QUAND CA VEUT PAS, CA VEUT PAS !

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franceserbieC’est ce que peut se dire l’Equipe de France de football après ses deux matchs contre la Roumanie et la Serbie. Elle confirme aussi que la victoire, c’est souvent une question de dynamique. Quand ça sourit, tout sourit. Mais quand ça coince, rien ne fonctionne.

Objectivement, les Bleus ont livré deux prestations qui ressemblaient quand même à quelque chose. Pas le plus grand football de l’histoire de l’équipe de France, mais un niveau de jeu digne de la qualité individuelle des joueurs présents sur le terrain. C’est quand même rassurant en vue des barrages auxquels il semble désormais difficile d’échapper.

Rassurant… Dans un sens oui… Mais d’un autre côté, les deux matchs de samedi et mercredi ont également souligné à quel point l’opposition était faible. Dominer les Serbes, chez eux, d’une telle manière, à 10 contre 11, représente certes un mini exploit… Mais cela prouve surtout que cette Serbie est une équipe de seconde, voire de troisième zone. Et la voir 4 points devant l’Equipe de France au classement en dit long sur le niveau qu’ont eu nos Bleus pendant ces éliminatoires. On peut accuser le manque de chance sur les deux derniers matchs, mais on aurait du être déjà à l’abris de ce genre de mésaventures, inévitables en football. Mais voilà, la performance catastrophique en Autriche, le mot est faible, avait lancé la campagne des Bleus sur des bien mauvaises bases.

Je n’ai guère de doute quant à la qualification de l’équipe de France pour l’Afrique du Sud. Nos adversaires potentiels en barrage sont d’un niveau bien inférieur à ce que l’on a démontré. Mais bon, après, la magie Domenech peut opérer, celle qui transforme n’importe quel arrière central de renom en buse qui ferait honte à un club de Nationale 2. On n’est jamais à l’abris d’une prise de judo à la Mexes ou une extension rageuse à la Escudé…

SEX AND THE CITY : Happy end dans tous les sens du terme

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sexandthecityafficheL’autre jour, j’ai parlé mon côté midinette, en expliquant que j’aimais notamment Sex and the City. Et bien, je le prouve, puisque après avoir avalé les six saisons, j’ai regardé le film hier soir. Cet avis sera éminemment subjectif pour deux raisons. D’abord, adorant la série, il est difficile de regarder ce film en le considérant comme une œuvre indépendante de cette dernière. Et puis, on m’en avait dit beaucoup de mal et j’ai été agréablement surpris, ce qui n’a fait que décupler mon plaisir.

Trois ans ont passé depuis le retour de Carrie à New York, après un court séjour à Paris. Elle file le parfait amour avec Big, dont on connaît enfin le nom, John Preston. Il acquière d’ailleurs un magnifique penthouse pour qu’ils puissent emménager tous les deux. Ils décident également de se marier, pour que Carrie soit aussi propriétaire de l’appartement. Mais ce qui devait être une petite cérémonie intime se transforme vite en un grand événement sous la pression de Carrie… au risque de faire ressortir les vieux travers de Mr Big.

Sex and the City forme une histoire tout à fait compréhensible, avec un début et une fin. Mais il est réellement dans la continuité de la série et le voir sans avoir vu cette dernière ne doit présenter qu’un intérêt limité. Trop de choses échapperait à un spectateur dont cet univers est totalement inconnu. C’est bien sûr une des grandes limites de ce genre de film. De plus, je doute que voir le film vous donne envie de vous ruer sur la série.

En effet, Sex and the City met un peu de côté, ce qui a fait l’originalité et la saveur de la série : les remarques des femmes sur le cul ! S’il y’a le mot Sex dans le titre de la série, ce n’est pas pour rien. Mais le film est là avant tout pour conclure le fil rouge narratif qui a tenu pendant six saisons : la relation Carrie-Mr Big. Beaucoup ont formulé ça comme un reproche. Personnellement, je parlerais simplement de choix. Franchement, après 94 épisodes, on a quand même surtout envie de voir comment tout ça va finir.

sexandthecityEt pour moi, c’est là qu’est venue la bonne surprise. Pas tant sur le point d’arrivée, qui fait un peu happy end, mais j’y reviendrai. Mais sur le chemin qui nous y emmène. J’avais un peu peur que tout cela finisse un peu trop simplement, dans un grand moment de célébration des personnages et de la série, où le bonheur coulerait par tous les coins. Il n’en est rien et Sex and The City nous rappelle que l’amour, c’est souvent compliqué et surtout souvent n’importe quoi. Et la conclusion de tout ça, c’est qu’il faut parfois arrêter de se poser trop de questions. On ressent ce qu’on ressent, il ne faut pas chercher à comprendre, ni penser aux détails pragmatiques qui sont souvent autant de tue-l’amours. On peut bien tous se l’avouer : il nous ait tous arrivé d’écouter notre cœur au lieu de notre raison, pour au final nous prendre un méchant gadin. On souffre un bon coup, mais bon ça passe et on oublie. Par contre, chaque fois que nous avons écouté notre tête, nous ignorerons à jamais ce qu’il y’a après le « et si… », nous laissant des regrets qui peuvent nous pourchasser le restant de notre vie.

Sex and The City, c’est ça ! Un hymne à l’amour sans condition, qui se vit sans questions existentielles qui viennent tout gâcher. Alors oui, c’est un peu rose bonbon parfois, un peu trop enveloppé dans de la haute couture aussi souvent. On y perd certainement en subtilité, mais, pour moi, on y gagne en force narrative. Et puis, après six saisons passées en leur compagnie, on est trop attaché aux personnages pour avoir envie de voir autre chose qu’une fin heureuse.

Bon, il faut quand même admettre qu’il y’a quelque chose d’un tantinet insupportable. C’est ce rapport malsain qu’ont les Américains avec le mariage, qui semble presque une fin en soi. Sex and The City nous assène pendant près de deux heures qu’au fond le mariage, ce n’est pas le plus important, qu’il représente parfois plutôt une raison de se déchirer que de sublimer la passion… Pour qu’au final, ils se marient quand même… On va mettre ça sur le compte des particularités culturelles de la société américaine.

En fait, cette critique tient en une phrase : vous avez vu la série, ne ratez pas le film !

Fiche technique :
Production : Darren Star productions, HBO Films, New Line cinema
Distribution : Metropolitan Filmexport
Réalisation : Michael Patrick King
Scénario : Michael Patrick King, d’après les personnages de Candace Bushnell
Montage : Michale Bernebaum
Photo : John Thomas
Décors : Jeremy Conway
Musique : Aaron Zigman
Effets spéciaux : Big Film Design
Durée : 135 mn

Casting :
Sarah Jessica Parker : Carrie Bradshaw
Kim Cattrall : Samantha Jones
Kristin Davis : Charlotte York
Cynthia Nixon : Miranda Hobbes
Chris North : Mr. Big
Candice Bergen : Enid Frick
Jennifer Hudson : Louise

TELS NAINS, TEL NAIN

nain

nainLa visite de Sarkozy chez Faurecia n’en fini pas de faire couleur de l’encre. Que l’anecdote soit vraie ou non, il n’empêche qu’il manque quand même un élément important dans la réflexion. Les électeurs… ou plutôt pourquoi les hommes politiques se sentent obligés d’en recourir à de telles pratiques.

Dans le cas de Sarkozy, c’est évident qu’il y’ aussi un problème d’ego, regrettable chez quelqu’un qui occupe un tel poste et qui est l’image de la France de part le monde. Mais soyons honnêtes, il ne serait pas le premier à utiliser des subterfuges pour des soucis d’image. Si c’est regrettable puisque cela s’apparente à de la manipulation, ce qui est regrettable également, c’est que ce sont des paramètres dont la maîtrise est devenue indispensable en politique à ce niveau. Et si elles le sont, c’est que les électeurs en tiennent compte !

Bien sûr, on s’attend à ce que les hommes politiques tirent la société vers le haut. Mais tous ceux qui ont étudié un minimum les mécanismes de sélection naturelle vous le diront : si tricher sur son image apporte un avantage sur les gens honnêtes, alors les tricheurs finiront pas éliminer leurs concurrents trop scrupuleux. Et cela, quelque soit la proportion de tricheurs de départ…

Il ne faut donc pas attendre un changement de comportement de la part des hommes politiques. C’est mathématiquement impossible… Ce sont donc aux électeurs de jouer leur rôle et de sanctionner les tricheurs. Mais ce n’est pas gagné…

Il y’a quelques jours, une amie à moi, qui a voté Sarkozy, était furieuse contre une fermeture de classe dans l’école où va sa fille. Les suppressions de postes dans l’éducation nationale étaient pourtant clairement et sans aucune ambiguïté annoncé par le candidat Sarzoky, qui pour le coup, a tenu toutes ses promesses. Pourquoi a-t-elle voté pour lui alors ? Je ne connais pas la réponse précise et exacte, mais je doute fort qu’elle incite les hommes politiques à privilégier le fond et à négliger la forme… Les nains ont de grands jours devant eux en politique…

ECRIRE…OU PAS

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livreCes derniers jours ont été le témoin d’un événement rare… J’ai écrit ! Deux pages ! Youhou ! Vu que le texte en question faisait déjà un page, il en fait désormais trois, soit un progrès de 200% ! Impressionnant non ? Bon, quand on sait qu’au milieu de tout ça, il y’a eu un trou de près d’un an, on relativise tout de suite la portée de l’avancé. Et quand on pense qu’il me reste environ 1400 pages à écrire pour arriver à ce que je veux, on relativise encore plus !

Mais bon, on y croit cette fois ! De toute façon, comme je ne fais jamais les choses à moitié, j’ai toujours écrit par vague. Espérons juste que celle-là me permettra enfin d’aller au delà de la nouvelle d’une dizaine de pages. J’avoue, ce n’est pas gagné. Tout est une question de dynamique, c’est comme le vélo d’appartement, les pompes ou les abdos, il faut juste ne pas s’arrêter. C’est reprendre qui est dur, après ça roule tout seul !

Suis-je vraiment motivé ? Sur le court terme, c’est le cas…sinon, j’aurais déjà publié ce billet dès hier soir. Mais voilà, j’ai passé plus d’une demi-heure à chercher quel pourrait être le nom d’un royaume (c’est mon plus grand problème quand j’écris, trouver des noms !). D’ailleurs, j’en profite pour remercier du fond du cœur Ayla pour sa contribution. Et je la remercie encore plus pour ce qu’elle m’a dit tout à l’heure après avoir lu le début… Ca, c’est une vraie source de motivation qui je l’espère perdurera sur le long terme ! J’aimerais bien parce que ce ne sont pas les idées qui manquent, juste le courage de les coucher sur le papier. Si ça faisait en claquant des doigts, j’aurais déjà écrit une dizaine de romans…

… Tâchons déjà d’en écrire un !

NUMERO 9 : Inabouti

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numero9afficheJ’entends encore certains d’entre vous s’écrier « oh encore un film d’animation. Il va encore nous expliquer que c’est génial, patati et patata… ». Et bien, pas du tout, cette fois, je vais vous parler d’un film d’animation médiocre. Pourtant la bande-annonce de Numéro 9 semblait prometteuse et la présence de Tim Burton à la production semblait être un gage de qualité.

Dans un futur plus ou moins proche, l’humanité a été exterminée par les machines qu’elle avait elle-même crée. Les derniers être vivants sur Terre sont 9 petites créatures, des sortes de poupées de chiffon crée par le même scientifique qui a mis au moins l’intelligence artificielle à l’origine de la fin de l’humanité. Il vivent dans la peur de la « Bête », une des dernières machines à fonctionner encore. Mais parmi eux, « Numéro 9 » ne peut se résoudre à vivre terré dans la peur et part à la rescousse de « Numéro 6 » tombé dans les griffes de la « Bête ».

Numéro 9 est le premier film d’animation sorti aux Etats-Unis à ne pas avoir été classé « tout public ». Seuls les enfants accompagnés ont pu s’y rendre. Pourtant, il n’y a pas non plus de quoi hurler de terreur. Certes, l’ambiance générale est plutôt sombre, mais pas plus que n’importe quel épisode d’Harry Potter. Enfin de toute façon, un, nous ne sommes pas aux Etats-Unis et deux, si vous êtes en train de lire ce texte, c’est que vous êtes à priori assez grand pour aller voir ce que vous voulez au cinéma.

numero9A l’origine, Numéro 9 était un simple court-métrage qui a été allongé pour le passage sur grand écran. Et malheureusement, ça se ressent dans le scénario qui est assez bancal. La bande-annonce nous a fait miroiter un contenu beaucoup plus riche, alors qu’au final l’histoire est assez linéaire et pas vraiment passionnante. La profondeur que l’on attend dans un film de 80 minutes qui se veut aussi sombre n’est pas du tout au rendez-vous. Le monde de Numéro 9 est trop simpliste pour être véritablement intéressant.

A côté de ça, il faut bien avouer que visuellement, Numéro 9 est un vrai bijou esthétique. Cependant, l’animation a fait de tels progrès depuis 10 ans que ce genre de performance nous émeut de moins en moins. C’est pourtant particulièrement injuste envers le travail remarquable réalisée par toute l’équipe artistique de ce film.

Le casting voix était réellement prestigieux et il n’y a rien à reprocher à Numéro 9. Que ce soit Elijah Wood, John C.Reilly ou Jennifer Connelly, tous les interprètes ont pris leur rôle très au sérieux et apporte une vraie crédibilité et une vraie personnalité aux personnages.

Numéro 9 est un donc un film non abouti, techniquement presque parfait, mais dont l’intérêt du scénario est trop faible pour soulever l’enthousiasme.

Fiche technique :
Production : Focus features, Starz animation, Tim Burton
Distribution : SND distribution
Réalisation : Shane Acker
Scénario : Shane Acker, Pamela Pettler
Montage : Nick Kenwau
Décors : Robert St. Pierre, Fred Warter
Musique : Deborah Lurie
Directeur artistique : Christophe Vacher
Durée : 80 mn

Casting :
Elijah Wood : 9 neuf
John C. Reilly : 5 cinq
Jennifer Connelly : 7 sept
Crispin Glover : 6 six
Martin Landau : 2 deux
Christopher Plummer : 1 un
Fred Tatasciore : 8 huit

TAXE MOI SI TU PEUX !

potdechappementtaxecarbone

potdechappementtaxecarboneBon ok, le blog actualités ne colle pas toujours à cette dernière… Mais bon que voulez-vous, j’ai une vie… Mais peut-être que je pourrais penser à écrire mes billets au bureau au lieu de jouer au Spider-solitaire quand je m’accorde une pause…

La taxe carbone est-elle une bonne idée ? Bien sûr que non… Comme toute idée prise isolément pour traiter un problème de cette complexité. Ce n’est qu’inclus dans une politique globale et portant sur de multiples aspects du problème qu’une telle mesure peut se révéler efficace.

Car on ne peut inciter les gens à changer de comportement que s’ils ont le choix entre deux possibilités. C’est le cas dans beaucoup de nos achats du quotidien, où nous pouvons choisir entre plusieurs produits, aux vertus environnementales différentes. Dans ce cas là en taxant suffisamment le produit le plus polluant, on incite le consommateur à porter son choix sur une solution moins nocive pour l’environnement.

Mais dans le cas qui nous intéresse, qui peut croire que la taxe carbone va inciter les gens à moins rouler ou à isoler leur appartement ? Il n’est pas besoin de taxer le fuel ou le gaz pour constater l’effet d’une hausse de leur prix. Il suffit de se rappeler le cours du pétrole il y’a un peu plus d’un an, avant la crise, quand le baril se vendait le double d’aujourd’hui. Et bien, l’impact sur les comportements fut minime. Alors ce n’est pas une taxe à 15cts la tonne de CO2 qui va changer quoique ce soit.

De plus, la plaisanterie va plus loin. On nous promet que les plus défavorisés, « ceux qui n’ont pas le choix », se verront redistribuer le montant de la taxe carbone sous une forme ou sous une autre… Donc, si je résume, ceux qui peuvent la payer, la paieront, les autres seront remboursés… Mais alors, expliquez moi qui va changer de comportement ?

Cette histoire de taxe carbone n’est donc qu’une vaste plaisanterie, un alibi utilisé par le gouvernement pour se donner bonne conscience et peindre en vert sa politique sociale si injuste (je défiscalise les successions et les revenus des plus fortunés et je taxe la consommation des ménages !). Et les réactions des Verts dans cette histoire montrent bien la démagogie et l’irresponsabilité de ce parti.

Je suis pourtant le premier à penser que taper dans le porte-monnaie est sûrement le meilleur moyen de faire avancer les choses. Mais encore une fois, cela n’est valable que si le consommateur a le choix. Dans le domaine de l’automobile, il faut continuer d’investir dans le recherche pour une alternative crédible au moteur à essence d’aujourd’hui. Dans le domaine du logement, les solutions existent déjà mais seuls les propriétaires-occupants ont intérêt à le mettre en œuvre. Si quelque chose devait être taxé, ce sont les revenus fonciers des propriétaires louant des logements énergiquement « indignes » ! Mais taxer ces gens-là, ce serait taxer les électeurs de l’UMP… et ça pas question !

UN PROPHETE : Je prophétise une pluie de Césars

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unpropheteafficheParmi les grands réalisateurs français, Jacques Audiard figure en bonne place. Bon sang ne sachant mentir, on sent chez lui un vrai amour et un vrai respect du cinéma. Contrairement à bien de ses collègues nationaux, il connaît la différence entre un long métrage et un téléfilm. Un Prophète, récompensé à Cannes par le Grand Prix du Jury, vient confirmer l’immense talent de ce grand cinéaste, même si j’émettrai quelques bémols personnels.

Malik a 19 ans et vient d’écoper de 6 ans de prison. Il tente de rester à l’écart de la vie carcérale, de ses clans et de sa violence. Mais la réalité vient vite le rattraper et il tombe sous la coupe de César Luciani, gangster corse qui règne en maître sur la prison. Pour lui et pour sauver sa propre vie, il devra tuer un autre détenu.

Un Prophète est un film sombre et dur. Mais c’est aussi un film surprenant, dont le scénario ne vous mènera pas là où vous le pensiez. La morale de l’histoire est dérangeante et ambiguë. Le parcours de Malik n’est absolument pas tracé d’avance et ne formera en rien une ligne droite. Ce film intrigue, questionne, prend le spectateur à témoin d’une réalité où rien n’est blanc, ça c’est certain, mais où le noir a lui aussi bien des nuances. On pourra reprocher à Jacques Audiard de ne pas avoir forcément apporté de réponses aux questions que son film soulève. Mais y’a-t-il vraiment de réponses à des questions aussi complexes ?

Un Prophète, c’est également deux magnifiques performances d’acteurs. Ne cherchez plus le prochain César du Meilleur Espoir Masculin, il s’appelle Tahar Rahim. Il pourrait même n’être pas très loin d’emporter également celui du Meilleur Acteur. Son jeu n’est peut-être pas flamboyant, mais il est d’une troublante justesse. Il incarne avec le même bonheur et le même talent toutes les phases de l’évolution de son personnage.

A ses côtés, le prochain César du Meilleur Acteur dans un Second Rôle, Niels Arestrup, un vieux routier du cinéma français. Déjà à l’affiche de De Battre, mon Cœur s’est Arrêté, il se voit offrir par Jacques Audiard un deuxième rôle à la hauteur de son immense talent. D’ailleurs pour incarner aussi magistralement « César Luciani » quand on s’appelle Niels Arestrup, il ne faut pas en manquer !

unpropheteLa caméra de Jacques Audiard ne se contente pas rester posée là, en attendant que ça se passe. La lumière, le montage, les mouvements à l’intérieur même des plans sont là pour aider à raconter l’histoire et souligner l’émotion des personnages. Certes, il en fait peut-être parfois un peu trop, mais cela reste toujours bref et de toute façon cent fois plus intéressants et orignal que la manière de filmer de la plupart de ses collègues français.

Le petit bémol vient pour moi du rythme imprégné à Un Prophète. Ce film aurait duré 2h, au lieu de 2h30, il aurait été incontestablement un très grand film. Certes, cette durée permet au scénario de louvoyer, nous plongeant dans une abîme de perplexité, nous demandant comment tout cela va donc pouvoir finir. Mais elle nous fait aussi souvent flirter avec le bord de la falaise de l’ennui. On n’y tombe jamais, mais on se fait parfois un peu peur à l’idée d’y sombrer.

Un Prophète est donc un film exceptionnel par bien des points. Mais la perfection n’étant pas de ce monde, il rate de peu le statut de chef d’œuvre.

Fiche technique :
Production : Why not productions, chic films, page 114
Réalisation : Jacques Audiard
Scénario : Thomas Bidegain, Jacques Audiard
Montage : Juliette Welfling
Photo : Stéphane Fontaine
Décors : Michel Barthélémy
Distribution : UGC distribution
Musique : Alexandre Desplat
Durée : 149 mn

Casting :
Niels Arestrup : César Luciani
Tahar Rahim : Malik 

LIGNE DROITE ET CHEMIN SINUEUX

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teddyrinerchampiondumondeCe week-end nous avons pu voir deux façons d’utiliser un immense talent. Certes, les deux conclusions furent heureuses pour le sport français, mais les parcours nettement moins.

D’un côté, Teddy Riner, 20 ans qui vient de conquérir le plus tranquillement du monde son troisième titre de champion du monde de judo. Tellement tranquillement qu’on est déjà en train de s’interroger pour lui sur les prochains challenges qui pourraient le motiver. Certes, d’ici 2012, on est tranquille, Teddy Riner restera sur les tatamis pour conquérir l’or olympique, après son « échec » tout relatif de Pékin.

Evidemment, rien ne dit que l’année prochaine un champion de même envergure que lui ne surgira pas pour le mettre en difficulté. En attendant, à un âge où bien des sportifs sont encore affublés du titre d’espoir, Teddy Riner aura été ce que tout sportif aspire à être. Le meilleur, sûr de sa force et dominateur !

francebelgiquebasketDe l’autre côté, l’équipe de France de basket a réussi à se qualifier pour le prochain Euro de basket par la plus petite des portes. Ils auraient cherché à le faire exprès, ils n’y seraient par arrivés. Mais comment se fait-il qu’une telle équipe, composée de telles individualités en arrivent-elles là ? Et ce, de manière récurrente !

Il y’a quelque chose que tout le talent du monde ne pourra remplacer dans le sport de très haut niveau, c’est l’implication ! Il n’y a pas de place ici pour le je-m’en-foutisme et l’a peu près ! Le niveau est trop élevé pour que l’on puisse triompher en faisant les choses à moitié, sans une totale concentration. Alors de temps en temps, au pied du mur, elle se réveille et nous démontre qu’elle est bien une des meilleures équipes d’Europe.

Peut-être que cette équipe deviendra championne d’Europe d’ici un mois. Peut-être que cela soulèvera plus d’enthousiasme que la victoire si tranquille et attendue de Teddy Riner. A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire. Peut-être, mais si l’équipe de France de basket pouvait prendre exemple sur notre judoka et arrêter de créer le péril elle-même, pas sûr qu’on l’aimerait moins…

L’ERE PRIMAIRES

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primairespsBon, c’est vrai, j’aurais pu rédiger cet article il y’a quelques jours déjà. Cependant, j’ai même failli ne pas du tout l’écrire. En effet, je n’ai pas vraiment d’opinion sur cette histoire de primaires, ouvertes, pas ouvertes, à qui, pour quels candidats… Toutes les options me semblent comporter des avantages et des inconvénients (comme tout dans la vie me direz-vous) et chacune ne m’apparaît comme une meilleure idée dans l’absolu, tout dépend ce que l’on en fait.

Finalement, il semblerait que le consensus se fasse autour de l’idée de primaires ouvertes à l’ensemble des sympathisants et à l’ensemble des partis de gauche qui le voudront bien. Et après mûre réflexion, il me semble que cela représente la meilleure option.

Déjà, il y’a un consensus qui se dégage, ce qui est déjà un exploit quand on parle du PS. Je n’ai rien contre Paul Quilès, ancien ministre de la Défense et de l’Intérieur tout de même, mais tant que cela restera la seule voix discordante, nous n’avons pas trop de soucis à nous faire. Donc pour une fois qu’on est tous d’accord sur quelque chose dont on parle dans les journaux, profitons en !

Une des interrogations portent sur la participation des autres partis de gauche, principalement les Verts et le PC, voire éventuellement le Parti de Gauche. A mon sens, ils commettraient une grave erreur de ne pas y participer. Nous avons assez entendu les candidats de ces partis se plaindre du faible intérêt médiatique qui leur était porté. Il y’a toutes les chances que cela se reproduise en 2012. Vu que Daniel Cohn-Bendit ne semble pas vouloir se présenter, je doute que les caméras se bousculent pour interviewer un Alain Lipietz ! Ces primaires seraient donc l’occasion pour ces partis d’avoir un écho médiatique inaccessible par ailleurs.

De nombreux commentaires ont également souligné le PS le danger que représenterait la victoire d’un représentant d’un autre parti ou d’un indépendant (cette dernière me semblant l’hypothèse la plus envisageable, hors changement d’avis de Dany). Et là, je suis en fort désaccord avec ce qui est dit. Le PS manque d’un leader fort, ce n’est pas un scoop et un tel scénario ne ferait que confirmer ce que tout le monde sait déjà pertinemment. Au moins, une candidature hors PS règlerait le problème pour 2012. Et cela n’enlèvera pas au PS ses milliers d’élus locaux et les collectivités qu’ils contrôlent… ni les moyens financiers que cela génèrent ! Qu’on le veuille ou non, c’est un élément important pour la pérennité d’une formation politique et dans ce domaine le PS n’a pas encore d’inquiétudes à se faire.

Enfin, ces primaires seront un très bon entraînement pour apprendre à parler à d’autres personnes que les militants socialistes. Les campagnes internes au PS sont des combats certes tout à fait respectables, mais pour vivre ça de l’intérieur, il faut bien avouer que les considérations qui font la décision n’ont que peu de poids dans le monde extérieur. Ces primaires forceraient les candidats à la candidature de s’y plonger dès le début du processus. Et ça, ce serait vraiment, mais alors vraiment une bonne nouvelle !

FAUTEUILS D’ORCHESTRE : Le meilleur du cinéma français !

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fauteuilsdorchestreafficheJe reproche souvent au cinéma français ses scénarios paresseux, se contentant de décrire les états d’âmes de ses personnages, sans trame narrative digne de ce nom. Fauteuils d’Orchestre est un peu à ranger dans cette catégorie… sauf que ce coup-ci tout fonctionne parfaitement et le résultat donne un film très plaisant, particulièrement intelligent et surtout pas ennuyeux une seule seconde.

Jessica débarque de Macon à la recherche d’un travail et d’un logement. Elle trouve une place de serveuse au Bar des Théâtres. Elle y croisera un pianiste qui rêve de liberté, un collectionneur d’art qui vend toute sa collection et une vedette de la télé qui rêve d’être considérée comme une grande actrice.

Fauteuils d’Orchestre est donc un film de personnages, et par la même occasion un film de comédiens. D’ailleurs, l’affiche ne nous montre pas autre chose puisque nous pouvons y voir les portraits de tous ceux qui constituent un casting plutôt prestigieux. Le personnage central est interprété par une Cécile de France rayonnante de fraîcheur et d’enthousiaste, parfaite dans ce rôle de femme enfant, candide et avide d’expériences et de découvertes.

Mais les deux étoiles du casting de Fauteuil d’Orchestre sont deux acteurs « comiques » employés ici plutôt à contre-emploi. Et comme souvent, c’est une totale réussite. Enfin, peut-on encore considérer que le registre d’Albert Dupontel se limite au comique ? Il a prouvé à de nombreuses reprises qu’il est un acteur complet et surtout fantastique. Ce film en est une nouvelle preuve.

A ses côtés, Valérie Lemercier trouve là sans doute le rôle le plus abouti de sa carrière. Bien sûr, elle nous livre toujours les mêmes mimiques, mais avec cette fois, infiniment plus de retenu et surtout de justesse que d’habitude. Et surtout, il y’a beaucoup plus que cela qui ressort de son jeu, une grande faiblesse sous le vernis de la star adulée de tous.

fauteuilsdorchestreGrâce au talent de ses acteurs et du talent de scénariste de Danièle Thomson, Fauteuils d’Orchestre est un film divertissant. Les personnages dégagent une sympathie extrême, leur situations sont souvent cocasses et même si toutes ces petites histoires n’en forment pas une grande, on a plaisir à les suivre. On attend de voir où chacune d’elle va nous mener, ce qui maintient l’intérêt du spectateur de bout en bout, un exploit dans ce genre de production hexagonale.

Mais Fauteuils d’Orchestre est aussi un film intelligent, qui possède un vrai fond. Une belle réflexion sur l’enfermement que peut représenter un statut social. La plus part des personnages ont très bien réussi leur vie, allant au bout de leurs ambitions. Mais du coup, les autres ont du mal à comprendre qu’ils aient envie d’autre chose puisqu’ils ont ce dont les autres rêvent. Une réflexion remarquable sur la différence entre le bonheur et la réussite. Une vraie leçon à méditer !

Fauteuils d’Orchestre est donc un des meilleurs exemples de ce que le cinéma français peut nous offrir de mieux et d’unique. Une perle rare donc !

Fiche technique :
Production : Studio Canal, TF1 Films Production, Radis Films Production
Distribution : Mars Distribution
Réalisation : Danièle Thompson
Scénario : Danièle Thompson, Christopher Thompson
Montage : Sylvie Landra
Photo : Jean-Marc Fabre
Décors : Michèle Abbe
Son : Michel Kharat
Musique : Nicola Piovani
Durée : 106 mn

Casting :
Cécile de France : Claudie
Valérie Lemercier : Catherine Versen
Albert Dupontel : ean-François Lefort
Christopher Thompson : Frédéric Grumberg
Guillaume Gallienne : Pascal
Laura Morante : Valentine
Claude Brasseur : Jacques Grumberg
Suzanne Flon : Mme Roux
Dani : Claudie
Sydney Pollack : le réalisateur américain