
L’adage qui veut que le livre est toujours meilleur que le film se vérifie une nouvelle fois, bien que je conteste fortement sa véracité absolue. En fait, Ca est victime d’un choix fondamental d’adaptation qui se comprend complètement cinématographiquement parlant, mais qui ampute l’histoire d’un de ses intérêts principaux. En adoptant une narration chronologiquement linéaire, et non en parallèle entre deux époques, le film se prive d’un des éléments qui fait la force du roman de Stephen King. Mais une fois ce choix fait, le réalisateur argentin Andres Muschietti s’en sort plutôt bien.

LA NOTE : 13/20
Fiche technique :
Réalisation : Andrés Muschietti
Scénario : Gary Dauberman, Cary Fukunaga, Chase Palmer, adapté du roman Ça de Stephen King
Direction artistique : Peter Grundy
Décors : Rosalie Board
Costumes : Janie Bryant
Photographie : Chung Chung-hoon
Montage : Jason Ballantine
Musique : Benjamin Wallfisch
Production : Roy Lee, Dan Lin, Seth Grahame-Smith, David Katzenberg et Barbara Muschietti
Durée : 135 minutes
Casting :
Bill Skarsgård : Grippe-Sou le clown dansant
Jaeden Lieberher : William « Bill » Denbrough
Jeremy Ray Taylor : Benjamin « Ben » Hanscom
Sophia Lillis : Beverly « Bev » Marsh
Finn Wolfhard : Richard « Richie » Tozier
Wyatt Oleff : Stanley « Stan » Uris
Chosen Jacobs : Michael « Mike » Hanlon
Nicholas Hamilton : Henry Bowers
Jack Dylan Grazer : Edward « Eddie » Kaspbrak
Jackson Robert Scott : Georgie Denbrough
Owen Teague : Patrick Hockstetter
Logan Thompson : Victor « Vic » Criss
Jake Sim : Reginald « Belch » Huggins
Javier Botet : Le lépreux
Tatum Lee : Judith
Steven Williams : Leroy Hanlon
Stephen Bogaert : Alvin Marsh
Geoffrey Pounsett : Zack Denbrough
Pip Dwyer : Sharon Denbrough

Le Redoutable confirme que Michel Hazanavicius est un réalisateur libre qui fait les films qu’il a envie de faire sans se soucier du reste. Il n’aura jamais cherché à surfer sur le succès de The Artist en enchaînant avec des œuvres qui ne s’adressent pas vraiment au plus grand public. Il livre ici un film pour cinéphiles. Ces derniers sauront pleinement apprécier toute l’ironie de dialogues souvent savoureux. Certes, le film compte aussi quelques longueurs, mais la performance de Louis Garrel est assez extraordinaire pour que l’on ne trouve jamais le temps long. Et il serait injuste de passer sous silence celle de Stacy Martin, peut-être moins spectaculaire, mais qui donne tout son sens au film. C’est par son regard que l’on voit Jean-Luc Godard et son amour pour lui s’effriter. Un effritement partagé par tous.
Et Robert Pattinson dans tout cela ? Il porte littéralement Good Time sur ses épaules. Il réussit surtout à rendre crédible un personnage qui n’aurait pas supporté d’être mal joué. Il aurait pu si facilement en faire trop qu’on peut vraiment saluer le fait qu’il en fasse juste ce qu’il faut. Il est certainement aidé par la direction artistique des frères Safdie dont la réalisation constitue globalement un point fort de ce long métrage. Ils savent merveilleusement bien jouer avec les lumières de cette ville toujours éclairée et nous offre définitivement un film parfaitement maîtrisé, à défaut d’être totalement inoubliable.
Nos Années Folles est aussi un vrai film de cinéaste. Une réalisation empreinte de sensualité, d’une incroyable sensualité parfois, sans jamais un seul soupçon de vulgarité. Honnis soient les pauvres esprits qui on vu autre choses dans cette magnifique affiche. Une réalisation qui sublime le jeux d’acteurs touchés par la grâce. Le duo formé par Pierre Deladonchamps et Céline Sallette fonctionnent à la perfection, épaulés par une foule de merveilleux seconds rôles. André Techniné nous livre donc un film magnifique et surprenant, deux qualités assez rares pour valoir un César ou deux.
Dans un Recoin de ce Monde est aussi superbe visuellement. Il confirme le retour en force de l’effet crayon dans le monde de l’animation et ne va surtout pas s’en plaindre. Cela donne aux images de ce film une chaleur et un profondeur qui démultiplie tout ce qui est véhiculé par le scénario. Jamais des images purement numériques n’auraient pu arriver à un tel résultat. Les yeux se régalent, même quand quelques larmes viennent pointer au coin de ces dernier. Il est dommage que la sortie de ce film soit trop passé inaperçu, car il restera une des œuvres marquantes de cette année cinématographique.
On poursuit avec Foxygen, un groupe venu d’Austin au Texas, et leur album …And Star Power. Si on doit leur reconnaître une qualité, c’est de proposer des morceaux vraiment variés. Variés, mais surtout décousus et au final surtout pas très intéressants, au-delà du simple fait qu’ils ne soient pas très mélodieux. En fait, cela s’apparente au final à patchwork passablement indigeste. Surtout qu’aucun titre ne surnage, rien ne vient jamais accrocher l’oreille.
On reste aux Etats-Unis avec Thurston Moore, originaire lui de Floride, et son album The Best Day. Pourtant ce dernier ne nous offre pas vraiment le meilleur, mais plutôt un rock fait des morceaux longs et monotones, ponctués des solos de guitare absolument interminables. La voix est quant à elle éteinte et sans relief. Bref, au final tout cela ne décolle jamais et ne donne jamais aucune raison à l’auditeur de s’enthousiasmer.
Gabriel et la Montagne fait pourtant un pari audacieux. Il s’apparente à un docu-fiction d’un genre nouveau. En effet, beaucoup des personnages sont interprétés… par eux-mêmes. Beaucoup de ceux qui ont croisé Grabriel Buchmann dans les derniers jours de sa vie sont amenés à rejouer cette rencontre. C’est un pari osé car il ne s’agit pas de simplement témoigner mais de faire jouer la comédie à des personnes qui ne sont pas des acteurs. Ils s’en sortent tous étonnamment bien, alors qu’on sait bien que ce n’est pas parce qu’on a déjà vécu une scène, qu’il est facile de la rejouer face caméra. Mais bon, au-delà de cette curiosité, le film reste tout de même d’un intérêt somme toute limité.
On se demande encore en voyant Barbara comment Jeanne Balibar peut être aussi incroyable, alors que personne ne semble se dire que comme toute actrice, elle aurait peut-être besoin d’être dirigée. Mais comme Matthieu Almaric est occupé à nous livré ses mimiques et ses effets de jeu les plus éculés, il oublie qu’il est aussi réalisateur. Elle nous offre les quelques moments de grâce de ce film qui sans cela aurait été un pur naufrage. Reste aussi évidemment la musique de la dame en noir. Ceux qui l’apprécient trouveront là une raison pour ne pas totalement jeter ce film. Quand ce n’est pas le cas, comme moi, le temps paraît démesurément long…

En misant sur le couple François Damiens et Cécile de France, Carine Tardieu n’a pas pris grand risque. Il prouve encore une fois combien la Belgique est parfois la cerise sur les gâteaux français. Le duo ne se contente pas de dérouler son talent, mais est visiblement particulièrement inspiré par cette jolie histoire. Il est aussi agréable de revoir Guy Marchand, qui ne rajeunit pas, mais qui se fait désormais extrêmement rare. Tout ce beaucoup petit monde contribue à la réussite pleine et entière de ce joli divertissement idéal pour oublier la grisaille qui vient.
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