LA TRILOGIE DE L’EMPIRE, TOME 3 : MAITRESSE DE L’EMPIRE (Raymond E. Feist, Jamy Wurts) : Au revoir, Mara !

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maitressedelempireSuite et fin de l’excellente trilogie justement intitulée la Trilogie de l’Empire, avec le troisième volet (logique pour une trilogie…) Maîtresse de l’Empire. Une saga qui nous prouve que la fantasy ne rime pas toujours avec un monde sans femmes comme chez Tolkien. Une saga qui nous prouve surtout que les femmes peuvent faire de la politique, voire même le faire mieux que les hommes. De la fantasy féministe donc !

Après avoir acquis le titre de Pair de l’Empire, Mara semble avoir amené la paix et la prospérité à la maison des Acoma. Mais elle n’a visiblement pas terrassé tous ses ennemis puisqu’une nouvelle tentative d’assassinat est perpétuée contre sa personne. La tentative échoue, mais aboutit à la mort de son fils aîné. Plongée dans le plus grands des désespoirs, elle devra vite reprendre ses esprits pour lutter contre de nouvelles menaces. Et s’opposer à la plus grande puissance de son monde : l’Ordre des Magiciens.

Commençons directement par l’élément qui fait légèrement tâche dans La Trilogie de l’Empire, Tome 3 : Maîtresse de l’Empire. Un épilogue parsemé de réflexions sorties tout droit du monde des Bisounours ou bien de chez McDonald…. Bah oui, ça se passe comme ça chez McDonald. Bref, c’est dommage de finir comme ça… Sauf que ces quelques pages sur trois tomes de pur bonheur littéraire, on les oublie vite, même si ce sont les dernières.

Si je veux vraiment continuer à chercher la petite bête, je dirais que La Trilogie de l’Empire, Tome 3 : Maîtresse de l’Empire aurait pu être encore plus passionnant. En effet, une partie du récit nous fait entrevoir de grandes révélations qui n’arrivent jamais vraiment. Mais pris dans le flux de l’intrigue, on n’a pas trop le temps de s’y attarder pendant un final riche en péripéties et en rebondissements.

La Trilogie de l’Empire, Tome 3 : Maîtresse de l’Empire est le plus long des épisodes, mais aussi le plus riche en évènements. En effet, le décor est déjà posé depuis longtemps et si le récit va nous faire découvrir quelques territoires encore inconnus, c’est largement l’action qui domine dans ce roman. Des intrigues de cour bien sûr, mais aussi beaucoup d’action plus directe. Moins de complot, plus d’affrontements. Cela permet à l’esprit de la saga de se renouveler quelque peu, en tout cas de ne pas faire naître chez le lecteur la moindre lassitude.

On retrouve bien sûr dans La Trilogie de l’Empire, Tome 3 : Maîtresse de l’Empire toutes les qualités qui nous a fait tant apprécier les deux premiers volumes. Tout d’abord, ces personnages si réussis que l’on connaît très bien désormais. Le récit à la bonne idée de continuer à les faire évoluer, de leur donner encore une épaisseur supplémentaire. Il continue également à être toujours clair. Les évènements sont plus directs, plus simples à comprendre, Raymonde E. Feist n’allait donc pas commencer ici à nous perdre dans une intrigue confuse.

Toutes ces qualités tiennent toujours à la qualité de la plume de Raymond E. Feist et Jamy Wurts. Je le répète à chaque fois que je rédige un avis sur un roman du premier, mais son style est bien meilleur que ce que la fantasy nous offre d’habitude. C’est donc avec un plaisir toujours aussi grand que l’on parcourt, que dis-je, que l’on dévore ces pages au sein de cet incroyable univers sorti de son imagination.

La Trilogie de l’Empire peut être lue indépendamment du reste de l’ouvre de Raymond E. Feist. Elle s’achève en beauté avec ce troisième tome, Maîtresse de l’Empire qui nous fait quitter à grands regrets sa merveilleuse héroïne.

SHERLOCK HOLMES EN ORBITE : Sherlock dans tous ses états

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sherlockholmesenorbiteIl est des personnages mythiques qui continue d’inspirer encore et encore les auteurs d’hier, d’aujourd’hui et de demain. Dracula, Frankenstein, Tarzan, Zorro, Superman… et Sherlock Holmes. Pour ce dernier, les œuvres le mettant en scène ne se sont pas arrêtés avec la mort de Arthur Conan Doyle. Si la plus connue reprenant le personnage du célèbre détective reste le film de Billy Wilder, La Vie Privée de Sherlock Holmes, des centaines de romans furent écrits en un siècle par des auteurs plus ou moins talentueux. Même la littérature français n’y a pas échapper avec le Arsène Lupin contre Herlock Sholmes (question de droits !) de Maurice Leblanc. Alors pourquoi pas carrément demander à une foule d’auteurs de nous livrer de petites histoires mettant en scène le pensionnaire du 221 Baker Street ? C’est justement le principe même de Sherlock Holmes en orbite.

Sherlock Holmes en orbite regroupe donc 26 nouvelles regroupées dans quatre catégories. 14 dans « Holmes dans le passé », 4 dans « Holmes dans le présent », 6 dans « Holmes dans le futur » et 2 dans « Holmes après la mort ». Elles sont toutes écrites par des auteurs strictement inconnus (de moi en tout cas) et mettent le détective dans des situations variées. Il fera ainsi aussi bien face à Dracula ou Fu Manchu, ou se transformera en programme informatique. Bien sûr, il sera le plus souvent épaulé du fidèle Docteur Watson et pourchassera inlassablement le Napoléon du crime, le Professeur Moriarty.

26 nouvelles, cela donne forcément un résultat plutôt hétérogène en qualité. Malheureusement, j’ai trouvé plus de bas que de hauts à Sherlock Holmes en Orbite. Je dois même dire qu’aucune d’entre elles ne m’a vraiment enthousiasmé. Je trouve donc l’ensemble globalement très moyen, pour ne pas dire décevant. Heureusement, comme les récits sont courts, la lecture n’est pas trop pénible puisqu’on a au moins la curiosité de découvrir ce que nous réserve le prochain récit.

Les histoires sont en effet très variées (en dehors des écarts de qualité). Il faut préciser que les auteurs ont été choisi pour être considéré comme des auteurs de fantasy ou de science-fiction. Le fantastique intervient donc souvent, même si certains cherchent à être assez proches de l’œuvre originelle de Arthur Conan Doyle. Mais il faut bien admettre que Sherlock Holmes en Orbite manque cruellement d’audace. On a pas vraiment l’impression que chacun nous livre sa vision du personnage, mais plutôt que l’on est face à un concours d’imitation, se permettant ça et là quelques fantaisies contenues.

Les meilleurs histoires sont d’ailleurs celles qui sortent Sherlock Holmes de son contexte originel, notamment celles qui se passent dans le futur. En effet, les auteurs ont pour le coup vraiment tenté de nous livrer quelque chose de nouveau et de personnel. Qui plus est ils se situent dans un univers littéraire qui est le leur et cela se ressent. Ce n’est toujours pas transcendant, car il semblent tout de même un peu limités (sans vouloir être méchant…), mais au moins est-on un tout petit peu surpris. Heureusement, ces histoires se situent à la fin de Sherlock Homes en Orbite, ce qui permet d’en sortir sur une impression un tantinet meilleure.

Niveau style, Sherlock Holmes en Orbite est assez transparent. On sent d’ailleurs là sûrement l’influence de la traduction, puisque tous les récits ont été transposés en français par le même traducteur. Cela lisse très certainement les styles. Au final, l’écriture n’est jamais déplaisante, mais on la qualifiera de professionnelle, plutôt que géniale ou même talentueuse.

Au final Sherlock Holmes en Orbite souffre d’un manque patent de talent pour rendre vraiment intéressant une démarche qui avait tout pour l’être.

GAGNER LA GUERRE (Jean-Philippe Jaworski) : Confirmation fantaisiste francophone

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gagnerlaguerreLorsque l’on découvre un nouvel auteur à l’occasion d’un roman que l’on apprécie vraiment énormément, on est impatient de le retrouver dans un nouvel ouvrage. C’était mon cas après avoir lu Janua Vera de Jean-Philippe Jaworski. J’ai donc attaqué Gagner la Guerre avec beaucoup d »envie et d’impatience. Je n’ai pas été déçu, même si mon enthousiasme est au final quand même moindre. Cela reste cependant la confirmation que notre beau pays compte en son sein un excellent auteur de fantasy.

Don Benevenuto raccompagne le patrice Mastiggia sur sa galère après que la flotte de la République de Ciudalia ait vaincu celle de Ressine. Quelle n’est pas leur surprise de voir trois vaisseaux ennemis les prendre en chasse.

Oui, je sais, mon synopsis est assez court et ne dit pas grand chose sur la teneur exacte du récit. On peut même dire que j’ai résumé les trois première pages… sur 980. Mais Gagner la Guerre va très vite offrir un premier rebondissement inattendu qu’il aurait été dommage de gâcher. Cela permet de se rendre immédiatement compte des immenses qualités de conteur de Jean-Philippe Jaworski. Malgré la longueur de son récit, il parvient toujours à maintenir l’intérêt du lecteur, même dans les moments plus faibles.

Gagner la Guerre nous amène au Vieux Royaume, monde imaginaire où se déroulent les principales œuvres de Jean-Philippe Jaworski. Un monde entre antiquité et moyen-âge, avec un rien de magie et quelques créatures fantastiques. Mais ces derniers aspects sont assez légers, ce qui pourrait apparenter ce roman à de l’historique inventé, plutôt que de la fantasy pure et dure. Du coup, on ne sent jamais vraiment perdu, même si les institutions de la République de Ciudalia sont relativement complexes.

Gagner la Guerre est un roman qui a pour fond des intrigues politiques et de la lutte pour le pouvoir. Mais il nous montre surtout l’envers du décor de ce monde relativement violent. En effet, le héros et narrateur est chargé des basses œuvres d’un politicien puissant. On est donc plus souvent dans le sang et la boue que dans les salons où tout n’est que conventions et faux-semblants. L’ironie et cynisme avec laquelle le récit nous est rapporté donne un ton parfois quasi humoristique à ce roman, qui au final ne se prend pas trop au sérieux.

Gagner la Guerre est cependant peut-être un peu trop long. 1000 pages, c’est sans doute 200 de trop. Heureusement, la qualité de l’écriture de Jean-Philippe Jaworski permet de ne jamais sortir du récit. Simplement, à certains moments, on est quelque peu impatient de connaître la suite des évènements et on trouve que cela traine un peu en longueur. C’est assez ponctuel et ne gâche pas de trop le plaisir que l’on ressent à la lecture de ce très bon roman, cela nous empêche d’être définitivement enthousiaste.

Comme je l’ai déjà souligné, Gagner la Guerre se démarque pas la qualité de la plume de l’auteur. Déjà parce que dans ce domaine, il est rare de trouver des auteurs francophones qui ne subissent donc pas la trahison inévitable que constitue la traduction. L’écriture est fluide, riche et solide. C’est écrit comme de la très bonne littérature et cela explique largement pourquoi ce roman a reçu le prix Imaginales 2009, qui récompense le meilleur roman de fantasy.

Gagner la Guerre confirme donc tout le bien que je pense de Jean-Philippe Jaworski. Peut-être s’est-il ce coup-ci laissé emporter par son ambition, mais il signe tout de même là un très bon roman.

MIDNIGHT EXAMINER (William Kotzwinkel) : Second degré confus

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midnightexaminerCe qu’il y a bien avec les personnages de journaliste, c’est qu’ils sont assez polyvalents. En plus de simplement écrire dans un journal, ils peuvent bien sûr défendre la veuve et l’orphelin, jouer les justiciers au quatre coins du monde, se montrer plus efficaces que n’importe quel inspecteur de police, ou bien même, mettre leur slip par-dessus leurs collants et jouer les super-héros. Ils peuvent aussi être un peu tout ça dans un livre satirique et burlesque. La preuve avec Midnight Examiner de William Kotwinkle.

Howard travaille au Midnight Examiner et pour d’autres journaux de la même société, pour lequel il écrit sous divers pseudonymes. En fait, tous ses collègues font la même chose, car ici, on ne prend pas vraiment le temps de vérifier les informations, on les invente pour que cela fait vendre le plus de papier possible. Il faut dire que lorsqu’on est dirigé par un homme dont la plus grande passion au bureau consiste à tirer de boulettess de papier avec sa sarbacane, on n’est pas incité à faire preuve de beaucoup de conscience professionnelle. Sauf quand il s’agit de sauver une femme des griffes d’un dangereux gangster.

Midnight Examiner est un livre en deux parties. Un premier tiers sert à présenter les personnages et cette rédaction pas vraiment comme les autres. Il n’y a alors pas vraiment de fil rouge narratif, on se situe plutôt face à une chronique de petits évènements qui se déroulent dans ces bureaux. Le reste est par contre consacré à une intrigue plus construite et plus classique, même si le récit ne se prive pas de nous décrire la folie douce des protagonistes.

Pour parler franchement, j’ai accroché assez moyennement. J’ai eu du mal à rentrer dans cette histoire, à vraiment saisir qui étaient les différents personnages, assez nombreux d’ailleurs. Et comme à côté de ça, il n’y avait pas vraiment de fil narratif, j’avoue avoir été parfois un peu perdu et je me demandais vraiment ce que William Kotwinkle cherchait à nous raconter. Je sentais bien l’humour et la loufoquerie, mais sans vraiment pouvoir l’apprécier.

Du coup, je crois que j’ai raté le coche et je n’ai pas pu non plus réellement apprécier la suite. Certes, le récit offrait alors plus de repaires, mais je passais trop de temps à essayer de me rappeler qui était qui et quels étaient les caractéristiques des personnages. Une partie du second degré qui caractérise Midnight Explorer a du largement m’échapper. En fait, j’avais un peu constamment l’impression de prendre en route un sitcom en son milieu, à bien sentir qu’il y avait des private joke et des auto-références mais pouvoir les saisir. Bref, ce livre m’ a largement moins fait rire que prévu.

Encore une fois, c’est vraiment l’écriture de William Kotzwinkle que je blâmerait. L’idée d’une partie introduction des personnages était bonne, mais trop mal réalisée pour que l’on intègre facilement leur identité. Il cherche à nous plonger tout de suite dans le côté absurde de son univers, mais va sans doute trop vite en besogne. Cependant, il est possible que ce livre puisse être beaucoup plus plaisant si on fait l’effort initial pour y entrer totalement. Si j’avais su, je m’y serai préparé et mon avis aurait été peut-être au final beaucoup plus positif.

Je n’ai donc que moyennement apprécié ce Midnight Explorer dont l’humour un peu absurde et décalé m’a trop échappé pour que je suis puisse vraiment m’en amuser.

 

LA TRILOGIE DE L’EMPIRE, TOME 2 : PAIR DE L’EMPIRE (Raymond E. Feist et Janny Wurts) : Réussite continue

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pairdelempireSuite de mon exploration du monde crée par Raymond E. Feist avec ce La Trilogie de l’Empire, tome 2 : Pair de l’Empire. Ou plutôt les mondes, puisque l’intrigue continue de nous faire découvrir Kelewan, un royaume que le reste de son œuvre ne nous avait fait qu’entrevoir. Elle confirme surtout la richesse de cet univers et le talent incontestable de cet auteur qui sait éviter tous les pièges de la routine dans laquelle sombre certaine série.

Mara, la Dame des Acoma, a triomphé d’ennemis pour s’en faire d’autres encore plus déterminés. Chaque victoire semble se payer au prix d’une haine qui grandit et cherche l’anéantissement de son peuple. Mais le courage, l’imagination et l’intelligence dont elle a toujours fait preuve sont encore là pour assurer la survie et la prospérité de son royaume.

La Trilogie de l’Empire, tome 2 : Pair de l’Empire se situe vraiment dans la droite lignée du premier épisode. On pourrait y voir un signe de la routine que j’évoquais plus haut. Mais routine rime généralement avec ennui et lassitude et là, rien de tout cela ! Ce roman reste aussi passionnant que le premier et on prend un plaisir immense à continuer à suivre le cheminement de ces personnages et les intrigues auxquels ils sont mêlées.

La Trilogie de l’Empire, tome 2 : Pair de l’Empire nous plonge donc une nouvelle fois dans les intrigues de cour, les manipulations politiques et la diplomatie un couteau à la main. Cependant, ce deuxième volet laisse plus de place au terrain militaire et globalement à l’action. Il nous offre quelques belles scènes de batailles et d’affrontements sanglants. Les combats que mènent Mara sont des combats à mort, puisque ses ennemis ne cherchent pas moins que son anéantissement.

Si le premier tome pouvait vraiment se lire indépendamment du reste de l’œuvre de Raymond E. Feist, La Trilogie de l’Empire, tome 2 : Pair de l’Empire fait nettement plus de ponts avec les évènements d’autres roman de cet auteur, notamment Milamber le Mage. Cependant, je pense que ne pas l’avoir lu ne constitue pas un obstacle insurmontable, car cela reste quand même largement accessoire et ne nuit en rien à la compréhension de l’intrigue principale.

La Trilogie de l’Empire, tome 2 : Pair de l’Empire brille par les mêmes qualités que le reste de l’œuvre de Raymond E. Feist. Déjà, la capacité à nous offrir des intrigues qui proposent toujours un vrai suspense et crée une tension narrative constante tout au long du récit. Tout ceci est renforcé par la galerie de personnages particulièrement réussie qui peuple cette histoire. On s’y attache un peu plus à chaque page, au fur et à mesure que l’on apprend à comprendre cette civilisation si particulière. Cela donne un petit plus d’humanité à cet univers d’heroic fantasy.

Enfin, la Trilogie de l’Empire, tome 2 : Pair de l’Empire confirme que Raymond E. Feist, avec ici en renfort Janny Wurts, possèdent une des plumes les plus claires de cet univers littéraire. Malgré la richesse de son imagination, le nombre important des personnages et les intrigues croisées (même si ici le récit est peut-être plus linéaire qu’à l’habitude), jamais le lecteur ne se sent perdu. Il ne délaye pas son propos, ce qui le rend toujours parfaitement compréhensible. C’est une qualité qui fait vraiment la différence dans ce domaine où la concurrence est rude.

Le deuxième tome d’une trilogie est souvent un moment faible. Avec la Trilogie de l’Empire, tome 2 : Pair de l’Empire, il n’en est rien. Le rythme ne faiblit pas par rapport au premier volet et nous rend particulièrement impatient de découvrir le dernier.

THE COURAGE OF OTHERS (MIdlake) : On ne peut pas tout avoir dans la vie

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thecourageofothermidlakeAu grand jeu « devine la nationalité du groupe inconnu que tu écoutes », j’ai encore perdu. Je vais vous parler cette fois-ci d’un groupe texan, mais qui ne sonne pas du tout comme ZZ Top. Leur page Wikipedia signale d’ailleurs en introduction, que ce soit en anglais ou en français, qu’il connaît un certain succès en Europe, ce qui n’est guère étonnant puisque ce The Courage of Others de Midlake propose un son très continental. Mais surtout un son pas désagréable, même si un peu monotone au final.

Midlake est donc originaire de Denton au Texas. A l’origine, en 1999, il s’agit d’une formation de jazz universitaire. Puis leur style a évolué vers l’indie rock (c’est à dire avec des claviers très présents) pour aboutir à leur premier album, sorti en 2004, Barman and Silvercork. Puis le groupe a pris un nouveau virage vers un rock plus classique dans leur album The Trials of Van Occupanther (2006). Leur troisième et dernier album, The Courage of Others, est quant à lui sorti en 2010.

The Courage of Others est essentiellement composé de ballades. A tel point qu’on se dit que la description pourrait parfaitement s’arrêter là. Car en plus de cela, le ton ne varie pas énormément au fil de l’album, même si les titres sont plus ou moins sombres, plus ou moins mélancoliques. Il en ressort une certaine impression de monotonie et au bout de 11 plages, on se dit qu’on a bel et bien fait le tour de la question et qu’il est temps de passer à autre chose.

J’estime pourtant que The Courage of Others reste un bon album. Certes, les titres se ressemblent tous plus ou moins, mais ils sont tous de bonne qualité. Seul Bring Down est un peu plus en retrait et The Courage of Others s’écoute un peu agacé devant le manque de renouvellement (mais ça n’enlève rien à sa qualité dans l’absolu). Le reste est composé de ballades parfaitement maîtrisées, pas forcément hyper originales, mais qui dégagent tout de même une réelle émotion.

En fait, The Courage of Others possède une certaine personnalité grâce à la voix de Tim Smith. Une voix profonde et chaude, assez reconnaissable pour que la musique de Midlake se distingue quelque peu de la concurrence. On ne tient pas là un organe aux qualités exceptionnelles, mais qui s’écoute avec beaucoup de plaisir et n’apparaît pas comme un produit marketing formaté. Il attire l’oreille et la curiosité dès les premières notes de l’album et si la monotonie finit par user notre capacité d’attention, on aura tout de même passer un moment agréable.

The Courage of Others peut donc s’écouter lors d’envie de fond sonore calme et mélodieux. Les instrumentations sont souvent assez épurées, avec une batterie qui ne fait que des apparitions discrètes, mais souvent remarquées. Certains titres ont un léger côté ballade irlandaise, qui m’aurait fait jurer qu’on avait affaire à un groupe européen. La musique de Midlake confirme au final qu’il s’agit d’un langage universel qu’on a toujours tort de vouloir enfermer dans des boîtes ou des catégories trop rigides.

The Courage of Others est donc un album qui pêche par une certaine monotonie, mais qui brille par une constance dans la qualité. Bref, on ne peut pas tout avoir dans la vie.

Pour finir, faisons le tour des titres que l’on trouve sur cet album.

1.: Acts Of Man
Une introduction douce et mélancolique, où la voix monte doucement.

2.: Winter Dies
Un petit côté ballade irlandaise.

3.: Small Mountain
Une ballade où la voix est parfaitement mise en valeur.

4.: Core of Nature
Un peu plus d’énergie dans cette ballade aux élans symphoniques.

5.: Fortune
Une ballade maîtrisée sur le ton d’une berceuse.

6.: Rulers Ruling All Things
Une instrumentation plus présente pour un ton plus sombre.

7.: Children of the Grounds
La voix est plus poussée, plus de conviction, son plus rock.

8.: Bring Down
Un titre un peu lancinant.

9.: The Horn
Un ton plus sombre avec une voix plus grave et plus profonde.

10.: The Courage of Others
Ballade très épurée mais qui nous fait penser que l’album est un peu à bout de souffle.

11.: In the Ground
Une conclusion dans la lignée du reste de l’album.

LA VIE D’ARTISTE (Marc Villard) : Courte vie

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laviedartisteOù se situe la frontière entre le roman et la nouvelle ? Ah en voilà un débat de fond qui pourra animer les longues soirées d’hiver dans les chaumières. Vous avez quatre heures ! Plus sérieusement, la discussion n’aurait guère d’importance si les livres étaient gratuits. Bien sûr la littérature ne se juge pas au poids, mais le lecteur en veut quand même un minimum pour son argent. Enfin, je ne sais pas pourquoi je parle de tout ça en fait pour introduire ma critique de la Vie d’Artiste, roman noir de Marc Villard, puisqu’il s’agit d’un livre que j’ai sauvé d’une mort atroce et que je n’ai de toute façon pas payé.

Siren, jazzman de son état, vient de passer un petit mois en prison pour possession de stupéfiants, alors il a envie de la jouer profil bas et de se faire discret. Mais comment faire quand votre copine vient de mourir d’une overdose, avec une bonne quantité de drogue à côté d’elle ? D’abord se débarrasser des objets du délit (le corps et la came) puis aller dans le Nord se planquer chez un de ses potes qui va l’initier aux combats de coqs.

Vous l’aurez compris à la lecture de passionnante introduction, la Vie d’Artiste est un roman extrêmement court. Ou une longue nouvelle si vous préférez. 150 pages chez Rivage Noir, avec une police plutôt généreuse et des marges trop larges pour êtres honnêtes et qui donnent vraiment l’impression qu’on cherche à épaissir le volume de manière artificielle. Bon, personne n’en voudrait à l’éditeur si le texte était hyper original ou terriblement passionnant. Mais là, le résultat est sympa sans plus.

Allez, n’en voulons pas à Marc Villard qui a bien droit d’écrire des textes de la longue qu’il souhaite. Il nous propose donc un roman (appelons-le tout de même comme cela) raconté à la première personne. L’intérêt repose donc autant sur l’intrigue proprement dite que sur les réflexions qu’en tire le narrateur. Les deux aspects sont d’ailleurs traités avec la même réussite et s’équilibrent plutôt bien. La vision désabusée de Siren apporte un recul plein de second degré sur les évènements relativement savoureux.

Cependant, l’intrigue de La Vie d’Artiste est quand même un peu trop légère pour vraiment passionner. C’est trop court ou trop long en fait. Trop court pour que la psychologie des personnages soit vraiment creusée, ainsi que les relations qu’il entretiennent entre eux. Trop court également pour que l’histoire prenne vraiment de l’épaisseur, ni même un minimum de complexité. Trop long par contre pour que le récit aille directement à son but premier comme c’est le plus souvent le cas dans les meilleures nouvelles. Bref, Marc Villard reste un peu le cul entre deux chaises.

C’est dommage parce que sa plume est sympathique. Il arrive quand même à nous faire éprouver un minimum de sympathie envers son personnage principal. La Vie d’Artiste est en fait un long portrait de ce dernier et il faut reconnaître qu’il est plutôt subtil et assez bien emmené. Mais du coup, on reste un peu sur notre faim car on aurait aimé que tout cela soit plus développé. Les réflexions de Siren démontre un vrai sens de la formule de la part de Marc Villard, mais il semble avoir été incapable de dépasser la simple ébauche d’une histoire et d’un personnage. Bref, c’est un peu comme un bel emballage autour d’un cadeau finalement un peu décevant.

Si un jour la Vie d’Artiste tombe entre vos mains, vue sa brièveté, vous ne risquerez pas grand chose à sa lecture. Vous ne passerez pas forcément un mauvais moment, mais il y a peu de chance qu’il vous marque réellement.

 

LE POETE (Michael Connelly) : Un putain de bon polar !

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lepoeteIl y a quelques mois à peine, j’ai eu l’occasion de lire, et donc de commenter ici, Wonderland Avenue, mon premier roman signé Michael Connelly. J’avais bien aimé mais sans non plus me rouler par terre d’enthousiasme. Une très chère amie m’avait alors indiqué qu’il me fallait lire le Poète pour vraiment mesurer le talent de cet auteur. Cela tombait bien puisque quelques temps, pour mon anniversaire, mon frangin me l’avait justement offert. Après sa lecture, je peux vous assurer que les deux ont bon goût.

Jack McEvoy est journaliste, mais est surtout le frère jumeau d’un policier de la criminelle qui vient de se suicider. Il se décide, malgré les réticence de ses proches, à écrire un article sur le sujet. Mais en menant son enquête, il va faire le lien avec des cas similaires, avec comme dénominateur commun la présence sur la scène de crime de vers d’Edgard Allan Poe. La marque d’un tueur en série qui sera vite surnommé le Poète.

Le Poète est ce qu’on peut appeler un putain de bon polar ! Il y a tout : une intrigue solide, des rebondissements surprenants, de bons personnages, le tout porté par un style agréable. Bref, tout est dit, au revoir, à demain… Bon, je vais développer, mais c’est presque dommage car la seule chose que je vous conseille est de vous plonger dans ce roman sans forcément en savoir quoique ce soit. Vous ne serez pas déçu, promis !

Allez, s’il y a une qualité que le Poète ne possède pas, c’est une originalité profonde. La perfection n’est pas de ce monde. Nous sommes face à une œuvre classique, qui ravira les amateurs du genre, mais qui représente surtout tout ce qui se fait de mieux en la matière. L’intrigue est vraiment solide, extrêmement bien construire et dans laquelle vous plongerez immédiatement. Tout se révèle lentement mais sûrement. L’histoire avance à chaque page, toujours de manière claire, donnant une eau à la bouche constante au lecteur. Préparez les serviettes éponge pour lire ce roman !

Le Poète brille aussi par ses personnages. C’est peut-être d’ailleurs là que réside la seule originalité du roman, avec ce journaliste qui se retrouve acteur d’une enquête du FBI. La tension entre les enquêteurs institutionnels et Jack apporte un vrai plus à l’intrigue, en donnant une véritable épaisseur et une humanité aux protagonistes. Cela contribue à la richesse globale de ce roman qui peut donc séduire pour beaucoup de raisons.

L’une d’entre elle est le style de Michael Connelly qui a une plume aussi solide que ses intrigues. La clarté que j’évoquais plus haut est le signe de cette qualité d’écriture indéniable. On n’est pas face à un polar écrit un peu vite et produit à la chaîne comme on en trouve dans les rayons des librairies. Encore une fois, on est face à la crème de la crème y compris au niveau de la forme.

Enfin, je vous conseillerai peut-être avant tout le Poète pour ses rebondissements. Dire qu’il y en a de vraiment surprenants, c’est déjà un peu gâcher le plaisir mais tant pis. De toute façon, vous serez trop pris par la lecture pour vous rappeler mes propos. Ce roman se lit vraiment jusqu’à la dernière page car on s’attend encore une fois à être surpris. Les retournements de situation de dernière minute sont devenus une sorte d’obligation un peu horripilante parfois. Mais ici, elle est assez bien maîtrisée pour vraiment ravir le lecteur.

Le Poète est très certainement le polar que l’ai le plus dévoré depuis ma lecture de la saga Millenium. Un roman qui nous fait redécouvrir pourquoi on aime tant les très bons polars.

LA TRILOGIE DE L’EMPIRE, TOME 1 : FILLE DE L’EMPIRE (Raymond E. Feist, Janny Wurts) : Femme forte !

filledelempire

filledelempireC’est bien connu, ce sont les femmes qui gouvernent le monde. Derrière chaque grand homme se cache une muse qui l’influence, le conseille, l’inspire ou encore tweete. Plus rare par contre sont les femmes qui exercent directement le pouvoir. Lorsque ça arrive, comme avec Margaret Tatcher, on en fait des chansons et même des films. Bon pas sûr qu’on en fasse sur Angela Merkel, mais c’est une autre histoire… Mais cela arrive aussi dans les bons romans de fantasy, comme La Trilogie de l’Empire, tome 1, Fille de l’Empire, de Raymond E. Feist et Janny Wurst.

Mara se destine à vouer sa vie à la déesse Lashima. Mais avant que la cérémonie ne soit accomplie, on vient la chercher car son père et son frère sont morts suite à une traitrise du puissant seigneur Minwanabi. Elle devient alors la nouvelle Dame des Acoma. Elle hérite surtout d’un royaume considérablement affaibli, ce dont ses ennemis comptent bien profiter au plus vite. Mais la jeune fille va déployer des trésors d’ingénuité pour sauver son héritage.

La Trilogie de l’Empire, tome 1, Fille de l’Empire nous emmène dans le monde de Kelewan, auquel Raymond E. Feist avait donné vie dans les Chroniques de Krondor. Les évènements se déroulent d’ailleurs en même temps que ces dernières. Ce roman permet de mieux découvrir ce monde que l’on avait fait qu’entrapercevoir. Les amateurs des précédents ouvrages de l’auteur en seront donc ravis et les autres pourront lire cette saga de manière tout à fait indépendante.

Le fait de nous ramener dans un monde déjà connu permet à Raymond E. Feist et Janny Wurst d’entrer tout de suite dans le vif du sujet. Cela pourra ravir ceux que la partie descriptions inhérente à la fantasy ennuie. Encore une fois, on peut vraiment lire ce récit indépendamment de tout le reste, le minimum d’explication est fourni pour que l’on comprenne facilement le fonctionnement de ce monde où tout repose sur les usages, les traditions et le protocole.

La Trilogie de l’Empire, Tome 1, Fille de l’Empire est un roman de fantasy, mais où magie et combats épiques sont assez peu présents. On est ici dans un récit basé largement sur les intrigues politiques, où tout se joue par l’intelligence et la manipulation, plutôt que par l’épée et le bouclier. Certes, l’action n’est pas totalement absente mais intervient de manière relativement brève et épisodique.

La Trilogie de l’Empire, Tome 1, Fille de l’Empire reste néanmoins réellement passionnant. La tension nait vraiment immédiatement et ne fléchit pas jusqu’à la dernière page. Les difficultés succèdent aux stratagèmes inventés par Mara pour les surmonter, entraînant le lecteur au cœur du récit qu’il cherche à parcourir au plus vite. C’est à la fois dense en rebondissements, tout en restant clair et sur un rythme qui nous permet de vraiment connaître les personnages et le monde dans lequel ils évoluent. Mais encore une fois, jamais le roman n’est alourdit par des descriptions à rallonge.

On retrouve ici le style très agréable de Raymond E. Feist. Je ne sais pas exactement quel a été l’apport de Janny Wurts dans l’écriture, mais on retrouve cette écriture fluide et claire qui avait caractérisé les autres œuvre de l’auteur. Ce n’est pas de la grande littérature sur la forme, mais au moins le récit est toujours parfaitement compréhensible, cohérent et ne nous assomme pas de détails dont on sait que l’on n’en retiendra qu’une partie.

Raymond E. Feist continue donc à nous livrer des récits réellement prenant et à explorer tout ce que son imagination peut nous offrir. La Trilogie de l’Empire, Tome 1, Fille de l’Empire est un excellent roman de fantasy, qui donne une envie impatiente de lire la suite.

MAIGRET ET L’INSPECTEUR MALGRACIEUX (George Simenon) : L’Inspecteur sonne toujours 4 fois

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maigretetlinspecteurmalgracieuxL’été dernier, j’ai enfin découvert George Simenon, alors que j’ai grandi avec des livres de lui un peu partout autour de moi. Avec le recul, je me demande pourquoi j’ai attendu aussi longtemps, mais heureusement, il n’est jamais trop tard pour bien faire. Voici donc le quatrième, le deuxième du célèbre inspecteur, que j’ai eu l’occasion de lire : Maigret et l’Inspecteur Malgracieux. Un recueil de nouvelles, toujours aussi merveilleusement bien écrites.

Une enquête menée par un inspecteur qui semble attirer la guigne, un jeune garçon que personne ne veut croire, une victime qui avait pourtant tout d’un coupable et une victime qui n’a rien de commun avec les victimes habituelles d’homicide… Autant de mystères qui ne résisteront pas longtemps à la perspicacité de l’Inspecteur Maigret.

Si Hercule Poirot n’avait pas son pareil pour rassembler les faits pour dénouer les fils des mystères auxquels il s’attaquait, l’Inspecteur Maigret est celui qui sait le mieux lire les comportements humains. Simenon a, dans les centaines de romans qu’il a écrit, toujours exploré les méandres de l’âme humaine, au travers des petites faiblesses et travers de ses protagonistes. Il a toujours écrit sur les gens ordinaires, qui cachent parfois des secrets extraordinaires. J’ai déjà fait cette comparaison osée, mais on peut faire un parallèle avec Desperate Housewives.

Maigret et l’Inspecteur Malgracieux se situe pleinement dans cette optique. La nouvelle la plus typique est celle intitulée « On ne Tue pas les Pauvres Types », où l’homme à la pipe sait qu’un homme, surtout victime d’un meurtre, n’est jamais aussi ordinaire que ce que les apparences donnent à penser. Il décrypte les réactions des protagonistes pour essayer de voir au-delà des discours et percer à jour leur secret. Evidemment, il y arrive à tous les coups… Il n’est pas l’Inspecteur Maigret pour rien !

Quatre histoires courtes pour autant d’intrigues convaincantes. Bien sûr la brièveté des récits empêchent qu’elles ne soit trop complexes. Rien de spectaculaire donc, mais toujours cette subtilité et cette finesse propre à Simenon. Mais surtout le plaisir de découvrir comment Maigret va rassembler les éléments susceptibles de le faire accéder à la vérité. Cela ravira évidemment tous les amateurs de polars classiques. Les quatre nouvelles se lisent avec le même plaisir. Ce n’est certainement pas les écrits les plus marquants de l’auteur belge, mais ça vaut bien d’autres auteurs de polar vendus aujourd’hui à grands coups de marketing.

Mais ce qui fait toujours la différence avec Simenon, et Maigret et l’Inspecteur Malgracieux n’échappe pas à la règle, c’est évidemment le style de ce grand auteur. Cela reste incroyablement bien écrit. On se dit que s’il avait écrit l’annuaire téléphonique, on le lirait avec un immense plaisir. C’est léger, précis, percutant. Il n’y a pas de grands effets de style, on n’est pas au XIXème siècle, mais on est face à une des plus belles plumes que la langue française n’est jamais comptée. Il nous livre ici à nouveau de très belles pages, pas forcément spectaculaires, mais qui fait qu’elles se lisent avec une incroyable facilité. L’écriture de Simenon est un peu comme un maquillage réussi, qui sublime la beauté mais reste presque invisible.

Maigret et l’Inspecteur Malgracieux ravira les amateurs d’intrigues policières classiques, de belle plume et de récits courts. C’est un livre parmi d’autres dans la bibliographie de cet auteur. Mais cela le place déjà bien au-dessus du commun des romans.