
Une bande d’amis, formant un groupe surnommé les Goonies, vont se voir séparés par l’expulsion de la famille Walsh, dont la maison doit laisser place à un grand complexe immobilier. Mais la découverte d’une carte au trésor va les pousser à vivre une incroyable aventure, sous la menace de dangereux gangsters tout juste évadés de prison.
Comment juger objectivement un tel film ? Cela est évidemment impossible. Il est peu probable que les jeunes générations ne voient jamais ce film avec le même regard que ceux qui auront connu les téléphones à cadran ou rembobiné leurs cassettes audio avec un stylo bille. Mais cet aspect un peu désuet fait aujourd’hui incontestablement partie du charme de ce film qui a donné à toute une génération l’envie de partir à la chasse au trésor. Les Goonies, c’est un pur moment de nostalgie qui faut vivre avec l’innocence que l’on avait à l’époque, avant que les poils ne nous poussent sur le torse (ou ailleurs pour les filles).
Parler des invraisemblances, de l’humour parfois un peu lourdingue, des effets spéciaux parfois un rien approximatifs ne serait pas pertinent. Car comme tout film culte, Les Goonies fonctionne parce qu’il fonctionne et puis c’est tout ! Bien sûr, il y a le talent de Richard Donner, qui aura signé aussi dans sa carrière Superman, Ladyhawke ou encore l’Arme Fatale. Bref, autant de films qui auront connu un succès bien plus grand et qui auront marqué beaucoup plus profondément les mémoires que ce que la somme de leurs qualités aurait du leur permettre.

Les Goonies fut aussi l’occasion des débuts à l’écran de Josh Brolin. Entre l’adolescent à bandeau de ce film et son rôle dans No Country For Old Men, plus de vingt ans plus tard, l’acteur aura pris de l’épaisseur et du charisme. Mais les prémices dont déjà visibles. Son jeune frère est interprété par Sean Astin, qui disparaîtra un peu des radars avant de revenir en hobbit dans le Seigneur des Anneaux. Il a d’ailleurs quelque peu disparu à nouveau depuis. Le reste du casting est plus anodin mais joue avec assez d’enthousiasme pour faire fonctionner le film.
J’ai donc pris un plaisir immense à revoir les Goonies après de longues années d’abstinence. Et tant que j’y prendrai du plaisir, c’est que mon âme d’enfant ne sera pas tout à fait morte. Bref, ce n’est pas demain la vieille que j’arrêterai d’aimer ce film !

Le Choc des Titans continue de séduire aussi parce qu’il s’appuie sur un récit qui a fait ses preuves, en traversant les siècles pour continuer à nous faire rêver. En termes de récit d’aventures, c’est vrai que l’on a rarement fait mieux que la mythologie gréco-romaine. Il y a bien sûr une certaine naïveté dans ce récit avec là aussi des éléments qui peuvent nous faire désormais sourire. C’est encore une fois parce que cinéma ne s’adressait pas à un public blasé et incapable d’émerveillement. Ceux qui n’ont pas encore perdu totalement cette capacité continueront à voir dans ce film l’incarnation du rêve et de l’imaginaire.
Y’a-t-il un Pilote dans l’Avion ? est l’occasion de revoir l’inimitable Leslie Nielsen qui aura accompagné tous les succès de Abrahams, Zucker et Zucker. Son visage ahuri lui donne un potentiel comique qui restera à jamais légendaire. Le reste du casting est plus anonyme et ne brille pas forcément par un talent dramatique inoubliable. Cependant, cela colle très bien avec le genre avec une parodie de nanars. Robert Hays et Julie Hagerty auront au moins eu le privilège d’être les têtes d’affiche d’un des films le plus culte de l’histoire du 7ème art.
Et le social dans tout ça ? The Full Monty n’est certainement pas un film sur les raisons profondes du déclin industriel britannique et sur les ravages du chômage longue durée. Certes, ces aspects sont très édulcorés et les personnages apparaissent plus comme des losers sympathiques que comme de vraies victimes. Mais ce film est surtout un réquisitoire contre la morosité et le pessimisme. Personne ne devient milliardaire à la fin, chacun reçoit juste un peu de reconnaissance et quelques billets quand même. Un film qui vante la créativité, la débrouillardise, l’audace et l’imagination. La réalité n’est certainement pas si simple, mais ce n’est pas sujet du film ! 
Si La Cérémonie, comme tous les Chabrol, ne se distingue pas par une réalisation artistiquement novatrice, elle se démarque par une direction d’acteurs remarquable. Elle vaudra un Oscar à une Isabelle Huppert qui a tenu là un de ses rôles les plus marquants. Mais la vraie star de ce film reste Sandrine Bonnaire dont le jeu est d’une justesse saisissante. La famille Lelièvre, interprétée par Jacqueline Bisset, Jean-Pierre Cassel et la très jeune Virginie Ledoyen, est elle aussi magnifiquement incarnée par ce très bon casting. 
La performance des autres acteurs n’est pas en reste. Certes, il n’existe pas une telle osmose entre eux et leur personnage. Mais ce film réussit l’exploit de mettre en lumière le talent d’un acteur qui n’en a pourtant pas beaucoup, Ewan McGregor ! Il chante vraiment très bien, rend son personnage crédible et arrive à jouer ses dialogues sans sembler les réciter (tout le contraire de ses prestations dans Big Fish et La Revanche des Sith). Un bon point pour Baz Luhrman dans sa direction d’acteurs.
Little Miss Sunshine est un grand film surtout parce qu’il nous propose la plus incroyable galerie de personnages qui soit. Une bande d’anti-héros, qui joueraient le rôle de faire-valoir ou d’éléments comiques dans d’autres productions et qui tiennent là une formidable revanche ! Une merveilleuse inversion des rôles et des valeurs qui fait vraiment du bien. Car honnêtement, on peut plus facilement s’identifier à eux qu’aux modèles de perfection qui occupe les premiers rôles dans les blockbusters. 
D’un point de vue cinématographique, West Side Story est à la fois représentatif du classicisme hollywoodien, mais ouvre une nouvelle ère. On est encore dans un cinéma où les plans séquences sont nombreux, où le spectateur a le temps de comprendre ce qu’il voit. Mais Robert Wise a su introduire des innovations visuelles. La scène du dancing et la représentation du coup de foudre entre Tony et Maria mélange réalité et imaginaire de manière surprenantes pour l’époque, même si les comédies musicales ont toujours été à la pointe à ce niveau-là. A la fois, on ne danse pas et on ne chante pas dans la vraie vie. Même s’il peut paraître un peu vieillot pour certains, notamment du fait d’une narration assez lente, il reste le film qui a fait entrer le cinéma hollywoodien dans la modernité. Une modernité que nous vivons encore aujourd’hui. 
La musique est particulièrement omniprésente dans Phantom of the Paradise. Il ne s’agit pas d’une comédie musicale à proprement parler, mais un film sur la musique. Quand les protagonistes ni ne chantent, ni ne composent, la musique de fond continue de jouer un rôle primordial. Elle est caractéristique du début des années 70 où le rock explorait un multitude de voies, du psychédélique à ce qui allait devenir le metal. On retrouve toute cette diversité dans ce film qui ne pourra qu’enchanter les mélomanes.
Le résultat donne un film incroyablement drôle et distrayant. L’ironie et le second degré sont de rigueur, mais on rit tout de même aux éclats. En fait, tout est classieux dans Intolérable Cruauté. Le talent est partout, tout le temps. On s’attache aux personnages, même les plus odieux. Les petites touches de fantaisie apportées par les frères Coen, qui rendent ce film incontestablement moderne (à la différence de Bye-bye Love, avec Renée Zellweiger et Ewan McGregor, qui avait tenté de ressusciter le cinéma des années 60 mais sous un aspect rétro, sorti à la même époque et qui a depuis disparu des mémoires), donnent à ce film une dimension à laquelle la légèreté du propos ne destinait pas forcément. Les inconditionnels de The Big Lebowski et de Fargo trouveront peut-être que le grain de folie ne va ici pas assez loin, mais les frères Coen prouvent surtout une nouvelle fois l’incroyable palette de leur talent.
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