1983 (Sophie Hunger) : Une jolie faim

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1983sophiehungerQuand on est chanteuse et que l’on a une voix claire et pure, on se destine souvent à interpréter des morceaux doux, mélodieux aux instrumentations épurées. Par contre, si on possède une voix plus grave, plus profonde, voire même un tantinet cassée, on va chanter du blues, de la folk ou de la country. Mais Sophie Hunger ne fait pas comme tout le monde. Car avec sa voix à la Janis Joplin, elle nous offre un album, 1983, que n’aurait pas renié Tori Amos.

Sophie Hunger, de son vrai nom Emilie Jeanne-Sophie Welti, nous vient de Suisse, de Berne plus précisément, où elle est née en 1983 (ce qui j’imagine a donné son nom à cet album). Elle propose une musique folk-blues et s’est fait notamment connaître par l’intermédiaire du festival jazz de Montreux. Elle compose la plupart de ses morceaux, qui sont le plus souvent en anglais mais aussi parfois en suisse-allemand. Elle a sorti son premier album Sketches on Sea en 2006. 1983 est lui sorti en 2010 et constitue son troisième album. Un quatrième, The Danger of Light, est sorti depuis (il figure aussi dans ma liste, vous aurez un jour droit à sa critique…).

1983 est un album sympathique. Le décalage entre la voix et le style des morceaux donne un résultat presque originale, tout de moins doté d’une réelle personnalité. Sans que cela soit révolutionnaire, au moins n’a-t-on pas l’impression d’entendre ça tous les jours. Sur quelques morceaux, comme Travelogue, le mélange prend vraiment pour un résultat assez envoûtant. Bon parfois, la sauce ne prend pas, comme Citylights Forever ou D’Red et on frise alors l’ennui. Heureusement, cela reste rare !

Cependant, il manque quand même un petit je-ne-sais quoi pour que 1983 ne décolle vraiment. On a toujours l’impression que Sophie Hunger joue avec le frein à main serré. Pas à fond, mais juste assez pour allumer le voyant sur votre tableau de bord bien que vous rouliez quand même. A part à la fin de Approximately Gone, elle ne se lâche jamais, alors que je suis sûr qu’un soupçon d’énergie supplémentaire aurait ajouté de la qualité à plusieurs des morceaux.

1983 est donc un rien frustrant, car à côté de ça la maîtrise artistique est remarquable. Les titres ne se ressemblent pas vraiment. Sa musique est parcourue par des rythmes plus folk, plus jazz ou plus blues selon les morceaux. Elle garde toujours une ligne mélodique claire et la voix livre toujours une interprétation pleine de conviction, à part pour les quelques titres plus en retrait que j’ai évoqué plus haut. D’après, ce que j’ai lu sur Wikipédia, j’ai l’impression que ses albums ont aussi variés entre eux et je ressors de cet album avec une grande envie de découvrir le reste de sa discographie.

On notera sur 1983, une très belle reprise de la chanson de Noir Désir, Le Vent Nous Portera. Certes, la voix de Sophie Hunger n’a pas la complexité de celle de Bertrand Cantat, mais la douceur avec laquelle elle l’interprète en fait un des meilleurs moments de l’album. Il confirme également que l’artiste est polyglotte, puisque l’on trouve également un titre en suisse-allemand (1983) qui est au passage un des meilleurs de l’album.

Au final, 1983 ne constitue pas la révélation du siècle, mais donne envie d’en savoir un peu plus sur la carrière de son interprète.

Pour finir, un passage en revue des titres que l’on trouve sur 1983.

1.: Leave Me with the Monkeys
La voix claire se pose sur un fond musical très léger, qui sonne comme un message de bienvenue.

2.: Lovesong to Everyone
La voix est plus posée, le rythme un rien jazzy, mais le tout manque un tout petit peu de souffle.

3.: 1983
Un titre plus punchy et en suisse-allemand.

4.: Headlights
Un morceau lent et un rien mélancolique.

5.: Citylights Forever
Un peu sombre et ennuyeux.

6.: Your Personal Religion
Plus rythmé, avec une instrumentation plus présente. Dommage qu’il manque toujours ce petite je ne sais quoi pour prendre une dimension supplémentaire.

7.: Le Vent Nous Portera
Une belle reprise très mélodieuse.

8.: Travelogue
Lent, mais la voix rend le titre assez envoûtant.

9.: Breaking the Waves
Un morceau entre jazz et pop.

10.: D’Red
Lente, un peu évaporé, mais malheureusement pas terrible.

11.: Approximately Gone
Un bon plus sombre, mais de la conviction. Sophie Hunger se lâche presque sur la fin.

12.: Invisible
Un titre plus original, part un peu dans tous les sens, mais pour un résultat final plutôt sympa.

13.: Broken English
Une ballade épurée pour apprécier la voix particulière de Sophie Hunger.

14.: Train People
Un titre très doux qui constitue un joli au revoir.

TO THE SEA (Jack Johnson) : Le soleil brille toujours à Hawaii

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totheseajackjohnsonAlors que la grisaille a succédé au grand froid, on a tous envie de partir vite au soleil pour faire le plein de soleil et de bonne humeur. Pourquoi ne pas partir à Hawaï ? C’est une bien belle destination ! C’est vrai, mais malheureusement, c’est un peu cher. Alors, on se contentera de s’y rendre par la pensée en écoutant la musique de Jack Johnson, notamment son album To The Sea, qui fleure bon les chemises à fleurs !

Jack Johnson est vraiment le mec qu’on déteste. Déjà, il est né au pays de Magnum et plutôt beau gosse. De plus, il est surfeur et aurait même pu devenir professionnel si un accident ne lui avait appris à avoir peur. Et enfin, il chante et joue de la guitare… Bref, je ne vous raconte pas le succès auprès des femmes… Mais bon, comme il fait tout cela avec infiniment de talent, on lui pardonne. Son succès en France a surtout débuté en 2005, avec son troisième album, In Between Dreams, porté par son tube Good People. To the Sea est lui sorti en 2010.

Dans To The Sea, Jack Johnson mélange toujours avec le même bonheur rock, folk, blues et country. Ses chansons donnent envie d’être écoutées sur la plage, la nuit, autour d’un feu, avec une bière fraîche, tout en contemplant les étoiles. Bref, une musique plutôt tranquille et douce qui donne envie de vivre la belle vie. Tout cela est porté par sa voix suave qu’il utilise avec beaucoup de dextérité pour nous charmer une nouvelle fois.

Bon par contre, il faut bien avouer que même si le soleil d’Hawaï est très plaisant, il n’y a pas grand-chose de nouveau en-dessous. En effet, To The Sea se situe dans la droite lignée de ses albums précédents et ne réservent ni surprises, ni innovations. Jack Johnson fait du Jack Johnson. Pour sûr, il le fait bien, mais on est en droit d’être ne serait-ce qu’un tout petit peu déçu de ce point de vue-là. Certes, quand on était, comme moi, assez fan de sa musique, on savoure, mais sans enthousiasme délirant. C’est toujours aussi bon, mais c’est toujours aussi un peu la même chose.

Mais dans l’absolu, To The Sea reste très bon car il propose une belle densité. De mon point de vue, seul le titre Turn Your Love est en retrait du reste. Sinon, on retrouve une alternance de ballades et de rythmes plus entraînants. S’il varie peu d’un album à l’autre, au moins, ne propose-t-il pas une trop grande monotonie au sein de ses albums. Les titres sont loin de tous se ressembler, même si cela reste toujours paisible et serein. C’est aussi pour ça qu’on aime Jack Johnson et pour ça, on est très heureux qu’il n’ait pas changé. Et si je devais ressortir un seul titre de cet album, je choisirai From the Clouds, un des titres les plus énergiques de cette album. Mais j’aurais tout aussi bien pu à l’inverse, To the Sea est lui tout en douceur et permet d’apprécier pleinement la très belle voix de notre ami surfeur.

Jack Johnson continue son petit bonhomme de chemin avec To The Sea. Un chemin sur lequel on est heureux de l’accompagner, même si on commence à connaître quelque peu le paysage.

Pour finir, passons en revue les titres que l’on trouve sur To The Sea.

1.: You And Your Heart
Tout ce que l’on aime chez Jack Johnson, interprété avec entrain et conviction.

2.: To The Sea
La voix de Jack Johnson nous charme et nous transporte.

3.: No Good With Faces
Ton plus doux, plus posé.

4.: At Or With Me
Un titre qui commence au piano, avant une suite entre blues et rock.

5.: When I Look Up
Un très court morceau très mélodieux, accompagné de chœurs, qui sonne comme une berceuse.

6.: From The Clouds
Un titre presque entraînant, mais surtout excellent !

7.: My Little Girl
Un morceau très épuré, presque murmuré.

8.: Turn Your Love
Un rien transparent, limite ennuyeux.

9.: The Upsetter
Un rock un peu chaloupé.

10.: Red Wine Mistakes Mythology
Un peu groovy avec Jack Johnson toujours aussi séducteur.

11.: Pictures Of People Taking Pictures
Une ballade un peu fleur bleue pour ados.

12.: Anything But The Truth
Une ballade épurée, un rien mélancolique.

13.: Only The Ocean
Une ballade qui sonne comme un au revoir.

YOUR FUTURE OUR CLUTTER (The Fall) : Coup de vieux

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yourfutureourclutterthefallCe sont dans les vieux pots que l’on fait les meilleures soupes, paraît-il. Ainsi, un groupe qui a quarante ans de carrière, on peut facilement penser qu’il possède assurément de grandes qualités. On ne produit pas non plus 29 albums en étant totalement dénués de talent… Et pourtant… Je m’interroge après avoir écouté Your Future Our Clutter du groupe The Fall. Un album que j’ai trouvé totalement inaudible !

The Fall est un groupe de punk britannique fondé en 1976. Il a connu de grand nombre de membres au cours de son histoire, avec un seul qui a traversé toutes les époques : son leader et chanteur, Mark E. Smith. Ils ont été productifs tout au long de leur carrière, avec donc un 28ème album studio sorti en 2010, intitulé Your Future Our Clutter. Ils sont connus pour un goût toujours prononcé pour l’expérimentation tout au long de leur carrière et se caractérisent par une musique souvent répétitives. Pour le coup, je confirme… Mais ce n’est pas vraiment un compliment. Non, vraiment pas…

Il m’arrive de fréquenter quelqu’un d’un peu âgé (enfin bon, une jeune retraité, pas non plus un vieillard gâteux) qui répète souvent que la musique moderne « lui casse les oreilles ». Je trouve l’expression délicieusement désuète et surtout le signe d’une opposition de principe, teintée d’un rien de ringardise. Mais en écoutant Your Future Our Clutter, c’est exactement le terme qui m’est venu à l’esprit. Je ne saurais trouver une meilleure expression pour décrire ce que cette musique, ou plutôt cette cacophonie, a eu comme effet sur moi.

Les titres de Your Future Our Clutter ressemblent à de la bouillie. Les titres répètent à l’envie une même phrase musicale jamais harmonieuse une seule seconde, qui donne un résultat lancinant, pour ne pas dire totalement insupportable. Les titres sont longs qui plus est, se ressemblent énormément et s’apparentent tous à une introduction qui se poursuit inlassablement. Et une mauvaise introduction qui mériterait plutôt le qualificatif de bruit. Oui, je sais, je parle comme un vieux pour le coup… Peut-être que je vieillis en effet… Ou peut-être que j’aime la qualité, même pour de la musique punk !

Et si seulement le chant venait sauver la mise. Mais Mark E. Smith parle plus qu’il ne chante, d’une voix qui n’a pas spécialement d’intérêt. Peut-être que les textes sont d’une profondeur et d’une poésie bouleversante… Mais je ne sais pas pourquoi, mais j’ai comme un doute… En tout cas, pour un auditeur francophone, il n’a rien à sauver… Rien ou presque… Allez, j’accorde à Funnel of Love le statut de chanson qui peut éventuellement s’écouter. La voix est alors plus énergique, plus posée et cela ressemble pour la première fois dans Your Future Our Clutter à de la musique. Mais franchement, ça ne change pas grand chose à l’opinion catastrophique que je peux avoir sur cet album.

Je ne sais pas ce que vaux le reste de la discographie de The Fall, un groupe que je ne connaissais que très vaguement de nom. Visiblement, je dois être vraiment insensible à leur style et leur talent. Sans doute, vue la longueur de leur carrière, ont ils produits d’excellents albums. En tout cas, Your Future Our Clutter n’en fait certainement pas partie pour moi.

Pour finir, faisons le tour des titres que l’on trouve sur cet album.

1.: Ofyc Showcase
Une longue introduction pour un titre rock assez brouillon et pour tout dire, presque insupportable.

2.: Bury
Un titre en plusieurs parties, avec la première en live avec un enregistrement de mauvaise qualité. Par la suite, la musique est plus nette, mais cela reste sans intérêt et lancinant.

3.: Maxico Wax Solvent
Bouillie lancinante.

4.: Cowboy George
Le chanteur parle plus qu’il ne chante, avec le même rif de guitare qui tourne en boucle.

5.: Hot Cake
Un titre toujours sur le même schéma.

6.: Yfoc/Slippy Floor
Texte parlé sur un fond musical qui casse littéralement les oreilles.

7.: Chino
Toujours la même chose… (oui, j’avoue, je ne sais plus quoi dire)

8.: Funnel of Love
Un peu plus d’énergie dans la voix, pour un résultat qui ressemblerait presque à de la musique.

9.: Weather Report 2
A l’image de l’album.

THE BESNARD LAKES ARE THE ROARING NIGHT (The Besnard Lakes) : Energie lancinante

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thebesardlakesaretheroaringnightthebesnardlakesLes goûts et les couleurs ne se discutent pas. Nous avons chacun nos préférences ou, au contraire, des choses que nous détestons plus particulièrement. Notre discographie se focalise ainsi sur certains genres musicaux et en dédaignent d’autres. Mais parfois, nous faisons des exceptions. De mon côté, je n’aime pas quand la musique est trop évaporée, quand les interprètes semblent tous chanter loin du micro ou quand le résultat est un peu trop lancinant. Mais pour The Besnard Lakes Are The Roaring Night de The Besnard Lakes, mon jugement ne sera pas celui que l’on aurait pu prédire au départ.

The Besnard Lakes nous vient de Montréal, même si le groupe est anglophone comme son nom l’indique. Il est emmené par Jace Lacek qui chante, joue de la guitare et même parfois de l’orgue. Ils ont sorti leur premier album en 2003, sobrement intitulé Volume 1. Suivra The Besnard Lakes Are The Dark Horse en 2007 puis ce The Besnard Lakes Are The Roaring Night trois ans plus tard. Wikipédia juge leurs compositions atmosphériques, ce qui résume assez bien leur style effectivement.

Lorsque j’ai commencé à écouter The Besnard Lakes Are The Roaring Night, j’ai été un peu méfiant. J’appréciais ce que j’écoutais, mais je me disais que j’allais vite finir par me lasser. Surtout que le quatrième morceau, Albatross est vraiment lancinant et ne décolle jamais. Là, je me suis vraiment dit que j’allais décrocher. Mais la suite a continué à me séduire et je suis finalement arrivé à la fin de cet album assez heureux de ce que j’avais entendu, malgré un dernier titre, The Lonely Moan, vraiment pas terrible.

Je vais pas crier au génie et faire preuve d’un enthousiasme démesuré, mais au je serai malhonnête de ne pas dire que The Besnard Lakes Are The Roaring Night m’a déplu. J’ai été surpris de l’apprécier, mais c’est une bonne surprise. Mais à côté d’une musique très évaporée et d’un effet loin du micro qui m’agace quand même toujours un peu, le groupe fait preuve de beaucoup de qualités. Tout d’abord de la conviction dans les interprétations…. Bon j’emploie toujours le mot conviction dans mes critiques musicales sans vraiment savoir s’il est approprié, mais il correspond tout à fait à ce que je ressens. The Besnard Lakes livre des compositions souvent lentes, un rien lancinante, mais avec un rythme très appuyé et parfois une réelle énergie. Energique et lancinant, voici deux termes qui peuvent sembler antinomiques, mais qui caractérisent tous deux de manière égale plusieurs titres.

En fait, ces caractéristiques que je n’aime pas d’habitude en sont pas ici le signe d’une sorte de dilettantisme musical. Non, il s’agit bien d’une volonté artistique assumée par un groupe qui fait preuve d’une vraie maîtrise. Cela donne une vraie personnalité à leur musique. Après on peut ne pas aimer, mais il serait injuste de leur reprocher quoique ce soit. On pourrait même penser que l’album est un peu court, avec seulement 10 titres, dont deux courtes introductions, mais la plupart des morceaux durent près de cinq minutes. On en a donc pour notre argent malgré tout.

Le Québec nous apporte donc des choses beaucoup plus réjouissantes que Céline Dion. Personnellement, si on m’avait décrit la musique de The Besnard Lakes, je n’aurais jamais cru pouvoir l’apprécier. Et pourtant, j’ai tout de même passé un bon moment à l’écoute de ce The Besnard Lakes Are The Roaring Night.

1.: Like the Ocean, Like the Innocent, Pt. 1: The Ocean
Introduction instrumentale et psychédélique.

2.: Like the Ocean, Like the Innocent, Pt. 2: The Innocent
La voix du chanteur est aiguë, le rythme lent, donnant une impression d’hallucination. Le ton est plus rock par la suite.

3.: Chicago Train
Une longue introduction éthérée avant un rock puissant et posé.

4.: Albatross
Un titre assez lancinant qui ne décolle jamais vraiment.

5.: Glass Printer
Un son plus pop, avec un effet loin du micro prononcé.

6.: Land of Living Skies, Pt. 1: The Land
Une courte introduction assez sombre.

7.: Land of Living Skies, Pt. 2: The Living Skies
Un titre évaporé, mais assez envoûtant.

8.: And This Is What We Call Progress
Plus rythmé, plus appuyé et pas mal du tout.

9.: Light Up the Night
Un morceau plus doux, plus mélodieux.

10.: The Lonely Moan
Un titre un peu mou, pour ne pas dire chiant, pour finir.

LIFE IS SWEET ! NICE TO MEET YOU ! (Lightspeed Champion) : Confirmation

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lifeissweetnicetomeetyoulightspeedchampionJ’avais intitulé ma critique du premier album du groupe Lightspeed Champion, Falling Off The Lavender Bridge, « une vraie bonne surprise ». Je ne peux donc plus utiliser le même titre puisque la qualité de leur second album, Life Is Sweet ! Nice To Meet You !, ne constitue pas une surprise, mais une confirmation. C’est donc ce dernier qualificatif que j’emploie pour parler de ce disque ‘qui est en fait deux disques).

Lightspeed Champion est un groupe britannique aux influences diverses. Il fait partie de la même génération qu’Artic Monkeys, mais n’a pas connu le même succès, malgré des critiques excellentes. Le pilier de la formation est Dev Hynes, qui est accompagné d’une multitude de musiciens en studio et sur scène. D’ailleurs, le Wikipedia anglais considère que Lightspeed Champion est un pseudonyme de cet artiste, plutôt qu’un groupe. Life Is Sweet ! Nice To Meet You ! est sorti en 2010.

Parler de révélation pour parler de Life Is Sweet ! Nice To Meet You ! est d’autant plus justifié que l’on sent une plus grande maturité par rapport à Falling Off The Lavender Bridge. Cela constitue d’ailleurs à la fois la force et la faiblesse de cet album. La faiblesse car ce second album est sans doute moins créatif que le premier. La musique saute moins aux oreilles, cela attire moins l’attention et au final rend un peu moins enthousiaste.

Mais aussi une force car une écoute sereine est un plaisir différent, mais non moins fort. Life is Sweet ! Nice To Meet You ! nous propose une musique posée, sûre d’elle même et totalement maîtrisée. Aucune esbroufe ici, mais une volonté de Lightspeed Champion de nous livrer le meilleur de son art, sans donner l’impression de vouloir faire ses preuves à chacun des titres proposés. Du coup, le résultat est peut-être moins mémorable, mais encore extrêmement plaisant.

De plus, avec Life Is Sweet ! Nice To Meet You !, Lightspeed Champion nous livre une nouvelle fois une musique aux sonorités variées, explorant tout l’espace du rock, de la pop ou encore de la country. Chaque morceau pourrait être né à des époques différentes et aucun ne ressemble à celui qui le précède ou celui qui suit. Les instruments utilisés sont eux aussi variés : guitare et batterie sont souvent utilisés conjointement au violon ou au piano. Et comme le tout est toujours interprété avec énergie, conviction et maîtrise, on ne boude vraiment pas notre plaisir.

Life Is Sweet ! Nice To Meet You ! nous en donne en plus pour notre argent. Je passerai rapidement sur le deuxième disque comportant 5 titres live, mais qui ressemblent trop à leur version studio pour vraiment avoir un réel intérêt en soi. Le CD principal comporte 15 titres, ce qui est rare de nos jours. Certes, cela comporte trois titres instrumentaux sous forme d’interlude, mais le reste reste toujours d’une qualité égale. Je mettrai en avant en particulier I Don’t Want to Wake Up Alone qui est vraiment caractéristique de ce que Lightspeed Champion nous propose de meilleur. Mais j’aurais tout aussi bien pu en choisir n’importe quel autre, tant ils sont homogènes en qualité.

Life Is Sweet ! Nice to Meet You ! confirme donc de manière éclatante tout le talent de Lightspeed Champion. Un talent à suivre !

Disque 1 :
1.: Dead Head Blues
Ouverture mélodieuse qui permet de rentrer sereinement dans l’album.

2.: Marlene
Une pop énergique et sympathique.

3.: There’s Nothing Underwater
Une ballade énergique pleine de conviction.

4.: Intermission
Petit interlude.

5.: Faculty of Fears
Le ton est plus rock ! Mais le violon est toujours présent.

6.: The Big Guns of Highsmith
Un petit air au piano pour ouvrir ce titre un rien psychédélique.

7.: Romart
Un titre pop quelque peu lyrique.

8.: I Don’t Want to Wake Up Alone
Excellent et qui caractérise très bien le style de Lightspeed Champion : des chœurs, des violons, de l’énergie, de la maîtrise et surtout beaucoup de talent.

9.: Madame Van Damme
Une pop un peu sucrée, mais très sympa.

10.: Smooth Day (At the Library)
Une ballade douce et un peu triste.

11.: Intermission 2
Nouvel interlude.

12.: Sweetheart
Un titre plus épuré, plus acoustique.

13.: Etude Op. 3 Goodnight Michalek
Interlude qui sonne comme de la musique classique.

14.: Middle of the Dark
Des sonorités plus rock, avec un côté Queen.

15.: A Bridge and a Goodbye
Un titre instrumental qui sonne comme un au revoir.

Disque 2 :
1.: Devil in Disguise
2.: Marlene
3.: Madame Van Damme
4.: Faculty of Fears
5.: Sweetheart

COUP DE FOUDRE (Jacques Higelin) : De bien beaux restes pour Monsieur Higelin !

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coupdefoudrejacqueshigelinLa musique de Jacques Higelin fait depuis longtemps partie de ma vie. J’ai toujours adoré cet artiste, même si au final, je ne connais qu’une qu’une petite partie de sa discographie. Certes, j’aimerais qu’il occupe une place encore plus importante dans mon existence en devenant mon beau-père (épouse-moi Izia!), mais ceci est une autre question… Cela faisait longtemps que je n’avais pas été découvrir un de ses derniers albums. C’est chose faite avec Coup de Foudre, sorti en 2010, et qui confirme tout le bien que je pense de ce pilier de la chanson française.

Jacques Higelin a commencé sa carrière dans les années 60, signant au passage 18 albums studios. Coup de Foudre est le dernier en date. Un artiste exubérant et inoxydable, qui aura donné naissance également au chanteur Arthur H. et à la chanteuse Izia (je vous ai déjà dit que je voulais l’épouser?). Sa postérité est donc depuis longtemps assurée. Mais à 73 ans, on peut être sûr qu’il a encore bien des chansons à nous offrir.

Coup de Foudre est parcouru par la poésie et l’ironie qui ont toujours caractérisé l’œuvre de Jacques Higelin. Dans l’écriture pure, il reste un des tous meilleurs. Ses chansons méritent vraiment une écoute attentive pour comprendre la profondeur et la subtilité du propos. Les thèmes abordés sont souvent mélancoliques, livrant un regard assez sombre sur la société et les rapports humains. Il a souvent écrit sur les personnes « à part », comme ici dans Valse MF. Il y a sûrement toujours un peu d’autobiographie dans ces textes.

La qualité de l’écriture représente aussi paradoxalement la limite de l’œuvre de Jacques Higelin. En effet, il privilégie largement le sens aux sonorités. Coup de Foudre ne comporte pas un titre comme Tombé du Ciel que l’on va fredonner dès la première écoute, grâce à un texte qui reste vite à l’esprit. Apprécier cet album demande donc un minimum d’efforts. Mais les efforts sont plutôt bien récompensés.

Par contre, Coup de Foudre nous propose vraiment des instrumentations variées et de qualité. Jacques Higelin a connu des passages très rock dans sa carrière, notamment dans les années 70. Certains titres, notamment Hôtel Terminus, nous le rappellent. Mais il nous livre aussi des sonorités plus country et quelques accompagnement minimalistes dont la seule fonction est d’accompagner une voix qui se suffit à elle-même. Une voix souvent en décalage avec la musique, donnant à la musique d’Higelin sa sonorité. Une voix au registre peut-être limitée, mais dont la chaleur et le timbre suffisent pour que l’on soit toujours heureux de la retrouver.

Au final, Coup de Foudre est un album assez homogène en qualité. Seuls Hôtel Terminus et Août Put sont pour moi plus en retrait. Le reste se laisse écouter avec grand plaisir, avec une tendresse particulière pour Bye Bye Bye. Encore une fois, cela manque d’un titre vraiment marquant pour que l’album le soit définitivement à l’échelle de la carrière de Jacques Higelin. Mais à l’échelle de la chanson française, cela reste vraiment très bon !

Coup de Foudre confirme bien que Jacques Higelin a encore de beaux restes ! Longue vie à beau papa ! (oui je sais, je m’enflamme…)

Pour finir, faisons le tour des titre que l’on trouve sur cet album.

1-Coup de foudre
Chanson romantique pour un démarrage en douceur.

2-J’ai jamais su
Rythme un rien chaloupé, avec des cuivres bien présents.

3-Qu’est-ce qui se passe à la caisse ?
Un titre contre le consumérisme. La voix n’est pas toujours en rythme avec la musique, mais c’est ce qui fait justement le style Higelin.

4-New Orleans
Jazzy et entraînant.

5-Égéries, muses et modèles
Un titre très mélancolique, avec une instrumentation minimaliste.

6-Kyrie eleison
Sombre, la voix se fait très grave et avec une dissonance forte.

7-Hôtel Terminus
Un fond musical plus rock, mais le résultat n’est pas très accrocheur.

8-Août put
Un titre parlé plus que chanté sur un fond musical très ténu. Le texte n’est pas terrible et le morceau très long.

9-Valse MF
Un morceau sur l’exclusion, mais qui permet d’apprécier toute la poésie d’Higelin.

10-Bye bye bye
Des sonorités un peu country pour ce morceau très sympa.

11-Aujourd’hui la crise
Un ton ironique sur la crise, sur une musique presque enjouée… Sauf que le morceau est une reprise d’un de ses morceaux des années 70…

12-Expo photos
Un instrumental relaxant pour terminer.

AND THE WE SAW LAND (Tunng) : Expérimentation réussie

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andthenwesawlandtunngNouvelle découverte et nouvelle bonne surprise avec le groupe Tunng. Par contre, ne me demandez pas d’où vient leur nom étrange et plein de consonnes, je n’en ai pas la moindre idée et même le Dieu Wikipedia semble l’ignorer. En tout cas, ils font de la sacrée bonne musique comme le démontre ce très bel album sorti en 2010, And Then We Saw Land.

Tunng est un groupe anglais de folk expérimental. D’habitude, je me moque allègrement de ce genre d’étiquette qui ne semble pas dire grand chose, mais cette fois-ci, vous le verrez, cela colle plutôt bien à leur musique. Ils sont nés en 2005 sous l’impulsion de Sam Genders et Mike Lindsay. Le premier a quitté le groupe en 2007. Il reste tout de même cinq membres, dont Becky Jacobs au chant. And Then We Saw Land constitue leur quatrième album et le dernier en date.

La musique de Tunng se caractérise par l’utilisation d’instruments passablement originaux, comme des coquillages. Il est vrai que And Then We Saw Land est parcouru de sonorités étranges, mais toujours utilisées avec beaucoup de talent. Ceci explique le qualificatif d’expérimental, car, effectivement, on sent chez eux une réelle volonté de s’aventurer dans des chemins encore inexplorés et de créer de la musique à partir d’éléments inattendus, au moins dans leur association.

Cependant, à côté de ça, Tunng nous livre une vraie musique folk. Les mélodies sont parfaitement maîtrisées. L’expérimentation n’est vraiment pas à ce niveau et il ne faut pas redouter d’entendre des morceaux sombrer dans le n’importe quoi dans And Then We Saw Land. Cela reste vraiment solide à ce niveau là et offre un très beau support pour leurs sonorités plus originales. Les morceaux se situent quand même largement dans le ton de la ballade et de la douceur, mais le tout donne un résultat toujours surprenant et jamais une seule seconde monotone.

Le jeu constant entre une voix masculine et une voix féminine fait également l’identité de Tunng. Dans And The We Saw Land, l’une et l’autre est mise en avant alternativement. D’autres titres les font dialoguer, d’autres au contraire cherchent les fusionner. Ce travail se situe dans la même logique que celui sur les instruments et est couronné de la même réussite. Le groupe nous propose donc définitivement une vraie recherche musicale, mais au service d’une musique totalement maîtrisée.

Ce qui manque peut-être à And Then We Saw Land est sans doute un vrai tube qui fasse réellement la différence. L’album est très homogène en qualité, sans pour autant proposer un titre que l’on aurait envie d’écouter encore et encore sans se lasser. Personnellement, J’ai un faible pour Don’t Look Down or Back qui propose à la fois des passages très doux et un refrain beaucoup plus énergique. Il permet de faire le tour de tout le talent de Tunng. J’aime beaucoup aussi October, un joli moment de romantisme.

And Then We Saw Land est donc un excellent album proposant une musique à l’identité forte et originale, sans pour autant dérouter totalement les amateurs de pur folk.

Pour finir, faisons le tour des titres que l’on trouve sur cet album.

1.: Hustle
Les instruments se rajoutent au fur et à mesure pour former un titre assez entraînant que l’on a envie d’écouter autour d’un feu de camps.

2.: It Breaks
La voix féminine plus claire est mise en avant pour un joli duo.

3.: Don’t Look Down Or Back
Une ballade douce où les deux voix se répondent, avec un refrain beaucoup plus dynamique. Top !

4.: The Roadside
Une longue introduction avec un titre doux et épuré.

5.: October
Les deux voix ne font plus qu’une pour titre aux accents romantiques.

6.: Sashimi
Plus rythmé, aux sonorités électro.

7.: With Whiskey
La voix masculine domine dans ce beau titre presque murmuré.

8.: By Dusk They Were In The City
Un instrumental.

9.: These Winds
Un titre assez court où la voix féminine est seule présente.

10.: Santiago
Une mélodie enjouée, mais avec des voix qui le sont moins.

11.: Weekend Away
Un titre qui sonné un peu comme un générique de fin, suivi d’un joli titre caché.

AS DAY FOLLOWS NIGHT (Sarah Blasko) : Voix sublime du pays des kangourous

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asdayfollowsnightsarahblaskoPosséder une belle voix représente tout de même un avantage certain lorsque l’on souhaite entamer une carrière de chanteur et de chanteuse. Ce n’est absolument pas mon cas, c’est pourquoi j’ai choisi ingénieur agronome finalement. C’était nettement plus dans mes cordes. De toute façon, si j’avais pu choisir, j’aurais pris footballeur professionnel, mais cela ne correspond guère plus à mes compétences. Bref, tout ça pour dire que Sarah Blasko a une très belle voix et qu’elle le prouve avec son album As Day Follows Night.

Sarah Blasko est une auteur-compositeur australienne, née en 1976. Entre 1998 et 2002, elle a fait partie du groupe Acquiesce, qui n’a même pas droit à sa page Wikipedia en anglais. C’est dire s’il n’a pas du passer à la postérité. Ensuite, elle débuta une carrière solo en 2004 qui a débouché sur 4 albums studios. As Day Follows Night est le troisième et est sorti en 2009. Ils ont tous connu un grand succès au pays des kangourous.

Sarah Blasko a une voix magnifique, pure, claire, cristalline. Elle se suffit généralement à elle-même. Il suffit d’un peu de piano et d’une jolie mélodie pour vous donner un titre envoûtant et charmeur. Cela semble presque trop facile, presque injuste. Mais cela fonctionne et on traverse As Day Follows Night avec un plaisir toujours renouvelé. Surtout que le voyage est doux et qu’il incite à la rêverie.

As Day Follows Night n’est en rien monotone. Certes, on tourne toujours autour de la ballade plus ou moins épuré et les titres les plus énergiques restent très loin d’un concert punk. Pourtant, Sarah Blasko arrive à se renouveler d’un titre à l’autre pour nous garder sous le charme. On a trop souvent entendu des voix comme la sienne se contenter de nous servir des morceaux monocorde. Il n’en est rien ici et cela contribue largement à la grande qualité de cet album qui ravira les amateurs de belles mélodies romantiques.

As Day Follows Night est particulièrement dense niveau qualité. A part peut-être Is My Baby Yours et I Never Knew, tous les titres se valent et valent cher ! Et encore, les deux titres que je viens de citer sont juste plus en retrait, mais pas forcément à jeter sans remords. Personnellement, j’ai un faible pour Bird on a Wire, le titre le plus jazzy, mais j’aurais tout aussi bien choisir n’importe quel autre.

La version de As Day Follows Night que j’ai écouté comporte un CD bonus de cinq titres, intitulé « Cinema Blasko ». En effet, il s’agit de reprises de chansons présentes dans des classiques du 7ème art. Un disque qui n’a rien d’un gadget car les cinq titres sont vraiment excellents. Je ne connais que deux des cinq versions originales. Mais les deux fois, il s’agit d’une version vraiment différente et séduisante. Je peux donc imaginer qu’il en est de même pour les trois autres. En tout cas, j’aime beaucoup ces cinq titres qui sont peut-être encore meilleurs que ceux que l’on trouve sur le disque de base.

As Day Follows Night est donc un disque aussi séduisant que la voix de Sarah Blasko est sublime. Et ce n’est pas peu dire !

Pour finir, faisons le tour des titres que l’on trouve sur As Day Follows Night.

1.: Down On Love
Une entrée en matière tout en douceur. La voix sublime sur une mélodie simple.

2.: All I Want
Plus rythmé, mais le charme continue d’opérer.

3.: Bird On A Wire
Plus jazzy, mais toujours agréable.

4.: Hold On My Heart
Enjoué et entraînant.

5.: We Won’t Run
Un titre au rythme quelque peu chaloupé.

6.: Is My Baby Yours
Un titre un peu moins convaincant.

7.: Sleeper Awake
La voix se fait plus chaude et sexy. Ca reste surtout très bon.

8.: No Turning Back
Plus sombre, avec des percussions très présentes.

9.: Lost And Defeated
La voix est beaucoup plus poussée pour un résultat qui sonne un peu comme du Björk.

10.: Over And Over
Un rythme presque tropical pour un titre plus entraînant.

11.: I Never Knew
Un peu lancinant.

12.: Night And Day
Un titre beau et mélodieux pour finir, avec un ton un rien mélancolique.

Disque bonus « Cinema Blasko »
1.: Seems Like Old Times (from Annie Hall)
Une voix charmeuse se pose sur le piano, pour un très joli résultat.

2.: Something Good (from The Sound Of Music)
Une belle chanson qui donne envie de danser un slow langoureux.

3.: Maybe This Time (from Cabaret)
Une chason au ton très romantique au piano.

4.: Out Here On My Own (from Fame)
Une très belle version très simple mais qui met surtout parfaitement en valeur la voix de Sarah.

5.: Xanadu (from Xanadu)
Une version douce est mélodieux, très romantique et surprenante.

VEXATIONS (Get Well Soon) : Entre orchestre et groupe, entre folk et pop

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vexationsgetwellsoonVous n’avez jamais trouvé ça prétentieux quand un chanteur-compositeur s’évertue à se présenter comme un artiste solo quand il est toujours entouré de musiciens et même parfois souvent des mêmes ? Entre cette situation et celle d’un groupe dûment constitué, la différence est mince. C’est pourquoi Get Well Soon est devenu un groupe, après une tournée de l’artiste allemand Konstantin Gropper. Ce n’est que justice pour le quasi-orchestre qui l’accompagne et lui permet de proposer cette folk mélodieuse et élaborée.

A la base il n’y avait que Konstatin Gropper et son premier album, Rest Now, Weary Head ! You Will Get Well Soon, sorti en 2008. Il parti alors en tournée accompagné de 7 musiciens aux compétences diverses. A force de jouer avec eux, il finit par garder le nom du groupe. Deux autres albums sont sortis depuis, dont ce Vexations en 2010.

Get Well Soon n’est donc pas un groupe de pop, composé d’un chanteur, d’un guitariste, d’un bassiste et d’un batteur. Il ne propose pas non plus une musique folk qui s’accommode généralement d’une guitare sèche et d’une voix, portés par la même personne. Non, il nous propose un mélange de tout cela pour un résultat élaboré, riche et parfois surprenant. Il mêle allègrement la guitare et les percussions, avec des cordes, un piano ou des cuivres. Et tout cela avec beaucoup de talent.

Commençons tout de même par ce qui fâche un tout petit peu. La principale limite de ce groupe repose quand même dans la voix de Konstatin Gropper qui a tendance à flotter parfois. Il ne semble pas la maîtriser parfaitement, ce qui donne parfois un résultat qui ne colle pas tout à fait avec l’ambiance générale d’un morceau. C’est dommage, car quand il s’applique à la poser, cela donne sûrement les meilleurs titres de Vexations, comme We Are Ghosts ou A Burial At the Sea. C’est surtout dans les ambiance plus sombres, quand elle se fait plus grave qu’elle donne le meilleur d’elle-même.

Si on devait rapprocher Get Well Soon d’un groupe plus connu, je ferai le parallèle avec Radiohead. Certains titres, comme Red Nose Day ou encore Aureate, permettent de faire rapidement le rapprochement. On retrouve dans Vexations ce même sens de la mélodie et de l’instrumentation, avec un peu moins de personnalité et tout de même talent. On retrouve aussi une musique qui navigue entre différents genres sans se soucier des étiquettes précises.

Personnellement, j’ai basé cet avis sur la version 2CD, soit 22 titres au total. L’essentiel se situe sur le premier disque, qui en donne déjà pour son argent, avec 14 plages. Le second est un peu plus inégal et constitue plutôt un bonus. Cependant, la qualité reste remarquablement constante pour une tel nombre de morceaux, ce qui démontre bien les qualités artistiques de Get Well Soon. On reste toujours dans un ton plutôt doux et mélodieux, mais sans jamais tomber dans la monotonie et la répétition.

Avec Vexations, Get Well Soon ne réinvente ni la pop, ni le folk, mais nous propose un mélange très agréable et subtil.

Pour finir, regardons de plus près les titres qui composent Vexations.

CD1
1.: Nausea
Une introduction douce et mélodieuse.

2.: Seneca’s Silence
Plus dynamique avec des sonorités originales.

3.: We Are Free
Plus doux et mélodieux, parsemé de quelques élans symphoniques.

4.: Red Nose Day
Très doux, un rien éthéré, mais assez envoûtant, avec un petit côté Radiohead.

5.: 5 Steps 7 Swords
Une fouillis, avec une succession de passages assez différents.

6.: We Are Still
Un intermède.

7.: A Voice In the Louvre
Une ballade assez épurée.

8.: Werner Herzog Gets Shot
Pop-rock avec violon, tout en maîtrise, pour un résultat pas mal du tout.

9.: That Love
Très épuré, presque murmuré.

10.: Aureate
Plus rock, sonnant à nouveau très Radiohead.

11.: We Are Ghosts
La voix est plus posée, avec plus de conviction et c’est tout de suite meilleur !

12.: A Burial At Sea
Une ballade plus sombre, plus lente, mais la voix est parfaite.

13.: Angry Young Man
Une pop entre le symphonique et l’électro. Surprenant, mais pas mal du tout.

14.: We Are the Roman Empire
Ethéré et lent. Sans grand intérêt.

CD 2
1.: Teenage Fbi
Une belle ballade à la guitare sèche.

2.: Busy Hope
Un son pop-rock mélodique, plein de conviction et d’énergie.

3.: La Chanson D’Hélène
Une chanson triste en français.

4.: The World Needs a New…
Un titre quelque peu transparent.

5.: Harmour Love
Petit titre enjoué, au son très folk.

6.: My Door
Comme un intermède sans grand intérêt.

7.: I’m Deranged
Une ballade sombre pas mal du tout.

8.: Good Friday
Une ballade lente et un peu ennuyeuse.

FIELD MUSIC (MEASURE) (Field Music) : Une double dose d’ennui

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fieldmusicmeasurefieldmusicLes histoires de famille peuvent être plus ou moins bonnes. Il y a peu, je vous en ai rapporté une excellente avec l’album Down the Way de Angus et Julia Stone. Cette fois-ci, je vais vous en raconter une nettement moins enthousiasmante en vous livrant mon avis sur le groupe Field Music et leur album Field Music (Measure). Un album qui nous laisse longtemps dubitatif avant de franchement nous lasser.

Field Music est donc principalement composé de deux frères, David et Peter Brewis, originaires de Sunderland en Angleterre. Ils ont crée leur groupe en 2004. Ils ont été accompagnés de plusieurs autres musiciens en studio et en tournée, mais pas de manière permanente. Le groupe a sorti deux premiers albums en 2005 et 2007, avant une séparation qui a permis à chacun d’eux de sortir un album solo. Ils se sont reformés pour sortir ce Field Music (Measure) en 2010.

En écoutant les premières plages de Field Music (Measure), on reste hésitant. En effet, les titres s’enchaînent avec une qualité très hétérogène. Certains sont plutôt sympathiques, avec le minimum d’énergie et de conviction qui vont bien. D’autres manquent beaucoup plus de peps, voire sont carrément transparents. Malheureusement, au fur et à mesure, c’est le second type de morceau qui l’emporte, emportant justement avec lui le début d’intérêt que le groupe avait réussi à susciter chez l’auditeur.

Le problème est que Field Music (Measure) est un double album qui comporte pas moins de 20 titres. Au moins, on peut se dire qu’on en a pour notre argent, sauf qu’il n’y a plus rien de bien intéressant après la Clear Water qui n’est que la sixième plage. Seul Share the Words, l’avant-dernier titre, rallume une toute petite flamme. C’est dire si la traversée de cet album est longue et particulièrement ennuyeuse.

On pourra tout de même reconnaître à Field Music une volonté de proposer une musique travaillée et créative, avec parfois des instrumentations élaborées. On n’est pas du tout dans une pop britannique enchaînée à son éternel triptyque guitare-basse-batterie. Clavier, cordes interviennent ça et là. Les titres de Field Music (Measure) ne se ressemblent pas, mais sont souvent décousus, tristounets, mous et j’en passe. Bref, parfois ça aimerait ressembler à du Bowie et du Gorillaz niveau créativité, mais avec infiniment moins de talent.

Field Music (Measure) aurait donc mieux fait d’être un simple album. En prenant, les dix meilleurs titres ont auraient obtenu un album moyen. Là, on obtient juste un album qui s’étire désespérément dans un musique sans intérêt et sans énergie.

Pour finir, faisons le tour des titres que l’on trouve sur cet album.

Disque 1 :
1.: In the Mirror
Une pop qui manque un peu de peps.

2.: Them That Do Nothing
Plus dynamique, beaucoup plus sympa et convaincant.

3.: Each Time Is a New Time
Un peu dissonant, mais enthousiaste.

4.: Measure
La voix est en retrait derrière une instrumentation assez recherchée, faisant intervenir des violons.

5.: Effortlessly
Plus en retrait, plus transparent.

6.: Clear Water
Un titre assez pop et assez réussi.

7.: Lights Up
Un peu tristounet.

8.: All You’d Ever Need to Say
Un titre réellement décousu.

9.: Let’s Write a Book
Un titre qui sonne quelque peu électro… Quelque peu n’importe quoi aussi…

10.: You and I
Lent, mais pas vraiment envoûtant.

Disque 2 :
1.: The Rest Is Noise
On attend que ça décolle et ça ne décolle jamais vraiment.

2.: Curves of the Needle
Un titre qui voudrait être du Bowie, mais qui n’en est pas…

3.: Choosing Numbers
Une petite ballade un peu transparente.

4.: The Wheels Are in Place
Un titre carrément ennuyeux.

5.: First Come the Wish
Les guitares sont mises en avant. Mais ça reste mou…

6.: Precious Plans
Comme une longue intro qui n’en finit pas…

7.: See You Later
Une sorte d’interlude…

8.: Something Familiar
Un peu plus dynamique, un peu plus de conviction, mais ça reste confus.

9.: Share the Words
Un titre assez pop et surtout assez bon.

10.: It’s About Time
Un long instrumental.