UN ENFANT DE LA BALLE (John Irving): Un savoureux voyage, parfaitement guidé

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unenfantdelaballeL’Inde constitue en elle-même un monde à part, qui ne possède pas d’équivalent sur cette planète. S’y rendre constitue un tel choc que certaines personnes ne s’en remettent pas et pètent radicalement les plombs. On parle de « choc de l’Inde », qui est considéré comme un syndrome médical à part entière. Un Enfant de la Balle nous y emmène et nous fait découvrir certains aspects les plus étranges de cette société. Et quand le voyage se fait sous la plume de John Irving, le voyage est particulièrement délicieux.

Le Docteur Farokh Daruwalla est un chirurgien orthopédiste, né en Inde mais exerce désormais au Canada. Mais du coup, dans chacun de ces pays, il est vu comme un étranger. Un jour, à Bombay, un meurtre est commis sur le terrain de golf du club qu’il a pour habitude de fréquenter. Un crime qui va le renvoyer à son passé et faire ressurgir de nombreux personnages qu’il a eu l’occasion de croiser au cours de son existence.

Un Enfant de la Balle aurait pu être un roman policier pur et dur. Mais l’enquête policière n’y constitue qu’un prétexte à un vagabondage au cœur de l’Inde et une galerie de portraits haute en couleur et particulièrement dépaysante. Le début du roman peut d’ailleurs quelque peu rebuter par une richesse qui nous saute à la gorge, tant les éléments nous sont présentés sans aucuns liens visibles entre eux. Mais peu à peu, les pièces du puzzle finiront pas s’assembler et dessiner une intrigue cohérente.

Un Enfant de la Balle se caractérise donc avant tout par la richesse de son contenu. Acteurs de Bollywood, travestis, artistes de cirques, nain chauffeur de taxi… autant de personnages qui ne pourraient guère exister ailleurs, mais qui se mélangent ici sans problème, dans ce pays où tous nos repaires d’Occidentaux disparaissent. Mais comme cette histoire nous est racontée au travers d’un personnage, naviguant entre deux univers, on ne se sent jamais longtemps perdu. Les singularités de la société indienne sont vraiment considérées comme telles et ne nous sont pas présentées sans ménagement.

Reste l’intrigue principale. Comme je l’ai dit plus haut, elle constitue surtout un prétexte permettant entre les lieux et les époques. Et il faut bien admettre qu’elle n’est pas forcément passionnante par elle-même. Bien sûr, l’intérêt est ailleurs, mais elle aurait pu rendre Un Enfant de la Balle définitivement génial. Je cherche sans doute la petite bête et c’est bien plus un constat qu’un réel regret, tant ce livre reste fascinant et réellement original. La perfection n’est pas de ce monde et ce roman s’en rapproche déjà beaucoup plus que la plupart de ceux peuplant les étals des librairies.

Ce livre n’aurait jamais pu être écrit par un auteur moins solide et talentueux que John Irving. Il fallait une plume de ce calibre pour ne pas se sentir noyé dans une telle richesse, dans un voyage qui nous emmène si loin de tout ce que l’on connaît. Il fallait un style aussi affirmé pour nous faire oublier si vite le caractère fondamentalement atypique des personnages et pour les rendre aussi attachants. Bref, Un Enfant de la Balle n’aurait pas pu naître de l’esprit d’un lapin de deux semaines, à moins de ressembler à une bouillie quelque peu indigeste. On est donc heureux que le plat nous soit livré par un des phares de la littérature américaine contemporaine.

Un Enfant de la Balle est donc à conseiller à tous ceux qui aiment les voyages sortant de l’ordinaire, et de très loin ! Mais avec un guide comme John Irving, on a très vite envie de repartir.

LE CHRONIQUES DE KRONDOR, TOME 1 : PUG, L’APPRENTI (R.E. Feist) : Une porte d’entrée que l’on a plaisir à pousser

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puglapprentiLa figure de l’apprenti est on ne peut plus classique dans la littérature, le terme de roman d’apprentissage est d’ailleurs là pour le prouver. Prenez une jeune garçon (ou jeune fille, ne soyons pas sexiste) un peu ignorant, un peu naïf, faites lui vivre de grandes aventures qui lui apprendront à devenir un homme (ou une femme) accompli, et vous aurez une histoire pas très originale, mais qui fonctionnera à coup sûr, si elle est bien écrite. C’est exactement le cas de Les Chroniques de Krondor, tome 1 : Pug l’Apprenti.

Pug est un jeune orphelin, domestique au château de Crydee et qui ne semble doté d’aucun talent particulier. A l’adolescence, la tradition veut que les garçons soient rassemblés et les meilleurs choisis pour devenir des apprentis. A la grande surprise de l’assistance, Kulgan, le magicien du royaume, demande à ce que Pug devienne son élève. Des années de travail attendent ce dernier. Mais une menace mystérieuse survient et va bouleverser le futur du jeune garçon et celui du monde tout entier.

Les Chroniques de Krondor, tome 1 : Pug, l’Apprenti constitue donc de l’heroic fantasy tout ce qu’il y a de plus classique. Un monde aux mœurs moyenâgeuses, peuplés d’elfes, de nains, de dragons et bien d’autres créatures mystérieuses. Il n’y a donc pas vraiment de surprises à attendre de ce côté là. Les amateurs ne seront donc pas trop dépaysés. Mais tout cela n’empêche pas ce récit et ce monde de posséder son charme et son attrait bien à lui, qui les rendent très agréable à parcourir.

Tout d’abord, parce que le récit est bien construit. R.E. Feist nous dévoile doucement ce que sera vraiment le cœur des Chroniques de Krondor. Il nous laisse le temps de connaître les personnages et le monde dans lequel ils évoluent, avant de passer réellement au vif du sujet. Par contre, tout ce fait à travers des aventures et des péripéties. Le récit n’est pas du tout alourdi par de longues descriptions, ce qui arrive parfois dans ce genre littéraire. Certains y verront une qualité indéniable. Cependant, on est parfois un peu frustré de ne pas en connaître un peu plus sur cet univers imaginaire. On regrettera notamment l’absence d’une carte qui serait pourtant la bienvenue. Bien sûr, cela ferait un peu imitation du Seigneur des Anneaux… A la fois, l’héroic fantasy ne fait que réinventer encore et encore l’imaginaire de Tolkien, alors autant ne pas se priver.

Les Chroniques de Krondor, tome 1 : Pug l’Apprenti se distingue aussi par des personnages très attachants. Là encore, rien de bien original, mais une qualité réelle dans la manière dont ils prennent vie à travers le récit. Leur personnalité leur donne assez de consistance pour que le lecteur soit heureux de les retrouver pages après pages. On passe avec le même bonheur de passages centrés sur la vie quotidienne et les sentiments de acteurs à des moments où R.E Feist nous relate des évènements qui ont un impact sur ce monde tout entier. Cet équilibre entre péripéties nombreuses et bien racontées et des protagonistes qui présentent un intérêt au-delà des aventures qu’ils vivent constitue une des principales raisons qui font, qu’après ce premier tome, on a très envie de connaître la suite.

Le style de R.E. Feist est très agréable. Comme je l’ai évoqué plus haut, il n’est pas alourdi par trop de descriptions. Mais au-delà de ça, il est surtout léger et clair. Le récit reste toujours compréhensible, les relations entre les personnages aussi, malgré le caractère totalement imaginaire de ce monde. Voilà une caractéristique qui fait vraiment la différence avec bon nombre de récits d’heroic fantasy où le lecteur se sent parfois un peu perdu. On est donc là plutôt dans le haut du panier et les amateurs n’auront donc aucune raison de bouder leur plaisir.

Au final, Les Chroniques de Krondor, tome 1 : Pug, l’Apprenti est une très bonne porte d’entrée, dans un monde où il est fort agréable de vagabonder au fil des pages.

OPERATION TONNERRE (Ian Fleming) : Naissance d’un célèbre SPECTRE

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operationtonnerreOpération Tonnerre est connu comme étant un des meilleurs James Bond, du moins de la période Sean Connery. A tel point qu’il fut le seul à avoir droit à un remake, Jamais Plus Jamais, avec… le même Sean Connery. En fait, ce roman est au centre d’un imbroglio judiciaire entre le scénariste Kevin McClory et Ian Fleming, le premier accusant l’autre d’avoir abondamment pompé ses idées pour écrire son roman. C’est ainsi qu’il récupéra les droits d’auteur sur l’histoire et pu se lancer dans la production d’une nouvelle version cinématographique… Mais bon laissons-là ces histoire de 7ème art pour nous concentrer sur notre sujet uniquement littéraire.

James Bond est en piètre forme physique. C’est pourquoi ces supérieurs l’envoient suivre une cure d’amaigrissement. Mais comme un agent secret n’est jamais tranquille, il y échappera à une tentative d’assassinat. Ce petit séjour lui ayant fait le plus grand bien, il peut affronter avec toutes ses facultés un nouvel ennemi : le SPECTRE. Une organisation terroriste qui a réussi à dérober deux bombes atomiques.

Je ne sais pas s’il y a un lien de cause à effet avec le fait que Ian Fleming se soit largement inspiré du travail d’un autre, mais il est incontestable que Opération Tonnerre est supérieur à tous les romans de la série l’ayant précédé Intrigue plus complexe, personnages plus fouillés, péripéties variées et prenantes… Bref tous les ingrédient d’un bon roman d’espionnage à l’ancienne. Si on ajoute à cela émergence d’un grand méchant légendaire, ce livre est vraiment le premier, avec peut-être Casino Royale, qui peut mériter d’être lu au-delà de la curiosité de savoir où est né l’espion le plus célèbre du monde.

Opération Tonnerre reste certes une série B de la littérature, mais possède tout le charme lié à ce genre de roman. Ca se lit facilement, n’est pas très long, avec un style et une intrigue qui ne s’embarrassent guère de fioritures. Certes, comme je l’ai indiqué plus haut, cette dernière est un peu plus élaborée que d’habitude, mais elle reste rythmée et focalisée sur l’action, sauf peut-être dans son premier tiers. Le dénouement par contre est, comme d’habitude, très rapide et relativement brutal. Ceux qui n’aiment pas les fins à rallonge seront contents.

Il est intéressant de noter que ce roman a été écrit à partir de ce qui aurait du être le scénario du premier James Bond à l’écran. Et on sent déjà que le personnage de Ian Fleming tend quelque peu vers ce qu’il sera plus tard à l’écran, très différent de celui des premiers romans de la série. James Bond est un peu moins cette tête brûlée incontrôlable, à la limite parfois de la grossièreté, et arbore de plus en plus l’élégance et la classe qu’incarncera Sean Connery. On peut mettre ça sur le compte d’une évolution naturelle du personnage, forcément plus mature, mais l’influence du cinéma grand public de cette époque, aux personnages rarement ambigus a forcément joué un rôle.

Ian Fleming n’est définitivement pas le plus grand auteur qu’aura connu la langue anglaise. Mais il a crée un mythe et restera ainsi à la postérité. Sans cela, il est sûr que Opération Tonnerre aurait été oublié, comme toute cette littérature « de gare » produite entre les années 50 et 70. Personnellement, j’aime beaucoup cette littérature « populaire » (même si le terme est malheureusement trop souvent péjoratif) et la série de James Bond est quand même dans le haut du panier, en particulier ce volume.

Opération Tonnerre est un film à revoir assurément. Un roman à lire, c’est moins sûr, même s’il pourra vous procurer un moment de détente bien agréable.

L’HERITAGE, TOME 3 : BRISINGR (Christopher Paolini) : Bonne frustration

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brisingrParfois la joie vous attend au détour d’un rayon d’un supermarché, lorsque vous venez acheter du jambon avec votre copine (j’ai une vie passionnante!) et que, en allant vers les caisses, vous apercevez déjà en livre de poche un bouquin que vous ne pensiez pas trouver dans ce format avant longtemps. Comme quoi, le bonheur tient à rien parfois. Ce fut donc mon cas en découvrant le troisième tome de l’Héritage, intitulé Brisingr.

Eragon est encore sous le choc de son duel avec Murtagh, qu’il pensait mort et qui a finalement rejoint les rangs de l’armée de Galbatorix (oui, je sais, le nom est ridicule, mais bon, l’auteur n’a sûrement jamais lu Asterix). Dépossédé de son épée Zar’roc, il tient néanmoins à tenir sa promesse faite à son cousin de l’aider à délivrer sa financée des griffes des terribles Ra’zacks et venger par la même occasion la mort de son oncle. Mais alors que la guerre se répand un peu partout, le jeune dragonnier sait qu’il lui faudra retourner auprès des elfes compléter sa formation.

Avant de rentrer dans le vif du sujet, un petit mea culpa. Lors de ma critique de deuxième tome de l’Héritage, l’Aîné, j’ai commis quelques petites erreurs. Déjà, le héros de cette saga s’appelle bien Eragon, et non Eragorn comme je n’ai cessé de l’appelé. Il reste assez évident que ce nom est inspiré d’Aragorn du Seigneur des Anneaux pour ne pas en remettre une couche. Ensuite, j’ai parlé de trilogie, alors qu’au final, le saga s’étendra sur quatre tomes. L’Héritage, tome 3, Brisingr ne met donc pas fin à cette histoire et l’attente du dénouement risque d’être encore longue, vu que le roman n’est pas encore paru aux Etats-Unis (c’est prévu pour le 8 novembre 2011). Alors d’ici qu’il sorte en poche en France…

La question que l’on se pose à la lecture de l’Héritage, tome 3, Brisingr est de savoir si ce passage à une tétralogie était vraiment indispensable. Car, en effet, l’intrigue avant assez peu dans ce tome, malgré ses plus de 800 pages. Il était certainement possible de conclure dès maintenant en proposant un récit aussi dense que dans le premier tome, Eragon. Mais d’un autre côté, quand un voyage littéraire est agréable, pourquoi ne pas s’attarder un peu et prendre le temps de découvrir un peu plus en détail un monde totalement imaginaire ?

Brisingr est donc quelque peu frustrant, mais il s’agit là de bonne frustration. On se situe sur un rythme plus proche de la série télévisée que celui d’un long métrage. Mais on y est désormais totalement habitué et on apprécie même cette lenteur. Surtout qu’il est loin de ne rien se passer, bien au contraire, simplement les évènements ne sont pas forcément tous cruciaux pour l’avancée de l’intrigue principale. La part faite aux descriptions au sens large est incontestablement plus importante, mais sans jamais alourdir le style.

Christopher Paolini publia le premier tome tout juste âgé de 19 ans, celui-là à 25 ans. Et on sent bien que l’auteur a bien mûri entre temps. D’ailleurs, ce ralentissement du rythme de narration montre une plus grande maîtrise, un impatience et une naïveté moins marquées. Mais le charme est toujours là et l’univers crée toujours aussi séduisant. Brisingr a peu de chance de décevoir ceux qui ont déjà apprécié le début de la saga. On retrouve toujours cet enthousiaste de l’auteur à puiser dans ses sources d’inspirations, quitte à ce que les emprunts soient parfois extrêmement visibles. On peut noter cependant une légère prise de distance, même si certains éléments continuent de rappeler très clairement le Seigneur des Anneaux.

L’Héritage, tome 3, Brisingr ne peut évidemment se lire sans ses deux prédécesseurs. Il réussit néanmoins à en être digne et à nous faire trépigner d’impatience jusqu’au dénouement.

LORD GAMMA (Michael Marrak) : Un dénouement comme on aimerait en voir plus souvent

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lordgammaPlonger ses personnages, et ainsi son lecteur, brutalement dans une situation mystérieuse et étrange est un procédé narratif classique et qui fonctionne plutôt bien. L’auteur joue ainsi sur notre désir de compréhension ce qui semble inexplicable dans un premier temps. Les indices s’accumulent, dévoilant parfois une partie du mystère, mais pour souvent en remettre une bonne couche également. Tous les fans de Lost connaissent bien le procédé. Mais voilà, il arrive un moment où il faut tout dévoiler, tout expliquer et surtout donner une cohérence à l’ensemble. C’est généralement à ce moment que les choses se corsent et souvent, la déception est au rendez-vous. Cela aurait pu être le cas avec le roman Lord Gamma de Michael Marrak. Mais au final, c’est tout l’inverse qui se produit.

Stan Ternasky suite une route qui semble sans fin dans un décor désertique où le soleil est figé en crépuscule perpétuel. Une route uniquement ponctuée de bunkers dans lesquels vivent les clones (dont le sien) des passagers de l’avion dans lequel il se trouvait dans son dernier souvenir « terrestre ». Parmi eux, il doit à chaque fois retrouver Prill, sa compagne, et la convaincre de partir avec lui pour qu’il puisse vérifier si elle est bien le clone qu’il recherche. Tout cela sur les instructions du mystérieux Gamma qui communique avec lui par l’intermédiaire d’un poste de radio.

Lord Gamma présente la particularité d’être un roman de science-fiction allemand. Bon, cela reste au final anecdotique, mais assez rare pour être signalé. C’est surtout un excellent roman, bien meilleur que ce que laissent penser ses deux premiers tiers. En effet, passée la surprise initiale, on est qu’assez peu convaincu par la suite des évènements et par les débuts d’explications qui nous sont apportées. On s’imagine alors facilement que tout cela va se terminer en eau de boudin, dans une révélation confuse, incohérente et difficilement crédible.

Or, il n’en est rien. Michael Marrak prend le temps de tout expliquer et arrive remarquablement à recoller les morceaux de manière claire et convaincante. Si Lord Gamma n’est pas le roman de science-fiction du siècle, cela fait vraiment plaisir de trouver un auteur qui ne se contente pas de faire monter la sauce et qui se soucie de la cohérence des éléments dont il s’est servi pour accrocher le lecteur. Cela permet de rester sur une très bonne impression, sans aucune frustration et c’est très agréable, surtout que c’est malheureusement trop rare.

Lord Gamma enchaîne les passages tournés vers l’action et ceux plus descriptifs, où nous partageons les interrogations de Stan sur le pourquoi du comment de ce qu’il est en train de vivre. Le roman alterne également les chapitres entre ceux plus longs qui décrivent l’intrigue principal et ceux plus courts qui nous font vivre les premiers instants du personnage principal dans ce monde étrange. Cela contribue à éviter toute monotonie dans le récit et permet de passer sans problème même les passages un peu plus faibles.

Le style de Michael Marrak sans être exceptionnel est clair et vivant. Bien sûr, il plonge parfois le lecteur dans la perplexité à certains moments, mais le dénouement révèlera que cela provient bien d’une vraie démarche volontaire, totalement maîtrisée, non de défauts de la narration. Comme tout récit situé dans un monde imaginaire, les descriptions sont nombreuses mais elles se concentrent sur l’essentiel, étant avant tout informatives et non prolongées pour le simple plaisir. La fin prend la forme d’une longue explication, mais comme elle donne du sens à tout le reste, on la dévore avec avidité.

Lord Gamma n’est donc pas le roman de science-fiction du siècle, mais il possède certaines qualités rares qui raviront les amateurs du genre.

SPELLMAN ET ASSOCIES (Lisa Lutz): Des détectives pas comme les autres

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spellmanetassociesLe détective privé, voilà une figure ultra-classique du polar. A tel point que l’on se demande comment on pourrait encore la renouveler. Tout a été dit et inventé à ce sujet… Enfin, tout cela, c’était avant de lire Spellman et Associés de Lisa Lutz, un petit bijou d’humour et d’originalité… à défaut d’être un grand polar.

Chez les Spellman, on est détectives privés…en famille. Le père, la mère, les deux filles, l’oncle… Bon, il y a bien un fils qui est devenu avocat à la place, mais du coup, il devient leur principal fournisseur de clients. Mais à force d’espionner les autres, une mauvaise habitude s’installe dans la famille : celle de s’espionner les uns, les autres. Une des deux filles, Izzy, commence d’ailleurs à en avoir assez, tandis qu’elle semble enfin débuter une relation amoureuse normale et menace de quitter l’agence. Pour la retenir, ses parents lui confient une vieille affaire apparemment insoluble… Mais c’est sans compte sur la ténacité de la jeune fille.

Spellman et Associés est un livre vraiment drôle. Ma copine m’a d’ailleurs surpris en train de rire tout fort pendant sa lecture. C’est une chose assez rare pour le noter. Un portrait absolument irrésistible d’une famille pas comme les autres, où chaque membre est inoubliable. Ils sont vus à travers les yeux de Izzy, la narratrice, qui porte un regard sans concession et désabusé sur son entourage… et sur elle-même. La férocité ironique (mais pas toujours) dont elle fait preuve constitue le principal moteur comique de ce livre. Et le moins que l’on puisse dire est qu’il fonctionne très bien.

Le style de Lisa Lutz est incroyablement dynamique et contribue à rendre le récit particulièrement vivant. On ne voit pas passer les pages de ce roman particulièrement original et savoureux. Il se lit avec une facilité déconcertante, totalement adaptée à un livre qui cherche avant tout à distraire et à faire rire. Le récit est divisé en courts chapitres, alternant l’intrigue principale avec des anecdotes sur l’histoire de la famille et de ceux qui la composent.

Faire rire avec des gens un peu fêlés sur les bords n’est pas le procédé le plus original qui soit. Mais le plus difficile reste à les rendre réellement attachants, malgré leur petit grain. Une chose est sûre, vous n’aurez pas envie de croiser les Spellman dans la vraie vie vraie, mais après la lecture de ce roman, vous n’aurez qu’une seule envie : les retrouver pour de nouvelles aventures aussi loufoques et délirantes. Lisa Lutz tient là une galerie de protagonistes qui donneront naissance, n’en doutons pas, à une longue série de romans. Spellman et Associés possède d’ailleurs une suite, les Spellman se déchaînent… Quand on voit ce dont ils sont capables dans le premier volet, ce titre est particulièrement prometteur…

Bon pour finir, évoquons tout de même le léger détail qui fâche. Au milieu de tous ces éloges, je dois faire part d’une légère déception. En effet, l’intrigue « policière » principale qui sert de fil rouge à une large part du récit se termine un peu en eau de boudin. Toute la vérité est servie d’un coup et on se demande bien pourquoi elle n’a pas surgit avant. Bon, l’intérêt de Spellman et Associés est ailleurs et ce n’est sûrement pas cet aspect qui lui donne sa si grande originalité. Ce n’est donc pas bien grave, ne retire que peu de choses au plaisir que l’on éprouve à sa lecture, mais c’est un peu dommage de ne s’être privé d’un vrai suspense. Que voulez-vous, la perfection n’est pas de ce monde.

En tout cas, Spellman et Associés a bien confirmé tout le bien que j’avais pu en entendre avant de le lire. Un roman qui fera rire tous ceux qui se lanceront dans sa trop courte lecture.

L’ETOILE DE PANDORE, TOME 1 (Peter F.Hamiton) : Une étoile qui brille très fort

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letoiledepandore1Partir dans l’espace et découvrir d’autres mondes, voilà une idée qui fait rêver les hommes depuis longtemps. Elle a largement été source d’inspiration littéraire, depuis Cyrano de Bergerac jusqu’à aujourd’hui, où l’offre dans le domaine de la science-fiction est pléthorique. Il est donc désormais dur de se démarquer de la concurrence. Mais Peter F. Hamilton et son L’Etoile de Pandore y est parfaitement parvenu.

L’humanité a désormais colonisé plus de 600 planètes, qu’elle a rapidement peuplées, formant ainsi un Commonwealth galactique. Elle est également entrée en contact avec des peuples extra-terrestres, parfois étranges, mais jamais belliqueux. Un jour, un obscur astronome observe la disparition simultanée de deux étoiles. Un phénomène bien trop brutal et synchrone pour être d’origine naturelle. Les autorités sont alors tentés d’envoyer une mission d’observation. Mais quelle puissance technologique a pu réaliser une telle prouesse ? Et surtout, est-on assuré des bonnes intentions des auteurs de ce prodige ?

L’Etoile de Pandore présente un équilibre assez peu commun pour ce genre d’ouvrage. On y retrouve bien entendu le plaisir de la découverte de mondes et de peuples inconnus, où l’imagination de l’auteur peut vagabonder sans retenu et surtout sans limite. Voici quelque chose qui séduit tous les amateurs de science-fiction ou de fantasy. Mais ici, Peter F. Hamilton ne s’attarde pas sur ces aspects. Ils sont bien présents, mais ne forment que le décor de quelque chose de bien plus complexe, et je serais presque tenté de dire intéressant.

En effet, l’Etoile de Pandore, c’est avant tout une intrigue particulièrement riche, avec une multitude de personnages et de parcours croisés. Peter F. Hamilton prend le temps de nous les présenter, ce qui aide le lecteur à bien les situer par la suite. Mais il est quand même fortement déconseillé de d’interrompre pendant six mois la lecture de ce livre, vous risqueriez d’avoir un peu de mal à vous y replonger. Il faut dire que ce livre, déjà relativement épais, n’est que le premier tome d’une série de quatre. Il y a donc de la matière à brasser et cela demande un petit temps d’assimilation.

Mais l’effort vaut largement le coup d’être fourni car cette relative complexité ne nuit en rien à l’intérêt du roman, bien au contraire. C’est plutôt le contre-coup de sa grande richesse, qui nous fait voyager d’un coin à l’autre de l’univers, sans que le récit ne soit ralenti par de trop longues descriptions, auprès de personnages très différents. Encore une fois, c’est vraiment l’intrigue, les protagonistes, leurs relations qui intéressent en premier lieu Peter F. Hamilton. Cela n’enlève rien à la qualité et l’intérêt du décor.

Toutes ces qualités demandent évidemment une écriture claire et percutante. Ce n’est pas forcément de la grande littérature, mais un style mature et efficace, qui laisse une bonne part aux dialogues. Il s’agit là vraiment d’une œuvre adulte, pas d’un roman pour grands enfants en mal de vaisseaux spatiaux.

Je voudrais également saluer la grande qualité du prologue. Commencer par un court récit qui à première vue n’a pas de rapport avec l’intrigue principale est un procédé hyper classique. Celui-là se termine par un rebondissement qui vous permet de comprendre très vite que vous n’avez pas une œuvre de seconde zone entre les mains. Evidemment, ce ne sont que quelques pages à l’orée d’une saga qui s’étirera sur quatre tomes, mais cela vous met tout de suite dans l’ambiance et surtout vous donne une folle envie de lire la suite.

Et tant mieux, car cette envie ne diminue jamais au fil de pages. Et encore moins quand, comme moi, vous venez de terminer le premier tome et vous apprêtez à vous rendre dans la première librairie pour acquérir les trois suivants. 

LE CRIME DE PARAGON WALK (Anne Perry) : Série relancée !

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lecrimedeparagonwalkCharlotte et Thomas Pitt sont les héros récurrents d’une série de romans policiers, qui nous plongent dans la haute société anglaise de la fin du 19ème siècle. J’avais beaucoup apprécié L’Etrangleur de Cater Street, qui ouvrait la série et nous présentait les personnages. Par contre, sa suite, Le Mystère de Callender Square m’avait profondément déçu. Je me suis donc attaqué à le Crime de Paragon Walk afin de savoir si cette série valait le coup d’être poursuivie.

A Paragon Walk, un des quartiers les plus huppés des faubourgs de Londres, un crime sordide est commis. Un meurtre accompagné d’un viol. Toute cette petite société, pleine d’hypocrisie et de conventions sociales, est en émoi, surtout lorsqu’il devient de plus en plus évident que le coupable est un des leurs. Parmi eux, Emily, la sœur de Charlotte. Ces deux dernières ne pourront s’empêcher de mettre le nez et leur curiosité un peu partout, histoire de seconder Thomas, chargé de l’enquête par Scotland Yard.

Le verdict est mitigé, mais plutôt favorable. Si le Crime de Paragon Walk n’est pas un chef d’œuvre de la littérature policière, on y retrouve une grande partie du charme de L’Etrangleur de Cater Street. Et contrairement à le Mystère de Callender Square, le récit est porté par une intrigue qui, sans être particulièrement originale ou géniale, arrive à capter l’intérêt du lecteur. Cette fois, on a réellement envie de connaître le pourquoi du comment. Et c’est quand même relativement indispensable pour un polar, aussi historique soit-il.

Le charme de cette série repose sur deux éléments principaux. Tout d’abord, ses deux héros. Deux originaux dans cette société si conventionnelle, qui apparaissent souvent comme des éléphants dans un magasin de porcelaine. Anne Perry joue pleinement sur ce contraste pour nous les rendre particulièrement sympathiques. Cette fois, ils sont largement épaulés par Emily, la sœur de Charlotte, qui figurait précédemment comme simple personnage secondaire. On apprend à mieux la connaître et cela apporte un peu de fraîcheur à la série. C’est le problème avec les personnages récurrents, on perd vite le plaisir de les découvrir une fois qu’on les connaît trop bien.

La plongée dans la haute société anglaise des années 1880 constitue également un des fils rouges des romans d’Anne Perry. Elle porte sur elle un regard acide, jamais complaisant, n’hésitant pas nous faire partager toute leur intolérance et leur vacuité. Elle dénonce avec force le sentiment de grandeur qui habite ces personnages souvent pédants et dont la valeur humaine flirte avec le pet de lapin. Dans le Crime de Paragon Walk, Anne Perry en remet une bonne couche en nous décrivant plusieurs protagonistes particulièrement antipathiques. On flirte parfois avec le caricatural, mais le tableau de cette société dressé ici reste tout de même un point fort de ce roman.

La plume d’Anne Perry est particulièrement légère. On dévore ce livre sans effort et sans risquer la migraine. Ce n’est vraiment pas de la grande littérature, mais sans jamais tomber dans la médiocrité. Il n’y aucune prétention dans son écriture, qui se contente d’être un parfait support à un divertissement littéraire, certes pas inoubliable, mais qui se laisse lire avec un certain plaisir.

Après le Crime de Paragon Walk, je m’attaquerai donc très certainement au roman suivant de cette série, Ressurection Row. Des romans que je conseillerais à tous les amateurs de polars historiques légers. 

L’HERITAGE, TOME 2 : L’AINE (Christopher Paolini) : Talent, naïveté et impatience

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laineElevez vos enfants sans internet et sans télévision, nourrissez-les de livres et ils deviendront des écrivains à succès. Bon évidemment, cette recette risque fort de ne pas fonctionner à tous les coups. En tout cas, elle a marché avec Christopher Paolini, l’auteur de la trilogie l’Héritage, dont le premier tome, Eragorn, fut publié alors qu’il avait à peine 19 ans. Voici le second tome, l’Aîné, sorti deux ans plus tard (en 2005 pour être précis).

Eragorn et les Vardens ont remporté une grande victoire. Mais le jeune dragonnier doit vite partir chez les elfes terminer sa formation, avant d’être capable d’affronter l’Empereur Galbatorix. Pendant ce temps, son cousin, Roran est recherché par les soldats de ce derniers, qui menacent de massacrer tout son village s’il ne se rend pas.

La trilogie de l’Héritage est une œuvre singulière par son histoire. Pondre un tel best-seller à peine sorti de l’adolescence n’est pas donné à tout le monde. Voir son premier roman adapté à Hollywood non plus… Sauf que l’adaptation d’Eragorn fut un des pires massacres de l’histoire du cinéma… Bref, je calme ma colère de cinéphile et revient à mon mouton, le second tome de la trilogie, l’Aîné.

Globalement, le très jeune âge de son auteur se fait sentir au fil des pages de l’Aîné. Mais on sent qu’il a déjà grandi et mûri depuis Eragorn. L’œuvre est moins naïve, mais conserve cependant son charme. Un charme qui mêle une imagination florissante et des références un peu trop directes parfois à ses sources d’inspiration, le Seigneur des Anneaux en tête. Un auteur confirmé n’aurait jamais procédé ainsi, avec autant de candeur. Mais au final, cela donne sa personnalité à cette saga, qui prouve qu’à la fois, la valeur n’attend pas le nombre des années et qu’à la fois, l’expérience reste irremplaçable. Il faut donc prendre son parti de ce constat et prendre ce livre pour ce qu’il est, c’est à dire l’œuvre d’un auteur extrêmement talentueux mais très jeune.

Mais ce manque de maturité dans l’écriture n’a, de plus, pas que des inconvénients. Car l’Aîné, comme le tome précédent, est écrit dans un style simple et direct qui permet au lecteur de le dévorer. On retrouve un peu ce qui fait le charme du style de J.K. Rowling pour Harry Potter, même si encore une fois, la différence d’âge et d’expérience se font sentir. Il est clair que la plume de Christopher Paolini n’est pas la plus inoubliable qui soit, mais elle est vive et alerte et colle parfaitement avec l’esprit du récit. Bref, elle constitue bien plus un atout qu’un défaut.

Reste l’intrigue de ce deuxième volet. L’Aîné est forcément moins passionnant que Eragorn. Il souffre du même défaut que la plupart des deuxièmes volets d’une trilogie. Il n’y a plus pour le lecteur la magie de la découverte d’un monde imaginaire et il n’y a pas non plus la tension narrative liée au dénouement. On est dans un moment de calme avant la tempête finale que l’on attend avec impatience, et qui fait quelque peu passer les évènements relatés ici pour de l’anecdotique. Mais Christopher Paolini en profite pour développer les aspects de son monde qu’il n’avait fait qu’évoquer lors du premier tome. Il en profite surtout pour faire évoluer ses personnages et leur faire acquérir la maturité dont ils auront besoin lors de l’affrontement finale. La trilogie de l’Héritage a un fort aspect « roman d’apprentissage ». Alors évidemment, le jeune Américain n’a pas le talent d’un Balzac, mais j’aurais quand même rêvé d’écrire un tel roman à son âge.

Par contre, pour le lecteur français, la trilogie de l’Héritage souffre d’un incontestable inconvénient. C’est le nom du grand méchant. Galbatorix… Cela semble sorti d’un mauvais album d’Asterix. Evidemment, cela ne pose problème que chez nous, mais du coup, ce personnage qui devrait inspirer la crainte prête involontairement à sourire. Mais bon, ça reste mince comme défaut.

L’Aîné donne donc une furieuse envie de lire Brinsingr, le troisième et dernier tome, de la trilogie de l’Héritage. Il est évident que cette dernière ne vaut pas le coup d’être lue pour ce tome uniquement, mais il constitue une très bonne transition avant un final que l’on attend avec impatience… Enfin personnellement, ça donnerait plutôt « dont j’attends qu’il sorte en format poche avec impatience… » 

AUCUNE BETE AUSSI FEROCE (Edward Bunker) : Voyage au fond de la nuit

aucunebeteaussiferoce

aucunebeteaussiferoceDans la série des anecdotes absolument passionnantes et indispensables, en voici une que je vais avoir un malin plaisir à partager avec vous. J’ai commencé à lire Aucune Bête aussi Féroce le jour même où j’ai vu le film Mon Pote. C’est dingue non ? Bon ok, pour l’instant vous ne voyez pas vraiment le rapport, je le sens. En fait, ces deux œuvres traitent exactement du même sujet, mais de manière très différente… Donc, je recommence… C’est dingue, non ?… non ?… De toute façon, je suis un incompris…

Max Dembo est un braqueur qui vient de passer plusieurs années en prison. Il sort sous le régime de la liberté conditionnelle, bien décidé à vivre enfin dans le droit chemin, pour ne jamais remettre les pieds dans une cellule. Mais le pourra-t-il vraiment ?

Si Mon Pote nous donnait une vision quelque peu idyllique de la vie post-carcérale, Aucune Bête aussi Féroce est au contraire un vrai roman noir qui nous livre une vision sans concession du milieu de la pègre de bas étage et de la manière dont la fréquenter peut vous coller à la peau pour toujours. Il faut dire que l’auteur sait de quoi il parle puisque Edward Bunker est lui-même un ancien braqueur récidiviste. On peut d’ailleurs constater que sa littérature est beaucoup plus pessimiste que son propre parcours, puisque lui, s’en est visiblement définitivement sorti.

Aucune Bête aussi Féroce est un livre passionnant par la neutralité avec lequel il nous décrit son univers. Aucun jugement moral, aucune célébration, juste un portrait réaliste d’une frange de la société qui a bien du mal à sortir de ses propres clichés. Car ce livre n’excuse jamais ses protagonistes, il nous fait simplement partager les raisonnements qui poussent des hommes à rester prisonnier de certains schémas. Bien sûr, les forces qui leur maintiennent la tête sous l’eau sont nombreuses et également parfaitement décrites, mais jamais Edward Bunker ne prend partie en désignant les bons et les méchants.

Mais Aucune Bête aussi Féroce n’est en rien une étude sociologique. C’est avant tout un superbe roman noir, avec une intrigue solide, des personnages complexes, le tout porté par un style de très grande qualité. Une plume nerveuse, extrêmement vivante qui nous plonge réellement dans cet univers. Gare au choc alors, car il est violent et livré sans prendre de gants. La neutralité évoquée plus haut est parfois dérangeante dans le sens où elle nous plonge au cœur des évènements en nous forçant à nous faire notre propre jugement moral. Et ce n’est pas toujours aussi évident qu’il y paraît au premier abord.

Aucune Bête aussi Féroce se lit donc d’une traite. Suivre les pas de Max Dembo est un voyage qui ne laisse pas indifférent, mais un voyage passionnant. Une histoire que vous devrez voir avec vos propres yeux, votre propre subjectivité. Mais aussi une histoire solidement construite, riches et trépidantes, pleines de rebondissements et dont le dénouement est particulièrement soigné.

Bref, un grand roman.