GRACE/WASTELANDS (Pete Doherty) : Surprenante Dissonance

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gracewastelandspetedohertyMême les rockeurs le plus énervés connaissent un grand succès quand il passe au calme et à l’acoustique. L’exemple le plus connu reste évidemment l’Unplugged de Nirvana, mais on peut aussi citer Nothing Else Matters, sûrement le titre le plus connu, et de loin, de Metallica, alors qu’il n’est pas vraiment représentatif de leur œuvre. Pete Doherty a fait partie de plusieurs groupes proposant un pop-rock particulièrement énergique. Avec son album solo Grace/Wastelands, il nous propose un univers paisible et calme.

Pete Doherty est connu en particulier pour ses problèmes de drogue et le fait qu’il ait été le compagnon de Kate Moss pendant très longtemps. Certains verront d’ailleurs un rapport entre l’un et l’autre. Mais c’est aussi un musicien qui a d’abord créer The Libertines avec Carl Barat, puis après qu’ils se soient fâchés, The Babyshambles. Depuis, ils se sont réconciliés et ont reformé leur groupe initial. Entre temps, Pete Doherty a eu le temps de sortir cet album solo.

Au lieu d’un son pop-rock énervé, Grace/Wastelands nous plonge dans un univers entre blues, folk et jazz. Un son très acoustique en tout cas. Généralement, ce genre de musique est interprétée par des chanteurs à la voix grave et profonde. Or, celle de Pete Doherty est aiguë et éraillée. D’où un son assez surprenant, parfois un peu bancal, mais qui au final a le mérite de l’originalité. On sent bien qu’il revisite un univers qui n’est pas le sien, mais il y apporte sa personnalité.

On retrouve dans Grace/Wastelands notamment une caractéristique que l’on trouve fréquemment chez The Libertines ou The Babyshambles. Très souvent la voix est légèrement dissonante par rapport à l’instrumentation, comme si les deux ne jouaient pas tout à fait le même morceau. Ce n’est pas non plus un procédé révolutionnaire, mais cela tient de la marque de fabrique chez Pete Doherty. De plus, il le maîtrise vraiment bien et donc ça apporte un vrai plus à sa musique, car on sent bien que ce n’est pas du à un manque de maîtrise. C’est plutôt le signe d’une certaine nonchalance qui colle vraiment bien avec le personnage et son côté dandy.

Grace/Wastelands possède la double qualité d’être à la fois dense et varié. En effet, il n’y a pas de titre vraiment mauvais. Il navigue entre plusieurs univers, même s’ils sont assez proches. Folk, blues, jazz et donc beaucoup de calme et de douceur. C’est vrai que sa voix aiguë n’inspire pas toujours la sérénité, mais on arrive quand même à se laisser bercer. En tout cas, on ne s’ennuie jamais à l’écoute de cet album qui ne sombre jamais dans la monotonie.

Aucun titre ne ressort vraiment de Grace/Wastelands. Je mettrai tout de même en avant I am the Rain, où l’instrumentation épurée met en avant la voix, qui du coup n’apparaît pas comme un élément ne collant pas vraiment. Je signalerai également Lady Don’t Fall Backwards, une ballade mélancolique qui conclue joliment l’album. Ce sont sans doute les titres les plus « classiques », alors les amateurs de son vraiment nouveau préfèreront sûrement d’autres titres comme 1939 Returning ou Palace of Bone.

Grace/Wastelands nous offre donc une vision différente de l’univers musicale Pete Doherty. Une vision parfois dissonante mais qui a le mérite de nous surprendre.

Pour finir, faisons le tour des titres que l’on trouve sur Grace/Wastelands

1.: Arcady
Un blues acoustique. La voix ne colle pas à ce qu’on attend habituellement pour ce genre de titre.

2.: Last of the English Roses
Une jolie ballade, mais un peu lancinante.

3.: 1939 Returning
Une ballade acoustique, avec une vraie dissonance entre la voix et la musique.

4.: A Little Death Around the Eyes
Un titre envoûtant où la voix de Peter Doherty souligne son côté dandy.

5.: Salomè, Salome
Une ballade douce et mélancolique.

6.: I Am the Rain
Une ballade simple et épurée. On y apprécie vraiment la voix.

7.: Sweet By and By
Un titre simple au piano, avec un son jazzy très rétro.

8.: Palace of Bone
Un titre country-folk dissonant.

9.: Sheepskin Tearaway
Une ballade douce, presque une berceuse si la voix de Peter Doherty n’était pas si éraillée.

10.: Broken Love Song
Un titre plus sombre où la voix se fait plus grave.

11.: New Love Grows on Trees
Un titre évaporé, un peu brouillon.

12.: Lady Don’t Fall Backwards
Un titre mélancolique pour une jolie conclusion

NO LINE ON THE HORIZON (U2) : U2 fait du U2

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nolineonthehorizonu2Savoir se renouveler tout au long de plusieurs décennies de carrière n’est pas chose facile. En fait, ce n’est déjà pas facile de connaître une carrière qui s’étale sur plusieurs décennies. U2 est souvent cité en exemple comme un groupe qui a réussi ce double exploit. Il est vrai qu’ils ont à leur répertoire des tubes très différents, du rock à l’électro. Globalement, leur faculté à se renouveler est donc incontestable. A l’échelle d’un seul album, c’est parfois moins vrai. Notamment sur No Line on the Horizon.

Bon d’habitude, dans le deuxième paragraphe de mes avis musique, je présente l’artiste. Mais s’agissant de U2, est-ce vraiment nécessaire ? 4 Irlandais qui jouent ensemble depuis 1976 et qui ont 12 albums studio à leur actif. Un chanteur Bono qui est un peu monsieur « paix dans le monde ». Et surtout des millions de fans et des millions de disques vendus. No Line on the Horizon est le dernier en date et est sorti en 2009.

Si vous ne connaissez pas No Line on the Horizon, mais que vous connaissez bien le reste de l’œuvre de U2 et bien vous connaissez No Line on the Horizon. On peut trouver beaucoup de qualités à cet album, mais certainement qu’il soit innovant. Ca sonne vraiment comme du U2. Ca tombe bien, c’est du U2, mais venant d’un groupe qui nous avait habituée à nous surprendre, on est forcément un peu déçu.

Cependant, essayons de juger No Line on the Horizon dans l’absolu et non pas par rapport au reste de l’œuvre de U2. Déjà, ce qui saute aux oreilles, c’est une maîtrise impressionnante. D’ailleurs les détracteurs du groupe diront que c’est sans doute là leur plus grand défaut. Voir U2 se lâcher n’est pas vraiment un événement fréquent. C’est peut-être dommage puisque le seul titre un peu plus brouillon, mais du coup un peu plus créatif, Breathe, est loin d’être le plus mauvais de cet album.

Le reste de No Line on the Horizon est une alternance de morceaux rock et de ballades. Il est dense en qualité. Seul Fez-Being Born ne présente vraiment aucun intérêt. A l’inverse, Get on Your Boots et Stand Up Comedy sont les deux meilleurs titres de cet album. Cependant, cela reste du rock politiquement très correct. Cela donne parfois envie de monter le son, mais relativement modérément.

Un extra-terrestre qui débarquerait sur Terre pourrait donc pleinement No Line on the Horizon. Il apprécierait la voix de Bono qui donne au groupe une large part de sa personnalité. Il apprécierait les lignes mélodiques qui ne disparaissent jamais même quand le groupe met plus d’énergie. Il apprécierait ces qualités qui restent les mêmes quelque soit le rythme ou le style des morceaux. Bref, il reconnaîtrait la marque d’un grand groupe, même s’il ignorerait qu’ils ont déjà proposé mieux et surtout plus surprenant auparavant.

Dans quelques années, quand on regardera la carrière de U2, il est évident que l’on ne regardera pas No Line on the Horizon comme un album particulièrement marquant. A la fois, on ne peut pas non plus cinquante Zooropa dans une carrière. Cependant, un point bas dans une telle carrière reste un point haut inaccessible pour beaucoup d’autres. Ne boudons donc pas totalement notre plaisir.

No Line on the Horizon est donc un bon album, mais un album moyen de U2. Après, à chacun de voir s’il préfère voir la bouteille à moitié pleine ou à moitié vide.

Pour finir, faisons le tour des titres de cet album.

1.: No Line on the Horizon
Un rock classique pour commencer.

2.: Magnificent
Un single largement diffusé à sa sortie, sous forme d’un rock mélodique.

3.: Moment of Surrender
Bono pousse un peu la voix sur une instrumentation douce et épurée.

4.: Unknown Caller
Une ballade qui ressemble à bien d’autres de U2.

5.: I’ll Go Crazy If I Don’t Go Crazy Tonight
Un titre plus pop parfaitement maîtrisé.

6.: Get on Your Boots
Plus énergique, plus rythmé, tout en maîtrise. Et c’est vraiment bon !

7.: Stand Up Comedy
Beaucoup de changements de rythme pour un très bon titre.

8.: Fez-Being Born
Plus lent, plus mélodique et un peu chiant pour tout dire.

9.: White as Snow
Une ballade mélancolique, pour les fans de la voix de Bono.

10.: Breathe
Un rock plus brouillon, moins maîtrisé, mais du coup plus créatif.

11.: Cedars of Lebanon
Une ballade sombre et triste. Pour ne pas dire un peu tristounet.

IT’S NOT ME, IT’S YOU (Lily Allen) : Pop fraîche et savoureuse

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itsnotmeitsyoulillyallenOn a tous des chansons dont on ne se lasse jamais. Parmi les miennes, il y a Smile de Lily Allen. Bon, j’ai passé l’âge d’écouter douze fois la même chanson d’affilée, mais j’ai l’impression que je pourrais le faire sans aucun problème… Bon, je ne vais pas essayer, ça risquerait de ruiner complètement mon introduction. Du coup, je n’oserai plus vous parler de It’s Not Me, It’s You.

Lily Allen est née en 1985 à Londres. Elle est la fille d’un acteur-musicien et d’une productrice. Elle était visiblement destinée à une carrière artistique. C’est pourtant grâce à Myspace qu’elle se fait connaître, avant de sortir son premier vrai album en 2006, intitulé Allright, Still. C’est un gros succès, porté par le single Smile. C’est donc logiquement que trois ans plus tard, elle enchaine avec un deuxième album.

It’s Not Me, It’s You a surpris les fans de la première heure par son virage vers l’électro-pop, quand son premier album tirait plus sur le reggae. Beaucoup ont été déçu. Personnellement, j’aurais pu puisque l’électro et moi, ça fait deux. Mais j’ai quand même adoré. C’est vous dire si c’est bien ! Bon en fait, j’ai surtout retrouvé cette fraîcheur, cet enthousiasme presque enfantin qu’elle met dans ses chansons et qui font tout son charme. Bon pas sûr qu’elle fasse toute une carrière avec ça, mais après deux albums, on ne s’est toujours pas lassé.

It’s Not Me, It’s You est porté par un vrai grand single, à l’image de Smile pour Allright, Still. Le tube Fuck You a fait beaucoup parlé de lui à sa sortie, vu la nature quelque peu grossière du titre. Certes, pour un francophone, ce n’est pas si choquant que ça, mais il est évident que si un titre intitulé « je t’emmerde » ou « va te faire foutre ! » passait en boucle sur les radios du pays, il y aurait bien des associations bien pensantes pour dénoncer la mauvais influence que cela aurait sur nos chers petites têtes blondes, qui disent pourtant cent fois pire à la récré.

Mais un single ne fait pas un album et It’s Not Me, It’s You recèle bien d’autres bons titres. L’autre single, Fear, qui a pas mal tourné en radio également est une très jolie ballade mélancolique. On connaît également la chanson 22, qu’elle chante en duo avec Ours en France qui est proposée ici en version solo. Mais la chanson reste belle. Lily Allen reste surtout maîtresse de la pop qui pétille, comme Never Gonna Happen, avec quelques fois quelques accents jazzy du meilleur effet, comme sur Him. Sa musique est juste à de rares moments un peu trop sucrée, comme sur I Could Say, et du coup tire alors sur la soupe.

It’s Not Me, It’s You est donc la confirmation d’un vrai talent et surtout d’une vraie personnalité. Ce n’est certainement pas l’album le plus abouti et le plus complexe artistiquement. Mais la fraîcheur et l’enthousiasme de Lily Allen sont suffisamment communicatifs pour que l’on prenne un grand plaisir à l’écoute de cet album, qui plus est très dense en qualité. Restera encore à confirmer avec un troisième album qui se fait attendre. Mais bon, elle a fait un bébé entre temps, c’est bien aussi.

It’s Not Me, It’s You m’a donc autant plu que Allright, Still. Cependant, la fraîcheur devra forcément laisser un jour place à la maturité. Un virage dangereux mais que l’on attend avec impatience.

1.: Everyone’s At It
Une pop-électro, un rien jazzy pour une introduction sympa.

2.: Fear
Très beau single. Une ballade dynamique quelque peu mélancolique.

3.: Not Fair
Un titre énergique et guilleret.

4.: 22
Une version en solo, mais la chansons reste néanmoins très belle.

5.: I Could Say
Une pop sucrée qui tire un peu sur la soupe. 

6.: Back To The Start
Une pop plus rythmée, une peu rétro, qui sonne années 80.

7.: Never Gonna Happen
Une pop qui pétille. Du pur Lily Allen !

8.: Fuck You
Le single jubilatoire absolu !

9.: Who’d Have Known
Une ballade douce où la voix de Lily Allen est plus claire et plus posée qu’à l’habitude.

10.: Chinese
Une ballade douce et quelque peu évaporée.

11.: Him
Un titre plus jazzy, très sympa, très frais.

12.: He Wasn’t There
Un son rétro (vinyle qui craque), jazzy et un rien sensuel.

COLONIA (A Camp) : Folk suédoise

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coloniaacampBon, je suis donc là pour vous parler de Colonia, du groupe A Camp. Oh non, encore un groupe totalement inconnu, s’écrient alors certains. Et bien, oui et non. Il s’agit en fait du projet parallèle de Nina Persson. J’en vois qui continuent de faire des grands yeux écarquillés. Mais si voyons la chanteuse de The Cardigans… Ah bon sang, mais c’est bien sûr… Bon pour ceux à qui ça ne dit définitivement rien, il s’agit du groupe suédois qui chantait notamment Lovefool, sur la BO de Romeo + Juliet avec Leonardo Di Caprio… Si vous ne voyez toujours pas, là, je ne peux plus rien faire pour vous…

A Camp a donc vu le jour a deux reprises, lorsque The Cardigans se sont octroyés une pause bien méritée. Un premier album, éponyme, est sorti en 2001. Colonia est lui sorti en 2009. Nina Persson y est accompagnée par trois musiciens qui ne font pas partie de The Cardigans. Il s’agit d’un groupe, pas d’une carrière solo… même si cela y ressemble quand même un tantinet.

Le son de A Camp est relativement différent de celui de The Cardigans. Si ces derniers nous livraient une pop relativement sucrée, nous sommes ici devant une musique tirant beaucoup plus sur le folk ou la country. Colonia fait immédiatement penser à un album de Sheryl Crow. Et quand on connaît mon admiration pour l’ancienne Madame Armstrong, on sait que c’est un réel compliment. Surtout que ce n’est pas du tout du sous-Sheryl Crow, mais une série de titres pouvant vraiment rivaliser avec la belle Texane.

A part les titres Bear on The Beach et The Weed Had Got There First, il n’y a vraiment rien à jeter sur Colonia. Les instrumentations sont généralement assez épurées, la musique plutôt douce, mais on n’a pas l’impression d’entendre toujours le même titre. Nina Persson varie notamment l’intensité vocale avec laquelle elle interprète les morceaux de cet album. J’ai trouvé que plus elle y mettait de la conviction, plus les titres étaient bons. Elle ne possède pas la voix la plus extraordinaire qui soit, mais elle sait l’utiliser et elle possède tout de même assez de personnalité pour en apporter à ce qu’elle interprète.

Il manque peut-être, à l’inverse, un titre vraiment phare à ce Colonia. A Camp n’a pas trouvé son « Lovefool » et il n’est clairement pas présent sur cet album. Il est vrai qu’on se situe dans un domaine musical où la concurrence est rude. Bien sûr, voir un groupe suédois nous livrer une musique que l’on imagine plutôt issue des grands espaces américains peut quelque peu surprendre. Mais ça, ça ne s’entend pas. Du coup, malgré ses immenses qualités, on peut comprendre que cet album et même ce groupe soient passés quelque peu inaperçus. Le même album par des Texans pur souche aurait sûrement cartonné de l’autre côté de l’Atlantique. C’est peut-être un peu injuste, mais la vie l’est souvent…

Colonia de A Camp ravira donc les amateurs de musique douce, que l’on a envie d’interpréter simplement à la guitare au coin du feu… Personnellement, je fais avec Nina Persson dès qu’elle le veut…

Pour finir, faisons le tour des titres que l’on trouve sur Colonia.

1.: Crownin
Une jolie ouverture qui rappelle immédiatement Sheryl Crow.
2.: Stronger Than Jesus
Un titre plus énergique avec de la conviction dans la voix.
3.: Bear On The Beach
Un son plus doux, mais surtout plus transparent.
4.: Love Has Left The Room
A nouveau de la conviction et c’est tout de suite bien meilleur.
5.: Golden Teeth And Silver Medals
Un joli duo, avec un joli contraste vocal entre une voix claire et une voix plus grave et profonde.
6.: Here Are Many Wild Animals
Une instrumentation plus complexe, plus énergique pour un très bon titre.
7.: Chinatown
Une ballade simple et mélancolique, mais où la conviction dans la voix apporte un vrai plus.
8.: My America
La voix est plus poussée, mais reste maîtrisée. Plus énergique, très bon.

9.: Eau De Colonia
Un court interlude.
10.: I Signed The Line
Une ballade douce et très classique.

11.: It’s Not Easy To Be Human
Une ballade assez évaporée.
12.: The Weed Had Got There First
Lent et évaporé, mais aussi moins intéressant.

NOBLE BEAST (Andrew Bird) : Une flamme qui vacille

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noblebeastandrewbirdOn le sait bien, ce qu’il y a de plus dur en amour, c’est de savoir le réinventer chaque jour pour qu’il puisse durer éternellement. Dans ce cas, on parle alors de toute une vie. Mais pour les albums de 60 minutes, c’est un peu la même chose. Il ne suffit pas de proposer une puis deux puis trois chansons qui plaisent bien aux oreilles. Il faut arriver à intéresser l’auditeur le long d’une dizaine de titres sans que la routine ne s’installe (et elle peut s’installer en dix minutes dans le cas qui nous intéresse) et la flamme de la passion ne vacille, pour finalement s’éteindre. Malheureusement, Andrew Bird, avec son Noble Beast n’y ait pas parvenu.

Andrew Bird est un américain, originaire de l’Illinois, où il est né en 1973. Violoniste de formation, il a longtemps collaboré avec divers artistes pour prendre enfin son envol en solo au début des années 2000. Noble Beast est sorti en 2009. Il n’a pas totalement abandonné son travail en appuis d’autres artistes, puisqu’il a travaillé avec Emily Loizeau et notamment sur le titre London Town.

Andrew Bird nous propose donc tout plein de belles ballades douces entre folk et country. Trop peut-être… En tout cas, pris individuellement, tous les titres de Noble Beast sont agréables à écouter, à part peut-être Not a Robot but a Ghost et Anonanimal. Le soucis est que tout cela est bien monotone, au sens premier du terme. Tous les titres ne se ressemblent pas comme deux gouttes d’eau, mais tout cela est joué souvent sur le même rythme. A un moment, on a du mal à consacrer toute son attention à des morceaux qui n’apportent plus rien de nouveau.

Le seul vrai facteur de diversité entre les différents titres de Noble Beast repose sur la manière dont Andrew Bird joue avec sa voix. Il la fait voyager entre les graves et les aigus. Bon, ce n’est pas Peter Kingsbery non plus. Et puis, il le fait rarement au sein d’un même morceau. Certains titres sont d’ailleurs assez contrastés entre une instrumentation qui se veut apaisante et une voix qui monte trop haut pour l’être. C’est sans doute là la seule vraie note d’originalité de cet album. Mais on doit admettre que les titres où la voix est plus grave et plus douce sont vraiment les meilleurs, notamment Tenuousness, pour moi, la plus belle ballade du lot.

Noble Beast fait donc partie de ces albums un peu frustrant dont on n’aimerait dire que du bien. Car tout ce que je viens de dire n’enlève rien au grand talent de Andrew Bird. Au contraire, c’est parce qu’il en a beaucoup qu’on aimerait vraiment qu’il l’exploite de manières plus diverses. A force de travailler essentiellement en collaboration, il a sûrement voulu privilégier un style bien à lui pour sa carrière solo. Il reste un très bon artiste-interprète, avec une vraie maîtrise artistique, à défait d’une créativité débridée. Quant aux textes, je laisse aux plus anglophiles le soin de juger car même si je maîtrise assez bien l’anglais, j’ai bien du mal à me concentrer sur les paroles quand j’écoute de la musique.

Andrew Bird et Noble Beast pourra donc plaire aux amateurs de belles ballades. Ils ressentiront peut-être la même frustration que moi, mais, s’ils sont de nature à positiver, retiendront surtout les plus beaux titres qui le sont vraiment.

Pour finir, un rapide tour d’horizon des titre que l’on trouve sur cet album.

1.: Oh No
Une ballade acoustique qui ouvre parfaitement l’album.

2.: Masterswarm
La voix part dans les aiguës, ce qui contraste avec la musique apaisante.

3.: Fitz And The Dizzyspells
Un titre plus enjoué mais qui reste très intimiste.

4.: Effigy
L’instrumentation est moins minimaliste, donnant plus d’épaisseur à ce titre.

5.: Tenuousness
La voix est beaucoup plus grave sur cette ballade. L’impression est bien meilleure et surtout beaucoup plus apaisante.

6.: Nomenclature
Des accents plus mélancoliques pour ce titre.

7.: Ouo
Andrew Bird joue avec sa voix sur une instrumentation épurée.

8.: Not A Robot But A Ghost
Un titre plus fade, plus transparent.

9.: Unfolding Fans
Une court intermède.

10.: Anonanimal
Un morceau quelque peu lancinant.

11.: Natural Disaster
Une ballade épurée, mais qui n’apporte rien de nouveau.

12.: Privateers
De la conviction dans la voix, du coup, qui redonne un peu de souffle.

13.: Souverian
Une très longue ballade, jolie, à l’image de l’album.

14.: On Ho
Une courte conclusion instrumentale.

TONIGHT : FRANZ FERDINAND (Franz Ferdinand) : Le verre à moitié plein

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tonightfranzferdinandEn 2004, le monde découvrait Take Me Out, un morceau dont l’intro désormais légendaire est entrée dans la légende du rock. Pourtant, il venait d’un groupe alors inconnu, des Ecossais dénommés Franz Ferdinand. Il s’agit de mon point de vue d’une des meilleures chansons des années 2000. Je ne me suis jamais amusé à faire mon top 10, mais je pense qu’elle y figurerait une très bonne position. Mais une carrière ne s’arrête évidemment pas à un premier single, aussi extraordinaire soit-il. Elle s’est donc poursuivie et nous a notamment offert ce Tonight : Franz Ferdinand, 3ème album du groupe.

Pour une fois, l’âme du groupe n’est pas son chanteur, Alexander Paul Kapranos, mais son bassiste, Robert Hardy qui est vraiment à l’origine de la formation de Franz Ferdinand. Les autres membres du groupe sont Nick McCarthy à la guitare et Paul Thomson à la batterie. Ces quatre jeunes gens se sont connus à Glasgow en 2000. Leur premier album, sobrement intitulé Franz Ferdinand, est sorti en 2004, suivi d’un deuxième, dès l’année suivante, You Could Have It So Much Better. Leur troisième, et dernier en date à ce jour, Tonight : Franz Ferdinand est paru en 2009.

Franz Ferdinand confirme à la fois pleinement et à moitié son immense talent. Pleinement puisque nous trouvons sur ce Tonight : Franz Ferdinand plusieurs morceaux de très très haut niveau, notamment le single, Ulysses. A moitié, parce que les meilleurs titres sont concentrés sur les 6 premières plages, alors que les 6 suivantes sont nettement moins intéressantes. On peut donc voir le verre à moitié plein ou à moitié vide. Comme je suis plutôt d’un naturel positif et optimiste, je vais choisir la première solution.

Le début de Tonight : Franz Ferdinand propose vraiment des titres d’une qualité inaccessible pour la plupart des groupes. Du rock, du vrai, loin de la soupe pop-rock (que j’apprécie parfois, j’avoue) servi par la plupart des groupes venus de Grande-Bretagne. Un son à la fois terriblement énergique et totalement maîtrisé techniquement et artistiquement. On peut peut-être simplement leur opposer une certaine tendance à abuser de la technique du « je commence le morceau doucement pour monter en puissance soudainement ». C’est vrai que c’est un peu leur marque de fabrique. Cependant, il la mettre en œuvre dans des morceaux qui sonnent très différemment. On échappe donc totalement à l’impression de monotonie.

La deuxième partie de Tonight : Franz Ferdinand est elle beaucoup plus transparente. Ils expérimentent notamment des sonorités beaucoup plus électro. Beaucoup de commentaires ont salué cette avancée dans des territoires musicaux alors inexplorés pour eux. Bon peut-être que c’est du à mon manque flagrant d’attirance pour ce genre musical, mais j’ai trouvé que le résultat manquait vraiment d’originalité, de souffle, même parfois carrément d’intérêt. C’est bien de prendre des risques et de sortir un peu de sa routine artistique, mais pour le coup, je considère ça plutôt comme un échec. En tout cas, certainement pas une franche réussite.

Il serait vraiment injuste de jeter la pierre sur Franz Ferdinand pour cette deuxième moitié d’album moins réussi. Car les six premiers titres prouvent vraiment qu’ils sont partis pour s’installer dans la durée comme étant des piliers de la scène rock. Espérons donc qu’ils connaîtront une carrière et une fin plus glorieuse que l’archiduc dont ils tirent leur nom.

Pour finir, regardons de plus près les titres qui composent ce Tonight : Franz Ferdinand.

1.Ulysses
Un rock tout en maîtrise et en retenue, qui monte en puissance progressivement.
 
2.Turn It On
Un rock un peu plus funky, un peu rétro, mais toujours très bon.
 
3.No You Girls
Toujours le même contraste entre l’énergie du début et la suite du morceau, mais le titre n’en ressemble pas pour autant aux autres.
 
4.Send Him Away
Un titre plus calme, au ton presque enjoué. Ca reste excellent.
 
5.Twilight Omens
Un petit côté années 60 pour ce court, mais très bon morceau.
 
6.Bite Hard
Une ballade épurée au piano, qui enchaîne sur des guitares énergiques.
 
7.What She Came For
Un titre plus transparent.
 
8.Live Alone
Un morceau tirant sur l’électro, mais guère convaincant.
 
9.Can’t Stop Feeling
Du Franz Ferdinand assez classique, mais mâtiné de sons un peu électro.
 
10.Lucid Dreams
Un rock assez brouillon de 8 minutes.
 
11.Dream Again
Un morceau calme et assez simple.
 
12. Katherine Kiss Me
Une ballade acoustique jolie mais sans plus.

DISQUE N°1 (Les Vedettes) : Un petit coup de coeur

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disquen1lesvedettesJe me rappelle très bien où j’étais quand j’ai entendu pour la première fois Joey Starr à la radio. Je ne parle pas de l’ancien chanteur de NTM, mais de la chanson du groupe Les Vedettes. J’étais dans ma voiture entre Versailles et St Quentin en Yvelines. Bon, ce n’est pas le plus important, mais je me souviens surtout que j’ai eu tout de suite le réflexe de mettre le son plus fort et je n’ai pu m’empêcher de secouer la tête… Enfin pas trop fort non plus, au volant, ça peut être dangereux. Tout cela remonte à 2008, j’aurais donc mis un peu de temps à découvrir leur premier album, sobrement appelé Disque n°1.
 
Les Vedettes est composé de 8 filles, sous l’égide de Philippe Katerine, dont on retrouve largement l’esprit, en un peu moins absurde tout de même. Disque n°1 a reçu de très bonnes critiques à sa sortie, mais après la diffusion de Joey Starr à la radio, aucun second single n’est venu prendre le relais et on n’a depuis plus trop entendu parler du groupe. C’est dommage, tant ces jeunes filles font preuve d’enthousiasme et de fraîcheur.
 
Il faut bien le dire, cet Disque n°1 est un petit coup de cœur. Je vais donc essayer de rester objectif et ne pas trop m’emballer. Commençons par les textes. Evidemment, ce n’est pas du George Brassens. C’est même parfois assez basique. Ca parle du quotidien et pas mal de sexe. C’est donc léger et provoquant, parfois cru, jamais vulgaire. Ca arrache surtout pas mal de sourires. Ca tombe bien, c’était a priori le but. Bref, les Vedettes ne nous offrent pas vraiment de grande poésie, mais nous font partager beaucoup de situations vécues avec humour, charme et un rien d’érotisme (enfin c’est peut-être un bien grand mot).

Les instrumentations de Disque n°1 ont quant à elle deux grandes qualités. Déjà, elles sont toujours enjouées, pleines d’une énergie particulièrement communicative. Pas forcément hyper complexes, mais avec cette légèreté qui colle très bien aux textes. On est une nouvelle fois plus dans l’enthousiasme que dans la création artistique aboutie et maîtrisée, mais comme cela fonctionne, on ne voit rien à y redire. Bref une musique qui ne se prend pas la tête, mais qui nous donne envie de secouer la nôtre.
 
Ensuite, elles sont aussi très variées. Car simplicité n’est pas du tout synonyme d’uniformité. Cela reste toujours un peu sur le ton de la parodie, mais les Vedettes explorent de nombreux genre musicaux sur Disque n°1. Pop, rock, électro, ballades tirant au gré des plages sur les années 70, 80 ou 90. Cette diversité est particulièrement appréciable et montre que les jeunes femmes en ont sûrement plus sous la semelle que ce que peut laisser penser la légèreté de leur musique.
 
Le meilleur titre de Disque n°1 reste son principal single, Joey Sarr. J’ai aussi une tendresse particulière pour Vive papa ! au texte méchamment drôle et à la musique qui ressemble à un hommage de l’œuvre des Beach Boys. J’aime aussi beaucoup Grand Con, Comme dit Daddy, Mdma, Première Fois et Bouge ton Pet. A côté de ça, il n’y a pas grand chose à jeter, tout juste les titres New York City et Gangbang.
 
Avec toutes ses qualités, Disque n°1 est un album qui en appelle beaucoup d’autres. Pour l’instant, ça n’en prend peut-être pas le chemin et on ne peut que le regretter.
 
1-V.E.D.E.T.T.E.S
Morceau introductif interprété comme une chorale de cheerleaders.
 
2-Futur hot-dog
Du punk rigolo et rafraîchissant.
 
3-Grand con
Des paroles provocantes…. mais qui sentent le vécu.
 
4-Ta vie est pourrie
Un côté années 80 pour ce rock sur le quotidien.
 
5-Vive papa!
Les joies de la vie de famille revisitées par cette succulente parodie des Beach Boys.
 
6-Comme dit daddy
Une pop sucrée, sexy et sympathiqu
 
7-New-York City
Un peu lancinant et moins percutant.
 
8-Mdma
Un retour au sucré et qui fonctionne plutôt bien.
 
9-Nadia’s song
Un morceau plus épuré, où le texte se pose sur une petite mélodie. Mais le charme continue d’agir.
 
10-Y’a pas un mec
Un titre électro rigolo avec Philippe Katerine.
 
11-Joey Starr
Un single entraînant et énergique.
 
12-Première fois
Une petite ballade guillerette et provocante.
 
13-Gangbang
Un morceau lancinant et sans intérêt.
 
14-Bouge ton pet
Un morceau sympa, qui ne se prend pas au sérieux, à l’image de l’album.

GLASVEGAS (Glasvegas) : Originalité monotone

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glasvegasglasvegasAvoir de l’ambition c’est bien et ça ne demande qu’un peu de volonté. Avoir les moyens de ses ambitions, c’est déjà plus difficile. On dit souvent qu’il a eu le mérite d’essayer, mais c’est généralement une manière polie de dire qu’il s’est planté. Glasvegas, dans leur album du même nom, nous propose une musique originale, un son qui se veut différent et d’une certaine envergure. Le résultat reste cependant mitigé.

Glasvegas est un groupe de rock originaire de Glasgow. Leur premier album, Glasvegas, est sorti en 2008, a connu un succès immédiat en Grande-Bretagne et en Suède… Il ne faut jamais chercher à comprendre la géographie des succès musicaux. C’est d’ailleurs uniquement au pays d’Ikea que leur second album, Euphoria Heartbreak, sorti en 2011, atteindra la première place des ventes. On peut aussi noter que c’est encore de ce même pays que vient leur nouveau batteur… Cependant, au temps de la sortie de Glasvegas, le groupe était composé de James Allan au chant, de Rab Allan à la guitare (le cousin du premier), de Paul Donoghue à la basse et Ryan Ross à la batterie.

La musique de Glasvegas se caractérise avant tout par un aspect assez symphonique. Et ceci ne tient pas qu’à l’utilisation ponctuelle du piano. En fait, on se situe un peu entre le S&M de Metallica et Muse dans ces plus grands moments… mais en beaucoup moins bien, soyons clairs. Ce n’est pas mauvais pour autant, ça a le mérite d’être relativement original, ou du moins de sonner différemment de la plupart des groupes de rock british que l’on entend à la radio. On peut vraiment leur reconnaître ce mérite qui donne tout son intérêt à cet album éponyme.

Cependant, Glasvegas souffre d’un gros défaut. Beaucoup de morceaux se ressemblent. En plus, les plages sont mixées. Du coup, on a parfois changé de titre s’en que l’on ne s’en aperçoive vraiment. L’album est assez court, du coup, on a un peu l’impression d’avoir entendu une seule et même chanson, avec tout de même quelques variations. C’est vraiment là la vraie limite de cet album qui du coup a un peu de mal à nous enthousiasmer. On écoute curieux au début, puis l’attention faiblit et on a du bien du mal à rester concentré. On peut toujours dire que cela constitue une bonne musique de fond, mais je doute que ça soit là l’ambition de départ de Glasvegas.

Du coup, difficile de ressortir un morceau plutôt qu’un autre de cet album. Je mettrai quand même en avant Polmont on My Mind, un titre au rythme plus lent, mais qui du coup permet de mieux apprécier le caractère symphonique de l’instrumentation. James Allan n’a pas non plus la voix du siècle, c’est du surtout les mélodies et leur interprétation qui font la différence. Lonesome Swan se démarque aussi, très légèrement, avec un style rock plus classique, même si on reconnaît toujours le son de Glasvegas. Ce morceau nous fait surtout regretter le manque de variation de leur musique. Car maîtrise artistique et technique est incontestable.

Glasvegas pourra plaire aux amateurs de rock aux sonorités quelque peu différentes. Dommage que le plaisir de la découverte soit quelque peu gâché par une certaine monotonie.

Pour finir, découvrons plus en détail les morceaux que l’on trouve sur Glasvegas.

1.: Flowers and Football Tops
Un très long premier morceau qui nous met tout de suite dans le bain d’un rock très symphonique.

2.: Geraldine
Un rock élégant et mélodique.

3.: It’s My Own Cheating Heart That Makes Me Cry
Un chant très symphonique sur une instrumentation épurée dans un premier temps avant que la musique ne démarre vraiment.

4.: Lonesome Swan
Un rock plus classique, même si le fond symphonique demeure.

5.: Go Square Go
L’album commence sérieusement à tourner en rond.

6.: Polmont on My Mind
Un rythme plus lent pour un joli morceau, même si on reste toujours dans la même veine.

7.: Daddy’s Gone
Un titre aux accents plus pop, mais le son reste globalement le même.

8.: Stabbed
Un morceau très sombre, sur un air de piano classique (que je n’arrive plus à resituer)

9.: S.A.D. Light
Un morceau lancinant.

10.: Ice Cream Van
Toujours aussi symphonique, mais à force ça tire sur le chiant…

PARTIE TRAUMATIC (Blakc Kids) : Rock enrichi

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partietraumaticblackkidsBlack Kids est un groupe qui ne compte à son actif qu’un seul album, sorti en 2008 et intitulé Partie Traumatic. Du rock américain, un peu foufou, mais bourré d’énergie et d’un vrai talent musical. Bref, un vraiment petit moment de bonheur, qui pousse à se demander pourquoi tant de groupes infiniment plus médiocres sortent des albums tous les ans. Il n’y a décidément pas de justice dans ce bas monde.

Le groupe Black Kids est originaire de Jacksonville en Floride. Il est composé de cinq membres. Au chant, on retrouve Dawn Waltey et Ali Youngblood. Ce dernier est en fait une dernière, contrairement à ce que peut faire penser son prénom. Ce duo de voix, l’une masculine, l’autre féminine, donne à ce groupe une bonne partie de sa personnalité. Sinon, classiquement, le groupe compte un guitariste (Reggie Youngblood, le frère d’Ali), un bassiste (Owen Holmes) et un batteur (Kevin Snow).

Black Kids est avant tout un groupe de rock, mais il laisse entrer plein d’autres styles dans leur musique. Un peu de jazz, un peu de funk, de r’n’b et un zeste de pop et tout cela donne de savoureux mélanges. Si vous rajoutez un pincée d’énergie, de dynamisme et de conviction, vous pouvez imaginer le goût de Partie Traumatic. Aucune recette n’est totalement inédite, mais le tout se démarque d’une production rock où maîtrise et créativité ne sont pas toujours au rendez-vous. L’un ou l’autre, c’est fréquent. L’un et l’autre, c’est déjà beaucoup plus rare.

Partie Traumatic est un excellent album avant tout parce que Black Kids arrivent à nous transmettre le bonheur qu’ils ont du avoir à le composer. Cela ne ressemble pas à un produit formaté, sans âme et qui ressemble à une pâle imitation de vagues influences. Il y a un vrai enthousiasme dans leur musique. Mais ce qui fait la différence, c’est que tout cela s’accompagne d’une vraie maîtrise. Ce ne sont pas que des petits jeunes qui s’amusent comme des petits fous avec leur guitares, mais de vrais musiciens capables de nous livrer des arrangements de qualité et un minimum subtils.

La meilleure preuve réside dans l’utilisation qui est faite du duo de voix. Ils ne se répondent pas, ni chantent la même chose en même temps. La voix de Dawn domine et celle d’Ali est utilisée comme une sorte d’effet sonore, qui enrichit le simple schéma d’un chant qui se pose sur une musique. Les instruments, les deux voix, tout cela concoure à créer un son peut-être pas unique, mais qui se démarque tout du moins nettement de la masse. Cela confirme surtout le vrai travail de création qui a présidé à l’écriture de Partie Traumatic.

Enfin, cet album est appréciable par sa densité. Il est assez court, 10 titres seulement, mais aucun n’est à jeter. Partie Traumatic a le format d’un 33 tours, mais nous rappelle aussi que les minutes gagnées en passant aux CD ont souvent été consacrées à du remplissage sans grand intérêt. Au moins, Black Kids privilégie la qualité sur la quantité et cela ne fait que renforcer la très bonne impression que nous laisse cet album. On peut espérer que la carrière de ce groupe ne se limitera pas à ces dix titres, car cela serait vraiment dommage. Espérons donc que cet album fera des petits.

Partie Traumatic est donc tout simplement un très bon album, au rock assez enthousiasmant, riche de bien d’autres influences et démontrant une vraie maîtrise artistique.

Pour finir, regardons de plus près les titres de Partie Traumatic.

1.: Hit the Heartbrakes
Un rock mené par un duo de voix aussi dynamique que rafraîchissant.

2.: Partie Traumatic
Un rock très entraînant aux accents funk.

3.: Listen to Your Body Tonight
Toujours aussi punchy, mais avec un côté r’n’b.

4.: Hurricane Jane
Plus jazzy, plus épuré, mais toujours aussi bon.

5.: I’m Making Eyes at You
L’intro sonne comme un slow, avant une suite qui tire sur la new wave.

6.: I’ve Underestimated My Charms (Again)
Un titre avec un côté un peu rétro.

7.: I’m Not Gonna Teach Your Boyfriend How to Dance with You
Pop-rock qui reste rafraîchissante et enthousiasmante.

8.: Love Me Already
Un morceau tout en maîtrise, presque sexy.

9.: I Wanna Be Your Limousine
Encore beaucoup de dynamisme dans ce titre.

10.: Look at Me (When I Rock Wichoo)
Un morceau à l’image de l’album : très bon, un peu foufou, dynamique et rafraîchissant

HISTRIONICS (Scenario Rock) : Pop-rock de Meaux

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histrionicsscenariorockOh non, encore un groupe pop-rock venu d’Angleterre… Du moins, c’est ce qu’on pourrait penser en écoutant Histrionics du groupe Scenario Rock. Et bien pas du tout, car ce groupe assez méconnu est bien de chez nous ! De Meaux même pour être précis ! 7-7 power ! Bon je m’égare car il faut bien avouer qu’en dehors de la nationalité du groupe, cet album n’est guère original et ne révolutionne pas le genre. Mais cela ne signifie en rien qu’il ne s’écoute pas avec plaisir.

Bon il n’est pas évident de trouver des informations sur ce groupe qui n’a pas de page Wikipedia. Ils possèdent par contre une page Myspace où l’on peut écouter pas mal de leur morceau. Le groupe est formé de deux anciens du groupe Heb Frueman, qui était, paraît-il, un groupe hardcore des années 90. Ces jeunes gens, Mehdi Pinson et Ludovic Perrault, ont sorti leur premier album, Endless Season en 2005. Une musique expérimentale mélangeant rock, funk, hip-hop et new wave. Leur deuxième album, objet de la présente critique, sorti en 2008 est lui beaucoup plus classique.

On sent bien à l’écoute de Histrionics que la musique de Scenario Rock est née de multiples influences. En effet, si on doit accorder une grande qualité à cet album, c’est la diversité des titres. Certes, elle s’étiole un peu au fur et à mesure, mais on peut que saluer un vrai travail de recherches dans les sonorités. Le son pur pop-rock prend le dessus dans la seconde moitié, mais les cinq premières plages sont elles très différentes.

Mais à côté de cet effort de créativité, le groupe pêche un peu par manque de maîtrise. Les idées sont là, mais ne sont pas toujours pleinement exploitées. Si j’en crois ce que j’ai lu, le premier album donnait vraiment l’impression d’une musique qui partait dans tous les sens. Histrionics est sûrement nettement plus carré, mais on sent quand même poindre ce même défaut. Du coup, le groupe n’arrive jamais à se lâcher totalement et on a parfois envie de leur dire : c’est pas mal, retravaillez un peu le morceau et ça sera parfait.

On ne sait donc pas trop quels sont les titres que l’on préfère sur Histrionics. On hésite entre les moments inattendus, mais imparfaits, et les titres beaucoup plus maîtrisés, mais qui sont pour le coup très classiques. Ce contraste est vraiment marqué si on considère les titres the Gypsy Walk et Son of a Morrocan. Peut-être les deux meilleurs morceaux de l’album et qui illustrent chacun les deux facettes de Scénario Rock. Dommage que jamais les deux qualités n’arrivent à se rejoindre sur un seul et même titre.

Cependant, ce qui fait définitivement d’Histrionics un bon moment de plaisir musical, c’est que jamais Scenario Rock ne se prend trop au sérieux. Mêmes les derniers titres, pourtant beaucoup plus classiques, donnent l’impression d’un certain sens du second degré. Quelques passages semblent prêts à partir dans un vrai délire, mais là encore, on sent que Scenario Rock n’ose pas pleinement lâcher les chevaux. Cependant, il se dégage de leur musique une vraie joie communicative et c’est très appréciable. Trop de groupes médiocres se prennent pour des stars. Celui là a du talent, mais il n’essaye pas de s’inventer du génie.

Au final, Histrionics vaut bien des productions pop-rock qui ont des destinées mondiales. Comme quoi le succès ne tient pas à grand chose, car malgré bien des imperfections, cet album se laisse écouter avec un vrai plaisir.

Pour finir, passons en revue les titres de cet album.

1.: Both Gotta Move On
Un titre qui débute par un air de piano puis ça swingue !

2.: Club Cred
Un rock qui cherche un peu son style. Pas désagréable, mais quelque peu transparent.

3.: Glances & Smiles
Un rock énergique et enthousiaste, à défaut d’être totalement maîtrisé.

4.: Histrionics
Un morceau de plus de 10 minutes qui sonne comme un classique rock des années 70.

5.: The Gypsy Walk
Un mélange de sonorités et de rythmes. Cocktail un peu brouillon, mais qui reste très digeste.

6.: Perfect Love Antidote
Un titre pop-rock, qui sonne très british, mais au ton assez délirant.

7.: Son of a Morrocan
Un titre plus maîtrisé et pas mal du tout.

8.: War Wound
Un morceau au rythme plus martelé, mais qui respire le second degré.

9.: No Fuss !
Un pop maîtrisée. Bien mais sans génie.

10.: Exotic Break
Une pop un peu plus sucrée.

11.: Mirage
Une pop évaporée qui n’apporte pas grand chose