BEYOND THE PALE (JARV IS), FOR THEIR LOVES (Other Lives), JACQUELINE (Jackie Lynn) : Pulp Fiction

beyondthepalejarvisOn commence avec un nouveau groupe britannique, JARV IS, le nouveau groupe de Jarvis Cocker. Ce dernier a d’abord connu une première carrière avec le groupe Pulp puis une carrière solo. Il revient donc avec une nouvelle formation pour un premier album intitulé Beyond the Pale, sorti en 2020. Il ne commence pas très bien avec un titre sombre, plus parlé que chanté. Or, n’est pas Leonard Cohen qui veut. Heureusement, dès le deuxième titre, l’ambiance se fait plus dynamique et ça commence à ressemble comme deux gouttes d’eau à du… Pulp… ce qui est assez logique. Ca devient alors bon, entraînant et accrocheur. On peut pleinement apprécier la voix unique de Jarvis Cocker, notamment à travers morceaux plus jazzy, particulièrement classe. Mais la qualité est toujours présente, malgré une réelle variété.

fortheirlovesotherlivesOn poursuit avec le groupe américain Other Lives et leur album For Their Loves. Ils nous proposent un rock mélancolique et un rien sombre. L’ambiance est quelque peu éthérée, voire évaporée. Mais le tout manque sérieusement de consistance. Il font preuve de beaucoup de maîtrise, au détriment malheureusement de l’énergie et du caractère. Certes, les titres sont variés, mais semblent toujours interprétés sous prozac. L’ensemble s’avère frustrant car le groupe possède un potentiel indéniable.

jacquelinejackielynnOn termine avec une artiste de Chicago, Haley Fohr, qui a sorti un album sous le nom de Jackie Lynn, intitulé Jacqueline. On y découvre des sonorités électro rappelant les années 80, sur lesquelles vient se poser sa voix grave et originale. Le résultat est un peu lancinant malheureusement. L’ariste semble avoir beaucoup de retenue ce qui génère un sérieux manque de peps. Ce n’est ni entraînant, ni vraiment harmonieux. Bref, ça reste le cul entre deux chaises et l’auditeur ne sait pas à quoi se raccrocher du coup. Un titre,Short Black Dress, fait tout de même dresser un peu l’oreille. Il sera par contre suivi de titres vraiment inaudibles, ennuyeux et sans intérêt.

PEUR BLEUE (Stephen King) : L’art difficile de l’adaptation

peurbleueStephen King est connu pour avoir écrit beaucoup d’excellents romans dont ont été tiré de très mauvais films. Les quelques chefs d’œuvre cinématographiques issus de son œuvre, au premier rang duquel Shining, s’avèrent souvent assez peu fidèles au texte dont ils sont nés. Cela peut paraître totalement paradoxal. Ou peut-être est-ce simplement la preuve que la narration littéraire et cinématographique sont deux exercices très différents. Il existe un moyen de s’en rendre compte en lisant Peur Bleue, au moins dans son édition J’ai Lu, qui nous permet de découvrir une excellente nouvelle… et l’exécrable scénario qui en est tiré.

J’avoue, je n’ai jamais vu Peur Bleue, le film réalisé à partir de ce scénario. Mais les avis spectateurs laissés sur Allociné ne donnent vraiment pas envie de le découvrir. Ils confirment surtout l’impression laissé à la lecture du script. Mais parlons d’abord de La Nuit du Loup-garou, titre officiel de la nouvelle de base. On y retrouve tout l’extraordinaire talent de narrateur de Stephen King. L’histoire est racontée par des cours chapitres, de deux à quatre pages le plus souvent, racontant un événement survenu chaque mois d’une même année. Le récit ne suit donc pas un cours classique et on apprécie réellement la maîtrise de l’art de la nouvelle qu’a toujours démontré Stephen King. Soit comment à travers un texte court faire naître une intrigue, des personnages, un décor, une ambiance. Il y parvient une nouvelle fois à la perfection avec un talent infini.

Vient donc ensuite le scénario, pourtant écrit par Stephen King lui-même. Pourtant, on se demande vraiment s’il s’agit du même homme. En effet, les impressions laissées par le deux textes sont radicalement différentes. On peut évidemment comprendre qu’on ne puisse pas garder la structure narrative originale et qu’il faille étoffer un peu l’histoire pour occuper la durée minimale d’un long métrage. Mais Stephen King abandonne du coup tout ce qui faisait l’originalité de son histoire pour la rendre d’une banalité affligeante. De plus, les ajouts n’apportent strictement rien, voire s’avèrent quelque peu ridicules. Quand aux indications de mise en scène… on comprend que le film soit mauvais si Daniel Attias, le réalisateur, les a suivies à la lettre. Bref, on comprend mieux à quel point l’adaptation est un art difficile, surtout quand l’œuvre de base n’est pas retranscriptible en scénario directement. Et pas sûr que l’auteur du texte littéraire soit le mieux placé pour réaliser cette adaptation.

THE CLIMB : Au sommet

theclimbafficheSi l’amour reste le principal sujet abordé par toutes les histoires racontées en ce bas monde, l’amitié n’est pas en reste. Surtout quand l’amour (et oui, on y revient toujours) vient perturber celle-ci. C’est en tout cas le point de départ de The Climb, l’histoire de deux amis qui vont voir leur relation perturbée par les projets de mariage de l’un des deux. Une idée de base assez simple, voire simpliste, mais qui va donner lieu à un grand nombre de rebondissements savoureux et parfois inattendus. Un film plein d’humanité et de tendresse, saupoudré de beaucoup d’humour. Et avant tout un très bon film !

The Climb allie de manière remarquable l’originalité des situations et l’originalité de la réalisation. La scène d’ouverture en reste la meilleure illustration. Un long plan séquence pendant une ascension en vélo (d’où le titre!), où le plus à l’aise des deux amis profite de la situation pour annoncer à son compagnon, incapable de le rattraper, quelque chose de très désagréable à attendre. La même scène filmé classiquement dans un café n’aurait pas du tout la même saveur et ne présenterait pas du tout le même intérêt. Cela lance parfaitement le film car le reste sera exactement dans la même veine. Le propos n’est pas bouleversant de profondeur, mais il est livré avec assez d’intelligence pour faire de ce long métrage un vrai régal.

theclimbMichael Angelo Covino a mis beaucoup de lui-même dans ce film, puisqu’il est au scénario, à la réalisation et interprète une des deux rôles principaux. On ne s’en plaindra pas car il a mis du talent à tous les étages de The Climb. Dans l’écriture, dans la mise en scène et aussi dans l’interprétation. Il forme avec Kyle Marvin (qui a participé aussi à l’écriture du scénario) un duo détonnant qui fonctionne à merveille. Ils sont accompagnés de beaucoup de seconds rôles eux aussi savoureux. On peut citer par chauvinisme Judith Godrèche, mais on retiendra avant la performance de Gayle Rankin. Tout ce petit monde contribue à faire de ce film un des excellents films de cet été. Un film qui donne envie de retourner au cinéma sans attendre !

LA NOTE : 13,5/20

Fiche technique :
Production : Topic Studios,
Réalisation : Michael Angelo Covino
Scénario : Michael Angelo Covino, Kyle Marvin
Montage : Sara Shaw
Photo : Zach Kuperstein
Directeur artistique : Kaili Corcoran, Leo Swartz
Durée : 104 min

Casting :
Michael Angelo Covino : Mike
Kyle Marvin : Kyle
Gayle Rankin : Marissa
Talia Balsam : Suzi
Judith Godrèche : Ava
Zina Wilde : Sarah
George Wendt : Jim

NUITS DE PRINCES (Joseph Kessel) : Exotisme de proximité

nuitsdeprincesIl y a des livres qui traînent dans la bibliothèque familiale depuis longtemps, que l’on a jamais lus mais qui nous semblent du coup à force familiers. Parfois, il nous semble qu’on en connaît le sujet, voire même l’histoire. Un peu comme ces habitants de son quartier que l’on croise régulièrement sans leur avoir parlé, mais dont à l’impression qu’on pourrait raconter leur vie. Mais le jour où on se décide enfin à vraiment faire connaissance… bref à lire le livre en question, on s’aperçoit que c’était uniquement notre imagination qui avait travaillé et que son contenu n’a rien à voir avec ce que l’on pensait. Ce fut mon cas avec Nuits de Princes de Joseph Kessel.

Avec un titre pareil, j’imaginais que ce livre allait nous entraîner dans des pays lointains, très certainement orientaux. Or, Nuits de Princes nous emmène à… Montmartre, à deux pas de chez moi. Par contre, il n’est pas totalement dénué d’exotisme puisqu’il nous plonge au cœur de la communauté russe exilée dans les années 20. Nous suivons en particulier le parcours de l’héroïne, partagée entre sa recherche du bonheur, la préservation de son honneur… et le besoin d’argent pour survivre. Le roman fourmille de personnages hauts en couleur et peut être vu avant tout comme un livre portrait d’une société dans la société. C’est surtout par cet aspect de découverte qu’il présente de l’intérêt.

Nuits de Prince est en effet un peu moins convaincant dans son aspect purement romanesque. L’installation de la situation prend un bon tiers du livre et du coup, on se demande vraiment quand l’histoire va enfin réellement commencer. Ensuite, les états d’âmes et les péripéties vécues par l’héroïne ne sont pas toujours totalement convaincants et se montrent parfois un peu répétitifs. Le roman est assez court pour que l’on n’est pas vraiment le temps de s’ennuyer, mais on termine pas la lecture débordant d’enthousiasme. Peut-être aurais-je mieux fait de continuer à y voir un roman d’aventures exotiques. Cependant, il ne faut jamais regretter d’avoir ouvert les pages d’un livre !

TOUT CA, POUR CA : 10 ANS DE MILITANTISME AU PARTI SOCIALISTE : EPISODE 30 : On va faire comme d’habitude…

episode30Le calendrier électoral laisse rarement aux militants politiques l’occasion de s’accorder une véritable pause. Un an après les municipales eurent lieu, en 2015 les élections départementales. Elles portaient pour la première ce nom, ce qui les rendait tout de même nettement plus compréhensibles. Il faut se rappeler que précédemment, elles s’appelaient les élections cantonales, qui permettaient d’élire des conseillers généraux qui géraient le département… L’éloignement des citoyens de la démocratie vient aussi de ce genre de détail qui peut paraître insignifiant à tous ceux dont la culture politique est solide.

Autre grande nouveauté, la division du nombre de circonscription par deux pour en former des plus grandes, au sein desquels les électeurs étaient amenés à voter non pas pour un, mais pour un ticket paritaire. Avant cette belle innovation que l’on doit à l’action de François Hollande, les conseils généraux (départementaux) ressemblaient à des clubs réservés aux hommes. Avec ce système, ils se trouvaient condamnés à devenir paritaires. Quelques notables y perdirent une source de revenus non négligeables, mais la démocratie y gagnait par contre largement.

Dans l’ancien système, Viroflay était une « ville-canton », ce qui assurait généralement au Maire la possibilité de cumuler avec la fonction de conseiller général. La tradition aurait pu s’arrêter là puisque le nouveau découpage faisait cohabiter notre ville avec de nombreuses autres au sein de notre circonscription, mais le duo choisit par la droite comprenait bien mon adversaire préféré. Dans l’ancienne configuration, je ne me serais pas vraiment posé la question et j’aurais naturellement été candidat, sauf à voir un camarade se porter volontaire. Dans la nouvelle, avant de pouvoir l’être, il m’aurait fallu être investi par le PS. Or je n’étais pas le seul candidat potentiel dans la circonscription.

A la Section, certains m’ont incité à candidater. Cela semblait naturel dans la continuité des élections municipales. Je me rappelle avoir réfléchi, mais ma réponse fut rapide. Je laissais volontiers la place à mon homologue et ami de Vélizy. Il y avait plusieurs raisons à ce retrait. Déjà, le poids relatif des différentes sections ne me garantissait pas du tout l’investiture, au contraire même, et je n’avais pas du tout envie de batailler pour l’obtenir. Et surtout, je savais déjà que je serais amené à quitter prochainement Viroflay et je n’avais donc rien à gagner à être candidat. En effet, pour un candidat de gauche, le combat était perdu d’avance. Mais dans une stratégie à plus long terme, ce genre d’élection peut permettre d’asseoir une certaine notoriété locale. Je n’en voyais pas l’intérêt dans mon cas personnel.

J’ai cependant joué un rôle actif dans cette élection puisque j’héritais du titre de directeur de campagne. Je me suis donc retrouvé à coordonner la campagne menée par notre quatuor de candidats. En effet, aux côté des deux titulaires, il fallait compter sur un duo de suppléants. Pour la suppléante, nous avions réussi à convaincre celle qui aurait du être élue avec moi au Conseil Municipal si nous avions gardé quatre élus. Un moyen d’entretenir toute l’énergie et la motivation dont elle avait su faire preuve pendant la campagne des municipales. Elle démontra les mêmes qualités pendant celle qui nous intéresse ici. C’était donc un très bon choix.

Pour compléter le quatuor, on choisit deux figures « historiques » du PS sur la circonscription. Des militants de longue date, ayant déjà été de nombreuses fois candidats à diverses élections locales. Cela pouvait paraître un bon choix, un bon équilibre entre renouvellement et expérience. Malheureusement, malgré tout le respect que j’ai pour l’expérience, devant moi aussi de plus en plus vieux, celle-ci peut être aussi un boulet d’une lourdeur rédhibitoire.

J’avais envie pour cette campagne de poursuivre la recherche d’actions nouvelles et innovantes entreprises, sans doute trop timidement, lors de la campagne des municipales. Je pense que le candidat et la suppléante en auraient été ravis. Cependant, à la première réunion de campagne, le suppléant sortit cette phrase magnifique « j’ai déjà été candidat sept fois (je crois que c’était sept… c’était beaucoup en tout cas), je sais comment faire campagne, on va donc faire comme on a toujours fait»… La réponse que j’aurais du apporter était « Oui, mais ça fait sept fois que tu perds les élections, donc on va faire autrement ». J’avoue que je n’avais ni l’envie, ni la motivation de mener cette campagne en créant d’emblée une tension au sein de l’équipe. Alors du coup, on a fait comme d’habitude…

Je n’ai pas donc grand chose à dire sur nos actions de campagne. Tracts et distributions en gare ou au marché, réunions publiques devant pas grand monde, si ce n’est les copains déjà acquis à la cause. Bref, les grands classiques. Je me rappelle juste d’un porte-à-porte avec Benoît Hamon que j’avais gentiment esquivé, sans autre raison que l’absence envie d’aller jouer les hypocrites en compagnie d’une « star » que je combattais par ailleurs. Cependant, malgré le manque d’originalité, nous faisions campagne avec la plus grande application car l’enjeu n’était pas nul.

En effet, si nous n’imaginions pas gagner, nous voulions éviter à tout prix de nous faire évincer dès le premier tour au profit du FN. Ceci sera le cas dans plusieurs circonscriptions des Yvelines et malgré un score assez faible (moins de 20%) nous sommes parvenus à finir deuxième au premier tour, devant le parti frontiste. Mais l’honnêteté intellectuelle doit me faire reconnaître que nous n’avons obtenu ce résultat que grâce à la présence de candidats issus de la Manif pour Tous, ayant fait un score conséquent dans notre secteur. J’échappais cependant à l’humiliation d’être le directeur d’une campagne qui aurait emmené le PS à finir derrière le FN et je continue à être heureux de ne pas avoir vécu cela.

Au soir du premier tour, au bureau central de la circonscription, à la Mairie de Versailles, nous nous sentons donc soulagés, heureux d’avoir rempli notre modeste objectif. Nous cherchons cependant à entamer la discussion avec les candidats écologistes et communistes pour qu’ils nous apportent leur soutien pour le deuxième tour. Mais ces derniers ont quitté les lieux, certainement volontairement, dans la seconde de la proclamation des résultats. Ce genre d’attitude qui explique pourquoi je ne suis certainement pas le plus grand partisan de l’union avec ces partis au comportement souvent indigne. Mais j’y reviendrai dans mon futur billet sur les dernières régionales.

Je suis sévère avec eux ? Peut-être. Il n’empêche que pendant cette campagne c’est bien encore les militants socialistes qui se trouvaient sur le terrain à tracter en même temps que le Front National et la Manif pour Tous qui avaient depuis longtemps arrêté de se cacher. Et je suis particulièrement bien placé pour le dire. Un dimanche sur la fin d’un tractage au marché, le candidat de la Manif pour Tous, qui était de Viroflay, vient me parler. L’échange est poli et nous débattons de manière tout ce qu’il y a de républicaine de questions économiques. Pendant ce temps, mes camarades terminent leur ouvrage et me laissent seul. C’est alors qu’une autre militante de la Manif pour Tous vient se mêler à la conversation. Elle essaye bien d’avancer des arguments, mais elle n’a visiblement pas la culture économique pour réellement participer à l’échange. Cela l’agace que je lui oppose systématiquement un chiffre ou un fait, sans qu’elle puisse rebondir. C’est alors qu’elle me sort, sur un ton particulièrement agressif, l’argument absolu : « Et X milliers d’avortements par an, c’est un pays qui va bien ? ». Aucun rapport avec le sujet de la conversation, mais elle n’avait pas pu s’empêcher de finir par déverser sa haine sectaire. Je mis alors fin à la conversation en lui répondant d’un ton ferme qu’elle faisait partie des personnes que j’étais fier de combattre.

Pour l’anecdote, au deuxième tour, la droite fit plus du double de notre score. Mais l’essentiel était ailleurs pour nous. Par contre, au niveau du département, la gauche ne remporta aucune circonscription. Le Conseil Général des Yvelines se trouvait composé uniquement d’élus LR et assimilés, devenant le seul département à l’assemblée sans opposition. Comme je ne regrette pas de l’avoir quitté…

SONG FOR OUR DAUGHTER (Laura Marling), HERMITAGE (Ron Sexsmith), ALL VISIBILE OBJECTS (Moby) : Douce douceur

songforourdaughterlauramarlingOn commence cet avis avec une artiste dont je vous ai souvent parlé ici, à savoir l’anglaise Laura Marling, avec cette fois-ci son album Song for our Daughter, sorti en 2020. Elle nous propose toujours sa musique pop posée, plutôt douce et un rien sucrée. On apprécie également toujours sa jolie voix et la maîtrise dont elle fait preuve. Sa musique coule toute seule aux oreilles grâce notamment à sa qualité constante. Après quelques albums plus faibles, on retrouve ici le meilleur de cette artiste. Les instrumentations sont faites le plus souvent à la guitare sèche ou bien avec un mélange de piano et de cordes. On peut simplement trouver que l’album prendrait une dimension supplémentaire s’il comportait un ou deux titres plus pêchus pour apporter un peu plus de diversité.

hermitageronsexsmithOn part au Canada avec Hermitage, le dernier album en date de Ron Sexsmith. On peut profiter pleinement de sa voix douce, qui fait sonner beaucoup de ses titres comme des berceuses. Le résultat respire la classe et ma maîtrise. On sent toute la maturité de l’artiste avec une vraie qualité constante. Les titres accrochent vraiment l’oreille malgré leur douceur. Les instrumentations et accompagnements s’avèrent plus complexes qu’ils en ont l’air si on prête bien l’oreille. Autre preuve de son immense talent, variété et qualité restent les mêmes quand les titres se font plus dynamiques.

allvisibleobjectsmobyOn termine avec un artiste culte des années 90/200 qu’on avait un peu perdu de vue, à savoir Moby. Il n’a pourtant jamais arrêté de sortir des albums, même si aucun n’a rencontré le même succès que Play en 1999. All Visible Objects ne connaîtra certainement pas la même carrière. Pourtant, on retrouve le style de l’artiste, mais il apparaît moins inspiré. L’album est maîtrisé, abouti, mais ne se montre jamais emballant. Les titres sont pourtant vraiment différents les uns des autres. En fait, il permet de bien comprendre ce qui différencie le talent du génie. Les titres sont souvent élégants et harmonieux mais aussi souvent lancinants. Et c’est cette deuxième caractéristique que l’on retient. Par rapport à ce qu’on connaissait de l’artiste, cet album manque cruellement de renouvellement et d’innovation.

LA NUIT VENUE : La fin venue…

lanuitvenueafficheTrouver le dénouement qui marquera définitivement votre histoire du sceau de la réussite représente un exercice difficile pour tous les créateurs d’histoire. Beaucoup de récits, pourtant passionnants pendant toute leur durée, déçoivent au final, faute d’une conclusion à la hauteur du reste. La Nuit Venue appartient malheureusement à cette dernière catégorie. Pourtant le reste du scénario, l’ambiance générale du film avaient de quoi séduire les spectateurs les plus exigeants. Mais un final aussi peu convaincant nous laisse sur une impression beaucoup plus mitigée que ce qu’elle aurait du être.

Avoir une fin prévisible n’est pas toujours un problème rédhibitoire. Sinon, pourquoi irions-nous voir des comédies romantiques ? Le vrai souci est quand l’évidence de la conclusion ne saute pas aussi aux yeux du principal intéressé. Dans la Nuit Venue, on a envie d’engueuler le personnage principal pour lui dire « tu es con ou quoi ? Pourquoi tu fais ça ? Il est évident que… ». Cela donne un caractère un peu artificiel et forcé au dénouement. On en oublierait presque la curiosité de la découverte d’un milieu, la belle histoire entre les deux principaux protagonistes et la tension réelle qu’une bonne partie de l’histoire fait naître. Les bases du scénarios possédaient un potentiel à faire beaucoup mieux, si le sommet de la pyramide avait été de la même qualité.

lanuitvenueC’est d’autant plus dommage qu’artistiquement La Nuit Venue s’avère réellement abouti. La réalisation de Frédéric Farruci se montre particulièrement élégante. C’est beau, sans être vain, car les qualités esthétiques contribuent à créer l’ambiance particulière dans laquelle évoluent les personnages. Côté interprétation, Camelia Jordana crève vraiment l’écran. Elle éclipse totalement son partenaire, Guang Huo, qui se montre pourtant impeccable. Elle confirme donc son immense talent de comédienne, qui lui avait valu le César du meilleur espoir féminin pour le Brio. On a hâte de la voir dans un grand film. Ce n’est malheureusement pas le cas ici.

LA NOTE : 10/20

Fiche technique :
Réalisation et dialogues : Frédéric Farrucci
Scénario : Benjamin Charbit, Nicolas Journet et Frédéric Farrucci
Musique : Rone
Durée : 95 minutes

Casting :
Guang Huo : Jin
Camélia Jordana : Naomi

LES CHRONIQUES D’ALVIN LE FAISEUR, TOME 6 : LA CITE DE CRISTAL (Orson Scott Card) : Conclusion claire

lacitedecristalSuite et fin (provisoire) des aventures d’Alvin le Faiseur, avec le sixième tome des Chroniques portant son nom, intitulé la Cité de Cristal. Fin provisoire car l’auteur, Orson Scott Card a annoncé qu’il écrivait (ou écrirait) un septième tome. En attendant, ce volet apporte tout de même une vraie conclusion à cette saga quelque peu inégale, mais qui tient là un solide dénouement. L’approche de ce dernier force l’auteur à faire avancer les différents fils de l’intrigue, redonnant un rythme à la narration qui avait manqué lors des deux épisodes précédents.

Les Chroniques d’Alvin le Faiseur, tome 6 : la Cité de Cristal renoue avec ce qui avait fait du deuxième volet, le Sorcier Rouge, le meilleur épisode de la saga. Ici les aventures prennent une autre dimension que les simples mésaventures du personnage principal et de ses compagnons. C’est un destin beaucoup plus large qui se joue et les enjeux sont tout autres. Pas sauver le monde, mais presque. Cela donne au récit un souffle épique supplémentaire, celui-là même qui a manqué à certains volets de l’histoire.

On quitte donc les Chroniques d’Alvin le Faiseur sur une bonne note. La saga s’est avérée trop inégale pour que l’on soit profondément attristé par cette perspective. On retiendra donc plutôt la satisfaction d’assister à une jolie conclusion qui nous fait dire que l’on n’a pas totalement perdu son temps en parcourant les six volumes. La Cité de Cristal nous rappelle pourquoi on s’attache à cette uchronie auquel on reconnaîtra une vraie originalité. Cette lecture m’aura également donné envie de découvrir l’œuvre la plus culte de Orson Scott Card, la Stratégie Ender.

CHAINED, BELOVED : En couple, mais pas trop

chainedafficheDeux films pour une seule critique, mais ceci pour une bonne raison. En effet, Beloved et Chained forment deux parties d’un même triptyque dont le dernier volet sortira en septembre. Il ne s’agit pas de deux épisodes d’une même histoire, mais de deux histoires différentes qui se croisent et quo comptent certains personnages en commun. Malheureusement, l’intérêt de cette caractéristique reste relativement anecdotique, faute d’être réellement exploitée. Les propos des deux films s’avèrent de plus pas du même intérêt, rendant le tout est peu frustrant.

Chained raconte l’histoire d’une séparation en épousant le point de vue de la moitié masculine du couple. Il livre un formidable portrait, d’une remarquable subtilité, sans aucun manichéisme. En allant voir Beloved, on s’attend à assister à la même histoire du point de vue féminin. C’est d’ailleurs ce que laisse largement entendre les promoteurs du film. Cependant, il n’en est rien. Ce deuxième volet est en fait un triple portrait de femme. Certes l’une d’elle est bien celle qui finira par quitter son mari dans l’autre film, mais le propos n’est pas du tout ici centré sur son couple. Si certains éléments permettent de mieux comprendre ce qui s’est passé par ailleurs, la synergie est assez ténue et il aurait presque pu s’agir de deux films totalement différents.

belovedafficheBeloved est au final nettement moins intéressant que Chained. En abordant trois personnages d’un coup, le propos ne réussit pas à être aussi fouillé. Cela rend aussi le film plus inégal car on ne ressent pas le même attrait pour les trois histoires. Sans doute, une question de sensibilité personnelle mais pas que. Il manque à ce deuxième film un propos fort. On sait parfaitement ce que Yaron Chani cherche à nous raconter et à nous dire à travers Chained. Pour Beloved, rien d’aussi clair. En tout cas, cela n’enlève rien à la qualité du casting qui prouve encore une fois la vitalité du cinéma israélien, qui peut compter sur un grand nombre de talents.

LES NOTES :
CHAINED : 12,5/20
BELOVED : 09/20

Fiche technique :
Réalisation : Yaron Chani
Scénario : Yaron Shani
Production : Naomi Levari, Saar Yogev, Michael Reuter, Alona Refua
Photographie : Nizan Lotem, Shai Skiff
Montage : Yaron Shani

Casting :
Rashi : Eran Naim
Avigail : Stav Almagor
Jasmine : Stav Patai
Enquêteur : Asher Ayalon
Asi : Yaniv Assaraf
Dimri : Yaniv Dimri
Hezi : Udi Ohana
Yael : Ori Shani
Na’ama Efrati : Leah Tonic
Yasmin : Stav Patay

POCKET MOON (Simon Joyner), MISSION BELLS (The Mission Ornaments), SEVEN DIALS (Roddy Frame) : Verre à moitié plein

pocketmoonsimonjoynerOn commence cet avis musical relativement réjouissant avec Simon Joyner, un artiste américain, et son album Pocket Moon sorti l’année dernière. Son style est fait de douceur, avec beaucoup de maîtrise, ce qui donne un résultat plutôt agréable. Les accompagnements sont généralement simples, avec une simple guitare sèche. Cela reste très classique et se heurte aux limites de la voix de l’artiste, qui n’a pas de réel intérêt. Il n’y au final rien à jeter dans cet album. Certes, rien de très enthousiasmant non plus, mais il serait dommage de voir le verre à moitié vide.

missionbellstheproperornamentsOn poursuit avec The Proper Ornaments, un groupe visiblement anglais, mais dont je ne sais pas grand chose, puisqu’il ne bénéficie pas de page Wikipedia. Cela ne les a pas empêché de sortir Mission Bells. On y découvre une voix un peu traînante, légèrement loin du micro, mais que l’on peut trouver malgré tout dans un premier temps plutôt agréable. Cependant, on finit par être agacé par cette impression d’une interprétation un peu éteinte, sans raison valable. Du coup, on a bien du mal à vraiment accrocher, malgré des qualités évidentes. Cela donne au final avant tout un sentiment d’un potentiel inexploité. Dommage !

sevendialsroddyframeOn termine avec Seven Dials, dernier album en date de l’artiste écossais Roddy Frame, mais qui date tout de même de 2014. Il s’ouvre avec une ballade douce et mélodieuse, mais interprétée avec beaucoup de conviction. Le reste sera souvent plus dynamique mais gardera toute sa qualité. La voix de l’artiste possède une réelle personnalité. Les titres sont variés, explorant différents styles, certains tirant sur le swing et s’avérant particulièrement entraînant. La qualité est constante et le résultat globalement très réussi.