surtout, je savais déjà que je serais amené à quitter prochainement Viroflay et je n’avais donc rien à gagner à être candidat. En effet, pour un candidat de gauche, le combat était perdu d’avance. Mais dans une stratégie à plus long terme, ce genre d’élection peut permettre d’asseoir une certaine notoriété locale. Je n’en voyais pas l’intérêt dans mon cas personnel.
J’ai cependant joué un rôle actif dans cette élection puisque j’héritais du titre de directeur de campagne. Je me suis donc retrouvé à coordonner la campagne menée par notre quatuor de candidats. En effet, aux côté des deux titulaires, il fallait compter sur un duo de suppléants. Pour la suppléante, nous avions réussi à convaincre celle qui aurait du être élue avec moi au Conseil Municipal si nous avions gardé quatre élus. Un moyen d’entretenir toute l’énergie et la motivation dont elle avait su faire preuve pendant la campagne des municipales. Elle démontra les mêmes qualités pendant celle qui nous intéresse ici. C’était donc un très bon choix.
Pour compléter le quatuor, on choisit deux figures « historiques » du PS sur la circonscription. Des militants de longue date, ayant déjà été de nombreuses fois candidats à diverses élections locales. Cela pouvait paraître un bon choix, un bon équilibre entre renouvellement et expérience. Malheureusement, malgré tout le respect que j’ai pour l’expérience, devant moi aussi de plus en plus vieux, celle-ci peut être aussi un boulet d’une lourdeur rédhibitoire.
J’avais envie pour cette campagne de poursuivre la recherche d’actions nouvelles et innovantes entreprises, sans doute trop timidement, lors de la campagne des municipales. Je pense que le candidat et la suppléante en auraient été ravis. Cependant, à la première réunion de campagne, le suppléant sortit cette phrase magnifique « j’ai déjà été candidat sept fois (je crois que c’était sept… c’était beaucoup en tout cas), je sais comment faire campagne, on va donc faire comme on a toujours fait»… La réponse que j’aurais du apporter était « Oui, mais ça fait sept fois que tu perds les élections, donc on va faire autrement ». J’avoue que je n’avais ni l’envie, ni la motivation de mener cette campagne en créant d’emblée une tension au sein de l’équipe. Alors du coup, on a fait comme d’habitude…
Je n’ai pas donc grand chose à dire sur nos actions de campagne. Tracts et distributions en gare ou au marché, réunions publiques devant pas grand monde, si ce n’est les copains déjà acquis à la cause. Bref, les grands classiques. Je me rappelle juste d’un porte-à-porte avec Benoît Hamon que j’avais gentiment esquivé, sans autre raison que l’absence envie d’aller jouer les hypocrites en compagnie d’une « star » que je combattais par ailleurs. Cependant, malgré le manque d’originalité, nous faisions campagne avec la plus grande application car l’enjeu n’était pas nul.
En effet, si nous n’imaginions pas gagner, nous voulions éviter à tout prix de nous faire évincer dès le premier tour au profit du FN. Ceci sera le cas dans plusieurs circonscriptions des Yvelines et malgré un score assez faible (moins de 20%) nous sommes parvenus à finir deuxième au premier tour, devant le parti frontiste. Mais l’honnêteté intellectuelle doit me faire reconnaître que nous n’avons obtenu ce résultat que grâce à la présence de candidats issus de la Manif pour Tous, ayant fait un score conséquent dans notre secteur. J’échappais cependant à l’humiliation d’être le directeur d’une campagne qui aurait emmené le PS à finir derrière le FN et je continue à être heureux de ne pas avoir vécu cela.
Au soir du premier tour, au bureau central de la circonscription, à la Mairie de Versailles, nous nous sentons donc soulagés, heureux d’avoir rempli notre modeste objectif. Nous cherchons cependant à entamer la discussion avec les candidats écologistes et communistes pour qu’ils nous apportent leur soutien pour le deuxième tour. Mais ces derniers ont quitté les lieux, certainement volontairement, dans la seconde de la proclamation des résultats. Ce genre d’attitude qui explique pourquoi je ne suis certainement pas le plus grand partisan de l’union avec ces partis au comportement souvent indigne. Mais j’y reviendrai dans mon futur billet sur les dernières régionales.
Je suis sévère avec eux ? Peut-être. Il n’empêche que pendant cette campagne c’est bien encore les militants socialistes qui se trouvaient sur le terrain à tracter en même temps que le Front National et la Manif pour Tous qui avaient depuis longtemps arrêté de se cacher. Et je suis particulièrement bien placé pour le dire. Un dimanche sur la fin d’un tractage au marché, le candidat de la Manif pour Tous, qui était de Viroflay, vient me parler. L’échange est poli et nous débattons de manière tout ce qu’il y a de républicaine de questions économiques. Pendant ce temps, mes camarades terminent leur ouvrage et me laissent seul. C’est alors qu’une autre militante de la Manif pour Tous vient se mêler à la conversation. Elle essaye bien d’avancer des arguments, mais elle n’a visiblement pas la culture économique pour réellement participer à l’échange. Cela l’agace que je lui oppose systématiquement un chiffre ou un fait, sans qu’elle puisse rebondir. C’est alors qu’elle me sort, sur un ton particulièrement agressif, l’argument absolu : « Et X milliers d’avortements par an, c’est un pays qui va bien ? ». Aucun rapport avec le sujet de la conversation, mais elle n’avait pas pu s’empêcher de finir par déverser sa haine sectaire. Je mis alors fin à la conversation en lui répondant d’un ton ferme qu’elle faisait partie des personnes que j’étais fier de combattre.
Pour l’anecdote, au deuxième tour, la droite fit plus du double de notre score. Mais l’essentiel était ailleurs pour nous. Par contre, au niveau du département, la gauche ne remporta aucune circonscription. Le Conseil Général des Yvelines se trouvait composé uniquement d’élus LR et assimilés, devenant le seul département à l’assemblée sans opposition. Comme je ne regrette pas de l’avoir quitté…




Avoir une fin prévisible n’est pas toujours un problème rédhibitoire. Sinon, pourquoi irions-nous voir des comédies romantiques ? Le vrai souci est quand l’évidence de la conclusion ne saute pas aussi aux yeux du principal intéressé. Dans la Nuit Venue, on a envie d’engueuler le personnage principal pour lui dire « tu es con ou quoi ? Pourquoi tu fais ça ? Il est évident que… ». Cela donne un caractère un peu artificiel et forcé au dénouement. On en oublierait presque la curiosité de la découverte d’un milieu, la belle histoire entre les deux principaux protagonistes et la tension réelle qu’une bonne partie de l’histoire fait naître. Les bases du scénarios possédaient un potentiel à faire beaucoup mieux, si le sommet de la pyramide avait été de la même qualité.

LA NOTE : 10/20
Fiche technique :
Réalisation et dialogues : Frédéric Farrucci
Scénario : Benjamin Charbit, Nicolas Journet et Frédéric Farrucci
Musique : Rone
Durée : 95 minutes
Casting :
Guang Huo : Jin
Camélia Jordana : Naomi

Les Chroniques d’Alvin le Faiseur, tome 6 : la Cité de Cristal renoue avec ce qui avait fait du deuxième volet, le Sorcier Rouge, le meilleur épisode de la saga. Ici les aventures prennent une autre dimension que les simples mésaventures du personnage principal et de ses compagnons. C’est un destin beaucoup plus large qui se joue et les enjeux sont tout autres. Pas sauver le monde, mais presque. Cela donne au récit un souffle épique supplémentaire, celui-là même qui a manqué à certains volets de l’histoire.
On quitte donc les Chroniques d’Alvin le Faiseur sur une bonne note. La saga s’est avérée trop inégale pour que l’on soit profondément attristé par cette perspective. On retiendra donc plutôt la satisfaction d’assister à une jolie conclusion qui nous fait dire que l’on n’a pas totalement perdu son temps en parcourant les six volumes. La Cité de Cristal nous rappelle pourquoi on s’attache à cette uchronie auquel on reconnaîtra une vraie originalité. Cette lecture m’aura également donné envie de découvrir l’œuvre la plus culte de Orson Scott Card, la Stratégie Ender.

Chained raconte l’histoire d’une séparation en épousant le point de vue de la moitié masculine du couple. Il livre un formidable portrait, d’une remarquable subtilité, sans aucun manichéisme. En allant voir Beloved, on s’attend à assister à la même histoire du point de vue féminin. C’est d’ailleurs ce que laisse largement entendre les promoteurs du film. Cependant, il n’en est rien. Ce deuxième volet est en fait un triple portrait de femme. Certes l’une d’elle est bien celle qui finira par quitter son mari dans l’autre film, mais le propos n’est pas du tout ici centré sur son couple. Si certains éléments permettent de mieux comprendre ce qui s’est passé par ailleurs, la synergie est assez ténue et il aurait presque pu s’agir de deux films totalement différents.

LES NOTES :
CHAINED : 12,5/20
BELOVED : 09/20
Fiche technique :
Réalisation : Yaron Chani
Scénario : Yaron Shani
Production : Naomi Levari, Saar Yogev, Michael Reuter, Alona Refua
Photographie : Nizan Lotem, Shai Skiff
Montage : Yaron Shani
Casting :
Rashi : Eran Naim
Avigail : Stav Almagor
Jasmine : Stav Patai
Enquêteur : Asher Ayalon
Asi : Yaniv Assaraf
Dimri : Yaniv Dimri
Hezi : Udi Ohana
Yael : Ori Shani
Na’ama Efrati : Leah Tonic
Yasmin : Stav Patay



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