4:13 DREAM (The Cure) : The Cure by the Cure

413dreamthecure

413dreamthecureDans la série des groupes que je connais sans vraiment connaître, voici The Cure. Bien sûr, leurs singles les plus célèbres me sont relativement familiers et j’ai même eu l’occasion de les voir en concert, un été à la Route du Rock, à St Malo. Bon, on est parti avant la fin, mais personnellement, je serais bien resté jusqu’au bout… Enfin bref, je ne suis pas là pour raconter ma vie, mais pour vous parler de 4:13 Dream, leur 13ème album, sorti en 2008.

C’est donc avec une certaine curiosité que je me suis lancé à l’écoute de cet album dont je ne savais pas grand chose, puisqu’aucun single n’a vraiment occupé les ondes radiophoniques de notre beau pays. J’avais un peu peur que la plupart des morceaux se ressemblent tous plus ou moins, car je dois admettre que c’est un peu l’impression qu’avait donné le demi-concert auquel j’ai eu l’occasion d’assister. A ma grande satisfaction, il n’en est rien.

Bien sûr, on retrouve sur 4:13 quelques titres qui ont un fort air de famille avec Boys don’t Cry ou In Between Days. Un rock auquel la voix de Robert Smith apporte sa personnalité unique, à la fois mélodique et terriblement énergique. Mais beaucoup de titres s’en éloigne quelque peu. Bon, ils ne vont pas très loin, on reste dans le même registre, mais on échappe complètement à cette impression de titres qui s’enchaînent avec monotonie. L’attention de l’auditeur est toujours maintenue et on attend toujours de savoir ce qui nous réserve le prochain morceau.

4:13 nous fait par contre bien sentir que l’on est face à un groupe qui maîtrise parfaitement son sujet. Quand on tourne depuis si longtemps qu’eux et quand on signe son 13ème album, il est évident qu’il devient difficile de sortir quelque chose de radicalement nouveau. Comme je l’ai dit, je ne suis pas un grand spécialiste de The Cure, alors je suis très mal placé pour comparer cet album aux précédents. Cependant, on sent ici une grande maîtrise, plutôt qu’une créativité débridée. Mais on ne connaît pas une telle carrière sans assez de talent pour que cela ne constitue pas un problème en soi, surtout pour ceux comme moi qui ne connaissent pas déjà par cœur le reste de leur discographie.

4:13 Dream est relativement homogène en qualité. Un ou deux titres, un peu plus brouillon, passent un peu moins bien, mais tous le reste s’écoute avec un grand plaisir. Il manque sans doute un ou deux singles vraiment remarquable pour cet album prenne une autre dimension. The Cure aura peut-être du mal à signer à nouveau des titres aussi légendaires que leurs plus grands classiques, mais cet album prouve qu’ils en ont encore sous la semelle. D’un point de vue créatif, ils sont sans doute quelque peu en roue libre, mais affiche un niveau qui ferait pâlir de jalousie bien des jeunes groupes aux dents longues.

4:13 Dream me fait donc mieux comprendre comment The Cure a réussi à devenir un groupe aussi mythique de l’histoire du rock. Il me donne envie de me plonger dans leurs premiers albums, ceux qui ont réellement fait leur légende. Pour en signer un 13ème de cette qualité, ils doivent avoir forcément atteint des sommets encore plus élevés précédemment.

Pour finir, faisons le tour des titres de cet album.

1.: Underneath The Stars
Une longue introduction psychédélique et planante.

2.: Only One
Un morceau plus énergie mais qui ne décolle jamais vraiment.

3.: Reasons Why
Un titre plus rock, la voix de Robert Smith se fait plus claire. Du bon Cure !

4.: Freakshow
Un morceau un peu déjanté, mais où le groupe garde néanmoins une grand maîtrise, pour un résultat pas mal du tout.

5.: Sirensong
Une chanson plus calme, presque une ballade, très agréable en tout cas.

6.: Real Snow White
Un morceau pop-rock correct mais sans plus.

7.: Hungry Ghost
Un titre chanté comme s’il s’agissait d’un titre punk, mais avec une instrumentation plutôt psychédélique. On trouve ici toute l’originalité du son de The Cure.

8.: Switch
Un morceau plus brouillon, mais l’énergie compense largement.

9.: Perfect Boy
Un titre rock classique, mais très bon.

10.: This Here And Now With You
Un titre quelque peu psychédélique, mais pas terrible ce coup-ci.

11.: Sleep When I’m Dead
Un morceau rock classique, parfaitement maîtrisé et encore une fois très bon.

12.: Scream
Un titre relativement plat.

13.: It’s Over
Un instrumental rock psychédélique pour finir.

BLACK ICE (AC/DC) : AC/DC fait du AC/DC et ils le font bien

blackiceacdc

blackiceacdcAprès Metallica, je retrouve les fondamentaux du metal en me plongeant dans Blak Ice d’AC/DC. Encore un groupe que j’écoutais adolescent, du temps où je passais ça grâce à des K7 audio sur mon walkman. Depuis des notes et beaucoup d’eau ont coulé sous les ponts et j’écoute la musique encodée en MP3 sur mon PC. Et jusqu’à peu, le célèbre groupe australien en était absent. J’ai réparé ce manque et je n’en suis pas mécontent.

Black Ice est sorti en 2008 après 8 ans d’absence. Il était donc très attendu par tous les fans pour lesquels ces longues années ont ressemblé à un sevrage insupportable. Dans la vie, il est important de se faire désirer, mais susciter une forte attente constitue une médaille possédant évidemment un revers. Il faut être à la hauteur ! Alors pour être sûr d’assurer, AC/DC nous offre ici ce qu’ils font de mieux.

Black Ice a suscité beaucoup de débat sur son manque d’originalité. Il est vrai que cela ressemble à ce que l’on a toujours connu d’AC/DC et que peu de titres sortent vraiment de ce schéma. Pour les connaisseurs, sans doute, cela a constitué une petite déception. Pour moi, pas du tout, puisque cet album était l’occasion de redécouvrir ce groupe et d’étoffer quelque peu ma discothèque, qui manquait de groupes en culottes courtes. Cet album ressemble un peu à un best of, mais avec des chansons nouvelles. Pour quelqu’un comme moi, qui ne vais pas écouter cet album en boucle, c’est parfait !

AC/DC, c’est avant tout une énergie folle et du son qui peut quelque peu déranger les voisins si vous l’écoutez trop fort au beau milieu de la nuit. Mais ce sont avant tout des artistes qui maîtrisent parfaitement leur art. Jamais la ligne mélodique ne part en sucette et jamais la voix ne se transforme en beuglement. Beaucoup d’énergie certes, mais parfaitement canalisée. C’est évidemment ce qui fait toute la différence entre le groupe d’ados qui cherche à faire imploser leur ampli à la Fête de la Musique et un groupe avec bientôt 40 ans de carrière.

Black Ice est donc un album extrêmement homogène. Trop dirons même certains. Il est vrai que même Rock’n’Roll Train, le principal single, ne se détache pas spécialement du reste. Mais c’est avant tout parce que le reste est aussi bon, et non l’inverse. On pourra quand même noter deux titres, Anything Goes et Rocking All The Way, qui tire plus sur le rock à la Bruce Springsteen, que le metal pur et dur. Une occasion de voir que jamais leur musique ne perd de sa maîtrise et que l’énergie n’est pas là pour cacher ou compenser quoique ce soit.

Alors évidemment, j’aurais peut-être mieux fait de me procurer un vrai best of d’AC/DC plutôt que Black Ice. Mais puisqu’il s’agit ici de juger cet album dans l’absolu, je ne peux nier le plaisir que j’ai eu à l’écouter. J’aurais aimé qu’il me rajeunisse pour de vrai et qu’il me refasse repousser quelques cheveux perdus depuis l’adolescence, mais il ne faut pas non plus être trop exigeant. A l’impossible nul n’est tenu, même le rock !

Black Ice n’est sûrement pas le meilleur album de la très longue carrière d’AC/DC. Mais ma connaissance de leur discographie est trop succincte pour que je puisse en juger. En tout cas, le béotien que je suis ne peut que conseiller son écoute.

Avant de se quitter, un petit tour des titres que l’on trouve sur ce bon moment de rock’n’roll.

1.: Rock ‘n’ Roll Train
Le principal single de l’album : du bon, du pur AC/DC pour un titre qui porte bien son nom.

2.: Skies On Fire
Un morceau plus calme, mais tout aussi bon et puissant.

3.: Big Jack
Retour au style AC/DC « classique ». Même martelée et très aigüe, la voix reste claire, comme la mélodie.

4.: Anything Goes
Rock tirant sur le Springsteen.

5.: War Machine
Une longue introduction qui fait monter la sauce pour ce titre très classique.

6.: Smash ‘n’ Grab
Plus calme et lent… Mais bon, cela reste du AC/DC tout de même !

7.: Spoilin’ For A Fight
Très martelé, très classique, mais très bon.

8.: Wheels
Un morceau rapide et plein d’énergie.

9.: Decibel
Les guitares se font ici plus calmes, la voix est plus mise en avant et c’est bon !

10.: Stormy May Day
Un titre qui met du temps à démarrer, mais ensuite, c’est toujours aussi bon.

11.: She Likes Rock ‘n’ Roll
Une chanson un peu plus en retrait par rapport au reste.

12.: Money Made
Du metal pur et dur, très puissant.

13.: Rock ‘n’ Roll Dream
Presque une ballade. Très bon en tout cas.

14.: Rocking All The Way
Un morceau plus rock que métal. Très propre dans la forme.

15.: Black Ice
Un morceau classique, à l’image de l’album, pour finir.

ONLY BY THE NIGHT (Kings of Leon) : Beaucoup de talent, pas encore de génie

onlybythenightkingsofleon

onlybythenightkingsofleonTravailler en famille n’est pas toujours gage de stabilité dans le monde du rock. La fin du groupe Oasis est là pour le prouver. Mais il est d’autres groupes pour montrer que la concorde familiale peut perdurer malgré le succès. Comme les Kings of Leon par exemple. Un groupe américain formé de trois frères et un cousin et qui a déjà signé quatre albums, dont ce Only by the Night, sorti en 2008. Un album qui a révélé le groupe au monde entier, notamment grâce au single Sex On Fire.

Les Kings of Leon sont généralement classés dans la catégorie rock alternatif. Bon, un jour, il faudra peut-être m’expliquer à quoi ce genre musical est une alternative… Enfin, c’est un autre débat. Personnellement, je dirais simplement que c’est du rock, avec un chanteur, un guitariste, un bassiste, un batteur. Bref, du grand classique.

Classique est d’ailleurs le mot qui me vient à l’esprit en pensant à Only by the Night. Mais ceci n’a rien de réellement péjoratif car les Kings of Leon constituent un des groupes les plus talentueux de la scène actuelle. Une maîtrise artistique très prononcée et qui découle sur une musique sans défaut. C’est propre, carré, soigné. Jamais le groupe ne semble perdre le contrôle et chaque note, chaque accord est à sa place, là où il doit être, quand il doit être et comme il doit être.

Only by the Night est donc un excellent album qui s’écoute avec un vrai plaisir. On appréciera le vrai travail artistique du groupe, qui ne se moque pas de son auditeur. Comme tout bon album de rock, on retrouve dans celui-ci l’alternance entre morceaux énergiques et ballades. Bizarrement, il se termine pas trois titres plus sombres, qui se ressemblent beaucoup et qui sont de loin les moins bons. Enfin, on leur pardonnera d’avoir un peu faibli sur la fin. Enfin, le premier titre n’est pas génial non plus. Heureusement, entre les deux, ça vaut largement le coup !

Mais vous l’aurez peut-être senti, j’ai quand même un petit bémol à exprimer à propos de Only by the Night. On va dire que aime bien châtie bien, alors je leur reconnais assez de talent pour pouvoir leur faire cette petite remarque. A force de maîtrise, leur musique perd un peu son esprit rock’n’roll parfois. C’est évident au niveau de la voix de Caleb Followhil qui garde une maîtrise parfois superflue. Le meilleur titre de l’album est pour moi Manhattan, le seul où il lâche vraiment les chevaux à ce niveau-là.

Les Kings of Leon maîtrisent à la perfection les fondamentaux du rock. C’est indispensable pour devenir un grand groupe, ce qu’ils sont incontestablement. Mais pour devenir un très grand, il faut savoir s’appuyer dessus pour donner toute la mesure de créativité et accepter de perdre parfois un peu le contrôle. Si un jour, ils y arrivent, ils pourront incontestablement faire de grandes choses et devenir l’égal de Muse, pour ne citer qu’eux.

Only by the Night est donc un excellent album, preuve d’un immense talent de la part des Kings of Leon. Mais le talent n’est pas tout à fait le génie. Et si on sent que ce dernier est à portée de guitare, on sait bien que ce dernier petit pas s’apparente parfois à un bien long chemin… C’est beau ce que je dis !

Pour finir, faisons le tour des titres que l’on trouve sur Only by the Night.

1.: Closer
Un morceau un peu psychédélique qui ne constitue pas une formidable ouverture.

2.: Crawl
Un morceau rock des plus classiques, propre, mais sans plus.

3.: Sex On Fire
Un single plein d’énergie.

4.: Use Somebody
Un autre single : une ballade rock assez réussie qui démontre une grande maîtrise.

5.: Manhattan
La voix du chanteur se lâche quelque peu et c’est tout de suite très bon.

6.: Revelry
Une ballade classique, encore une fois pleine de maîtrise.

7.: 17
Un morceau un peu plus transparent.

8.: Notion
Beaucoup de conviction, mais pas encore de réelle fantaisie.

9.: I Want You
Un morceau long, sombre et un peu chiant pour tout dire.

10.: Be Somebody
Dans la même veine que le titre précédent.

11.: Cold Desert
Un troisième titre assez similaire.

WILDERNESS (Brett Anderson) : Monotone et sans émotion

wildernessbrettanderson

wildernessbrettandersonParfois l’écoute d’un CD dont on ne sait rien peut aboutir sur de bonnes surprises, comme ce fut le cas avec mon avis musical précédent (Love, War and the Ghost of Whitey Ford, d’Everlast). Mais parfois, on tombe sur quelque chose de franchement décevant. Avec Wilderness de Brett Anderson, ce fut malheureusement le cas. Je ne dois pas avoir tout à fait les mêmes goûts que l’auteur de la critique élogieuse qui me l’avait fait mettre sur ma liste.

Brett Anderson, au-delà de sa carrière solo, est avant tout connu pour avoir été pendant de longues années le leader du groupe de brit pop Suede, qui s’est séparé en 2003, pour se reformer en 2010. Entre temps, il a pu sortir trois albums solo. Wilderness est le deuxième et est sorti en 2008.

Si je devais rapprocher la musique de Brett Anderson de celle d’un artiste connu, je citerai… William Sheller. Bon la comparaison peut surprendre, mais en gros, vous avez un chanteur à la voix pas spécialement transcendante, un piano… et c’est tout (enfin le plus souvent). Evidemment, il reste les textes, mais malgré ma maîtrise plus que correct de l’anglais, j’ai quand même un peu de mal à saisir le sens profond des chansons, comme ça, à brûle pourpoint.

Suede n’était déjà pas vraiment le groupe de brit’pop le plus énervé. En écoutant Wilderness, on comprend mieux pourquoi, tant Brett Anderson rechigne à mettre la moindre dose d’énergie dans ses chansons. Elles sont plus ou moins mélancoliques, mais cela reste tout de même largement sur un ton plutôt monocorde. Du coup, combien même, on trouve le premier titre joli, le second aussi, le troisième… au bout d’un moment on aimerait qu’il nous propose un peu autre chose.

Certains trouveront peut-être que je suis sévère. Effectivement, certains morceaux sont accompagnés à la guitare. Parfois le piano est accompagné de violons. Et la voix de Brett Anderson est quand même assez belle. Enfin tout ça ne casse pas des briques et tout semble interprété sans grande conviction. C’est beau, c’est propre, mais ne soulève réellement aucune émotion. On reste vraiment au stade d’écoute polie, sans être transcendée le moins du monde.

Le seul avantage de Wilderness est d’être relativement court. 9 plages, 35 minutes, cela renforce l’impression que Brett Anderson ne croit pas vraiment en ce qu’il chante. Mais bon, comme très vite la petite amorce de curiosité provoquée par le premier morceau s’éteint, on se dit que c’est mieux comme cela. D’ailleurs le titre Different Place reste le meilleur de cet album franchement pas inoubliable.

Wilderness de Brett Anderson séduira peut-être les fans de Suede…ou de William Sheller. Mais j’avoue ne faire partie d’aucune de ces deux catégories.

Pour finir, un rapide tour des morceaux que l’on trouve sur Wilderness.

1.: Different Place
La belle voix de Brett Anderson est poussée sur un air au piano très simple.

2.: Empress
Un ton plus mélancolique pour ce morceau, accompagné au violon.

3.: Clowns
Un morceau qui ressemble au précédent… sauf qu’il est accompagné à la guitare ce coup-ci.

4.: Chinese Whispers
Le piano et le violon sont présents ensemble pour un morceau qui possède un peu plus de force et de conviction, mais sans être super percutant.

5.: Blessed
Un titre lancinant et répétitif.

6.: Funeral Mantra
Un ton assez mystique pour ce morceau où l’on peut entendre des chœurs. Enfin, ça ne casse pas non plus des briques.

7.: Back To You
Un ton dramatique dans la voix, mais réellement créer d’émotion.

8.: Knife Edge
Des grands airs de violons rende ce morceau assez ridicule.

9.: P Marius
Un titre très épuré pour finir.

LOVE, WAR AND THE GHOST OF WHITEY FORD (Everlast) : Une surprise à chaque plage

lovewarandthegosthofwhiteyfordeverlast

lovewarandthegosthofwhiteyfordeverlastTrouver un artiste qui s’attaque à des genres très différents avec le même bonheur est un plaisir rare. Surtout quand on ne savait pas du tout à quoi s’attendre avant de commencer à écouter un album. C’était mon cas avec Love, War and The Ghost of Whitey Ford d’Everlast. Un nom qui me disait vaguement quelque chose, mais que j’avais bien du mal à situer. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que je ne m’attendais pas du tout à ça.

Alors Everlast, c’est un peu l’ancêtre d’Eminem. Un des premiers rappeurs blancs qui ne soient pas un guignol à la Kris Kross ou autre Ice MC. Mais son répertoire s’est très vite élargi et il touche désormais aussi bien au rock, au blues, au rap, à la country… et avec beaucoup de bonheur. Love, War and The Ghost of Whitey Ford en est la preuve. Un album aux multiples facettes, où l’on va de surprises en surprises. Et généralement très bonnes !

Il débute par un peu de fusion (terme consacré pour le mélange rap-rock) qui ne constitue pas vraiment le meilleur morceau de Love, War and The Ghost of Whitey Ford. Puis, on passe à une étonnante country bourrée d’énergie. J’avoue que ce changement de style inattendu m’a vraiment étonné. Et plutôt enthousiasmé puisque ce titre, Folsom Prison Blues, est vraiment excellent. A partir de ce moment-là, on ne sait jamais ce qui nous attend au détours des plages. Et c’est un vrai plaisir de se laisser surprendre ainsi tout au long de l’album.

On saute ainsi du coq à l’âne tout au long de Love, War and The Ghost of Whitey Ford, même si la qualité décroît quelque peu au fur et à mesure. Les titres gardent toujours beaucoup d’énergie. Cela maintient évidemment l’attention de l’auditeur du bout en bout. On ne s’ennuie jamais à cette écoute et cela fait vraiment plaisir de parcourir une œuvre d’une telle diversité et d’une telle densité. Everlast déploie le même talent quelque soit le genre abordé. Seuls les titres tirant sur l’électro sont un peu moins bons… Après, reste à savoir si c’est vraiment une question de qualité ou simplement de goût personnel.

Love, War and The Ghost of Whitey Ford a donc constitué pour moi une vrai et bonne surprise. Je ne savais pas à quoi m’attendre. Et j’avais peu de chance de m’attendre à qu’il allait me réserver, car j’aurais du, pour le coup, m’attendre à beaucoup de choses d’un coup. J’ai certes beaucoup d’imagination, mais peut-être pas à ce point. Bon, je commence à être lyrique, il est peut-être temps que je me calme. Enfin bon, je ne vais pas bouder mon plaisir devant cet album parfois réellement enthousiasmant et qui surtout nous change de ces productions tellement homogènes que l’on a du mal à distinguer une plage d’une autre.

Love War and The Ghost of Whitey Ford ravira donc les amateurs de musique énergique et inventive. Deux qualités que Everlast arrivent à mettre en œuvre de manières incroyablement variées avec le même bonheur.

Pour finir, regardons de plus près les titres de cet album.

1.: Kill The Emperor
De la fusion quelque peu martelée, mais qui manque un peu de punch.

2.: Folsom Prison Blues
Un morceau country survitaminé, déjanté et surtout excellent.

3.: Stone In My Hand
Un titre dans le même esprit que le précédent, toujours aussi bon mais avec des passages plus rock.

4.: Anyone
Une ballade sombre où la voix se fait plus ténébreuse. De facture très classique, mais très réussie.

5.: Die In Yer Arms
Retour à la fusion, mais très rock et surtout très pêchue cette fois-ci !

6.: Friend
Du folk très simple à la guitare sèche, mais le résultat reste toujours aussi excellent.

7.: Everyone
Un morceau moins intéressant, un rock-country lancinant et dissonant.

8.: Naked
Punk électro décousue. Le titre aurait pu être sympa, mais se révèle trop élaboré pour être sincère.

9.: Stay
Une ballade assez rock, mais surtout très bonne et puissante.

10.: Letters Home From A Garden Stone
Un rock puissant et martelé, mais qui manque un tantinet de relief.

11.: Tuesday Morning
Une ballade rock mélodique, pas mal, sans être géniale.

12.: Throw A Stone
Un intermède instrumental plutôt pêchu.

13.: Weakness
Un duo rock, tirant un peu sur le R’n’b. Un titre puissant, pas mal du tout.

14.: Dirty
Un rock électro moins bon que le reste.

15.: Ocean
Un morceau sans relief qui cherche son style.

16.: Let It Go
La voix se pose ici sur une instrumentation assez simple, pour un bel au revoir.

LIVE AT SHEA STADIUM (The Clash) : L’énergie en plus, l’émotion en moins

liveatsheastadiumtheclash

liveatsheastadiumtheclashBeaucoup de groupes prennent toute leur dimension sur scène. La musique se vit tellement plus intensément en live que derrière une platine. L’énergie transmise est alors décuplée et compense bien des défauts ou limites artistiques. Mais parfois, c’est l’inverse qui se produit. C’est le mixage en studio qui masque certaines faiblesses notamment vocales. Quiconque à déjà entendu Offspring en concert notamment saura à quel point on peut chanter faux et être une star internationale. A l’écoute de Live At Shea Stadium, on ne sait plus trop dans quelle catégorie se situe The Clash.

J’ai fréquenté plusieurs fois les concerts des Wampas pour savoir que dans un concert punk, on se laisse porter par l’énergie et on saute partout en même temps que tout le monde. Peu importent les mélodies, peu importent les paroles, seul importe l’enthousiasme communicatif du groupe sur scène. Alors on peut imaginer qu’assister à un concert du plus grand groupe punk de l’histoire devait constituer une expérience unique et sûrement pas décevante, avec une réelle communion entre The Clash et son public.

Mais voilà, dans Live At Shea Stadium, on aimerait bien entendre un peu ce dernier. La plus grande faiblesse de cet album, c’est la qualité de l’enregistrement. On a parfois l’impression que The Clash joue devant un grand espace vite ou bien un public totalement silencieux, et on peut facilement imaginer que ce n’était pas le cas. Certes, quelques fois, on devinerait presque sa présence sur les titres les plus connus notamment, en particulier Should I Stay or Should I go, mais on n’a pas du tout l’impression d’être plongé au cœur du concert.

Du coup, Live At Shea Stadium nous fait écouter les titres de The Clash en version live, mais sans l’émotion qui colle à ce genre d’enregistrement. On retient donc surtout la voix qui parfois déraille et les mélodies jouées avec plus d’enthousiasme que de maîtrise. Le résultat est naturellement beaucoup moins bon qu’une version studio et rien ne vient vraiment rattraper le coup. En plus, les titres sont rarement très différents des versions que l’on connaît habituellement. Pas de solos plus longs ou de reprises sur un ton vraiment différent. Il n’y a que le découpage de The Magnificent Seven en deux parties, entrecoupées par Armagideon Time, qui modifie radicalement (et encore) la structure d’un de leurs titres.

Il est vraiment dommage qu’un tel groupe de légende ait eu droit à un enregistrement d’une qualité aussi médiocre. Sa sortie tardive, en 2008 alors que le concert a eu lieu en 1982, montre bien que les producteurs de l’époque ne l’avaient pas jugé digne d’en faire un album. Ce n’est toujours pas le cas 26 ans plus tard, mais cela viendra très certainement arrondir les fins de mois des membres du groupe. Comme quoi, même le punk peut être victime des dérives du marketing.

Néanmoins, abstraction faite de la médiocrité de l’enregistrement, Live At Shea Stadium nous permet de retrouver tout ce qui a fait la légende de The Clash. De superbes moments de musique punk avec les célèbres London Calling, Rock in the Casbah ou évidemment Shoud I Stay or Should I Go. Mais, ce groupe s’est aussi démarqué par un univers musical qui a souvent débordé de ses frontières initiales, avec notamment quelques titres qui mélangent avec bonheur reggae et rock.

Live At Shea Stadium ravira peut-être tous ceux qui ont assez d’imagination pour compenser la médiocrité de l’enregistrement. Pour les autres, surtout ceux comme moi qui n’auront jamais la chance de les voir en concert, il en résulte surtout une grande frustration.

Avant de se quitter, regardons d’un peu plus près les titres que l’on trouve sur cet album.

1.: Kosmo Vinyl (introduction)
Le groupe est introduit.

2.: London Calling
Un immense classique. Un des rares titres où on apprécie vraiment la version live.

3.: Police On My Back
Le groupe joue un peu plus avec le public, mais on sent malheureusement trop peu son enthousiasme.

4.: Guns Of Brixton
Un morceau plus mélodique, même si ça reste du punk. Le chanteur a parfois la voix qui déraille un peu.

5.: Tommy Gun
Le mixage entre voix et instrumentation n’est pas vraiment une réussite, même si l’énergie déployée compense partiellement.

6.: Magnificent Seven
Une version qui sonne assez différemment de la version studio. Plus énergique, plus brute, moins élaborée.

7.: Armagideon Time
Un reggae révélateur de l’élargissement de l’univers musical de The Clash au cours de leur carrière.

8.: Magnificent Seven (return)
Retour très énergique de ce titre.

9.: Rock The Casbah
Un classique où on regrette vraiment de ne pas entendre le public.

10.: Train In Vain
Assez proche de la version studio. Vue la piètre qualité de l’enregistrement, c’est plutôt une bonne nouvelle.

11.: Career Opportunities
Du punk pur et dur. Et c’est bon !

12.: Spanish Bombs
Un autre titre où le mixage entre voix et instrumentation est très approximatif.

13.: Clampdown
Une version live qui ne révolutionne vraiment pas ce titre.

14.: English Civil War
Le groupe joue enfin vraiment le public… Du Bruel avant l’heure !

15.: Should I Stay Or Should I Go
Le plus grand classique du groupe. On sent le public vraiment vibrer… mais de trop loin pour vraiment l’apprécier.

16.: I Fought The Law
Un bon morceau punk énergique pour finir.

EXIT STRATEGY OF THE SOUL (Ron Sexsmith) : Pour le repos des oreilles et de l’esprit

exitstrategyofthesoulronsexsmith

exitstrategyofthesoulronsexsmithLe grand Ouest américain nous a donné bon nombre des plus grands songwriters country-folk. Mais un peu plus au Nord, ils savent également se défendre sur ce terrain. Ron Sexsmith est un auteur-compositeur canadien qui nous offre, avec Exit Strategy of the Soul, un bel album.

La musique de Ron Sexsmith fait souvent penser à ce que Paul McCartney nous a offert lors de sa carrière solo. Une musique assez simple qui navigue entre pop, folk et country. Par contre, au niveau de la voix, on a parfois l’impression d’entendre Thom Yorke, le chanteur de Radiohead, sans toutefois la même présence. Une voix qui navigue plutôt dans les aigus, claire et reposante. La musique de Ron Sexsmith n’a donc rien de révolutionnaire, mais ça ne lui enlève rien de ses nombreuses qualités.

Exit Strategy of the Soul se compose essentiellement de ballades et de quelques morceaux plus enjoués, mais qui restent relativement calmes. Cependant, les morceaux ne se ressemblent pas, sûrement à cause de la diversité des instrumentations que j’évoquais précédemment. Il n’y a pas vraiment de style Ron Sexsmith. Il navigue d’un genre à l’autre, sans jamais beaucoup s’éloigner, mais en proposant tout de même des morceaux toujours différents. Il y a quelques morceaux un peu plus pop sucrée, mais avec toujours un style un peu rétro, qui ne fera pas fuir les allergiques à la brit’pop pure et dure.

Exit Strategy of the Soul est très agréable à écouter. La qualité des morceaux est relativement homogène. Deux ou trois sont un peu plus en retrait, mais rien de bien méchant. A l’inverse, aucun titre ne se dégage vraiment. Qualité ou défaut, le débat reste entier, mais on ne pourra pas reprocher à cet album d’être globalement très bon. Alors certes, il ne tournera peut-être pas des heures en boucle sur votre platine, mais pour un moment de calme et de détente, il peut alors coller parfaitement à l’humeur du moment.

Exit Strategy of the Soul de Ron Sexsmith est donc à conseiller à tous ceux qui apprécient les bons albums folk-country, qui reposent l’esprit et les oreilles.

Pour finir, faisons le tour des morceaux que l’on retrouve sur Exit Strategy of the Soul.

1.: Spiritude (instrumental)
Courte introduction au piano

2.: This Is How I Know
Une jolie ballade, au style un peu rétro, et des faux airs de Paul McCartney.

3.: One Last Round
Un morceau plus gai et entraînant.

4.: Ghost Of A Chance
Une chanson plus country. La voix se fait ici plus grave et plus profonde.

5.: Thoughts And Prayers
Une ballade triste et mélancolique, pas pour le coup, un peu lancinante.

6.: Brandy Alexander
La voix est ici plus claire, pour un morceau tirant sur la pop sucrée.

7.: Traveling Alone
Une très bonne ballade rythmée entre folk et country.

8.: Poor Helpless Dreams
Un titre country enjoué et sympathique.

9.: Hard Time
Une ballade plus moderne, mais aussi un peu plus transparente.

10.: Impossible World
Un titre pop sucré, enjoué et rythmé.

11.: Chased By Love
Une ballade simple et épurée qui permet de profiter pleinement de la voix de Ron Sexsmith.

12.: Brighter Still
Un morceau qui manque quelque peu de conviction.

13.: Music To My Ears
Un mélange entre Mc Cartney et Radiohead.

14.: Dawn Anna (instrumental)
Courte conclusion au piano. 

ME AND ARMINI (Emiliana Torrini) : Un tube et quelques belles ballades

meandarminiemilianatorrini

meandarminiemilianatorriniCertains albums méritent une deuxième écoute, voire une troisième ou une quatrième. C’est visiblement le cas de Me and Armini d’Emiliana Torrini. Un album que j’avais écouté sur Deezer, il y a de nombreux mois déjà et qui m’avait autant déçu que j’aime le single Jungle Drum, ce qui n’est pas peu dire. Malgré ça, je n’ai pas pensé à le retirer de ma liste de CD à écouter… J’ai donc décidé de lui laisser une seconde chance. Même si l’enthousiasme n’est toujours pas au rendez-vous, je ne le considère plus avec la même oreille.

Emiliana Torrini est une chanteuse… islandaise, née de père italien. Elle s’est fait connaître notamment en interprétant Gollum’s song, la chanson du générique de fin des Deux Tours, deuxième volet du Seigneur des Anneaux… Remarquez « fait connaître » est un bien grand mot puisque j’ai eu connaissance de cette information, il y a à peu près… trente secondes en allant sur Wikipedia. Pourtant ce morceau est une de mes chansons préférées, dont j’étais effectivement incapable de nommer l’interprète. En tout cas, Me and Armini est son 5ème album, sorti en 2008, et premier à connaître un succès international aussi large.

En fait, j’ignorais également qu’elle était islandaise avant de consulter sa page Wikipedia. Mais cela ne m’a pas tant étonné que ça puisque j’avais prévu de consacrer une large partie de cette critique sur le fait que la musique d’Emiliana Torrini rappelle souvent celle de… Björk. Tout de suite, cette ressemblance est nettement moins étonnante. Bon, d’un point de vue personnel, c’est un peu embêtant car parmi les artistes que je ne supporte pas, figure justement Björk. Donc autant vous dire que les morceaux de Me and Armini où le parallèle est le plus frappant ne sont pas ceux qui m’ont le plus enthousiasmé.

Bon, pour être honnête, à part Jungle Drum, aucun titre ne m’enthousiasme vraiment. Ce dernier le fait assez pour que cet album ne rejoigne pas directement le néant et l’oubli. Cependant, malgré cette deuxième écoute plus positive, je ne peux que conserver la déception due au fait que le reste ne soit pas du même acabit. En fait, ce single n’est pas du tout caractéristique des morceaux que l’on trouve sur Me and Armini. Un tube bourré d’énergie et onze autres chansons sur le mode ballade douce. Je ne m’attendais pas du tout à ça la première fois, c’est sans doute pour ça que j’ai eu cette réaction si négative. Au deuxième essai, j’ai pu lui laisser une chance.

Mais force est de constater que ces ballades restent relativement hétérogènes niveau qualité. On passe du folk à l’électro, mais les titres donnent quelque peu l’impression de tourner en rond. Après la dernière plage, on se dit qu’il était temps que ça s’arrête car Emiliana Torrini n’avait plus rien à nous apporter. On retiendra tout de même les morceaux Birds, Ha Ha et surtout Beggar’s Prayer. Le reste est beaucoup plus moyen, surtout pour un allergique à Björk comme moi. Heard it all Before, Hold Heart et Dead Duck sont les trois morceaux que je jetterai si on m’avait demandé mon avis. On ne me l’a pas demandé, mais ça ne m’empêche pas de le donner.

Reste la voix d’Emiliana Torrini. Si je la trouvais sublime dans Gollum’s Song, dans les titres de Me and Armini, elle touche à ses limites. Or, quand on tourne autant sur le registre de la ballade, on se doit de posséder un organe particulièrement envoûtant. Ce n’est pas le cas, même s’il possède une vraie personnalité. Cependant, je trouve le mieux mis en valeur dans un titre plus énergique comme Jungle Drum.

On retiendra donc de Me and Armini un titre génial et le reste plus moyen et assez inégal. Mais je reste persuadé que les amateurs de ballades électro auront un bien meilleure opinion que moi sur cet album qui, sans se démarquer spécialement, reste plutôt réussi.

Pour finir, faisons le tour des titres que l’on trouve sur Me and Armani.

1.: Fireheads
Un rock tout en retenue, comme s’il s’agissait de l’introduction d’un titre qui ne démarrerait jamais.

2.: Me And Armini
La voix d’Emiliana Torrini se superpose à un rythme plutôt qu’à une réelle mélodie. La voix est belle, mais sans être exceptionnelle.

3.: Birds
Une ballade douce, sucrée et surtout très sympa.

4.: Heard It All Before
Un rythme envoûtant pour une chanson qui rappelle fortement Björk. Problème… Je déteste Björk !

5.: Ha Ha
Une ballade assez sombre, mais assez réussie.

6.: Big Jumps
Un morceau enjoué et entraînant.

7.: Jungle Drum
Le tube de l’album, bourré d’énergie. Vraiment enthousiasmant !

8.: Hold Heart
Une chanson douce, accompagnée à la guitare, mais un peu décousue… Rappelle une nouvelle fois l’autre grande star islandaise.

9.: Gun
Un titre qui donne la même impression que celui qui ouvre l’album.

10.: Beggar’s Prayer
Un morceau doux et épuré, plus folk que les précédents, mais très bon.

11.: Dead Duck
Un titre électro, sans intérêt.

12.: Bleeder
Une nouvelle chanson douce et épurée pour finir, mais qui n’apporte rien de nouveau.

OH (OHIO) (Lambchop) : Intimiste mais pas convivial

ohohiolambchop

ohohiolambchopAprès m’être rajeuni les tympans avec du Metallica, je pense que je ne pouvais guère faire plus diamétralement opposé en découvrant le groupe Lambchop et leur album Oh (Ohio). De la musique folk-country douce, très douce, épuré, très épuré… Un peu trop même parfois.

Originaire de Nashville, Tennessee, ville ô combien symbolique de la culture musicale américaine, ce groupe s’apparente plus à un collectif, tant les musiciens qui y participèrent furent nombreux au cours de leur 25 années d’expérience. Cependant, Lambchop possède une figure centrale, nommée Kurt Wagner… Que les amateurs de Comics se rassure, il n’a rien en commun avec le membre des X-Men. Son truc à lui, c’est plus le chant.

Sa voix est d’ailleurs de loin l’élément le plus marquant de la musique de Lambchop. Une voix qui reste toujours très en-dedans et qui est souvent plus proche du murmure que d’un concert de Lara Fabian… Bon pour le coup, on ne s’en plaindra pas, mais il est vrai que c’est parfois un peu déstabilisant. Cela crée une certaine intimité, mais pas vraiment de complicité. On a parfois l’impression que Kurt Wagner chante dans son coin, sans vouloir nous faire partager sa musique.

Et c’est bien dommage car ce qu’on entend est plutôt agréable aux oreilles. Les mélodies font parfois penser à du Cat Stevens… mais sans la voix de ce dernier, bien au contraire. A la fois, cette caractéristique donne sa personnalité à la musique de Lambchop. On est heureux d’écouter quelque chose qui sort un peu de l’ordinaire. Mais voilà, peut-être que je suis un peu trop conformiste en la matière, les meilleurs morceaux, National Talk Like a Pirate Day et Close Up, sont ceux à la sonorité la plus classique. Elles ne perdent rien de leur beauté et gagnent énormément en « convivialité ».

Cependant, Oh (Ohio) m’a quand même globalement plu. Simplement, il est un peu frustrant dans le sens où on a fortement l’impression qu’il aurait fallu peu de chose pour qu’il soit vraiment magnifique, même s’il aurait perdu une large part de son originalité. Mais bon, avec des si, on prêterait du talent à Justin Bieber, alors arrêtons un peu de vouloir changer ce qu’il ne le sera jamais. Ce sont les choix artistiques de Lambchop et Kurt Wagner, respectons-les.

La version de Oh (Ohio) que j’ai en ma possession comporte deux CD. Le second ne compte que cinq titres, pour la plupart de nouvelles versions de morceaux présents sur le disque principal. Il y en a de deux types, celles où la version est encore plus douce et elle est à mon sens moins bonne… Et celle où Lambchop y met un tout petit peu plus d’énergie et c’est tout de suite meilleur.

Oh (Ohio) est donc un album folk très intimiste, mais qui aurait peut-être gagné à être plus convivial… En tout cas, je suis super fier de ma conclusion !

Pour finir, faisons le tour des morceaux que l’on trouve sur ce double album.

Disque 1

1.: Ohio
Chanson très intimiste, presque murmurée.

2.: Slipped Dissolved And Loosed
Une chanson douce, avec un rien de Cat Stevens dans la mélodie.

3.: I’m Thinking Of A Number (Between 1 and 2)
Un morceau plus sombre, plus mélancolique.

4.: National Talk Like A Pirate Day
Un titre plus dynamique, la voix se fait plus claire. Un peu d’énergie, ça fait du bien !

5.: Hold Of You
Un morceau aux allures de slow très épuré.

6.: Sharing A Gibson With Martin Luther King Jr
Une chanson plus rythmées, quelques accords rock se faisant entendre.

7.: Of Raymond
Une ballade douce et épurée.

8.: Please Rise
Une chanson triste et un peu lancinante.

9.: Popeye
Un morceau très épuré, très lent.

10.: Close Up
La voix est ici plus claire, plus poussée pour un très beau résultat.

11.: I Believe In You
Un titre à nouveau murmuré sur une instrumentation minimaliste.

Disque 2

1.: Please Rise
Une reprise moins lancinante, plus dynamique.

2.: Slipped Dissolved And Loosed
Une version plus triste et mélancolique.

3.: Chelsea Hotel #2
Une chanson douce et encore une fois relativement minimaliste.

4.: Close Up
Une version plus mélancolique.

5.: Of Raymond
Une belle version, plus douce. 

DEATH MAGNETIC (Metallica) : Le metal qui m’a fait rajeunir

deathmagneticmetallica

deathmagneticmetallicaLorsque j’étais adolescent, ce qui chaque année remonte désespérément un peu plus loin, j’ai eu ma période « j’écoute du metal ». Bon, c’était alors les Guns and Roses que j’idolâtrais, ayant même un grand poster dans ma chambre, mais je ne crachais pas alors sur Metallica. Cette phase s’est assez vite terminée et j’avoue avoir réécouté certains albums qui tournaient à l’époque en boucle dans la chambre et les avoir trouvés parfois très mauvais. Mais bon, jamais contre un coup de jeune, j’ai récemment mis la main sur Death Magnetic de Mettalica.

Il s’agit du 9ème album du groupe, sorti en 2008 et le dernier en date. Il vient après cinq ans d’attente, qui ont paru particulièrement longue pour les fans. Il devint numéro un des ventes dans de nombreux pays, s’étant notamment écoulé à 75 000 exemplaires en France et près de deux millions aux Etats-Unis.
 

Je dois bien avouer que l’écoute de Death Magnetic m’a fait bien perdre quelques années le temps des dix chansons qui le composent. J’ai presque eu envie de m’habiller de cuir et de me laisser pousser les cheveux. Si Metallica dure de cette matière, à l’image d’AC/DC, c’est que c’est un des rares groupes capables de concilier l’énergie qui caractérise ce genre musical et le développement de réelles lignes mélodiques. J’ajouterais également une capacité à articuler un minimum. James Hetfield chante réellement, il ne se contente pas de beugler le plus fort possible dans son micro comme certains de ses collègues. Certes, il a parfois un peu tendance à marteler les paroles, mais certainement moins que beaucoup d’autres groupes. Et puis, c’est aussi le genre musical qui veut ça.

Death Magnetic comporte des titres plus ou moins basiques. Ce dernier terme n’est pas péjoratif, c’est juste que je n’en ai pas trouvé de meilleurs. Disons que le groupe revient parfois aux fondamentaux du metal et nous livre des moments d’énergie pure, sans fioriture aucune. Ca fonctionne parfois parfaitement, même si parfois, notamment avec le titre Day That Never Comes, cela perd du coup quand même un peu de son intérêt.

Les titres un peu plus mélodiques sont pour moi les meilleurs de Death Magnetic. J’admets volontiers, qu’au-delà de leurs intérêts artistiques intrinsèques, cela vient de mes goûts musicaux personnels qui ne sont pas ceux d’un fan de metal. De mon point de vue, Broken Beat and Scarred est le titre le plus intéressant de l’album, même si That Was Just Your Life ou Judas Kiss le sont également, bien que beaucoup plus « basiques ».

Globalement, j’ai pris énormément de plaisir à écouter Death Magnetic, bien que, encore une fois, il appartient à un genre musical qui est loin d’être un de mes genre de prédilection. Peut-être est-ce parce qu’il est plus abordable. Mais j’y ai surtout vu un gage de qualité pour un groupe qui domine la scène métal depuis de très nombreuses années. Ce n’est jamais pour rien !

Death Magnetic a donc pris une place de choix dans ma discothèque qui a pris un petit coup de jeune et surtout beaucoup d’énergie et de puissance.

Pour finir, un petit tour des morceaux que l’on trouve sur Death Magnetic.

1.: That Was Just Your Life
Très énergique. Les paroles sont quelque peu martelées, mais le résultat est très bon.

2.: End Of The Line
Plus basique, mais reste très bon dans le genre.

3.: Broken Beat And Scarred
Plus mélodique, plus sur le ton de la ballade, mais garde une grande énergie

4.: Day That Never Comes
Retour aux fondamentaux avec ce titre, peut-être un peu trop basique pour le coup.

5.: All Nightmare Long
Un morceau qui va crescendo, plein d’énergie et de puissance.

6.: Cyanide
Dans la continuité du titre précédent, mais sans la montée en puissance. Moins intéressant du coup.

7.: Unforgiven III
Une très belle ballade, très énergique.

8.: Judas Kiss
Retour à un style plus basique, mais parfaitement maîtrisé.

9.: Suicide And Redemption
Un titre instrumental qui permet de se remettre de ses émotions.

10.: My Apocalypse
Un titre très martelé, un peu moins bon que le reste.