SUGAR MOUTAIN – LIVE AT CANTERBURY HALL (Neil Young) : Pas la meilleure porte d’entrée pour découvrir Neil Young

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sugarmoutainneilyoungNeil Young est un immense artiste, prestigieux et mondialement connu. On peut souvent entendre d’un jeune artiste qu’il est le nouveau Neil Young ou que son style fait penser à celui de Neil Young. Mais au fond, est-ce que j’avais la moindre idée de ce que pouvait chanter Neil Young ? En fait, aucune. C’est pourquoi, j’ai voulu remédier à mon ignorance en écoutant Sugar Moutain – Live at Canterbury House.

Neil Young est un chanteur canadien, né en 1945, dont l’apogée de la carrière se situe dans les années 70. Il est connu pour ses ballades entre folk et country, mais aussi pour ses morceaux plus musclés, qui préfigurent le hard rock et le grunge. Il a signé 36 albums studio entre 1968 et aujourd’hui. Il a également joué dans plusieurs films et en a même réalisé trois.

Sugar Moutain – Live at Canterbury House est un enregistrement live de 1968, mais qui n’est sorti en CD il y a quelques années seulement, en même temps qu’un certain nombre d’autres inédits. Je dois avouer que ce n’était peut-être pas vraiment la meilleure porte d’entrée pour découvrir son œuvre, car on sent bien ici qu’on est face à un CD qui ravira surtout les fans et les collectionneurs. On y trouve 23 plages, mais en fait seulement 13 titres, le reste étant de courts intermèdes parlés. On peut se dire que c’est faire du remplissage pour pas grand chose, mais à la fois, isoler le blabla sur des plages permet de les éliminer si vous encodez sur votre ordinateur.

Même si Sugar Moutain – Live at Canterbury Hall fait un peu gadget, le talent est là. Peut-être pas encore tout à fait mature, car nous sommes là tout au début d’une carrière qui s’étend sur près de 45 ans et qui dure encore. Si Neil Young est connu pour avoir exploré des univers musicaux assez divers et d’avoir même souvent innové, il faut bien avouer que les titres de cet album sont tous dans le même style. On a ici 13 ballades folk plus ou moins mélancoliques, plus ou moins chargées d’émotion, mais toujours sur le même registre.

Neil Young se caractérise par une voix assez haut perchée, dont il se sert à merveille pour donner de la personnalité à ses interprétations. S’il ne joue pas trop sur le rythme, il varie beaucoup sa puissance vocale. Certains titres sont murmurés, d’autres chantés avec une voix plus claire. Mais il arrive toujours à vraiment créer un lien avec son auditeur. Bien sûr, le fait que l’on soit face à un enregistrement live contribue à cette impression, mais on sent qu’il y a une vraie maîtrise artistique chez Neil Young. Il ne se contente pas de nous livrer des titres connus par cœur et interprétés par habitude. Il vit vraiment sa musique et cela se sent.

Sugar Moutain – Live at Canterbury Hall est donc un peu frustrant pour ceux qui, comme moi, ne sont pas du tout familiers avec l’œuvre et de Neil Young. Mais il aura au moins le mérite de titiller ma curiosité. Car des titres comme On the Way Home, Mr Soul ou Broke Arrow ne peuvent pas naître de la guitare de n’importe qui. Cette vision partielle, pour ne pas dire anecdotique, de son immense carrière n’est qu’un aperçu, mais qui donne envie de découvrir le reste.

Je ne peux donc réellement conseiller Sugar Moutain – Live at Canterbury Hall qu’aux vrais amateurs de Neil Young. Mais bon à la fois, ces derniers connaissent sans doute déjà cet album.

Pour finir, faisons le tour des titres chantés de cet album.

1.: Emcee Intro.
2.: On the Way Home
Une ballade folk simple mais magnifique.

3.: Songwriting Rap (spoken word)
4.: Mr. Soul
Beaucoup de conviction dans ce beau titre très épuré.

5.: Recording Rap (spoken word)
6.: Expecting to Fly
Une ballade classique, mais chargée de beaucoup d’émotions.

7.: The Last Trip to Tulsa
Une morceau aux accents plus torturés.

8.: Bookstore Rap (spoken word)
9.: The Loner
Une ballade douce où la voix est poussée dans les aiguës.

10.: I Used to… Rap (spoken word)
11.: Birds
Un titre qui ressemble presque à une berceuse.

12.: Winterlong/Out Of My Mind (excerpt/intro)
13.: Out of My Mind
Une ballade discrète.

14.: If I Could Have Her Tonight
Un titre avec un tout petit peu plus d’énergie.

15.: Classical Gas Rap (spoken word)
16.: Sugar Mountain Intro (intro)
17.: Sugar Mountain
Une ballade murmurée pleine d’émotions.

18.: I’ve Been Waiting for You
Une ballade simple et épurée, dans la droite lignée du reste.

19.: Songs Rap (spoken word)
20.: Nowadays Clancy Can’t Even Sing
Une ballade dynamique où la voix se lâche un peu.

21.: Tuning Rap & The Old Laughing Lady Intro (spoken word/intro)
22.: The Old Laughing Lady
Une ballade très épurée.

23.: Broken Arrow
Un très beau morceau qui résume bien l’album

THE SELDOM SEEN KID (Elbow) : Courant alternatif

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theseldomseenkidelbowEt oui encore un groupe de rock anglais… Allez, ne râlez pas, c’était ça ou de la musique de pouffes. Bon, c’est vrai que je n’écoute pas que ça, mais quand on pioche un peu au hasard, on tombe souvent dans une ou l’autre de ces deux catégories. Cette fois, je vais donc vous parler d’Elbow et de leur album the Seldom Seen Kid. Un album qui aurait vraiment pu être excellent s’il n’était pas quelque peu inégal.

Elbow possède un légère originalité par rapport à ses collègues d’Outre-Manche. Il y a bien un chanteur, un guitariste, un bassiste et un batteur. Mais le groupe possède un cinquième membre, préposé au clavier. Bon, ce n’est pas non plus hyper révolutionnaire, mais comme, avouons-le, beaucoup de ces groupes anglais se ressemblent, il faut bien trouver quelque chose pour les différencier. Sinon, ces cinq garçons sont originaires de Manchester et ont connu un certain succès dès la sortie de leur premier album, Asleep in the Back en 2001. Leur discographique en compte désormais cinq, the Seldom Seen Kid est le quatrième, sorti en 2008, et a reçu de très nombreux prix dans les équivalents britanniques des Victoires de la Musique.

Si on devait rapprocher Elbow d’un autre groupe britannique d’une envergure un tantinet supérieure, on penserait immédiatement à Coldplay. Sur certains titres, la ressemblance est même frappante. Mais elle permet aussi de mesurer la petite différence entre un grand groupe et un bon groupe. Elbow fait incontestablement partie de cette dernière catégorie, mais est un peu juste pour postuler à la première. Faute à une certaine inconstance dans l’inspiration.

En effet, on trouve dans the Seldom Seen Kid quelques titres vraiment excellents comme Grounds for Divorce, Audience with the Pope, Fix ou encore Friends of Ours. Il n’y a peut-être pas là-dedans de quoi faire un tube planétaire inoubliable, mais on y trouve infiniment plus de talent et de maîtrise artistique que chez l’immense majorité des groupes actuels. De plus, ces titres ne se ressemblent pas. Certains ont des accents plus rock, d’autres plus mélancoliques. Il est clair que Elbow ne nous livre pas du rock énervé et la plupart de leurs titres tirent plutôt sur la ballade, avec le plus souvent une ligne mélodique très classieuse et élégante, mais on n’a pas vraiment l’impression d’entendre toujours le même morceau. Enfin pas tout à fait…

Vous l’aurez compris, the Seldom Seen Kid cache aussi une face plus sombre… pour ne pas dire sinistre. Des titres lancinant, sans énergie, ni inspiration qui donne juste envie de déprimer… ou de vite passer le plus rapidement possible à la plage suivante. Mirrorball, Loneliness of a Tower Crane Driver ou Some Riot sont dans cette veine. Eparpillés dans tout l’album, ces titres font quelque peu retomber l’enthousiasme qui pouvait naître des excellents titres par ailleurs. Ce n’est pas rédhibitoire, c’est juste dommage.

Bon, si on fait la balance entre le bon et le mauvais, c’est le bon qui l’emporte largement. Seldom Seen Kid reste un très bon album, largement au-dessus du lot. Elbow a un vrai talent qui lu permet de se démarquer de la concurrence, sans non plus naviguer dans les mêmes eaux que Coldplay ou Radiohead, auxquels ils font penser au détour de quelques chansons. On est donc face à un groupe qui pourra nous proposer de merveilleux best of, mais dont l’œuvre n’est pas intégralement recommandable. Enfin, il y a tant de groupes dont l’œuvre entière ne l’est pas…

Pour une bonne moitié de titres vraiment excellents, the Seldom Seen Kid de Elbow ne dépaillera pas dans les meilleures discothèques. Mais si la votre est quelque peu limitée, attendez la sortie d’un best of du groupe.

Pour finir, faisons le tour des titres que l’on trouve sur the Seldom Seen Kid.

1.: Starlings
Une longue et étrange introduction qui débouche sur une belle ballade.

2.: Bones Of You
Une pop très classieuse.

3.: Mirrorball
Ballade mélancolique, un rien sinistre.

4.: Grounds For Divorce
Pop-rock rythmé, élégant et original, pour un très bon titre.

5.: Audience With The Pope
Une excellente ballade pop, aux accent crooner.

6.: Weather To Fly
Des accents plus tristes pour ce titre qui fait un peu penser à Coldplay.

7.: Loneliness Of A Tower Crane Driver
Un titre quelque peu transparent et sinistre.

8.: Fix
La voix se transforme et prend beaucoup de profondeur pour cet excellent morceau.

9.: Some Riot
Très sombre, envoûtant, mais l’air de piano en arrière plan est vraiment lancinant.

10.: One Day Like This
Ressemble une nouvelle fois à du Coldplay et le résultat est pas mal du tout.

11.: Friend Of Ours
Une belle ballade douce et épurée.

LONDON BOOK OF THE DEAD (The Real Tuesady Weld) : Quelques bijoux, beaucoup de toc

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londonbookofthedeadtherealtuesdayweldVue l’offre pléthorique de musique que l’on connaît aujourd’hui, on est souvent très heureux de tomber sur quelque chose d’inattendu et de vraiment original. C’est un privilège rare et on se doit de l’apprécier à sa juste valeur. London Book of the Dead de The Real Tuesday Weld fait incontestablement partie de ces vrais moments d’étonnement. Mais malheureusement, l’enthousiasme n’est pas au rendez-vous et c’est plutôt la déception et la frustration qui dominent.

The Real Tuesday Weld est un groupe britannique fondé en 2000 par Stephen Coates. Ils ont signé à ce jour 9 albums, London Book of the Dead étant le 7ème, sorti en 2007. Deux de leurs albums sont des bande-originales de…roman, un peu à l’image de la Mécanique du Coeur pour Dyonisos et Mathias Malzieu.

The Real Tuesday Weld part d’une base musicale jazz rétro, sur laquelle il saupoudre des pincées de musique électronique. On parle de leur musique comme du “swing revival”, une sorte de rencontre entre Django Reinhardt et Massive Attack. Cela donne un résultat qui sort vraiment de l’ordinaire et que l’on a rarement entendu. Une musique vraiment intemporelle qui mélange les époques de manière assez troublante. London Book of the Dead bouscule vraiment les repaires et les habitudes de l’auditeur, surtout s’il est habitué à consommer des produits formatés.

Si la démarche est intéressante, le résultat est par contre quelque peu moyen. Ou en tout cas, très hétorogène. London Book of the Dead est un mélange entre des morceaux de longueur classique, avec des plages plus courtes que l’on pourrait qualifier d’interludes. Certains titres sont purement instrumentaux, mais la majorité propose aussi du chant. Il se caractérise surtout par une alternance entre des morceaux sans aucun intérêt avec d’autres heureusement vraiment plus agréables à écouter.

Malheureusement, ces derniers se ressemblent quand même beaucoup. Du coup, quand London Book of the Dead ne déçoit pas, il tourne en rond. C’est dommage car certaines plages comme The Wonderful Life, Kix ou I Loved London sont des petits bijous. Une musique évaporée, chantée avec un dilettantisme qui cache en fait une vraie maîtrise. Des airs à l’esprit dandy qui représentent à eux-seuls une vraie raison d’écouter cet album. Mais de-là à oublier la bonne dizaine de morceaux qui ne brillent vraiment pas par leur intérêt, c’est un pas qu’on est pas prêt à franchir.

London Book of the Dead est donc particulièrement frustrant. Car la démarche et la maîtrise artistique de The Real Tuesday Weld auraient vraiment pu donner un résultat tout autre. Alors certes, le côté expérimental de cette musique peut expliquer la part de “déchet” dans cet album, mais tout de même, on ne peut s’empêcher d’être déçu. On est ici face à un talent et une imagination mal exploités et c’est vraiment dommage.

London Book of the Dead vous proposera donc quelques bijous dans une mer de musique sans intérêt. C’est déjà ça, mais ce n’est pas tout à fait assez pour ne pas être déçu.

Pour finir, faisons le tour des morceaux que l’on trouve sur London Book of the Dead.

1-Blood Sugar Love
Une introduction évaporée qui ne donne pas envie d’écouter la suite…

2-The Decline and Fall of the Clerkenwell Kid
Un instrumental sans grand intérêt.

3-It’s a Wonderful Li(f)E
Un titre suave, au chant aux accents de crooner, une musique jazz rétro, pour un résultat très sympa.

4-Cloud Cuckooland
Un air entraînant masi terriblement lancinant.

5-Kix
Un petit air léger, évaporé, mais très réussi, aux accents dandy et indolents.

6-Love Sugar Blood
Un cour instrumental.

7-I Loved London
Une petite ballade pleine de charme.

8-I Believe
Dans la même veine que Kix, mais qui tourne un peu en rond.

9-Song for William
Un court interlude.

10-Waltz for One
Des airs de Yann Tiersen pour ce titre.

11-Ruth, Roses and Revolvers
Un morceau assez envoûtant.

12-Dorothy Parker Blue
Un titre transparent.

13-Last Words
Une pop toujours aussi évaporée. Pas mal mais guère différent du reste.

14-Into the Trees
Un nouvel interlude.

15-Bringing the Body Back Home
Un morceau très brouillon.

16-Apart
Un style très rétro pour cet au revoir.

’78 (China Forbes) : En solo, c’est aussi le bonheur

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78chinaforbesDans la série mais qui c’est y donc encore que celle-là ?, voici China Forbes et son album ’78. C’est vrai qu’à première vue, ce nom ne me disait rien du tout. Pourtant, je la connaissais, et je pense que je ne suis pas le seul, puisqu’il s’agit de la chanteuse du groupe Pink Martini qui signe là (enfin signait parce que le CD date de 2008, mais j’ai comme dirait un décalage certain avec l’actualité…) son deuxième album solo, le premier remontant tout de même à 1995. Un album qui ravira le fans du groupe, même s’ils y trouveront une ambiance beaucoup plus intimiste, et même bien au-delà vu la qualité générale de l’album.

En fait, lorsque j’ai écouté ’78, j’ai surtout pensé à Sheryl Crow, même si la voix de China Forbes est beaucoup plus mélodique. D’ailleurs, pour évacuer le seul point qui fâche un tout petit peu, la seul limite de cet album réside justement dans un léger manque de personnalité vocale. Son timbre est clair, parfaitement maîtrisé, techniquement, on frise la perfection. Mais du coup, ça manque parfois un peu d’émotion. En s’attaquant à une musique très folk, elle ne peut concourir avec les légendes du genre, comme Janis Joplin ou ex-madame Armstrong.

Bon voilà, mais j’insiste bien que c’est un tout petit bémol. Car ’78 reste un petit bijou qui ravira tous ceux qui aiment les jolies mélodies. Comme je l’ai dit précédemment, on reste dans un univers très folk-country, même si certains titres tirent un peu plus vers la pop, avec même quelques ressemblances avec Blondie. Si Pink Martini est un orchestre, on trouve ici des instrumentations généralement assez épurées, mais ce qui signifie absolument pas simplistes. Car on retrouve la même volonté que son groupe d’explorer diverses sonorités, ce qui fait que l’on n’a jamais l’impression d’entendre deux fois la même chanson.

’78 se démarque aussi par sa densité. L’album a un passage un peu plus faible avec Time On My Hands puis You Were/I Was. Mais ce n’est qu’une légère baisse de régime, rien de bien méchant. On traverse vraiment cet album de bout en bout avec impatience, pressé de savoir ce que nous réserve la prochaine plage. Et si China Forbes ne nous offre jamais de grosses surprises, on n’est jamais déçu par le résultat. Voici typiquement le genre d’album qui peut s’écouter à l’infini sans se lasser…. exactement comme ceux de Pink Martini.

Par contre, ’78 ne possède pas un morceau qui se détache vraiment. Bon, je dirais que mon préféré reste Hey Eugene, mais c’est parce que c’était déjà un titre de Pink Martini que j’adorais. Les ballades restent tout de même le domaine où China Forbes se distingue le plus. On citera ainsi One Less World, I’m Still Talking to You et Easter Sunday. Mais des titres plus dynamiques comme Everbybody Needs Somebody ou Gone fonctionnent eux aussi très bien et contribuent à la réussite de ce très bel album.

’78 n’est donc pas qu’un album solo, mais un vrai complément à la carrière de Pink Martini. China Forbes affirme ici sa personnalité et nous livre une œuvre qui lui ressemble sûrement plus personnelle. En tout cas, on ne peut que s’en réjouir.

Pour finir, faisons le tour des titres de ’78.

1.: When This Is Over
Une ballade entre folk et pop très agréable.

2.: Lovely Day
Un titre plus dynamique qui rappelle Sheryl Crow, mais avec une voix plus douce.

3.: Everybody Needs Somebody
Un titre plus guilleret, avec un côté Blondie.

4.: One Less Word
Une ballade mélancolique, classique, mais très belle.

5.: Gone
Un morceau plus dynamique et plus sucré.

6.: 78
Un titre assez simple, mais très envoûtant.

7.: Time On My Hands
Un morceau très épuré, qui monte peu à peu en puissance, mais qui reste un rien lancinant.

8.: You Were/I Was
Un titre évaporé un rien transparent.

9.: I’m Still Talking To You
Une ballade simple mais touchante.

10.: Can’t Be Wrong
On tire encore sur le Sheryl Crow, mais avec une voix moins originale.

11.: Hey Eugene
Une magnifique reprise de Pink Martini.

12.: Easter Sunday
Une ballade pleine d’émotion.

AS I AM (Alicia Keys ) : Potentiel inexploité

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asiamaliciakeysPendant longtemps, j’ai associé le nom d’Alicia Keys avec une chanteuse de musique de pouffes. Peut-être parce qu’elle est très belle et afro-américaine, comme quoi le cliché est une maladie qui s’attrape facilement. Or, il n’en est rien puisqu’il s’agit bien d’une vraie auteur-compositeur de soul, dont la plupart des titres sont simplement accompagnés au piano. Une véritable artiste donc, statut confirmé avec cet album, As I Am, sorti en 2007. Mais cela n’empêche pas de pouvoir formuler plusieurs critiques.

Alicia Keys a connu un succès foudroyant dès son premier album, Song in a Minor, sorti en 2001 et qui s’est vendu à 12 millions d’exemplaires et lui a valu 5 Grammy Awards. Ces trois autres albums ont tous connus un grand succès et ont occupé, comme certains de ses singles, le premier rang des ventes aux Etats-Unis et dans d’autres pays. As I Am s’est écoulé à 6 millions d’exemplaires, dont plus de 700 000 lors de la semaine qui a suivi sa sortie.

Pour commencer, je vais aller directement au sujet qui fâche, à savoir la voix d’Alicia Keys. Ou plutôt, l’utilisation qu’elle en fait. Soyons clair, elle n’est pas Aretha Franklin. Sa voix est chaude et très mélodieuse lorsqu’elle est sur un registre lent, mais sans atteindre une profondeur extraordinaire. Du moins, pas au point d’assurer à elle seule l’intérêt pour un titre. La mélodie doit également suivre. Et quand elle pousse sa voix et rendre dans un registre plus énergique, elle a trop souvent tendance à se mettre à crier plutôt qu’à chanter. On peut notamment citer No One, Where do we Go from Here et Sure Looks Good to Me. Bon, on reste loin de Lara Fabian, rassurez-vous, mais la perte de maîtrise est indéniable. Pourtant, il y quelques titres, Prelude to a Kiss notamment, où elle arrive parfaitement à marier les deux, ce qui en fait un des tous meilleurs de As I Am.

Plus globalement As I Am est un album plutôt inégal, sans être particulièrement varié. On reste le plus souvent sur le registre de la ballade douce et mélodique. Parfois, cela fonctionne à la perfection, d’autre un peu moins. Du coup, on trouve beaucoup de titres qui, sans être foncièrement mauvais, ne présentent pas intérêt immense. On a parfois l’impression d’être face à une Norah Jones de deuxième division. Et il manque vraiment un ou deux titres phare pour nous faire vraiment oublier les petits moments de faiblesse.

Je viens peut-être de porter un regard un peu sévère sur ce As I Am. Mais c’est surtout au regard de l’incontestable potentiel de l’artiste qu’il est un peu décevant. On sent bien que l’on est pas face à une œuvre commerciale totalement formatée, mais il manque cette étincelle qui transforme le talent en génie. Il y a sur le marché de la musique bien des voix plus intéressantes que la sienne, même si on les cantonne souvent à chanter des textes sans intérêt sur des musiques qui n’ont guère plus. Les mélodies d’Alicia Keys sont effectivement très belles, mais elle n’arrive que trop peu souvent à nous transmettre totalement l’émotion qu’elles devraient véhiculer.

A I Am est donc un album qui m’a un peu déçu, beaucoup frustré. Mais Alicia Keys est incontestablement une artiste à suivre et qui a le talent pour durer et faire mieux.

Pour finir, un petit tour des titres de cet album.

1.: As I Am (intro)
Petite introduction au piano.

2.: Go Ahead
Un titre au rythme lent, tout en maîtrise, où la voix se fait chaude et jazzy.

3.: Superwoman
Une ballade épurée où la voix est très bien mise en valeur.

4.: No One
Des accents tristes pour ce morceau où la voix, trop poussée, ressemble à un cri.

5.: Like You’ll Never See Me Again
Un titre assez évaporé. Mouais…

6.: Lesson Learned – Keys, Alicia & John Mayer
Très joli morceau calme et apaisant.

7.: Wreckless Love
Plus dynamique, sans être pour autant hyper entraînant.

8.: Thing About Love
Un titre très épuré, langoureux, mais un peu mou du genou.

9.: Teenage Love Affair
Dynamique, jazzy, très bon !

10.: I Need You
Un titre maîtrisé, mais un peu la portée entre deux chaises, entre calme et dynamisme.

11.: Where Do We Go From Here
A nouveau tendance à crier au lieu de chanter.

12.: Prelude To A Kiss
Morceau épuré, au piano. La voix est poussée, mais reste mélodieuse cette fois-ci.

13.: Tell You Something (Nana’s Reprise)
Une ballade simple mais qui fonctionne.

14.: Sure Looks Good To Me
Encore du cri…

15.: Another Way To Die (Quantum Of Solace/bonus track) – White, Jack & Alicia Keys
Un morceau à l’image du film… sans grand intérêt.

16.: Doncha Know (Sky Is Blue) (bonus track)
Un titre très r’n’b, sensuel et parfaitement maîtrisé.

17.: Saviour (bonus track)
Très bon morceau dynamique et entraînant.

DIAMOND HOO HA (Supergrass) : Pas de hourras !

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diamondhoohasupergrassEn 1995, alors que la perfide Albion était divisée en deux camps irréconciliables, entre les fans d’Oasis et de Blur, souffla un vent de fraîcheur sur la brit’pop. Un vent nommé Supergrass et leur immense tube Aright. Chanson qui commence par « we are young », ce qui était effectivement le cas puisque les membres du groupe n’étaient alors âgés que de 18 ans. La valeur n’attend pas le nombre des années… surtout que l’on les a beaucoup moins entendu par la suite. Et ce n’est pas ce Diamond Hoo Ha, sorti en 2008 et dernier album en date, qui va vraiment nous le faire regretter.

A leurs débuts, contrairement aux autres groupes de rock ou de pop britannique, les Supergrass étaient trois. Il y a bien sûr un chanteur et guitariste, Gaz Coombes, un bassiste, Mick Quinn et un batteur, Danny Goffey. Mais comme l’originalité est toujours difficile à entretenir sur la durée, ils sont désormais quatre puisque le frère du chanteur, Robert Coombes, a rejoint le groupe après leur premier album pour y jouer principalement du piano ou tout autre instrument à clavier.

13 ans après leurs débuts, Supergrass n’a évidemment plus tout à fait la même fraîcheur et la même spontanéité. On ne demande pas la même chose à un groupe de gamins qu’à un groupe de trentenaire. On pouvait donc s’attendre à ce que que Diamond Hoo Ha nous offre une musique plus mature, plus maîtrisée. Elle l’est bel et bien dans une certaine mesure, mais cela s’accompagne également malheureusement aussi d’un léger manque d’intérêt.

Diamond Hoo Ha n’est pas un mauvais album en soit. Mais un album comme on en fait beaucoup, surtout de l’autre côté de la manche. Supergrass essaye bien de naviguer entre pop pure et dure et rock plus musclé, mais ça reste toujours sans grande surprise et sans créativité débridée. Les arrangements sont bien ceux d’un groupe professionnel, possédant un minimum de dextérité et de talent. Toutefois, cela n’est pas du tout suffisant pour se démarquer de la concurrence.

La voix de Gaz Coombes apporte bien un peu de personnalité au groupe, mais cela ne va pas très loin. Surtout quand il essaye d’imiter Iggy Pop, on réalise très bien les limites de son talent. Bon évidemment, la comparaison vise haut, mais il y a bien d’autres chanteurs auxquels il n’arrive pas à la cheville. Comme quoi commencer sa carrière par un énorme tube ne signifie en rien que l’on pourra aisément renouveler la performance.

Si on doit tout de même sortir deux titres, je retiendrai Rebel in You. Il s’agit sûrement du titre le plus pop de Diamond Hoo Ha et il prouve que c’est encore ce qu’ils savent faire de mieux. Malheureusement, tout l’album n’est pas à son image, même si cela aurait fait fuir à toutes jambes les allergiques à la brit’pop. L’autre titre phare est pour moi Ghost of a Friend, un des rares titres qui se veut énergique qui décolle vraiment. Pas de quoi monter au plafond, mais au moins on a vraiment envie de taper du pied pour le coup.

Diamond Hoo Ha ne signe donc pas le retour fracassant de Supergrass sur le devant de la scène. Un album moyen pour une carrière de plus en plus discrète.

Pour finir, regardons de plus près les titres que l’on trouve sur cet album.

1.: Diamond Hoo Ha Man
Un titre très rock pour commencer.

2.: Bad Blood
La voix semble imiter celle de Iggy Pop, sans toutefois le même talent.

3.: Rebel in You
Un titre plus brit’pop. C’est encore ce qu’ils font de mieux.

4.: When I Needed You
Une ballade rock aux accent assez sombres. Bien, mais sans plus.

5.: 345
Un rock un peu mou.

6.: The Return of…
Pop rock sans relief.

7.: Rough Knuckles
Un titre assez énergique, à défaut d’être génial.

8.: Ghost of a Friend
Un morceau avec un peu plus de punch et qui décolle vraiment.

9.: Whiskey & Green Tea
Un titre qui rentre dans le rang.

10.: Outside
Plus rock, mais ça reste timide.

11.: Butterfly
Retour à Iggy Pop… mais de loin..

SLEEP THROUGH THE STATIC (Jack Johnson) : Jack Johnson surfe toujours sur la douceur

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sleepthroughthestaticjackjohnsonJack Johnson est un type cool. Normal, il porte des chemises à fleurs, fait du surf et gratte sa guitare. Il faut dire qu’il vient d’Hawaï, ça aide, surtout pour les chemises à fleurs. Longtemps le jeune homme s’est plutôt orienté vers une carrière de surfeur pro, comme papa. Mais une grave blessure brisera ses rêves. Il se concentre alors sur sa guitare pour notre plus grand bonheur. Pour preuve, ce Sleep Through the Static, son 5ème album, sorti en 2008, toujours aussi bon.

Jack Johson c’est un peu comme les Beach Boys, mais version acoustique. Un océan de douceur et de calme, sûrement pas une vague déferlante. On l’imagine bien, sur la plage, séduisant les plus belles filles avec sa guitare, tandis que des benêts bodybuildés essayent de se faire remarquer sur leur planche à repasser aquatique. Mais qui pourrait résister à cette musique qui coule aux oreilles telle une brise rafraîchissante.

Sleep Through the Static prouve une nouvelle fois que Jack Johnson est vraiment le maître du genre. On retrouve tout ce qui fait son style et son succès. De belles mélodies, entre folk, blues et jazz, qui porte une voix qui affiche une vraie personnalité. Certes, on reste dans un répertoire relativement restreint, mais on n’a jamais l’impression d’entendre plusieurs fois la même chanson. Jack Jonhson affiche une vraie maîtrise qui en fait véritablement un artiste majeur.

Cependant, si on veut chercher la petite bête, on pourra tout de même rétorquer que si Sleep Throug the Static est aussi bon que ses albums précédents, ce qui constitue en soi un vrai et beau compliment, il n’apporte pas vraiment quelque chose de véritablement nouveau. Jack Johnson reste centré sur ce qu’il fait de mieux. Du coup, il le fait très bien, mais on ne pourra pas reconnaître dans cet album de réelle prise de risque artistique. Mais bon, encore une fois, dans l’absolu, on est face à un très bon album.

Un très bon album aussi parce que tous les titres sont de grande valeur… Enfin, sur l’album principal. Personnellement, j’ai une version 2CD avec des remix sur le second disque et vraiment ces derniers n’apportent pas grand chose. C’est pourquoi, je vais me militer aux 14 titres que l’on trouve sur toutes les versions. A part éventuellement, They Do, The Don’t, qui n’est même pas mauvais, mais juste un peu plus anodin, tous les morceaux que l’on trouve sur Sleep Through the Static procurent beaucoup de plaisir à l’auditeur.

On notera en particulier If I Had Eyes, le single de l’album qui constitue vraiment un titre phare. Un titre qui résume parfaitement le style de Jack Johnson, tout en douceur et en mélodie. J’ai aussi un faible pour What You Trough You Need, aux accents plus jazzy et Adrift, dont le ton est au contraire très mélancolique. Mais il y en a vraiment pour tous les goûts…. Enfin sauf ceux qui ne jure que par le rock très énervé avec des grosses guitares électriques qui tâchent et une batterie qui s’en donne à cœur joie. Ceux-là, effectivement, ont plutôt intérêt à passer leur chemin.

Au final, Sleep Through est donc un excellent album de Jack Johnson, qui ravira vraiment les fans, mais qui, par contre, ne les surprendra guère.

Pour finir, un petit tour des titres que l’on trouve sur cet album.

– 1. All At Once
Une belle ballade paisible.

– 2. Sleep Trough The Static
Du pur Jack Johnson. Et c’est bon !

– 3. Hope
Une ballade avec un soupçon d’énergie.

– 4. Angel
Une ballade au contraire très douce, mais toujours très belle.

– 5. Enemy
Encore beaucoup de douceur dans ce titre.

– 6. If I Had Eyes
Un magnifique single qu résume parfaitement le style de Jack Johnson.

– 7. Same Girl
Une ballade romantique où la voix est parfaitement mise en valeur.

– 8. What You Trough You Need
Un titre aux accents plus jazzy, mais toujours excellent.

– 9. Adrift
Une ballade mélancolique, mais surtout très jolie.

– 10. Go On
Un morceau plus rythmé, un peu plus heurté, mais ça coule quand même encore tout seul.

– 11. They Do, They Don’t
Un titre plus évaporé, un peu moins marquant.

– 12. While We Wait
Une belle ballade très épurée.

– 13. Monsoon
Un excellent titre chanté un peu à la manière d’un crooner.

– 14. Losing Keyes
Un morceau très épuré, tout en douceur, où Jack Johnson semble nous murmurer directement à l’oreille
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PRETTY. ODD. (Panic at he Disco) : Pop-rock classieux

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prettyoddpanicatthediscoFonder un groupe aujourd’hui devient une affaire très compliqué. En effet, il faut lui trouver un nom… et après des décennies de musique rock, la plupart des idées les plus évidentes ont déjà été utilisées. Il faut donc désormais faire preuve d’une grande imagination pour trouver un patronyme à la fois original, qui sonne bien et que l’on retienne facilement. C’est donc avec beaucoup de plaisir que je vais vous parler d’un groupe dont j’adore le nom : Panic at the Disco. Rassurez-vous, je l’aime encore plus pour sa musique.

Panic at the Disco est un groupe américain, originaire de Las Vegas. A l’origine, il s’appelait Panic ! at the Disco et comptait quatre membres, comme tout bonne formation de rock : Spencer Simth, Brendon Urie, Ryan Ross et Brent Wilson. Les deux derniers ont finalement quitté le groupe. Entre temps, le groupe était devenu Panic at the Disco. Mais depuis, il a repris son nom d’origine… C’est dingue tout ce que l’on peut écrire sur un simple point d’exclamation !

Je vais donc vous parler ici de Pretty. Odd., le deuxième album (sur trois) du groupe, sorti en 2008. Vous remarquerez que le groupe est décidément très attaché à la ponctuation. Lorsque je l’ai écouté, j’aurais pu jurer que ce groupe était un groupe anglais, car il y a quelque chose de très brit’pop dans leur musique. Ah, j’en vois déjà qui font un peu la tête. Je tiens à les rassurer. Je ne sais pas si c’est du à leur nationalité, mais Panic at the Disco, c’est comme de la brit’pop mais en mieux…

Enfin, tout cela reste une question de goût. Mais ce qui est incontestable, c’est que Pretty. Odd. brille par sa musique pleine de maîtrise et de classe. Il y une vraie élégance dans leur musique qu’ils arrivent à garder toujours mélodieuse, même dans les moments où ils y insufflent un regain d’énergie. Cela n’agresse jamais les oreilles, ça coule tout seul et l’album est un vrai moment de plaisir musical du début jusqu’à la fin.

Pretty. Odd. reste tout extrêmement classique par bien des aspects. C’est sans doute là sa plus grande limite. Cependant, les titres ne sont pas du tout monotones et on n’a jamais l’impression d’entendre deux fois le même. Même si on reste dans le répertoire pop-rock, Panic at the Disco nous propose aussi bien des titres énergiques que de belles ballades. Il nous font également voyager dans le temps avec des sonorités parfois 60’s ou 70’s. Et tout cela en conservant toujours la même maîtrise et la même élégance.

La plus grande qualité de Pretty. Odd. reste sa densité. Tous les titres sont vraiment bons, ce qui est rare pour un album qui compte quand même 15 plages. Allez, si on chipote, on dira que When the Day Met the Night et Behind the Sea sont un tout petit peu plus en retrait. Mais on pardonnera facilement ces tout petits moments de faiblesse, tant cet album reste constant dans la qualité, et dans la grande qualité. On attend toujours la prochaine piste avec joie, impatient de savoir quelle bonne surprise le groupe nous réserve. Bref, un album qui ne se résume pas à son principal single, Nine in the Afternoon, mais qui nous fait découvrir un groupe de tout premier ordre.

Pretty. Odd. est donc à conseiller à tous les amateurs de très bon son pop-rock, pas forcément super original, mais remarquablement bien interprété.

Pour finir, faisons le tour des titres que l’on trouve sur cet album.

1.: We’re So Starving
Une introduction pop rock plutôt paisible.

2.: Nine in the Afternoon
Un single entraînant, mélodique et sympathique.

3.: She’s a Handsome Woman
Un titre pop rock très classique, mais aussi très classieux.

4.: Do You Know What I’m Seeing?
Une ballade très mélodieuse.

5.: That Green Gentleman
Une ballade mélodique très bien fichue.

6.: I Have Friends in Holy Spaces
Un titre à la sonorité de vieux vinyle pour un résultat très reposant.

7.: Northern Downpour
Une nouvelle très belle ballade.

8.: When the Day Met the Night
Un titre pop rock un peu plus transparent

9.: Pas de Cheval
Un rock au dynamisme communicatif.

10.: The Piano Knows Something I Don’t Know
Titre à l’introduction éthérée, qui sonne très 60’s.

11.: Behind the Sea
Un son plus 70’s… mais moins bon.

12.: Folkin’ Around
Un titre très country et surtout très bon.

13.: She Had the World
Une sonorité qui ressemble à un clavecin. Surprenant, mais très bon.

14.: From a Mountain in the Middle of the Cabins
Un morceau guilleret et mélodieux, toujours aussi bon.

15.: Mad as Rabbits
Un titre pop rock à l’image de l’album

MELODY (Sharleen Spiteri) : Elle brille autant en solo qu’au Texas

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melodysharleenspiteriIl y’a des groupes qui vous accroche l’oreille adolescent et qui ensuite ne vous lâche plus. Ce n’est pas tant qu’ils soient objectivement les meilleurs, juste qu’ils vous ont procuré vos premières vraies émotions musicales avec votre cerveau d’adulte et vous gardez pour eux une affection toute particulière. De mon point de vue, Texas en fait partie. Leur album Rixs Road a été un des premiers CD que j’ai emprunté à la Médiathèque de Bourges et la K7 audio que j’en ai tiré fut une de celles que je l’ai le plus écoutée. Du coup, c’est avec beaucoup de curiosité et d’envie que j’ai écouté Melody, le premier album solo de Sharleen Spiteri, la chanteuse du groupe.

Petit rappel, la jeune femme, même si elle commence à ne plus tout à fait être jeune, est une Ecossaise, née en 1967. Je sais, ça ne se fait pas de révéler l’âge des femmes, mais je ne fais que relayer l’information depuis Wikipedia. Elle a donc connu le succès avec le groupe Texas de 1985 à 2005 et la sortie de Red Book. Depuis, elle a donc sorti deux albums solos. Melody, dont il est question ici, sorti en 2008 et The Movie Songbook, en 2010. Les amateurs de potins seront ravis de savoir qu’elle est très amie avec Thierry Henry, qui a dédicacé un de ses buts à la naissance de sa fille, mais que, non, ils n’ont jamais été ensemble !

Bref, revenons plutôt à Melody. Ce qui caractérise cet album, c’est que l’on retrouve largement le son de Texas, mais pas que. Sharleen Spiteri profite de son envol en solitaire pour élargir son univers musical. A la fois, si une carrière solo ne sert pas à ça, autant rester avec son groupe. On reste certes généralement dans un univers pop-rock mélodique, mais elle ose donner plus de personnalité à sa voix. Parfois sensuel, parfois très dynamique, cet album est tout sauf monotone. Elle donne une sonorité peut-être plus jazz et plus folk à sa musique. Mais que le fans se rassurent, on trouve tout de même plusieurs titres qui rappellent de près ce qu’elle faisait avec Texas.

La plus grande qualité de Melody, c’est sa densité. Il n’y a aucun titre à jeter, même aucun qui soit un tant soit peu en retrait des autres. On prend donc beaucoup de plaisir à l’écouter de cet album de la première à la dernière plage, ce qui est suffisamment rare pour être souligné. Si je dois ressortir tout de même quelques titres particulièrement bons, j’en choisirais trois. I Wonder, une ballade énergique, révélatrice d’une très grande maîtrise artistique. I’m Going to Haunt You, où Sharleen Spiteri met beaucoup de personnalité et semble vraiment dialoguer avec l’auditeur. Et enfin, Where Did it Go Wrong qui permet vraiment d’apprécier sa voix, pas la plus spectaculaire qui soit, mais qui est ici parfaitement mise en valeur.

On n’aurait évidemment été déçu si Melody n’avait pas été à la hauteur de la carrière de Sharleen Spiteri avec Texas. Un telle figure de la musique prenait un vrai risque en entamant une carrière solo. Ce cap n’a pas toujours donné des résultats très heureux pour beaucoup d’artiste, ou du moins n’a pas toujours présenté un grand intérêt. Cet album est quant à lui vraiment réussi, ravira les fans du groupe, mais aussi un très large public.

Melody est donc à mettre dans toutes les bonnes discothèques, de 7 à 177 ans.

Pour finir, faisons le tour des morceau que l’on trouve sur Melody.

1.: It Was You
Un excellent titre jazzy et entraînant.

2.: All The Times I Cried
Un titre plus harmonieux, très “Texas”, mais en plus sensuel.

3.: Stop I Don’t Love You Anymore
Un morceau plus rythmé, plus dynamique, mais toujours très bon.

4.: Melody
Un titre plus sombre, mais très mélodique.

5.: I Wonder
Une ballade énergique et surtout magnifique.

6.: I’m Going To Haunt You
Sharleen Spiteri crée une sorte de conivence avec son auditeur.

7.: Don’t Keep Me Waiting
Un morceau très dynamique, très entraînant.

8.: You Let Me Down
Une belle ballade mélancolique.

9.: Where Did It Go Wrong
Un titre très énergique, tout en restant mélodieux et où la voix est superbe.

10.: Day Tripping
Sonne comme du Texas très classique, mais c’est toujours aussi bon.

11.: Francoise
Une jolie petite ballade pour finir.

MS. KELLY (Kelly Rowland) : Une belle voix si mal mise en valeur

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mskellykellyrowlandPour établir ma liste de CD à écouter, j’ai deux sources principales. Enfin, j’en avais deux, puisque l’une s’est tarie. D’un côté, je consulte les critiques de Télérama, qui mine de rien, vous font découvrir des groupes rock, folk ou country pas forcément hyper connus, mais qui valent parfois leur pesant de cacahuètes. Et puis, je m’étais basé sur une série de numéro du magazine Maximal… Vu le retard accumulé, je n’ai plus la moindre idée de quoi vient d’où. Enfin là, vu que je suis en pleine série musique de pouffes, je doute que cela vienne de Télérama…

Je vais donc vous parler aujourd’hui de Ms. Kelly de Kelly Rowland. Mon premier réflexe a été de me dire « encore une parfaite inconnue ! ». Sauf que pas du tout en fait, puisque cette charmante demoiselle est une ancienne du groupe Destiny’s Child. Et oui, il n’y avait pas que Beyonce ! L’album du jour est sorti en 2007, trois ans après la séparation définitive du groupe. Il s’agit de son deuxième album, le premier, Simply Deep, étant sorti en 2003, entre la 1ère séparation et l’excellent Destiny’s Fulfilled.

L’amateur des Destiny’s Child que je suis pouvait donc s’attendre à y trouver tout ce qui a fait le succès du groupe. De l’énergie, de la maîtrise et des arrangements bétons. Seulement, Ms. Kelly ne compte aucune de ses qualités, bien au contraire. Comme quoi un groupe est bien plus que la somme de ses parties. Enfin là, c’est surtout la production qui n’est pas du tout au niveau car Kelly Rowland reste avant tout une pure interprète.

Et justement, si on doit tout de même ne retenir que le positif de Ms. Kelly, on retiendra la très belle voix de Kelly Rowland. Une voix chaude, qui garde toute sa maîtrise et toute son harmonie quand elle est poussée. Un organe parfait pour la soul et le r’n’b, même si elle n’est pas la seule sur le marché à en avoir un de cette qualité. Mais bon la voix ne fait jamais tout (sauf chez Pow Wow me direz-vous) et on peut l’apprécier réellement que sur quelques morceaux de cet album. Mais j’y reviendrai…

Avant, passons en revue tous les défauts de Ms. Kelly. Du coup, les accompagnements musicaux ne sont pas du tout à la hauteur. Ils sont souvent brouillons, pas du tout mélodieux, même pas entraînant. Cela ressemble parfois à un truc bricolé en deux secondes, histoire de mettre quelque chose en fond sonore. Et quand on quitte le n’importe quoi, c’est généralement pour passer au strictement sans intérêt. Bref, Kelly Rowland n’est vraiment pas aidée et on en aurait presque de la peine pour elle. Un peu plus, je lui proposerai un câlin pour la consoler… Mais non, chérie, c’est juste pour la réconforter… Aie, aie, aie, pas taper…

Du coup, Ms. Kelly n’offre que de rares moments de plaisir musical que lorsque la voix est presque seule avec elle-même. En effet, les trois meilleurs titres sont les plus épurés, avec un accompagnement au piano ou à la guitare sèche. Every Thought is You, Better with you et This is Love sont les trois seuls morceaux qui laissent vraiment entrevoir le potentiel de Kelly Rowland en tant qu’interprète.

Ne connaissant pas ses autres albums (elle en a sorti 4 à ce jour), je ne peux dire si Ms. Kelly n’est qu’un accident, mais en tout cas, il ne met sûrement pas en valeur une voix qui peut sans problème nous proposer bien autre chose.

Pour finir faisons le tour des morceaux de Ms. Kelly

1.: Like This
On est tout de suite plongé dans une ambiance pouffy hip-hop (néologisme à moi).

2.: Comeback
La voix est plus poussée, plus mélodieuse, mais les arrangements ne sont vraiment pas terribles.

3.: Ghetto – Snoop Dogg
Un duo avec Snoop sans aucun intérêt.

4.: Work
Plus de maîtrise et de conviction et c’est tout de suite bien meilleur.

5.: Flashback
Le ton est plus sensuel, le rythme plus lent. C’est propre, mais sans génie.

6.: Every Thought Is You
Plus mélodique, plus mélodieux, très doux et surtout très bon.

7.: The Show
Brouillon et vraiment pas terrible.

8.: Interlude
Un piano, de la vraie musique douce et mélodieuse. Ca ne dure qu’une minute, mais ça fait du bien.

9.: Still in Love with My Ex
Le titre est tout un programme, mais le résultat est très moyen.

10.: Love
De l’énergie dans la voix, mais encore une fois la musique ne suit pas.

11.: Better Without You
Plus épuré, plus mélodique et pas mal du tout.

12.: This Is Love
Ballade à la guitare sèche très épurée, très classique, mais très belle.

13.: Gotsta Go, Pt. 1
Un titre méga pouffy pour finir. Pas mal du tout ce coup-ci.