UP THE BRACKET (The Libertines) : Deux talents valent mieux qu’un

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upthebracketthelibertinesAprès vous avoir parlé des Babyshambles et des Dirty Pretty Things, je me devais de revenir aux sources de tout ça, c’est à dire à The Libertines, le groupe qui réunissait Pete Doherty et Carl Barat, avant que chacun d’eux n’aille faire joujou avec sa propre formation. Un groupe qui permet de voir que deux talents valent mieux qu’un.

Fondé en 1997, The Libertines est donc un groupe anglais qui a bousculé l’univers très policé musicalement de la Brit’pop en proposant un son punk particulièrement énergique. Que Mick Jones, ancien membre des Clash, soit leur producteur n’étonnera guère tout ceux qui ont eu l’occasion de les entendre. Leur discographie se limite à deux albums, Up The Bracket, qui nous intéresse ici et qui est sorti en 2002, et un autre, sobrement intitulé The Libertines, paru deux ans plus tard, quelques mois avant leur séparation. Le groupe s’est reformé en 2010, mais jusqu’à présent uniquement pour donner des concerts.

Deux chanteurs-guitaristes, un bassiste et un batteur forment ce groupe, à la musique quelque peu basique, mais tellement pleine d’énergie qu’elle peut facilement déchaîner l’enthousiasme. Pas toujours parfaitement maîtrisé, le son de The Libertines ressort pourtant largement du lot. Pas simplement parce qu’elle rappelle une époque, l’apogée du punk, désormais révolue, mais aussi parce que rarement autant de punch a été contenu dans un simple CD.

Car jamais tout au long de Up the Bracket, The Libertines ne baisse de rythme. Enfin si, un peu, le temps de quelques ballades ou introductions plus calmes, mais c’est juste pour laisser l’auditeur reprendre son souffle avant de repartir de plus belle. On n’a donc jamais le temps de s’ennuyer, car même si la plupart des titres sont sur le même rythme, jamais on n’a l’impression d’entendre 12 fois le même morceau. 12 morceaux qui plus est de grande qualité, sans aucun qui ne soit réellement en retrait. Cet album tient vraiment du concentré : concentré d’énergie, d’enthousiasme et de qualité… pour ne pas dire de bonheur.

Le meilleur titre Up the Bracket est à mon sens Boys in the Band. C’est sans doute le morceau où The Libertines fait preuve d’une réelle maîtrise. L’énergie est toujours là, mais moins brute de décoffrage. On se dit alors que cet album pourrait donc encore être meilleur. Certes, mais il y perdrait sans doute beaucoup de sa singularité et de son charme. Bref, on ne peut pas tout avoir dans la vie, ceci en constitue une nouvelle preuve.

La grande qualité de Up the Bracket tient vraiment de la synergie entre Pete Doherty et Carl Barat, car aucun de leurs projets suivants n’a atteint les mêmes sommets. Les recettes étaient les mêmes, l’énergie bien présente, mais il manquait cette petite étincelle de génie qui parcourt tout un album et non seulement un single ou deux. Un peu comme les Beatles en somme… Bon, pas sûr que l’histoire laisse une même place pour ces deux groupes, mais on espère tout de même que la reformation de The Libertines aboutisse à de nouveaux albums.

Up the Bracket est donc un petit bijou, au son punk festif, taillé dans l’énergie pure.

Avant d’achever cet avis, faisons le tour des titres de cet album.

1.: Vertigo
Un rock jazzy et entraînant pour débuter.

2.: Death On The Stairs
Un son beaucoup plus brute de décoffrage et débordant d’énergie.

3.: Horror Show
Toujours dans l’énergie, porté par l’enthousiasme, à défaut de maîtrise.

4.: Time For Heroes
Une instrumentation plus mélodieuse, mais toujours portée par une grande énergie.

5.: Boys In The Band
Un morceau plus maîtrisé et qui du coup est vraiment excellent.

6.: Radio America
Une chanson calme qui permet de reprendre son souffle.

7.: Up The Bracket
Pure énergie pour un titre qui donne envie de sauter partout.

8.: Tell The King
La voix est ici plus mise en avant, pour un titre qui reste très bon.

9.: Boy Looked At Johnny
Ca repart dans tous les sens ! Mais c’est bon !

10.: Begging
Entre calme et énergie, toute la palette de The Libertines en une seule chanson.

11.: Good Old Days
L’énergie monte doucement dans ce titre vraiment excellent.

12.: I Get Along
De l’énergie à revendre, à l’image de l’album tout entier.

ME, MYSELF AND US (Pascale Picard) : Vive le Québec libre !

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pascalepicardmemyselfandusPascale Picard et son album Me, Myself and Us ont constitué une des bonnes surprises musicales de l’année 2007. Cette auteur et interprète québecoise en a charmé plus d’un avec sa douce voix interprétant une folk élégante et mélodieuse. Notre pays aura attendu un an de plus avant de pouvoir la découvrir, mais le succès n’y fut pas négligeable. Et c’est avec raison, puisque cet album nous offre un petit moment de bonheur auditif.

On parle souvent de Pascale Picard, mais il s’agit en fait d’un groupe… le Pascale Picard Band… C’est dire si la personnalité de la chanteuse est prégnante et occupe presque toute la lumière des projecteurs. Mais il serait dommage d’oublier Mathieu Canti, le guitariste, Philippe Morissette, le bassiste et Marc Chartrain le batteur. Une formation classique donc, qui accompagne avec bonheur la très jolie voix de Pascale Picard.

Pascale Picard pourra donc vous réconcilier avec les chanteuses québecoises. Les plus francophiles pourront regrette qu’elle ne chante qu’en langue anglaise, mais quand la musique est bonne… En plus, comme ça, il n’y a aucune chance qu’elle nous livre des chansons écrites par Jean-Jacques Goldman, ce qui constitue une autre très bonne raison d’écouter Me, Myself and Us. Mais elles sont encore bien plus nombreuses que ça.

Pascale Picard fait preuve ici d’un talent et d’une maîtrise rare pour un premier album. Elle nous livre un folk plutôt doux, mais sait mettre parfois beaucoup plus d’énergie dans des titres tirant vers le rock. Mais elle conserve toujours une ligne mélodique particulièrement harmonieuse. S’y rajoute une voix qui est aussi à l’aise dans la douceur murmurée que dans les vocalises plus intenses. Bref, du talent, beaucoup de talent, énormément de talent, à défaut d’une imagination débordante.

En effet, si on devait faire un seul reproche à Me, Myself and Us, cela serait son classicisme. Il pourrait ressembler à bien d’autres albums folk, si ce n’est qu’il se démarque nettement par la qualité constante des titres. On en a donc vraiment pour son argent de la première à la dernière plage. On pardonnera donc l’absence de prise de risque artistique. Mais Pascale Picard et ses petits copains affichent une telle maîtrise qu’on peut espérer que les prochains albums seront un peu plus innovants.

Il est donc difficile de détacher un titre phare plutôt qu’un autre. Le single le plus connu, Gate 22, est sans aucun doute un des meilleurs morceaux. C’est aussi sans doute celui qui permet de juger en quelques minutes l’étendu du talents et des capacités de Pascale Picard, alternant le calme et l’énergie avec toujours le même bonheur et le même talent. Personnellement, j’ai aussi une tendresse particulière pour le titre A While. Mais chacun pourra trouver son bonheur dans Me, Myself and Us, tant il n’y a rien à jeter, à part, si on est très très méchant, le titre Annoying, un peu plus en retrait. Mais bon, on reste tout de même dans le haut niveau. Je n’échangerais pas ce titre contre toute la discographie de Céline Dion.

Pascale Picard confirme donc avec Me, Myself and Us tout le talent que le single Gate 22 nous a pu faire entrevoir. Et elle le confirme de la première à la dernière plage !

Avant de nous quitter, passons-en revue les titres de cet album.

1 – Thinking Of It
La voix ne colle pas tout à fait à la mélodie, mais cet effet, parfaitement maîtrisé, donne un résultat sympa.

2 – Gate 22
Un single très réussi. L’accompagnement est simple, c’est la voix qui fait tout, tour à tour douce et énergique, mais toujours parfaitement posée.

3 – Smilin’!!
Une jolie chanson douce.

4 – Unconscious Liar
Plus énergique mais toujours aussi bon.

5 – That Is The Matter
Plus rock, moins maîtrisé, mais l’énergie compense.

6 – Annoying
Encore plus rock, mais moins harmonieux et moins bon.

7 – Let’s Have a Drink
Un retour au calme et à la douceur… et c’est bon !

8 – Sorry
Une ballade un peu décousue.

9 – A While
Energique, entraînant, excellent.

10 – When At The End Of The Road
Un titre enjoué et sympa.

11 – Useless
Belle ballade rock, un peu mélancolique.

12- Half Asleep
Ballade douce qui sonne comme un au revoir.

ONE WAY TICKET (The Nerves) : Petit voyage dans le temps

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onewayticketthenervesJe m’apprêtais à introduire cette critique en me livrant à un petit discours sur la nostalgie. En effet, en écoutant One Way Ticket de The Nerves, j’ai tout de suite trouvé que leur musique avait un fort côté rétro. J’imaginais donc un groupe anglais, fan des Beatles et des Rolling Stones et nous proposant un son qui fleurait bon les années 60 et 70. Sauf que je faisais totalement erreur…

En effet, One Way Ticket est une compilation. Enfin, je ne sais pas vraiment si on peut appeler cela comme ça puisque The Nerves n’a sorti qu’un seul album studio… en 1976. Il s’agit donc plutôt d’une reprise, agrémentée de nombreux titres live. De plus, The Nerves ne sont pas du tout britanniques, mais américains. Bref j’avais tout faux… Si ce n’est qu’il s’agit bien d’une formation rock archi-classique avec chanteur, guitariste, bassiste et batteur, dont la carrière fut particulièrement courte. Mais vaut mieux parfois la qualité que la quantité.

The Nerves n’a pas réinventé le rock et apparaît même plutôt comme un des derniers héritiers du styles des 60’s. Il n’y a donc pas de grande surprise dans One Way Ticket, mais beaucoup de morceaux de qualité. Le plus connu est Hanging On The Telephone… qui n’est pas une reprise de Blondie comme je le pensais à la première écoute, mais bien la version originale. Bref, ils n’ont pas forcément laissé d’immenses tubes derrière eux car il est vrai qu’aucun titre ne se détache vraiment dans cet album.

One Way Ticket contient essentiellement des morceaux rock très classiques. Cependant, The Nerves y met assez d’énergie et de maîtrise pour ravir tous les amateurs du genre. Il n’y a peut-être pas la créativité des maîtres du genre, mais tout de même beaucoup de talent. Ils suivent un chemin déjà tracé par d’autres mais on éprouve beaucoup de plaisir de faire ce voyage avec eux.

Cependant, on sent bien également que la musique de The Nerves est au carrefour entre deux époques. Si l’influence des Beatles ou des Beach Boys se fait grandement sentir, on sent pointer d’autres styles musicaux émergeant dans les années 70. Quelques touches de punk, quelques titres rappelant Joy Division viennent agrémenter One Way Ticket qui, sans cela, serait quelque peu monotone. Au final, les titres studio forment un ensemble très agréable à écouter et qui ressemble à un voyage dans le temps. Cela prouve aussi que si la postérité n’a retenu que quelques groupes, il y a beaucoup de bonne musique que le temps a oublié.

Je n’en dirais pas tant des titres live que l’on trouve sur One Way Ticket. La qualité d’enregistrement est particulièrement médiocre et c’est très frustrant car on sent bien que The Nerves assuraient sur scène. On peut contester leur intérêt, puisque ils ne raviront que les fans purs et durs. Enfin, le CD fait tout de même 20 plages, dont la moitié sont des titres studios remarquables. On en a quand même pour son argent. Il est vrai que les albums live de cet époque ne sont pas toujours de très bonne qualité et il n’existe sûrement pas d’enregistrements meilleurs de ce groupe.

One Way Ticket permet donc de découvrir le groupe The Nerves qui ravira tous les amateurs de rock classique.

Pour finir, faisons le tour des plages de cet album :

1.: One Way Ticket
Rock très énergique.

2.: Paper Dolls
Sonne comme les Beatles, mais en un peu plus énervé.

3.: Hanging On The Telephone
Chanson reprise par Blondie. Mais l’original est vraiment excellent.

4.: When You Find Out
Très bon rock festif, rappelant les Beach Boys.

5.: Working Too Hard
Toujours aussi classique, rappelle une nouvelle fois les Beatles, mais reste très bon.

6.: Give Me Some Time
Son nettement plus américain.

7.: Walking Out On Love
L’influence du punk se fait sentir.

8.: Thing Of The Past
Un titre en live qui permet de voir qu’il assuraient sur scène.

9.: It’s Hot Outside
Un rock énervé qui sonne déjà beaucoup plus 70’s

10.: Many Roads To Follow
Ressemble à un vieil enregistrement des Beatles.

11.: Are You Famous (live)
Sonne comme un enregistrement pirate d’une face B.

12.: Why Am I Lonely (live)
Morceau un peu plus énervé que le précédent

13.: You Won’t Be Happy (live)
Rappelle un peu ce que donnera plus tard Joy Division.

14.: Any Day Now (live)
Retour à un rock très classique.

15.: Letter To G (live)
La qualité d’enregistrement n’est vraiment pas bonne, dommage.

16.: Come Back And Stay (live)
Excellent, si ce n’est toujours la qualité de l’enregistrement.

17.: I Need Your Love (live)
Très énergique et très bon.

18.: Stand Back And Take A Good Look (live)
Sonne comme une démo, mais sans grand intérêt.

19.: Are You Famous (version 2)
Idem que la plage précédente.

20.: Letter To G (version 2)
Nouvelle démo qui n’apporte pas grand chose.

NIGHTS OUT (Metronomy) : Ah oui, mais là non !

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nightsoutmetronomyBon, je sais, je n’aime pas du tout la musique électro, alors pourquoi donc ai-je eu l’idée d’écouter Nights Out du groupe anglais Metronomy ? Bon, en fait, je ne sais pas du tout comment il a atterri sur ma liste. J’ai sans doute été appâté par une critique élogieuse et sans doute par une classification ambiguë, genre pop-électro. Et puis à la fois, j’aime bien Daft Punk, Goldfrapp et je reconnais le talent de Massive Attack (même si ce n’est définitivement pas ma tasse de thé). Mais là, cela dépasse vraiment mon entendement.

Metronomy est donc un groupe anglais formé en 1999 par Joseph Mount. Leur discrographie comporte trois albums, dont ce Nights Out, leur deuxième, sorti en 2008. Leur dernier, intitulé The English Riviera vient de sortir, mais à la lecture de cette critique, vous comprendrez aisément que je n’ai pas du tout l’intention d’aller voir ce que cela peut donner.

Effet, Nights Out est tout simplement mauvais. Si seulement, il n’était que sans intérêt, transparent ou juste oubliable. Non, il est carrément déplaisant, voire pénible à écouter pour certains titres. On passe de l’étonnement quand la musique nage en plein ridicule à la consternation quand la musique s’apparente à l’antithèse totale du mot harmonie. Ca a l’intérêt artistique de David Gueta et l’énergie de Massive Attack. Et autant vous dire que le mélange est indigeste.

Certains trouveront peut-être un côté vintage à ce son qui semble parfois sortir tout droit des synthétiseurs Bontempi de notre enfance. Mais au moins, quand nous cassions les oreilles de nos parents, personne n’aurait eu l’idée d’en faire un disque. Bon, je suis un peu sévère car quelques fois dans Nights Out surgit un véritable instrument de musique. Et immédiatement, cela ressemble presque alors à de la vraie musique. Heartbreaker, Side 2 et surtout On Dancefloors s’écoutent ainsi sans donner envie de s’enfuir en courant, mais sans donner envie de sauter au plafond, ni se rouler par terre de plaisir.

Parfois, Nights Out rappelle l’excellent groupe anglais Just Jack, qui lui fait vraiment de l’électro-pop de toute première qualité. Mais Metronomy a infiniment moins de talent et le résultat sonne comme une mauvais parodie. Si les titres sont assez variés, on ne peut pas vraiment parler de créativité, mais tout simplement de grands n’importe quoi successifs. Quand on affiche aussi peu de maîtrise de son art, ce n’est pas très difficile d’arriver à des résultats toujours différents.

Je ne vais donc pas appesantir plus longtemps sur ce Nights Out de Metronomy qui ne va définitivement pas me réconcilier avec l’électro. Enfin, même sans aimer ce genre musical, j’ai du mal à concevoir une telle médiocrité artistique.

Avant d’en finir, faisons le tour des titres de Nights Out.

1.: Nights Out
Une ambiance étrange pour ce morceau introductif.

2.: End Of You Too
Electro plus enjouée, mais assez nulle…

3.: Radio Ladio
Enfin du chant se pose sur la musique. Du coup, ça ressemblerait presque à quelque chose. Presque…

4.: My Heart Rate Rapid
Nul et inaudible.

5.: Heartbreaker
Plus jazzy et peu meilleur.

6.: On The Motorway
Instrumental ridicule.

7.: Side 2
Plus mélodieux et élaboré.

8.: Holiday
Horrible, dissonant, pénible.

9.: Thing For Me
Voix suraiguë pénible sur une instrumentation sans intérêt.

10.: Back On The Motorway
Ca ressemble beaucoup à du Just Jack, mais en moins bien…

11.: On Dancefloors
C’est mieux… Dommage, le CD est presque fini.

12.: Nights Outro
Oh une guitare !

ROMANCE AT SHORT NOTICE (The Dirty Pretty Things) : De la pure pop !

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romanceatshortnoticethedirtyprettythingsL’Angleterre a offert au monde le football, le Prince Charles et ses oreilles, Big Ben, les cabines téléphoniques rouges et le théâtre de Shakespeare. Elle a essayé de refourguer également le bœuf bouilli à la menthe, mais le monde a dit non, alors elle l’a gardé. Elle a aussi fourni à la planète entière un nombre incalculable de groupes de rock, qui ont, un peu comme pour la religion, fini par former une secte insulaire : celle de la Brit’pop. Dirty Pretty Things et leur album Romance at Short Notice en font partie.

La Brit’pop fonctionne exactement comme les familles recomposées. Pour preuve, Dirty Pretty Things a été fondé en 2005 par Carl Barat, qui formait précédemment le groupe The Libertines avec Pete Doherty (ex-Monsieur Kate Moss et toujours Monsieur le nez dans la coco et Monsieur j’ai le teint plus blanc qu’un cachet d’aspirine). Ce dernier avait alors lui-même crée son propre groupe, The Babyshambles. Depuis les deux groupes se sont séparés… et The Libertines se sont reformés. C’est bon, vous avez suivi ? Enfin pour résumer, Dirty Pretty Things aura duré le temps de deux albums : Waterloo to Anywhere sorti en 2006 et donc Romance at Short Notice en 2008.

Côté composition du groupe, aucune surprise : un chanteur, un guitariste, un bassiste et un batteur. Côté musique, aucune surprise non plus. Mais quand je dis aucune, c’est vraiment aucune. Romance at Short Notice nous propose de la pure Brit’pop, encore de la Brit’pop et toujours de la Brit’pop. La plupart des titres auraient pu être interprétés par bien d’autre groupes venus de l’autre côté de la Manche. Il faut dire à force de s’échanger les membres, forcément, leur musique ne peut pas être fondamentalement différente à chaque fois. La musique de Dirty Pretty Things penche plutôt du côté Oasis que Blur tout de même et on les compare souvent au groupe des années 80, The Smiths, que je connais trop peu pour savoir si le parallèle est juste.

Si la musique de Dirty Pretty Things n’est en rien originale, par contre, elle est parfaitement exécutée. De l’énergie, de la maîtrise, bref beaucoup de talent, même si la voix de Carl Barat n’est pas la plus inoubliable qui soit. Mais si on aime ce genre musical, on peut réellement se régaler à l’écoute de Romance at Short Notice. Bien sûr, l’impression d’avoir déjà entendu ça moult fois nuit quelque peu à l’enthousiasme, mais il serait injuste de totalement bouder son plaisir. Les fans eux-même reconnaissent que le groupe est bien meilleur sur scène qu’en studio. Sans jamais les avoir vus en concert, ce constat de m’étonne pas. Leur énergie alliée à leur maîtrise doit vraiment faire la différence en live.

Une autre qualité de Romance at Short Notice de Dirty Pretty Things, c’est sa densité. Il n’y a que deux morceaux un peu plus en retrait des autres, le restant s’écoutant avec le même plaisir. En gros si on aime un titre de cet album, on a toutes les chances de l’aimer en entier. Mais inversement, il n’y a pas de single phare pour tirer l’album vers le haut. Bref tout le contraire de Shotter’s Nation, l’album des Babyshambles qui proposait deux titres géniaux et un reste beaucoup plus moyen.

Romance at Short Notice n’a sûrement pas révolutionné la musique, pas même la Brit’pop. Mais il possède assez de qualité pour se laisser écouter avec plaisir, même si l’originalité n’en fait définitivement pas partie.

1.: Buzzards And Crows
Un rock dynamique et légèrement dissonant.

2.: Hippy’s Son
Plus pop, mais toujours énergique.

3.: Plastik Hearts
Une pop sucrée assez dansante.

4.: Tired Of England
Pop pure, mais très bonne pop.

5.: Come Closer
Très bonne ballade assez énergique.

6.: Faultlines
Une ballade pop classique.

7.: Kicks Or Consumption
Un morceau énergique mais brouillon.

8.: Best Face
Plus rock, plus maîtrisé que le précédent, mais encore un peu brouillon.

9.: Truth Begins
Belle ballade pop et énergique.

10.: Chinese Dogs
Morceau un peu punk… mais un peu seulement.

11.: North
Ballade quelque peu mélancolique.

12.: Blood On My Shoes
Chanson douce d’abord, puis très énergique. Un très bon final.

GET BEHIND ME SATAN (The White Stripes) : Un génie presque divin

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getbehindmesatanthewhitestripesPour commencer cette critique, une anecdote super intéressante… Voilà, lorsque j’ai commencé à écouter la première plage de Get Behind Me Satan, je me suis dit : « tiens je connais déjà, ça devait être un single ». Idem pour la deuxième. Puis la troisième, la quatrième, la cinquième… C’est alors que pris d’un doute, j’ai vérifié et je me suis aperçu qu’il figurait déjà dans ma discothèque… Super intéressant non ? Non ? Bon tant pis…

Pour ceux ayant vécu au Pôle Nord ces dix dernières années, The White Stripes est un des meilleurs et surtout des plus imaginatifs groupes de rock que la planète n’ait jamais porté. Enfin groupe, c’est vite dit, puisqu’ils sont deux, Jack White et Megan White… Ils ont essayé de nous faire croire qu’ils étaient frère et sœur, mais en fait, ils sont ex-mari et ex-femme… Voilà, c’était la pause people… Le plus important est surtout qu’ils sont notamment les auteurs du titre Seven Nation Army, immense tube, à qui on pardonnera d’être devenu l’hymne de l’Equipe d’Italie pendant la Coupe du Monde 2006… surtout que c’est quand même d’un meilleur goût que I Will Survive, musicalement parlant.

Get Behind Me Satan représente leur 5ème album, sorti en 2005. Il fut suivi d’un sixième, Icky Thump (qui est certainement celui auquel je pensais quand j’ai rajouté l’autre à ma liste) en 2007, avant l’annonce de la séparation du groupe, il y a quelque temps. Comme toutes leurs œuvres, il a plutôt divisé les fans et les critiques, puisqu’il a la bonne idée, ou la mauvaise, comme l’on veut, de ne pas vraiment ressembler aux précédents. C’est tout ce qui fait le talent de The White Stripes, une créativité sans borne qui prend toujours de nouvelles directions.

Comme ils sont radicalement inclassables, on les range généralement au rayon alternatif… Je me répète peut-être, mais je me demande toujours ce que cela peut bien vouloir dire et par rapport à quoi peut bien se faire l’alternative. Dans leur cas, on aurait envie de dire par rapport à eux-mêmes. En tout cas, s’il y a un terme qui peut qualifier l’ensemble de leur œuvre, c’est quand même bien le mot rock. Après, ceux qui aiment les subdivisions musicales peuvent s’amuser pendant longtemps à un périlleux travail d’étiquetage.

Get Behind Me Satan se caractérise par un incroyable travail d’instrumentation. Bien qu’ils ne soient que deux, The White Stripes ici nous proposent un nombre incalculable de sonorités différentes. Dans un genre très différent, leur musique me rappelle celle de Cat Stevens dans leur volonté de ne pas s’arrêter au diptyque guitare-batterie qui dominait dans leur précédents albums. Les instruments utilisés sont la plupart du temps relativement non-identifiables, enfin pour mes modestes talents de critique amateur, mais on s’en moque bien, tant le résultat nous surprend et nous enchante à chaque fois.

Malgré cela, The White Stripes n’ont rien perdu de leur incroyable énergie sur Get Behind Me Satan. La personnalité vocale de Jack White reste une des plus surprenante et intéressante de l’univers du rock. Une voix qui ne ressemble à aucune autre et qui est donc tout à fait en accord avec leur univers musical. Elle confère à leur musique un élément reconnaissable entre tous, malgré l’immense diversité de leur œuvre.

Get Behind Me Satan est donc une pure merveille. On pourra simplement lui reprocher l’absence d’un titre ressortant plus que les autres. Pas de nouveau Seven Nation Army sur cet album. Mais vues la densité et la qualité générale, il serait vraiment sévère de réellement lui en tenir rigueur.

Pour finir, un petit tour des morceaux que l’on trouve sur Get Behind Me Satan

1.: Blue Orchid
Tout de suite dans le bain, avec un son très rock qui constitue une parfaite introduction.

2.: Nurse
Un titre typique de l’univers musical de The White Stripes, avec des ruptures de rythme, une vraie créativité et un travail impressionnant sur les sonorités.

3.: My Doorbell
Un titre rythmé, enjoué, créatif… Du pur bonheur !

4.: Forever For Her (Is Over For Me)
La voix de Jack White est ici mise en avant pour une très belle ballade rock.

5.: Little Ghost
Une chanson presque acoustique, mais le résultat est toujours aussi bon.

6.: Denial Twist
Un morceau rock classique du style de The White Stripes.

7.: White Moon
Morceau mélancolique et sublime.

8.: Instinct Blues
Un rock sombre, mais excellent, où la voix de Jack White se lâche.

9.: Passive Manipulation
Un travail d’instrumentation remarquable pour ce morceau très court.

10.: Take Take Take
Très bon rock, à l’instrumentation très simple pour une fois, mais la voix fait le reste.

11.: As Ugly As I Seem
Délire folk enjoué et génial.

12.: Red Rain
Un rock puissant.

13.: I’m Lonely (But I Ain’t That Lonely Yet)
Un beau morceau au piano pour finir.

SILENCE IS WILD (Frida Hyvonen) : Une nouvelle très belle voix venue du Nord

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silenceiswildfridahyvonenLe Nord de l’Europe nous a déjà livré quelques chanteuses à la voix envoûtante et sublime. La plus connue est évidemment Björk, dont je n’aime pas du tout la musique, mais à laquelle je reconnais une personnalité vocale hors du commun. On pourra citer également Lisa Ekdhal, même si on l’a quelque peu perdue de vue depuis son magnifique When Did You Leave Heaven. Et puis, j’ai fait la découverte de Frida Hyvonen et son Silence is Wild.

Frida Hyvonen est une auteur et interprète suédoise, née en 1977. Son premier album, sorti en 2005, Until Death Comes, lui a permis de se produire un peu partout en Europe et même d’être distribuée en Amérique du Nord. Après avoir écrit une comédie musicale, elle est revenue en 2008 avec ce Silence is Wild, qui a bien marché en Suède et a reçu de bonnes critiques un peu partout. C’est une d’entre elles qui m’a poussé à me procurer cet album.

Frida Hyvonen se situe dans la même lignée que sa compatriote Lisa Ekdhal, ou encore Diana Krall et Norah Jones, pour citer les plus grandes stars internationales du genre. Des mélodies simples, parfois même épurées, souvent interprétées au piano, sur lesquels vient se poser une voix claire et profonde. Quelques moments de grâce musicale qui ravissent les oreilles par leur harmonie et leur douceur.

Frida Hyvonen possède un style moins jazzy que Diana Krall et Norah Jones. On se situe plus dans la douceur pure, même si quelques morceaux sont plus rythmés et entraînants. On est là dans une musique aux racines très européennes, même si elle peut-être classé au rayon folk, musique aux racines très américaines. Mais au-delà des étiquettes, Silence is Wild est simplement composé de morceaux qui charmeront bien des auditeurs.

Et si le charme opère si bien, c’est avant tout grâce à la très belle voix de Frida Hyvonen. Elle joue évidemment un rôle majeur, tant on peut la considérer comme le principal instrument de cette musique. L’instrumentation n’est évidemment pas sans impact sur la qualité des morceaux, mais elle est là avant tout que pour mettre en valeur le chant, tel un écrin pour cette perle vocale… Oh c’est beau ce que je dis !

Silence is Wild se distingue aussi par la densité de cet album, où si quelques titres sont un peu plus transparents, il n’y a vraiment rien à jeter. La plupart se situe dans le même registre, mais sans jamais donner l’impression d’être répétitif. Le rythme et l’instrumentation varient d’une plage à l’autre, tout en conservant le même charme, apporté, il est vrai, par cette très belle voix qui évidemment reste la même tout du long.

Au final, Silence is Wild est un album qui aurait mérité un succès bien supérieur. Bien sûr, les belles voix sont légion et si celle de Frida Hyvonen se distingue, il est vrai qu’elle reste très classique. Mais porté par des mélodies elle-aussi de qualité, elle nous offre un très bel album à conseiller à tous les amateurs de belles mélodies.

Avant de se quitter, faisons le tour des morceaux que l’on trouve sur cet Silence is Wild.

1.: Dirty Dancing
Ce morceau nous permet de découvrir tout de suite cette voix magnifique qui nous transporte.

2.: Enemy Within
Plus rythmé, mais la magie de la voix demeure.

3.: Highway 2 U
Frida Hyvonen joue avec sa voix, tel un instrument pour un titre très émouvant.

4.: London
Plus de punch pour ce morceau réellement excellent.

5.: My Cousin
Une ballade avec beaucoup de sobriété dans la voix, mais cela reste très beau.

6.: Science
Un titre un peu plus lancinant et transparent.

7.: Scandinavian Blonde
Un morceau très enjoué, pop, presque rock, mais surtout excellent.

8.: December
Une chanson très épurée, quelque peu dissonante.

9.: Birds
Titre enjoué, presque dansant. Pas mal du tout en tout cas.

10.: Pony
Belle chanson de facture assez classique.

11.: Sic Transit Gloria
Un titre doux et envoûtant.

12.: Oh Shanghai
Un peu sûr le même ton que le précédent. Du coup, la magie opère un peu moins.

13.: Why Do You Love Me So Much
Chanson douce qui constitue un parfait au revoir.

THE LOVE ALBUM : Le retour inattendu

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thelovealbumanaisAnaïs était sortie de nul part en 2005 avec un album live, The Cheap Show, qui a connu un immense succès, tout comme le single Mon Cœur, mon Amour. Un succès totalement inattendu, mais mérité par son humour décalé et irrésistible. Un album sonnant presque comme une parodie d’album, ne se prenant au sérieux, ni sur la forme, ni sur le fond, mais séduisant par la force de son seul talent et sa seule créativité. Le second opus était donc très attendu car le plus dur est souvent de confirmer.

En 2008, elle est donc revenue avec The Love Album. Evidemment, il n’était plus possible de proposer un album qui semble avoir être enregistré dans la cave. Le côté fauché mais imaginatif, cela ne fonctionne que lorsque l’on est vraiment fauché, sinon ça ressemble vite à une vaste fumisterie. Mais le moins que l’on puisse dire, c’est qu’Anaïs s’est donné ce coup-ci les moyens en travaillant avec Dan The Automator, l’homme derrière le son de Gorillaz.

Du coup, The Love Album ne ressemble pas du tout à The Cheap Show. C’est plus propre, plus élaboré, plus travaillé. Certains diront plus policé, moins imaginatif, moins surprenant, moins intéressant…bref moins bien… Je ne suis pas de ceux-là, même si je comprends que cet album puisse décevoir. En effet, j’ai commencé à l’écouter en espérant rire autant qu’à l’écoute du précédent. Et je ne peux qu’admettre que c’est loin d’être le cas, même si le premier titre est très réussi à ce niveau-là. Mais d’un autre côté, j’y ai aussi trouvé bien des choses que je ne m’attendais pas du tout à trouver là.

The Love Album nous propose des morceaux à l’instrumentation finement ciselée, aux rythmes variés, même si c’est souvent un peu chaloupé. On se laisse bercer autant par la musique que par les paroles. Les textes restent intelligents, même s’ils sont moins drôles et moins corrosifs que pour The Cheap Show. Certains morceaux sont tout simplement légers, à défaut d’être inoubliables. On n’a pas l’impression d’être face à un one-woman show chanté cette fois-ci, mais d’écouter un vrai album de musique où la musique compte autant que le texte.

Soyons cependant honnêtes, les deux meilleurs morceaux, et de loin, de The Love Album sont aussi les plus drôles. Le Premier Amour et Peut-être une Angine auraient eu leur place sur The Cheap Show, à la différence que cette fois, ils sont portés par une instrumentation bien plus élaborée et par un travail de chant qui montre qu’Anaïs possède un potentiel vocal très intéressant et qui lui offre bien des possibilités. Mais faire rire est définitivement ce qu’Anaïs sait faire de mieux. Je ne lui reprocherai cependant surtout pas d’avoir réussi à nous proposer autre chose sur cet album.

Anaïs est donc une valeur sûre de la chanson française. En nous proposant deux albums très différents, elle nous prouve qu’elle possède bien des cordes à son arc musical. The Love Album ne sera sans doute jamais un objet de culte comme The Cheap Show, mais il nous donne très envie de suivre la suite de sa carrière.

Avant d’en finir, faisons le tour des chansons que l’on trouve sur The Love Album.

1. Le premier amour
Un texte très bien senti et très drôle, le tout porté par une très belle performance vocale.

2. I love you (From the Amber story)
Morceau en anglais, rock parodique, sans l’être trop.

3. Elle me plaît
Une jolie chanson mélancolique.

4. Malheureux
Un rythme rock et chaloupé pour un texte ironique et savoureux.

5. J’sais pas
Un rythme salsa pour ce morceau dont le texte rappelle « Vade Retro Telephone » de Bénabar.

6. Moi qui croyais
Une chanson au texte plus insignifiant, mais porté par un joli travail d’instrumentation.

7. Entre deux verres
Un rock assez évaporé et rigolo.

8. Farniente
Chanson douce qui donne envie d’être en vacances.

9. Peut-être une angine
Le single, génial, très drôle, très rock !

10. Si j’avais su que notre amour (Duo rêvé avec Chris Isaak)
Doux et chaloupé, mais des paroles un peu transparentes.

11. Je voudrais partir en week-end
Plus rythmé, mais sans vraiment décoller.

12. Qui c’est la fille sur la photo
Chanson langoureuse sur une situation quotidienne que l’on a tous vécue.

13. Elle sort qu’avec des blacks (Pimped version)
Chanson que l’on trouvait sur l’album précédent, mais cette fois-ci avec de très bons arrangements

14. Peut-être une angine (version anglaise)
Reprise en anglais, pour un résultat plutôt sympa.

WE STARTED NOTHING (The Ting Tings))

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westartednothingtingtingsIl y a des chansons qui vous donnent irrésistiblement envie de monter le son et parfois même de bouger votre petit corps. Des tubes qui vous remplissent d’enthousiasme et d’énergie pour la journée et que vous vous ne vous lassez pas d’écouter. Personnellement, c’est mon cas avec le titre des Ting Tings « Shut Up and Let Me Go ». Restait à savoir si le reste de leur album, We Started Nothing, sorti en 2008, était à la hauteur.

Evidemment, il est très difficile de tomber sur un album où tous les titres sont du même acabit que le principal single. Dans ces rares cas, on se retrouve devant un moment d’exception. Soyons clair, We Started Nothing n’en est pas un. Cependant, il constitue une belle réussite musicale… au moins pour moitié. En effet, l’album semble coupé en deux, avec 5 premiers titres vraiment excellents et 5 autres beaucoup plus moyens. La version que je possède contient également 4 versions acoustiques plutôt sympathiques et pas forcément superflues.

Alors verre à moitié vide ou à moitié plein ? Soyons positifs et retenons avant tout le meilleur. 5 très bons titres, c’est un peu court, diront certains. Mais c’est déjà beaucoup plus que beaucoup des albums que l’on trouve dans les bacs. Entre jazz, pop et électro, We Started Nothing nous propose avant tout de l’énergie à revendre. Cela compense une instrumentation pas forcément hyper élaborée, mais qui a au moins le mérite de nous fait battre des pieds. La musique n’a pas forcément besoin d’être belle et sophistiquée pour être entraînante et celle des Ting Tings sait l’être.

L’énergie est vraiment ce qui constitue la plus grande force des Ting Tings. C’est lorsqu’elle se met à décliner que les titres deviennent moins bons. Ils sont alors renvoyés à leurs limites musicales et We Started Nothing n’arrive vraiment plus à attraper l’oreille de l’auditeur. Ca reste propre, mais plus plat, plus transparent, presque insipide pour Impacilla Carpisung. Enfin, on trouve bien des albums qui ne sont constitués que des morceaux de cet acabit, alors ne boudons pas notre plaisir et oublions le sérieux trou d’air que connaît ce CD sur la fin.

Les titres acoustiques que l’on trouve à la fin permettent de mieux apprécier un des grandes qualités des Ting Tings qui passent un peu inaperçu par ailleurs : la qualité vocale. Les Ting Tings sont en fait un duo et la chanteuse, Katie White, prouve ici que, sans posséder une voix absolument exceptionnelle, elle sait mettre aussi de l’émotion dans son chant. Les mélodies restent simples, mais le groupe arrive à réellement les réinterpréter pour en faire des titres radicalement différents de l’original. Ce premier album permet donc d’espérer pour eux une longue carrière, jalonnée de chansons variées, nous faisant découvrir l’ensemble des facettes de leur talent.

We Started Nothing des Ting Tings confirme si besoin était que la Grande-Bretagne est une terre de musique, où même le deuxième rang est occupé par des artistes capables de nous enthousiasmer au moins sur un titre ou deux. Le potentiel est là, les débuts sont prometteurs, espérons que leur second album qui devrait sortir dans l’année confirmera tous ces espoirs. Comme l’on dit, cela reste le plus difficile, mais la perfide Albion nous a déjà livré assez d’artistes majeurs pour ne pas voir de raison à ce que le liste continue de s’allonger.

Pour finir, faisons le tour des titres que l’on trouve sur We Started Nothing.

1.: Great DJ
Mélange entre rock et électro. Très énergique, à défaut d’être génial.

2.: That’s Not My Name
Autre single, excellent, très rythmé et énergique.

3.: Fruit Machine
Plus jazzy, sympa, même si un peu lancinant sur la fin.

4.: Traffic Light
Une ballade pop sucrée qui permet d’admirer la très belle voix de Kate White.

5.: Shut Up And Let Me Go
Enorme tube débordant d’énergie et d’enthousiasme.

6.: Keep Your Head
Plus rock, un peu plus transparent, même si reste très énergique.

7.: Be The One
Une pop lancinante pas géniale.

8.: We Walk
Moins d’énergie, plus transparent.

9.: Impacilla Carpisung
Son électro pop très plat.

10.: We Started Nothing
Un morceau électro un peu plus énergique

11.: Be the One (Acoustic)
Une jolie ballade

12.: Shut Up and Let Me Go (Acoustic)
Une version acoustique pas mal du tout et plutôt intéressante.

13.: Great DJ (Acoustic)
Version chantée en duo, vraiment très belle, très supérieure à l’original

14.: That’s Not my Name (Acoustic)
Une version vraiment bonne qui garde toute l’énergie de l’original

LIVE IN LONDON AND PARIS (Otis Redding) : Deux concerts pour le prix d’un

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liveinparisandlondonotisreddingLes meilleurs s’en vont toujours les premiers, c’est bien connu. C’est particulièrement vrai dans le monde de la musique, où nombre de grands artistes ont quitté la scène bien avant l’heure. Parmi eux, Otis Redding, mort à seulement 26 ans, dans un accident d’avion. Même pas d’une overdose ! C’est vraiment trop bête ! Une carrière courte donc, mais incroyablement riche et qui nous a laissé beaucoup de morceaux inoubliables.

Live in London and Paris est comme son nom l’indique tiré de deux concerts, enregistrés au printemps 1967, soit quelques mois avant sa mort (en décembre de la même année). Un bon moyen pour se rappeler quel immense artiste il fut, car sa performance scénique le confirme. Ceux qui ont pu le voir sur scène sont donc particulièrement chanceux. Une chance que cet album nous fait heureusement partagé.

Bon, commençons par le petit détail qui fâche. Deux concerts donc, pour le prix d’un, c’est évidemment tentant. Sauf que la plupart des chansons que l’on trouve lors du concert londonien sont exactement les mêmes que celles du concert parisien. Et leur interprétation ne diffère que très très peu, il est vrai. La plus-value du double lieu d’enregistrement est donc faible.

Mais l’autre détail qui nous fait vite oublier tout cela est que ce Live in London and Paris comporte pas moins de 19 plages (pour 17 chansons si on retire les introductions). Il y aurait bien des producteurs qui se seraient contentés de 9 morceaux et puis basta. Là, on en a vraiment pour son argent et la qualité des titres nous fait largement oublié que certains sont, à peu de choses près, en double.

La performance d’Otis Redding dans ce Live in London and Paris est réellement impressionnante. Si vous trouver que certains de ses morceaux sont débordants d’énergie en studio, c’est que vous ne l’avez pas encore entendu en live. Je n’ose même pas imaginer à quel point le public devait être électrisé par cette incroyable enthousiasme vocal. Que vous soyez ou non fan de soul music et de funk, vous ne pourrez que battre la mesure avec vos pieds en entendant les irrésistibles titres Respect ou Shake.

Mais les amateurs de belles mélodies seront également comblés par un My Girl ou Fa Fa Fa Fa Fa. La voix d’Otis Redding chaude et profonde prend ici toute sa mesure, sur des mélodies qui transmettent une formidable émotion. Et que dire de son titre le plus célèbre qui prend ici une dimension supplémentaire, si cela était possible. La version… pardon les deux versions live de Try a Little Tenderness justifieraient à elles seules l’acquisition de ce CD.

Je connaissais Otis Redding par son best of. Je réalise grâce à ce live l’immense artiste qu’il a été et n’ose imaginé quelle aurait été sa carrière si le destin n’avait privé précocement l’humanité d’un tel talent. C’est con parfois un avion !

Avant de se quitter, un petit tour des titres de cet album

1.: Introduction (live in London)
Le présentateur chauffe la salle en attendant l’arrivée d’Otis.

2.: Respect
Pas d’introduction pour ce titre qui nous plonge de suite dans l’énergie pure.

3.: My Girl
Un grand classique tout en douceur.

4.: Shake
Les saxophones se font entendre sur ce titre effréné.

5.: Day Tripper
Un morceau moins maîtrisé, dans l’énergie pure, mais ça reste toujours aussi bon !

6.: Fa Fa Fa Fa Fa (Sad Song)
Un titre très mélodieux où Otis joue avec le public.

7.: I Can’t Get No Satisfaction
Une reprise du tube des Stones qui ne vaut pas l’original (à mon goût), malgré l’énergie déployée.

8.: Try A Little Tenderness
Un pur chef d’œuvre qui prend encore une nouvelle dimension en live.

9.: Introduction (live in Paris)
En français cette fois !

10.: Respect
Même entrée en matière, tout en énergie.

11.: I Can’t Turn You Loose
Encore une fois bourrée d’énergie.

12.: I’ve Been Loving You Too Long
Une ballade triste superbement interprétée.

13.: My Girl
Toujours aussi magnifique.

14.: Shake
Energique et entraînant, en un mot génial.

15.: I Can’t Get No Satisfaction
Même reprise, même remarque.

16.: Fa Fa Fa Fa Fa (Sad Song)
Même jeu avec le public.

17.: These Arms Of Mine
Nouvelle ballade triste, mais toujours aussi superbe.

18.: Day Tripper
Festival d’énergie.

19.: Try A Little Tenderness
On finit en beauté !