A force de parler autant de l’impact de Disney sur la franchise Star Wars ou même l’univers Marvel, on en oublie que la Mickey Mouse Compagny continue de produire et réaliser des films d’animation. Et même de très bons films d’animation. Coco passe relativement inaperçu dans cette fin d’année cinématographique et c’est vraiment regrettable. Il s’agit pourtant d’un film en tout point réussi qui rassemblera toute la famille, dans le sourire et la bonne humeur. Ce n’était pourtant pas gagner d’avance pour un film qui parle avant tout… de la mort.
Coco fait donc preuve d’une certaine audace dans le choix du thème de départ. Et d’une grande intelligence scénaristique pour arriver à séduire un public aussi large à partir de ce dernier. Certes, le film n’est peut-être pas à conseiller aux tous premiers âges, mais pas besoin d’attendre longtemps non plus. Le film est assez drôle et enjoué pour plaire aux enfants, mais cette légère noirceur sous-jacente apporte une certaine maturité au propos qui ravira les adultes. Et tout le monde se retrouvera pour apprécier pleinement les aventures rythmées et haletantes que vont vivre des personnages terriblement attachants.
Coco est aussi particulièrement réussi graphiquement. Là aussi pas évident de concilier une représentation de la mort avec un univers assez coloré pour ne pas devenir effrayant. L’équilibre trouvé est le bon grâce à une créativité remarquable. Tous les éléments potentiellement inquiétants sont dessinés avec un petit rien de dérision qui supprime l’excès de noirceur sans pour autant décharger les symboles de leur sens. Le résultat est donc à la fois distrayant et réellement surprenant et méritait un peu plus de lumière médiatique. Mais que faire face à la Force !
LA NOTE : 14/20
Fiche technique : Production : Pixar Animation Studios, Walt Disney Pictures Distribution : Walt Disney Studios Réalisation : Lee Unkrich, Adrian Molina Scénario : Lee Unkrich, Adrian Molina, Jason Katz, Matthew Aldrich Montage : Steve Bloom, Lee Unkrich Photo : Matt Aspbury Décors : Harley Jessup Musique : Michael Giacchino Durée : 109 min
Casting : Anthony Gonzalez : Miguel Gael Garcia Bernal : Hector Benjamin Bratt : Ernesto de la Cruz Alanna Ubach : Mama Imelda Renee Victor : Abuelita Jaime Camil : Papa Alfonso Arau : Papa Julio
Le cinéma permet de s’évader, de visiter des terres inconnues et surprenantes. Elles sont souvent totalement imaginaires, inquiétantes ou féeriques. Mais le 7ème art peut aussi nous permettre de voyager sur notre bonne vieille Terre et découvrir des lieux et des personnes tout ce qu’il y a de plus réels. C’est le cas notamment de Makala, qui nous emmène sur les pas d’un producteur de charbon de bois au Congo. On ne part donc pas dans une galaxie lointaine, très lointaine, mais le dépaysement est garanti.
Makala est un film documentaire. Un documentaire dans le sens où on y retrouve non pas des comédiens interprétant un rôle, mais on assiste à des scènes de vie de personnes vivant simplement leur quotidien. Mais un film puisqu’il nous raconte une histoire avec un début et une fin, sans aucun commentaire extérieur. On se doute bien que certains passages ont peut-être fait l’objet d’un minimum de mise en scène, mais il y a aussi beaucoup d’instants pris sur le vif. De toute façon, le spectateur n’a pas vraiment le temps de se poser la moindre question et est tout de suite happé par le récit.
Makala constitue à la fois un voyage et une rencontre. La rencontre de Kabwita dont la vie est si éloignée de notre propre quotidien. Notre monde offre encore bien des fortunes et des destins divers à ceux qui le peuplent. Il n’y a aucune forme de misérabilisme dans le regard d’Emmanuel Gras, même s’il est difficile d’envier la vie de son sujet. Pas de jugement, mais une vraie découverte humaine. La forme est de plus soignée renforçant de manière remarquable la force du propos. Une tranche de réel donc, mais une vraie tranche de cinéma aussi.
LA NOTE : 14/20
Fiche technique : Production : Bathysphère Réalisation : Emmanuel Gras Scénario : Emmanuel Gras Montage : Karen Benainous Photo : Emmanuel Gras Distribution : Les films du losange Musique : Gaspard Claus Durée : 96 min
Certains réalisateurs passent toute leur carrière à faire et refaire toujours le même film. D’autres, sans doute allergiques aux castings, tournent encore et toujours avec les mêmes comédiens. Certains comme Robert Guédiguian cumule les deux. Une nouvelle preuve avec la Villa qui réunit une nouvelle fois Ariane Ascadie, Jean-Pierre Darroussin et Gérare Meylan. Mais à force de toujours se baser sur les mêmes éléments, la paresse gagné.
La Villa brille par une interprétation d’une médiocrité désespérante. Rares sont les répliques qui sonnent vraies. Robert Guédiguian ne semble pas chercher une seule seconde à diriger son casting. C’est un travers fréquent des trop vieux couples (ou ici plutôt la partouze) où la connaissance mutuelle s’apparente à une routine mortifère. Plus personne ne fait d’effort pour personne, tout le monde est en roue libre. Difficile alors d’accrocher alors pour cette histoire pas particulièrement intéressante par ailleurs.
On retrouve dans la Villa tous les thèmes habituels des films de Robert Guédiguian. Il s’agit donc d’un film engagé qui ne laisse guère de doute sur le positionnement politique de son auteur. Que l’on partage ou non les mêmes convictions, on ne peut que constater que le film ne sert pas vraiment les causes qu’ils cherchent à défendre par le manque de subtilité du propos. Ce dernier se contente avant tout d’enfoncer des portes ouvertes avec une naïveté qui ne parvient même pas à être touchante. Le film ne brille donc ni par la forme, ni par le fond et n’est pas loin d’être celui d’un réalisateur à bout de souffle.
LA NOTE : 07/20
Fiche technique : Réalisation : Robert Guédiguian Scénario : Robert Guédiguian et Serge Valletti Directeur de la photographie Pierre Milon Décors : Michel Vanderstien Montage : Bernard Sasia Ingénieur du son : Laurent Lafran Directrice de casting : Jacqueline Vicaire Producteurs : Robert Guédiguian, Marc Bordure Durée : 107 minutes
Casting : Ariane Ascaride : Angèle Barberini Jean-Pierre Darroussin : Joseph Gérard Meylan : Armand Jacques Boudet : Martin, le père d’Yvan Anaïs Demoustier : Bérangère Robinson Stévenin : Benjamin Yann Trégouët : Yvan Geneviève Mnich : Suzanne, la mère d’Yvan Fred Ulysse : Maurice, le père Diouc Koma : le soldat
Parfois, un film ne nous motive pas…. et on a bien raison ! Il n’y a que des cinéphiles acharnés comme moi qui vont aller au-delà de leur réticence initiale pour quand même y aller. Pour le coup, en allant voir Marvin ou la Belle Education, j’ai eu tort de ne pas me fier à mon instinct, même si je n’ai pas non plus celui d’un Maître Jedi. Un film qui confirme la carrière en dents de scie d’Anne Fontaine, dont la filmographie compte autant de belles réussites que vrai ratés.
Marvin ou la Belle Education souffre de personnages beaucoup trop caricaturaux pour être réellement intéressants. Si le milieu intellectuel et bobo est décrit avec une certaine pertinence, les couches « populaires » semblent sortis tout droit de Groland, beaucoup plus que de la réalité. Il existe sans doute des « comme ça » en France, mais leur représentation tourne ici à la grosse ficelle qui décrédibilise tout le propos. Grégory Gadebois met en œuvre tout son talent, mais il ne parvient pas à nous faire croire à son personnage.
On ne peut que le regretter car Marvin ou la Belle Education propose aussi quelques moments très forts en émotion. Finnegan Oldfield livre une interprétation impeccable et on ne peut vraiment rien lui reprocher. Il serait d’ailleurs injuste d’oublier lui associer le jeune Jules Porier qui joue le même rôle mais à un autre âge. Leur personnage méritait d’évoluer dans un scénario globalement plus solide et crédible. Mais entre deux flashs, le film comporte trop de séquences qui font involontairement sourire par leur maladresse rédhibitoire.
LA NOTE : 09/20
Fiche technique : Production : Ciné@, P.A.S. Productions, F Comme Film Distribution : Mars films Réalisation : Anne Fontaine Scénario : Anne Fontaine et Pierre Trividic, ibrement inspiré du roman d’Edouard Louis Montage : Annette Dutertre Photo : Yves Angelo Décors : Emmanuel de Chauvigny Durée : 113 min
Casting : Finnegan Oldfield : Marvin Bijoux, Martin Clément Jules Porier : Marvin enfant Grégory Gadebois : Dany Bijoux Catherine Salée : Odile Bijoux Vincent Macaigne : Abel Pinto Charles Berling : Roland Catherine Mouchet : Madeleine Clément Isabelle Huppert : Isabelle Huppert Sharif Andoura : Pierre India Hair : Vanessa
L’heroic fantasy est un gente littéraire largement dominé par les anglo-saxons. Peut-être parce que le père de ce genre désormais florissant, JRR Tolkien, était tout d’abord un linguiste, détail qui n’en n’est pas un quand on connaît bien son œuvre. Cependant, il existe aussi une école francophone, moins active que sa consœur de science-fiction, mais qui nous permet tout de même d’enrichir notre bibliothèque de quelques volumes. Le Loup de Deb, premier volet de la trilogie Chroniques d’un Guerrier Sînamm, en est la preuve. Même s’il n’en est pas le plus brillant ambassadeur.
Le Loup de Deb est frappé du même travers que beaucoup d’autres œuvres de fantasy. Nicolas Jarry semble ignorer le fait que le lecteur n’est pas directement connecté à son cerveau. Faire découvrir un monde imaginaire nécessite un minimum de clarté et d’explicitation, puisqu’on ne peut pas boucher les trous laissés par les allusions avec ce que l’on connaît par ailleurs. Bref, on est souvent perdu en lisant ce roman et on ne saisit pas toujours le où, qui, comment, pourquoi. Et si on pardonne ce travers à un génie comme George R. R. Martin, on est un peu moins magnanime avec un Nicolas Jarry.
Et c’est d’autant plus regrettable que ce qu l’on saisit de ce récit donne envie de poursuivre. L’univers est riche d’une complexité assez adulte. On n’est pas dans de la dark fantasy à la Game of Thrones, mais l’univers du Loup de Deb n’a en tout cas rien d’enfantin. Tout ceci va me pousser à persévérer dans ces Chroniques d’un Guerrier Sînamm. Outre le fait évidemment que les deux tomes suivants figurent déjà dans ma bibliothèque. Rendez-vous au prochain épisode donc.
Décidément, je n’ai pas de chance en ce moment avec mes avis musicaux. Cela fait bien longtemps que je n’ai pas écouté quelque chose qui me donne envie de m’emballer. Et ce n’est pas avec cet avis que cela va changer, même s’il y a un peu de progrès par rapport à la dernière fois. On commence avec un groupe post-punk britannique (d’après Wikipedia), que je qualifierais bêtement de punk de mon côté, Sleaford Mods et leur album Key Markets. Leur musique est plutôt basique, ni vraiment énergique, ni jamais mélodique. La voix est plus parlée que chantée. Certains morceaux sont carrément insupportables. Le groupe s’essaye même dans le hip-hop pour un résultat ridicule. Bref, à oublier.
Joel Gion est un percussionniste américain qui a sorti son premier album solo en 2014. Intitulé Apple Bonkers, il nous propose un rock maîtrisé et propre sur lui. Dommage qu’il soit marqué par un effet d’écho et de voix loin du micro qui m’horripilent tant dans les mixages. Il y a des choses que je comprendrai jamais. L’album recèle cependant quelques titres sympas comme Hairy Flowers, au style rétro très sympa. Mais même les meilleurs titres restent souvent un peu trop en-dedans et le résultat global n’est pas vraiment emballant.
On termine avec Currents, du groupe australien Tame Impala. Le meilleur du lot à mon sens, malgré un style électro-pop dont je ne suis pas un grand fan d’habitude. Mais l’album est marqué par une vraie maîtrise, du dynamisme et de la conviction. A cela s’ajoute un travail intéressant sur les sonorités. L’ambiance est très zen, on peut facilement trouver que cela manque souvent de punch. Cependant, tout cela donne un résultat agréable qui se laisse écouter avec plaisir.
Les pays nordiques sont connus pour leur polars. En particulier les romans, mais aussi quelques adaptations cinématographiques réussies. Mais les auteurs du Nord de l’Europe peuvent aussi s’aventurer dans d’autres genres. On avait déjà pu apprécier il y a quelques années le film de vampires suédois, avec Morse. Voici le film fantastique norvégien avec Thelma. Tous ces films ont au moins en commun cette ambiance particulière peut-être liée au climat, aux nuits particulièrement longues. Mais surtout au talent de ceux qui les ont réalisés.
Joachim Trier n’est pas un inconnu avec plusieurs films distribués en France, certains comme Back Home ayant bénéficié d’un casting international (Isabelle Huppert, Jesse Eisenberg). Ils s’attaquaient à des sujets de société et on ne l’attendait pas vraiment dans un film de genre. Mais Thelma reste cependant avant tout un film psychologique, explorant la complexité de ses personnages. Malgré la bonne dose de fantastique que recèle cette histoire, il ne faut pas s’attendre à des effets spéciaux spectaculaires ou des scènes d’action. Par contre, une atmosphère pesante qui tient le spectateur en haleine.
Thelma ne restera pas un des plus grands chefs d’œuvre du genre, mais n’en est pas moins un film réussi et maîtrisé. De ceux qu’on ne regrette pas d’être allé voir. On est également heureux d’avoir découvert une actrice remarquable, en la personne de la jeune Eili Harboe, dont le jeu sobre mais toujours juste donne beaucoup de crédibilité à son personnage. Les seconds rôles sont tous parfaitement dirigés et on peut saluer plus globalement la réalisation au millimètre de Joachim Trier. A travers ce film, il confirme la bonne santé d’un cinéma nordique bien plus riche que ce que l’on pense souvent.
LA NOTE : 13/20
Fiche technique : Production : Motlys, Eurimages, Film i Väst, Le Pacte, Snowglobe films, NFI Distribution : Le Pacte Réalisation : Joachim Trier Scénario : Joachim Trier, Eskil Vogt Montage : Olivier Bugge Coutté Photo : Jakob Ihre Décors : Roger Rosenberg Musique : Ola Flottum Effets spéciaux : Esben Syberg Durée : 116 min
Casting : Eili Harboe : Thelma Kaya Wilkins : Anja Ellen Dorrit Petersen : Unni, la mère Henrik Rafaelson : Trond, le père Grethe Eltervag : Thelma enfant Marte Magnisdotter Solem : le neurologue
Le tennis est à l’honneur dans les salles obscures ces dernières semaines. Après Borg vs McEnroe, voici Battle of the Sexes. Le premier avait déçu par des scènes de match pas crédibles une seule seconde. C’est donc avec une petite appréhension que je suis allé voir le second, me demandant si la petite balle jaune pouvait avoir sa place au cinéma. Heureusement un exemple ne fait pas une règle et le film qui nous intéresse ici échappe totalement aux défauts de son prédécesseur. Il fait preuve de plus de nombre de qualités bien à lui.
Le propos de Battle of the Sexes dépasse largement le cadre du simple tennis. Il livre également le portrait de la misogynie ordinaire des années 70 (et qui est loin d’avoir disparu) et nous relate le combat des joueuses de l’époque pour faire reconnaître leur valeur et leur mérite. Tout cela à travers un épisode sportivo-médiatique célèbre et qui en dit long sur ce sujet. Cela donne un film vivant, aussi intelligent que distrayant, et qui est à même de séduire un public bien plus large que les amateurs de tennis féminin.
J’ignore si cela fait de moi un affreux misogyne, mais la grande star de Battle of the Sexes est incontestablement Steve Carell. On en vient vraiment à regretter que cet immense acteur ait été cantonné si longtemps dans des rôles uniquement comiques. Certes c’est une dimension qui reste importante de son rôle, mais il parvient à lui donner une épaisseur supplémentaire tout à fait étonnante. A ses côtés Emma Stone fait elle aussi preuve d’un talent hors norme, mais souffre de la vaine tentative de l’enlaidir pour la faire ressembler à la Billie Jean King de l’époque. Cela n’a rien de naturel et nuit quelque peu à sa crédibilité.
Et les scènes de tennis dans tout ça ? Elles sont totalement réalistes, car la réalisation se contente de plans larges « comme à la télé » permettant l’emploi de doublures. Certes, cela les rend stéréotypées sur la forme mais leur assure une réelle crédibilité. Et en donne ainsi à tout le film, faisant de Battle of the Sexes une vraie réussite.
LA NOTE : 13,5/20
Fiche technique : Production : Cloud Eight Films, Decibel Films, Fox Searchlight Pictures, TSG Entertainment Distribution : 20th Century Fox France Réalisation : Jonathan Dayton, Valerie Faris Scénario : Simon Beaufoy Montage : Pamela Martin Photo : Linus Sandgren Décors : Judy Becker Musique : Nicholas Britell Durée : 121 min
Casting : Steve Carell : Bobby Riggs Emma Stone : Billie Jean King Elisabeth Shue : Priscilla Riggs Austin Stowell : Larry King Alan Cumming : Cuthbert Ted Tinling Bill Pullman : Jack Crammer Sarah Silverman : Gladys Heldman Natalie Morales : Rosie Casals Andrea Riseborough : Marilyn Barnett
Le cinéma fait souvent vivre l’idée que deux pas tout à fait au mieux dans leur tête peuvent s’entraider pour retrouver épanouissement et équilibre. C’est évidemment une idée purement fictionnelle. Dans la vraie vie, avec genre de rencontre, les deux protagonistes vont évidemment se tirer mutuellement vers le bas. Mais le temps d’un film, on va faire comme si on y croyait vraiment. C’est indispensable pour aller voir Simon et Théodore. Une histoire assez improbable… et au final pas si intéressante que ça.
Il est difficile de vraiment aimer un film basé autant sur ses personnages si ces derniers s’inspirent pas spécialement de sympathie. C’est malheureusement le cas de Simon et Théodore dont les deux principaux protagonistes inspirent certes un peu de compassion, mais certainement pas d’attachement profond. Au final, ce sont les personnages secondaires féminins, incarnés par Mélanie Bernier et Audrey Lamy qui sauvent le film. Mais c’est un peu court tout de même pour vraiment justifier de payer une place de cinéma.
Simon et Théodore est donc un film léger, mais au mauvais sens du terme. Ce n’est pourtant ni la faute de Félix Moati, ni du jeune Nils Othenin-Girard, qui mettent beaucoup de cœur et d’investissement dans leur interprétation. Cela ne compense malheureusement pas les faiblesses de ce film qui a pourtant la bonne idée de ne pas s’étirer plus que de raison. Mais même un récit déroulé avec rythme peut manquer de densité et surtout de crédibilité.
LA NOTE : 10/20
Fiche technique : Production : Mona Films Distribution : Rezo films Réalisation : Mikael Buch Scénario : Mikael Buch, Maud Ameline Montage : Baptiste Saint Dizier Photo : Martin Roux Décors : Damien Rondeau Musique : Benjamin Esdraffo Durée : 84 min
Casting : Félix Moati : Simon Mélanie Bernier : Rivka Nils Othenin-Girard : Théodore Audrey Lamy : Edith Philippe Rebbot : Paul Jean-Charles Clichet : Marc
Les élections intermédiaires pendant le mandat de Nicolas Sarkozy sont restées dans les mémoires comme étant toutes des triomphes du Parti Socialiste, avec en point d’orgue les élections régionales de 2010 qui feront l’objet d’un autre billet. On oublie qu’un an avant celle-ci, les élections européennes ont été marqué par un résultat plus que médiocre pour le PS. Un résultat particulièrement révélateur de tous ses travers. Et le fait que personne, ou presque, ne s’en souvienne aujourd’hui, démontre bien à quel point aucun enseignement n’est jamais tiré de quoi que ce soit.
Tout s’annonçait pourtant sous les meilleurs auspices. Le pouvoir sarkozyste commençait déjà à faire le plein de mécontents. Face à cela, le PS avait en sa possession un outil de campagne particulièrement intéressant : le manifeste du Parti Socialiste Européen. Imaginez une trentaine de partis socialistes ou sociaux-démocrates européens qui s’étaient entendus sur un programme commun. Quand on connaît les différences culturelles et politiques entre tous ces pays, cela tenait de l’exploit.
Pour avoir présenter ce texte en Section, je peux assurer qu’il s’agissait d’un vrai programme, non d’une litanie de lieux communs ne pouvant faire que l’unanimité. On y trouvait notamment l’idée d’un SMIC européen. Pour la première fois, un Parti pouvait donc mettre en avant un projet transcendent les frontières et porteur des propositions fortes. Avouez que cela aurait eu de la gueule ! Et cela aurait pu contrer le show d’un Cohn-Bendit, qui a passé la campagne à écumé les plateaux télé et les matinales des radios pour parler d’Europe avec passion.
Que croyez-vous que l’équipe de campagne du PS ait fait de ce précieux document ? Rien, absolument rien ! A la place, en Ile de France, une grande photo d’Harlem Désir avec comme slogan « Changer l’Europe Maintenant ! » La changer pour faire quoi ? Aucune idée… Pour quelle idée forte ? Aucune idée non plus… Bref, on imagine bien que les électeurs n’y ont pas vu de quoi rêver et de quoi avoir envie pour voter pour le PS.
A Viroflay, nous avons fait campagne avec l’énergie et la détermination qui caractérisaient ma Section. Marché, gares, boîtes aux lettres, les tracts furent distribués, des conversations entamées à ces occasions, des affiches collées. Du côté d’Europe Ecologie, rien… Mais alors rien du tout, puisque aucun militant de ce parti ne semblait habiter Viroflay. Résultat final… 24% pour Europe Ecologie, 12% pour le PS sur ma commune. Ce sont ces moments là qui interrogent le militant (enfin celui qui se pose des questions) sur son utilité profonde. Tout se joue au niveau national et dans les médias, du moins pour ce genre d’élection.
Tout ceci ne serait anecdotique si on oubliait de souligner l’identité des deux acteurs principaux de cette campagne lamentable de médiocrité sur la forme et sur le fond. J’ai déjà cité Harlem Désir un peu plus haut. Mais à celui-ci s’ajoute le nom de Jean-Christophe Cambadelis, directeur de la campagne du Parti Socialiste pour cette élection au niveau national. Soit, les deux personnes qui allaient être les deux prochains Premiers Secrétaires du PS… Je crois que ça se passe de commentaires, si ce n’est de souligner à quel point le statut de « cadre » vous protège de tout dans cette oligarchie, y compris de l’échec et de l’incompétence.
Un dernier point qui aurait pu être encore plus anecdotique, mais qui ne le fut pas du tout au final. A 19h, tous les adhérents franciliens du PS reçurent un texto les exhortant d’aller voter si ce n’était pas fait. En effet, la place de député européen d’un certain Benoît Hamon était en train de se jouer. Troisième sur la liste, personne n’avait imaginé qu’il ne puisse pas se retrouver à nouveau au chaud avec son salaire de député européen. Au final, il ne sera pas élu. Les PS des Yvelines et ses militants ne se doutaient pas encore des conséquences que cela aurait pour eux.
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