On a parfois l’impression que les scénaristes ont bien du mal à nous proposer des histoires vraiment nouvelles. J’aime assez les comparaisons pour admettre qu’il est généralement facile de trouver pour l’immense majorité des synopsis qui nous sont proposés un autre avec lequel établir un parallèle. Pourtant, certains arrivent encore à nous proposer des histoires qui sortent vraiment de l’ordinaire et proposent un cheminement narratif et des personnages inattendus, car ne ressemblant à aucun autre. C’est le cas de 3 Billboards, le premier très bon film de cette année 2018.
Pour ceux qui auraient vu la bande-annonce de 3 Billboards et qui pensent avoir à travers elle déjà plus ou moins vu le film (on m’a fait la réflexion), détrompez-vous. Elle ne brossait que le point de départ et ne disait rien sur les multiples développements qu’elle connaît au fur et à mesure. Jusqu’à la dernière minute, le spectateur ignore quels événements vont survenir ensuite. Mais évidemment tout ceci n’aurait pas grand intérêt si ces derniers ne formaient pas une histoire réellement prenante, subtile et livrant une réflexion sur la nature humaine qui échappe à tous raccourcis malheureux.
3 Billboards ne pouvait de toute façon ne pas être un film totalement raté puisqu’il compte la formidable Frances McDomarnd à son casting. Sa seule présence justifie presque l’achat de se rendre dans une salle obscure pour voir ce film. Mais la distribution ne s’arrête pas là avec un Woody Harrelson dans un rôle taillé pour lui et un Sam Rockwell qui parvient à donner une épaisseur supplémentaire à son personnage. Tous concourent à faire de ce film une réussite. Un bon moment de cinéma, qui donne vie à une histoire qui méritait bien d’être racontée et de prendre vie sur grand écran.
LA NOTE : 14/20
Fiche technique :
Production : Blueprint Pictures, 20th Century Fox
Distribution : 20th Century Fox France
Réalisation : Martin McDonagh
Scénario : Martin McDonagh
Montage : John Gregory
Photo : Ben Davis
Décors : Inbal Weinberg
Musique : Carter Burwell
Durée : 115 min
Casting :
Frances McDormand : Mildred Hayes
Woody Harrelson : Willoughby
Sam Rockwell : Dixon
Caleb Landry Jones : Red Welby
Abbie Cornish : Anne
Lucas Hedges : Robbie
Peter Dinklage : James
Sandy Martin : Maman Dixon
John Hawkes : Charlie

La principale faiblesse de la Surface de Réparation reste son interprétation parfois un peu hésitante. Franck Gastambide fait du mieux qu’il peut, mais son talent reste trop limité pour donner une dimension supplémentaire à son personnage. Quant à Hippolyte Girardot, il n’est guère crédible dans un rôle un peu bancal il est vrai. Heureusement, la jeune Alice Isaaz parvient elle à transcender son personnage et apporte un élan supplémentaire à cette histoire. La réalisation de Christophe Régin est propre mais sans génie. Un peu à l’image de ce film de milieu de tableau, à l’abri de la relégation, mais qui ne peut pas prétendre jouer l’Europe.
Le Rire de ma Mère bénéficie d’un très beau casting. Suzanne Clément tient là un des rôles les plus marquants de sa carrière et elle porte une bonne partie du poids du film sur ses épaules. Pascal Demolon y est vraiment excellent alors que j’ai rarement été convaincu par cet acteur. Il serait enfin particulièrement injuste d’oublier la jolie performance du jeune Igor Van Dessel, donc le jeu est peut-être un rien hésitant parfois, mais qui y est pour beaucoup dans l’émotion véhiculé par ce film. Au final, on est touché par cette histoire et ces personnages. Et si le film donne parfois l’impression de tourner un peu en rond, on en ressort quand même avec un gros pincement au cœur.
Les faiblesses de Downsizing se reflètent dans l’interprétation paresseuse d’un casting pourtant bien doté. Il est d’ailleurs regrettable que le personnage interprété avec le plus de conviction soit celui qui disparaisse assez tôt dans le film. Je ne dirais évidemment pas qui pour ne pas spoiler. Et comble du malheur pour ce film, cela fait un moment déjà que la qualité des effets spéciaux, même remarquables, ne permet pas de donner un intérêt supplémentaire à un long métrage. On est beaucoup trop blasé à ce niveau-là pour cela. On en reste donc sur une impression assez négative de ce film au démarrage pourtant prometteur.

On enchaîne avec une formidable découverte. Soon T nous vient de Glasgow et elle est qualifiée de MC de ragga sur Wikipedia. Mais il est souligné que son univers musical est beaucoup plus large. La preuve avec Free as a Bird, son seul et unique album à ce jour, sorti en 2015, et qui n’a visiblement pas connu la destinée qu’il aurait mérité. On est frappé immédiatement par l’incroyable énergie dégagé par les premiers titres. C’est funky, jazzy, électrique et terriblement entraînant. La voix est original et prenante. Le reste de l’album est marqué aussi par des passages plus hip-hop, en tout cas plus lents, un peu en retrait. Mais ça reste toujours très bon. On citera entre autres les titres City Zoo, Gimme Gimme, Black Butterfly, Broken Robots ou encore la jolie ballade Free as a Bird qui conclue l’album.
Retour à plus ordinaire, mais tout de même très bon, avec West Kirby County Primary de Bill Ryder Jones. Il alterne les moments doux et mélancoliques avec d’autres beaucoup plus rock et énergiques. Les instrumentations peuvent être aussi bien épurées que proposer de gros riffs de guitare. Le résultat final est somme tout très classique, plus sympathique que réellement emballant, mais se laisse tout de même écouter avec un vrai plaisir.
Cependant, il serait malhonnête à l’inverse de ne pas soulever le fait que la volonté de glorifier son personnage conduit à un moment donné Joe Wright à frôler le n’importe quoi. Une scène dans le métro, qui se veut pourtant décisive, est tout simplement ridicule et vient un peu gâcher la fin d’un film qui aurait du finir sur une apothéose. Cela ne remet pas heureusement pas le plaisir que l’on a devant l’incroyable numéro d’acteur d’un Gary Oldman méconnaissable mais absolument génial. Un rôle à Oscar assurément. Le film en lui-même n’en vaut certainement pas un, mais vous vaudra bien mieux que du sang, de la sueur et des larmes.
Il reste le plaisir assez unique d’admirer le talent et le charisme de Ricardo Darin. Il fait une nouvelle fois preuve de toute sa classe dans ce rôle visiblement taillé pour lui. Pourtant son jeu n’a rien de spectaculaire ou flamboyant. Mais quant on possède autant de classe, la sobriété est suffisante pour occuper toute la place à l’écran. La réalisation de Santagio Mitre parvient à créer de vraies ambiances qui mettent parfaitement en valeur ses comédiens. Cependant, le tout manque d’une vraie tension qui pourrait maintenir l’intérêt du spectateur au plus haut. Finalement, El Predisente se regarde surtout avec un œil poli mais guère enthousiaste.

Aaron Sorkin signe là un premier film, lui qui était précédemment un des plus brillants scénaristes d’Hollywood. Il fait prendre d’une grande maîtrise dans la réalisation, mais peut-être d’un peu trop justement. Le Grand Jeu est un produit formaté, maîtrisé et efficace, mais sans génie, surprise ou avouons-le génie. La seule réelle étincelle vient de la présence à l’écran toujours aussi remarquable et remarquée de Jessica Chastain. Elle éclipse totalement le reste de la distribution, y compris Kevin Costner, je dois bien l’admettre. Et pourtant Dieu sait si j’ai une admiration sans borde pour Kevin Costner. Au final, le film reste un objet aussi rutilant qu’un jeton de casino neuf, mais aussi vain qu’une partie de jeu de hasard.
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