SUNNY SIDE UP (Paolo Nutini) : Un vrai régal !

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sunnysideuppaolonutiniAh Paolo Conte, légende de la musique italienne, qui nous enchante depuis des décennies avec ses mélodies jazzy pleines d’entrain et sa voix rocailleuse inoubliable. Une musique qui nous fait sentir la chaleur de la Méditerranée, le soir à une terrasse devant un paysage magnifique. Une telle légende peut difficilement avoir un véritable successeur. Et pourtant, il semble que ça soit le cas avec un autre Paolo, Paolo Nutini. Sauf que, contrairement à ce que l’on pourrait penser, ce jeune homme nous vient d’Ecosse. Mais il n’en reste pas moins que son album Sunny Side Up est tout simplement un pur régal.

Paolo Nutini est donc issu de l’union d’une Ecossaise avec un Italien. Et comme les mélanges donnent souvent de très beau résultat, le jeune homme a été doté d’une voix suffisamment intéressante pour faire carrière. Il connut le succès dès son premier album, These Streets, sorti en 2007. Son univers était alors très pop-rock britannique, tout ce qu’il y a de plus classique. Sunny Side Up est venu deux ans plus tard dans un univers assez différent.

En effet, si son premier album était très écossais, Sunny Side Up est un peu plus… américain. Bon, il y a bien quelque chose de très méditerranéen dans cette musique, mais son univers folk et jazzy peut aussi faire penser à l’autre côté de l’Atlantique. Il y un vrai charme latin, mais surtout des influences multiples qui donnent un joyeux et réjouissant melting-pot. Vous l’aurez compris, comme je l’ai dit en introduction, on est devant un pur moment de bonheur musical.

Sunny Side Up mêle une grande gaité enthousiasmante avec une maîtrise artistique totale. Les titres sont souvent très dansants. Bref, ça swingue ! La musique de Paolo Nutini possède un vrai caractère festif, mais sans jamais sombrer dans le n’importe quoi. Il ne mise pas tout sur une énergie débridée, qui permet de pardonner quelques approximations artistiques. Chaque morceau est travaillé, avec une instrumentation qui ne sonne jamais deux fois de la même façon.

Sunny Side Up compte aussi son lot de jolies ballades plus calmes. Si les titres plus rythmés sont incontestablement les plus intéressants, on pourra apprécier aussi un peu de douceur et de romantisme. Surtout que Paolo Nutini a vraiment la voix pour faire fondre. Une voix qui n’est pas du tout celle d’un jeune homme de 22 ans. Elle est profonde, incroyablement chaude, presque éraillé parfois. Une maturité assez ahurissante qui confère à cet album une personnalité assez hors du commun. On est loin d’une soupe servi par un petit jeunot qui veut jouer les vieux briscards romantiques. Paolo Nutini possède un vrai talent et cet album permet de l’apprécier pleinement.

Si je devais retenir un seul titre de Sunny Side Up, je choisirais Pencil Full of Lead. Ce morceau jazzy et festif résume à lui seul tout l’album et tout ce qui fait son charme. Le principal single de l’album fut Candy, mais de toute façon, il ne compte que des titres de très bonne qualité. L’album a lui aussi très bien marché, surtout en Angleterre et c’est entièrement mérité. On attend la suite de sa carrière avec impatience car les deux univers très différents de ses deux premiers albums montre que le jeune homme en a encore sous la semelle.

Sunny Side Up est donc un petit concentré de bonheur musical pour tous ceux qui aiment la musique festives entraînante, mais qui reste maîtrisée et encore plus dans le charme que l’énergie.

Pour conclure, un petit passage en revue des titres de Sunny Side Up.

1.: 10/10
Un air gai et festif, où la voix donne toute sa personnalité au morceau.

2.: Coming Up Easy
La voix glisse sur ce beau titre très mélodieux.

3.: Growing Up Beside You
Une mélodie plus folk, la voix est plus aiguë, mais le résultat est très apaisant.

4.: Candy
Une ballade mélodieuse. La voix est plus posée, moins de personnalité, mais le résultat reste de qualité.

5.: Tricks of the Trade
Une instrumentation épurée, mais beaucoup d’émotion dans la voix.

6.: Pencil Full of Lead
Jazzy et festif. Excellent !

7.: No Other Way
Un rythme de slow, la voix est magnifique.

8.: High Hopes
Un rythme chaloupé et swinguant.

9.: Chamber Music
Une ballade épurée à la guitare. La voix fait tout le reste.

10.: Simple Things
Une ballade enjouée très country.

11.: Worried Man
Un titre avec une instrumentation mélodieuse, quasi symphonique.

12.: Keep Rolling
Un titre lent et mélancolique.

FINISTERIENS (Miossec) : Miossec et Tiersen sont sur un bateau

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finistreriensmiossecLa Bretagne est une région merveilleuse. Sa pluie, ses crêpes, ses menhirs… Mais surtout ses merveilleux habitants, tellement sympathiques qu’on leur pardonne aisément leur alcoolisme légendaire. Quoi ? Je colporte des clichés ? Peut-être, mais pour ce qui est du dernier point que j’ai évoqué, ce n’est pas sûr qu’écouter Finistériens de Miossec mette fin à cette réputation. Un album qui démontre une nouvelle fois l’immense talent de cet artiste.

Christophe Miossec est né en 1964 à Brest. Il a connu le succès dès son premier album sorti en 1995, intitulé… Boire… Après on s’étonne que les idées reçues aient la vie dure… Surtout qu’il a débuté sa carrière en se produisant régulièrement dans les bars brestois. Depuis, 7 autres albums ont suivi, donc ce Finistériens, sorti en 2009.

Finisteriens nous offre tout ce que la Bretagne fait de mieux puisque cet album a été écrit et réalisé en collaboration avec Yann Tiersen, qui a joué à peu-près tous les instruments lors de l’enregistrement. Ce mélange de talents nous offre un très bon album qui mélange les qualités d’écritures de Miossec avec les qualités de musicien du célèbre violoniste. Un album riche donc, même s’il n’est pas forcément le meilleur de l’artiste.

Il manque sans doute à Finistériens une chanson vraiment marquante. Les textes sont bons, mais aucun ne se détache vraiment. Un album dense et homogène en qualité qui s’écoute avec un vrai plaisir. Les thèmes sont ceux qui ont toujours parcouru l’œuvre de Miossec. Je ne sais pas combien d’histoire d’amour il a pu foirer par son alcoolisme et son amour immodéré des femmes, mais en tout cas, cela lui a procuré une inépuisable inspiration. Il est vrai que ça manque peut-être un peu de vraies nouveautés dans les sujets abordés par rapport à ces albums précédents. Je ne dirais pas que le Breton tourne en rond, mais il reste tout de même dans un univers très familier.

Par contre, la vraie nouveauté c’est l’apport de Yann Tiersen. Les instrumentations sont plus élaborées, plus intéressantes que sur les autres albums de Miossec. Elles alternent entre piano et violon et apportent toujours un vrai plus à chacun des morceaux. On s’attarde parfois à écouter avec attention les mélodies et les accompagnements, ce qui n’a pas toujours été le cas. Cependant, là encore, les familiers de Yann Tiersen ne seront guère surpris par ce qu’il propose sur Finistériens.

Si je devais tout de même retenir deux titres sur Finisteriens, je choisirai tout d’abord Nos Plus Belles Années, pour son texte très poétique. Mais le meilleur reste pour moi Fermer la Maison car c’est celui où se mêle vraiment le talent de Miossec et de Yann Tiersen de manière vraiment égal. C’est avec ce morceau que l’on mesure le mieux tout l’intérêt de cette collaboration dont peut être fier toute la Bretagne.

Finisteriens est donc au final un bon album de Miossec. Mais c’est surtout l’apport de Yann Tiersen qui donne un réel intérêt à cet album.

Pour finir, faisons le tour des morceaux que l’on trouve sur Finisteriens.

1-Seul ce que j’ai perdu
Une chanson douce et mélancolique sur un ancien amour.

2-Les Joggers du dimanche
Un texte parcouru par une ironie typique de Miossec, proposant un regard quelque peu interrogateur sur la supposée normalité.

3-À Montparnasse
Une chanson sur le sens du travail salarié.

4-Les Chiens de paille
Une musique plus dynamique pour un texte toujours sur un amour difficile.

5-CDD
Quelques violons et une voix plein de conviction.

6-Nos plus belles années
Une chanson très poétique pour un nouveau retour mélancolique sur le passé.

7-Jésus au PMU
Un texte qui s’adresse à Jésus, avec une instrumentation à la guitare qui monte en intensité au fur et à mesure.

8-Haïs-moi
Une voix un peu distordue pour un résultat moins mélodieux.

9-Fermer la maison
La musique au violon est lente et mélodieuse et porte un très beau texte.

10-Loin de la foule
Un piano très présent sur laquelle se pose une voix presque murmurée, pleine d’émotion.

11-Une fortune de mer
Une ode à l’amour et à la mer.

EAST OF EDEN (Taken by Trees) : Voyage un peu trop immobile

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eastofedentakenbytreesPour voyager, vous pouvez utiliser vos pieds ou votre vélo, si vous n’allez pas très loin. Vous pouvez prendre votre voiture ou le train si vous vous voulez faire le tour de votre pays. Enfin, il reste le bateau ou l’avion pour visiter les contrées les plus éloignées et les plus exotiques. Mais vous pouvez aussi tout aussi bien voyager depuis votre canapé par d’autres biais comme la lecture, le cinéma ou bien sûr la musique. C’est exactement l’effet que procure East of Eden de Taken by Trees.

Taken by Trees est le projet solo de Victoria Bergsman, la chanteuse de the Concretes… Bon merci Wikipedia, parce que j’avoue que j’ignorais tout de tout ce beau monde il y a encore cinq minutes, avant d’écrire ces lignes. La jeune femme est une chanteuse et musicienne suédoise née en 1977. Taken by Trees a pour l’instant sorti trois albums studio. East of Eden est le deuxième et est sorti en 2009.

East of Eden s’adresse donc aux amateurs de voyages immobiles. En effet, cet album nous propose au fil des titres, qui ne sont qu’au nombre de 9, diverses sonorités qui nous emmènent loin de la Suède. L’Orient, l’Asie, l’Afrique et beaucoup de sonorités plus difficilement identifiables, mais qui revoient le plus souvent à un certain exotisme. De ce point de vue là, East of Eden est assez surprenant et démontre une vraie curiosité musicale chez Victoria Bergsman.

Mais voilà, personnellement, j’ai trouvé le voyage un peu trop immobile pour le coup. Les titres sont tous sur un rythme plutôt lent. C’est souvent envoûtant, mais parfois tout de même assez lancinant. On a bien du mal à se concentrer sur l’écoute de East of Eden, dont la musique se prête plus à un fond sonore qu’à une écoute attentive. Bref, on flirte quand même avec l’ennui. Surtout que la voix de Victoria Bergsman n’est pas non plus totalement inoubliable.

La durée somme toute limité de East of Eden est en fait à la fois sa force et sa faiblesse. Sa force parce que du coup, on apprécie quand même le travail de recherche de Taken by Trees. La musique n’est certes pas enthousiasmante, mais présente quand même un intérêt suffisant pour être maintenu le long de ce neuf titres. Sa faiblesse parce que du coup, c’est un peu léger vu qu’on paye rarement la musique au poids. Enfin quand on la paye…

Il est clair que mon avis sur East of Eden est quand même largement subjectif. Comme tous les avis me direz-vous, mais celui-là encore un peu plus. En effet, je ne suis pas forcément très amateur de musique traditionnelle quelque soit son origine. Et il est vrai que c’est de là que Taken by Trees tire ses influences. Par contre, si vous pouvez écouter des heures de musique orientale sans vous lasser, vous apprécierez très certainement bien plus que moi cet album. Personnellement, dans la même démarche de mélange de sonorités venues des quatre coins de la planète, je préfère largement le travail de Pink Martini par exemple.

East of Enden est donc le fruit d’un travail remarquable de la part de Taken by Trees. Mais un rythme trop monotone et lancinant empêche tout enthousiasme pour ces sonorités pourtant particulièrement diverses. Dommage.

Pour finir, faisons le tour des titres de cet album.

1.: To Lose Someone
Une ballade évaporée aux sonorités étranges et orientales.

2.: Anna
La voix est un peu plus poussée, plus claire, sur un rythme un rien chaloupé.

3.: Watch the Waves
Des percussions très présentes pour un titre un peu psychédélique.

4.: Greyest Love of All
Un air de ballade irlandaise.

5.: Tidens Gång
Une instrumentation plus épurée qui met particulièrement en avant la voix.

6.: Wapas Karna
Un rythme asiatique pour un son dissonant.

7.: My Boys
Plus rythmé, plus enjoué.

8.: Day by Day
Un rythme envoûtant aux sonorités toujours exotiques.

9.: Bekännelse
Lent et chiant.

POPULAR SONGS (Yo La Tengo) : Le vrai sens de la variété

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popularsongsyolatengoLe plus difficile dans l’art en général, et en musique en particulier, c’est de savoir ne pas toujours faire la même chose, même si c’est ce que l’on sait faire de mieux. Combien de groupes donnent l’impression d’écrire encore et encore le même album, quand ce n’est pas la même chanson. Du coup, on apprécie quand on tombe sur un disque qui nous entraîne dans des univers assez différents d’une plage à l’autre. C’est le cas de Popular Songs du groupe Yo La Tengo.

Yo la Tengo est un groupe de rock américain indépendant. Wikipedia souligne dans les quelques lignes de présentation la diversité des genres abordés dans leur discographie. C’est toujours rassurant quand ce genre d’information vient confirmer votre idée d’introduction. Même s’il n’a pas forcément une très forte notoriété (j’avoue que je n’en avais jamais entendu parlé précédemment), il a tout de même été fondé en 1984 et Popular Songs, sorti en 2009, est leur 16ème album. Il est composé de deux membres : Ira Kaplan et Georgia Hubley.

Popular Songs ne débute pas par le meilleur de l’album. En effet, les quatre premières plages commencent par une musique plutôt évaporée, qui abuse quelque peu de l’effet « voix loin du micro ». Bon, les titres ne sont pas forcément mauvais, mais on commence à se dire que si le reste est dans la même veine, on risque fort de finir par s’ennuyer ferme. Heureusement, le reste est très différent et surtout très différent d’un titre à l’autre.

Popular Songs s’adresse plutôt à un public qui apprécie les instrumentation élaborée, plutôt que le style direct et purement énergique. Bref, Yo La Tengo est loin d’être un groupe de punk et on sent chez eux une vraie volonté d’explorer diverses univers musicaux. On n’est pas du tout face à une musique expérimentale, puisqu’aucun titre pris un individuellement n’est d’une originalité radicale, mais les deux musiciens exercent leur talent pour des rendus assez variés, avec toujours un vrai travail dans les arrangements. Le seul aspect un peu hors des sentiers battus de cet album réside dans les trois derniers titres, très longs : 8, 10 et 15 minutes et qui sont beaucoup moins classiques dans leur forme. Bon, ce n’est pas forcément le plus intéressant et on peut leur reprocher d’allonger un peu artificiellement l’album.

Il n’en reste pas moins qu’avant cela, Popular Songs nous propose un certain nombre de très bon titre. Le meilleur moment de l’album réside dans l’enchaînement Periodicallly Double or Triple, If it’s True et I’m on My Way. Ce sont les plus dynamiques et ceux où les voix des deux musiciens sont les plus claires. Il est vrai que je suis rarement fan des distorsions sur le chant. Le reste de l’album est globalement assez bon. Comme les titres sont assez variés, on peut plus ou moins apprécier les titres selon ses goûts personnels, mais on ne peut que saluer le réel travail artistique derrière chaque d’eux.

Popular Songs n’est donc pas particulièrement homogène et on peut aimer nettement moins certains passages. Cependant, la variété et le vrai travail réalisé par ces deux musiciens font de Yo La Tengo un groupe qui gagne à être découvert.

Pour finir, un petit tour des titres que l’on trouve sur cet album.

1.: Here to Fall
Un rock lent et envoûtant.

2.: Avalon or Someone Very Similar
Une voix un peu évaporée, pour une ambiance un peu 70’s.

3.: By Two’s
Lent et harmonieux, toujours quelque peu évaporé. Flirte un peu avec le chiant pour tout dire.

4.: Nothing to Hide
Un rock dynamique, mais avec toujours cet effet voix éloignée du micro.

5.: Periodically Double or Triple
Un rock un rien rétro et jazzy, où la voix est enfin claire pour un résultat très sympa.

6.: If It’s True
Chanté en duo, ce titre enjoué et jazzy est très bon.

7.: I’m on My Way
Une ballade simple, où le texte est chanté avec une vraie expressivité.

8.: When It’s Dark
Des accents folks, un rien évaporé, mais un titre qui fonctionne.

9.: All Your Secrets
Une ballade gentillette, tirant sur la pop sucrée.

10.: More Stars Than There Are in Heaven
Un très long titre un peu lancinant.

11.: The Fireside
Très long encore pour un titre instrumental assez envoûtant.

12.: And the Glitter Is Gone
Encore très long (15 minutes), un instrumental rock et dynamique.

BROKEN (Soulsavers) : Surprenants dialogues

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brokensoulsaversLorsque l’on écoute un album dont on ne sait rien, on attend toujours la première plage avec appréhension et impatience, pressé de savoir à quoi peut ressembler la musique qui nous attend. Le nom du groupe donne parfois une indication ou parfois vous induit en erreur. Avant d’entendre les premières notes de Broken, je me disais que Soulsavers était un nom pour un groupe de rock qui tâche. Je me suis plutôt trompé pour le coup, mais je n’ai pas perdu au change puisqu’il s’agit réellement d’un très bon album.

Soulsavers est un duo anglais, spécialisé dans la musique électronique et le les remixes. Bon, ça c’est ce que dit Wikipedia et ne correspond pas du tout à l’impression donné par Broken, où se mêlent guitares, violons et piano. Enfin visiblement ce sont des touches-à-tout qui aiment à jouer avec les sons et les mélodies. Cet album est sorti en 2009 et a pour invité principal Mark Lanegan qui prête sa voix sur presque tous les morceaux.

Broken s’ouvre sur un instrumental au piano et des cordes classiques. On se dit que peut-être, il s’agit juste d’une introduction originale qui ne va pas forcément ressembler au reste de l’album. D’ailleurs, le second morceau Death Bells est plutôt rock, avec de grosses guitares. J’ai alors imaginé que j’avais vu juste et que j’étais parti pour une dizaine de plages dans la même veine. Or, je me suis vite aperçu que c’était loin d’être le cas.

En effet, Broken est constitué quasiment exclusivement de ballades mélodiques, souvent assez sombres, au rythme parfois très lent. Le ton tire parfois sur le psychédélique ou l’ambiance envoûtante, mais globalement on est sur un son assez classique, même si extrêmement travaillé. Les morceaux sont très homogènes, tous de grande qualité, en différenciant juste assez les un des autres pour que l’on ne se lasse pas du tout au fil de l’album. Bien sûr, il faut mieux aimer les ballades. Mais si c’est le cas, Broken est un vrai régal.

On sent bien en écoutant Broken que Soulsavers s’intéresse avant tout aux instrumentations. Ces dernières sont basées sur un subtil mélange entre des instruments « classiques » (piano et cordes) et des guitares aux sonorités lourdes et très rock. Ce ne sont pas les premiers à s’y essayer, mais cette fois-ci le résultat est beaucoup subtil qu’à l’habitude. On n’est pas là du tout avec une section de violon juste là pour accentuer le côté mélodique. Il y a un vrai travail de dialogue entre les instruments, ce qui donne un résultat à la fois élaboré et qui s’écoute très facilement.

Le titre le plus abouti est pour moi Shadow Fall, où guitares et violons se répondent de manière remarquable. J’ai aussi une tendresse particulière pour Praying Ground où Mark Lanegan laisse place à une femme au chant. Cela apporte une vraie nouveauté dans le cours de Broken, qui relance l’intérêt de l’album sur les derniers titres. Ce morceau est celui qui dégage la plus grande sensibilité. Enfin, je citerai All The Way Down, sûrement le morceau où la voix est le plus mise en avant.

Broken de Soulsavers est donc une surprise plutôt inattendue. Mais une très bonne surprise.

Pour finir, faisons le tour des titres de Broken.

1.: The Seventh Proof
Instrumental de piano et cordes.

2.: Death Bells
Rock porté par une voix caverneuse, mais avec une ligne mélodique très claire.

3.: Unbalanced Pieces
Un titre plus lent, à l’ambiance envoûtante.

4.: You Will Miss Me When I Burn
Une jolie ballade, où le piano est très présent.

5.: Some Misunderstanding
Un son plus pop où la voix de Mark Lanegan se fait plus clair.

6.: All The Way Down
Une ballade où la voix exprime beaucoup d’émotions différentes.

7.: Shadows Fall
Une très belle ballade entre romantisme et noirceur, où violons et guitares se répondent.

8.: Can’t Catch The Train
Une ballade épurée au piano et violon. Harmonieux mais pour une fois un rien surfait.

9.: Pharaoh’s Chariot
Une chanson très douce, presque murmurée.

10.: Praying Ground
Une voix féminine qui apporte une sensibilité supplémentaire.

11.: Rolling Sky
Un titre éthéré en duo qui fonctionne très bien.

12.: Wise Blood
Long instrumental où le violon domine.

13.: By My Side
Un titre lent et un peu transparent pour finir.

JOSEPHINE (Magnolia Electric Co.) : Plus c’est long, moins c’est bon

josephinemagnoliaelectricco

josephinemagnoliaelectriccoPlus c’est long, plus c’est bon. Voici une phrase qui peut s’appliquer dans bien des circonstances que je ne détaillerai pas ici et qui n’est pas forcément sexuelle, bande de petits obsédés ! Mais bon parfois, on aime bien quand les choses ne restent pas les mêmes trop longtemps et quand un peu de changement et de variété viennent égayer une certaine monotonie qui s’installe. C’est un peu ce que l’on pense lorsqu’on écoute Josephine de Magnolia Electric Co.

Magnolia Electric Co. est un groupe dont le membre principal est Jason Molina, un musicien américain originaire de l’Ohio. C’est lui la vraie star puisqu’il a droit à une page Wikipedia, quand son groupe, connu précédemment sous le nom de Songs : Ohia., n’en possède même pas. Josephine est le cinquième à être sorti sous le patronyme de Magnolia Electric Co., en 2009.

Quand on commence à écouter Josephine, on est assez vite sous le charme de ces belles ballades, tout en maîtrise, plus ou moins énergique. Ca commence doucement puis on trouve des titres vraiment jolis comme Shenandoah et Whip-Poor-Will. Tout cela n’a rien de révolutionnaire, mais au moins ca coule agréablement aux oreilles et on se dit qu’on est parti pour un album relaxant et de qualité.

Mais voilà, 14 titres à peu près sur le même rythme, le même registre, c’est un peu trop. Très vite, on a l’impression que Magnolia Electric Co. tourne passablement en rond. Les qualités sont toujours là, mais l’intérêt de l’auditeur a quand même largement décliné. Josephine ne propose même pas un titre vraiment différent, à part The Handing Down où l’instrumentation est un peu plus présente. Enfin même là, on n’a pas vraiment l’impression d’écouter quelque chose qui change radicalement.

La voix de Jason Molina a le minimum de personnalité pour des ballades parfois assez lentes. Heureusement, car elle est vraiment très présente, quant les instrumentations sont parfois très discrètes. On a cependant parfois l’impression qu’il chante avec le frein à main un tout petit peu serré. Song for Willie est de loin le titre où il la pousse le plus et c’est incontestablement un des meilleurs titres de Josephine. On peut aussi lui reprocher de chanter ses textes pour réellement donner vie à ce qu’ils signifient. Hope Dies Last est sans doute le morceau où l’émotion est la plus présente. Cela donne un regain d’intérêt à ce titre et on peut regretter que trop peu sur cet album ne lui ressemble.

Magnolia Electri Co. Nous laisse donc sur une impression mitigée avec ce Josephine. Je ne sais pas ce que Jason Molina a proposé pendant le reste de sa carrière, mais je doute qu’il se soit contenté du minimum comme sur cet album. On l’écoute en s’attendant à chaque plage enfin à un titre plus énergique, plus rock ou alors une country dynamique. Cela reste un peu désespérément sur le même registre. On regrette au final que l’album compte 14 titres car en fait, si on s’arrête à 9 ou 10, il devient alors bien meilleur. Comme quoi, preuve est une nouvelle fois faite qu’il faut mieux la qualité que la quantité.

Je vais donc garder Josephine de Magnolia Electric Co. dans ma discothèque, mais en gardant tout de même une impression mitigée. Par contre, je suis curieux de voir ce qu’a pu faire ce Jason Molina par ailleurs.

Pour finir, faisons le tour des morceaux que l’on trouve sur cet album.

1.: O! Grace
Une ballade énergique au piano, pour une belle entrée en matière.

2.: The Rock of Ages
Une ballade plus lente, mais aussi plus transparente.

3.: Josephine
Une ballade country. Joli mais sans plus.

4.: Shenandoah
Une autre jolie ballade, plus mélancolique.

5.: Whip-Poor-Will
Un titre plus enjoué, avec une guitare plus présente, pour un résultat plutôt sympa.

6.: Song for Willie
La voix est plus poussée ce qui donne plus d’épaisseur à ce titre.

7.: Hope Dies Last
Le titre début a capela, puis la ballade se poursuit avec pas mal d’émotion dans la voix.

8.: The Handing Down
Une instrumentation plus présente et une voix du coup plus en retrait. Au moins, ça change…

9.: Map of the Falling Sky
Un morceau quelque peu lancinant.

10.: Little Sad Eyes
Une ballade… bref, rien de neuf…

11.: Heartbreak at Ten Paces
Toujours la même chose.

12.: Knoxville Girl
Ballade un peu sinistre.

13.: Shiloh
Très lent comme un slow à l’ancienne.

14.: An Arrow in the Gale
Un court morceau en conclusion.

I’M GOING AWAY (The Fiery Furnaces) : Rock en famille

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imgoingawaysthefieryfurnacesIl y a des familles formidables, où l’on pond de l’artiste à la chaîne. Du coup, il est fréquent que leurs membres décident alors de faire de la musique en famille. Et parfois, ils s’entendent mieux que les frères Gallagher… C’est le cas notamment de Matthew et Eleanor Friedberger, un frère et une sœur qui forment The Fiery Furnaces, auteur notamment de ce très bon I’m Going Away.

Le groupe est originaire de Brooklyn et s’est formé en 2000. Matthew est au chant, à la guitare et aux claviers, Eleanor au chant et à la guitare. Leur univers musical est l’indie rock, même si je n’ai jamais bien compris à quoi cela pouvait bien correspondre. Je qualifierai ça de pop-rock mais avec un son clairement américain. Evidemment, je ne peux juger que sur l’album sur lequel porte l’avis ici présent, mais d’après ce que j’ai lu, je n’ai pas l’impression que les autres albums sonnent très différemment. Leur discographie en compte 8, dont le dernier en date, I’m Going Away date de 2009.

Il paraît que The Fiery Furnaces est souvent comparé aux White Stripes. Et pas simplement à cause du fait que le groupe soit composé d’un frère et sa sœur (même s’il s’avère, malgré ce qu’ils racontaient au début, les White Stripes étaient en fait composés d’un mari et de son ex-femme, mais ce n’est pas le sujet ici). Lorsque l’on écoute Staring a the People, c’est vraiment frappant. Pour le reste, un peu moins, car la voix de Matthew Friedberger est quand même moins emblématique que celle de Jack White et surtout leur musique plus douce.

I’m Going Away alterne les ballades et les titres plus dynamiques. Ce n’est jamais très énervé, ça ne va jamais au-delà du rock très classique mais énergique. Certains titres ont des petits airs jazzy ou swinguent un tantinet ! Le tout donne un album plutôt varié, même si aucun titre n’est radicalement original. Il est vrai qu’au niveau personnalité, The Fiery Furnaces est tout de même loin de the White Stripes. Mais cela ne retire rien à leur vrai talent.

En effet, I’m Going Away est tout de même très agréable à écouter et c’est tout de même l’essentiel. Même sans créativité débridée, The Fiery Furnaces a la maîtrise artistique nécessaire pour nous livrer un album de grande qualité. On regrettera simplement l’enchaînement entre Keep Me in the Dark et Cups and Punches, trois titres beaucoup plus moyens et relégués en fin d’album. Il est vrai que 9 titres seulement, ça aurait été un peu juste, mais on n’a un peu l’impression que ces morceaux ont été insérés faute de mieux.

The Fiery Furnaces est donc un groupe solide. On peut comprendre que ce ne soit pas des mégastars, mais à l’image de Wilco dont j’ai parlé récemment, ils possèdent les mêmes qualités que chez bien des groupes qui tournent en boucle sur la FM. The Fiery Furnaces n’est pas un chef d’œuvre mais un album qui aime le rock calme et mélodieux.

I’m Going Away de The Fiery Furnaces constitue donc une jolie découverte, qui ne bouleversera pas ma vie, mais m’a offert un joli moment musical.

Pour finir, regardons de plus près les titres de I’m Going Away.

1.: I’m Going Away
Un rock énergique, mais un rien répétitif.

2.: Drive To Dallas
Le début du titre fait penser à un slow presque à l’ancienne. Le refrain est en suite plus entraînant avant un final très énergique.

3.: The End is Near
Plus jazzy. Un rythme lent un rien chaloupé.

4.: Charmaine Champagne
Retour à un rock presque rétro et festif.

5.: Cut the Cake
Une ballade chaude et un rien sexy.

6.: Even In the Rain
Une ballade aux accents jazzy.

7.: Staring At the Steeple
Un petit côté White Stripes dans ce titre.

8.: Ray Bouvier
Entre swing et rock pour ce très bon titre.

9.: Keep Me In the Dark
Un titre un peu plus transparent.

10.: Lost At Sea
Un morceau qui manque un peu de relief.

11.: Cups & Punches
Toujours un peu en retrait.

12.: Take Me Round Again
Un swing entraînant.

THERE IS AN OCEAN THAT DIVIDES (Scott Mattew) : Quelle horreur de voix !

thereisanoceanthatdividesscottmattew

thereisanoceanthatdividesscottmattewQuelques fois, on tombe en amour avec une voix au bout de quelques notes, de quelques instants qui vous transportent immédiatement dans un autre monde. Quelle soit claire, grave, profonde ou légère, on ne l’oublie jamais et qu’importe la mélodie, l’instrumentation ou les paroles, la voix se suffit à elle même. Et puis parfois aussi, c’est exactement l’inverse. La preuve avec ce There Is an Ocean That Divides de Scott Matthew.

Scott Matthew est un chanteur australien né en…. Ah bah je ne sais pas, ce n’est pas marqué dans son article Wikipedia (en anglais, il n’en a pas en français). Par contre, on sait qu’il est né dans le Queensland. On est heureux de le savoir… Il a d’abord été membre du groupe Elva Snow avant une série d’albums solo, donc ce There Is an Ocean That Divides sorti en 2009. Anecdote amusante (ou pas) : il a participé à la BO de deux anime tirés de célèbres mangas : Ghost in the Shell et Cowboy Bebop.

Des les premières secondes du premier titre, Every Travelled Road, je me suis dit : « mais qu’est ce que c’est que cette voix ! » Plutôt haut perchée, sans être ni douce, ni harmonieuse, elle a plus agressé mes oreilles qu’autre chose. La musique se voulait douce, mais se révélait être plutôt vecteur de stress et de crispation. Ce n’est très certainement pas le but recherché et n’est sûrement pas volontaire.

Le reste de l’album est dans cette droite lignée. Comme le rythme de la plupart des morceaux est particulièrement lent, on plonge également dans l’ennui. Cela fait beaucoup pour un seul album ! Son écoute s’est donc révélée être un long calvaire, espérant un changement de rythme ou de tonalité qui ne viendra jamais. Il est évident que There Is an Ocean That Divides est avant tout fait pour mettre en avant la voix si particulière de Scott Matthew. Mais vu son caractère assez particulier, ça passe ou ça casse. Chez moi, ça a cassé de manière assez fracassante. Je ne vois donc pas ce que je pourrais sauver dans cet album.

Allez, je retiendrai quand même deux morceaux. Community et German sont ceux où la voix est plus posée, plus grave, au moins pour le premier. Du coup, on peut enfin apprécier la mélodie et sa douceur. Bon, ce n’est ni particulièrement intéressant, ni particulièrement original, mais au moins ça se laisse écouter. C’est déjà ça quand on sait que le reste nous procure des frissons, mais qui n’ont rien à voir à une quelconque émotion débordante.

Evidemment, si cette voix assez particulière vous séduit, votre opinion concernant There Is an Ocean That Divides risque fort d’être totalement opposé au mien. Mais bon, vue la réaction épidermique qu’elle a provoquée chez moi, j’ai beaucoup de mal à me situer dans cette perspective. Sans doute est-il alors possible de voir dans cet album un recueil de jolies ballades. En tout cas, c’est sûrement le cas de celui qui a écrit la critique qui m’a poussé à inscrire cet album sur ma liste.

There Is an Ocean That Divides ne fera donc pas partie de ma discothèque idéale. Même l’idée de devoir le réécouter me fait frissonner…

Pour finir, regardons tout de même les titres que l’on trouve sur There Is an Ocean That Divides.

1-Every Travelled Road
La voix est moche et le titre très chiant.

2-For Dick
La voix est encore plus aigüe et le titre encore plus chiant.

3-Ornament
Un plus enjoué, mais sans grand intérêt.

4-White Horse
Des envolées lyriques au violon. Mais la voix reste la même…

5-Dog
Carrément inaudible…

6-Community
La voix est un peu plus grave, plus chaude pour un morceau plutôt sympa.

7-There Is an Ocean That Divides
Très lent, presque murmuré.

8-German
La voix reste aigüe, mais plus maîtrisée. Du coup, elle nous propose une jolie ballade.

9-Thistle
Une instrumentation plus élaborée et enjouée. Mais la voix n’est toujours pas au niveau.

10-Wolverine
Lent et la voix trop poussée dans les aigus… encore une fois…

11-Friends and Foes
A l’image du reste…

WILCO (THE ALBUM) (Wilco) : Confirmation

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wilcothealbumwilcoDepuis que je me procure des disques de groupes et artistes que je connais pas forcément, mais dont j’ai lu de bonnes critiques, j’ai eu de bonnes et de mauvaises surprises. Wilco et leur album Sky Blue Sky, à propos duquel je concluais : Sky Blue Sky est donc un très bon album pour découvrir un groupe méconnu, mais qui gagne à être connu, faisant incontestablement partie de la première catégorie. C’est donc avec optimisme que j’ai écouté leur album suivant, sobrement intitulé Wilco (The Album). Et je n’ai pas été déçu.

Petit rappel donc : Wilco est un groupe américain, dont l’univers tourne autour du rock, de la pop et de la country. Fondé en 1994, il est composé de Jeff Tweedy au chant et à l’écriture, John Stirratt à la basse, Nels Cline à la guitare, Glenn Kotche aux percussions, le multinstrumentiste Pat Sansone et le pianiste Mikael Jorgensen. Wilco (The Album) est le 9ème album solo et est sorti en 2009.

Sky Blue Sky ressemblait à un recueil de ballades très réussies. Wilco (The Album) est lui beaucoup plus varié nous faisant voyager dans tout l’univers musical du groupe. La dominante reste pop-rock, mais version américaine. Que les allergiques à la brit’pop se rassurent, même si quelques titres ont un vague air de famille. On est clairement face à une musique plutôt facile d’approche, ni trop molle, ni trop énervée. Cependant, on est là face à des compositions élaborées, pour preuve la diversité de la composition instrumentale des accompagnements.

Le seul petit reproche que j’avais formulé à l’encontre de Sky Blue Sky était le manque d’un ou deux vrais tubes phare. C’est un peu moins vrai pour Wilco (The Album), même s’il reste globalement homogène. You and I, une ballade en duo, et I’ll Fight, un des titres les plus pop, sont au-dessus des autres. Cela n’atteint pas forcément des sommets, mais il y avait de quoi en faire de bons singles à passer dans toutes les bonnes radios. En tout cas, il y a des choses bien moins intéressantes qui tournent en boucle et se vendent comme des petites pains. Mais, que voulez-vous, il n’y a décidément pas de justice dans ce bas monde !

Wilco (The Album) souffre de quelques titres un peu pénibles à écouter. C’est toujours pour la même raison, lorsque Jeff Tweedy pousse sa voix et qu’elle part dans les aiguës. Elle perd alors toute maîtrise et surtout toute harmonie. On se demande d’ailleurs comment personne n’a pu le lui faire remarquer. Heureusement, cela ne concerne que Bull Black Nova, Country Disappeared et dans une bien moindre mesure Everlasting Everything. Pas de quoi gâcher le plaisir que l’on a à l’écoute de cet album, mais ce léger petit désagrément aurait pu toutefois être très facilement éviter. C’est donc dommage.

Enfin, globalement, avec Wilco (The Album) confirme définitivement leur statut de groupe solide et intéressant qui mériterait bien plus de reconnaissance. Ils ne sont pas les seuls dans ce cas malheureusement. Bien sûr, je ne connais que deux de leurs albums sur dix, mais ces deux là me donnent vraiment envie de découvrir le reste de leur œuvre. Il n’y a sans doute pas de pur chef d’œuvre, mais si on y trouve d’autres bons albums comme celui-ci, je suis tout de même preneur !

Wilco (The Album) ravira donc les amateurs de bonne musique, facile d’accès, sans pour autant être de la soupe !

Pour finir, passions en revue les titre de cet album.

1-Wilco (The Song)
Un rock tout en maîtrise, très agréable.

2-Deeper Down
Un son plus doux, plus mélodique.

3-One Wing
Une instrumentation plus épurée, mettant la voix en avant. Toujours très bien !

4-Bull Black Nova
Un son plus pop, gâché par la voix qui part trop dans les aigus.

5-You and I
Un titre accompagné à la guitare sèche, pour une très jolie ballade chantée en duo.

6-You Never Know
Retour au rock tout en maîtrise, avec un piano très présent. Vraiment bon, avec un léger air rétro.

7-Country Disappeared
Une ballade presque sexy, un peu jazzy, un peu soul… mais une nouvelle voix la voix est trop aigüe.

8-Solitaire
Un titre acoustique et épuré, très apaisant.

9-I’ll Fight
Son assez pop, avec beaucoup de jeu avec les sonorités du texte. Vraiment très bon !

10-Sonny Feeling
Un titre pop-rock dynamique et entraînant.

11-Everlasting Everything
La voix se pose sur un air de guitare et de piano. Elle est parfois trop poussée, mais le titre reste globalement pas mal du tout.

JUDY SUCKS A LEMON FOR BREAKFAST (Cornershop) : Le bon coin

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judysucksalemonforbreakfastcornershopCornershop est un groupe à la fois un peu spécial pour moi et que je connais en fait très mal. Spécial puisqu’ils sont l’auteur de Brimful of Asha, qui occupe une place particulière dans mes souvenirs. Bon, plus précisément le remix de cette chanson par Fatboy Slim. Pour le reste, c’est vrai que j’ignorais à peu près tout. C’est déjà moins le cas après l’écoute de ce Judy Sucks a Lemon for Breakfast.

Cornershop est en fait un groupe de rock britannique (un de plus diront certains), dont les leaders sont les frères Tjinder et Avtar Singh, qui comme leur nom l’indique, sont d’origine indiennes, ce qui se ressent beaucoup dans leur musique. D’ailleurs, le nom du groupe est une référence au fait qu’en Angleterre, l’Arabe du coin est en fait un Indien du coin. Les deux autres membres sont David Chambers à la batterie et Ben Ayres à la guitare ou au clavier. Ils ont commencé leur carrière au début des années 90. Ils restent assez peu productifs puisqu’ils ne comptent que sept albums en vingt ans de carrière. Judy Sucks a Lemon for Breakfast est sorti en 2009.

Comme je l’ai évoqué plus haut, la musique de Cornershop est empreinte d’influences orientales, indiennes pour être plus exact. Judy Sucks a Lemon for Breakfast n’échappe pas à la règle et on y sent vraiment un mélange culturel. C’est sans doute là le plus grand intérêt de ce groupe à la musique fort sympathique et parfois assez originale. On est dans un son pop-rock plutôt calme, zen j’ai envie de dire. La variétés des instruments, avec beaucoup de cordes orientales ne se prêtent de toute façon pas vraiment à un son hyper énervé.

Judy Sucks a Lemon for Breakfast se laisse écouter avec beaucoup de plaisir. Il coule aux oreilles dégageant une certaine sérénité. La diversité des influences, des sonorités piquent notre curiosité. Même quand un titre est plus moyen, on attend la suite avec impatience. Après aucun titre n’est vraiment révolutionnaire, mais globalement l’album est d’une variété rare. On voyage constamment entre l’Inde et l’Angleterre, même si c’est quand même cette dernière qui domine.

Il manque sûrement à Judy Sucks a Lemon quelques titres sortent du lot. Il est vrai qu’il ne propose aucun moment qui nous fait sortir de cet intérêt intellectuel pour aller vers un enthousiasme plus spontané. Je citerai tout de même l’enchaînement The Roll of Characteristics (of History in the Making, Operation Push puis The Mighty Quinn. Peut-être les trois meilleurs titres et le fait qu’ils se succèdent nous offre un vrai bon moment de bonheur musical. Ca peut paraître peu, mais comme l’album est quand même pas si mal par ailleurs, ça peut largement justifier une écoute. Un achat, ça peut déjà plus se discuter.

Pour ceux qui ne connaissent que le remix de Brimful of Asha découvriront donc le vrai son de Cornershop avec ce Judy Sucks a Lemon. Un son nettement moins dansant, mais loin d’être désagréable.

Pour finir, faisons le tour des titres que l’on trouve sur Judy Sucks a Lemon.

1-Who Fingered Rock’n’roll
Un rock aux sonorités orientales.

2-Soul School
Un son plus pop et plein d’entrain.

3-Half Brick
Un court intermède.

4-Judy Sucks a Lemon For Breakfast
Un rock tout en maîtrise avec des sonorités très variées.

5-Shut Southall Down
Nouvel intermède.

6-Free Love
Les voix y sont distordues et l’effet ne donne pas un résultat terrible.

7-The Roll of Characteristics (of History In the Making)
Un titre plus énergique, accompagné de cuivre, pour un très bon résultat.

8-Operation Push
Un titre à la fois énergique et serein.

9-The Mighty Quinn
Un rythme chaloupé pour un très bon titre.

10-The Constant Springs
Un son plus intimiste.

11-Chamchu
Un titre un peu brouillon, pas très intéressant.

12-The Turned On Truth
Un très long titre jazzy et chaloupé.