CA : Haute fidélité

caaffiche

caafficheL’adaptation du roman de Stephen King Ca pour la télévision américaine a donné lieu au plus célèbre des téléfilms de l’histoire. Mais sa relative médiocrité et les libertés prises par rapport à l’histoire originale ont toujours laissé insatisfait les amoureux de ce monument de la littérature d’horreur. C’est donc avec une joie fébrile qu’ils ont eu connaissance d’une adaptation cinématographique enfin digne de ce nom en préparation. Comme moi, ils se sont rendus en salle plein d’espoir et de crainte… pour finalement en ressortir soulagé, mais pas encore totalement enthousiasmé.

L’adage qui veut que le livre est toujours meilleur que le film se vérifie une nouvelle fois, bien que je conteste fortement sa véracité absolue. En fait, Ca est victime d’un choix fondamental d’adaptation qui se comprend complètement cinématographiquement parlant, mais qui ampute l’histoire d’un de ses intérêts principaux. En adoptant une narration chronologiquement linéaire, et non en parallèle entre deux époques, le film se prive d’un des éléments qui fait la force du roman de Stephen King. Mais une fois ce choix fait, le réalisateur argentin Andres Muschietti s’en sort plutôt bien.

caAu-delà du choix évoqué précédemment, le scénario cherche vraiment à être fidèle en tout point à l’œuvre originale, que ça soit au niveau des événements que des personnages. Les fans apprécieront… et les autres aussi car si le livre n’a pas connu un tel succès pour rien. On retrouve la réflexion sur l’adolescence et le passage à l’âge adulte qui marquent tant le roman. Et tout cela est amené intelligemment, en bon équilibre avec les passages d’horreur pure auquel on pourrait peut-être reproché un trop grand classicisme. On touche là la limite de l’exercice. Andres Muschietti s’applique avec talent à nous livrer un film fidèle à l’œuvre d’un autre. En tant que tel, le film n’a donc rien de personnel et ça se ressent. Mais personnellement, j’ai été heureux de voir enfin à l’écran de manière aussi réussie cette histoire qui m’a tant marqué lorsque je l’ai lue adolescent. Et je sais que je ne suis pas le seul !

LA NOTE : 13/20

Fiche technique :
Réalisation : Andrés Muschietti
Scénario : Gary Dauberman, Cary Fukunaga, Chase Palmer, adapté du roman Ça de Stephen King
Direction artistique : Peter Grundy
Décors : Rosalie Board
Costumes : Janie Bryant
Photographie : Chung Chung-hoon
Montage : Jason Ballantine
Musique : Benjamin Wallfisch
Production : Roy Lee, Dan Lin, Seth Grahame-Smith, David Katzenberg et Barbara Muschietti
Durée : 135 minutes

Casting :
Bill Skarsgård : Grippe-Sou le clown dansant
Jaeden Lieberher : William « Bill » Denbrough
Jeremy Ray Taylor : Benjamin « Ben » Hanscom
Sophia Lillis : Beverly « Bev » Marsh
Finn Wolfhard : Richard « Richie » Tozier
Wyatt Oleff : Stanley « Stan » Uris
Chosen Jacobs : Michael « Mike » Hanlon
Nicholas Hamilton : Henry Bowers
Jack Dylan Grazer : Edward « Eddie » Kaspbrak
Jackson Robert Scott : Georgie Denbrough
Owen Teague : Patrick Hockstetter
Logan Thompson : Victor « Vic » Criss
Jake Sim : Reginald « Belch » Huggins
Javier Botet : Le lépreux
Tatum Lee : Judith
Steven Williams : Leroy Hanlon
Stephen Bogaert : Alvin Marsh
Geoffrey Pounsett : Zack Denbrough
Pip Dwyer : Sharon Denbrough

LE REDOUTABLE : La chute d’un géant

leredoutableaffiche

leredoutableafficheJe déteste Barbara et j’ai vu un film sur Barbara. Je l’ai détesté et avec le recul, ça n’a rien d’étonnant. J’ai été voir un film sur Jean-Luc Godard. Or, je déteste aussi Jean-Luc Godard, ou au moins ce qu’il est devenu ces dernières années (on peut même parler de décennies). J’avais donc assez peur de détester aussi Le Redoutable. Or j’ai au final réellement apprécier ce film. Peut-être parce qu’il raconte comment Jean-Luc Godard a cessé d’être un cinéaste pour devenir un sale con.

La plupart du temps les biopics ressemblent largement à des hagiographies. Le Redoutable est exactement l’inverse. C’est assez rare pour être noté, surtout que cette démarche concerne une personne encore vivante. Il est évident qu’on ne regarde pas ce film de la même manière selon son niveau de culture cinématographique. J’ignore vraiment ce que peut ressentir un spectateur qui ignorerait tout de la carrière de Jean-Luc Godard. Les autres seront ravis de comprendre enfin mieux où est passé l’extraordinaire réalisateur de A Bout de Souffle et le Mépris, qui a laissé depuis longtemps la place à un triste sire à la carrière artistique aussi absconse que sans intérêt.

leredoutableLe Redoutable confirme que Michel Hazanavicius est un réalisateur libre qui fait les films qu’il a envie de faire sans se soucier du reste. Il n’aura jamais cherché à surfer sur le succès de The Artist en enchaînant avec des œuvres qui ne s’adressent pas vraiment au plus grand public. Il livre ici un film pour cinéphiles. Ces derniers sauront pleinement apprécier toute l’ironie de dialogues souvent savoureux. Certes, le film compte aussi quelques longueurs, mais la performance de Louis Garrel est assez extraordinaire pour que l’on ne trouve jamais le temps long. Et il serait injuste de passer sous silence celle de Stacy Martin, peut-être moins spectaculaire, mais qui donne tout son sens au film. C’est par son regard que l’on voit Jean-Luc Godard et son amour pour lui s’effriter. Un effritement partagé par tous.

LA NOTE : 13/20

Fiche technique :
Production : Wild bunch
Réalisation : Michel Hazanavicius
Scénario : Michel Hazanavicius
Montage : Anne-Sophie Bion, Michel Hazanavicius
Photo : Guillaume Schiffman
Distribution : Studio Canal
Durée : 107 mn

Casting :
Louis Garrel : Jean-Luc Godard
Stacy Martin : Anne Wiazemsky
Micha Lescot : Bambam
Bérénice Bejo : Michèle Rosier
Grégory Gadebois : Cournot

GOOD TIME : Tout sur Robert

goodtimeaffiche

goodtimeafficheLa carrière d’un comédien débute parfois par un rôle particulièrement marquant qui le propulse au rang de star, mais peut vite devenir une malédiction une fois qu’il a en envie de passer à autre chose. Longtemps, Robert Pattinson a été inexorablement associé à son rôle de vampire dans la saga Twillight. Il n’y avait visiblement pas fait étalage d’un quelconque talent particulier (je n’en ai vu aucun, je ne fais que rapporter des propos) et cette image de star artificielle lui a collé à la peau. Pourtant, il a depuis considérablement enrichi sa filmographie à travers des rôles d’une étonnante diversité. Celui qu’il tient dans Good Time prouve qu’il est définitivement temps de le regarder avec un oeil neuf.

Good Time recycle un nouvelle fois une idée de base passablement usée. Celle du plan qui dans l’esprit d’un brave loser doit se dérouler sans accros et qui tourne vite au désastre. Et à chaque fois que notre anti-héros tente de renverser la vapeur du destin et de la malchance, il s’enfonce encore un peu plus. Mais il faut avouer que cette idée de base donne accès à une champ infini de possibilités. Ce film n’est peut-être pas le meilleur qui y ait été tourné, mais il nous propose tout de même une épopée savoureuse, où le chemin de son principal protagoniste croisera celui d’autres paumés se prenant pour des gangsters d’envergure. Tout cela donne un cocktail d’humour, de violence et de plongée dans la misère d’une Amérique urbaine marginale qui détonne et fonctionne très bien.

goodtimeEt Robert Pattinson dans tout cela ? Il porte littéralement Good Time sur ses épaules. Il réussit surtout à rendre crédible un personnage qui n’aurait pas supporté d’être mal joué. Il aurait pu si facilement en faire trop qu’on peut vraiment saluer le fait qu’il en fasse juste ce qu’il faut. Il est certainement aidé par la direction artistique des frères Safdie dont la réalisation constitue globalement un point fort de ce long métrage. Ils savent merveilleusement bien jouer avec les lumières de cette ville toujours éclairée et nous offre définitivement un film parfaitement maîtrisé, à défaut d’être totalement inoubliable.

LA NOTE : 13,5/20

Fiche technique :
Production : Ekara pictures, Rhea films, Hercules films
Réalisation : Joshua et Benny Safdie
Scénario : Josh Safdie, Ronald Bronstein
Montage : Benny Safdie, Ronald Bronstein
Photo : Sean Orice Williams
Décors : Audrey Turner
Distribution : Ad vitam
Musique : Point Never Oneothrix
Durée : 100 min

Casting :
Robert Pattinson : Connie Nikas
Jennifer Jason Leigh : Corey
Buddy Duress : Ray
Barkhad Abdi : Dash
Benny Safidue : Nick Nikas
Taliah Webster : Crystal

NOS ANNEES FOLLES : Une si belle affiche

nosanneesfollesaffiche

nosanneesfollesafficheLors de la dernière cérémonie des Césars, j’ai été relativement sidéré que personne n’ait souligné que Quand on a 17 ans d’André Téchiné avait été totalement oublié au moment des nominations, alors qu’il s’agissait à mon sens d’un des meilleurs films de l’année, tous pays confondus. J’espère qu’il n’en sera rien avec Nos Années Folles, qui prouve encore une fois qu’à 75 ans, il reste un des plus grands réalisateurs hexagonaux. Un monument du cinéma français qui mérite bien mieux qu’une polémique autour d’une très belle affiche.

Nos Années Folles est d’abord une histoire étonnante et inattendue. Une histoire vraie visiblement, même si on ne peut jamais mesurer le degré de fidélité par rapport au déroulement réel des événements. En tout cas, il est rare d’être à ce point surpris sur le déroulement d’une intrigue qui vous emmène dans des directions que l’on ne soupçonnait pas au premier abord. On saluera d’ailleurs la qualité de la promotion autour de ce film qui a su créer l’envie sans rien dévoiler de ce qui au final constitue le cœur du film, sans pour autant le faire passer pour ce qu’il n’est pas.

nosanneesfollesNos Années Folles est aussi un vrai film de cinéaste. Une réalisation empreinte de sensualité, d’une incroyable sensualité parfois, sans jamais un seul soupçon de vulgarité. Honnis soient les pauvres esprits qui on vu autre choses dans cette magnifique affiche. Une réalisation qui sublime le jeux d’acteurs touchés par la grâce. Le duo formé par Pierre Deladonchamps et Céline Sallette fonctionnent à la perfection, épaulés par une foule de merveilleux seconds rôles. André Techniné nous livre donc un film magnifique et surprenant, deux qualités assez rares pour valoir un César ou deux.

LA NOTE : 14/20

Fiche technique :
Production : ARP Sélection
Réalisation : André Téchiné
Scénario : André Téchiné, Cédric Anger d’après le livre de Fabrice Virgili et Danièle Voldman
Montage : Albertine Lastera
Photo : Julien Hirsch
Décors : Katia Wyszkop
Distribution : ARP Sélection
Musique : Alexis Rault
Durée : 103 min

Casting :
Pierre Deladonchamps : Paul Grappe, Suzanne
Céline Sallette : Louise Grappe
Grégoire Leprince-Ringuet : Charles de Lauzin
Michel Fau : Samuel
Virginie Pradal : la grand mère
Mama Prassinos : Valentine
Peter Bonke : Ludwik

DANS UN RECOIN DE CE MONDE : Sublime à tous points de vue

dansunrecoindecemondeaffiche

dansunrecoindecemondeafficheAussi étrange que cela puisse paraître (en fait, ce n’est pas si étrange que ça, mais ça sonnait bien comme introduction), le cinéma japonais a très peu abordé le sujet du quotidien des populations japonaises pendant la guerre. La guerre en elle-même, l’après-guerre oui, mais pas le sort des civils au début des années 40. C’est désormais chose faite avec Dans un Recoin de ce Monde. Un sublime film d’animation. Un film sublime tout court d’ailleurs.

Dans un Recoin de ce Monde fait immédiatement penser au Tombeau des Lucioles. Certes, les époques sont légèrement différentes, mais ces deux films prouvent à quel point l’animation japonaise est capable de traiter des sujets incroyablement durs et difficiles. N’attendez pas à verser ici moins de larme que devant le chef d’oeuvre d’Isao Takahata. Celui de Sunao Katabuchi est lui aussi une œuvre forte et terriblement poignante, qui n’épargne pas le spectateur en lui procurant un flot continue d’émotions aussi fortes que variées.

dansunrecoindecemondeDans un Recoin de ce Monde est aussi superbe visuellement. Il confirme le retour en force de l’effet crayon dans le monde de l’animation et ne va surtout pas s’en plaindre. Cela donne aux images de ce film une chaleur et un profondeur qui démultiplie tout ce qui est véhiculé par le scénario. Jamais des images purement numériques n’auraient pu arriver à un tel résultat. Les yeux se régalent, même quand quelques larmes viennent pointer au coin de ces dernier. Il est dommage que la sortie de ce film soit trop passé inaperçu, car il restera une des œuvres marquantes de cette année cinématographique.

LA NOTE : 15/20

Fiche technique :
Réalisation : Sunao Katabuchi
Scénario : Sunao Katabuchi et Fumiyo Kōno
Genre : animation, drame, historique
Durée : 128 minutes

Casting :
Non : Suzu Urano(Hojo) (voix)
Megumi Han : Sumi Urano (voix)
Yoshimasa Hosoya : Shusaku Hojo(voix)
Natsuki Inaba : Harumi Kuromura (voix)
Nanase Iwai : Rin (voix)
Minori Omi : Keiko Kuromura (voix)
Daisuke Ono : Tetsu MIzuhara (voix)
Tengai Shibuya : (voix)
Mayumi Shintani : San Hojo (voix)
Shigeru Ushiyama : Entaro Hojo (voix)

THE WAY (Macy Gray), … AND STAR POWER (Foxygen), THE BEST DAY (Thurston Moore) : Macy et le néant

thewaymacygray

thewaymacygrayOn commence cet avis musical par une valeur sûre, mais que j’avais quelque peu perdue de vue. The Way, sorti en 2014, est le 8ème album de Macy Gray, mais le bonheur qu’elle procure reste intact. Dès les premières secondes on retrouve cette voix incomparable. L’esprit de l’album est plutôt léger, avec des titres souvent enjoués et entraînants. En tout cas, cela fait plaisir de retrouver cette artiste en aussi grande forme. Elle nous livre un album de grande qualité de bout en bout, avec des titres variés et marqués par une vraie maîtrise artistique.

andstarpowerfoxygenOn poursuit avec Foxygen, un groupe venu d’Austin au Texas, et leur album …And Star Power. Si on doit leur reconnaître une qualité, c’est de proposer des morceaux vraiment variés. Variés, mais surtout décousus et au final surtout pas très intéressants, au-delà du simple fait qu’ils ne soient pas très mélodieux. En fait, cela s’apparente au final à patchwork passablement indigeste. Surtout qu’aucun titre ne surnage, rien ne vient jamais accrocher l’oreille.

thebestdaythurstonmooreOn reste aux Etats-Unis avec Thurston Moore, originaire lui de Floride, et son album The Best Day. Pourtant ce dernier ne nous offre pas vraiment le meilleur, mais plutôt un rock fait des morceaux longs et monotones, ponctués des solos de guitare absolument interminables. La voix est quant à elle éteinte et sans relief. Bref, au final tout cela ne décolle jamais et ne donne jamais aucune raison à l’auditeur de s’enthousiasmer.

GABRIEL ET LA MONTAGNE : Pas si haut

gabrieletlamontagneaffiche

gabrieletlamontagneafficheIl y a des histoires, même si elles n’ont pas fait la une de l’actualité, qui valent bien un film. D’autres, nettement moins. L’histoire de Gabriel Buchmann était-elle assez intéressante pour être portée sur grand écran ? On peut en débattre à l’infini. En tout cas, personnellement, je n’en suis pas foncièrement convaincu en voyant Gabriel et la Montagne. Et même si la forme recèle quelques originalités audacieuses, on a l’impression au final d’assister à un numéro de Rendez-vous en Terre Inconnue, mais où l’invité devait mourir à la fin.

Cessez tout de suite de hurler, je n’ai rien spoilé du tout ! Vous savez bien que ce n’est sûrement pas mon genre. La mort du personnage principale de cette histoire est la première chose que l’on apprend et l’histoire est racontée comme un grand flash-back sur les derniers mois de sa vie. Ces derniers furent consacrés à un tour du monde qui l’amènera au cœur de l’Afrique et de ses montagne. Gabriel et la Montagne ressemble à un carnet de voyage, qui donne envie de partir nous aussi, mais sans pour autant déchaîner notre enthousiasme.

gabrieletlamontagneGabriel et la Montagne fait pourtant un pari audacieux. Il s’apparente à un docu-fiction d’un genre nouveau. En effet, beaucoup des personnages sont interprétés… par eux-mêmes. Beaucoup de ceux qui ont croisé Grabriel Buchmann dans les derniers jours de sa vie sont amenés à rejouer cette rencontre. C’est un pari osé car il ne s’agit pas de simplement témoigner mais de faire jouer la comédie à des personnes qui ne sont pas des acteurs. Ils s’en sortent tous étonnamment bien, alors qu’on sait bien que ce n’est pas parce qu’on a déjà vécu une scène, qu’il est facile de la rejouer face caméra. Mais bon, au-delà de cette curiosité, le film reste tout de même d’un intérêt somme toute limité.

LA NOTE : 11/20

Fiche technique :
Production : Damned Films, TV zero
Réalisation : Fellipe Barbosa
Scénario : Fellipe Barbosa, Lucas Paraizo, Kirill Mikhanovsky
Montage : Théo Lichtenberger
Photo : Pedro Sotero
Distribution : Version Originale / Condor
Musique : Arthur Bartlett Gillette
Durée : 131 min

Casting :
João Pedro Zappa : Gabriel
Caroline Abras : Cristina Abras
Alex Alembe : lui-même
Lenny Siampala : lui-même
John Goodluck : lui-même

BARBARA : Comme un oiseau sans aile

barbaraaffiche

barbaraaffichePourquoi aller voir un film sur Barbara quand on déteste Barbara ? Voilà une très bonne question que j’aurais mieux fait de me poser avant d’aller voir ce film. Peut-être parce que les critiques étaient particulièrement élogieuses. Mais la présence de Matthieu Amalric derrière la caméra aurait du m’alerter. En effet, il s’agit typiquement du genre d’acteur ou réalisateur français auquel une certaine intelligentsia hexagonale va tout pardonner. A commencer par une profonde médiocrité.

Barbara est un film où rien n’est maîtrisé. Rien ne semble être traité avec le minimum d’application et de consistance requis. Visiblement après avoir trouvé une manière réellement originale de traiter son sujet (je lui reconnais cette indéniable qualité), Matthieu Amalric s’est totalement désintéressé du reste. Raconter une histoire ? Superflu ! Alors lui donner du rythme où de l’épaisseur aux personnages, vous n’y pensez même pas ! Ce film est d’une paresse artistique crasse et le spectateur n’a au final qu’un ennui profond à se mettre sous la dent.

barbaraOn se demande encore en voyant Barbara comment Jeanne Balibar peut être aussi incroyable, alors que personne ne semble se dire que comme toute actrice, elle aurait peut-être besoin d’être dirigée. Mais comme Matthieu Almaric est occupé à nous livré ses mimiques et ses effets de jeu les plus éculés, il oublie qu’il est aussi réalisateur. Elle nous offre les quelques moments de grâce de ce film qui sans cela aurait été un pur naufrage. Reste aussi évidemment la musique de la dame en noir. Ceux qui l’apprécient trouveront là une raison pour ne pas totalement jeter ce film. Quand ce n’est pas le cas, comme moi, le temps paraît démesurément long…

LA NOTE : 07/20

Fiche technique :
Production : Waiting for Cinema, Aliceleo
Réalisation : Mathieu Amalric
Scénario : Mathieu Amalric, Philippe Di Folco
Montage : François Gédigier
Photo : Christophe Beaucarne
Décors : Laurent Baude
Distribution : Gaumont distribution
Musique : Barbara
Durée : 97 min

Casting :
Jeanne Balibar : Brigitte, Barbara
Mathieu Amalric : Yvan, le réalisateur
Vincent Peirani : Roland Romanelli
Aurore Clément : Esther, la mère
Fanny Imber : Marie Chaix
Grégoire Colin : Charley Marouani, le producteur

LE TRONE DE FER, TOME 5 (George R.R. Martin) : Toujours plus immense

tronedefertome5

tronedefertome5Que je m’attaque à la critique du 5ème tome du Trône de Fer ou Game of Thrones pour les intimes n’est somme toute pas surprenant puisque j’ai déjà écrit la critique des tomes précédents. Par contre, cet état de fait témoigne d’un événement majeur. Je n’ai en effet plus aucune raison de ne pas m’attaquer à la série télévisée dont je n’ai toujours pas vu le moindre épisode, ce qui m’exclut quand même de pas mal de conversation entre amis. Mais avant les plaisirs télévisuelles, il y a le plaisir littéraire. Et un grand et beau plaisir !

Le 5ème tome du Trône de Fer se déroule en parallèle avec le 4ème tome. Il nous raconte simplement les événements qui concernent d’autres personnages que dans le tome précédent. Cela prouve à quel point le monde imaginé par George R.R. Martin est devenu immense. Immense et complexe même si on y est plongé depuis assez longtemps pour se sentir de moins en moins souvent perdu. Cependant, les longues pages de listes de personnages se révèlent toujours aussi indispensables par moment. En tout cas, c’est toujours cette incroyable richesse qui en fait une œuvre unique, puissante, fascinante.

La plume de George R.R. Martin n’est toujours pas la plus légère qui soit. Il faut une bonne dose d’énergie pour affronter et traverser les 1200 pages de ce 5ème tome du Trône de Fer. Mais ce style particulier colle merveilleusement bien avec cet univers sombre et violent. Quand on s’y plonge, on y plonge totalement et le dépaysement est total. De plus, ce nouveau volet donne encore une épaisseur supplémentaire à des personnages qui n’en manquaient déjà pas. Lorsque l’on arrive au bout de ce pavé, on en redemande encore et on attend avec une folle impatience un sixième volet qui se fait attendre.

OTEZ-MOI D’UN DOUTE : Sans l’ombre d’un !

otezmoidundouteaffiche

otezmoidundouteafficheParfois lorsque l’on connaît le pitch d’un film, on connaît à peu près tout de lui, le reste n’étant qu’un enrobage. Et du coup, beaucoup de bandes-annonces gâchent carrément le plaisir du spectateur en le lui exposant clairement. Il ne reste du coup plus grand chose à découvrir à ce dernier. Cependant, tout cela n’a rien d’inéluctable puisque certains scénarios, et c’est tant mieux, s’appuient sur le pitch pour nous en offrir beaucoup plus. C’est le cas de Otez-moi d’un Doute qui représente un petit coup de cœur de cette rentrée.

Touchant est certainement le mot qui définit le mieux Otez-moi d’un Doute. Touchant de bien des manières, c’est ce qui fait sa force. Touchant par ses personnages, par son mélange subtil de mélo et de comédie, par les sujets qu’ils traitent qui dépassent largement la simple histoire d’amour. Si au final, il ne recèle pas de grandes surprises dans la narration, il surprend tout de même pas la richesse de son propos et des intrigues secondaires qui s’entrecroisent pour s’enrichir mutuellement. Chaque risque de cliché est éviter avec une grande intelligence et tout cela donne un résultat étonnement cohérent et particulièrement plaisant.

otezmoidundouteEn misant sur le couple François Damiens et Cécile de France, Carine Tardieu n’a pas pris grand risque. Il prouve encore une fois combien la Belgique est parfois la cerise sur les gâteaux français. Le duo ne se contente pas de dérouler son talent, mais est visiblement particulièrement inspiré par cette jolie histoire. Il est aussi agréable de revoir Guy Marchand, qui ne rajeunit pas, mais qui se fait désormais extrêmement rare. Tout ce beaucoup petit monde contribue à la réussite pleine et entière de ce joli divertissement idéal pour oublier la grisaille qui vient.

LA NOTE : 14/20

Fiche technique :
Production : Karé productions
Réalisation : Carine Tardieu
Scénario : Carine Tardieu, Michel Lelclerc, Raphaële Moussafir
Montage : Christel Dewynter
Photo : Pierre Cottereau
Décors : Jean-Marc Tran Tan Ba
Distribution : SND
Musique : Eric Slabiak
Durée : 100 min

Casting :
François Damiens : Erwan
Cécile de France : Anna
André Wilms : Joseph Levkine
Guy Marchand : Bastien Gourmelon
Alice de Lencquesaing : Juliette Gourmelon
Esteban : Didier
Lyes Salem : Madjid
Sam Karmann : le généticien
Brigitte Roüan : La détective