
Get Out est loin d’être le premier film où un personnage se retrouve au milieu de personnes à première vue particulièrement bien attentionnées, mais qui vont peu à peu devenir particulièrement menaçantes. Les seules questions qui restent sont comment la pauvre victime désignée va découvrir la vérité et surtout quelles sont les motivations profondes des manipulateurs. Pas plus, pas moins. Et c’est encore le cas ici. La dimension sociale du film renforce sans doute l’impact du film sur l’imaginaire du spectateur, mais sans apporter grand chose à la mécanique narrative.

LA NOTE : 14/20
Fiche technique :
Réalisation : Jordan Peele
Scénario : Jordan Peele
Direction artistique : Rusty Smith
Décors : Chris Craine
Costumes : Nadine Haders
Photographie : Toby Oliver
Montage : Gregory Plotkin
Musique : Michael Abels
Production : Seab McKittrick, Jordan Peele, Edward H. Hamm Jr., Jason Blum
Durée : 103 minutes
Casting :
Daniel Kaluuya : Chris Washington
Allison Williams : Rose Armitage
Catherine Keener : Missy Armitage
Erika Alexander : Détective Latoya
Bradley Whitford : Dean Armitage
Caleb Landry Jones : Jeremy Armitage
Lil Rel Howery : Rod Williams
Keith Stanfield : Andre « Logan » Hayworth
Betty Gabriel : Georgina
Marcus Henderson : Walter
Stephen Root : Jim Hudson
Zailand Adams : Chris, âgé de 11 ans

On l’Appelle Jeeg Robot ne brille ni visuellement, ni artistiquement. Gabriele Mainetti fait ce qu’il peut avec les moyens dont il dispose et avouons-le avec ses propres limites. Mais il le fait avec une intelligence remarquable, en donnant vie à ce scénario improbable, remarquablement bien écrit. Une bonne histoire reste quand même la seule qualité vraiment indispensable pour faire un bon film. Si on ajoute à ça, des acteurs impliqués et talentueux, on obtient une très bonne surprise originale et distrayante. Bref, que demander de plus !
Après la Tempête apporte beaucoup d’eau au moulin de la réflexion du spectateur. Chaque sujet est abordé avec de l’intelligence et de la sensibilité, mais sans finalement prendre le temps de l’explorer totalement. On ressort de la salle sans trop savoir quoi penser, sans arriver à la moindre conclusion. Je ne suis pas convaincu que Hirokazu Kore-eda ait voulu en apporter une. Cela donne à son film à son côté contemplatif que certains sauront sans doute apprécier mais qui m’a personnellement frustré. Peut-être qu’inconsciemment, je suis déçu de découvrir que certains Japonais sont juste normaux…
Si sur la forme la Colère d’un Homme Patient mérite sans doute son Goya du meilleur film, ce qui est tout de même remarquable pour un premier film, l’histoire qu’il raconte ressemble trop à beaucoup d’autres pour être vraiment bouleversé ou enthousiasmé. Le film traite un sujet classique parmi les classiques depuis les premières tragédies grecques. Il échoue à trouver le petit élément qui amènera un regard nouveau ou surprenant. Du coup, cela donne à ce film un caractère très académique et attendu, qui laisse le spectateur assez froid. Si c’est à cette température que se consomme la vengeance, pour un long métrage, on aurait aimé un peu plus de chaleur.
On reste dans le folk américain avec Elvis Perkins, même si cette fois c’est un binoclard blanc. Son album I Aubade est surtout nettement moins convaincant. Dès le départ, on est plongé dans un univers musical décousue et pour tout dire assez chiant. C’est lent, plat et monotone. La voix est aigrelette qui se pose sur des instrumentations minimalistes qui ne vont donc pas sauver la mise. Bref, l’album ne décolle jamais d’un iota et on s’ennuie ferme.
On ne change toujours pas de pays… ni trop de style musical. Par contre, cette fois, on passe à un gros barbu appelé Matthew E White et son album Fresh Blood. Il nous propose une musique douce, qui tire parfois vers la berceuse. Mais des jolies berceuses qui coulent agréablement aux oreilles. Le résultat est classieux, tranquille, maîtrisé, jamais monotone, parfois envoûtant, toujours séduisant. Bref, du bonheur paisible dans un monde de brutes.
Aurore repose énormément sur les épaules d’Agnès Jaoui. Des épaules larges et solides certes, mais le film souffre du coup de seconds rôles au final assez transparents. Les fans de l’actrice seront ravis, les autres n’auront pas non plus à se plaindre. Elle incarne son personnage avec son talent habituel, ce qui n’est pas peu dire. C’est grâce à elle que le spectacle reste assez plaisant pour ne pas donner trop de regret au spectateur. Cependant, on est quand même typiquement devant un film qui supportera très bien d’être vu à la télé, un soir de pluie, sans avoir à se saigner les veines pour se payer une place de cinéma. Quant aux boulimiques porteur de carte d’abonnement comme moi, ils n’ont de toute façon jamais de regret quand ils se rendent dans une salle obscure !
Aucun intérêt, si ce n’est tout de même le pur divertissement. C’est ce qu’est au fond Life – Origine Inconnue. Un spectacle déjà vu, mais qui fonctionne encore assez pour nous préserver de l’ennui. Il ne réserve pas de réelles surprises. Le spectateur est tout de même curieux du comment le film va nous emmener vers ce à quoi on s’attend. Et si le film essaye de nous réserve maladroitement un rebondissement final (que l’on voit venir assez facilement), on lui pardonne, on le remercie pour le bon moment et on l’oublie assez en sortant de la salle. Parfois, ce n’est pas plus mal.
Cessez-le-Feu souffre de quelques longueurs et surtout d’une fin que j’ai trouvé un peu trop mélodramatique, quand le reste de film avait brillé plutôt par sa subtilité. On le suit avec un intérêt certain, mais un intérêt raisonnable et pas aussi émotionnel que ce qu’aurait pu faire espérer le sujet. Au final, on est plus intéressé qu’ému. Ce n’est pas une raison pour ne pas saluer la triple performance de Romain Duris, de Céline Salette et Grégory Gadebois. Ils incarnent leurs personnage respectif avec force et conviction. En tout cas, ils auront eu l’immense mérite à travers ce film de nous rappeler la valeur de la paix.
L’Homme aux Mille Visages est un film parfaitement maîtrisé, qui déroule une narration portée par une réalisation sobre et des acteurs talentueux et impliqués. Cependant, sans cette dimension affective, il ne déchaîne pas d’enthousiasme outre mesure. On a déjà eu l’occasion de voir des histoires assez proches sur grand écran, avec parfois plus d’audace et de rebondissements prenant au dépourvu le spectateur. Sans doute pour vraiment coller à la réalité des faits, le récit est au final assez linéaire et les quelques révélations de fin sur le « comment » ne n’en sont pas vraiment. Enfin, pas de quoi crier à l’arnaque cependant.
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