LOVETUNE FOR VACUUM (Soap and Skin) : Simplement inaudible

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lovetuneforvaccumsoapandskinBon décidément, je n’ai pas vraiment de chance ces derniers temps avec mes découvertes musicales. Entre les artistes juste moyens et ceux franchement inaudibles, je n’ai pas eu beaucoup d’occasion de m’enthousiasmer, si ce n’est en comptant sur des valeurs sûres comme les Cowboys Fringants. Après le tristounet Veckatimest de Grizzly Bear, voici le carrément déprimant Lovetune for Vacuum de Soap and Skin.

Soap and Skin n’est ni une marque de détergeant ou de savon, ni un groupe. C’est le nom de scène d’une artiste autrichienne, qui est aussi actrice, Anja Franziska Plaschg. Un projet vraiment individuel puisqu’elle joue sur scène accompagnée uniquement de son piano et de son ordinateur portable. Tout un programme… Lovetune for Vacuum est sorti en 2009. Il s’agit de son premier album, suivi un an plus tard d’un second, intitulé Narrow.

Deux des principales influences de Soap and Skin sont Björk et Rachmaninov… Il est évident qu’avec des sources d’inspiration aussi éclectiques, sa musique avait toutes les chances de posséder un caractère expérimental. Mais franchement, elle aurait pu se dispenser de faire un disque de ses brouillons. Ah pardon ? Ce sont les titres définitifs et travaillés. Au temps pour moi, je dois simplement ne pas avoir la même définition qu’elle de ce qui est harmonieux.

Allez, je me laisse aller à une certaine méchanceté gratuite pour le coup. Mais que dire d’autre sur Lovetune for Vacuum à part qu’il est juste particulièrement inaudible ? Je sais bien que je ne suis pas un grand fan de la musique électro à la base, mais tout de même. En fait, c’est même méchant pour la musique électro ce que j’insinue. Car la musique de Soap and Skin ressemble en fait à une grosse bouillie indigeste.

La plupart des titres sont lancinants et pour autant dire particulièrement ennuyeux. Ca se veut original et créatif, mais c’est avant tout sans grand intérêt. Mélanger à ce point sonorités électroniques et piano classique constitue une démarche osée, mais si les deux sont rarement associés, c’est qu’il y a sans doute une raison. Si vous en doutez, l’écoute de Lovetune for Vacuum vous ôtera vos derniers doutes. Soap and Skin est en plus affublée d’une voix qu’elle ne maîtrise pas vraiment et qu’elle envoie dans les aigus à tout bout de champs pour un résultat particulièrement désastreux.

Comme j’aime quand même voir le bon côté des choses, je citerai tout de même les trois titres qui se laissent un minimum écouter. Il s’agit de Extinguish Me et Mr Gaunt PT 1000, deux ballades sans grand génie mais qui seraient presque jolies. Enfin, Spiracle est le seul titre où Soap and Skin daigne insuffler un minimum d’énergie. J’insiste bien sur le minimum car ça ne casse pas non plus trois pattes à un canard. Mais à coté des dix titres encore plus pénibles que médiocres, on se raccroche à ce que l’on peut et on apprécie malgré tous ces trois titres simplement audibles.

Bon, vous l’aurez compris, je ne suis pas vraiment tombé amoureux de Soap and Skin, bien au contraire. Lovetune for Vacuum est tout simplement inaudible.

Faisons malgré tout le tour des titres que l’on trouve sur cet album.

1.: Sleep
La voix aiguë se pose sur un air de piano, pour un résultat dissonant.

2.: Cry Wolf
Très aiguë à nouveau, rythme lent, résultat pénible.

3.: Thanatos
La voix est enfin plus grave, pour une ambiance mystique.

4.: Extinguish Me
Ballade mélodieuse.

5.: Turbine Womb
Un titre instrumental au piano.

6.: Cynthia
Un titre lancinant.

7.: Fall Foliage
La voix est artificialisée par un effet vraiment pas top.

8.: Spiracle
Enfin plus énergique !

9.: Mr Gaunt PT 1000
Une petite ballade presque jolie.

10.: Marche Funebre
Un son électro, pour une ambiance religieuse. Sans intérêt !

11.: The Sun
Lancinant et sinistre

12.: DDMMYYYY
Un titre instrumental électro insupportable.

13.: Brother Of Sleep
Une ballade évaporée, mais surtout moche.

VECKATIMEST (Grizzly Bear) : Loin du micro, loin du coeur

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veckatimestgrizzlybearQuand on monte un groupe aujourd’hui, encore plus difficile que trouver un endroit pour répéter, des lieux de concert qui vous accepte ou même un producteur, il devient ardu de trouver un nom. Car après 60 ans de rock’n’roll, un nombre incalculable d’idées ont déjà été exploitées. Il faut donc se contenter de ce qui reste. Les noms d’animaux restent un domaine où les possibilités sont nombreuses, même si Scorpion et The Turtles sont déjà passés par là. C’est sans doute pour ça que Grizzly Bear s’appelle Grizzly Bear. De toute façon, ils aiment bien les titres un peu bizarre puisque l’album dont je vais vous parler s’appelle Veckatimest.

Grizzly Bear est un groupe de rock expérimental, teinté de folk. Ce n’est pas moi qui le dit, mais Wikipedia. Je vous dirai un peu plus loin ce que j’en pense vraiment. Ces charmants garçons sont originaires de Brooklyn, à New York. Ils sont au nombre de quatre. Daniel Rossen est le chanteur, mais on trouve aussi Edward Droste, Chris Taylor et Christopher Bear. On pourrait imaginer qu’on a là le classique chanteur-guitariste-bassiste-batteur, mais en fait chacun d’eux jouent des instruments divers et variés.

Il est vrai que la musique de Grizzly Bear sur Veckatimest nous propose des sonorités surprenantes et original, du fait de la diversité des instruments employés. C’est sûrement de là que leur vient le qualificatif de expérimental. Mais je dois bien avouer que ce qui m’a vraiment marqué, c’est la façon dont la voix est enregistré, quasiment systématiquement, avec l’effet « loin du micro ». A ce niveau, ce n’est plus une expérience, mais juste une habitude. Alors ça donne un style, un côté un peu évaporé qui pourrait être sympathique sur un ou deux titres. Or, en fait, on a juste envie de crier « mais rapproche-toi put… ! ».

Remarquez, le seul titre où la voix est un peu plus poussée et présente, I Live With You, n’apporte pas vraiment grand chose de plus. Parce les titres de Veckatimest sont le plus souvent sinistre et lent. On peut qualifier ça de mélodieux si on est gentil, mais leur musique est beaucoup trop plate pour qu’elle soit vectrice d’émotion. De mon point de vue, un seul titre vaut vraiment la peine d’être écouté, Southern Point. Le seul où Grizzly Bear met un peu d’énergie et de conviction avec une rythme qui va crescendo. Ce n’est clairement pas le titre le plus original, le plus caractéristique, mais au final, c’est le seul qui allume un peu d’intérêt dans les oreilles des auditeurs.

Grizzly Bear a au moins le mérite de proposer un style très marqué. On ne pourra donc le qualifier de commercial. Mais du coup, écouter Veckatimest, c’est du tout ou rien. Et vous l’aurez compris, chez moi ce fut le rien qui l’a emporté, et largement. Certes, je ne pense pas que j’étais vraiment la personne la plus susceptible à la base pour apprécier leur musique. Mais bon, si je n’assumais pas ma propre subjectivité, je n’écrirais pas des critiques. Et n’ayant qu’elle sous la main, je ne peux faire autrement que vous déconseiller cet album.

Veckatimest de Grizzy Bear prouve que l’originalité et la personnalité ne font pas tout. Faut aussi que cela soit un minimum intéressant. Et le moins que l’on puisse dire c’est que je n’ai trouvé que peu d’intérêt dans cet album.

Pour finir, passions en revue les titres de Veckatimest.

1.: Southern Point
Un rythme un peu jazzy pour une chanson interprétée avec douceur au début plus avec énergie.

2.: Two Weeks
Un titre entendu dans une pub pour voiture. Lent et évaporé.

3.: All We Ask
Une chanson presque murmurée. Mélodieux, mais ne déborde pas d’émotion.

4.: Fine for Now
Un titre chanté loin du micro.

5.: Cheerleader
Son plus pop, mais avec toujours le même style.

6.: Dory
Mélodieux et quelque peu psychédélique.

7.: Ready, Able
Déprimant…

8.: About Face
Une ballade plus classique.

9.: Hold Still
Une ballade ennuyeuse.

10.: While You Wait for the Others
De nouveau un rythme un peu jazzy. Un peu meilleur du coup.

11.: I Live with You
La voix est un peu poussée, mais pas forcément plus intéressant.

12.: Foreground
Une voix plus claire, mais c’est toujours aussi ennuyeux.

SOMETIMES, I WISH WE WERE AN EAGLE (Bill Canahan) : Quel organe !

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sometimesiwishwewereaneaglebillcanahanCertains hommes sont dotés d’un organe qui fait la jalousie des autres hommes, qui fascinent les femmes et les rendent totalement dépendantes. Un tel don de la nature permet à celui qui le possède d’imposer le respect et l’admiration. Face à tel organe, on se tait, si on ne peut rivaliser. Bill Canahan possède un tel sujet d’émerveillement et de plaisir, le veinard. Et il nous permet de l’admirer tout au long de son album, Sometimes, I Wish We Were an Eagle… Oui, vous l’aurez compris, l’organe dont je parle est évidemment la voix.

Bill Canahan est un auteur-compositeur américain, né en 1966. A ses débuts dans les années 90, avec son groupe Smog, il va proposer une musique plutôt expérimentale qui ne va pas vraiment convaincre. Mais au fur et à mesure des albums, le style va s’affirmer et se professionnaliser. Sa carrière va définitivement décoller lorsqu’il se lance en solo, avec un premier album, Woke on a Whaleheart en 2007. Suivra donc I Wish We Were an Eagle deux ans plus tard.

Dès les premières secondes de I Wish We Were an Eagle, on s’exclame « quel org… enfin plutôt quelle voix ! ». Bill Canahan possède une voix profonde et grave, peut-être pas tout à fait aussi caverneuse que celle d’un Nick Cave, mais qui prend tout de même immédiatement aux tripes. Une voix rare, même si au final elle n’est pas vraiment originale, surtout dans ce registre folk-country, qui sied plus aux voix cassée qu’à celles trop claires ou trop pures. Mais l’essentiel est quelle fasse son effet, qu’elle nous transmette quelque chose et nous donne immédiatement envie de se plonger dans cet album.

On peut cependant reprocher à Bill Canahan de se reposer quand même beaucoup sur ce seul talent, peut-être un peu trop. En effet, il la pousse un tout petit peu sur un titre ou deux, mais ça ne va jamais très loin. Le rythme des morceaux, tendance ballades épurées, est souvent le même et il est vrai que I Wish We Were an Eagle ne brille pas spécialement par sa diversité. Les accompagnements sont souvent assez simples et sont là essentiellement pour mettre en valeur la voix, qui, il est vrai, vaut le coup d’être mise en avant.

C’est bien se reposer sur son point fort, mais on peut y voir aussi une certaine paresse et il est vrai qu’on commence à se lasser quelque peu au fur et à mesure que l’album se déroule. Heureusement, il est assez court, 9 titres, et on n’a donc pas vraiment le temps d’en sortir totalement. On peut d’ailleurs noter que le morceau où l’instrumentation est la plus élaborée, My Friend, n’est pas non plus le plus intéressant. Bill Canahan reste un artiste avant tout vocal. Les textes valent peut-être aussi le coup, mais j’avoue que j’ai bien du mal à juger ce point-là.

I Wish We Were an Eagle nous offre tout de même assez de très beaux moments musicaux pour valoir le coup. Si on doit en retenir deux, je citerai Eid Ma Clack Shaw, certainement celui où la voix est la mieux mise en valeur et la plus expressive et Rococo Zephyr, où la voix grave de Bill Canahan arrive tout de même à se faire douce et à nous bercer et à nous apaiser. Globalement, l’album est coupé en deux, avec cinq premiers titres parfois vraiment scotchants et quatre derniers plus moyens. Mais globalement, on reste heureux d’avoir découvert cet artiste, même si cela doit rester une relation ponctuelle.

Les amateurs de belles voix et qui ne pensent pas que le sommet de la culture se déroule le samedi soir sur TF1 pourront apprécier ce I Wish We Were and Eagle de Bill Canahan, qui ne révolutionne pas la musique, mais nous offre quelques très beaux passages.

Pour finir, regardons de plus près les titres qui composent cet album.

1-Jim Cain
Une ballade simple et épurée où la voix grave prend aux tripes dès les premières secondes.

2-Eid Ma Clack Shaw
La voix est vraiment mise en avant et se fait plus claire et expressive.

3-The Wind and the Dove
Un titre plus parlé que chanté, mais le timbre de la voix scotche !

4-Rococo Zephyr
Un accompagnement qui laisse une large place aux cordes pour un résultat très mélodieux, qui sonne presque comme une berceuse.

5-Too Many Birds
La voix est poussée un tout petit peu et c’est bon !

6-My Friend
Plus de complexité dans l’accompagnement, mais ce n’est pas forcément plus intéressant.

7-All Thoughts Are Prey to Some Beast
Un ton plus sombre, mais surtout un titre qui donne l’impression que l’album tourne un peu en rond.

8-Invocation of Ratiocination
Un intermède musical assez étrange.

9-Faith/Void
Un très long et joli morceau, qui résume assez bien l’album, bien qu’un peu répétitif.

FANTASIES (Metric) : Le système Metric au Canada

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fantaisiesmetricAu pays du rock, le groupe Metric possède deux caractéristiques assez peu courantes. Déjà, ils sont canadiens (enfin techniquement seulement deux membres sur quatre, mais le groupe est généralement considéré de cette nationalité), ce qui prouve qu’il peut y avoir des arbitres à l’éternel duel entre l’Angleterre et les Etats-Unis. Enfin, le chanteur est une chanteuse. Bon, ce n’est pas non plus le seul groupe dans ce cas, mais cela reste suffisamment rare pour être souligné.

Le groupe Metric s’est formé en 1998 à Toronto autour de la chanteuse Emily Haines (qui joue aussi du clavier) et le guitariste Jimmy Shaw. Mais le groupe a vraiment pris son envol quand deux Américains, le bassiste Joshua Winstead et le batteur Joules Scott-Key, les ont rejoints. Après plusieurs albums plus ou moins underground, ils en produisent enfin un avec une maison de disque en 2003 (Old World Underground, Where Are You Now?). Fantasies est leur troisième dans ce cadre et il est sorti en 2009.

Le groupe Metric mélange rock, pop et électro. Ce dernier aspect est constant mais assez discret pour que j’ai pu vraiment apprécier Fantasies. Que l’on soit dans le calme ou le plus énervé, les claviers sont toujours présents, mais jamais omniprésents. La voix féminine est parfois très apaisante, mais sait aussi se charger en énergie. L’équilibre trouvé est vraiment bon et cela permet au groupe de produire un son original et souvent élégant, tout en restant dans un style pas non plus hyper radical. On se croirait parfois de retour dans les années 80, mais globalement il y une touche électro incontestablement contemporaine. Il sera donc à même de ravir un large public.

Les titres que l’on trouve sur Fantasies sont relativement variés. Parfois mélodique, parfois énervée, la musique de Metric explore toute la palette du genre en oubliant jamais d’y insuffler sa propre personnalité. Il passe de l’un à l’autre avec un même bonheur, démontrant ainsi une grande maîtrise artistique. Le son reste toujours un minimum recherché et élaboré, sans pour autant en oublier d’y mettre parfois un maximum d’énergie. Les deux titres finaux, deux versions acoustiques d’autres titres présents sur l’album, montrent bien que les lignes mélodiques sont vraiment de qualité, au-delà de la manière dont elles sont interprétées.

Fantasies est un album de bonne densité. Il n’y a pas de titre vraiment en retrait, à part peut-être Stadium Love, qui se révèle un peu plus brouillon. Mais à l’inverse, aucune ne se dégage non plus loin devant les autres. Pour moi les deux meilleurs titres sont Blindness et Waves (qui est pourtant une face B bonus), mais aucun des deux n’a l’étoffe d’un très grand tube. L’album reste donc solide et agréable, mais ne possède pas le petit quelque chose en plus qui aurait pu lui donner une dimension supplémentaire.

Fantasies de Metric n’est donc pas absolument indispensable à toute discothèque qui se respecte. Mais cet album ne dépaillera pas non plus, même dans les plus pointues.

Pour finir, regardons de plus près les titres que l’on trouve sur cet album.

1.: Help I’m Alive
Un son pop- électro parfaitement maîtrisé.

2.: Sick Muse
Un morceau pop-rock énergique et sympathique.

3.: Satellite Mind
Un son assez années 80, dynamique et entraînant.

4.: Twilight Galaxy
Plus calme, plus posé, mais reste très agréable.

5.: Gold Guns Girls
Un titre qui monte progressivement en puissance pour être au final assez énergique.

6.: Gimme Sympathy
Plus mélodique, la voix se fait plus claire, pour un son plus pop.

7.: Collect Call
Plus calme, presque une ballade. Mélodique et reposant.

8.: Front Row
Rock plus sombre et moins mélodique.

9.: Blindness
Titre qui semble longtemps ne pas vouloir décoller, mais qui se révèle au final très bon.

10.: Stadium Love
Un rock électro un peu brouillon.

11.: Waves
Une pop énergie et surtout très bonne !

12.: Help I’m Alive (accoustic)
Doux et acoustique, sur fond de piano. Très agréable.

13.: Gimme Sympathy
Dans la même veine que le titre précédent.

LIVING THING (Peter Bjorn and John) : Suédois glacé

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livingthingpeterbjornandjohnLa Suède a offert musique le meilleur groupe de disco de l’histoire, Abba, et le meilleur groupe d’eurodance de l’histoire, Ace of Base. Pour plein d’autres raisons, je trouve que c’est un pays merveilleux et pas seulement parce qu’il est peuplé de charmantes créatures blondes et minces. Tout le monde sait que je suis plutôt branché brunes latines et pulpeuses… Mais on s’éloigne considérablement du sujet du coup. La perfection n’étant pas de ce monde, la Suède nous a également donné des groupes quelque peu moyens, malgré un potentiel intéressant, comme Peter Bjorn and John et leur album Living Thing.

Ils étaient trois musiciens : Peter Moren, Bjorn Yttling et John Eriksson. Lorsqu’ils se sont demandés comment ils allaient pouvoir bien appeler leur groupe, ils se sont dits qu’ils pourraient simplement accoler leurs prénoms… Le Suédois est très intelligent… Bon plus sérieusement, le groupe s’est formé en 1999 et Living Thing est leur 5ème album, sorti en 2009.

Living Thing est un mélange de bon et de moins bon. On peut déjà leur reconnaître un gros travail artistique. Leur musique est toujours très élaborée, avec des sonorités visiblement recherchées. D’ailleurs, le style est assez difficile à définir. On peut parler d’indie rock, mais leur musique flirte souvent avec l’électro, tout en absorbant des influences assez diverses. En tout cas, le résultat est le plus souvent particulièrement mélodieux et apaisant.

Le principal problème de Living Thing réside dans le fait qu’environ un titre sur deux ne décolle pas. La sonorité originale tourne un peu en boucle et devient vite lancinante. Et comme le rythme est rarement trépidant, on flirte rapidement avec l’ennui. Ca manque donc un peu de spontanéité et d’énergie. La musique de Peter Bjorn and John est en fait un peu trop cérébrale et réfléchie. C’est toujours objectivement bien, mais souvent subjectivement ennuyeux.

Heureusement, le groupe arrive parfois à exploiter pleinement leur idée de départ et arrive à faire monter un peu la mayonnaise. Ainsi, Living Thing recèle quelques titres vraiment bons. On peut notamment citer Nothing to Worry About et surtout Blue Period Picasso, de loin le meilleur titre de ce album. Le reste se laisse parfois écouter, mais cela ne suffit pas tout à fait à compenser les nombreux moments beaucoup plus faibles. L’attention de l’auditeur joue au yoyo, mais les hauts n’atteignent pas des sommets susceptibles de nous faire oublier les plongées en profondeur.

Living Thing procure donc au final plus de frustration que de plaisir. On sent bien chez Peter Bjorn and John beaucoup de maîtrise artistique et une vraie créativité. Dommage que tout cela ne soit pas emballé dans du dynamisme qui nous ferait vivre leur musique, alors que là, on ne peut que l’écouter avec un intérêt poli, mais guère enthousiaste. C’est sûr que les Suédois ne sont pas non plus les gens les plus exubérants que je connaisse, mais ce n’est pas avec ce groupe qu’ils vont se réchauffer les longs hivers qu’ils connaissent.

Au final Living Thing de Peter Bjorn and John reste un album trop froid, voire même parfois glacial, malgré quelques très beaux flocons.

Pour finir, faisons le tour des titres que l’on trouve sur cet album.

1.: The Feeling
Une pop tirant sur l’électro, élégante et efficace.

2.: It Don’t Move Me
Un son plus grave et plus profond, mais un rien lancinant.

3.: Just The Past
Un rythme lent, envoûtant et lancinant à la fois.

4.: Nothing To Worry About
Un ton très différent de ce qui précède, plus dynamique et plus original. Pas mal du tout.

5.: I’m Losing My Mind
Un titre rock évaporé.

6.: Living Thing
Un rythme plus enjoué, presque tropical. Mais on garde l’impression que tout cela est interprété avec le frein à main serré.

7.: I Want You
Un retour à l’évaporé et au lancinant, avec cependant une certaine conviction dans l’interprétation.

8.: Lay It Down
Un titre multiplie les effets, comme les voix distordues, mais qui ne décolle jamais vraiment.

9.: Stay This Way
Titre épuré, un peu jazzy.

10.: Blue Period Picasso
Un son un rien chaloupé, presque sensuel. Très bon !

11.: 4 Out Of 5
Un titre qui retombe dans l’évaporé lancinant, de plus un peu sinistre pour le coup.

12.: Last Night
Un morceau lent et chiant pour finir.

SUR UN AIR DE DEJA-VU (Les Cowboys Fringants) : Une maturité qui n’enlève rien au charme québecois

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surunairdedejavulescomboysfringantsJ’ai découvert Les Cowboys Fringants un peu par hasard à Solidays, il y a maintenant une dizaine d’années. Je n’avais alors absolument jamais entendu parlé d’eux. Très vite le public fut partagé en deux. D’un côté, les enthousiastes, très nombreux à mon grand étonnement, qui connaissaient déjà, et les curieux comme moi. Mais très vite, tout le monde s’est rejoint ! Depuis, je peux le dire, l’affirmer, j’adore ! Et ce n’est pas ce Sur un Air de Déjà-vu qui va me faire changer d’avis !

Les Cowboys Fringants est un groupe qui s’est vraiment fait tout seul. Le premier album, 12 Grandes Chansons, est sorti en 1997 sous forme de…K7 audio, dont ils ont vendu 500 exemplaires aux proches et amis. Cela leur a permis d’auto-produire et d’enregistrer en studio Sur Mon Canapé l’année suivante. Auto-distribué, il s’écoule à un millier d’exemplaires. Commenceront alors les concerts et un bouche à oreille de plus en plus efficace, qui aboutira à Hotel Capri, en 2000, leur premier album réalisé dans le circuit classique. Ils sont depuis très populaires au Québec, dont il milite farouchement pour l’indépendance et possèdent un groupe d’irréductibles fans dans tout le monde francophone. Sur un Air de Déjà-vu constitue leur 10ème album, sorti en 2009.

Il y a deux choses que j’apprécie chez les Cowboys Fringants : la musique et les textes. Ca tombe bien, c’est quand même l’essentiel dans une chanson ! Leur univers musical tourne autour du rock, de la country (forcément vu le nom du groupe) et le folk. Ils mettent toujours beaucoup d’énergie dans leurs interprétations et les airs sont généralement plutôt guillerets. C’est encore le cas dans Sur un Air de Déjà-vu, même si on sent bien que le groupe a évolué. Une certaine maturité se fait sentir. Les accompagnements sont moins fous-fous et plus travaillés, mais gardent tout leur entrain et tout leur attrait.

Ensuite, on aime aussi les Cowboys Fringants pour leur humour. Leurs textes sont souvent plein d’un second degré savoureux. La plupart de leur chansons a pour but de dénoncer un travers de la société de consommation. Ca a parfois été brut de décoffrage à leurs débuts, là encore, dans Sur un Air de Déjà-vu, ils gagnent en maturité et du coup, en subtilité. Le charme reste cependant intact ! Surtout que le chanteur, Karl Tremblay, arrive vraiment à chanter tout en jouant ses textes. L’humour passe au moins autant par la manière dont il interprète les textes que par ces derniers à proprement dits.

Du coup, les Cowboys Fringants se démarquent par le fait que ce sont les rares à vraiment gagner leur accent québecois quand ils chantent. On est fan ou pas, mais cela leur donne une vraie personnalité. Ils sont eux-mêmes et c’est parfait comme ça. Sur un Air de Déjà-vu n’est peut-être pas leur meilleur album, du fait de l’absence d’un vrai grand tube, mais il n’y a vraiment rien à jeter. Une telle densité est rare et montre la qualité du groupe. De plus, on passe d’un univers à l’autre, du rock à la country, du folk à la ballade, si bien qu’on a jamais l’impression d’entendre toujours la même chanson. Le tout sans jamais se prendre au sérieux, ne serait-ce qu’une seule seconde !

Du coup, j’ai un peu de mal à ressortir un titre plutôt qu’un autre sur Sur un Air de Déjà-vu. Mais s’il le faut, je dirais que j’ai un petit coup de cœur pour Chanteur Pop, Pittoresque ! et Vacances 31. Mais honnêtement, tous les morceaux ont leur intérêt et sont vraiment différents des uns des autres, que ce soit par leur style musical ou le sujet abordé.

Sur un Air de Déjà-vu confirme donc tout le bien que je pensais des Cowboys Fringants. La maturité est en train de pointer, mais ils ne perdent rien de leur fraîcheur ! Vive le Québec !

Pour finir, faisons le tour des morceaux que l’on trouve sur cet album.

1.Chanteur Pop
Un retour nostalgique et ironique sur une carrière de chanteur, le tout sur un petit air de guitare.

2. Beau-Frère
Un son plus country, qui fait particulièrement ressortir l’accent québecois du chanteur.

3. La Ballade De Jipi Labrosse
Ballade parodique sur un amour malheureux.

4. Sur Un Air De Déjà Vu
Une chanson assez triste à caractère social.

5. Par Chez Nous
Petite chanson sur un ton enfantin.

6. Sans Tambour Ni Trompette
Comme un chant de marins pour un résultat particulièrement entraînant.

7. Normal Tremblay
Petite chanson sur un jeune homme un peu paumé.

8. 1994
Court intermède parlé.

9. Pittoresque!
Une chanson très ironique sur le Québec.

10. Vacances 31
Une belle chanson dont le texte est prononcée très rapidement.

11. Le Blues D’La Vie
Un texte prononcé de manière très dilettante. Presque autant une chanson qu’un sketch.

12. Titi Tancrède/Le Réel D’La Fesse
Un texte repris par des cœurs. Effet sympa.

13. Rentre A Pied
Ballade un peu triste.

14. Quand Tu Pars
Voix féminine pour un titre qui sonne comme une berceuse.

15. Au Pays Des Sapins Géants
Une très jolie ballade simple à guitare.

16. Döner Au Suivant
Un rock rétro parodique pour finir.

TOGETHER THROUGH LIFE (Bob Dylan) : Le mythe est bien vivant !

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togetherthroughlifebobdylanJe vais peut-être en traumatiser quelques uns, mais non, Knockin’on Haeven’s Door n’est pas une chanson des Gun’s and Roses. C’est bien une chanson de Bob Dylan. On mesure là le caractère assez mythique de ce dernier. Mythe au sens premier du terme puisque tout le monde sait qui il est, mais nombreux sont ceux qui ne connaissent en fait quasiment rien de son œuvre. Il est vrai que seuls Like a Rolling Stone et Blowin’ in the Wind restent des chansons universellement célèbres. Pourtant, c’est bien dommage car la carrière de ce génie regorge de titres sublimes. Pour preuve, ce magnifique Together Through Life.

Bon, comment présenter Bod Dylan en quelques mots. Une carrière commencée dans les années 60 et qui n’a jamais faibli depuis. 34 albums studio pour autant de moments de bonheur musical. Il est sans doute le compositeur qui, au-delà de sa propre carrière, a le eu le plus d’influence sur d’autres artistes. Bref, un monument de la musique ! Together Through Life est sorti en 2009.

Un monument certes, mais qui ne se fait plus tout jeune. C’est évident en écoutant Together Trhough Life. Mais ce n’est pas forcément un mal… En effet, un élément qui rend la musique de Bob Dylan reste sa voix si particulière. Une voix tout sauf harmonieuse et claire, mais qui porte une incroyable personnalité et une formidable émotion. Le poids des ans (et peut-être quelques abus de substances licites ou illicites) ont encore renforcé ces caractéristiques. Sa voix continue de nous raconter une histoire simplement par son timbre.

Together Through Life nous propose du folk-blues-country tout ce qu’il y a de plus classique chez Bob Dylan. Il explore les racines de la musique américaine dans tout ce qu’elle a de plus traditionnel. Et c’est qu’il y a de magique avec ce genre d’immense artiste, c’est que ça reste génial et jamais on n’a l’impression d’entendre quelque chose de déjà étendu. Il y a une telle personnalité, un tel caractère dans chacun de ses titres que c’est un bonheur toujours recommencé. Il n’a jamais été l’artiste le plus innovant, mais il reste la référence à partir de laquelle beaucoup tirent leur inspiration.

Bon si je cherche vraiment la petite bête, je signalerais simplement que This Dream of You et I Feel a Change Comin’ On sont juste un tout petit peu moyens. Mais tout reste relatif. A côté de ça, Together Through Life nous propose surtout de purs joyaux comme My Wife’s Home Town, Forgetful Heart, Jolene Shake Shake Mama ou encore It’s All Good. Bref, on a presque envie de toutes les citer.

Bon, j’avoue que je ne suis pas assez expert de la carrière de Bob Dylan pour vraiment vous dire si Together Through Life est plus sombre, guilleret, folk, blues, country, mélodique ou sombre que le reste de son œuvre. Tout ce que je sais c’est que j’y ai retrouvé tout ce que j’aime chez cet artiste que je connais au fond trop peu comparé à son talent et ce qu’il a apporté à la musique.

Bob Dylan n’est pas tout à fait comme le bon vin, car il est difficile de devenir encore meilleur que ce qu’il est. Mais Together Through Life prouve que son immense talent n’est pas près de s’altérer.

Pour finir, faisons le tour des titres de cet très bel album.

1.: Beyond Here Lies Nothin’
Un blues aux accents rock très classique, mais évidemment parfaitement maîtrisé. La voix a vieilli, est un peu cassée, mais continue de donner tout son charme à cette musique.

2.: Life Is Hard
L’accompagnement à la guitare se livre à une petite séance de « yodel » pour une ballade épurée, où la voix fait une nouvelle fois la différence.

3.: My Wife’s Home Town
La voix se fait plus profonde pour un son très américain et surtout un très bon titre.

4.: If You Ever Go to Houston
Un titre plus enjoué, mais cela reste du pur Bob Dylan.

5.: Forgetful Heart
Une instrumentation épurée sur laquelle la voix dégage beaucoup d’émotion. Un titre simple mais qui porte la marque d’un grand.

6.: Jolene
Un rock rétro. Toujours beaucoup de personnalité avec la voix cassée.

7.: This Dream of You
Une ballade un peu plus transparente.

8.: Shake Shake Mama
Un blues-rock dynamique. La voix part un peu en vrille, mais c’est bon !

9.: I Feel a Change Comin’ On
Le rythme est plus lent, tire sur la ballade. Bien mais sans plus.

10.: It’s All Good
Un son country très profond. Une parfaite conclusion.

THE GHOST OF YOU AND ME (Colin Blunstone) : Guimauve musicale

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theghostofyouandmecolinblunstoneAu cours de mes découvertes musicales, il m’est arrivé d’écouter des artistes en me disant mais « qui est ce jeune qui n’en veut ?! », avant de découvrir qu’il s’agit en fait d’un très vieux routier, dont la carrière m’avait pour l’instant échappé. Cela peut constituer parfois de très belles rencontres, comme le dieu de la folk-country, Neil Diamond. Ou parfois, des moments de consternation musicale comme avec The Ghost of You and Me de Colin Blunstone.

Colin Blunston est un chanteur anglais qui a commencé sa carrière dans les années 60, ce qui commence à ne pas remonter à hier. Il a débuté avec le groupe The Zombies, qui se sépara en 1968. Il mène depuis une carrière solo qui l’a conduit à sortir 12 albums, dont un live et un en duo avec Rod Argent. C’est assez peu pour une carrière de près de 45 ans. Ce qui est rare est souvent précieux. Là, je suis moins sûr…

Bon vous l’aurez compris, je n’ai pas du tout apprécier The Ghost of You and Me, album sorti en 2009. Ce n’est pourtant pas réellement mauvais, simplement désespérément plat, mou et sans relief (ce qui est à peu près la même chose que plat, je l’admets, mais j’aime bien livrer les qualificatifs par trois). Un enchaînement de ballades relativement monotone, sans âme et surtout sans aucune originalité. Bref, ça ressemble à de la guimauve musicale.

Les instrumentations essayent pourtant bien de donner un peu de variété aux titres que l’on trouve dans The Ghost of You and Me. On alterne notamment cordes et piano. Le problème est que, quand on passe de l’un à l’autre sur deux titres consécutifs, on a vaguement l’impression d’écouter quelque chose de différent. Mais quand deux titres se suivent avec le même accompagnement, on retombe dans cette totale monotonie présentée globalement par cet album.

La voix manque à la fois de profondeur et de conviction. Du coup, l’émotion est le plus souvent absente, ce qui est embêtant quand on semble ne savoir que proposer des ballades. Même quand il fait un effort à ce niveau-là, comme sur le titre Dance with Life, on n’atteint toujours pas des sommets. Toute la virtuosité artistique ne peut vous toucher si la musique qui est en est issue ne vous touche pas, ne vous parle pas. C’est malheureusement exactement le cas de ce The Ghost of You and Me, qui laisse froid et indifférent.

Si on doit tout de même positive, on pourra retenir un titre. Le seul à vraiment sortir du lot, Any Other Way. C’est le seul de The Ghost of You and Me à ne pas être joué sur le rythme ballade à la guimauve. Ce n’est pas forcément plus entraînant, mais au moins le morceau possède un minimum de personnalité et surtout d’intérêt. Cela démontre surtout que Colin Blunstone est capable de nous livrer autre chose. On peut imaginer qu’il l’a déjà fait, sinon il n’aurait pas connu une carrière s’étendant sur cinq décennies.

The Ghost of You and Me de Colin Blunstone ne présente donc pour moi pas le moindre intérêt. C’est peut-être cruel pour un artiste sexagénaire, mais la vie est dure parfois !

Pour finir, faisons un tour rapide des titres de The Ghost of You and Me.

1.: The Ghost of You and Me
Une ballade qui donne tout de suite le ton guimauve.

2.: Follow
Un peu plus rythmé.

3.: Dance with Life (The Brilliant Light)
Plus d’émotion dans la voix, sans que ça ne casse trois pattes à un canard.

4.: Second Avenue
Du piano en accompagnement, ça change…un peu.

5.: Beginning/Keep the Curtains Closed Today
Des cordes cette fois-ci.

6.: Any Other Way
Toujours sur un fond de cordes, un titre pas sur le rythme de la ballade. Une chanson épurée et dynamique pas mal du tout.

7.: Now I Know I’ll Nevet Get Over You
Un retour à la guimauve.

8.: Feels Like Rain
Toujours sur le même ton.

9.: Love Left a Long Time Ago
Plus de conviction, mais ça ne va pas chercher bien loin.

10.: The Sun Will Rise Again
Une ballade chiante pour finir

TWO SUNS (Bat For Lashes) : Un homme averti…enfin quand il s’en souvient

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twosunsbatforlashesAvant d’écouter Two Suns de Bat For Lashes, je me suis dit que le nom me disait quelque chose… En fait, j’aurais mieux fait de creuser à ce moment-là puisque que depuis je me suis aperçu que j’avais écrit une critique de son premier album, Fur and Gold. Une critique que j’avais intitulée « Tristounet ». J’avais même conclus : « Je ne sais pas ce que vaut le second album, mais j’ai bien d’autres choses à découvrir avant de prendre le risque d’y jeter un oreille« . Et bien, j’aurais mieux fait de m’écouter…

Bat For Lashes n’est pas un groupe, comme son nom pourrait donner à penser, mais une artiste d’origine pakistanaise du doux nom de Natasha Kahn. Elle s’est faite connaître en faisant la première partie du groupe CocoRosie, information capitale, vu que je n’ai aucune idée de quoi ils peuvent ressembler.

Déjà dans ma précédente critique, j’avais souligné que l’univers musical de Bat For Lashes est proche de celui de Björk et Massive Attack, deux artistes qui m’ennuient au plus haut point. Two Suns est exactement dans la même veine, pas de surprise de ce côté là. Et avec la mauvaise foi qui me caractérise, j’ai bien envie de dire pas d’amélioration… On est donc dans un univers pop-électro qui se veut hyper mélodique, mais qui ne l’est parfois pas du tout.

Pourtant, le début de Two Suns donne envie d’y croire. Les quatre premiers titres s’écoutent en effet avec plaisir. Le premier, Glass, sonne comme une introduction. Ce n’est pas hyper enthousiasmant, mais au moins on a envie de poursuivre son exploration de l’album. Bat For Lashes enchaîne ensuite avec Sleep Alone, où la voix est claire et mélodieuse. Le résultat est convaincant. Ensuite, Moon and Moon sonne plus électro, le son est plus évaporé. Bon, ce n’est clairement pas mon style, mais ça reste encore intéressant. Puis vient Daniel, sûrement le meilleur titre de l’album, pour ne pas dire de l’artiste. La voix est plus profonde, plus chaude, ce qui donne tout de suite beaucoup plus de personnalité à sa musique.

La suite de Two Suns est nettement moins réjouissante. Une suite de titres qui tournent en rond et qui ne décollent jamais. On retrouve l’aspect tristounet que j’avais souligné dans la critique de Fur and Gold. Bref, on s’ennuie ferme, même si Good Love e Two Planets viennent nous sortir un tout petit peu de notre torpeur. Mais bon, l’encéphalogramme ne fait pas des bonds non plus.

Je dois cependant souligner une amélioration par rapport à Fur and Gold. En effet, j’avais alors décrit la voix de Bat For Lashes de désagréable. Je ne sais pas si c’est lié à mon humeur à l’écoute de ces deux albums, mais je l’ai trouvée cette fois-ci plutôt harmonieuse, un des rares points fort de Two Suns. Une vraie maîtrise à ce niveau-là, même si cela reste bien insuffisant pour offrir à elle-seule un réel intérêt à cet album.

Bon promis, j’arrête définitivement le Bat For Lashes ! Enfin, si je ne perds pas la mémoire d’ici là…

Pour finir, faisons le tour des titres de Two Suns.

1.: Glass
Un rythme lent et un peu martelé pour ce titre qui sonne comme une introduction.

2.: Sleep Alone
Lent et mélodieux, assez joli grâce à une voix particulièrement délicate.

3.: Moon And Moon
Un son plus évaporé et électro.

4.: Daniel
La voix se fait ici plus profonde, plus chaude et c’est tout de suite bien meilleur.

5.: Peace Of Mind
Lent, évaporé, mais surtout un peu mou.

6.: Siren Song
Dans la même veine que le titre précédent.

7.: Pearl’s Dream
Un titre qui tourne en rond et qui ne décolle jamais.

8.: Good Love
La voix est à nouveau plus profonde et cela donne immédiatement plus de personnalité à ce morceau.

9.: Two Planets
Une voix très claire sur des percussions. Envoûtant.

10.: Travelling Woman
Une instrumentation épurée sur laquelle la voix fait tout. Mais est-ce biens suffisant ?

11.: The Big Sleep
Un titre qui porte bien son nom…

MISS METEORES (Olivia Ruiz) : Talent confirmé

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missmeteoresoliviaruizLa télévision, la télé-réalité et la Star Academy en particulier n’ont pas apporté grand chose au monde, à part peut-être une génération encore un peu plus lobotomisée que la précédente. Mais elle nous a tout de même permis de découvrir un vrai talent, qui a eu la bonne idée de ne pas gagner, mais d’aller vivre sa vie et sa carrière. J’ai nommé Olivia Ruiz et plus précisément, son troisième album, Miss Météores.

Olivia Ruiz a donc été demi-finaliste de la première Star Academy, éliminée par Jenifer, ce qui prouve que les spectateurs de TF1 n’ont décidément aucun goût. Deux ans plus tard, en 2003, elle sort son première album, J’aime Pas l’Amour qui passe relativement inaperçu. Le succès viendra avec le deuxième, la Femme Chocolat, sorti en 2005, écrit avec les chanteurs des Têtes Raides, de Tryo et surtout Mathias Malzieu de Dionysos, devenu son compagnon dans la vie. Ce CD s’écoule à 1 100 000 exemplaires (contre 80 000 pour le premier). Miss Météores, sorti en 2009, confirme son statut de valeur sûre de la chanson française (400 000 exemplaires vendus).

Miss Météores reprend tout ce qui avait si bien marché dans La Femme Chocolat. Seuls les textes sont un peu moins bons, avouons-le. Les principaux singles sont sympas mais moins inoubliables que J’traine des Pieds par exemple. Le titre phare Elle Panique est sûrement le plus réussi. On pourra d’ailleurs remarquer qu’il traite lui aussi du temps qui passe, en mode inquiétude cette fois-ci et non nostalgique. Mais c’est un peu plus direct, moins poétique. Cependant, on retrouve cet humour, ce second degré qu’elle partage évidemment avec Dionysos, même si ses textes ont un vrai sens, beaucoup plus ancré dans le quotidien.

Olivia Ruiz a évidemment gardé sa voix dans Miss Météores. Cette dernière dégage une vraie personnalité et n’a pas la tonalité claire des interprètes formatées. Elle n’a pas non plus la voix grave ou cassée des chanteuses folk ou country. Elle se situe un peu entre les deux, pouvant monter dans les aigus ou monter dans les graves, sans forcément atteindre des hauteurs ou des profondeurs abyssales. Elle propose un timbre bien à elle, auquel on peut parfois reprocher un manque de maîtrise ou d’harmonie, mais au moins ne sonne pas comme tant d’autres.

Les instrumentations restent relativement simples. Elles constituent vraiment un support aux textes et au chant, et jamais les musiciens ne se lancent dans de longs solos. Elles insufflent l’énergie nécessaire aux titres pour que Miss Météores s’écoute avec un réel plaisir au-delà de la compréhension des textes. L’album comporte aussi un certain nombre de chansons en anglais et même une en espagnol, où les accompagnements sont souvent plus dynamiques et élaborés. Après, on peut trouver qu’elle chante avec un fort accent français, mais ce n’est pas forcément très gênant.

Miss Météores se démarque surtout par sa densité et sa diversité. Les titres ne se ressemblent vraiment pas et ils sont tous de grande qualité. Encore une fois, il manque peut-être de vrais tubes à mettre en avant, en dehors de Elle Panique, mais l’ensemble se tient et offre un vrai bon moment de bonheur musical. Un album à la fois abouti et sympathique qui démontre que le talent d’Olivia Ruiz n’est pas encore en train de s’essouffler.

Miss Météores reste donc un très bon album, qui confirme tout le bien que l’on pensait d’Olivia Ruiz. On attend la suit avec impatience.

Pour finir, faisons le tour des titres que l’on trouve sur cet album.

1.: Elle Panique
Le principal single, une chanson très sympa sur le temps qui passe.

2.: Les Crêpes Aux Champignons
Un son plus rock, mais toujours le même humour au second degré.

3.: Belle A En Crever
Un texte plus poétique, plus sombre, mais le résultat est toujours très bon.

4.: Spit the Devil
Un morceau plutôt country en anglais. Très sympa car la voix colle parfaitement.

5.: Les Météores
Un titre triste avec de l’émotion.

6.: Mon Petit Á Petit
Une alternance entre douceur et rock, qui donne un très bon résultat.

7.: When the Night Comes
Une duo en anglais pour une très belle chanson douce et mélodique.

8.: Le Saule Pleureur
Une instrumentation guillerette et joyeuse, malgré un texte plutôt triste.

9.: Quedate
Un duo en espagnol très sympa.

10.: La Mam’
Un titre plus fantaisiste, plus brouillon aussi, mais la voix fait tout de même la différence.

11.: Don’t Call Me Madam
Un rythme tropicalo-rock pour ce très bon titre en anglais.

12.: Peur Du Noir
Une chanson mélancolique sur l’enfance.

13.: Eight O’Clock
Un duo en anglais, très mélodique, un simple air de piano.