XX (The XX) : La musique au saut du lit

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xxthexxCertaines marques de gel coiffant, vous propose l’effet « saut du lit ». On peut voir ou ne pas voir où est l’intérêt, mais on se dit qu’il en faut pour tous les goûts… Bon personnellement, il me suffit de ne pas mouiller mes cheveux et de ne pas les coiffer pour avoir l’air de sortir de mon pieu toute la journée, mais sans doute faut-il pour certains un produit conçu exprès pour ça. Par contre, proposer un disque où « je chante comme si je venais de me réveiller et comme si j’étais encore dans le gaz » semble une démarche plus hasardeuse. C’est pourtant celle entreprise par le groupe the XX, dans leur album sobrement intitulé XX.

The XX est un groupe britannique (et oui, encore un!), formé de quatre membres : Romy Madley Croft (chant et guitare), Oliver Sim (chant et basse), Jamie Smith (synthétiseur et boîte à rythmes) et Baria Qureshi (synthétiseur et guitare). Enfin ça, c’était au début, car ils ne sont désormais plus que trois vu que ce dernier a quitté le groupe. Ils ont autoproduit leur premier album, dont il est question ici, sorti en 2009. Il fut acclamé par la critique, ce qui montre, vous le verrez, que je n’ai pas toujours les mêmes goûts que tout le monde. Un second est sorti cette année, intitulé Coexist.

Je ne résiste pas à l’envie de vous livrer les premières lignes de leur page Wikipedia : « The XX est un groupe de rock aux sonorités épurées le rapprochant parfois de la musique minimaliste ». Ca pour être minimaliste… Bon moi j’aurais dit un groupe qui se fout carrément de la gueule du public, mais cela reste une question de point de vue. Certes, on n’est pas forcément obligé de posséder une formation de chanteur lyrique pour jouer dans un groupe de rock. Mais on a quand même le droit de posséder un minimum de voix.

Les morceaux de XX sont tous interprétés en duo. D’un côté, Romy Madley Croft possédant un semblant de qualité vocale. Par contre, elle se donne un malin plaisir à ne surtout pas nous en profiter de trop. Mais c’est sans doute pour ne pas rendre écrasant le contraste avec son compère Oliver Sim, qui, lui, chante carrément comme s’il venait de se réveiller. Enfin, si on peut appeler ça chanter. Je suis peut-être vache, mais je n’ai jamais entendu un professionnel mettre aussi peu de conviction dans sa voix. On a vraiment l’impression que ça l’emmerde profondément de pousser la chansonnette. Si c’était le cas, il pouvait très bien rester chez lui et laisser le soin à des gens plus motivés de faire des disques.

Certains auront certainement trouvé que cela donne un côté dandy bohème à la musique de The XX. Ca fait style, genre, appelez ça comme vous voulez. Personnellement, je trouve juste que ça fait surtout j’m’en foutiste. C’est d’ailleurs dommage, car si Romy Madley Croft chantait toute seule, XX n’en serait pas un album génial, mais au moins pourrait-il se laisser écouter. Au moins cela serait doux, paisible et agréable à l’oreille. Mais dès que Olivier Sim s’y met aussi, on a juste envie de lui balancer des grands seaux d’eau glacés pour le réveiller.

Allez, je vais être positif, je vais dire que Crystalised reste la seule chose à peu près intéressante dans XX. Un travail de dialogue entre les deux voix qui éveillerait presque un peu de joie dans l’oreille de l’auditeur. Le reste est uniformément mou, sans grand intérêt et qui plus est particulièrement monotone. On a hâte que ça se termine !

En écoutant XX, je me dis que The XX a bien fait de garder l’anonymat.

Pour finir, faisons le tour des chansons que l’on trouve sur cet album.

1.: Intro
Une introduction instrumentale.

2.: VCR
On trouve tout d’abord la voix de Romy plutôt agréable dans cet pop éthéré. Puis Oliver chante…

3.: Crystalised
Un travail de dialogue entre les deux voix intéressant. Sympa mais tout de même limité.

4.: Islands
Plus dynamique et plus construit, mais ne casse toujours pas trois pattes à un canard.

5.: Heart Skipped a Beat
Monotone, pour ne pas dire chiant, même si le rythme s’accélère un peu sur la fin.

6.: Fantasy
Un instrumental éthéré sans intérêt.

7.: Shelter
Sur un ton doux et paisible, mais toujours pas transcendant.

8.: Basic Space
Plus enjoué, mais ils ont toujours l’air de sortir de leur lit.

9.: Infinity
Ah si seulement Romy pouvait chanter seul…

10.: Night Time
Encore une chanson sous Prozac.

11.: Stars
Toujours la même chose, mais au moins cette fois, c’est fini…

DECLARATION OF DEPENDENCE (Kings of Convenience) : Personnalité un rien monotone

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declarationofdepenedencekingsofconvenienceDans un avis précédent, j’avais évoqué l’apport important de la Suède à la musique et au culte de la grande blonde. Mais il ne faut pas non plus oublier leurs voisins eux-aussi grands et le plus souvent blonds, les Norvégiens. En effet, ce beau pays n’a pas offert au monde que A-ha… Allez avouez-le, je viens de vous mettre Take On Me dans la tête… Désolé… Et bien pour y remédier, je vous invite à écouter le très beau Declaration of Dependence du groupe Kings of Convenience.

Le groupe est en fait un duo, composé de Eirik Glambek Bøe et Erlend Øye, qui s’est formé en 1999, après qu’ils se soient installés en Angleterre. C’est sûr que s’ils avaient choisi de chanter en norvégien et ne pas sortir de leur pays, je n’aurais pas eu l’occasion de vous en parler aujourd’hui… Ils ont jusqu’à aujourd’hui signé quatre albums studio, dont Declaration of Dependence, le dernier, sorti en 2009.

Deux hommes qui chantent en duo de doux morceaux à la guitare sèche… Kings of Convenience fait immédiatement penser à Simon and Garfunkel. Il est vrai qu’ils évoluent réellement dans le même univers musical et cela est même parfois particulièrement frappant, comme sur le titre Power of Not Knowing. Mais leurs voix sont quand même assez différentes pour que l’on ait pas l’impression d’entendre des imitateurs. Les deux Norvégiens ont leur propre personnalité… même si elle est tout de même moins magique que celle de leurs aînés.

Cependant, Declaration of Dependence reste un très bel album. De la musique douce, des voix tout de même très agréables et une vraie maîtrise musicale. Les instrumentations sont épurées, à base de guitares sèches et de piano. La seule fantaisie que Kings of Convenience s’accorde est la présence de temps à autres de violons ou d’autres instruments à cordes. Encore une fois, le duo de voix donne à leur musique une vraie touche personnelle qui les démarque de qui peut s’entendre ailleurs.

Cependant, à l’intérieur-même de Declaration of Dependence, il est vrai que les titres se ressemblent un peu parfois. C’est toujours joli et agréable et à part le morceau de conclusion, Scars on Land, ils sont tous d’une qualité égale. Mais à l’inverse, aucun ne se détache vraiment et on a même du mal à trouver de vrais points de différenciation entre les titres. En fait, seul Renegade sort un peu du lot puisqu’il ne semble pas chanter en duo. Sinon, c’est plus ou moins dynamique, mais cela reste tout de même un peu toujours sur le même ton.

Sympathique et apaisant pourraient être les deux qualificatifs définissant le mieux Declaration of Dependence. Ce n’est peut-être pas un album que l’on écoutera en boucle, mais la musique de Kings of Convenience peut constituer un très bon fond sonore ou une très bonne musique d’ambiance. Je ne veux pas avoir l’air de trop décrier les qualités artistiques incontestables de cet album. Simplement, on ne peut qu’admettre qu’il est parfois difficile de l’écouter avec une attention pleine et entière le long des treize plages qui le composent.

Declaration of Dependence est réellement un très joli album, qui ravira les amateurs de musique douce et qui possède une réelle personnalité, malgré une certaine monotonie.

Pour finir, faisons le tour des titres que l’on trouve sur cet album.

1.: 24-25
Des voix douces et claires pour une jolie ballade.

2.: Mrs Cold
Un rythme un peu plus chaloupé pour un résultat fort sympathique.

3.: Me in You
Dans la même veine que le titre précédent.

4.: Boat Behind
Un violon vient enrichir ce travail très intéressant entre les deux voix.

5.: Rule My World
Le ton est plus enjoué pour un nouveau morceau de qualité.

6.: My Ship Isn’t Pretty
Très doux, très beau et sonne comme une berceuse.

7.: Renegade
Une seul voix pour une chanson moins originale du coup, mais toujours jolie.

8.: Power of Not Knowing
Rappelle réellement Simon and Garfunkel.

9.: Peacetime Resistance
Le rythme est plus dynamique, presque dansant.

10.: Freedom and Its Owner
Très doux, très apaisant.

11.: Riot on an Empty Street
Toujours un peu sur le même ton…

12.: Second to Numb
Un titre épuré et relaxant.

13.: Scars on Land
Un morceau un peu chiant pour finir.

TRUELOVE’S GUTTER (Richard Hawley) : 8, ça suffit !

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truelovesgutterrichardhawleyPour faire un bon album, il ne suffit parfois pas de grand chose. Quelques notes de musiques, des textes qui ne sonnent pas trop mal et surtout une jolie voix. Celle de Richard Hawley est particulièrement prenante, chaude et envoûtante. La poser sur une mélodie assez simple est suffisant pour nous offrir un joli moment de bonheur musical. C’est exactement ce qu’il fait dans son album Truelove’s Gutter. Un album court mais suffisant.

Richard Hawley est un chanteur-compositeur anglais né à Sheffield en 1967. Il a d’abord œuvré au sein des Longpigs, avant de rejoindre brièvement le groupe de britpop Pulp. Il a surtout démarré une carrière solo en 2000, qui ont donné 7 albums studio, dont le 6ème, ce Truelove’s Gutter, est sorti en 2009.

Truelove’s Gutter nous offre des mélodies à la fois épurées et complexes. Complexes parce qu’elles utilisent beaucoup d’instrument assez originaux comme le waterphone ou le cristal baschet. Si vous ne savez pas ce que c’est, rassurez-vous, c’est normal. Mais vous pouvez vous rendre sur Wikipedia pour voir à quoi cela ressemble. Au moins, à défaut d’écouter et d’aimer cet album, vous aurez au moins appris quelque chose. C’est déjà ça !

Les mélodies de Truelove’s Gutter sont donc aussi épurées car elles tiennent souvent plus de la ligne mélodiques qu’autre chose. C’est la voix qui fait tout et qui est particulièrement mise en avant. Quelques fois, on a presque l’impression de flirter avec le a cappella. Mais cela n’est guère gênant vu la qualité de l’organe vocal de Richard Hawley. Il ressemble plus à celui d’un chanteur de blues ou de country, mais il s’agit bien d’un produit pur britannique et non sorti de l’Amérique profonde. Parfois les apparences sont trompeuses.

La principale limite de Truelove’s Gutter reste le rythme et le ton quasi uniformes de l’ensemble des morceaux. L’ambiance générale est assez sombre, et correspond visiblement à l’état d’esprit de Richard Hawley à ce moment là. C’est mélodieux et épuré, beau et apaisant, mais il est vrai qu’on a un peu l’impression d’avoir fait un peu le tour du sujet assez rapidement. Heureusement, l’album ne comprend que 8 titres, ce qui est assez rare désormais, alors on n’a pas le temps d’avoir réellement l’impression de tourner en rond.

Si les morceaux sont peut-être un peu trop uniformes pour ne pas se ressembler, ils sont heureusement uniformes dans la qualité. Les huit titres se laissent écouter avec le même plaisir, même si personnellement, j’ai une légère préférence pour As The Dawn Breaks. Peut-être tout simplement parce que c’est le premier et qu’aucun ne fait vraiment mieux ensuite. A l’inverse, seul Remorse Code est quelque peu en retrait des autres car trop répétitif.

Truelove’s Gutter pourra donc ravir les amateurs de ballades, de belles voix et des mélodies épurées. Un album définitivement sans fioritures.

Pour finir, regardons les titres que l’on trouve sur Truelove’s Gutter.

1.: As The Dawn Breaks
Ballade épurée, à la voix fascinante et prenante.

2.: Open Up Your Door
Toujours doux, un titre qui ressemble presque à un slow à l’ancienne.

3.: Ashes On The Fire
Une ballade country très classique.

4.: Remorse Code
Un rien plus dynamique, mais on se laisse bercer tout de même par la musique, qui finit par être un peu trop répétitive.

5.: Don’t Get Hung Up In Your Soul
Un ton plus doux, presque un murmure à l’oreille.

6.: Soldier On
Une voix vraiment fascinante.

7.: For Your Lover Give Some Time
Un ton romantique pour cette belle chanson.

8.: Don’t You Cry
Un très bel au revoir.

PETS & FRIENDS (Nina Kinert) : Douceur suédoise

petsfriendsninakinert

petsfriendsninakinertAh la Suède, quel merveilleux pays… Bon, je sais, j’ai déjà fait une introduction de ce type, il n’y a pas longtemps… Mais que voulez-vous, ce n’est pas ma faute si c’est vrai ! En plus, ces quelques lignes ne sont pas pour parler des clichés comme les grandes blondes, les krisprolls, les grandes blondes, les lacs, les forêts, les grandes blondes, les lacs, les forêts, les grandes blondes, les lacs, les forêts, les lacs, les forêts, les lacs, les forêts… Bref, tout ce qui fait le charme et la diversité du pays des grandes blondes, des lacs et des forêts. Non, je veux parler de leurs musiciens et particulier de leurs chanteuses (qui sont souvent accessoirement de grandes blondes), afin d’introduire mon avis sur Pets & Friends, de Nina Kinert.

Nina Kinert est donc une chanteuse suédoise, pour ceux qui n’auraient pas encore compris, née en 1983. Elle compose et elle écrit ses chansons, qui se situent entre blues, rock, pop et folk. Elle a signé deux albums : Heartbreakdown en 2004 puis ce Pets and Friends en 2009.

Nina Kinert se situe dans le même univers musical qu’une Norah Jones, une Diana Krall ou une Emiliana Torrini. C’est d’ailleurs à cette dernière qu’elle le plus penser, notamment au niveau de la voix. On n’est donc face à des instrumentations acoustiques, laissant une large place au piano et au violon, sur laquelle se pose une voix douce et harmonieuse. L’ambiance est calme et romantique et donne envie de l’écouter en bonne compagnie, avec une lumière tamisée.

Pets & Friends est un très bon album, très agréable à écouter. Cependant, il ne constitue pas un chef d’œuvre. En effet, Nina Kinert a une très belle voix, mais pas assez originale et transcendante pour rendre cet album inoubliable. De plus, elle en fait parfois un usage quelque peu contestable, ayant la fâcheuse tendance à la pousser un peu trop dans les aigües. Cela gâche quelques morceaux comme Libras par exemple. Enfin rien de méchant et qui ne gâche réellement le plaisir.

Les instrumentations de Pets & Friends sont souvent épurées et relativement classiques. Les seules fois où Nina Kinert nous propose quelque chose de plus original, notamment par l’utilisation de dissonances, cela donne à mon sens un résultat nettement moins bon. Je considère que Golden Rings et The Art Is Hard sont les deux titres les moins agréables, parce qu’ils sont les moins harmonieux. Le style de cette artiste ne se prête pas à ce genre de fantaisies, qui peuvent donner des résultats plus intéressants lorsque la musique est plus énergique.

Restent 9 très bon titres qui font de Pets & Friends un album très agréable. On mettra particulièrement en avant I Shot My Man, Me Love U Long Time et Beast. C’est souvent lorsqu’elle nous propose une musique folk que Nina Kinert donne le meilleur d’elle même. Elle arrive à un résultat parfois très joli en poussant plus la voix, mais comme je l’ai déjà dit, le résultat est alors plus aléatoire. Mais cela contribue aussi à une certaine diversité qui fait que l’on traverse cet album sans avoir l’impression d’entendre toujours le même titre.

Au final, Pets & Friends est un album agréable et harmonieux, signée par une artiste talentueuse. Mais qui ne l’est peut-être pas tout à fait pour se démarquer définitivement de la concurrence.

Pour finir, faisons le tour des morceaux qui composent Pets & Friends.

1. Combat Lover
Une voix envoûtante pour un morceau qui laisse une large place aux percussions.

2. Golden Rings
Piano et violon pour un morceau sans rythme et dissonant.

3. I Shot My Man
Un rythme entre country et blues. La voix y est pleine de conviction pour un très bon titre.

4. Pets & Friends
Une ballade un peu éthérée, mais sympathique.

5. Beast
Une ballade épurée au piano et violon, avec de l’émotion dans la voix.

6. The Art Is Hard
Un titre dissonant pas terrible.

7. Me Love U Long Time
Une ballade folk très jolie.

8. Love Affair
Dans le même style que le titre précédent, mais la voix est plus claire.

9. Get Off
Une instrumentation plus présente avec la présence d’une batterie. Le ton est un
peu hippie pour un résultat vraiment sympa.

10. A-Worn Out
Un duo épuré, aux voix claires pour un résultat très harmonieux.

11. Libras
La voix est très claire. Peut-être un peu trop pour un titre répétitif et lancinant.

12. The Story Goes
Une ballade posée, portée par des cordes très douces. Epuré et joli, à l’image de l’album.

THE SUN CAME OUT (7 Worlds Collide) : Qualité dilluée

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thesuncameout7worldscollideLa mode n’est plus trop au double album. Je parle d’un vrai double album, non pas un disque principal avec un autre plein de bonus, de versions live ou autres gadgets. La principale raisons tient sans doute dans le fait qu’un CD peut contenir beaucoup plus de plages qu’un vinyle. Peut-être aussi parce que les maisons de disques gagnent plus d’argent en en vendant deux séparément, plutôt qu’un coffret. En tout cas, The Sun Came Out de 7 Worlds Collide est un vrai double album… Enfin même s’il existe aussi une version simple…

7 Worlds Collide est un né de l’enregistrement d’un concert de Neil Finn, artiste néo-zélandais, en 2001, sur lequel il jouait avec un nombre importants d’invités, comme Eddie Vedder, le chanteur de Pearl Jam. L’album fut alors intitulé 7 Worlds Collide, avec comme mention d’interprète, Neil Finn and Friends. En 2009, il a alors sorti cet album, The Sun Came Out, où 7 Worlds Collide est cette fois le nom de l’artiste… Vous suivez toujours ? Cet album reprend en fait le principe des duos entre Niel Finn et un autre artiste.

Si j’ai insisté sur le fait que The Sun Came Out est un double album, c’est parce que la version simple est a priori beaucoup plus décevante que celle que je commente ici. En effet, elle correspond, à peu de choses près, au disque 1 de la version double. Or, à mon sens, le disque 2 est nettement meilleur. En fait, on monte en puissance tout au long de cet album qui nous laisse pendant longtemps sur une impression plutôt mitigée.

The Sun Came Out nous propose, surtout au début, beaucoup de titres pop-rock gentillets, qui sentent même parfois un peu la guimauve. Les interprétations sont parfaitement cadrées, les musiciens font preuve d’une totale maîtrise, mais avouons-le, ça ne casse pas des briques. Ce n’est pas désagréable à écouter, mais ça ressemble beaucoup, parfois en moins bien, à ce qui passe en boucle à la radio et que les adolescent prennent parfois pour le must de la rébellion musicale. Ca sent le produit un rien formaté, en tout cas sans grande imagination.

Et puis, au fur et à mesure, des titres et encore plus sur le disque 2, 7 Worlds Collide nous propose quelques titres beaucoup plus intéressants. Un peu plus d’énergie, de conviction et d’imagination nous permettent d’apprécier quelques beaux titres, certains dynamiques, d’autres sur le mode ballades épurées. Au final, The Sun Came Out aurait de quoi nous proposer une petite douzaine de titres pour former un album dense et très agréable. Mais le choix de proposer un double album noie un peu ces bons moments dans un total de 24 titres pas forcément heureux.

La présence d’artistes différents permet à The Sun Came Out de proposer un minimum de diversité. Cependant, il garde tout de même une grande cohérence, car on sent bien que c’est Neil Finn qui est toujours aux commandes et les autres ne sont que des invités. Sa collaboration la plus fructueuse est pour moi celle avec KT Tunstall, qui nous offre deux parmi les meilleurs titres des deux disques : Black Silk Ribbon sur le disque 1 et surtout Hazel Black sur le disque 2.

Au final, The Sun Came Out est un album qui recèle du très bon en quantité. Mais le tout est un peu gâché par la présence aussi de nombreux titres sans grand relief, ni intérêt.

Pour finir, faisons le tour des titres que l’on trouve sur The Sun Came Out.

Disque 1
1.: Too Blue – Finn, Neil & Johnny Marr
Un son pop-rock mélodique et sympathique.

2.: You Never Know – Finn, Neil & Jeff Tweedy
Une pop un peu mielleuse, mais tout de même accrocheuse.

3.: Little By Little – Finn, Neil & Sharon
Un son plus dynamique, mais ça reste assez formaté.

4.: Learn To Crawl – Finn, Neil & Liam
Un ton un rien lugubre pour un titre assez transparent.

5.: Black Silk Ribbon – Finn, Neil & KT Tunstall/Bic Runga
Des cordes très présentes pour une jolie ballade interprétée par la belle voix chaude de KT Tunstall.

6.: Girl Make Your Own Mind Up – Finn, Neil & Don Mcglashan
Une ballade avec moins de personnalité que la précédente.

7.: Run In The Dust – Finn, Neil & Johnny Marr
Mou et un rien tristounet.

8.: Red Wine Bottle – Finn, Neil & Johnny Marr
Ethéré et un peu chiant.

9.: Ties That Bind Us, The – Finn, Neil & Phil Selway
Ballade épurée, bien sans plus.

10.: Reptile – Finn, Neil & Lisa Germano
Voix féminine, accompagné d’un effet chorale, pour un titre épuré et éthéré, mais qui fonctionne bien.

11.: Bodhisattva Blues – Finn, Neil & Ed O’Brien
Enfin un son plus rock, mais qui ne casse toujours pas des briques.

12.: What Could Have Been – Finn, Neil & Jeff Tweedy
Une ballade avec un pas mal d’émotion dans la voix.

Disque 2
1.: All Comedians Suffer
Un son rock 70’s-80’s pas mal du tout.

2.: Duxton Blues – Finn, Neil & Glenn Richards
Un son pop-rock plus moderne.

3.: Hazel Black – Finn, Neil & KT Tunstall
Un excellent titre dansant et dynamique.

4.: Riding The Wave – Finn, Tim & Neil
Une voix criarde sur un fond de piano. Pas grand intérêt.

5.: Witching Hour, The – Finn, Neil & Phil Selway
Doux et accoustique, mais la voix est limitée.

6.: Over And Done – Finn, Neil & John Stirratt
Un slow à l’ancienne, très agréable.

7.: Change Of Heart, A – Finn, Neil & Bic Runga
Une ballade épurée avec une voix féminine pleine de conviction.

8.: Don’t Forget Me – Finn, Neil & Pat Sansome
Une voix masculine claire pour une ballade pop-rock énergique.

9.: Long Time Gone – Finn, Neil & Don Mcglashan
Plus rock, débridé et énergique. C’est plutôt bon !

10.: Cobbler, The – Finn, Neil & Elroy
Un titre assez chiant et dissonant.

11.: 3 Worlds Collide
Percutions et sonorités étranges pour un titre instrumental.

12.: Water, The – Finn, Neil & Sebastian Steinberg
Une ballade épurée pour un son proche du blues. Une belle conclusion.

THROUGH THE DEVIL SOFTLY (Hope Sandoval & the Warm Inventions) : Trop monotone pour être intéressant

throughthedevilsoftlyhopesandoval

throughthedevilsoftlyhopesandovalProduire de la musique douce et mélodieuse, portée par une voix très agréable, c’est bien. Le faire sur des rythmes différents, proposer des accompagnements variés, bref ne pas toujours produire le même morceau, c’est mieux. C’est malheureusement dans ce dernier domaine que pêche Hope Sandoval & The Warm Inventions dans son Through the Devil Softly. Un défaut vraiment regrettable.

Hope Sandoval & The Warm Inventions est un duo entre Hope Sandoval (on aurait pu s’en douter) et Colm O Ciosing. La première est une chanteuse et compositeur américaine, née en 1966. Elle fait également partie du groupe Mazzy Star. En outre, on a pu sur le titre Paradise Circus de Massive Attack. Le second est un musicien irlandais, né en 1964, connu avant tour pour être un de fondateur du groupe My Bloody Valentine. Through the Devil Softy est leur second album, sorti en 2009 (le premier, Bavarian Fruit Bread date de 2001).

A l’écoute des deux premiers titres de Through the Devil Softly, on se dit qu’on est parti pour un vrai moment de douceur musicale, très agréable et relaxante. Les instrumentations sont épurées, acoustiques, avec la voix est bien posée et très harmonieuse. Cela glisse à l’oreille pour une sensation de sérénité très plaisante. On est vraiment prêt à se laisser porter jusqu’au bout du voyage constitué par les 11 plages de cet album.

Mais à partir du troisième morceau, on commence à se dire que la mer est peut-être un peu calme pour le trajet soit pleinement satisfaisant. Surtout que ce For The Rest Of Your Life est sans doute le moins bon titre de Through the Devil Softly. On espère que tout va repartir ensuite, mais dès Lady Jessica and Sam, on a vraiment la sensation que Hope Sandoval & The Warm Inventions tourne en rond, incapable de nous proposer autre chose que ce qu’ils nous ont déjà proposé. Ce n’est d’ailleurs sans doute pas leur but, mais c’est un peu frustrant pour l’auditeur.

Du coup, on se laisse porter pour le reste de Through the Devil Soflty, à l’affut d’un petite éclair dans la monotonie. Seul Trouble vient un peu nous tirer de notre somnolence, avec une instrumentation plus présente, plus forte, avec la présence d’une batterie. C’est pour moi le meilleur titre de l’album, en tout cas le plus intéressant, le plus élaboré et celui qui retient le plus l’attention. Parce qu’il faut être honnête, la voix de Hope Sandoval est mélodieuse et claire, mais n’a pas suffisamment de personnalité pour porter à elle seule le poids de tout un album. Elle sort du lot du commun des mortels, mais pas vraiment de ce que l’on peut trouver dans ce style musical.

On ressort de l’écoute de Through the Devil Softly avec la sensation que si on mélangeait aléatoirement l’ordre des titres de cet album, on ne percevrait qu’à peine la différence. C’est vraiment trop monotone et trop toujours sur le même ton pour que l’on puisse réellement apprécier ces 11 morceaux, qui, individuellement, sont plutôt agréables. Hope Sandoval & The Warm Inventions n’arrive donc pas à nous faire oublier la déception et n’arrive pas à donner un réel intérêt à leurs créations.

Through the Devil Softly est donc globalement trop monotone pour être réellement intéressant.

Pour finir, regardons de plus près les titres que l’on trouve sur cet album.

1.: Blanchard
La voix est tout de suite prenante pour un titre doux et envoûtant.

2.: Wild Roses
La voix est ici très claire, très douce et très harmonieuse.

3.: For The Rest Of Your Life
Sombre et évaporé, titre pas terrible.

4.: Lady Jessica And Sam
Plus de conviction dans la voix, mais l’album commence à tourner en rond.

5.: Sets The Blaze
Très joli morceau, la voix est posée sur une instrumentation un peu plus présente.

6.: Thinking Like That
Dans la même veine que le titre précédent.

7.: There’s A Willow
Voix lente et douce sur une instrumentation épurée. C’est joli, mais rien de nouveau !

8.: Trouble
Une instrumentation plus forte, plus présente, plus élaborée, avec notamment la présence d’une batterie. Le morceau prend du coup une autre dimension, même si la voix est à l’inverse plus plate.

9.: Fall Aside
Très lancinant.

10.: Blue Bird
Toujours sur le même ton.

11.: Satellite
Très lent, très épuré. La voix est travaillée, mais ça ne suffit pas pour apporter une vraie nouveauté.

LA GRANDE EVASION (MIckey 3D) : Du pur Mickey 3D

lagrandeevasionmickey3d

lagrandeevasionmickey3dParfois un artiste connaît le succès grâce à un style bien affirmé, dans lequel il se trouve quelque peu enfermé. Du coup, l’intérêt qu’il suscite décroît doucement. Il finit par faire partie du paysage musical, avec sa cohorte de fans, continue à faire le plein en concert, mais dont les nouveaux albums ne sont plus mis en avant dans les médias ou la radio. C’est ce qui est arrivé à Mickey 3D, depuis l’immense succès de son tube Respire. Ainsi, leur album, la Grande Evasion est passé plutôt inaperçu, malgré des qualités qui restent les mêmes.

Mickey 3D est un groupe originaire des environs de St Etienne, ce que tout le monde sait depuis leur tube consacré à Johnny Rep. Ils ont sorti leur premiers titres dans les années 90 sur des cassettes audio (ça ne nous rajeunit pas), distribuées comme ils pouvaient. Ils sortiront leur premier vrai album, Mistigri Torture, en 1998. Il faut attendre 2000 pour que leur album soit réédité par Virgin et que le single La France a Peur commence à les faire connaître du grand public. Suivront, la Trève en 2001 et surtout Tu Ne Vas Mourir de Rire, et son tube Respire, en 2003 pour qu’ils s’installent comme des valeurs sûres de la scène française. Suivra ensuite Matador, en 2005, et le single du même nom, qui a bénéficié d’une promotion importante, avant ce La Grande Evasion, sorti en 2009.

Le style de Mickey 3D tient en grande partie dans la personnalité de son leader et chanteur, Mickael Furnon, d’où le groupe tire son nom. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il n’a pas une voix extraordinaire. Il parle presque autant qu’il chante, sans jamais monter très haut, ni descendre très bas. Mais leur succès vient de la manière dont le groupe joue de ce contraste entre cette voix assez «statique » et des accompagnements souvent beaucoup plus dynamiques. De plus, il joue vraiment ses textes, autant comme un acteur qu’un chanteur. Leurs textes nous livrent généralement une vision assez sombre de la société et nous livre un discours écolo et solidaire, naïf diront certains. La Grande Evasion se situe dans cette droite lignée…

… et c’est sans doute la plus grande force et la plus grande faiblesse de cet album. En effet, j’aurais presque envie de m’arrêter là dans mon analyse, car tout est dit. Sauf que tout cela s’applique à chacun de leurs albums. Il n’y a aucune innovation dans la Grande Evasion et on comprend mieux pourquoi il a surtout marché auprès des fans les plus fidèles. Ca reste bon, mais certainement pas meilleur que tout ce qu’ils ont fait avant.

Mais si on juge la Grande Evasion dans l’absolu, on ne peut que lui trouver de grandes qualités. La grande force de Mickey 3D reste avant tout la qualité des textes. J’ai déjà évoqué leur naïveté, mais ils brillent tout de même le plus souvent par un humour assez fin. Ils délivrent également un discours que l’on peut carrément qualifier de politique, surtout sur le titre Playmobil qui attaque de plein fouet notre cher ex-Président. Après on adhère ou pas, mais j’aime bien le côté assez poétique de leur approche. Les instrumentations sont sympas, même si elles cassent rarement des briques. Elles sont surtout là pour mettre en avant les textes. Il faut vraiment voir ce groupe en concert, ce que je vous conseille, pour mesurer pleinement leurs qualités de musiciens.

Le seul reproche objectif que formulerait à propos de cet album, c’est d’être un peu long. 14 titres, ce n’est pas non plus monstrueux, mais on aurait pu élaguer la Grande Evasion de deux ou trois titres plus en retrait. C’est dommage de donner une impression globale un peu moins bonne, alors qu’on avait le moyen de produire un album plus homogène dans la qualité. Mais à l’heure des MP3, où on écoute plus des titres que des albums, on peut surtout se focaliser sur la petite dizaine de titres vraiment intéressants et qui nous rappellent pourquoi on aime Mickey 3D.

La Grande Evasion est donc du Mickey 3D pur et dur. Les amateurs apprécieront, les autres passeront leur chemin.

Pour finir, passons en revue les titre que l’on trouve sur cet album.
1-Playmobil
Une chanson sur un enfant, dont ses camarades se moquent, qui devient méchant et qui finit par accéder au pouvoir politique… Ca vous rappelle quelqu’un ?

2-Je m’appelle Joseph
Un titre au fond social, qui parle d’immigration. Le refrain est interprété par une voix enfantine, les couplets par Mickael Furnon et sa voix statique. Bref, du pur Mickey 3D !

3-1988
Un instrumentation à la guitare sèche, mais plus dynamique que sur les titres précédents pour une très belle chanson sur cette année qui a visiblement compté pour Mickael.

4-Méfie-toi l’escargot
Le single de l’album au ton plus rock, au texte écolo hippie. Le meilleur de Mickey 3D !

5-L’Homme qui prenait sa femme pour une plante
Un ton plus sombre sous forme de dialogue avec une voix féminine, parlant de l’amour et des relations humaines. Texte un peu bateau cependant.

6-Personne n’est parfait
Un ton assez triste pour une chanson un peu transparente.

7-La Footballeuse de Sherbrooke
Une excellente chanson légère sur ces filles que l’on croise sans qu’on ait l’occasion de leur parler.

8-Yula (ma fiancée galactique)
Une petite chanson d’amour à l’instrumentation épurée au texte sympa.

9-Paris t’es belle
Encore une chanson d’amour simple… mais l’être aimé est cette fois la ville de Paris.

10-Montluçon
Une chanson qui nous emmène en province, mais au texte sans grand intérêt.

11-Chanson du bonheur qui fait peur
Une instrumentation entraînante et travaillée. Le texte est poétique, mais un peu obscur.

12-La Fille du cannibale
Un texte rigolo, mais pas non plus transcendant.

13-L’Arbre du petit chemin
Un ton assez sombre et pessimiste.

14-Les Vivants
Une chanson à la guitare sèche et au violon. Un texte assez sombre qui manque un peu de profondeur.

TWO DANCERS (Wild Beasts) : Le tour de la (bonne) question

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twodancerswildbeastsLa cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques de Londres a largement insisté sur le fait que le Royaume-Uni est le fournisseur officiel de groupes de rock et de pop pour le monde entier. Il est vrai que là-bas, comme il pleut tout le temps, on reste chez soi et vu qu’on n’a que du bœuf bouilli à se mettre sous la dent, on ne reste pas non plus très longtemps à table. Du coup, il faut bien trouver une autre activité pour s’occuper. Donc pourquoi pas faire du rock ! C’est exactement ce qu’ont du se dire les groupe Wild Beasts qui nous livre leur album, Two Dancers.

Wild Beasts est originaire de Kendal, en Angleterre. Comme tout bon groupe de rock qui se respecte, ils sont quatre jeune gens, sans doute dans le vent. Il y a Hayden Thorpe (chant, guitare, basse, clavier), Ben Little (guitare, clavier), Tom Fleming (basse, chant, guitare, clavier) et Chris Talbot (batterie, chant). Vous noterez donc la polyvalence de ces garçons et l’importance des claviers. Car si on veut vraiment être précis, nous sommes là face à un groupe d’indie rock, même si ce terme reste toujours assez mystérieux pour moi. Two Dancers est sorti en 2009. Il s’agit de leur deuxième album, un troisième l’ayant suivi en 2011.

Wild Beasts nous propose dans Two Dancers un son plutôt original (c’est sans doute pour ça que leur musique est qualifiée d’indie rock), très mélodieux et qui laisse une large place à des instrumentations assez complexes. Le premier titre, The Fun Powder Plot, nous met tout de suite dans le bain avec plusieurs couches qui s’ajoutent au fur et à mesure. Les fans de punk trouveront peut-être ça beaucoup trop ampoulé, mais les amateurs de sonorités travaillées apprécieront.

Ce qui caractérise donc Wild Beasts est donc sa maîtrise. Two Dancers n’est pas dans l’énergie, mais l’œuvre de musiciens qui aiment forger les sons avec minutie. Cela ne les empêche pas de mettre de la conviction, voire même un vrai punch, dans certains de leurs titres, même si on aimerait parfois qu’ils lâchent un peu plus les chevaux. Cependant, l’équilibre trouvé fait toute la personnalité de leur musique, vouloir le modifier, changerait tout simplement qui ils sont.

La seule chose qui m’a quelque peu dérangé dans Two Dancers est l’aspect haut perché de la partie vocale. Parfois, ils jouent en duo entre Hayden Thorpe et Tom Fleming, ce qui donne le plus souvent un résultat plutôt intéressant. Mais généralement le premier chante seul et va chercher loin dans les aigües. Honnêtement, il ferait mieux de redescendre car on croirait parfois qu’il s’auto-parodie. Bon, ce ne gâche pas totalement le plaisir, mais ça m’a quand même empêché de me laisser totalement porté par leur musique.

Two Dancers est assez court, 10 titres seulement. Il est donc assez dense car tous les titres sont plutôt bons, à part peut-être When I’m Sleepy qui est un peu en dessous des autres. Ca manque peut-être un tantinet de variété, même si les titres sont plus ou moins énergiques. Wild Beasts imprime vraiment sa personnalité sur l’ensemble des morceaux, alors il vaut mieux accrocher dès le début, sinon il y a peu de chance que ça vienne au fur et à mesure. D’ailleurs, on sent bien à la dernière plage qu’on a un peu fait le tour de la question et que le groupe a complètement exploité son idée de départ. On retiendra cependant Hooting and Howling comme étant le morceau le plus intéressant de l’album.

Two Dancers est donc globalement un bon album dont le son original sort du lot. Cependant, Wild Beasts semble un peu enfermé dans leur propre idée et on se dit que 10 plages, même agréables, sont suffisantes.

Pour finir, regardons de plus près les titre que l’on trouve sur Two Dancers.

1.: The Fun Powder Plot
Chaque couche d’instrumentation s’ajoute l’une après l’autre. Les deux voix viennent en dernier pour un premier long titre envoûtant.

2.: Hooting and Howling
Une instrumentation épurée qui met la voix en avant. Le résultat est très mélodieux dans sa première partie, avant que le rythme s’accélère pour un titre plein de conviction et surtout très bon.

3.: All the King’s Men
La batterie se fait plus présente pour un titre rythmé et entraînant, où la voix grave répond à la voix aigüe.

4.: When I’m Sleepy
Un titre plus évaporé, un peu en dessous des précédents.

5.: We Still Got the Taste Dancing on Our Tongues
Un son moins original, plus pop, mais ça reste mélodieux et pas mal du tout.

6.: Two Dancers
Un titre tout en maîtrise, avec la voix grave et une instrumentation qui s’enrichit au fur et à mesure.

7.: Two Dancers II
Une version plus mélodieuse et douce, mais surtout très belle.

8.: This Is Our Lot
Une voix évaporée mais pleine de conviction qui compense une instrumentation un peu lancinante.

9.: Underbelly
Un titre calme et mélodieux, pas mal du tout.

10.: The Empty Nest
Un morceau à l’image de l’album, mais qui n’apporte plus rien de plus.

HOLD TIME (M Ward) : Ballade au fil du rock

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holdtimemwardVoilà près de 60 ans que le rock est né. Il a connu bien des styles, des formes différents. Il s’est enrichi d’influences diverses. Certaines sonorités évoquent une décennie plutôt qu’une autre. Les musiciens d’aujourd’hui peuvent donc puiser leur inspiration dans une bibliothèque très riche. C’est ce qu’a fait M Ward dans son album Hold Time, un très joli mélange de notes rétro et de modernité.

M Ward est un musicien américain, né en 1973 à Portland. Son vrai nom est Matthew Stephen Ward. Il partage son temps entre une carrière solo et un groupe, She & Him, dont l’autre composante est l’actrice Zooey Deschanel (ma future femme, même si elle ne le sait pas encore), présente également sur un des morceaux de Hold Time. Ce dernier est sorti en 2009.

M Ward nous propose avec Hold Time une musique relativement intemporelle. De jolies mélodies allant du rock, au blues, en passant par la pop et la country. C’est souvent assez épuré, avec donc un côté assez classique et rétro. Mais la voix est souvent travaillée, de manière assez légère, mais suffisamment pour faire de cet album tout de même un disque bien de notre époque. On sent bien le travail d’un vrai compositeur, aimant jouer avec les musiques qu’il aime.

Les morceaux de Hold Time sont le plus souvent calme et mélodieux. Si M Ward explore diverses influences qui ont nourri l’histoire du rock, c’est sûr qu’il reste loin du metal et du hard rock. Les instrumentations sont souvent assez épurées, interprétées parfois à la guitare sèche, avec le renfort d’un piano ou de violons. Très souvent, sa musique nous rappelle fortement Simon et Garfunkel. C’est parfois plus énergique et dynamique, mais sans d’immenses envolées non plus. C’est donc un CD parfait pour une soirée tranquille, où on veut profiter de bonne musique, sans tomber dans le romantique sirupeux.

La point fort de Hold Time reste la qualité des morceaux. Certes, sur la fin, ça se relâche un petit peu, mais globalement, l’album est homogène. En plus, la plupart des titres sont relativement cours, généralement moins de 3 minutes. Donc si l’un deux nous plaît moins, on est vite passé à autre chose. Et comme cet album propose quand même de sonorités plutôt variées, on arrive forcément vite à quelque chose qui nous plaît.

Si je devais ressortir quelques morceaux de cet album, je citerai tout d’abord Jailbird, qui se trouve au centre des influences du musicien : rock, blues et country. Ensuite Fisher of Men car c’est sûrement le morceau où peut vraiment apprécier la voix de M Ward. Trop souvent, cette dernière est travaillée sans qu’à mon sens, cela n’apporte quoi que ce soit. Enfin, Shangri-La, le titre qui sonne le plus comme un de Simon and Garfunkel.

Hold Time de M Ward est donc un album très agréable et mélodieux aux influences multiples.

Pour finir, faisons le tour des titres de cet album.

1.: For Beginners (AKA Mt. Zion)
Un rock doux et mélodieux, qui sonne un peu 60’s.

2.: Never Had Anybody Like You
Un plus rock, avec un son toujours rétro et un fond de pop.

3.: Jailbird
Une ballade entre rock, blues et country.

4.: Hold Time
Une voie éthérée se pose sur un violon et un piano, pour un résultat moyen.

5.: Rave On
Un duo avec Zoey Deschanel, ma future femme, pour un résultat entraînant et sympathique.

6.: To Save Me
Un rock plus moderne. Pas mal, même si ça ne décolle jamais tout à fait.

7.: One Hundred Million Years
Guitare sèche pour un titre country classique mais particulièrement bien interprétée.

8.: Stars Of Leo
Une instrumentations épurée et douce, pour une très jolie chanson.

9.: Fisher Of Men
Un son country où la voix apporte un vrai supplément de personnalité.

10.: Oh Lonesome Me
Lent et un peu sinistre dans sa première partie. La seconde est bien meilleure, interprétée par Lucinda Williams.

11.: Epistemology
Un titre pop-rock sans trop de conviction.

12.: Blake’s View
Un peu mou du genou !

13.: Shangri-La
Retour à une country douce et classique, avec un côté Simon and Garfunkel.

14.: Outro, (AKA I’m A Fool To Want You)
Instrumental pour finir.

808S & HEARTBREAK (Kayne West) : Potentiel gâché

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808sHeartbreakkaynewestJ’aime la musique de pouffes, c’est un fait connu de tous et qui passe pour une vérité aussi immuable que deux et deux font quatre. Du coup, on m’imagine en train de me trémousser devant des clips où des créatures à forte poitrine se déhanchent de manière lascive… Ceci est évidemment de la pure calomnie, même si j’avoue que parfois, en faisant mon repassage, je bouge mon postérieur au rythme des tubes de Britney ou des Destiny’s Child. Mais on oublie trop souvent que la musique de pouffes peut tout aussi bien être chantée par des hommes. Parmi eux Kayne West et son album 808s & Heartbreak Un jeune homme qui possède un certain potentiel mais qui le gâche quelque peu.

Kayne West est à la fois un rappeur et un producteur à succès. Il est connu en particulier pour avoir gâché la cérémonie des MTV Awards en montant sur scène pour critiquer le choix du jury qui n’avait pas accordé le prix du meilleur clip à sa protégée Beyonce… ce qui fit réagir même Barack Obama. Au-delà de ça, il a sorti 7 albums, dont ce 808s & Heartbreak, sorti en 2008, et qui propose un son très R’N’B, pas vraiment représentatif de sa carrière plus tourné vers le hip-hop.

Commençons par ce qui fâche et gâche tout. Sur 808s & Heartbreak, Kaye West utilise l ‘Auto-Tune, un logiciel modulant la voix. Mais la question reste : pourquoi ? Mais pourquoi ? Pourquoi ? Pourquoi ? Parce qu’au final, cela donne l’impression de l’entendre au travers d’un téléphone qui ne capterait pas bien. Au mieux, cela donne un petit effet 80’s, mais sûrement pas du meilleur de cette décennie. Il a du trouver que cela faisait terriblement moderne, mais au final ça fait juste terriblement moche.

Et c’est vraiment dommage, car Kayne West a plutôt une belle voix. Pas forcément hyper originale et intéressante, mais suffisamment harmonieuse pour proposer beaucoup mieux que ce 808s & Heartbreaker. D’ailleurs, au détour d’un ou deux titres, on peut apprécier ce potentiel. Dans Love Lockdown ou encore Paranoid, on arriverait presque à faire abstraction des effets de déformation. Mais c’est surtout le dernier titre, une plage cachée, qui attise définitivement la frustration. Un titre enregistré en live, et donc sans le fameux logiciel, ce qui permet d’être définitivement convaincu du potentiel vocal du jeune homme.

Cependant, à côté de ça, même quand la partie chantée est sympa et dynamique (je parle de la mélodie, plus de la voix en elle-même), elle n’est que rarement mise en valeur par l’accompagnement instrumental. Certains morceaux ne sont soutenus que par un rythme très basique, voire même parfois carrément horripilant. Ca semble sorti d’une vieille boîte à rythme d’occasion et ça reste souvent très basique. Encore une fois, on a l’impression d’être de retour dans les années 80, mais on se rappelle pourquoi souvent on essaye d’oublier cette époque.

En fait, il faudrait reprendre tous les morceaux de 808s & Heartbreak, revoir les arrangements et les faire chanter par Kayne West sans toucher à sa voix. Dans ce cas-là, on aurait droit à un album de R’N’B fort sympathique. Au lieu de ça, on a droit à un mélange quelque peu indigeste, où les influences hip-hop ne viennent pas du tout enrichir le résultat, mais au contraire, le tire vers le bas.

808s & Heartbreak est donc un album totalement gâché par une série de choix artistiques particulièrement regrettables.

Pour finir, faisons le tour des titres que l’on trouve sur cet album.

1.: Say You Will
Un long morceau d’introduction, qui commence de manière assez mélodieuse, même si l’instrumentation électro ne met pas du tout le chant en valeur. Ensuite, le titre se poursuit par un long instrumental sans intérêt.

2.: Welcome To Heartbreak
Une ambiance assez sombre pour un titre quelque peu transparent.

3.: Heartless
Un peu plus de rythme et dynamisme. La voix se lâche un peu et c’est tout de suite meilleur.

4.: Amazing
Pourquoi déformer la voix comme ça ? Cela gâche vraiment tout…

5.: Love Lockdown
Kaye West joue avec sa voix, pour un résultat plutôt intéressant.

6.: Paranoid
Une instrumentation épurée, de la conviction dans la voix et c’est bon !

7.: RoboCop
La voix se fait plus sexy. Serait vraiment pas du tout sans la déformation.

8.: Street Lights
Un titre totalement transparent.

9.: Bad News
La voix est plus aigüe et éloignée du micro. Effets ratés…

10.: See You In My Nightmares
La voix est de plus en plus déformée…

11.: Coldest Winter
La voix est plus pure dans titre qui sonne vraiment très années 80.

12.: Hidden Track, Pinocchio (freestyle live from Singapore)
Un live qui permet vraiment de mesure à quel point Kayne West a une voix vraiment sympathique.