GET OUT : A ne pas fuir !

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getoutafficheParfois cette personne ont l’air sympathique au premier abord, mais en fait pas du tout. Mais alors pas du tout ! Heureusement d’ailleurs, sinon nous ne pourrions pas aller voir Get Out au cinéma. Un film qui repose sur des ressorts narratifs très classiques, mais qui sont maniés ici avec une réelle maestria. Un film qui prend aussi une résonance particulière dans un contexte social américain où les questions « raciales » (en rappelant au passage qu’il n’y a pas de race chez les humains) sont extrêmement sensibles.

Get Out est loin d’être le premier film où un personnage se retrouve au milieu de personnes à première vue particulièrement bien attentionnées, mais qui vont peu à peu devenir particulièrement menaçantes. Les seules questions qui restent sont comment la pauvre victime désignée va découvrir la vérité et surtout quelles sont les motivations profondes des manipulateurs. Pas plus, pas moins. Et c’est encore le cas ici. La dimension sociale du film renforce sans doute l’impact du film sur l’imaginaire du spectateur, mais sans apporter grand chose à la mécanique narrative.

getoutGet Out, comme tous les films du genre, repose avant tout, au moins dans un premier temps, sur la tension qui naît de petits détails anodins qui font naître une menace indicible. Jordan Peele y parvient avec beaucoup de talent et de brio, dans cette banlieue américaine désespérément blanche et bien pensante. Ceci grâce à une réalisation réellement brillante et quelques astuces scénaristiques. Il ponctue son film de quelques touches d’humour qui ont le mérite de faire retomber la tension… pour mieux la faire remonter quelques instants après. Il joue littéralement avec le spectateur. Mais contrairement au personnage principal, le spectateur est lui pleinement consentant.

LA NOTE : 14/20

Fiche technique :
Réalisation : Jordan Peele
Scénario : Jordan Peele
Direction artistique : Rusty Smith
Décors : Chris Craine
Costumes : Nadine Haders
Photographie : Toby Oliver
Montage : Gregory Plotkin
Musique : Michael Abels
Production : Seab McKittrick, Jordan Peele, Edward H. Hamm Jr., Jason Blum
Durée : 103 minutes

Casting :
Daniel Kaluuya : Chris Washington
Allison Williams : Rose Armitage
Catherine Keener : Missy Armitage
Erika Alexander : Détective Latoya
Bradley Whitford : Dean Armitage
Caleb Landry Jones : Jeremy Armitage
Lil Rel Howery : Rod Williams
Keith Stanfield : Andre « Logan » Hayworth
Betty Gabriel : Georgina
Marcus Henderson : Walter
Stephen Root : Jim Hudson
Zailand Adams : Chris, âgé de 11 ans

ON L’APPELLE JEEG ROBOT : Surprise à l’italienne

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onlappellejeegrobotafficheLes films de super-héros ont envahi nos écrans ces dernières années, créant une nouvelle mythologie cinématographique riche et fascinante. Il est étonnant de constater que le sujet n’ait pas été une plus grande source d’inspiration en dehors des œuvres « officielles ». On peut tout de même citer Kick-Ass et on pourra désormais aussi parler de On l’Appelle Jeeg Robot. Un film italien qui parle de super pouvoirs mais qui ne reprend aucun des codes du genre.

En effet, dans la monde des super-héros, il y a les bons d’un côté, les méchants de l’autre. Mais qu’arriverait-il si des super pouvoirs étaient acquis pas un faux méchant pas vraiment gentil ? Un petit délinquant sans ambition, qui ne cherchera ni à sauver le monde, ni à le dominer. Et bien, vous le saurez en allant voir On l’Appelle Jeeg Robot. Une histoire inclassable, entre parodie, polar, avec un rien de science-fiction. Un peu de poésie aussi. Un mélange détonnant, étonnant et surtout réellement savoureux.

onlappellejeegrobotOn l’Appelle Jeeg Robot ne brille ni visuellement, ni artistiquement. Gabriele Mainetti fait ce qu’il peut avec les moyens dont il dispose et avouons-le avec ses propres limites. Mais il le fait avec une intelligence remarquable, en donnant vie à ce scénario improbable, remarquablement bien écrit. Une bonne histoire reste quand même la seule qualité vraiment indispensable pour faire un bon film. Si on ajoute à ça, des acteurs impliqués et talentueux, on obtient une très bonne surprise originale et distrayante. Bref, que demander de plus !

LA NOTE : 14/20

Fiche technique :
Production : Goon Films, RAI cinema
Distribution : Nour films
Réalisation : Gabriele Mainetti
Scénario : Nicola Guaglianone, Menotti
Montage : Andrea Maguolo
Photo : Michele D’Attanasio
Format : Couleurs – 35 mm – 2,35:1
Décors : Massimiliano Sturiale
Musique : Gabriele Mainetti, Michele Braga
Durée : 118 min

Casting :
Claudio Santamaria : Enzo Ceccotti/Jeeg Robot
Luca Marinelli : Fabio Cannizzaro/Le Gitan
Ilenia Pastorelli : Alessia
Antonia Truppo : Nunzia
Daniele Trombetti : Tazzina
Francesco Formichetti : Sperma
Stefano Ambrogi : Sergio
Maurizio Tesei : Biondo
Gianluca Di Gennaro : Antonio

APRES LA TEMPETE : Nippon ordinaire

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apreslatempeteafficheEt si finalement les Japonais étaient des êtres humains comme les autres ? Il est vrai que le cinéma nippon donne une image sûrement assez déformée de cette société aux nombreuses particularités. Si la culture et la tradition éloignent parfois les habitants de notre planète les uns des autres, la nature humaine est au fond tout ce qu’il y a de plus universelle. La preuve avec Après la Tempête, un film sur les rapports familiaux qui pourraient se dérouler partout dans le monde.

Après la Tempête possède tout de même un décor. Il n’est pas totalement déconnecté de certaines spécificités de la société japonaise. Certains comportements, certains détails n’auraient pas lieu d’être dans un autre pays. Mais l’essentiel de l’histoire relève d’un humaniste qui parlera à tous les spectateurs. Les sujets abordés sont nombreux. La paternité, l’évanouissement des rêves de jeunesse, l’importance d’un certain paraître social… Un film riche donc, mais peut-être un peu trop au final.

apreslatempeteAprès la Tempête apporte beaucoup d’eau au moulin de la réflexion du spectateur. Chaque sujet est abordé avec de l’intelligence et de la sensibilité, mais sans finalement prendre le temps de l’explorer totalement. On ressort de la salle sans trop savoir quoi penser, sans arriver à la moindre conclusion. Je ne suis pas convaincu que Hirokazu Kore-eda ait voulu en apporter une. Cela donne à son film à son côté contemplatif que certains sauront sans doute apprécier mais qui m’a personnellement frustré. Peut-être qu’inconsciemment, je suis déçu de découvrir que certains Japonais sont juste normaux…

LA NOTE : 12/20

Fiche technique :
Réalisation : Hirokazu Kore-eda
Scénario : Hirokazu Kore-eda

Casting :
Hiroshi Abe : Shinoda Ryôta
Kirin Kiki : Shinoda Yoshiko
Yōko Maki : Shiraishi Kyôko
Satomi Kobayashi : Shinoda Chinatsu
Taiyô Yoshizawa : Shiraishi Shingo
Sosuke Ikematsu : le collègue détective
Lily Franky : le patron de l’agende de détective

LA COLERE D’UN HOMME PATIENT : Froide Vengeance

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lacoleredunhommepatientafficheLa vengeance est un moteur puissant du comportement humain. Il peut amener un individu à commettre des actes dont nul ne l’aurait imaginé capable dans d’autres circonstances. Qu’elle soit au centre de beaucoup de scénarios n’a donc rien d’étonnant. Il est également connu qu’il s’agit d’un plat qui se mange froid. Il n’y a donc rien d’étonnant non plus de voir arriver sur nos écrans un film intitulé la Colère d’un Homme Patient… bon ok, ça parle de colère, non de vengeance, mais ceux qui auront vu le film savent qu’ils sont ici synonymes. Mais à force de ne pas être étonnant, ce film manque singulièrement de surprise.

La Colère d’un Homme Patient est un film cependant parfaitement maîtrisé. Dans sa narration d’abord, avec les éléments de l’histoire qui se mettent peu à peu en place, comme un puzzle, où chaque pièce se dévoile habilement une à une. La réalisation est elle-aussi impeccable. Elle sait souligner les ambiances très différents d’une scène à l’autre, tout en gardant une grande unité. Elle sait surtout mettre parfaitement en valeur l’interprétation des acteurs, en particulier Antonio de la Torre qui incarne réellement son personnage avec force et conviction.

lacoleredunhommepatientSi sur la forme la Colère d’un Homme Patient mérite sans doute son Goya du meilleur film, ce qui est tout de même remarquable pour un premier film, l’histoire qu’il raconte ressemble trop à beaucoup d’autres pour être vraiment bouleversé ou enthousiasmé. Le film traite un sujet classique parmi les classiques depuis les premières tragédies grecques. Il échoue à trouver le petit élément qui amènera un regard nouveau ou surprenant. Du coup, cela donne à ce film un caractère très académique et attendu, qui laisse le spectateur assez froid. Si c’est à cette température que se consomme la vengeance, pour un long métrage, on aurait aimé un peu plus de chaleur.

LA NOTE : 12/20

Fiche technique :
Réalisation : Raúl Arévalo
Scénario : Raúl Arévalo, David Pulido
Direction artistique : Serafín González
Décors : Antón Laguna
Costumes : Cristina Rodriguez, Alberto Valcárcel
Son : Tamara Arévalo3
Photographie : Arnau Valls Colomer
Montage : Ángel Hernández Zoido
Musique : Lucio Godoy, Vanessa Garde2
Production : Beatriz Bodegas (productrice, productrice déléguée), Sergio Díaz (producteur exécutif)
Durée : 92 minutes

Casting :
Antonio de la Torre : José
Luis Callejo : Curro
Ruth Díaz : Ana
Raúl Jiménez : Juanjo
Pilar Gómez : Pili
Berta Hernández : la fiancée de José
Manolo Solo : Triana
Font García : Julio
Alicia Rubio : Carmen

TOMORROW IS MY TURN (Rhianna Giddens), I AUBADE (Elvis Perkins), FRESH BLOOD (Mattew E White) : That’s all folk !

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tomorrowismyturnrhiannongiddensOn débute cet avis musical par une très belle découverte en la personne de Rihannon Giddens, une artiste folk afro-américaine qui signe avec Tomorrow is my Turn un très bel premier album. Sa voix à la fois claire et profonde accroche l’oreille de suite. Elle se pose sur des instrumentations souvent hyper épurées, mais elle est bien suffisante. Le style navigue entre folk, blues et country. Elle n’offre rien de révolutionnaire, mais le résultat est terriblement agréable et jamais monotone. On retiendra avant tout le titre Up Above My Head, un son rétro et énergique, et Black is the Color, aux sonorités funky.

iaudabdeelvisperkinsOn reste dans le folk américain avec Elvis Perkins, même si cette fois c’est un binoclard blanc. Son album I Aubade est surtout nettement moins convaincant. Dès le départ, on est plongé dans un univers musical décousue et pour tout dire assez chiant. C’est lent, plat et monotone. La voix est aigrelette qui se pose sur des instrumentations minimalistes qui ne vont donc pas sauver la mise. Bref, l’album ne décolle jamais d’un iota et on s’ennuie ferme.

freshbloodmatthewewhiteOn ne change toujours pas de pays… ni trop de style musical. Par contre, cette fois, on passe à un gros barbu appelé Matthew E White et son album Fresh Blood. Il nous propose une musique douce, qui tire parfois vers la berceuse. Mais des jolies berceuses qui coulent agréablement aux oreilles. Le résultat est classieux, tranquille, maîtrisé, jamais monotone, parfois envoûtant, toujours séduisant. Bref, du bonheur paisible dans un monde de brutes.

AURORE : 50 ans et pas toutes ses dents

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auroreafficheSi la vie nous offre pas mal de choses sympathiques, comme les côtes de bœuf, les bons films et les orgasmes, elles nous réservent aussi bien des raisons de se renfrogner. Vieillir en fait incontestablement partie, combien même on essaye de positiver en parlant d’expérience et de maturité. Visiblement, cela touche plus particulièrement les cadres féminins du cinéma français. En attendant le film de Valérie Lemercier sur le même sujet, voici Aurore où Agnès Jaoui incarne un personnage en pleine crise de la cinquantaine. Un résultat agréable, mais pas indispensable.

Aurore navigue entre humour et un ton un peu plus grave, voire même assez pessimiste. En effet, pendant une bonne partie du film, on se dit vraiment qu’avoir cinquante ans est proche de l’apocalypse, une sorte de mort avant l’heure. Heureusement, la fin du film tente de rééquilibrer un peu le propos, mais sans tout effacer. Du coup, on est loin du feel good movie auquel on pouvait s’attendre. Certes, Blandine Lenoir est tout à fait en droit de nous livrer un point de vue nuancé, mais cela crée un décalage entre le propos et la forme, qui cherche quand même clairement à faire rire. Cela crée comme un flottement, un décalage, qui amène le spectateur à se demander si l’histoire sait vraiment où elle veut nous emmener.

auroreAurore repose énormément sur les épaules d’Agnès Jaoui. Des épaules larges et solides certes, mais le film souffre du coup de seconds rôles au final assez transparents. Les fans de l’actrice seront ravis, les autres n’auront pas non plus à se plaindre. Elle incarne son personnage avec son talent habituel, ce qui n’est pas peu dire. C’est grâce à elle que le spectacle reste assez plaisant pour ne pas donner trop de regret au spectateur. Cependant, on est quand même typiquement devant un film qui supportera très bien d’être vu à la télé, un soir de pluie, sans avoir à se saigner les veines pour se payer une place de cinéma. Quant aux boulimiques porteur de carte d’abonnement comme moi, ils n’ont de toute façon jamais de regret quand ils se rendent dans une salle obscure !

LA NOTE : 11,5/20

Fiche technique :
Production : Karé productions, France 3 cinéma
Distribution : Diaphana
Réalisation : Blandine Lenoir
Scénario : Blandine Lenoir, Jean-Luc Gaget, Océane Rose Marie
Montage : Stéphanie Araud
Photo : Pierre Milon
Décors : Eric Bourges
Musique : Bertrand Belin
Durée : 89 min

Casting :
Agnès Jaoui : Aurore
Thibault de Montalembert : Totoche
Pascale Arbillot : Mano
Sarah Suco : Marina
Lou Roy Lecollinet : Lucie
Philippe Rebbot : l ex mari
Laure Calamy : l agente de Pole emploi

LIFE – ORIGINE INCONNUE : Copier-coller

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lifeafficheOn le sait depuis l’école, ce n’est pas bien de copier sur son voisin. En termes d’art, la copie s’appelle aussi l’inspiration ou l’influence. Au final, on utilise le terme que l’on voudra, mais il est évidemment que Life – Origine Inconnue est intimement lié à Alien. Un huit-clos spatial avec une créature extraterrestre particulièrement coriace qui essaye de tuer tous les occupants pour survivre. Avouez qu’il est difficile de ne pas voir la parenté entre les deux. Ce film prouve encore une fois que l’original est souvent bien meilleur que la copie.

Il est presque injuste de comparer Alien et Life – Origine Inconnue, tant les deux films ne jouent pas dans la même catégorie. Celui qui nous intéresse aujourd’hui est un film relativement mineur, pas une série B, mais pas loin. Les moyens visuels sont là, le casting est plutôt brillant, mais rien qui permette de surmonter le manque d’originalité du scénario pour rendre ce film inoubliable. La réalisation est efficace mais sans relief, n’est pas Ridley Scott qui veut. Bref, rien pour vraiment s’enthousiasmer et trouver un intérêt profond à ce film.

lifeAucun intérêt, si ce n’est tout de même le pur divertissement. C’est ce qu’est au fond Life – Origine Inconnue. Un spectacle déjà vu, mais qui fonctionne encore assez pour nous préserver de l’ennui. Il ne réserve pas de réelles surprises. Le spectateur est tout de même curieux du comment le film va nous emmener vers ce à quoi on s’attend. Et si le film essaye de nous réserve maladroitement un rebondissement final (que l’on voit venir assez facilement), on lui pardonne, on le remercie pour le bon moment et on l’oublie assez en sortant de la salle. Parfois, ce n’est pas plus mal.

LA NOTE : 11/20

Fiche technique :
Production : Columbia Pictures, Skydance Media, Sony Pictures Entertainment
Distribution : Sony Pictures Releasing France
Réalisation : Daniel Espinosa
Scénario : Rhett Reese, Paul Wernick
Montage : Mary Jo Markey, Frances Parker
Photo : Seamus McGarvey
Décors : Nigel Phelps
Musique : Jon Ekstrand
Directeur artistique : Steven Lawrence
Durée : 104 min

Casting :
Jake Gyllenhaal : David Jordan
Rebecca Ferguson : Miranda North
Ryan Reynolds : Rory Adams
Hiroyuki Sanada : Sho Murakami
Olga Dihovichnaya : Ekaterina Golovkina
Ariyon Bakare : Hugh Derry

CESSEZ-LE-FEU : Vive la paix !

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cessezlefeuafficheEntre Trump, Poutine, Assad et Kim, notre époque nous donne envie de parler avant tout de paix. Un Français de ma génération ignore ce qu’est la guerre et n’a jamais craint d’en vivre une. Et c’est une chance que peu d’hommes ont eu dans l’histoire de l’humanité. Il suffit d’aller voir Cessez-le-Feu pour s’en rendre compte. Un film qui nous emmène dans les années 20 et nous raconte l’impossible retour à la réalité quand on a connu l’horreur absolue des tranchées.

Le traumatisme lié à la guerre est un sujet classique du cinéma. Mais avant tout une cinéma hollywoodien qui a souvent traité la question à propos de la guerre du Vietnam et plus récemment à propos de la guerre en Irak. En France, il a rarement été au cœur des scénarios pourtant nombreux ayant trait à la Première ou la Deuxième Guerre Mondiale. Du coup, le propos de Cessez-le-Feu a au moins le mérite d’explorer de sortir le cinéma français de sa zone de confort, ce qui est suffisamment pour être signalé. Cela restera le grand mérite de ce film qui est loin d’être parfait par ailleurs.

cessezlefeuCessez-le-Feu souffre de quelques longueurs et surtout d’une fin que j’ai trouvé un peu trop mélodramatique, quand le reste de film avait brillé plutôt par sa subtilité. On le suit avec un intérêt certain, mais un intérêt raisonnable et pas aussi émotionnel que ce qu’aurait pu faire espérer le sujet. Au final, on est plus intéressé qu’ému. Ce n’est pas une raison pour ne pas saluer la triple performance de Romain Duris, de Céline Salette et Grégory Gadebois. Ils incarnent leurs personnage respectif avec force et conviction. En tout cas, ils auront eu l’immense mérite à travers ce film de nous rappeler la valeur de la paix.

LA NOTE : 12,5/20

Fiche technique :
Réalisation : Emmanuel Courcol
Scénario : Emmanuel Courcol
Direction artistique : Mathieu Menut
Costumes : Stephan Rollot et Édith Vesperini
Photographie : Tom Stern et Yann Maritaud
Son : Pascal Armant et Sébastien Marquilly
Montage : Guerric Catala et Géraldine Rétif
Musique : Jérôme Lemonnier
Production : Christophe Mazodier ; Céline Chapdaniel
Durée : 103 minutes

Casting :
Romain Duris : Georges Laffont
Grégory Gadebois : Marcel
Céline Sallette : Hélène
Maryvonne Schiltz : Louise
Wabinlé Nabié : Diofo
Julie-Marie Parmentier : Madeleine
Arnaud Dupont : Philippe
Yvon Martin : Fabrice
Armand Éloi : Debaecker
Fabrice Eberhard : Lavandier
Mathilde Courcol-Rozès : Angèle

L’HOMME AUX MILLE VISAGES : Arnaque d’Etat

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lhommeauxmillevisagesafficheL’arnaque constitue un bon sujet de film, au point de donner son nom à un des films les plus mythiques de l’histoire du 7ème art. Les ressorts sont connus, à la limite de l’usure, mais bien huilé ils peuvent encore permettre à un scénariste de rebondir pour nous offrir un scénario qui tient vraiment la route. D’autant plus quand celui-ci est basé sur des faits réels qui nous font découvrir une incroyable histoire, révélatrice du fonctionnement parfois étrange du monde de l’espionnage, qui ne ressemble guère en réalité à l’image qu’en donnent les James Bond. L’Homme aux Mille Visages nous plonge dans un des plus incroyables scandales politico-financiers de l’histoire de l’Espagne.

L’Homme aux Mille Visages a certainement eu un retentissement bien plus important de l’autre côté des Pyrénées. En effet, on imagine bien que connaître les ressorts d’une affaire ayant fait grand bruit et ayant fait tomber un gouvernement a du aiguiser la curiosité des Espagnols. Vu d’ici, il est vrai que l’on retient surtout le plaisir de l’intrigue pour l’intrigue. Le film aurait pu être une pure fiction, on aurait pu l’apprécier tout autant, même si on aurait peut-être été tenté de dire que tout cela était trop gros pour être crédible. Mais qui a dit que jamais la réalité ne dépassait la fiction ?

lhommeauxmillevisagesL’Homme aux Mille Visages est un film parfaitement maîtrisé, qui déroule une narration portée par une réalisation sobre et des acteurs talentueux et impliqués. Cependant, sans cette dimension affective, il ne déchaîne pas d’enthousiasme outre mesure. On a déjà eu l’occasion de voir des histoires assez proches sur grand écran, avec parfois plus d’audace et de rebondissements prenant au dépourvu le spectateur. Sans doute pour vraiment coller à la réalité des faits, le récit est au final assez linéaire et les quelques révélations de fin sur le « comment » ne n’en sont pas vraiment. Enfin, pas de quoi crier à l’arnaque cependant.

LA NOTE : 12/20

Fiche technique :
Production : Atresmedia Cine, Atipica dilms, Canal sur Television, El Espia de las mil caras, Sacromonte films, Zeta Audiovisual
Distribution : Ad Vitam distribution
Réalisation : Alberto Rodriguez
Scénario : Rafael Cobos Lopez, Alberto Rodriguez, d’après le livre de Manuel Cerdan Alenda
Montage : José M.G. Moyano
Photo : Alex Catalan
Musique : Julio de la Rosa
Directeur artistique : Pepe Dominguez Del Olmo
Durée : 122 min

Casting :
Eduard Fernandez : Francisco Paesa
Jose Coronado : Jesus Camoes
Marta Etura Luis : Nieves
Carlos Santos : Roldan
Enric Benavent : Casturelli
Alba Galocha : Beatriz
Philippe Rebbot : Pinaud
Pedro Casablanc : Abogado

QUO VADIS ? (Henryk Sienkiewicz) : Va piano

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quovadisIl est de coutume de dire que le livre est mieux que le film. Imaginez donc mon impatience avant de lire Quo Vadis ? quand on sait que l’adaptation cinématographique a été un des films qui ont éveillé cet amour infini du cinéma étant enfant. Au final, il y a deux possibilités. Soit la règle citée en introduction se trouve ici pris à défaut. Soit il faudrait que je revois le film pour m’apercevoir qu’il n’est pas si bien que ça (je crois l’avoir revu adolescent, mais pas depuis). Ne voulant pas briser mes illusions de jeunesse, je vais opter pour la première option.

En effet, Quo Vadis ? est un roman assez longuet où tout prend beaucoup trop de mots, de phrases et de pages pour arriver. Il ne manque pas d’intérêt, mais ce dernier est trop souvent dilué. L’œuvre de Henryk Sienkiewicz a clairement l’ambition d’être une grande fresque romanesque retraçant un passage légendaire et mythique de l’histoire de l’humanité. Elle y parvient par ce qu’elle raconte, mais sans totalement passionner le lecteur par la manière dont elle le fait. Comme si l’auteur voulait vraiment s’assurer que le lecteur ait vraiment bien compris avant de passer au chapitre suivant. C’est sympathique de sa part, mais on avait bien tout saisis assez vite, inutile d’en rajouter trois couches.

En effet, la plume de Henryk Sienkiewicz est assez habile par ailleurs. Il parsème son récit de référence historique, au quotidien des romains du 1er siècle ou à de grands personnages. Les amateurs de notes de bas de page auront de quoi se contenter. Les autres passeront tout cela sans s’y attarder et sans que le récit n’en soit alourdit. S’il se traîne en longueur, ce n’est pas pour ça. Quo Vadis ? repose infiniment plus sur l’action et les dialogues que sur les descriptions. Dommage que les deux premiers tournent un peu trop en boucle pour donner un supplément de souffle à cette œuvre.