Parfois aller au cinéma est un acte de solidarité. Ainsi, ayant une affection particulière pour Sara Forestier, j’ai été voir M, son premier film, avant tout pour la soutenir. En effet, la bande-annonce ne m’avait guère donné envie et les critiques positives ne m’avaient qu’en partie rassuré. Ayant le cœur sur la main et toujours prêt à soutenir mon prochain, j’ai pris sur moi et je me suis rendu dans mon cinéma habituel pour accomplir un acte limite sacrificiel. Au final, aucun sacrifice, mais une vraie bonne surprise.
A la vue de la bande-annonce, M m’apparaissait comme un film plein de bon sentiments et de naïveté, sur fond social. Il est vrai qu’aucun de ces impressions ne se révèlent totalement erronées, mais par contre elles se révèlent être substantiellement secondaires. En effet, il s’agit avant tout d’un film sur la honte et la haine de soi. Il traite ce sujet avec force et conviction. Il en ressort de vraies émotions, diverses, positives et négatives, qui secoue un spectateur qui ne s’y attendait pas. Enfin, en tout cas, le spectateur que j’étais. En tout cas, j’ai été ravi d’être bougé comme ça.
Si M n’échappe cependant pas à la naïveté que j’évoquais plus haut, c’est en partie du fait du jeu parfois maladroit de Sara Forestier. Elle met beaucoup de cœur dans l’interprétation de son personnage, mais peut-être un peu trop. En tout cas, elle sonne un peu moins vrai que son partenaire Redouanne Harjane, aussi magnifique que parfois inquiétant dans ce rôle. Sara Forestier réussit en tout cas son passage de l’autre côté de la caméra. Et on lui pardonnera aisément quelques erreurs de jeunesse et sans doute un enthousiasme excessif pour son sujet. Mais un sujet difficile sur lequel beaucoup auraient fait beaucoup moins bien.
LA NOTE : 13/20
Fiche technique : Production : Archipel 35, France 3 Cinéma Distribution : Ad Vitam Réalisation : Sara Forestier Scénario : Sara Forestier Montage : Eric Armbruster Photo : Guillaume Schiffman Musique : Christophe Durée : 98 min
Casting : Sara Forestier : Lila Redouanne Harjane : Mo Jean-Pierre Léaud : Le père de Lila Liv Andren : Soraya
Dans la vie, la fiction rejoint parfois la réalité. C’est par ce lieu commun passablement éculé que je vais débuter ma critique de Le Brio. En effet, ce film a pour élément central un personnage issu des minorités visibles et habitant en banlieue (oh la belle périphrase politiquement correcte) qui s’attaque à un concours d’éloquence. Cette œuvre de fiction vient quelques semaines après la sortie du documentaire A Voix Haute qui nous faisait rencontrer des personnages très ressemblants à l’héroïne de ce film, mais bien réels ceux-là. Et pour une fois, on préférera la réalité à la fiction.
Le Brio n’est pas un mauvais film, loin de là. Certes, la première demi-heure, on a tellement de mal à apprécier les personnages qu’on a surtout du mal à apprécier cette histoire. Puis la magie opère, les vilains petits canards ne se transforment pas en cygnes, mais presque, et on se met à y croire rentrer dans le jeu et avoir le cœur qui bat un peu plus fort quand l’enjeu le devient également. Mais au final, on se dit quand même qu’on n’a pas non plus échappé à une pluie de clichés, même si le film tente parfois naïvement de les démonter.
Si le talent d’un acteur se mesurait à sa capacité à rendre totalement imbuvable un personnage qu’il incarne, alors Daniel Auteuil serait au panthéon des acteurs français. Bon certes, il en fait depuis longtemps partie, alors ce n’est pas étonnant s’il arrive à ce point à rendre son personnage antipathique quand il le faut… et inversement. Avec beaucoup plus de maladresse mais un certain courage, Camélia Jordana lui tient tête. Elle est la vraie star de Le Brio, qui ne restera pas l’œuvre la plus marquante de la filmographie d’Yvan Attal, qui n’a pas su échapper à tous les pièges que son scénario lui tendait.
LA NOTE : 11/20
Fiche technique : Réalisation : Yvan Attal Scénario : Yaël Langmann, Victor Saint Macary, Bryan Marciano et Yvan Attal Photographie : Rémy Chevrin Montage : Célia Lafitedupont Décors : Michèle Abbé-Vannier Costumes : Carine Sarfati Musique : Michael Brook Supervision musicale : My Melody Producteurs : Dimitri Rassam et Benjamin Elalouf Durée : 95 minutes
Casting : Daniel Auteuil : Pierre Mazard Camélia Jordana : Neïla Yasin Houicha : Mounir Nozha Khouadra : la mère Nicolas Vaude : le Président Jean-Baptiste Lafarge : Benjamin Claude Perron : la femme au chien Yvonne Gradelet : la grabataire
La grossesse constitue une source inépuisable d’inspiration pour les scénaristes. Cette période particulière de l’existence est à l’origine avant tout de comédies. Mais ces dernières peuvent aussi comporter un peu de gravité, de profondeur et de réflexion sur la société. Diane A les Epaules est une comédie des mœurs, au sens le plus littéral du terme. Un genre cinématographique qui tient une place particulière dans le 7ème art français. Un film réussi qui prouve qu’il y a souvent du bon dans les traditions.
Diane A les Épaules reste avant tout une comédie romantique. Au fond, la réflexion sur l’homoparentalité ou bien sur l’attachement d’une mère à son enfant n’est qu’un enrobage autour de tout ça. Mais il est vrai que c’est ce dernier qui permet au film de se démarquer et de devenir intéressant. La réflexion est pertinente, même si elle n’est pas non plus d’une portée exceptionnelle. Elle forme cependant un excellent complément aux aspects plus légers, pour former un tout à la fois distrayant et intelligent.
La qualité de Diane A les Epaules tient beaucoup au charme particulier de Clotilde Hesme. Elle arrive à rendre son personnage terriblement attachant, tout en lui donnant une complexité qui ne la rend pas que sympathique. En tout cas, à l’instar de celle qu’elle incarne, elle a les épaules pour porter le film sur celles-ci. Au final, Fabien Gorgeart signe un premier film réussi, à défaut d’être totalement inoubliable.
LA NOTE : 12,5/20
Fiche technique : Réalisation : Fabien Gorgeart Scénario : Fabien Gorgeart Photographie : Thomas Bataille Montage : Damien Maestraggi Décors : Cyril Gomez-Mathieu Costumes : Céline Brelaud Musique : Guillaume Baurez Producteur : Jean des Forêts Durée : 87 minutes
Casting : Clotilde Hesme : Diane Fabrizio Rongione : Fabrizio Thomas Suire : Thomas Grégory Montel : Jacques Alice Butaud : Amélie Olivier Rabourdin : l’hypnothérapeute Victor Pontecorvo : le pompier Ian McCamy : l’Irlandais
D’une bonne idée, on peut évidemment faire un bon film. Mais à vrai dire, pourquoi s’arrêter à un seul ?! Un Jour Sans Fin figure en bonne place au panthéon des films cultes. Mais l’idée d’un personnage condamné à vivre encore et encore là même journée possède assez de potentiel pour servir de base à bien d’autres bons films. La preuve avec Happy Birthdead (Le titre original étant Happy Death Day… sans commentaire). Pas de film culte à l’horizon, mais un petit plaisir cinématographique dont il serait dommage de se priver.
On vient de le voir, l’idée de départ de Happy Birthdead n’a rien de nouveau. Mais le film la développe à sa manière en l’exploitant jusqu’au bout, avec un minimum de talent et d’inspiration. Si le film comporte quelques scènes du type « attention, il y a peut-être un tueur dans le placard, vu que la musique fait super peur d’un coup », cela ne constitue vraiment pas le cœur de celui-ci. Il repose avant tout sur son intrigue, les surprises et les rebondissements qu’elle propose. Le tout fonctionne plutôt pas mal, jusqu’au twist final qui va bien.
Happy Birthdead est aussi particulièrement sympathique parce que les personnages le sont aussi. Le film détourne les clichés de la vie sur les campus des universités américaines, avec une ironie réjouissante. Il est vrai que l’aspect un peu moralisateur (mais qui n’était pas absent dans Un Jour Sans Fin) est lui assez prévisible et présente un côté obligatoire un peu lourdingue. Il est vrai que le film aurait peut-être gagné à être plus mordant et politiquement incorrect. C’est peut-être là qu’il oublie de devenir un film culte. Cependant, c’est quand même loin d’être donné à tout le monde.
LA NOTE : 13/20
Fiche technique : Réalisation : Christopher B. Landon Scénario : Christopher B. Landon et Scott Lobdell Direction artistique : Michelle C. Harmon Décors : Gretchen Gattuso Costumes : Meagan McLaughlin Photographie : Toby Oliver Montage : Gregory Plotkin Musique : Bear McCreary Production : Jason Blum, Angela Mancuso, Ryan Turek, John Baldecchi et Seth William Meier
Casting : Jessica Rothe : Tree Gelbman Israel Broussard : Carter Davis Ruby Modine : Lori Annika Harris : Jodie Rachel Matthews : Danielle Charles Aitken : Gregory Brody Lang : Ezekiel
Ce qu’il y a de bien avec le cinéma, c’est qu’il permet, entre autres, de voyager dans l’espace et le temps. Ainsi, vous n’avez jamais imaginé voyager en Géorgie quelques temps à peine après l’explosion de l’URSS. Il est vrai que connaître l’histoire politique de ce pays précis à cette époque précise demande tout de même une culture particulièrement pointue. Ou bien il suffit de se rendre dans une salle obscure pour aller voir Khibula.
Khibula est un film pour spectateur curieux d’histoire et de paysages. En effet, il faut bien avouer, le film n’a rien de spectaculaire ni sur le fond, ni sur la forme. Le récit est assez répétitif, une série de rencontres qui jalonnent un jeu de chat et de souris entre un Président déchu et le pouvoir nouveau. Chaque personnage nous en apprend un peu plus sur cette culture et cette époque. Pour le reste, c’est vrai qu’il ne se passe pas grand chose et le scénario manque quelque peu de contenu et de densité.
La forme est aussi particulièrement sobre. Elle met en avant en premier lieu les paysages parfois sublimes… ou au contraire témoignage d’un pays quelque peu sinistré. Khibula permet donc de voyager et est souvent particulièrement dépaysant. A côté de ça, l’interprétation est sobre mais toujours juste et la mise scène parfois un peu austère. Au final, je ne me suis pas ennuyé une seule seconde, j’ai eu l’impression d’effectuer de réelles découvertes. Mais pas de là à dire que j’ai été réellement enthousiasmé.
Ce qu’il y a de merveilleux dans le cinéma, et la fiction en général en fait, c’est de constater à quel point un même point de départ peut donner des histoires au ton et au contenu radicalement différents. Une entreprise délocalisée, une employée qui accepte le reclassement dans le pays où est partie la production, aura donné Crash Test Aglaé d’un côté et Prendre le Large de l’autre. Une comédie dramatique d’un côté, un drame tout court de l’autre. Entre les deux, que choisir ? La réponse est plutôt, pourquoi choisir ?
Les deux films auront en commun d’être imparfaits, mais de se laisser voir sans regret. Prendre le Large propose une alternance de beaux moments, de moments durs, bref de moments forts et d’autres où le film fonctionne moins bien. Le personnage incarné par Sandrine Bonnaire n’est pas toujours totalement convaincant et on se dit parfois qu’aussi existentielle soit sa quête, cela ne justifie pas non plus toutes les inconsciences. Mais au moins, on ne pourra pas reprocher à Gaël Morel de ne pas être allé au bout de ses idées, même si un peu de retenu aurait rendu le propos plus solide.
En effet, au final, ce qu’on peut reprocher à Prendre le Large est ne pas avoir su traiter les sujets qu’il aborde de manière réellement convaincante. La recherche de soi-même est un thème relativement universel et intemporel et le voyage est effectivement une manière de la mener. Le cinéma regorge de ce genre d’itinéraire. Celui suivi par Sandrine Bonnaire n’est pas porteur d’une réflexion à même de bouleverser le spectateur. Le film en reste donc au stade du film de personnage. Cet aspect est cependant assez réussi néanmoins pour permettre au spectateur de ne pas regretter cette rencontre et ce voyage.
LA NOTE : 12,5/20
Fiche technique : Réalisation : Gaël Morel Scénario : Gaël Morel et Rachid Photographie : David Chambille Montage : Catherine Schwartz Costumes : Zakia Essouci Musique : Camille Rocailleux Producteurs : Anthony Doncque, Miléna Poylo, Gilles Sacuto et Frantz Richard Durée : 103 minutes
Casting : Sandrine Bonnaire : Édith Clerval Mouna Fettou : Mina Kamal El Amri : Ali, le fils de Mina Ilian Bergala : Jérémy, le fils d’Édith Farida Ouchani : Najat Nisrine Rad : Karima Lubna Azabal : Nadia Camille de Sablet : la directrice des ressources humaines de l’usine de Villefranche Soumaya Akaaboune : Mme Saïni Solenn Jarniou : la syndicaliste Nathanaël Maïni : Thierry, le compagnon de Jérémy
Souvent une histoire part d’une idée, d’un pitch comme l’on dit. On imagine facilement l’auteur la voyant surgir dans son esprit se dire qu’il possède là de quoi écrire un roman. Parfois, par contre, en parcourant les pages d’un livre, on s’interroge vraiment sur ce qui a pu conduire quelqu’un penser qu’il avait là la matière pour proposer autre chose qu’une courte nouvelle. C’est le sentiment que m’a procuré la lecture de la Huitième Case d’Herbert Lieberman.
Il suffit de lire le quatrième de couverture de la Huitième Case pour avoir la puce à l’oreille et se dire qu’il y a sans doute un problème avec ce roman. En effet, il met déjà en avant son épilogue, soit les quelques pages qui concluent le livre et qui, en effet, change le regard que l’on peut porter sur ce qui a précédé. Mais en rien lui donner un supplément d’épaisseur. C’est un peu comme si l’éditeur, conscience de la faiblesse indigne de ce qu’il propose, essayait de donner des raisons au lecteur de ne pas décrocher avant la fin.
Pour ne rien arranger, la Huitième Case n’est pas spécialement bien écrit. Le style d’Herbert Lieberman est parfois confus et n’aide vraiment pas à la compréhension du récit. On a bien du mal à distinguer les personnages les uns des autres et comme le roman est essentiellement basé sur des dialogues, on rencontre quelques difficultés à suivre les échanges, qui, de toute façon, ne nous émeuvent guère. Bref, voici un roman sur lequel il est inutile de s’attarder.
Il y a des films qui marquent à vie et d’autres qui vous laissent une trace particulièrement éphémère. Une semaine après l’avoir vu, j’ai un mal fou à entamer l’écriture de ma critique de Le Musée des Merveilles. Je dois consentir un certain effort pour me rappeler ce que j’en ai pensé et ce que j’ai ressenti en le regardant. Au final, pourtant, je vais en dire avant tout du bien. Mais il y a une grande différence entre posséder des qualités et laisser une trace dans l’esprit du spectateur.
Le Musée des Merveilles apparaît tout d’abord comme un film chorale. Une petite chorale certes, puisqu’on ne suit que deux histoires en parallèle. Deux histoires qui ne semblent tout d’abord n’avoir aucun lien entre elles, avant de découvrir que… Non, non, je n’en dirai pas plus ! Deux belles histoires, agréables à suivre… mais pas plus que ça. Le film est touchant, mais pas vraiment émouvant et encore moins bouleversant. On en ressort un léger sourire aux lèvres mais qui s’efface assez vite.
On retrouve en tout cas la caméra particulièrement élégante de Todd Haynes. Mais comme trop souvent chez lui, l’esthétisme prend un peu le pas sur la force des émotions. C’est beau, mais toujours un peu froid et lisse. Le Musée des Merveilles ne parle pas assez au cœur pour être vraiment marquant. C’est dommage car les jeunes acteurs et actrices sont en tout point remarquables et font au moins naître un vrai attachement pour les personnages. Mais certains liens sont fragiles et ceux qui nous relient aux protagonistes de cette histoire s’effilochent aussitôt que l’on est sorti de la salle. Cependant, les liens éphémères en valent bien d’autres.
LA NOTE : 12,5/20
Fiche technique : Production : Amazon studios, Cinetic Media, FilmNation Entertainment, Killer Films, Picrow Réalisation : Todd Haynes Scénario : Brian Selznick, d’après son roman Montage : Affonso Gonçalves Photo : Ed Lachman Décors : Mark Friedberg Distribution : Metropolitan Filmexport Musique : Carter Burwell Directeur artistique : Ryan Heck Durée : 117 min
Casting : Michelle Williams : Elaine Tom Noonan : Walter vieux Cory Michael Smith : Walter jeune Jaden Michael : Jamie Julianne Moore : Lilian Mayhew, Rose Millicent Simmonds : Rose Oakes Fegley : Ben James Urbaniak : le père de Rose
L’avantage d’un film dont on n’attend strictement rien, c’est que l’on ne peut être qu’agréablement surpris. Et Dieu sait que je n’attendais rien de Justice League, vu la piètre qualité des dernières productions issues de l’univers DC Comics. Les critiques désastreuses ont renforcé ma certitude d’aller voir un gros navet. Bon ok, le mot navet qualifie assez bien ce film. Cependant, ce serait mentir de dire que je me suis ennuyé ne serait-ce qu’une seconde. Ce n’est pas grand chose, mais c’est déjà ça.
Apprécier Justice League est possible avec un peu d’abnégation. De l’abnégation pour oublier toute attente concernant la subtilité, la crédibilité du scénario et des personnages. Quant aux costumes… ils sont assumés avec un certain courage, quand Marvel se sert de l’humour et du second degré pour les justifier. Bref, il faut juste oublier toute notion de bon goût et de profondeur intellectuelle et tout va alors pour le mieux. Je sais, c’est beaucoup demander. Mais avouons que parfois, cela fait un bien fou de mettre tout cela de côté.
Vous l’aurez compris, Justice League, c’est avant tout un grand spectacle grand-guignolesque et c’est tout. Mais grâce à un méchant assez badass, on se met à suivre ça sans un certain plaisir. Pas d’enthousiasme et toujours une légère envie de revoir tous les films Marvel à la place, mais tout de même. Comparé à l’ennui profonde dans laquelle nous plongeait pendant deux heures Batman vs Superman, on savoure ce moment d’inertie cérébrale. On en ressort, on rallume son cerveau, on se dit que c’était quand même bien nul, mais avec un petit sourire coupable d’avoir quand même un peu aimé…
LA NOTE : 11/20
Fiche technique : Production : DC Films, RatPac Entertainment, Atlas Entertainment, Cruel and Unusual Films Distribution : Warner Bros. Pictures Réalisation : Zack Snyder Scénario : Joss Whedon, Chris Terrio Montage : David Brenner, Richard Pearson, Martin Walsh Photo : Fabian Wagner Musique : Danny Elfman Durée : 119 min
Casting : Henry Cavill : Supeman Ray Fisher : Cyborg Ezra Miller : Flash Jason Momoa : Aquaman Ben Affleck : Batman Gal Gadot : Wonder Woman Jeremy Irons : Alfred Pennyworth
Je ne sais pas si c’est parce que je m’approche moi-même de l’âge fatidique, mais le cinéma français s’est emparé de la thématique de la crise de la quarantaine avec une certaine frénésie. Pour le meilleur, et pour l’instant surtout pour le pire. Et ce n’est malheureusement pas ce Jalouse qui va rehausser la moyenne. En effet, il est difficile de faire apprécier un film de personnage, quand son personnage principal nous attire aussi peu de sympathie.
J’ai un métier passionnant, je me trouve un mec fantastique, je suis plutôt bien conservé… mais je vais super mal et je me comporte de manière totalement infecte avec l’ensemble de mon entourage. Voici le point de départ de Jalouse. David et Stéphane Foenkinos ont tous simplement oublié que la compassion n’a rien d’automatique. Ils nous donnent tellement peu de raisons d’aimer cette femme, qu’on en vient à ne pas aimer le film non plus. Et même si un peu de tendresse vient naître au fond du cœur du spectateur dans les dernières minutes, il est bien trop tard pour rattraper le coup.
L’immense talent de Karin Viard ne peut pas tout. Son interprétation est magistrale et parvient à rendre son personnage parfois drôle, même s’il reste avant tout pathétique, quand il n’est pas carrément antipathique. On ressort donc de Jalouse avec beaucoup de regrets. Regrets de voir une telle performance d’actrice gâchée par un scénario aussi médiocre. Regrets aussi il faut bien dire d’avoir un peu perdu son temps devant ce film raté.
LA NOTE : 09/20
Fiche technique : Production : Mandarin Films, StudioCanal, France 2 Cinéma Distribution : StudioCanal Réalisation : David Foenkinos, Stéphane Foenkinos Scénario : David Foenkinos, Stéphane Foenkinos Montage : Virginie Bruant Photo : Guillaume Deffontaines Décors : Marie Cheminal Musique : Paul-Marie Barbier, Julien Grunberg Durée : 102 min
Casting : Karin Viard : Nathalie Anne Dorval : Sophie Thibault de Montalembert : Jean-Pierre Anaïs Demoustier : Mélanie Bruno Todeschnini : Sébastien Corentin Fila : Félix Dara Tmbroff : Mathilde Marie-Julie Baup : Isabelle
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