BECAUSE OF THE TIMES : C’était mieux après

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becauseofthetimeskingsofleonJ’avais déjà rédigé une critique d’un album de Kings of Leon. Il s’agissait de Only by the Night, sorti en 2008 et qui les avait définitivement propulsé sur le devant de la scène rock mondiale. Je l’avais jugé assez bon, très propre, parfaitement maîtrisé, mais pas forcément parcouru par une souffle de génie et une créativité débridée. Cette fois-ci, je vais remonter le temps et vous parler de Because of the Times, sorti un an auparavant et qui permet de mesurer à quel point le groupe a pu progresser d’un album à l’autre.

Petit rappel, sur Kings of Leon : il s’agit d’un groupe de rock alternatif (je ne sais toujours pas ce que ça veut dire…) originaire de Nashville et est composé de trois frères et de leur cousin. Bref, on fait les choses en famille. D’ailleurs, il tire son nom du prénom des deux grand-pères des trois frangins. Leur plus grand tube à ce jour s’appelle Sex on Fire et on le trouve sur l’album Only by the Night.

Autant j’ai apprécié Only by the Night, autant Because of the Times m’a très fortement déçu. La faute avant tout à la voix de Caleb Followhill. Elle est vraiment particulière et donne sa personnalité au groupe. Elle est un rien cassée et éraillé, mais avec beaucoup de profondeur. Mise en valeur, elle est un atout. Dans le cas contraire, elle devient carrément pénible et disgracieuse. Et dans de nombre titre de cet album, elle casse bien plus les oreilles qu’elle ne les enchante.

A côté de ça, Kings of Leon a déjà cette maîtrise dans les arrangements et les instrumentations. Cependant, ils nous livre un grand nombre de titres aux sonorités sombres pour ne pas dire sinistres. Ca tourne parfois en rond, ne décolle jamais vraiment et reste souvent d’une grande platitude. Bref, on sent qu’ils savent vraiment bien manier leurs instruments, mais pas forcément quoi en faire. Ca manque d’une vraie créativité et le plus souvent d’énergie et de conviction. Ce n’est pas toujours mélodieux et quand ça l’est, ça n’est jamais vraiment entraînant et encore moins enthousiasmant.

Si on devait tout de même retenir quelque chose de positif de Because of the Times, on retiendrait deux titres. Ragoo d’abord est un des rares moments où Kings of Leon daignent mettre un tantinet d’énergie dans leur musique. Cela n’est pas débridé, mais au moins, ils n’ont pas l’air de jouer avec le frein à main enclenché. Ensuite, Fans, une belle ballade et surtout peut-être le seul morceau où la voix si particulière de Caleb Followhill est vraiment mise en valeur et se transforme en un vrai vecteur pour transmettre de l’émotion. Vraiment dommage que tout l’album ne soit pas à l’image de ces deux titres. Cela n’en aurait pas fait un pur chef d’œuvre, mais au moins un petit moment de plaisir musical.

Heureusement, Kings of Leon a sorti deux albums bien meilleurs depuis ce Because of the Times. Ce dernier révèle un certain potentiel, mais encore largement inexploité. La voix de Caleb Followhill est une arme à double tranchant. Sur cet album, c’est le groupe qui en fait les frais.

Pour finir, faisons le tour des titres que l’on trouve sur Because of the Times.

1.: Knocked Up
Un rock acoustique, presque country.

2.: Charmer
Un morceau plus rock, plus sombre, mais surtout pas terrible.

3.: On Call
Un titre qui reste plat et assez sinistre.

4.: McFearless
C’est lent, un peu distordu et surtout assez moche.

5.: Black Thumbnail
Un titre plus guilleret, mais la voix y est vraiment insupportable.

6.: My Party
Un morceau tout en maîtrise, mais où il manque l’étincelle.

7.: True Love Way
Un titre qui tourne en rond.

8.: Ragoo
Un peu plus de conviction et d’énergie.

9.: Fans
Une ballade maîtrisée qui exploite très bien la voix ce coup-ci.

10.: Runner
Un ballade plus triste, bien mais sans plus.

11.: Trunk
Un titre éthéré mais sinistre.

12.: Camaro
La voix part carrément en sucette.

13.: Arizona
Un rock lent, maîtrisé, mais sans génie.

CHAIN LETTER (Brooke Valentine) : Pour les popotins qui ont envie de bouger

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chainletterbrookevalentineVous en réclamiez, en revoilà ! Voici venu un nouvel avis spécial musique de pouffes ! Un avis pointu qui plus est puisque avant de me procurer cet album, j’avoue que j’ignorais tout de cette arti…enfin de cette chanteuse, à la plastique très chaleureuse, mais qui n’est pas non plus dénuée de talent. Voici donc Brooke Valentine avec son album Chain Letter.

Qui est donc cette charmante jeune femme ? Elle est née en 1984 à Austin, Texas. Elle a fait ses débuts au sein du groupe absolument pas célèbre, Best Kept Secret. Puis, elle se lance dans une carrière solo avec ce premier album, sorti en 2005. Il marchera relativement bien aux Etats-Unis. Suivront deux nouveaux singles en 2006, censés être les premiers extraits d’un second CD. Ces derniers feront un bide et Virgin annulera la sortie de l’album, qui n’existe qu’en version pirate.

Bon alors, succès mérité ou bien disparition salutaire ? A l’écoute de Chain Letter, j’opterai plutôt pour la première option. Pourtant, l’album peut faire peur dans un premier temps, avec un titre hip-hop assez lourdingue, même si on se surprend à taper du pied. Puis, au fur et à mesure des titres on est plutôt agréablement surpris. Non pas qu’ils soient d’une qualité exceptionnelle, mais au moins, il y a une certaine variété. On passe d’un univers hip-hop, au pur r’n’b, en passant pas un son plus rock ou plus électro. Ca rappelle parfois Jennifer Lopez, parfois Pink. Si on est méchant on dira que c’est du sous-Jennifer Lopez ou du sous-Pink, mais je suis un gentil garçon.

En effet, il faut être honnête le caractère entraînant des titres de Chain Letter a plutôt très bien fonctionné sur moi. Certes, je suis un grand spécialiste de la musique de pouffes (enfin paraît-il, moi je déments formellement…), mais tout de même, l’envie de taper du pied fut toujours réel. A défaut d’être génial, il y a chez Brooke Valetine le minium d’énergie et de conviction pour que sa musique se laisser écouter, tel un divertissement musical qui ne fait pas mal à la tête, mais qui peut accompagner ceux qui ont envie de bouger leur popotin.

Il est difficile de ressortir un titre plutôt qu’un autre sur ce Chain Letter. En effet, il n’y a rien de vraiment original ou personnel. Il y a des titres mieux maîtrisés que d’autres, mais on connaît toujours plusieurs artistes qui font mieux dans le même genre. On citera tout de même Blah-Blah-Blah, titre r’n’b, Cover Girl, plus sensuel et Millions Bucks plus rock. En fait, le titre le plus symptomatique reste sans doute Playa qui sans être génial arrive vraiment à nous donner envie de danser. Et ça c’est déjà pas mal !

Il est parfois difficile d’expliquer un succès ou un échec. La disparition de Brooke Valentine du paysage musical n’a pas foncièrement bouleversé ce dernier. Mais il y a bien des chanteuse estampillée « musique de pouffes » qui arrivent à durer en ayant un répertoire bien plus limité.

Pour finir, un petit tour des morceaux que l’on trouve sur Chain Letter.

1.: Girlfight – Big Boi
Un titre hip-hop, plutôt martelé, mais très entraînant.

2.: Taste of Dis, Taste Of Dis (explicit version)
Un morceau bien maîtrisé, mais qui manque un tantinet de peps et de fantaisie.

3.: Long as You Come Home
Un morceau plus sexy et sympa.

4.: Blah-Blah-Blah – McGirt, Dirt
Plus mélodique, ce titre r’n’b fonctionne plutôt bien.

5.: Cover Girl
Plus lent et sensuel, ce morceau classique est plutôt bon.

6.: Playa – Dupri, Jermaine
Un titre très dansant, pas forcément génial, mais qui donne envie de taper du pied.

7.: Ghetto Supastarz, Ghetto Superstarz (explicit version)
Un morceau très hip-hop, mais avec une vraie mâitrise et beaucoup d’énergie.

8.: Tell Me Why? (You Don’t Love Me), Tell Me Why You Don’t Love Me (explicit version)
Un titre qui tourne un peu en rond et lancinant.

9.: Million Bucks – Queenz Deliz
Sonne presque comme du Pink, mais avec une voix plus chaude.

10.: I Want You Dead
Une ballade sensuelle, mais qui ne transmet guère d’émotion.

11.: Dying of a Broken Heart
Entraînant et sexy pour un résultat pas mal du tout.

12.: Pass Us By
Un titre r’n’b interprété avec convicton et énergie.

13.: Laugh Til I Cry, Laugh Til I Cry (explicit version)
Une ballade mélancolique, propre, mais très classique.

14.: American Girl
Un refrain entraînant pour un titre dans la lignée du reste de l’album.

15.: Whatcha Lookin At
Un morceau pas très intéressant pour finir.

TEN FEET HIGH (Andrea Corr) : Montagnes russes irlandaises

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tenfeethighandreacorrVous avez aimé les Corrs ? Ce groupe irlandais, composé de trois sœurs et leur frère et qui nous proposait des ballades celtiques à grand coup de violon. Et bien, vous n’aimerez pas forcément Ten Feet High, le premier album solo d’Andrea, sorti en 2007, peu après que le groupe se soit accordé une pause qui dure toujours. En effet, il sonne très différemment à une ou deux exceptions près.

Si Andrea Corr s’est offert le luxe d’un début de carrière solo, c’est parce qu’elle était la chanteuse principal du groupe. Bref, on aurait pu facilement dire que c’est un peu la Beyonce de The Corrs. C’est aussi la plus jeune et la plus petite de la famille, on peut donc comparer également à Michael Jackson. Espérons pour elle qu’elle connaisse une autre fin. Comme en plus, elle écrivait la majorité des textes, on aurait pu imaginer que sa musique soit exactement identique à celle du groupe. Mais visiblement, son envie de faire un bout de chemin musical seule n’a pas que des motivations égocentriques.

Ten Feet High a connu un succès infiniment inférieur à celui de The Corrs. Il a notamment fait un bide complet en France. Il faut dire que les fans ont pu être décontenancés par cette musique qui sonne parfois très électro, en passant par le r’n’b, le rock et la pop. En fait, l’album est un mélange de sonorités très diverses et son sent vraiment une volonté pour la chanteuse d’explorer de nouveaux territoires artistiques. C’est une intention très louable de la part d’Andrea Corr, même si la réussite n’est pas toujours au rendez-vous.

Ten Feet High commence en fait très doucement. Les quatre première plages ne donnent pas forcément envie de continuer plus loin. C’est propre et bien posé, mais cela manque franchement d’épaisseur et de conviction. Les mélodies tournent en rond et on a parfois l’impression d’entendre une intro qui tourne en boucle sans jamais atteindre le premier couplet. Bref, on se dit que cela continue comme ça, on va s’ennuyer ferme.

Puis Andrea Corr revient aux fondamentaux avec le morceau qui a donné son titre à l’album, Ten Feet High donc, qui aurait pu tout à fait sortir d’un album des Corrs. Retrouvant un champ qu’elle maîtrise à la perfection, elle est tout de suite beaucoup plus à l’aise et arrive enfin à transmettre quelque chose à l’auditeur. Ensuite, elle continue à sauter d’un genre musical à l’autre, mais avec beaucoup plus de bonheur. On se prend alors à espérer que l’album continue ainsi crescendo. Malheureusement, il connaît un léger trou d’air entre This is what it’s all about et Stupidest Girl in the Wold.

Ten Feet High est donc un album qui fait un peu les montages russes. Du coup, on a du mal à s’enthousiasmer complètement. Surtout que les sommets atteints ne sont pas non plus stratosphériques. Ce n’est pas forcément lié au fait qu’Andrea Corr ait exploré des univers nouveaux car dans chacun il y a du bon et du moins bon. Simplement, on ne retrouve pas la même synergie qu’avec The Corrs. Remarquez, le seul album du groupe que j’ai jamais écoute jusqu’au bout ne m’a pas non plus laissé un souvenir impérissable.

On félicitera donc Andrea Corr pour sa volonté de quitter le chemin tout tracé sur lequel elle cheminait de succès en succès. Mais si la prise de risque est à saluer, le résultat est lui beaucoup plus mitigé.

Pour finir, faisons le tour des titres que l’on trouve sur Ten Feet High.

1.: Hello Boys
Entre rock, électro et r’n’b pour une ambiance assez sombre.

2.: Anybody There
Titre un peu lancinant, qui ressemble à une intro sans fin.

3.: Shame on You (To Keep My Love from Me)
Titre électro-rock qui tourne un peu en rond.

4.: I Do
Une chanson épurée, mais la voix n’a pas suffisamment de personnalité pour assurer à elle-seule l’intérêt du titre.

5.: Ten Feet High
Plus proche de ce que faisaient the Corrs, une pop mélodique pas mal du tout.

6.: Champagne from a Straw
Plus jazzy et plus entraînant.

7.: 24 Hours
Un morceau plus sucré, mais bien sympa.

8.: This Is What It’s All About
Une ballade épurée, mais qui manque un peu d’émotion.

9.: Take Me I’m Yours
Un titre électro-rock un rien sinistre.

10.: Stupidest Girl in the World
Pop symphonique qui manque d’ampleur.

11.: Ideal World
Sonne à nouveau comme The Corrs et c’est à nouveau assez bon.

12.: Shame on You (To Keep My Love from Me)
Reprise de la plage 3 dans une version beaucoup plus électro… et bien meilleur pour le coup.

THE BOY WITH NO NAME (Travis) : Rien de nouveau chez Travis

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theboywithnonametravisSavoir se renouveler est une qualité indispensable à qui veut connaître une longue et belle carrière musicale. Ce n’est malheureusement pas donné à tout le monde et ce n’est pas parce que l’on propose un son qui se démarque réellement de celui des autres que l’auditeur va avoir envie de l’écouter encore et encore pendant trente ans sans se lasser. Le groupe de pop-rock anglais Travis en est un très bon exemple. Ils sont apparus sur la scène musicale à une époque où la guerre Blur-Oasis faisait rage. Et s’ils ont réussi à ne pas séparer, ils font nettement moins la une. Leur album, The Boy with no Name permet de mieux comprenre pourquoi.

La musique de Travis se rapproche de celle de Keane, de Coldplay ou encore de The Verve. Bref du rock plutôt symphonique, porté par une voix assez unique et reconnaissable. Celle de Francis Healy est effectivement assez originale, peut-être parce qu’on distingue bien son accent ecossais, et peut donner de très beau résultat quand elle est correctement expoitée. On se souvient notamment de quelques très beaux singles, comme All I Want to Do is Rock ou encore Sing. Mais depuis, on attend leur successeur et un nouveau titre vraiment marquant. Il reste malheureusement absent de The Boy with no Name.

The Boy with no Name n’est pas du tout un mauvais album en soi, loin de là. Simplement, pour ceux qui, comme moi, possèdent déjà un ou plusieurs albums du groupe dans leur discothèque, ils ressentiront une réelle forme de déjà entendu. La plupart des titres sont solides, entre ballades mélancoliques (certainement le genre où le groupe s’exprime le mieux) et pop un peu plus pêchu, mais rien de bien nouveau. Leur répertoire reste quand même relativement limité. Jamais d’envolée vraiment rock ou de vraiment moment où le groupe se lâche totalement. Du coup, on a l’impression qu’ils avaient déjà fait le tour de ce qu’ils savent faire avec leur premier album.

The Boy with no Name nous offre notamment une très belle ballade mélancolique (Closer), un très bon titre un peu plus pêchu que les autres (Eyes Wide Open) et un morceau très épuré avec beaucoup d’émotion (Out of Space). Bref toute la palette d’un rock mélodique. Toutes les plages de l’album se laissent écouter avec plaisir. Seuls Big Chair, One Night et New Amsterdam sont nettement plus en retrait. Mais trois titres moyens sur 12 (13 même avec le morceau caché), ça reste quand même un très bon score.

The Boy with no Name pourra donc séduire les amateurs de rock anglais qui n’étaient pas familier avec Travis. Je conseillerai plutôt d’écouter Good Feelings, leur premier album, mais encore une fois celui-ci est loin d’être mauvais. On est là face à un groupe qui a mérité son succès originel, mais aussi le fait qu’il ne soit plus un groupe phare de la scène musicale. On est ici face à un album propre, qui démontre un vrai talent et une vraie maîtrise, mais peut-être pas le génie créatif qui peut faire vraiment la différence. Travis est un groupe qui offre de très belles interprétations. Dans l’écriture, les limites se font déjà nettement plus sentir.

Une belle voix originale vaut bien un album. Plus d’un, c’est moins sûr.

Pour finir, faisons le tour des morceaux que l’on trouve chez The Boy with no Name.

1.: 3 Times And You Lose
Un titre très épuré, typique du groupe.

2.: Selfish Jean
Plus enjoué, avec un son très british, où toute la personnalité est apportée par la voix.

3.: Closer
Une ballade mélancolique… C’est encore ce que Travis sait faire de mieux.

4.: Big Chair
Un peu lancinant et transparent.

5.: Battleships
Une ballade avec plus de punch et de conviction.

6.: Eyes Wide Open
Un son plus rock, pas mal du tout !

7.: My Eyes
De la pop british bien maîtrisé.

8.: One Night
Une ballade pop sans grand intérêt.

9.: Under The Moonlight
Une duo sympa avec KT Tunstall

10.: Out In Space
Très épuré, beaucoup d’émotion pour un très joli résultat.

11.: Colder
Un morceau plus mélodique mais avec beaucoup de conviction.

12.: New Amsterdam
Une ballade pas hyper mélodieuse, suivi d’un titre pop enjoué très sympathique.

TRIP THE LIGHT FANTASTIC (Sophie Ellis-Bextor) : Un peu de soupe ?

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tripthelightfantasticsophieellisbextorEn 2001, une jeune anglaise (enfin elle l’est et le sera toujours, vu qu’elle est née la même année que moi..), Sophie Ellis-Bextor a connu un succès mondial avec son single Murder on the Dance Floor. Une chanson que je continue d’écouter toujours avec le même plaisir et dont le clip est lui aussi particulièrement réjouissant. Depuis, elle a sorti plusieurs albums, dont ce Trip the Light Fantastic, sorti en 2007. Pourtant, je n’avais plus jamais entendu parler d’elle. Je sais désormais pourquoi…

Bon, je suis peut-être sévère. La musique de Trip the Light Fantastic n’est pas la pire qui soi. Simplement dans un style musical qui n’attendait pas qu’elle, elle ne brille ni par une quelconque originalité, ni par des qualités artistiques à se taper le cul par terre (même si personnellement, je ne fais jamais ça pour quoi que ce soit… ça doit faire mal quand même…). Cela reste un produit très formaté, qui rappelle beaucoup d’autres artistes, mais en moins bien. Du coup, sans avoir envie de jeter le CD, on l’oublie aussi vite qu’on l’écoute.

Trip the Light Fanastic de Sophie Ellis-Bextor rappelle Pink par bien des aspects. J’avoue avoir été surpris par le côté assez rock de l’album. Mais ce n’est pas parce que je ne m’attendais pas à ça, que j’ai été enthousiasmé. En effet, tout cela manque franchement de conviction. Il y a du punch et de l’énergie, mais c’est trop propre, trop lisse pour être vraiment communicatif. Du coup, on ne tape pas du pied, ni secoue la tête en écoutant des morceaux dont c’était pourtant visiblement le but.

L’album rappelle aussi un peu Lily Allen dans des passages plus sucrés. Mais Sophie Ellis-Bextor n’a pas du tout la même personnalité dans la voix. Là encore, c’est propre, professionnel, mais sans éclat, ni génie ou originalité. C’est mieux que le commun des mortels, certes, mais par rapport à l’ensemble de la production musicale mondiale, c’est une autre histoire… On n’est jamais séduit dans Trip the Light Fantastic comme on a pu l’être par un Murder on the Dance Floor. Ce n’est pas un problème d’absence de talent, mais un manque de charme. Il n’y a aucune connivence avec l’auditeur qui du coup reste quelque peu indifférent.

Allez, pour ne pas assombrir totalement le tableau, on retiendra tout de même deux titres qui sortent très légèrement du lot dans Trip the Light Fantastic. If I Can’t Dance où la voix se fait un peu plus sensuel pour le seul morceau où elle fait preuve d’une vraie personnalité. New Flame est le seul où l’énergie serait presque communicative. Bon, tout cela ne casse toujours pas trois pattes à un canard, mais dans dans une grande assiette de soupe, on est à l’affût du moindre croûton.

Trip the Light Fantastic ne brille donc pas par son intérêt. Etre l’homme, ou la femme pour le coup, d’un seul tube, représente le destin de nombreux artistes. Sophie Ellis-Bextor semble bien être dans ce cas-là. A la fois, ils sont encore plus nombreux à être l’homme d’aucun tube…

Pour finir faisons le tour des titres de cet album.

1.: Catch You
Un titre très rock et énergique, mais aussi très lisse.

2.: Me and My Imagination
Electro-pop-rock qui fait un peu soupe.

3.: Today the Sun’s on Us
Plus mélodieux, plus clair, mais toujours pas transcendant.

4.: New York City Lights
Un titre électro-pop, mais qui ne fait pas mieux que les précédents.

5.: If I Can’t Dance
Un peu plus d’épaisseur dans ce titre joué sur un ton plus sombre et sensuel.

6.: The Distance Between Us
Une ballade qui sonne comme de la mauvais musique des années 80.

7.: If You Go
Un morceau qui tire sur le jazz-électro.

8.: Only One
Un morceau propre, sympa, énergique… mais lisse et sans génie.

9.: Love Is Here
Entraînant, mais tellement oubliable…

10.: New Flame
Un peu plus punch et du coup, un peu meilleur.

11.: China Heart
Très électro, très nul aussi.

12.: What Have We Started?
Ballade mélodieuse, qui conclue proprement cet album.

BECAUSE I LOVE IT (Amerie) : Musique de pouffes inégale

becauseiloveitamerie

becauseiloveitamerieNouvelle découverte estampillée musique de pouffes, avec Amerie et son album Because I Love It. Bon, je sais, c’est un peu réducteur de qualifier ainsi toute œuvre de r’n’b. Mais n’allez pas croire qu’il s’agit là d’un terme péjoratif. C’est une catégorie musicale à part entière et totalement respectable. Il y a la bonne et la mauvaise musique de pouffes. Ici, on est heureusement plutôt dans la première catégorie.

Enfin, cela est surtout vrai pour la première moitié de Because I Love It, un album qui recèle quelques très bons titres, mais qui est un peu inégal. Mais avant de rentrer dans le vif du sujet, faisons un peu plus connaissance avec Amerie. Cette chanteuse américaine, née en 1981, est un joli mélange entre une mère coréenne et un père afro-américain. Elle a connu un succès précoce avec ses deux premiers albums, All I Have et Touch, sortis en 2002 et 2005. Because I Love It est sorti lui en 2007 et, s’il n’est pas un échec, a connu un succès moindre. Un autre a suivi depuis, In Love & War, en 2009.

Amerie nous propose du r’n’b extrêmement classique. Autant le dire tout de suite, Because I Love It ne brille ni par son originalité, ni par un quelconque côté novateur. Mais ce n’est pas pour cela qu’il est désagréable à écouter, même pour le gens qui, comme moi, ne sont pas non plus des accros de ce genre musical, malgré ma réputation très surfaite de spécialiste de musique de pouffes. Et comme toujours, c’est l’énergie et la conviction qui font la différence.

Sur les 6 premiers titres, Amerie est au top à ce niveau là. Elle mord vraiment dans sa musique et les morceaux s’enchaînent avec beaucoup d’entrain et de punch. Sans être totalement enthousiasmante cette première partie de Because I Love It accroche vraiment l’oreille et donne souvent envie de taper du pied. Malheureusement, la suite n’est pas tout à fait au niveau. Non pas que l’on sombre totalement dans le médiocre et le n’importe quoi, mais la deuxième moitié est chantée un peu en roue libre. Le talent est réel, la voix vraiment jolie, mais on sent moins de mordant. Du coup, sans vraiment décrocher, on y prête tout de suite une oreille moins attentive.

Amerie est donc une artiste solide et globalement, Because I Love It est un bon album du genre. On peut cependant lui reprocher d’une part une œuvre un peu impersonnelle et d’autre part une production qui n’a pas vraiment cherché à la pousser dans ses derniers retranchements. Dommage que tous les titres de cet album ne soit pas à l’image de Take Control, principal single, et incontestablement le meilleur titre. En tout cas, celui où Amerie met le plus plus de conviction et de mordant.

Because I Love It plaira donc aux fans de r’n’b. Pour les amateurs plus occasionnels comme moi, il ne constitue sûrement pas une œuvre indispensable, mais son écoute reste tout de même globalement très agréable.

Pour finir, un petit tour des titres que l’on trouve sur Because I Love It.

1.: Forecast, Forecast (intro)
Une introduction qui met tout de suite dans l’ambiance.

2.: Hate2LoveU
Un morceau accrocheur, plein de conviction.

3.: Some Like It
Un décalage entre la musique et le chant, pour une effet plutôt sympa.

4.: Make Me Believe
Une ballade pas mal du tout.

5.: Take Control
Amerie mord vraiment dans une musique au rythme quelque peu saccadé.

6.: Gotta Work
Encore un titre très énergique.

7.: Crush
Un morceau plus sucré, plus retrait, du coup un peu moins bon.

8.: Crazy Wonderful
Le ton est plus sexy. Bien mais sans plus.

9.: That’s What U R
Une ballade dissonante pas terrible.

10.: When Loving U Was Easy
Un réel manque de conviction.

11.: Paint Me Over
Un titre mélodique et mélancolique, qui permet d’apprécier la beauté de la voix.

12.: Somebody Up There
Un morceau très doux et assez joli.

13.: All Roads
Une ballade épurée… Peut-être un peu trop.

14.: 1 Thing, 1 Thing (bonus track)
Un son plus jazzy, mais plus brouillon aussi.

15.: Losing U, Losing U (bonus track)
Un titre plus électro, pour un bon final.

SWINGING STRINGS (Joscho Stephan) : Les débuts d’un immense artiste

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swingingstringsjoschostephanJ’ai découvert Joscho Stephan complètement par hasard à l’occasion d’un voyage en Allemagne. Je vous épargnerai un nouveau récit des circonstances exactes. Ceux que ça intéresse peuvent se référer à mon avis sur Django Forever, un autre de ses albums. En effet, je suis là aujourd’hui pour vous parler de Swinging Strings. Un album enregistré alors qu’il n’avait même pas 20 ans.

Petit rappel tout de même : Joscho Stephan est un prodige du jazz manouche. Il a été élu guitariste du mois par le magazine américain Guitar Player dès l’âge de 19 ans. Depuis, le talent s’est confirmé et il est devenu une des références internationales de ce genre musical, popularisé avant lui par Django Reinhardt. Swinging Strings était son premier album sorti en 1999.

Je n’ai pas du tout fait exprès d’écouter d’abord Django Forever avant Swinging Strings. Passer de l’un à l’autre, c’est faire un voyage dans le temps, mais à l’envers. Cela permet de se rendre compte à quel point la maturité peut sublimer un talent naturel aussi incroyable qu’il soit à la base. Beaucoup de chemin a donc été parcouru entre les deux albums. Mais le point de départ était déjà très haut.

En effet, si ma critique de Swinging Strings sera moins dithyrambique que celle de Django Forever, il n’en reste pas moins qu’on est là devant un excellent album qui permet aisément de comprendre pourquoi le succès fut immédiat et mondial. On y retrouve ce talent, cette maîtrise et surtout cette dextérité extraordinaire lorsque le rythme s’accélère. Il manque simplement parfois un zeste d’inspiration qui aurait éviter à certains titres de trop se ressembler. Les plages 11 à 16 notamment son relativement similaires. Cela ne retire rien à leur qualité certes, mais on a parfois l’impression que Joscho Stephan a manqué un peu d’inspiration pour conclure son album.

Swinging Strings permet donc de parler d’immense talent, pas encore tout à fait de génie. Car pour l’avoir vu sur scène, je peux vous promettre que Joscho Stephan est de ce acabit là. On retiendra tout de même de cet album, un magnifique dialogue entre la guitare et le violon (I Don’t Mean a Thing), un morceau particulièrement dansant (Avalon), une ballade envoûtante (Anouman) et une très belle reprise de Mr. Sandman qui n’est pas que la musique des pubs pour Auchan. A l’inverse, Little Walz ou encore Tango for Django sont un peu plus en retrait. Mais enfin tout cela reste très relatif.

Encore une fois, je ne suis vraiment pas un fan de jazz… Bon ok, il s’agit de jazz manouche, ce qui est loin d’être la même chose, même si les parentés sont évidentes. En tout cas, Swinging Strings, comme le reste de l’œuvre de Joscho Stephan pourra séduire bien au-delà des amateurs du genre et même globalement au-delà des amateurs de musique purement instrumentale. Evidemment, si vous ne deviez écouter qu’un seul album, je ne vous conseillerai pas forcément celui-là, puisqu’il est loin d’être le plus abouti. Par contre, si vous avez l’opportunité un jour de le voir sur scène, n’hésitez pas une seule seconde. C’est un spectacle à couper le souffle !

Pour finir, faisons le tour des titres que l’on trouve sur Swinging Strings.

1. Swinging Strings
Un morceau tout de suite gai et entraînant.

2. Django’s Tiger
Très proche de Django et parfaitement exécuté.

3. I Don’t Mean a Thing
La guitare et le violon rivalisent de dextérité.

4. September Song
Une très jolie ballade romantique.

5. Mr. Sandman
Un air connu dans une très jolie version.

6. Avalon
Un incroyable dextérité pour un titre très dansant.

7. Little Waltz
Sonne un peu comme un exercice de style.

8. Swing 42
Un swing agréable, où le violon apporte un vrai plus.

9. After You’ve Gone
L’essence même du jazz manouche. Mais du coup, ça a un petit air de déjà entendu.

10. Anouman
Une ballade envoûtante.

11. Limehouse Blues
Un court swing plein d’énergie.

12. Undecided
Un swing aux accents romantiques.

13. Tango for Django
Un swing un peu répétitif.

14. Honeysuckle Rose
Un swing enjoué, tout en maîtrise.

15. Premiere
Un swing un peu sombre.

16. Lady Be Good
Un swing qui résume très bien l’album.

17. Take the a Train
Un très beau final, très envoûtant

WEST (Lucinda Williams) : Flirt décevant avec le sinistre

westlucindawilliams

westlucindawilliamsLe folk américain a donné naissance à de nombreuses artistes qui écument les scènes d’outre-Atlantique depuis des décennies. Mais tout le monde n’est pas Bob Dylan et tous n’ont pas acquis une renommée mondiale. C’est le cas par exemple de Lucinda Williams, une chanteuse née en 1953 en Louisiane. Elle a sorti son premier album en 1979 et en compte désormais 10 à son actif, dont West sorti en 2007.

10 albums en 32 ans de carrière, on a connu plus prolifique. On imagine bien que chacune de ses œuvres doit être très attendue de la part de ses fans… dont je ne vais pas faire partie. J’avoue avoir débuté l’écoute de West sans avoir la moindre idée de ce que j’allais entendre. Mais jamais je ne suis complètement rentré dans cet album qui démontre une grande maîtrise, mais manque passablement d’enthousiasme.

Lucinda Williams se caractérise notamment par une voix rocailleuse, particularité qui ne doit sûrement pas s’arranger avec l’âge. Enfin, ce n’est pas un défaut non plus car cela donne une réelle personnalité à son chant. Et puis quand on navigue entre blues, folk et country, ce genre d’organe semble même idéal. Mais du coup, la voix n’est pas belle en elle-même. Son originalité n’aura vraiment de valeur que si elle est parfaitement utilisée.

Dans West, Lucinda Williams nous livre une très large majorité de titres sur le thème de la ballade plutôt triste ou mélancolique. Il est vrai que sa voix s’y prête particulièrement bien. Mais là où elle échoue, c’est dans la transmission d’une réelle émotion, à part dans le titre Unsuffer me. Du coup, on flirte souvent avec le sinistre. Ca pourrait être beau, voire même bouleversant, mais il y a beaucoup rarement l’intensité et la conviction nécessaires pour arriver à tel résultat.

On écoute donc West de Lucinda Williams avec donc au mieux une admiration polie. Certains titres heureusement valent le coup comme ce Are you alright ?, Learning how to live, Everything has changed, West ou encore Come on, sans pour autant être totalement inoubliables. Cependant, dans ces moments-là, on comprend mieux pourquoi cette artiste a réussi à autant durer. Mais malheureusement, le reste et l’assoupissement certain qu’il provoque nous donnent peut-être un léger indice sur les raisons qui ont limité sa renommée à travers le monde. N’est pas non plus Janis Joplin qui veut…

West de Lucinda Williams laisse donc largement sur sa faim. J’ignore si le reste de son œuvre est à l’image de cet album, mais le talent pour faire mieux est bien présent. Peut-être que cette artiste connaît une légère lassitude ou un manque d’inspiration. C’est parfois l’impression laissée par cet album que les rares très bons titres n’arrivent pas à épargner à l’auditeur une certaine déception, pour ne pas dire une déception certaine.

Pour finir, un petit tour des titres que l’on trouve sur West.

1.: Are You Alright?
Une ballade mélancolique très envoûtante.

2.: Mama You Sweet
Sombre et un peu chiant à tout dire.

3.: Learning How to Live
Plus énergique. La voix se lâche et c’est bon.

4.: Fancy Funeral
Très épuré, mais du coup un peu déprimant.

5.: Unsuffer Me
Un titre assez lent, mais avec beaucoup d’émotion dans la voix.

6.: Everything Has Changed
Une ballade très classique mais très belle.

7.: Come On
Plus rock et tout de suite bien meilleur.

8.: Where Is My Love?
On retombe dans le déprimant.

9.: Rescue
Toujours pas très dynamique.

10.: What If
Très beau, mais on reste vraiment toujours sur le même rythme.

11.: Wrap My Head Around That
Dissonant, lancinant et très long (9 minutes).

12.: Words
Un minimum de dynamisme et d’entrain.

13.: West
Ballade classique vraiment très belle.

DJANGO FOREVER (Joscho Stephan) : Divine surprise !

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djangoforeverjoschostephanParfois, on fait des découvertes surprenantes à des moments où on ne s’y attend pas du tout. Et comme je sais que ma vie vous passionne, je vais vous conter de ce pas comment j’ai connu Joscho Stephan, un des plus grands musiciens de jazz manouche.

A l’occasion des 50 ans du jumelage et en tant que conseiller municipal, il y a un mois, je me suis rendu à Hassloch en Allemagne. Le vendredi soir, nous avons été invités à un concert d’un chansonnier franco-allemand, Marcel Adam. Un artiste sympathique, mais bon pas non plus un artiste d’envergure internationale. Il était accompagné de ses propres musiciens et aussi de ce fameux Joscho Stephan et son groupe. Il nous l’a présenté comme un artiste mondialement connu, se produisant même au Japon. Vu l’envergure du monsieur, cela nous a laissé circonspect car il aurait été surprenant qu’une « star mondiale » soit le petit nom sur l’affiche en dessous du sien…

Puis, à un moment donné, Joscho Stephan et ses musiciens se sont retrouvés seuls sur scène. Et là, nous avons compris… Putain de bordel de Dieu ! (désolé mon langage, mais j’essaye de restituer l’ambiance du moment)… Allez on va dire, diantre, fichtre, sac à papier. La belle claque ! On a tout de suite compris de quoi il en retournait et qu’il ne nous avait pas raconté de conneries. C’était totalement inattendu, mais ce fut un très beau moment de bonheur musical.

Pour résumer, Joscho Stephan est tombé dans la musique quand il était petit. Il faut dire que son propre père fait partie de ses musiciens Puis à 15 ans, il est tombé dans le Django Reinhardt. Pire endroit pour une faire une chute. Et si ce dernier est un maître difficile à égaler, ce musicien s’en approche quelque peu. Pour preuve ce Django Forever qui mélange reprises et compositions originales. Pour le novice que je suis, il est impossible de les distinguer.

Le jazz manouche est une technique musicale qui demande une extrême dextérité et se caractérise par un jeu à la guitare incroyablement rapide, si bien qu’on a parfois l’impression d’entendre les notes qui s’enchaînent aussi vite que sur un piano. Dextérité, c’est bien le mot qui vient à l’esprit quand on écoute Joscho Stephan. C’était formidablement vrai sur scène, cela le reste en écoutant ce Django Forever. Si vous ne deviez écouter qu’un seul morceau de cet album, jetez-vous sur Micro, c’est tout simplement incroyable.

Mais il serait vraiment dommage de passer à côté de tout le reste. Car ce Django Forever est un vrai bonheur de la première à la dernière seconde. Une énergie incroyable transparaît au travers de cette musique. Pourtant avec une guitare, une contrebasse et parfois un violon, on pourrait croire qu’on n’a pas là de quoi avoir envie de remuer du popotin. Mais si le son reste acoustique, cela swingue terriblement avec des mélodies terriblement entraînantes et enthousiasmantes.

Ce Django Forever n’est pas qu’une prouesse musicale que l’on admire, une sorte de numéro de cirque particulièrement difficile à accomplir. Pour preuve, beaucoup de titres sont sur le ton de la ballade douce ou mélancolique et cela n’enlève strictement rien à l’émotion qu’ils dégagent. La dextérité de Joscho Stephan en soi est impressionnante, mais c’est surtout la manière dont il l’a met au service de sa musique qui l’est encore plus. Jamais il ne contente d’étaler sa technique, il l’utilise pour nous faire vivre sa passion pour ce grand musicien et lui rendre un très bel hommage.

Je n’ai vraiment rien d’un passionné de jazz, mais face à un tel talent, on ne peut que vivre la musique et s’en laisser pénétrer. C’est pourquoi, je ne peux que vous recommander ce Django Forever de Joscho Stephan.

Pour terminer, faisons le tour des morceaux que l’on trouve sur cet album. Les morceaux dont le titre est suivi d’une étoile sont des reprises de Django Reinhardt

1.: Blues Clair*
Une petite mélodie enjouée pour commencer.

2.: Ballade Pour Django
Une jolie mélodie mélancolique.

3.: Daphne*
Un air enjoué, sous forme de dialogue entre la guitare et le violon.

4.: Valse Samois
Le ton est plus sombre, mais la maîtrise est impressionnante.

5.: Train to Paris
Un titre très doux, accompagné au violon.

6.: Nuages*
Une ballade très épurée, où le violon joue un grand rôle.

7.: Hot Club Swing
Retour à la gaité et à l’entrain.

8.: Chica
Un morceau aux accents sud-américains, mais Joscho Stephan s’y montre toujours aussi à l’aise.

9.: Minor Blues*
Un morceau assez simple, permettant d’admirer la technique parfaite.

10.: Micro*
Virtuosité incroyable ! Quelle vitesse ! Deux minutes de pur bonheur !

11.: Gypsy
Ambiance feutrée pour ce titre aux accents romantiques.

12.: Swing 39*
Un morceau particulièrement entraînant ! Du pur bonheur !

13.: Troublant Bolero*
Un titre très sensuel.

14.: All Together
Un morceau très gai, rythmé et d’une grande virtuosité.

THE BEST DAMN THING (Avril Lavigne) : Je le dis, je l’affirme… je kiffe !

thebestdamnthingavrillavigne

thebestdamnthingavrillavigneJe l’avais déjà évoqué au détours de plusieurs avis, mais sans oser le crier sur tous les toits. Ce n’est pas vraiment que j’en ai honte, que ce soit un fardeau à porter tous les jours, mais bon, un coming-out n’est jamais facile à réaliser. Le regard des autres, les murmures derrière le dos, des amis qui vous appellent un peu moins souvent… Autant de choses que l’on redoute… Mais voilà, aujourd’hui, j’ai décidé d’assumer pleinement et de le crier haut et fort : je kiffe Avril Lavigne ! Et ce n’est pas cet excellent The Best Damn Thing qui va me faire changer d’avis.

Bien sûr, ça a un petit goût de soupe. On qualifie souvent son style de pop-punk, pour bien signifier que dans le genre no future rebelle, on a fait mieux. C’est vrai que la jeune franco-canadienne n’est pas tout à fait aussi subversive que les Sex Pistols et quand on essaye de comprendre le sens profond de ses paroles, on ne tombe pas sur une prose rageuse et révolutionnaire. Mais parfois l’oreille a ses raisons que la raison ignore.

Elle beau n’être pas très épaisse, elle a beau avoir le sex-appeal d’une fouine pré-pubère, la jeune femme est une vraie boule d’énergie. The Best Damn Thing, sorti en 2007, est l’album de la confirmation, après ses deux premiers sortis alors qu’elle avait moins de 20 ans. Depuis un autre est venu et l’age adulte ne semble pas avoir en rien diminué sa formidable énergie. Au contraire, l’expérience lui a apporté une maîtrise, une capacité à garder une ligne mélodique claire, à ne jamais beugler qui font de cette auteur-interprète une artiste accomplie. Voilà, c’est fait, c’est dit et je n’ai pas peur des mots !

The Best Damn Thing s’ouvre sur un single qui résume très bien ce à quoi ressemble cet album. Girlfriend parle peut-être de choses bien futiles (genre ta copine craint, largue-la et choisis-moi à la place…), mais donne envie de secouer la tête très fort. Et tout le reste est dans la même veine, avec une énergie incroyable, énormément d’enthousiasme et une conviction de tous les instants. C’est plutôt festif, léger et entraînant. Pas un chef d’œuvre du rock, mais un de ces albums que l’on continue d’adorer écoute après écoute.

The Best Damn Thing contient évidemment quelques ballades qui font bien. Trois si j’ai bien compté : When You’re Gone, Innocence et Keep Holding On qui clôt parfaitement cet album. Tout cela est très classique, avec un son typique du rock US. Il n’est pas encore sûr qu’Avril Lavigne connaisse la même carrière que Bruce Springsteen, mais les deux sont les héritiers de la même tradition. Après évidemment, entre un vieux routier qui sent le vrai mâle et la petite puce juvénile, ça ne sonne pas tout à fait de la même façon. Mais personnellement, je n’ai pas du tout envie de choisir. D’ailleurs, ça tombe bien, personne ne me le demande. Comme quoi la vie est bien faite parfois.

Après avoir écoutéThe Best Damn Thing, je ne vais donc pas cesser d’aimer beaucoup Avril Lavigne. Et j’espère très sincèrement qu’elle nous livrera encore bien des albums de cet acabit au cours d’une longue et belle carrière.

Pour finir, regardons de plus près les titres de The Best Damn Thing.

1.: Girlfriend
Un single plein de punch et d’énergie. Tout simplement excellent !

2.: I Can Do Better
Un titre qui sonne très rock US, très énergique mais avec une ligne musicale maîtrisée.

3.: Runaway
Un morceau plus dans la maîtrise, mais cela reste très bon.

4.: The Best Damn Thing
Ressemble beaucoup à Girlfriend, mais avec un peu moins d’énergie.

5.: When You’re Gone
Ballade romantique sympathique et interprétée avec conviction.

6.: Everything Back But You
Retour au rock festif et entraînant.

7.: Hot
Un rock plus classique mais très bon.

8.: Innocence
Ballade un peu triste mais le résultat est très bon.

9.: I Don’t Have to Try
L’intro hip-hop n’est pas terrible, mais la suite est un rock classique avec toujours cette même énergie.

10.: One of Those Girls
Un rock qui ressemble à ce qu’elle faisait à ses débuts. Bien mais sans plus.

11.: Contagious
Un rock court, énergique et suffisant.

12.: Keep Holding On
Une ballade fort sympathique pour un résultat pas mal du tout.