ATTIC THIEVES (Ralfe Band) : Folk britannique

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atticthievesralfebandPour commencer cette année musicale 2011, un avis sur un nouveau groupe dont j’ignorais tout avant d’écouter leur album. Il s’agit de Rafle Band et leur album Attic Thieves. Une ambiance folk-rock pour un disque qui porte très bien son nom. « Pilleurs de Grenier » est tout à fait symptomatique de leur musique, aux multiples influences.

Ralfe Band est un groupe anglais, composé autour de Oly Ralfe qui a donné son nom au groupe. L’autre membre principal est le batteur Andrew Mitchell. Le groupe s’est formé en 2005 et Attic Thieves est leur deuxième album. Ils ont récemment composé la bande-originale d’un film anglais qui n’est pas sorti en France, ce qui limite terriblement l’intérêt de cette information que je partage néanmoins avec vous.

Ralfe Band puise ses influences dans de brillants prédécesseurs, comme Bob Dylan notamment, dont l’influence est celle qui se fait le plus sentir. La musique d’Attic Thieves a un fort côté rétro. Il n’y a donc pas de grande originalité, mais ça n’enlève rien au talent du groupe. La plupart des titres sont très agréables. Cela tourne souvent autour de la ballade, mais le rythme est aussi parfois plus enjoué. Enfin, ne vous attendez pas non plus à pogotez sur un de leur morceau !

Le seul principal reproche que j’adresserais à Attic Thieves est la présence de trois morceaux instrumentaux dont l’intérêt reste à démontrer. Cela pourrait constituer de petites pauses, mais vu le ton plutôt calme de l’album, on n’en ressent pas le moindre besoin. Cela aurait pu constituer néanmoins de beaux morceaux, mais honnêtement, je n’ai pas trouvé qu’il s’agissait là des mélodies les plus intéressantes de l’album. Enfin bon, cela reste assez anecdotique et n’enlève rien à la qualité globale de l’album.

En dehors de ces trois épiphénomènes, les autres titres sont d’une qualité relativement homogène. Pas de grand trait de génie, mais pas de morceaux franchement ratés non plus. Seul le titre Lost Like Gods m’a plutôt déplu. Globalement, beaucoup de titres de Attic Thives ont un aspect un peu évaporé symptomatique de la personnalité sonore de ce groupe. Mais ce morceau pousse le bouchon un peu loin. On dirait du mauvais Gorillaz…

Globalement, Attic Thieves de Ralfe Band s’adresse aux amateurs de belles mélodies et de folk calme. Ce dernier genre puise souvent ses racines dans une culture typiquement américaine. Ici l’influence européenne et encore plus britannique se fait largement sentir. Cela n’apporte pas forcément une originalité folle, mais donne un minimum de personnalité à ce groupe et à cet album.

On peut donc espérer que Ralfe Band continuera longtemps à piller dans les greniers musicaux.

Pour finir, regardons plus en détails les titres qui composent Attic Thieves.

1.: Open Eye
Un titre entre rock, folk et country fort sympathique.

2.: Stumble
Une ballade entraînante et rythmée.

3.: Big Head
Un premier instrumental sans grand intérêt.

4.: Mirror Face
Une chanson douce, presque murmurée, qui nous berce agréablement.

5.: Platform Boy
Une ballade plus pop, avec un son bien britannique et rétro.

6.: Attics
Un nouvel instrumental qui laisse froid.

7.: Helmutsine
Une chanson légère, où la voix du chanteur est légèrement déformée, pour un résultat plutôt sympa.

8.: St. Mark’s Door
Une ballade mélancolique et mélodieuse.

9.: Two Lorenzos
Un dernier instrumental, très court cette fois-ci.

10.: Lost Like Gods
Une chanson dans les aiguës, ce qui lui fait perdre de son naturel et donne un résultat trop évaporé.

11.: Ice Is On My Hands
Une ballade folk plutôt réussie.

12.: Queen Of Romania
Un titre au rythme entraînant et enjoué. 

FLEET FOXES (Fleet Foxes) : Chorale folk rock

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fleetfoxesfleetfoxesNouvelle découverte aujourd’hui, avec le groupe Fleet Foxes et leur premier album du même nom, dont je n’avais jamais entendu parlé avant de l’écouter. Remarquez c’est un peu logique puisque ces jeunes gens refusent de signer avec une grande maison de disque pour des raisons philosophiques. Bon du coup, niveau marketing, ils ne peuvent guère compter que sur le bouche à oreille, auquel je vais justement participer.

Le côté rebelle de ce quintette américain leur vient peut-être de la ville dont ils sont originaires. Seattle, patrie du grunge, de Nirvana et de Pearl Jam. Mais leur style musical est très différent de leurs illustres prédécesseurs. Le groupe nous livre une musique rock-folk qu’ils définissent eux même comme « baroque harmonique »… rien que ça ! Même si vous ne voyez pas vraiment à quoi ça peut ressembler, au moins, ça sonne très bien !

En fait, à leur écoute, j’ai d’abord pensé à I’m From Barcelona, la chorale pop suédoise qui nous avait enchantés il y’a quelques temps. En effet, chez Fleet Foxes, il y’a un gros travail sur les voix, la façon dont elles s’entremêlent et aussi leur profondeur. Le groupe utilise très souvent les effets d’écho pour donner l’impression qu’ils chantent dans un espace à la fois large et raisonnant…comme une église par exemple. Bon, rassurez-vous, on n’a jamais l’impression d’entendre de la musique de messe (sauf peut-être avec le titre Heard The Stirring), mais il y’a vraiment un effet « chorale ».

Mais contrairement aux Nordiques que j’évoquais plus haut, la musique de Fleet Foxes n’est que rarement sur un ton entraînant. Leur musique est très évaporée, presque psychédélique, toujours douce, mélancolique parfois. Le tout est surtout toujours agréable à écouter, pas forcément enthousiasmant, mais d’une réelle qualité musicale. On peut certes trouver qu’ils abusent un peu de l’effet chorale dont je parlais, mais au moins cela donne une certaine identité à leur musique.

Fleet Foxes est un album relativement homogène. Seul le titre Meadowlarks est nettement plus en retrait, manquant singulièrement de relief. Le reste se laisse écouter avec plaisir et même si les titres ne sont pas d’une variété immense, on navigue entre folk et rock. On reste cependant quasiment toujours dans le registre de la ballade. Il manque sans doute à cet album un vrai single accrocheur pour leur donner une renommée supplémentaire, même s’ils sont visiblement plutôt motivé par l’art pour l’art… Enfin, je doute qu’il refuse de voir trop de monde acheter leur album.

Fleet Foxes est le premier album du groupe, sorti en 2008. Un nouvel opus est en préparation. Il s’agit vraiment d’un groupe à suivre car leur musique recèle bien des promesses. Nombreux sont les groupes qui ne les tiennent jamais, mais espérons que celui-ci voit au contraire leur style s’affirmer et se perfectionner avec la maturité. En tout cas, c’est tout le mal qu’on leur souhaite.

Fleet Foxes constitue donc un album pour tous ceux qui apprécient la musique folk et rock vraiment mélodique. Vous ne sauterez peut-être pas d’enthousiasme à son écoute, mais vous ne perdrez sûrement pas votre temps à l’écouter.

Pour finir, faisons le tour des titres que l’on trouve sur cet album.

1.: Sun It Rises
Une ballade entre folk et country très douce.

2.: White Winter Hymnal
Le premier titre qui donne l’impression d’être chanté une chorale, sur un air sympathique et entraînant.

3.: Ragged Wood
Un morceau plus rock, un peu rétro mais surtout très bon.

4.: Tiger Mountain Peasant Song
Une ballade très mélodique.

5.: Quiet Houses
Une chorale folk tirant sur le psychédélique.

6.: He Doesn’t Know Why
Toujours cet effet chorale, mais avec un son beaucoup plus pop.

7.: Heard Them Stirring
Une courte intro au piano qui laisse place à une chorale presque religieuse.

8.: Your Protector
Les voix sont ici particulièrement mises en avant, donnant une certaine dimension à ce morceau.

9.: Meadowlarks
Un son un peu rétro pour une ballade pas terrible.

10.: Blue Ridge Mountains
Une ballade dynamique et agréable.

11.: Oliver James
Une ballade très épurée pour finir.

STAY POSITIVE (The Hold Steady) : Rock fondamental

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staypositivetheholdsteadyParfois, cela fait du bien d’oublier les fioritures et de revenir aux fondamentaux. Un son pas forcément très original, pas forcément très élaboré, mais plein d’énergie. Bref, du rock, du vrai. Et bien pour cela, il suffit d’écouter The Hold Steady et leur album Stay Positive.

The Hold Steady est un groupe américain, originaire de New-York. Il est composé de quatre membres, avec devinez quoi ?! Et oui, un chanteur, un guitariste, un bassiste et un batteur, bingo ! Rien d’étonnant pour un groupe qui définit sa musique comme « riff-heavy mixture of classic rock ». Bon j’ai bien essayé de traduire, mais je n’ai pas trouvé de résultat satisfaisant. Enfin, de toute façon, je pense que c’est assez clair.

Stay Positive est le quatrième album de The Hold Steady, sorti en 2008. Mais par la nature-même de leur musique, cet album est largement intemporel. D’ailleurs, on est dans le bain dès la première chanson, Constructive Summer, Du rock que certains qualifieront de basique, mais qui reste très agréable à écouter par l’énergie qu’il véhicule. Tout le reste de l’album est dans cette droite lignée, entre rock très classique et pop énervée.

Alors évidemment The Hold Steady ne fait pas partie de ces groupes qui inventent la musique d’aujourd’hui et de demain. Mais l’interpréter avec autant de talent et de punch constitue déjà une preuve de grand talent. Stay Positive pourrait presque être un album de Bruce Springsteen. C’est sûrement à ce dernier artiste que ce groupe s’approche le plus à mon sens. Mais c’est là qu’on peut mesurer la différence entre un géant de la musique et un groupe qui se contente d’être bon. Mais bon, il y’en a tellement qui se contentent d’être mauvais.

En fait, Stay Positive est un album que l’on pourrait qualifier de « familial ». Si vous aimez les White Stripes, si votre père collectionne les disques du boss et si votre grand-père a grandi avec les airs de guitare de Chuck Berry, vous pouvez tous vous rassembler autour de la musique de The Hold Steady. Ca changera de Mon Beau Sapin ou Petit Papa Noël de Tino Rossi en ces périodes de fête.

En fait, le seul vrai reproche que l’on peut faire à l’encontre de Stay Positive est une certaine hétérogénéité. Sur les 11 titres de l’album, il y’en a trois ou quatre un peu plus en retrait, qui semblent moins aboutis que le reste. A l’inverse, aucun morceau ne se détache vraiment des autres et possèderait l’étoffe d’un tube. Mais bon, ne soyons pas trop sévère non plus, on parcourt cet album du début à la fin avec un plaisir non feint, car jamais The Hold Steady ne lâche au niveau de l’énergie qu’ils insufflent dans leur musique.

Stay Positive de The Hold Steady nous propose donc un rock énergique et transgénérationnel. Rien de génial certes, mais beaucoup d’énergie.

Avant de nous quitter, un petit tour des titres que l’on trouve sur cet album.

1.: Constructive Summer
Un morceau qui nous plonge directement dans le vif du sujet. C’est rock, c’est bon !

2.: Sequestered In Memphis
Entre rock et pop énervée, mais surtout vraiment bon.

3.: One For The Cutters
Le seul titre un tout petit peu original, avec l’utilisation surprenante d’une sorte de clavecin.

4.: Navy Sheets
Un morceau un peu brouillon, mais l’énergie demeure.

5.: Lord I’m Discouraged
Une ballade sympa, même elle manque un peu d’ampleur.

6.: Yeah Sapphire
Un titre pop très rock, plein de fraîcheur.

7.: Both Crosses
Un nouveau titre un peu brouillon.

8.: Stay Positive
Un morceau plus parlé que chanté, pas forcément d’un intérêt énorme.

9.: Magazines
Un titre très bon, très propre, très maîtrisé.

10.: Joke About Jamaica
Une chanson un peu décousue, pas mal mais sans plus.

11.: Slapped Actress
Un titre rock très classique mais excellent pour finir.

HOME BEFORE DARK (Neil Diamond) : 67 ans, mais toutes ses dents

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homebeforedarkneildiamondA une époque le mot country m’aurait fait dresser les cheveux sur la tête. Des cow-boys sur le retour, poussant des vocalises ridicules, pensant que le banjo et l’harmonica sont les instruments les plus intéressants de la création. Très peu pour moi ! Il y’a 10 ans, j’avais croisé un Canadien Anglophone qui m’avait parlé de son désespoir de voir son père fan de country, le style de musique le plus ringard qui soit… Et j’avais alors totalement partagé son désarrois. Désormais, les choses ont un peu changé.

Bien sûr, je n’aime toujours pas les cow-boys sur le retour poussant des vocalises ridicules. Mais j’avoue que dans ma discothèque commencent à fleurir quelques albums qui peuvent ranger dans ce genre musical. Une country qui tire souvent sur le rock, le blues ou le folk, mais de la country quand même. Et quoi de mieux alors que d’écouter la crème de la crème comme Neil Diamond par exemple.

Neil Diamond fait partie de ces géants de la musique que la renommée a quelque peu oublié. Enfin de ce côté de l’Atlantique, parce qu’il reste une icône de l’autre côté. En 2008, avec Home Before Dark, à 67 ans, il devient l’artiste le plus âgé à occuper la tête des ventes de disques aux USA. 67 ans, mais de beaux restes, après une carrière riche d’une trentaine d’albums entre 1966 et aujourd’hui. Il est l’auteur de tubes comme Sweet Caroline, Red, Red, Red Wine ou Girl, You’ll be a Woman Soon qui connurent la postérité interprétée par d’autres.

Home Before Dark est l’œuvre d’un artiste n’ayant plus rien à prouver et qui est sûr de son art. Sa voix magnifique ne porte en rien le poids des ans et contribue largement au charme exceptionnel de cet album. Après reste des mélodies, beaucoup de ballades, qui la mettent parfaitement en valeur, envoûtantes souvent, parfois superbes. Il n’y a vraiment rien à jeter, tous les titres sont de grandes qualités.

Alors bien sûr, Home Before Dark n’a rien de révolutionnaire. Neil Diamond n’a pas la créativité d’un Bob Dylan. Il nous livre des morceaux très classiques entre country, blues et folk. Nous sommes là au cœur d’une culture musicale typiquement américaine, mais qui sait nous enchanter quand elle est aussi merveilleusement interprétée. Pas de gros risque artistique donc, mais un art parfaitement maîtrisé. Ce n’est pas original, mais c’est beau !

Home Before Dark s’écoute avec un réel plaisir du début jusqu’à la fin. Même si, comme moi, vous n’êtes pas un fan inconditionnel du genre, cet album de dépareillera pas dans votre discothèque. Entre deux CD de Bob Dylan, un opus de Neil Diamond sera tout à fait à sa place. Bon, je n’ai pas encore écouté la trentaine d’autres qu’il a sorti, je ne sais donc pas si celui-là est LE CD de Neil Diamond qu’il faut absolument posséder. En tout cas, celui-là m’a beaucoup séduit et m’a effectivement donné envie d’en écouter d’autres.

En tout cas, Home Before Dark occupera une place de choix dans ma discothèque et constitue, à mon sens, un excellent moyen de découvrir cet artiste de légende.

1.: If I Don’t See You Again
Un accompagnement très simple, mais on est tout de suite saisi par la voix.

2.: Pretty Amazing Grace
Une ballade folk classique, mais énergique. Superbe !

3.: Don’t Go There
Un titre plus sombre, mais très classique. Au cœur de la culture musicale américaine.

4.: Another Day (That Time Forgot) – Diamond, Neil & Natalie Maines
Un très beau duo, où la voix claire de Natalie Maines contraste avec la voix grave de Neil Diamond.

5.: One More Bite Of The Apple
La voix de Neil Diamond est ici plus poussée, plus claire, mais garde sa puissance.

6.: Forgotten
Un morceau plus énergique, mais qui reste surtout toujours excellent.

7.: Act Like A Man
Une ballade plus douce, mais très belle.

8.: Whose Hands Are These
Un titre un peu répétitif, un peu en retrait, mais il reste tout de même la voix sublime.

9.: No Words
Un morceau énergique, presque guilleret.

10.: Power Of Two
Une ballade simple, excellente à l’image de l’album.

11.: Slow It Down
Une chanson plus parlée que chantée, un peu comme un chanteur en fin de soirée.

12.: Home Before Dark
Un titre un rien mélancolique, qui sonne comme un au revoir.

LOYALTY TO LOYALTY (Cold War Kids) : On n’aime ou on n’aime pas… Je n’aime pas !

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loyaltytoloyaltycoldwarkidsCold War Kids était un groupe que je connaissais de nom et surtout d’une réputation plutôt flatteuse, apparaissant comme un des groupes les plus intéressants de la scène rock mondiale, qui est tout de même très encombrée. J’attendais donc beaucoup de l’écoute de Loyalty to Loyalty.

Les Cold Wars Kids sont un groupe américain formé en 2004, originaire de Californie. Loyalty to Loyalty est sorti en 2008 et constitue leur deuxième album. Le premier, Robbers and Cowards était sorti deux ans plus tôt. Un troisième devrait sortir début 2011. Le groupe est composé de quatre membres : un chanteur, un guitariste, un bassiste et un batteur… Bref, difficile de faire plus classique pour un groupe de rock.

Pourtant, le son des Cold War Kids ne l’est pas vraiment. En tout cas, il possède une réelle personnalité qui le rend identifiable à quiconque connaît au moins un petit peu leur univers musical. Ce groupe s’est fait avant tout connaître par ses performances scéniques et ça ne m’étonne guère. La musique de Loyalty to Loyalty aurait peu de chance d’être sortie de la tête d’un producteur à tubes pour radio FM ou des guitares d’un groupe se contentant de reprendre ce qu’ont fait avant eux leurs aînés. Mais voilà, la musique, c’est souvent comme les gens, quand elle possède un forte personnalité, c’est tout ou rien. Soit on aime, soit on déteste… Et je suis malheureusement plutôt dans le second cas.

Un des premiers mots que j’ai écrit lors de ma prise de notes a été « dissonant ». Et cela résume assez bien le style musical de Cold War Kids. Ce qualificatif s’applique plus ou moins selon les titres de Loyalty to Loyalty. Mais cela reste tout de même une sorte de constante, comme si le chant et l’accompagnement n’avaient pas été écrits l’un pour l’autre. C’est parfois flagrant, parfois léger, mais dans tous les cas, ça m’a toujours un peu gâché le plaisir. En plus, leur rock est plutôt mélodique, rarement très énervé, donc l’énergie n’arrive pas à compenser ces défauts.

Le chant ou la musique ne sont jamais vraiment mauvais en eux-mêmes. Cette absence d’harmonie fait que les titres de Loyalty to Loyalty sont moins que la somme de leurs parties. Certes, du coup, on n’a pas l’impression d’avoir entendu ça mille fois. Mais franchement, pour certains titres, je comprends bien pourquoi. Au moins, ils échappent à l’étiquette de musique commerciale, mais entre la soupe et ça, il y’a quand même bien des intermédiaires me séduisant beaucoup plus que les Cold War Kids.

Encore une fois, j’insiste sur l’aspect très personnel de cet avis. Cependant, je pense qu’il est difficile de considérer les Cold War Kids comme un groupe très « accessible ». Après c’est une question de feeling. Je ne l’ai pas eu du tout avec Loyalty to Loyalty, malgré les qualités d’originalité que je lui reconnais volontiers. Je sais être sévère mais juste !

Je n’ai donc pas du tout apprécié Loyalty to Loyalty. Mais je laisse à chacun le soin de se faire sa propre opinion.

Pour finir, faisons le tour des titres de cet album.

1.: Against Privacy
Un titre dissonant, entre jazz et blues.

2.: Mexican Dogs
Un morceau très énergique, mais pas forcément entraînant.

3.: Every Valley Is Not A Lake
Un rock plus classique, un peu meilleur.

4.: Something Is Not Right With Me
Une chanson plus criée que chantée. Pas terrible.

5.: Welcome To The Occupation
Un titre auquel il manque encore une fois quelque chose, sans réelle harmonie.

6.: Golden Gate Jumpers
Un morceau jazz un peu rétro. L’intro est prometteuse, mais ça ne décolle pas ensuite comme on l’espère.

7.: Avalanche In B
Un titre complètement dissonant où le chanteur donne l’impression de manger le micro.

8.: I’ve Seen Enough
Un rock plus traditionnel qui commence assez mal, mais se révèle meilleur par la suite.

9.: Every Man I Fall For
Sombre, mélancolique, chiant…

10.: Dreams Old Men Dream
Une chanson assez bonne… mais être exceptionnelle.

11.: On The Night My Love Broke Through
Un titre aux sonorités blues mélancolique. Pas mal, mais manque un peu de relief.

12.: Relief
Un morceau tirant sur l’électro, assez pénible à écouter.

13.: Cryptomnesia
Une chanson épurée pour finir.

 

WE’RE BECOMING ISLANDS ONE BY ONE (The Sleeping Years) : Un groupe qui porte finalement bien son nom

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werebecomingislandsonebyonesleepingyearsThe Sleeping Years est un groupe londonien, fondé en 2007 et dont We’re Becoming Islands One by One est le premier et, pour l’instant, unique album. Il s’agit au départ pourtant d’un projet solo, celui de Dave Grundle, ex-membre des Catchers. Il fut ensuite rejoint par Michelle So au violon puis Tom Page aux percussions. Deux musiciens qui sont devenus depuis des membres à part entière du groupe.

La présence d’une violoncelliste vous fait déjà deviner qu’il ne s’agit pas d’un groupe de hardcore death metal. Non, nous sommes là devant un groupe folk, tendance chansons douces et mélodieuses. Voire même très douces et très mélodieuses… J’irai même plus loin, trop douces et trop mélodieuses.

We’re Becoming Islands One by One est typique de ces albums où toutes les chansons sont toutes de qualité, mais où l’ensemble n’arrive pas à éveiller l’enthousiasme. C’est beau souvent, mais toujours un peu sur le même ton et du coup, l’attention de l’auditeur se relâche inexorablement. Trop lisse, trop monotone, cet album nous plonge dans un léger assoupissement. C’est mélodique, mais pas vraiment envoûtant, pas vraiment magique. Alors on y prête un intérêt poli en y jetant une oreille discrète.

Du coup, les quelques chansons un peu plus « pêchues » de We’re Becoming Islands One by One sont celles qui apparaissent comme les meilleures. Le sont-elles vraiment ? C’est un peu dur à dire dans l’absolu, car en fait, ce sont celles qui attirent un peu plus l’attention et tirent l’auditeur de sa torpeur. Rien d’exceptionnel cependant, mais au moins, on se donne la peine d’écouter quand le reste constitue plutôt un fond musical.

Restent tout de même quelques belles mélodies. La plus grande limite de The Sleeping Years reste la voix de Dave Grundle. Non qu’elle soit désagréable, mais ce genre de musique prend souvent tout son intérêt et sa magie quand elle est portée par un bel organe. Non, je ne parle pas de la musculature de son torse ! (ou pire pour ceux qui ont l’esprit mal placé). Bref, pas de réelle étincelle et les jolies instrumentations ne sont donc pas totalement mises en valeur.

We’re Becoming Islands One by One est typique de ce genre d’albums dont on dit plus de mal qu’on ne le pense. Simplement, vue l’immensité de l’offre musicale, on cherche de plus en plus des choses qui sortent réellement du lot. Je suis peut-être un peu sévère avec The Sleeping Years, simplement, je connais mieux à tout point de vue, même si leur musique reste globalement de très bonne facture.

We’re Becoming Islands One by One ne m’a donc pas enthousiasmé. Il séduira peut-être quelques amateurs de jolies mélodies que le talent de The Sleeping Years ne laissera pas froid.

Pour finir, faisons le tour des titres de cet album.

1 Setting Fire to Sleepy Towns
Une ballade pop-folk classique, aux élans mélancoliques.

2 The Lockkeeper’s Cottage
La voix y est plus claire, plus aiguë, mais sur le même rythme que précédemment.

3 You and Me Against the World
Un titre un peu plus rythmé, plus dynamique qui nous fait légèrement tendre l’oreille.

4 The Shape of Things to Come
Retour à un rythme plus sombre, plus mélancolique.

5 Macosquin, Coleraine
Nouvelle ballade mais aux accents un peu plus guillerets.

6 Broken Homes
Un peu plus d’énergie et de rythme. Enfin un peu…

7 Clocks and Clones
Le titre le plus énergique. Le meilleur ?

8 Human Blues
Un titre beaucoup plus fade.

9 Dressed for Rain
Une chanson douce presque murmurée.

10 Islands
Un morceau minimaliste pour finir.

SUNDAY AT DEVIL DIRT (Isobel Campbell et Mark Lanegan) : Harmonie des extrêmes

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sundayatdevildirtisobelcampbellmarklaneganMarier l’eau et le feu n’est pas toujours chose aisée. En musique également. Mais quand ce mariage est réussi, cela peut donner de très beaux moments d’harmonie. C’est le cas avec le duo entre l’Ecossaise Isobel Campbell et l’Américain Mark Lanegan, connu notamment pour être le chanteur des Queen of the Stone Age. La grâce et la légèreté de la voix de la première n’ont d’égales que la profondeur et la gravité de celle du second.

Le mélange des deux donne donc Sunday At Devil Dirt, sorti en 2008 et qui est en fait la deuxième collaboration entre les deux artistes. Un troisième album est même sorti depuis. L’ambiance navigue entre folk, jazz et blues. Bref, des belles mélodies, de la musique douce et harmonieuse.

Pourtant, Sunday At Devil Dirt commence plutôt doucement. Les trois premiers morceaux sont largement dominés vocalement par la voix très grave de Mark Lanegan. Sa partenaire est presque reléguée au rang de choriste. Mais du coup, l’intérêt des morceaux est quelque peu limité, sans commune mesure avec ce qui suit. Car ensuite, la voix d’Isobel Campbell s’affirme et les morceaux se transforment en duos d’égal à égal. Et ce sont surtout la qualité et l’intérêt de titres qui augmentent.

Ensuite, il y’a comme une pause avec les titres Black Burner et Shot Gun Blues qui sont nettement plus moyens et surtout pas du tout dans l’esprit du reste. Heureusement, l’album se termine par 4 titres nettement meilleurs et qui nous permettent d’apprécier les deux voix et surtout leur symbiose. Bref, un album avec quelques trous d’air, mais dont heureusement les bons passages dominent largement.

Derrière les deux voix, les instrumentations sont souvent très sobres et discrètes. Elles sont totalement au service des deux interprètes, dont les voix sont tellement dissemblables que les possibilités de mélange semblent infinis. Une musique à la fois simple et complexe donc, à la fois épuré et sophistiqué. Mais surtout au charme et à l’harmonie indéniables.

Sunday At Devil Dirt constitue donc une vraie rencontre musicale qui prouve qu’en art, comme ailleurs, le tout est toujours infiniment supérieur à la somme des partis. On le voit bien ici puisque les titres où une voix l’emporte sur l’autre sont nettement moins remarquables que ceux où les deux s’épousent totalement. Isobel Campbell et Mark Lanegan sont deux artistes au talent indéniable, mais dont le talent est ici sublimé par celui de l’autre.

Si je devais tout de même émettre un léger bémol quant à Sunday At Devil Dirt est peut-être sont manque de variété dans le ton et le rythme des chansons. De plus, d’après ce que j’en lu sur leur première collaboration, ce deuxième album est dans sa droite lignée. Le mélange des deux voix aurait pu, à mon avis, se décliner au sein d’un registre musical plus large que la ballade folk. Ils maîtrisent parfaitement ce dernier genre et il est dommage qu’ils n’aient pas pris plus de risques artistiques en cherchant à s’aventurer hors de leur domaine de prédilection.

Sunday At Devil Dirt est donc un album qui, en dehors de quelques passages plus faibles, charmera plus d’un auditeur par la grâce et l’harmonie dégagées par ce duo.

Pour finir, faisons un peu le tour des titres que l’on trouve sur cet album.

1.Seafaring Song
La voix caverneuse de Mark Lanegan prend largement le pas sur la voix de Isobel Campbell, le tout sur un air de guitare minimaliste.

2.The Raven
Un morceau où Mark Lanegan prend vraiment une voix d’outre-tombe.

3.Salvation
La voix de Mark est ici beaucoup plus claire, mais domine encore pour un son entre blues et country.

4.Who Built The Road
Un titre plus rythmé, avec une instrumentation plus élaborée. Rappel fortement le duo Nick Cave – Kylie Minogue.

5.Come On Over (Turn Me On)
Une chanson douce et jazzy, où les deux voix sont vraiment à égalité. L’album monte en puissance.

6.Black Burner
Un titre psychédélique pas top.

7.The Flame That Burns
Une chanson plus rythmée, tirant sur le blues et le rock. Le duo est vraiment en osmose, même si la mélodie tourne un peu en rond.

8.Shot Gun Blues
Isobel Campbell est seule pour interpréter ce petit morceau de blues évaporé.

9.Keep Me In Mind Sweetheart
Un titre country-blues classique mais très beau et très doux.

10.Something To Believe
Une chanson très simple qui permet de profiter pleinement de la profondeur de la voix de Mark Lanegan.

11.Trouble
Un beau duo des deux voix qui sonne comme un au revoir.

12.Sally Don’t Cry
Mark Lanegan commence seul, puis est rejoint Isobel Campbell, sur une mélodie simple à la guitare pour un titre beau et efficace.

THE HUNGRY SAW (Tindersticks) : Bashung anglais épuré

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hungrysawthetindersticksAlain Bashung n’est pas tout à fait mort. En tout cas, son clone vocal est encore vivant, il s’agit de Stuart Staples, le chanteur de Tindersticks. Un groupe anglais qui s’est reformé à l’occasion de l’enregistrement de cet album, Hungry Saw, après un exil de plusieurs années de son leader…en Creuse, où il a fondé son propre studio d’enregistrement, le Chien Chanceux. Ca ne s’invente pas.

Tindersticks est en fait un trio, fondé au début des années 90 à Nottingham. Pratiquant plutôt la ballade mélancolique, ils offrent une musique plutôt épurée… Voire très épurée, du moins sur certains titres de Hungry Saw. La voix se pose une instrumentation très simple, à la guitare, au piano, parfois quelques violons. Le mixage laisse la voix largement dominer l’accompagnement et cela donne parfois l’impression d’entendre un artiste solo plutôt qu’un groupe.

Heureusement, la voix de Stuart Stamples se suffit largement à elle-même. Enfin presque toujours. Comme je l’ai dit, elle ressemble fortement à celle de notre regretté Alain Bashung. Bon par contre, musicalement les univers sont très différents, alors pas sûr que les fans de Bashung doivent forcément se ruer sur Hungry Saw. En tout cas, il y’a un vrai intérêt vocal chez les Tindersticks et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’ils n’essayent pas de masquer une certaine médiocrité à ce niveau par une musique trop envahissante.

Au final, Hungry Saw nous livre quelques très beaux moments de grâce musicale. Mais sans vraiment se ressembler, tous le titres sont un peu jouer sur le même ton mélancolique et le principe de l’instrumentation épurée a lui aussi ses limites. Sans dire que l’on se lasse au fur et à mesure des plages, en tout cas, la magie décline un peu et on commence à jeter une oreille plus critique sur les morceaux qui s’enchaînent. Au final, on est heureux de tomber sur un titre plus « élaboré », Boobar Come Back To Me, qui constitue peut-être le meilleur de cet album. En tout cas, c’est celui qui sort le plus du lot.

Hungry Saw est donc un album plutôt bon, mais qui a ses limites. Par contre, il constitue incontestablement un vrai beau moment de détente, de sérénité et de calme musicaux. Sans forcément nous transporter et nous bouleverser d’émotion, il nous offre assez de belles mélodies pour valoir le coup d’être écouté. Peut-être pas passé en boucle, mais mis sur la platine en cas d’envie d’ambiance reposante.

Hungry Saw des Tindersticks n’est donc pas été pour moi la révélation du siècle, mais quelques plages vraiment envoûtantes lui confèrent un charme indéniable.

Voyons maintenant de plus près les titres de cet album :

1.: Introduction
Un petit solo de piano pour commencer.

2.: Yesterday’s Tomorrow
La voix démarre, la ressemblance avec Bashung saute tout de suite aux oreilles. Un titre à l’instrumentation simple, mais suffisante.

3.: Flicker Of A Little Girl
Une jolie ballade mélodique.

4.: Come Feel The Sun
Une ballade mélancolique au piano et violon. Belle et envoûtante.

5.: E Type
Un titre quasi instrumental, avec juste une voix qui murmure. Pas très intéressant.

6.: Other Side Of The World
La voix prend nettement le pas sur l’instrumentation. Encore une fois, épuré mais efficace.

7.: Organist Entertains
Un nouvel instrumental, assez joli, qui marque une petite pause.

8.: Hungry Saw
Un titre plus rythmé, mais très sympathique.

9.: Mother Dear
La voix est ici grave et murmurée presque a capella. Epuré à l’extrême, peut-être trop…

10.: Boobar Come Back To Me
Une ballade folk classique, mais splendide.

11.: All The Love
Encore une ballade un rien minimaliste. Mais la voix ne suffit pas toujours.

12.: Turns We Took
Une ballade pop classique, mais où la voix apporte un vrai plus.

ORACULAR SPECTACULAR (MGMT) : Le single ne fait pas l’album

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oracularspectacularmgmtMoi qui répète à longueur d’avis que je n’aime pas l’électro, vous allez vraiment finir par vous demander pourquoi je n’arrête pas d’écrire des critiques sur des albums tournant autour de ce genre musical. Je devine déjà certains d’entre vous m’imaginant bardé de cuir, portant sur moi quelques pinces bien placées et criant « encore, encore ! » à une charmante jeune femme armée d’en fouet. Je vous rassure, il n’en est rien. Simplement, j’aime beaucoup les deux singles et j’avais envie de voir ce qu’il y’avait autour.

Petit rappel pour ceux qui auraient oublié d’allumer une radio en 2007, lors de la sortie de Oracular Spectacular et surtout du single Kids, qui a tourné en boucle sur la bande FM, jusqu’à l’overdose parfois. Ce fut donc un succès spectaculaire (audacieux jeu de mots en rapport au nom de l’album…) pour ces deux Américains, Ben Godwasser et Andrew VanWyngarden, dont le premier album n’avait connu qu’un grand anonymat. 
 
Oracular Spectacular, c’est quoi donc ? C’est un énorme tube planétaire, Kids, qui est déjà un classique intemporel qu’on est parti pour écouter pendant plusieurs décennies. Il est vrai que le titre est vraiment excellent, original et très agréable à l’oreille. Une mélodie ni tout à fait lente, ni tout à fait entraînante, pour un son électro et rock… bref encore une fois, rien de bien définissable, si ce n’est par sa qualité qui a séduit des millions de fans.

C’est aussi Time to Pretend, un autre single vraiment très bon et qui pouvait donner à penser que tout l’album était dans la même veine. C’est enfin, Weekend Wars, un titre excellent qui nous rappelle un peu les Beatles…. Et voilà, c’est tout. Et le reste me direz-vous ? Bah le problème, c’est que le reste est composé de titres parfois sympathiques, mais guère enthousiasmants, parfois même carrément transparents. Trois bons titres, même si l’un d’entre eux est devenu un classique, c’est un peu court jeunes hommes !

Bon et là, on revient à mon histoire de « j’aime pas l’électro mais j’en écoute quand même ». Parce que peut-être je suis simplement trop hermétique à ce genre musical pour apprécier les autres plages de Oracular Spectacular. Ce mélange entre électro et pop me fait toujours dire… mais pourquoi ne font-ils pas carrément de la pop, ça serait bien meilleur. Je pense que je préfère nettement les groupes comme Daft Punk qui vont au bout de l’idée de l’électro, alors que MGMT me donne envie de revenir dare dare aux basiques du rock qui sont là, tout près, à porter de portée (oh quel jeu de mots encore une fois !).

Je n’ai donc pas trouvé dans Oracular Spectacular ce que les deux singles m’avaient espéré. Dommage.

Pour finir, un petit tour des titres de cet album.

1.: Time To Pretend
Un single électro-rock très mélodique et rythmé.

2.: Weekend Wars
Un peu comme les Beatles version électro, pour un résultat pas mal du tout.

3.: Youth
Un titre plus purement électro, une nouvelle fois très mélodique, mais un rien lancinant.

4.: Electric Feel
Une marche électro, sympa, mais pas très entraînante.

5.: Kids
Un immense tube qui flatte les oreilles.

6.: 4th Dimensional Transition
Un titre à la consonance un peu mystique, avec des effets d’écho qui rappellent une église.

7.: Pieces Of What
Un morceau plus pop, mais qui ne décolle pas vraiment.

8.: Of Moons Birds And Monsters
Nouveau titre pop-rock, sympa, mais sans plus.

9.: Handshake
Une pop très électro… Trop sûrement…

10.: Future Reflections
Un morceau fade et transparent 

CARNIVAL VOLUME II : MEMOIRS OF AN IMMIGRANT (Wyclef Jean) : Etonnants mélanges

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carnivalvolume2wyclefjeanIl y’a des albums qui restent gravés dans votre mémoire à jamais, même s’il est peu à peu oublié par le plus grand nombre. Parmi ceux qui ont compté pour moi, il y’a The Score des Fugees, avec notamment leur version de Killing Me Softly… Bon en fait, je ne suis pas du tout là pour vous en parler, mais c’était juste une façon d’introduire mon avis sur Carnival Volume II : Memoirs of an Immigrant de l’ancien Fugees, Wyclef Jean.

S’il s’agit du volume 2, c’est qu’il y’a eu un volume 1. Ce dernier, sorti en 1997, était d’ailleurs son premier album solo. 5 autres ont suivi avant qu’il ne décide à lui donner une suite. Bon je ne sais pas très bien en quoi consiste une suite quand on parle d’album musical, mais Wyclef Jean a sûrement une très bonne raison de l’avoir appelé comme ça. Enfin, on ne va pas non plus épiloguer 107 ans.

The Carnival Volume II est essentiellement composé de duos, certains réellement étonnants. Il est vrai qu’entre Shakira, Mary J.Blige, Norah Jones et Paul Simon, il y’a des mondes musicaux qui pourraient paraître infranchissables. Mais la grande originalité de cet album est qu’au lieu de voir les deux artistes se retrouver autour d’une même chanson et d’un même univers, chacun apporte ce qu’il fait de mieux et les deux se superposent, se mélangent, mais sans fusionner. C’est parfois déroutant, souvent étonnant, parfois même enthousiasmant.

Alors évidemment, il règne une impression de désordre dans cet album, pour ne pas dire… de fête foraine ! D’où son titre… Tout s’explique donc finalement. En tout cas, Carnival Volume II ne ressemble à aucun autre album que je connaisse. Il s ‘agit d’une vraie expérience musicale, d’une vraie expérience créatrice, débordant d’enthousiasme et d’imagination. Alors évidemment, il y’a à boire et à manger, tout ne fonctionne pas toujours à la perfection, mais au moins on échappe à l’impression de déjà entendu mille fois.

De plus, les contributions de Wyclef Jean prennent elles-aussi des formes assez différentes. Bien sûr, il est avant tout un artiste de ce que je qualifierai de hip-hop mélodique (ce n’est pas Booba non plus), mais il sait aussi tendre vers le reggae, le funk, le r’n’b, voire même le blues cosmopolite à la Keziah Jones. Mais, ce sont tout de même avant tout les contributeurs extérieurs qui apportent une vraie diversité, chacun avec leur style musical sous le bras.

Le seul défaut de Carnival Volume II est le défaut de sa qualité, l’impression de désordre que j’évoquais plus haut. En effet, du coup, on a parfois l’impression que les titres sont à l’état de projet, pas vraiment abouti, pas vraiment finalisé. Un peu comme si les artistes étaient partis en improvisation et que cet album en était le résultat. Après, c’est une question de goût. On peut apprécier ce foisonnement un peu désordonné, comme on peut regretter que les mélanges n’aient pas été un peu plus étudiés de près avant de nous les faire goûter.

Carnival Volume II reste avant tout un album étonnant. Certes l’originalité n’est pas forcément un but en soi. Mais cet album rassemble assez d’artistes de talent pour que le résultat aille au delà de la simple curiosité musicale.

Pour finir faisons le tour de ces étonnants duos

1.: Intro
Quelques paroles prononcées sur un fond musical plutôt rock.

2.: Riot – Jean, Wyclef & Serj Tankian/Sizzla
Un premier morceau dans le prolongement de l’intro, fusion énergique entre hip-hop et rock.

3.: Sweetest Girl (Dollar Bill) – Jean, Wyclef & Akon/Lil’ Wayne/Niia
Un morceau plus hip-hop, mais toujours aussi dynamique et dansant, avec quelques rythmes tropicaux.

4.: Welcome To The East – Jean, Wyclef & Sizzla
Un rythme plus oriental cette fois-ci, mais pour du hip-hop pur et dur.

5.: Slow Down – Jean, Wyclef & TI
Un duo enjoué sur fond instrumental assez simple, car tout repose sur le jeu entre les deux voix.

6.: King And Queen – Jean, Wyclef & Shakira
Shakira fait du Shakira, Wyclef Jean fait du Wyclef Jean, mais ça fonctionne plutôt bien.

7.: Fast Car – Jean, Wyclef & Paul Simon
Un titre plus groovy, mais surtout excellent, fluide et qui coule tout seul.

8.: What About The Baby – Jean, Wyclef & Mary J. Blige
Entre hip-hop et r’n’b, un morceau pas mal du tout.

9.: Hollywood Meets Bollywood (Immigration) – Jean, Wyclef & Chamillionaire
Un mélange un peu artificiel et confus entre hip-hop et musique orientale.

10.: Any Other Day – Jean, Wyclef & Norah Jones
Sûrement le duo le plus étonnant de l’album.

11.: Heaven’s In New York
De la musique douce, à la Keziah Jones, chanté en solo pour une fois.

12.: Selena – Jean, Wyclef & Melissa Jimenez
Un tire sympathique au rythme chaloupé.

13.: Touch Your Button Carnival Jam – Jean, Wyclef & Will.I.Am/Melissa Jimenez/Machel Montano/Daniela Mercury/Black Alex/Djakout Mizik
Long morceau bourré d’énergie et surtout plein d’invités qui constitue un grand mélange musical, résumant parfaitement l’album.

14.: Outro
Court titre de conclusion.

15.: Dollar Bill (bonus track) – Jean, Wyclef
Un morceau tirant sur le reggae, bien mais sans plus

16.: Slow Down (bonus track) – Jean, Wyclef
Un titre énergique, pas mal du tout, mais beaucoup moins original que le reste

17 : President (bonus track) – Jean, Wyclef
Une chanson sur les élections américaines, où Wyclef Jean scande “Wyclef for President”… Sûrement une prémonition de sa candidature avortée à la présidence de Haïti

Vous pourrez également trouver un CD contenant quelques titres bonus. La plupart ne présente pas d’intérêt particulier, à l’exception de Million Voices, un titre mélodique au rythme africain, et On Tour, un titre mélange d’électro et de musique orientale très énergique.