QUAND VIENT LA NUIT : Histoire belgo-hollywoodienne

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quandvientlanuitafficheLes grands acteurs savent changer leur sourire, leur regard, leur physique tout entier parfois pour entrer dans les peau des personnages qu’ils sont chargés d’incarner. Et parfois aussi leur voix. Mais cette dernière transformation demande un supplément de talent qui n’est pas donné à tout le monde. Tom Hardy fait partie des valeurs sûres d’Hollywood. Mais il lui manque peut-être encore un petit quelque chose pour entrer dans le club très fermé des étoiles du cinéma. La preuve dans Quand Vient la Nuit.

Quand Vient la Nuit a pour personnage principal un homme que l’on qualifiera sobrement d’un peu limité. Il parle donc comme quelqu’un d’un peu limité. Tom Hardy était donc censé de parler comme quelqu’un d’un peu limité. Sauf qu’au final, il parle comme un acteur qui voudrait faire croire qu’il parle comme quelqu’un d’un peu limité. Bref, ça sonne très faux, son personnage sonne très faux et au final le film sonne un peu faux. Un peu seulement car heureusement il y a quand même quelques raisons d’aimer ce film.

quandvientlanuitOn peut déjà l’aimer pour le reste du casting. C’est avec un petit pincement au cœur quand l’on voit à l’écran James Gandolfini, malheureusement décédé depuis et qui nous rappelle ici pourquoi on le regrette. Matthias Schoenaerts confirme de l’autre côté de l’Atlantique tout le bien que l’on pensait de lui sur le Vieux Continent. Ce chemin, Noomi Rapace l’a fait depuis quelques temps déjà, toujours avec bonheur. Mais Quand Vient la Nuit marque surtout les débuts américains de Michael R.Roskam, le réalisateur belge du fantastique Bullhead (mon film de l’année 2011 rappelons-le). Des débuts un peu mitigé donc, mais qui montre tout de même qu’il n’a pas perdu son sens de l’ambiance et de la réalisation. Il sait toujours faire des films noirs et on attend avec impatience le prochain !

LA NOTE : 11/20

Fiche technique :
Production : Chernin Entertainment, Fox Searchlight Pictures,
Distribution : 20th Century Fox
Réalisation : Michael R. Roskam
Scénario : Dennis Lehane, d’après sa nouvelle Animal Rescue
Montage : Christopher Tellefsen
Photo : Nicolas Karakatsanis
Décors : Thérèse DePrez
Musique : Marco Beltrami
Costumes : David C. Robinson
Durée : 107 mn
 
Casting :
Tom Hardy : Bob Saginowski
Noomi Rapace : Nadia
James Gandolfini : Cousin Marv
Matthias Schoenaerts : Eric
John Ortiz : Détective Torres
Elizabeth Rodriguez : Détective Romsey
Michael Aronov : Chovka

UNE NOUVELLE AMIE : Ozon travestit mais égal à lui-même

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unenouvelleamieafficheFrançois, François, François… Non, je ne parle pas à François Hollande, même si ça peut m’arriver de m’adresser à lui ainsi (enfin virtuellement, je n’ai pas encore mes entrées à l’Elysée). Je parle à François Ozon, un des réalisateurs les plus brillants du cinéma français, mais qui me laisse toujours un peu sur ma faim. Et c’est une nouvelle fois le cas avec Une Nouvelle Amie.

François Ozon maîtrise totalement son sujet artistiquement. Comme toujours, Une Nouvelle Amie est parfaitement réalisé, chaque image est ciselée, les comédiens sont parfaitement dirigés, la narration est fluide et rythmée. Il n’y a pas de défaut, on frôle la perfection, mais le tout ressemble du coup quelque peu à un exercice de style, un peu lisse, un peu froid. Or le sujet, un homme qui se travestit après la mort brutale de son épouse et qui entame une relation ambiguë avec la meilleure amie de cette dernière, appelait plutôt un style avec un peu plus d’aspérités.

unenouvelleamieMais au-delà de cette réserve, Une Nouvelle Amie se caractérise quand même avant tout par un scénario remarquable, beaucoup plus intéressant que le laissait supposer la bande-annonce. Il propose une vraie matière à réflexion, évite tous les clichés et n’enfonce jamais de portes ouvertes. C’est aussi l’occasion de rendre compte une nouvelle fois de l’immensité du talent de Romain Duris, véritablement étonnant dans ce rôle difficile.

LA NOTE : 12,5/20

Fiche technique :
Production : Mandarin films, FOZ, Mars Films, France 2 Cinéma, Canal plus
Distribution : Mars distribution
Réalisation : François Ozon
Scénario : François Ozon, d’après un roman de Ruth Rendell
Montage : Laure Gardette
Photo : Pascal Marti
Décors : Michel Barthélémy
Musique : Philippe Rombi
Costumes : Pascaline Chavanne
Durée : 105 mn

Casting :
Romain Duris : David, Virginia
Anaïs Demoustier : Claire
Raphaël Personnaz : Gilles
Isild le Besco : Laura
Aurore Clément : Liz, la mère de Laura
Bruno Perard : Eva Carlton
Jean-Claude Bolle-Reddat : Robert, le père de Laura

INTERSTELLAR : 2014, l’Odyssée du 3ème type

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interstellarafficheChristopher Nolan a la particularité d’être à la fois un grand, un très grand, un immense réalisateur, mais aussi un grand, un très grand, un immense, un sublime, un incroyable, un formidable, un fantastique scénariste. Cela fait beaucoup pour un seul homme, mais le génie est une des choses les moins bien partagées sur cette Terre. Pourtant, si Interstellar est une nouvelle fois un vrai grand film, c’est par son scénario qu’il pêche un peu. Même si c’est aussi son scénario qui fait sa force.

Parlons donc du scénario. Celui d’Interstellar est typique de ceux de Christopher Nolan (à part peut-être ceux de sa trilogie Batman). D’une incroyable complexité, pouvant potentiellement donné mal à la tête, mais totalement compréhensible si on fait preuve d’une vraie concentration (et ici, si on possède quelques notions de physique relativiste). En effet, tout est cohérent, précis, réglé au millimètre et surtout expliqué de A à Z, sans zone d’ombre. On peut aussi accepter de ne pas tout comprendre, de ne pas traquer partout les indices et les explications et alors le tout prend une forme totalement poétique. A la fois poétique et cartésien, le cinéma de Nolan est un paradoxe digne de ceux soulevés par la théorie de la relativité.

On peut reprocher aux scénarios de Nolan un aspect très mécanique. Une mécanique complexe et parfaitement huilée, mais où chaque élément, y compris les personnages, s’apparentent à des rouages. C’est fascinant, mais au final très froid, ne laissant pas beaucoup de place à l’émotion. Interstellar est sûrement son film le plus chaleureux, celui où l’humain joue le plus grand rôle. Il aurait donc pu être son plus grand film, le premier où il aurait mis sa formidable intelligence, son imagination infinie, mais aussi un peu de son cœur.

interstellarMais voilà, le scénario d’Interstellar souffre d’un gros défaut. On devine le dénouement beaucoup trop vite. L’habitude de semer des indices se retourne contre Nolan, car cette fois il dévoile de manière trop évidente là où il veut nous emmener. Du coup, la tension narrative ne porte plus que sur le comment on va arriver à destination, et se retrouve ainsi considérablement atténuée. Si cela n’est pas gênant pour une comédie romantique, cela nous empêche ici d’être totalement passionné, d’être totalement immergé dans le spectacle proposé, oubliant que l’on est simplement dans un fauteuil de cinéma. De plus, on peut ajouter à ça des ultimes minutes un peu longues et superflues.

Cependant, Interstellar reste une telle merveille de réalisation que l’on ne peut que savourer avec délectation le spectacle proposée. La très belle musique de Hans Zimmer sublime l’incroyable beauté des images que nous livre Christopher Nolan. Le film reste une leçon magistrale d’esthétique et en fait tout simplement de cinéma. Et comme le tout s’appuie sur des acteurs de la trempe de Matthew McConaughey, ce film s’apparente tout de même au final à un petit bijou, imparfait certes, mais tout de même particulièrement précieux.

LA NOTE : 15/20

Fiche technique :
Production : Legendary Pictures, Syncopy, Lynda Obst Productions, Paramount pictures, Warner Bros pictures
Distribution : Warner Bros Pictures France
Réalisation : Christopher Nolan
Scénario : Christopher Nolan, Jonathan Nolan
Montage : Lee Smith
Photo : Hoyte Van Hoytema
Décors : Nathan Crowley
Musique : Hans Zimmer
Effets spéciaux : Double Negative
Durée : 169 mn

Casting :
Matthew McConaughey : Coope
Anne Hathaway : Amelia Brand
Jessica Chastain : Murph
Matt Damon : Dr. mann
Michael Caine : Professeur Brand
Casey Affleck : Tom
Wes Bentley : Doyle
John Lithgow : Donald
Topher Grace : Getty
Ellen Burstyn : Murph âgée

’71 : Guerre civile, mais pas de révolution

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71afficheLa guerre civile en Irlande a souvent été racontée au cinéma du point de vue irlandais, assez peu du point de vue britannique. ’71 nous relate le conflit au travers l’histoire d’un jeune soldat anglais qui croyait être affecté dans un lieu tranquille, avant d’être finalement envoyé avec son unité au milieu d’un Belfast coupé en deux, où une partie de la population voue à ses compagnons et lui une haine qui peut être mortelle. Le résultat est très classique, mais non dénué d’intérêt.

L’histoire du jeune soldat se retrouvant plongé au milieu d’un conflit qui le dépasse et dont il se sent totalement étranger est un sujet maintes fois porté à l’écran. On a pu en voir une autre version récemment avec Fury. ’71 ne révolutionne pas le propos. Le but est clairement de montrer qu’il n’y a jamais de mal et de bien absolus et que la cause qu’on défend n’est au final ni plus noble, ni plus noblement défendue que pour le camp d’en face. L’armée britannique, l’IRA et ses différentes factions sont renvoyées dos à dos. Il n’y a au final pas de héros dans un tel conflit, mais beaucoup de victimes.

71Sur la forme aussi, ’71 n’a rien de révolutionnaire. La réalisation est propre et soignée. Elle est avant tout au service de l’histoire, sans effets esthétiques superflus. Elle arrive néanmoins à créer une certaine tension et une ambiance assez immersive. Tout cela fait que l’on regarde ce film avec un intérêt soutenu, mais sans réel enthousiasme. Il lui manque peut-être un petit peu d’émotion pour vraiment prendre une dimension supplémentaire.

LA NOTE : 12/20

Fiche technique :
Production : Crab Apple Films, Protagonist Pictures, Wrap Films
Distribution : Ad Vitam
Réalisation : Yann Demange
Scénario : Gregory Burke
Montage : Chris Wyatt
Photo : Tad Radcliffe
Décors : Chris Oddy
Musique : David Holmes
Durée : 99 mn
 
Casting :
Jack O’Connell : Gary Hook
Lewis Paul Anderson : Sergent Leslie
Richard Dormer : Eamon
Sean Harris : Capitaine Sandy Browning
Martin McCann : Paul Haggerty
Charlie Murphy : Brigid
Sam Reid : Lieutenant Armitage
Killian Scott : Quinn
David Wilmot : Boyle

BANDE DE FILLES : La Haine en talons

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bandedefillesafficheAprès avoir manqué la Naissance des Pieuvres et Tomboy, je ne pouvais pas passer à côté de Bande de Filles, le nouveau film de Céline Sciamma, réalisatrice française unanimement saluée par la critique et dont je ne connaissais pas encore l’univers. Avec ce film, elle s’attaque de front à deux sujets qui sont souvent susceptibles de donner de très mauvais résultats : l’adolescence et la banlieue. Mais quand le talent parle, le résultat est à la hauteur des attentes.

Bande de Filles est un film qui a bien des qualités. Le propos repose sur un fil narratif solide, avec de vrais rebondissements et une évolution des personnages parfois surprenantes, jamais cousues de fil blanc, même si cela reste au fond assez logique. Il ne s’agit pas d’un film militant, il délivre simplement une réflexion intéressante et non dénuée de profondeur sur de nombreux sujets. Cela reste un film de personnages avant tout. Ces derniers sont aussi insupportables qu’attachants, apportant une ambiguïté qui fait toute la richesse de ce film. Les questions qu’il soulève n’ont pas de réponses simples.

bandedefillesBande de Filles nous propose un casting assez étonnant, composé de jeunes actrices plus formidables les unes que les autres, avec au premier rang d’entre elles Karidja Touré, qui fait là une première apparition à l’écran particulièrement remarquée. Elle bénéficie évidemment du très beau travail de direction et de mise en scène de Céline Sciamma, qui soigne aussi bien la forme que le fond. On regrettera juste une petite tendance à allonger plus que nécessaire les scènes qui donne parfois un aspect contemplatif au film et qui n’est jamais loin d’essouffler le propos. Mais on est plongé assez profondément dans l’histoire pour ne pas en ressortir pour si peu.

LA NOTE : 13/20

Fiche technique :
Production : Hold Up Films, Lilies films, Arte France Cinéma
Réalisation : Céline Sciamma
Scénario : Céline Sciamma
Montage : Julien Lacheray
Photo : Crystel Fournier
Décors : Thomas Grézaud
Distribution : Pyramide distribution
Son : Pierre André, Daniel Sobrino
Musique : Para One
Durée : 112 mn

Casting :
Karidja Touré : Marieme, Vic
Assa Sylla : Lady
Lindsa Karamoh : Adiatou
Marietou Touré : Fily
Idrissa Diabate : Ismaël
Simina Soumare : Bébé
Cyril Mendy : Djibril
Djibril Gueye : Abou

 

VIE SAUVAGE : Des faits, pas d’émotion

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laviesauvageafficheRaconter une histoire vraie nécessite de faire un choix. Est-ce que le but est de relater les faits le plus objectivement possible et au plus près de la réalité ou bien est-ce que le choix est d’adopter un point de vue ? Les deux démarches peuvent, pour une même histoire, donner des résultats très différents. Aucune n’est meilleure que l’autre dans l’absolu, mais en adopter une de manière radicale est un exercice périlleux. Vie Sauvage en est la preuve.

Vie Sauvage est un film sans point de vue pendant près des deux tiers. Il nous raconte l’histoire de ce père qui aura caché ses deux fils pendant plus de dix ans, leur faisant mener une vie nomade en marge de la société, refusant de se contenter des vacances scolaires, alors que c’est sa femme qui avait quitté le domicile conjugal. Je pense qu’à la lecture de ce résumé la plupart d’entre vous sont déjà prêts à formuler une opinion sur les nombreux sujets que ce film soulève. Et bien Cédric Kahn n’en défend aucune, relatant les faits de manière particulièrement distanciée.

laviesauvageDans la dernière partie, Vie Sauvage n’émet toujours pas d’opinion sur le fond, mais au moins nous fait-il partager un point de vue moins neutre, à savoir celui des deux enfants devenus de jeunes adultes. Le spectateur a alors une chance de sortir de l’intérêt poli avec lequel il a suivi ce film plutôt bien, mais assez froidement réalisé, pour aller vers plus d’émotion. Mais cela restera très limité. Comme l’est l’impact de ce film au final.

LA NOTE : 10,5/20

Fiche technique :
Réalisation : Cédric Kahn
Scénario : Nathalie Najem et Cédric Kahn, d’après l’œuvre de Laurence Vidal, Okwari Fortin, Shahi’Yena Fortin et Xavier Fortin
Montage : Simon Jacquet
Musique : Mathias Duplessy
Photographie : Yves Cape
Durée : 106 minutes

Casting :
Mathieu Kassovitz : Philippe « Paco » Fournier
Céline Sallette : Nora
David Gastou : Tsali (à 9 ans)
Sofiane Neveu : Okyesa (à 8 ans)
Romain Depret : Tsali (adolescent)
Jules Ritmanic : Okyesa (adolescent)
Jenna Thiam : Céline
Tara-Jay Bangalter : Thomas (à 11 ans)
Brigitte Sy : Geneviève

TANGO DE DROITE A GAUCHE

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droitegaucheBon comme je l’avais annoncé, je vais revenir sur certains points que je n’avais fait qu’effleurer. Et je vais commencer par le plus vaste d’entre eux. Comme je l’avais dit la dernière fois, on pourrait consacrer une livre sur le sujet. Je vais ici me contenter de quelques réflexions qui n’ont absolument pas la prétention d’épuiser le sujet. La question dont il sera question ici est la pertinence aujourd’hui du clivage droite-gauche.

Déjà, il faut déjà s’interroger sur ce que l’on clive. Les personnes ou les idées ? Et pour ces dernières, qu’est ce que cela recouvre exactement ? Gauche et droite se définissent-elles uniquement par les finalités d’une politique ou bien aussi par les moyens employés ? Ce clivage recouvre-t-il entièrement le champs des idées politique ou bien y a-t-il des idées qui peuvent trouver leur place dans les deux camps sans distinction ?

De mon point de vue, gauche et droite se différencient par l’échelle de leurs valeurs. Non par les valeurs elles-mêmes, mais par la manière dont elles les relient entre elles et dont elles les hiérarchisent. Personne n’est pour l’injustice et les inégalités, personne n’est contre la liberté et la solidarité. Quand on est un décideur public, on est souvent amené à devoir choisir entre deux possibilités (et même souvent plus) qui ne sont ni meilleures, ni pires l’une que l’autre, mais impliquent simplement des avantages et des inconvénients différents. On sait bien, par exemple, que liberté et égalité peuvent rentrer parfois en contradiction. Très schématiquement, la droite privilégiera la liberté, la gauche l’égalité.

Dans bien des situations, aucune contradiction n’apparaît et des élus des deux camps peuvent amener à prendre des décisions similaires face à un même problème. Mais pour y arriver, ils empruntent des chemins intellectuels très différents. Simplement, le sens pratique, le « bon sens » comme l’on dit (expression que je déteste et qui représente pour moi la négation de la réflexion politique), impose un même résultat. La pratique active de la politique au sein du Conseil Municipal et donc les discussions fréquentes avec des gens de droite (ce que je fais quand même plus rarement dans ma vie amicale où ils sont relativement peu nombreux) m’ont vraiment renforcé dans cette impression, qui n’en est donc pas qu’une de mon point de vue. Je suis donc fermement convaincu que le clivage droite-gauche a donc vraiment un sens… dans ce cadre-là.

Cependant, cette convergence possible montre bien que certaines idées ne sont pas forcément de gauche ou de droite dans l’absolu. Au final, seule la décision en tant que telle a un impact sur la société et les citoyens, pas le chemin intellectuel qui a mené le décideur à la prendre. Et si droite et gauche peuvent converger vers une même idée, cela ne signifie pas non plus que toute la droite et toute la gauche doivent converger vers le même point.

Prenons l’exemple de la construction européenne. Défendre une Europe Fédérale ou une Europe des Nations ne présage pas d’une appartenance à un bord ou l’autre. Il y a des partisans de chacune de ces visions dans tous les partis et les personnes du même camp s’opposent sur la question. Sur ce sujet bien précis, ils seront plus facilement d’accord avec un « adversaire » que d’un « camarade ». Or, il est de tradition nationale que tous les membres d’un même parti parlent d’une seule voix. Sans cela, tous les médias parleront de crise au sein de ce parti.

On voit bien à quel point tout cela nuit à la qualité du débat démocratique. Au sein des partis, cela conduit à des compromis boiteux, qui ne fâchent personne mais qui ne répondent pas clairement aux questions posées. Et c’est une fois arrivé au pouvoir que l’on s’aperçoit que l’accord n’était que de façade. Cela conduit également au spectacle assez affligeant d’élus d’opposition obligés d’expliquer qu’ils sont pour une certaine idée mais quand même contre sa concrétisation proposée par le camps d’en face. Le débat (si on peut appeler ça un débat) sur la réforme territoriale en constitue la meilleure illustration, alors que certaines évolutions envisagées devraient dégager des majorités n’ayant rien à voir avec les frontières des partis. Et au final, on se retrouve avec des lois qui restent au milieu du gué, alors que parfois la demi-mesure est pire que l’inaction.

Se pose ensuite la question des moyens et des outils. Ces derniers sont forcément au service d’une politique qui très souvent peut être qualifiée de droite ou de gauche ? Mais quand n’est-il des moyens et des outils en eux mêmes ? Pour moi, la réponse est claire, un outil est apolitique. Tout est une question de contexte et il n’y a pas de raison de se priver d’une pièce à son arsenal, sous prétexte que celle-si soit tabou, pour employer un mot à la mode, dans son propre camp.

Prenons l’exemple de la TVA. Elle constitue la première ressource de l’Etat et occupe une place importante dans la vie quotidienne des entreprises. Il s’agit donc d’un sujet majeur dans l’élaboration d’une politique globale puisqu’il est évident qu’on ne peut pas se passer d’un impôt qui représente aujourd’hui environ la moitié des recettes alimentant le budget de l’Etat. Mais parlez une seule fois de la TVA dans une réunion du Parti Socialiste et vous verrez vous lever quelques poings brandis vers le ciel pour dénoncer « le plus injuste des impôts » qui frappe plus lourdement (en % du revenu s’entend) les plus modestes que les plus riches. Pour beaucoup, la TVA est donc foncièrement de droite et aucun homme de gauche ne peut décemment imaginer l’augmenter.

Cependant, la TVA a aussi des vertus. Il a un a très haut rendement, c’est à dire qu’il suffit d’en augmenter un tout petit peu le taux pour voir les recettes qu’il engendre augmenter fortement. Et surtout, il frappe l’ensemble des produits et services vendus en France, même ceux produits à l’étranger ou vendus par des multinationales championnes de l’optimisation fiscale. Acheter un CD sur Amazon, vous ne contribuerez peut-être pas à la hausse des recettes liées à l’impôt sur les sociétés, mais vous contribuerez à la collecte de la TVA, de la même manière que si vous aviez acheté ce livre au disquaire du coin.

Dans le cadre d’une politique globale de gauche, une augmentation modérée de la TVA peut donc avoir tout à fait sa place et être efficace. Notamment dans un contexte quasi déflationniste comme celui que nous le connaissons actuellement. Prenons l’exemple de notre vilain Président qui a eu l’idée maléfique d’augmenter la TVA de 0,4%, ce qui pour certains en fait un suppot du MEDEF et de l’UMP. Mais au final, quel fut l’impact de cette mesure sur l’inflation ? Nul… Vue la conjoncture, aucune entreprise n’est tentée d’augmenter ses prix alors ce sont ces dernières qui ont payé l’intégralité de cette augmentation (et non les plus modestes qui, pour certains, devaient être frappés durement par cette décision inique). Et il s’agit bien ici de toutes les entreprises agissant sur notre sol ! Y compris celles qui ne payent pas de cotisations sociales dans notre pays. Beaucoup de ceux qui crient contre la TVA seront les premiers à défendre une hausse de ces dernières. Sauf que ce genre de décision ne frappe que les entreprises françaises, tandis que leurs concurrents étrangers qui vendent des produits en France profiteront d’une compétitivité (oh le vilain mot!) relative accrue, ce qui est complètement contre-productif.

Bon, pour finir ce billet déjà beaucoup trop long, parlons des personnes. On se contentera d’ailleurs de parler de ceux un minimum actifs en politique pour simplifier un peu les choses. Bref, à part quelques centristes qui le sont rarement vraiment, on est forcément labellisé soit de gauche, soit de droite. Se pose, soit dit en passant, alors la question d’où se situe la frontière entre les deux, mais je consacrerai un billet spécifique à ce sujet. Après, au sein d’un même camp, on peut être plus ou moins d’un côté. Ainsi, Manuel Valls va constituer l’aile droite de la gauche, quand Jean-Luc Mélanchon représente la gauche de la gauche. Mais cela a-t-il vraiment un sens ?

Comme je l’ai dit plus haut, de mon point de vue, ce clivage a toujours un sens profond quand on s’attaque aux valeurs et à un certains nombres d’idées (mais pas toutes). Il est vrai que chez beaucoup de gens les valeurs et les idées d’un même bord ont tendance à s’agglomérer. On est rarement en même temps pour la dépénalisation du cannabis, pour la peine de mort, pour la privatisation des services publics et pour l’augmentation des allocations chômage. Je parle bien encore une fois des personnes qui pratiquent un peu la politique, car au café du commerce on trouve parfois des personnes arrivant à faire preuve de cette incohérence profonde et souvent assumée. Donc globalement, je suis d’accord que l’on peut classer facilement la plupart des hommes et des femmes politiques avec une étiquette « de droite » ou « de gauche » et que cela a un sens. Bref, si ça marche quand même relativement bien, pourquoi je fais chier avec mon billet qui n’en finit pas !

Sauf que deux éléments viennent un perturber cette belle ligne droite où l’on peut aligner tout le monde de façon absolue et rigide. Le premier s’appelle Marine Le Pen. Du temps du père, tout était simple, on avait un libéral opposé à l’immigration et l’avortement. Il était au bout de la droite, c’était incontestable. Mais si être de gauche se caractérise notamment par la défense d’un interventionnisme étatique important et un discours pourfendant les grosses entreprises du CAC 40, alors le placement de la fille est déjà beaucoup plus délicat. Une grande partie de la gauche continue d’ailleurs de refuser de comprendre que le vote Front National n’est plus du tout un vote de droite, mais a complètement fait exploser se clivage. Cela change radicalement le discours que l’on doit adopter face à lui et les stratégies électorales. L’expérience douloureuse de Mantes la Ville aux dernières élections municipales montrent bien que cela n’est pas encore tout à fait assimilé.

L’autre élément est l’écologie. Je côtoie dans mon parti des personnes formidables, qui militent depuis plusieurs décennies de manière admirable. Ils sont souvent « plus à gauche » que moi sur les questions économiques, reprenant dans leurs discours ce que j’ai dénoncé plus haut. Pourtant un certain nombre d’entre eux ne se sentent pas écolo du tout. Leurs combats ont toujours été sociaux et ils n’arrivent pas à considérer l’urgence environnementale comme tout autant prioritaire. Renoncer au nucléaire leur paraît une hérésie. Il y a là une vraie différence entre leur génération et la mienne et s’il y a un reproche que l’on peut faire à François Hollande c’est bien d’appartenir à cette dernière de ce point de vue là. Cependant si on considère qu’être écolo vous tire vers la gauche de l’échiquier politique, je suis sûrement alors plus à gauche qu’eux sur ces questions-là.

J’en arrive donc à ma conclusion (ouf!). Quand il s’agit des personnes, les ranger sur une ligne allant de la droite vers la gauche fausse trop la réalité pour être réellement pertinent. La pensée politique n’est pas en deux dimensions, mais en beaucoup plus. On retrouve parfois un classement des politiques placés sur un plan et non une droite, avec un axe portant sur l’économie (en gros, selon le poids qu’ils veulent voir jouer par la puissance publique), l’autre sur les questions de sociétés (en gros, selon qu’il soit plus ou moins conservateur). Dans une telle représentation le positionnement particulier de Marine Le Pen apparaît clairement, puisqu’elle est beaucoup « à gauche » qu’un Laurent Wauquiez sur les questions économiques, tout en restant la plus « à droite » sur les questions de sociétés. Deux dimensions, c’est déjà mieux qu’une, mais on pourrait en trouver encore bien d’autres (j’ai notamment cité l’Europe et l’écologie). D’ailleurs, les multiplier n’empêcherait pas de les représenter sur un plan en effectuant une Analyse en Composantes Principales (ACP)… Ok, j’en vois qui commencent à se demander de quoi je parle. C’était juste pour me dire que j’aurais cité au moins une fois dans ma vie ce truc que tous les élèves de deuxième année à l’Agro ont l’occasion de pratiquer.

Au fond, est-ce si grave de déformer la réalité pour placer tout ce beau monde sur cette fameuse ligne ? De mon point de vue, oui, cela constitue un problème d’autant plus important que le monde se complexifie. Cela enferme la vie politique en une guerre de tranchées entre deux camps. Chaque camp est obligé de faire bloc pour accéder au pouvoir, mariant la carpe et le lapin, ce qui aboutit soit à l’absence de débat interne au camp vainqueur soumis à un chef, soit à l’explosion en vol de la majorité une fois arrivée au pouvoir. Notre pays est particulièrement caricatural en la matière et il est impossible d’imaginer chez nous des coalitions comme peuvent en naître en Allemagne. Notre système politique devrait prendre exemple sur le Parlement Européen où des majorités sont construites sur chaque sujet. Vous pouvez y voter différemment de votre camarade de parti sans passer pour autant pour un traître et sans que cela n’empêche les textes d’être adoptés après discussions et compromis. En France, on assiste à l’inverse au spectacle étonnant de Cécile Duflot saluant Arnaud Montebourg, alors que ce dernier a toujours défendu l’exploitation du gaz de schiste et du nucléaire, tout ça parce qu’ils sont placés plus « à gauche » que le gouvernement actuel sur cette fameuse ligne, alors que leurs pensées globales, qui sont bien deux pensées de gauche, sont en fait très éloignées l’un de l’autre sur bien des questions (européennes également par exemple).

Je ne suis pas convaincu que le système politique ne pourra pas survivre longtemps à cette dichotomie qui enferme le débat politique dans la caricature. Les problèmes auxquels font face notre société et notre planète valent mieux que ces guerres entre personnes au nom d’un positionnement qui est au fond très artificiel. Quand les difficultés de nos concitoyens sont-elles bien réelles.

MAGIC IN THE MOONLIGHT : Légéreté et magie au clair de lune

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magicinthemoolightafficheA chaque année, son avis de tiers provisionnel et son Woody Allen, l’un étant généralement beaucoup plus sympathique que l’autre. Le cru 2014 est plutôt emprunt de légèreté. En effet, Magic in the Moonlight est une comédie romantique fort sympathique, sans prétention, avec cette petite touche de génie propre au cinéaste new-yorkais. De génie ou de magie ?

Magic in the Moonlight reprend vraiment les éléments d’une comédie romantique, tout ce qu’il y a de plus hollywoodienne. Deux personnages qui à première vue ont tout pour se détester vont visiblement finir par tomber amoureux l’un de l’autre, en passant par quelques rebondissements. On y retrouve aussi le contraste entre un homme plus âgé, désabusé et un rien misanthrope et une jeune fille qui attend qu’on voit autre chose en elle que ce que voit la plupart de ses prétendants. Ca a donc un petit côté My Fair Lady, un peu rétro, mais tout à fait charmant.

magicinthemoolightMagic in the Moonlight reste néanmoins un film de Woody Allen par la subtilité des dialogues… et leur omniprésence. Comme d’habitude, les personnages parlent beaucoup, tout le temps et sans arrêt. Mais la légèreté qui domine les transforme en une musique douce et savoureuse. Ce film est au final un plaisir futile, mais un vrai plaisir, porté par un duo de comédiens forcément parfaitement dirigés comme dans tous ces films.

LA NOTE : 13/20

Fiche technique :
Production : Dippermouth, Gravier Productions, Perdido Productions
Distribution : Mars distribution
Réalisation : Woody Allen
Scénario : Woody Allen
Montage : Alisa Lepselter
Photo : Darius Khondji
Décors : Anne Seibel
Costumes : Sonia Grande
Durée : 97 mn

Casting :
Colin Firth : Stanley
Emma Stone : Sophie
Marcia Gay Harden : Mrs Baker
Hamish Linklater : Brice
Jacki Weaver : Grace
Eileen Atkins : Tante Vanessa
Catherine McCormack : Olivia
Ute Lemper : la chanteuse de cabaret
Lionel Abelanski : le docteur

SAMBA : Petite danse

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sambaafficheRebondir après un succès historique, dépassant de loin la pure logique, n’est pas chose facile. Il est tentant d’essayer de reprendre les mêmes ingrédients et notamment un de ses acteurs vedettes en pensant que cela aboutira à la même magie. Mais cela n’est que rarement le cas, le succès étant une science trop inexacte pour être reproductible. Olivier Nakace et Eric Toledano viennent d’en faire l’expérience avec Samba.

Samba a bien des qualités. C’est un beau film, qui traite plusieurs sujets touchants en parallèle avec une certaine intelligence. Que ce soit le fond social ou la jolie histoire d’amour, le résultat évite l’écueil d’un pathos trop prononcé pour créer une petite étincelle de magie. On retrouve bien là la formule qui avait marché avec Intouchables. Mais cette fois, il ne s’agit pas d’un feu d’artifice, juste d’une étincelle. Mais globalement, il n’y a rien à dire, le film fonctionne et fait passer un bon moment.

sambaMais Samba a essuyé aussi bien des critiques. Elles sont pour beaucoup justifiées, même si les défauts mis en avant n’arrivent pas à gâcher totalement le plaisir. On a notamment parlé de l’accent africain très artificiel d’Omar Sy. Il est vrai que pendant les premières minutes, on entend que ça et on est un peu circonspect. Puis, on apprend à connaître le personnage, on finit par être touché et on oublie ce détail. Certes, tout cela empêche ce film d’être aussi marquant qu’il aurait pu l’être, mais il arrive à conjuguer avec un certain bonheur bons sentiments, humour (mention spécial à Tahar Rahim, vraiment génial dans un rôle plutôt inhabituel pour lui) et mine de rien un joli message humaniste.

LA NOTE : 12,5/20

Fiche technique :
Production : Quad Films, Ten films, Gaumont, TF1 Films production, Korokoro
Distribution : Gaumont distribution
Réalisation : Olivier Nakache, Eric Toledano
Scénario : Olivier Nakache, Eric Toledano, d’après de le roman de Delphine Coulin
Montage : Dorian Rigal-Ansous
Photo : Stéphane Fontaine
Décors : Nicolas De Boiscuillé
Musique : Ludovico Einaudi
Durée : 119 mn

Casting :
Omar Sy : Samba
Charlotte Gainsbourg : Alice
Tahar Rahim : Wilson
Izïa Higelin : Manu
Issaka Sawadogo : Jonas
Hélène Vincent : Marcelle
Christiane Millet : Madeleine
Youngar Fall : Lamouna

FURY : Autant en emporte le tank

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furyafficheL’humanité se porterait évidemment beaucoup mieux s’il n’y avait plus de guerre. Par contre, le 7ème art en souffrirait beaucoup, tant le film de guerre constitue un des genres majeurs et indémodables du cinéma. Et de toutes les guerres, c’est avant tout la deuxième guerre mondiale qui a inspiré les scénaristes. Nouvel exemple, avec Fury, à la facture très classique, mais très réussi qui nous emmène au cœur d’un tank à quelques heures de l’armistice.

Le scénario de Fury reprend des éléments déjà vus mille fois et le fond du propos est sans surprise. Le film tourne autour de l’arrivée d’un jeune bleu idéaliste au milieu d’une équipe de soldats expérimentés et désabusés. Cela offre l’occasion à des échanges sur les horreurs de la guerre, son impact sur les hommes et la frontière entre conscience et sens du devoir. Mais il est vrai que la manière dont tous ces éléments est assemblée est plus subtile qu’il n’y paraît. Le film navigue longtemps entre la ligne « la guerre c’est mal » et celle « les soldats sont des héros ». Il démontre ainsi la complexité de la question et l’absence d’une réponse simple et sans ambiguïté… Dommage par contre que la longue séquence finale, en favorisant le spectaculaire, fait pencher le tout vers un manichéisme qu’il avait jusqu’alors évité.

furyFury est bien un film de guerre moderne. Il est violent, parfois même dur visuellement. La volonté de réalisme peut être jugée quelque peu morbide, mais elle sert ici incontestablement le propos. C’est une manière peut-être quelque peu primaire de montrer l’horreur d’un tel conflit, mais force est de constater que cela frappe l’esprit de manière très efficace. Et quand le tout est sublimé par un Brad Pitt au sommet de son art, alors on est là face à un film qui dégage une vraie force, malgré les mauvais penchants hollywoodiens qui finissent par ressortir sur la fin.

LA NOTE : 13/20

Fiche technique :
Production : Columbia Pictures, QED International, LStar Capital, Le Grisbi productions, Crave Films
Distribution : Sony Pictures Releasing France
Réalisation : David Ayer
Scénario : David Ayer
Montage : Jay Cassidy, Doddy Dorn
Photo : Roman Vasyanov
Décors : Andrew Menzies
Musique : Steven Price
Costumes : Anna B. Sheppard
Durée : 134 mn

Casting :
Brad Pitt : Don ‘Wardaddy’ Collier
Logan Lerman : Norman ‘Machine’ Ellison
Shia LaBeouf : Boyd ‘Bible’ Swan
Michael Peña : Trini ‘Gordo’ Garcia
Jon Bernthal : Grady ‘Coon-Ass’ Travis
Jim Parrack : Sergent Binkowski
Brad Henke : Sergent Davis
Jason Isaacs : Capitaine Waggoner
Alicia von Rittberg : Emma
Anamaria Marinca : Irma