On commence cet avis l’inconnu de la bande. Ou plutôt les inconnues, puisque Sleater Kinney est un groupe de punk 100% féminin qui nous vient des Etats-Unis. Avec Nos Cities to Love, un album qui marque leur grand retour après 10 ans de silence, elles nous livrent un rock direct et pour tout dire quelque peu basique. L’énergie compense le manque de maîtrise. Bref, c’est bien du punk. Mais au final, ce n’est pas hyper varié non plus. Agréable certes, mais rien d’inoubliable. On retiendra simplement le titre No Anthems, qui résume à lui seul tout l’album.
On par en Australie pour retrouver AC/DC, vielle connaissance s’il en est. Rock or Burst nous offre un rock plus en maîtrise que d’habitude. L’âge et la maturité sans doute. La ligne mélodique est plus claire et la voix généralement moins poussée. Si cela change quelque peu de ce qu’ils nous livrent d’habitude, au sein de l’album, les titres se ressemblent quand même beaucoup. Mais tout de même, le résultat reste remarquablement solide et maîtrisé.
Avec Q Live in Paris de The Quincy Jones Big Band, je m’aventure dans un style musical que je maîtrise assez peu : le jazz. C’est en essayant d’écrire sur cet album que je m’aperçois à quel point cet univers m’est largement inconnu, tant les mots me manquent et j’ai du mal à me raccrocher à quoi que ce soit de familier. En tout cas, la musique offerte ici est un jazz doux et mélodieux. Le résultat est terriblement séduisant, même pour un non amateur comme moi. Un album suave, plein d’une totale maîtrise, qui séduira un large public.

On traverse la Manche pour Flashlight Sessions de Gravenhurst, une réédition d’un album sorti en 2001, après que son leader, Nick Talbot, soit décédé en 2014. Mais quand on l’écoute, on se demande bien pourquoi l’avoir réédité. En effet, il est parcouru par une ambiance éthérée et mélancolique, qui donne globalement un résultat assez chiant. C’est d’une platitude complète, aussi dans la voix que dans les instrumentations. C’est au final hyper monotone, même si l’album se termine par deux titres, The Ice Tree et Hopechapel Hill qui surnagent quelque peu.
On termine en traversant carrément l’Atlantique pour découvrir Black Messiah, album de D’Angelo and the Vanguard. Mais quelle que soit la destination, la déception est là. Il nous offre une musique soul, aux sonorités électro, relativement déstructurée. C’est groovy, mais pas mélodieux, ni réellement entraînant. C’est assez inintéressant, voire même parfois désagréable. Ca ressemble un peu à du Prince… mais du sous-Prince !
On enchaîne avec The Veil, un album du groupe suédois Simian Ghost. Ce dernier nous offre une musique évaporée et fraîche, très agréable, qui coule toute seule aux oreilles. Ce n’est pas toujours hyper élaboré, mais toujours mélodieux et doux. Ils parviennent à créer une belle ambiance. Cependant, l’album est peut-être un peu long. 18 plages, c’est un peu trop pour un album agréable mais sans non plus une épaisseur incroyable. Heureusement, quelques titres cassent un peu la légère monotonie, comme Never Really Know, un morceau qui sonne un peu plus funky et qui est vraiment sympa.
On termine avec Curtis Harding, un artiste américain qui n’a même pas sa page sur Wikipedia en anglais. C’est d’autant plus incompréhensible que Soul Power est véritablement un excellent album. Un son jazzy et soul, suave et agréable. Les titres sont d’une qualité constante, portés par une très belle voix et une grande maîtrise. Il n’y a vraiment ici aucune monotonie, avec une alternance de styles, entre blues et même rock. Bref, une très belle découverte.
Father John Misty est lui aussi américain. Il est connu pour avoir participé à de très nombreux groupes de rocks indépendants (dont je n’ai pour la plupart jamais entendu parlé), mais aussi par une carrière solo assez prolifique. Il nous offre avec son album I Love You, Honeybear une musique pop quelque peu évaporée, mais surtout douce et agréable. Le résultat n’est pas transcendant, mais se caractérise par une belle maîtrise. Ce n’est jamais monotone et la qualité est constante. Rien d’inoubliable, mais un bon album.
On termine cet avis avec un dernier Américain, Bill Callahan. Une légende de la musique country, qui tourne depuis plus de trente ans. Dream River nous permet de découvrir une nouvelle fois sa voix grave et profonde. Elle séduit immédiatement, bien qu’il parle parfois plus qu’il ne chante. Les instrumentations sont vraiment minimalistes, mais arrivent à créer une ambiance prenante. On l’a connu plus percutant, mais le résultat reste tout de même particulièrement plaisant.
On poursuit avec Moon Duo, un nouveau groupe américain, et leur album Shadow of the Sun. Là aussi le résultat est quelque peu évaporé et pas vraiment marquant. Le travail sur les instrumentations n’est pas inintéressant, mais sans être transcendant non plus. La voix est fade et effacée et les titres sont tous dans le même registre. Contrairement, à l’album plus haut, il n’y a pas de côté mélodieux pour compenser et celui-ci est au final tout simplement insupportable.
On termine avec une artiste anglaise Marika Hackman qui signe avec We Slept at Last un album… évaporé lui aussi. Mais il se caractérise surtout par une grande mélancolie, qui rend le résultat toujours mélodieux et parfois même envoûtant. Cependant, là encore, les titres sont tous plus ou moins sur le même registre. Les instrumentations sont certes quelque peu travaillées, mais sans être plus originales ou convaincantes que ça.
On reste dans le folk américain avec Elvis Perkins, même si cette fois c’est un binoclard blanc. Son album I Aubade est surtout nettement moins convaincant. Dès le départ, on est plongé dans un univers musical décousue et pour tout dire assez chiant. C’est lent, plat et monotone. La voix est aigrelette qui se pose sur des instrumentations minimalistes qui ne vont donc pas sauver la mise. Bref, l’album ne décolle jamais d’un iota et on s’ennuie ferme.
On ne change toujours pas de pays… ni trop de style musical. Par contre, cette fois, on passe à un gros barbu appelé Matthew E White et son album Fresh Blood. Il nous propose une musique douce, qui tire parfois vers la berceuse. Mais des jolies berceuses qui coulent agréablement aux oreilles. Le résultat est classieux, tranquille, maîtrisé, jamais monotone, parfois envoûtant, toujours séduisant. Bref, du bonheur paisible dans un monde de brutes.
Autre vieille connaissance, le groupe anglais Blur, qui signait son grand retour avec The Magic Whip. On plonge tout de suite dans une ambiance musicale typique de leur style habituel. Cela reste terriblement créatif, malheureusement assez inégal et parfois carrément chiant. Cependant, on ne peut que saluer le travail artistique, la maîtrise et la diversité des titres où on sent bien que chaque sonorité a été ciselée avec une infinie précision. Mais globalement, c’est assez loin de la qualité des albums sortis dans les années 90.
On termine cet avis, spécial vieille connaissance, avec Laura Marling et son album Short Movie. Révélée à 16 ans par une musique fraîche et très pop, elle signe ici un album plus mature, où elle semble vouloir explorer de nouveaux champs musicaux. Mais elle ne le fait malheureusement pas toujours avec bonheur. Elle enchaîne des titres où elle parle plus qu’elle ne chante, du rock sans envergure, de la pop zen mais sans souffle. Bref, l’album ne parvient jamais à vraiment décoller, comme si elle cherchait sa voie, sans jamais la trouver.
On poursuit avec la pop maîtrisé et fraîche de The Leisure Society, un groupe anglais, et leur album the Fine Art of Hanging On. Bon le problème avec la pop anglaise, c’est que le créneau est largement encombré. Le résultat est ici trop transparent pour sortir vraiment du lot du coup. Ce n’est pas mauvais non plus, mais le style manque franchement de punch. Le résultat est donc au final un rien monotone. Trop pour être remarqué en tout cas.
On termine par le groupe Wire et leur album éponyme. Un autre groupe anglais au style déjà plus original. Un rock avec à la fois de grosses guitares, mais aussi parfois des sonorités électro. Le résultat est maîtrisé avec une ligne mélodique toujours assez claire. Malheureusement, cela reste parfois un peu lancinant, pas désagréable, mais trop formaté. On retiendra tout de même un titre : Joust & Jostle.
L’album suivant manque d’un peu plus qu’un petit rien. Carrie & Lowell du musicien américain (mais du Michigan cette fois-ci) Sufjan Stevens constitue le 13ème album d’une carrière déjà longue mais dont je ne savais strictement rien. A l’écoute de sa musique, cet état de fait est loin de m’étonner. Il nous propose une musique douce, discrète pour ne pas dire effacée. Bref, c’est assez transparent et souvent monotone. Les instrumentations sont minimalistes et la voix est relativement fade. Tous les titres semblent jouer en sourdine et ne donne donc pas vraiment envie d’y prête l’oreille plus que ça.
On revient plus près de chez nous avec Balthazar, groupe belge, et leur 4ème album intitulé Thin Walls. Leur style original est fait du mélange d’une voix toujours très jazzy, avec des instrumentation plus franchement pop ou rock. Ce décalage donne un résultat intéressant, même envoûtant parfois. Par contre, l’album souffre quelque peu de l’absence d’un titre vraiment marquant pour l’être lui aussi.
On enchaîne avec le groupe anglais Django Django et leur album Bord Under Saturn. Un album en demi-teinte avec cet effet loin du micro que je ne comprendrais jamais. Il y a une vraie maîtrise, mais on a vraiment l’impression que le groupe est toujours en dedans par rapport à son potentiel. Cependant, le résultat n’est pas totalement intéressant. Les mélodies sont certes sobres, mais il y a vrai travail à souligner sur la diversité des sonorités au fil des titres qui ne se ressemblent pas du coup.
On termine notre voyage en Australie avec Courtney Barnett et son album Sometimes I Sit and Think, And Sometimes I Just Sit. Un album qui ne démarre pas sous les meilleurs auspices. Les deux premiers titres ne sont guère convaincants, trop martelés, faisant apparaître une voix sans relief et deviennent brouillon dès qu’elle y met un peu plus d’énergie. Puis avec le titre An Illustration of Loneliness, elle semble soudainement trouvé son style. Le reste de l’album sera en effet beaucoup plus convaincant. Courtney Barnett navigue avec bonheur entre les styles, du blues au rock, avec un certain bonheur qui donne envie de voir ce que pourront donner ses futurs albums après ce premier prometteur.
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