
Objectivement, Rogue One est loin d’être un film parfait. Il souffre d’un manque de rythme et de souffle dans une bonne première moitié. Au bout d’une heure, dans mon esprit, j’étais plutôt parti pour être déçu. Cette impression s’est largement dissipée lorsque je l’ai revu. En effet, ce sont les personnages qui n’accrochent pas immédiatement la sympathie du spectateur. Mais cela provient aussi d’une certaine ambiguïté qui au final fera leur force et tout leur intérêt. De toute façon, la deuxième partie vient balayer ce début de semblant de déception.
Beaucoup de craintes préalables à l’encontre de Rogue One se focalisaient sur le fait que ce film ne serait qu’un spin-off, c’est à dire un gadget, un accessoire pas très utile, conçu uniquement pour prélever un peu plus de dollars sur le compte en banque des fans. Au final, la grande force de ce film est d’avoir pleinement assumé ce statut. Il a su parfaitement jouer la complémentarité et la continuité avec la saga principale pour insuffler un vrai souffle épique en son sein. Les derniers instants du film sont notamment symptomatiques. S’ils sont si enthousiasmants, c’est bien par le lien que l’on établit avec le début de l’Episode IV, non pour son intérêt en lui-même. Le film a donc évité tous les pièges dans lesquels on l’imaginait facilement tomber.
Rogue One bénéficie donc d’un scénario remarquable. J’aurais très envie de développer cette partie, mais il est difficile de le faire sans spoiler. Je dirai simplement qu’à chaque fois que les scénaristes ont du faire un choix, ils ont fait le bon. De plus, le film bénéficie de dialogues d’une réelle qualité, alors que ce point a toujours constitué le principal point faible de beaucoup d’épisodes de la saga, ceux réalisés par George Lucas en premier lieu, mais pas que. Le film ne se perd jamais dans une psychologie de bas étage, mais se contente de l’essentiel en le faisant bien !

Enfin le casting constitue lui aussi un point fort du film. Un mélange de vraies star hollywodiennes, qui arrivent à donner du charisme à des seconds rôles, et de comédiens plus méconnus qui tirent largement le film vers le haut. Certes, Félicity Jones a déjà reçu une nomination aux Oscars pour son rôle dans Une Brève Histoire du Temps, mais ce rôle la porte à un tout autre niveau de notoriété. Elle est impeccable de bout en bout. A ses côtés, Diego Luna a parcouru bien du chemin depuis sa révélation dans Y Tu Mama Tambien, au début des années 2000. Il incarne parfaitement son personnage avec toutes ses contradictions. Si, comme je l’ai évoqué plus haut, il ne le rend pas immédiatement sympathique, c’est aussi parce qu’il lui donne une réelle humanité, loin d’un manichéisme béat.
Rogue One dissipe donc les craintes qu’il a pu faire naître et prend bien toute sa place dans la saga Star Wars. Une place de second rôle peut-être. Mais on sait bien qu’au cinéma, les seconds rôles sont parfois les plus intéressants.
LA NOTE : 14/20
Fiche technique :
Production : Walt Disney Pictures, Lucasfilm
Distribution : Walt Disney Studios Motion Pictures International
Réalisation : Gareth Edwards
Scénario : Chris Weitz, Tony Gilroy
Montage : Jabez Olssen, Elliot Graham
Photo : Greig Fraser
Décors : Doug Chiang, Neil Lamont
Musique : Michael Giacchino
Durée : 133 min
Casting :
Felicity Jones : Jyn Erso
Mads Mikkelsen : Galen Erso
Forest Whitaker : Saw Gerrera
Ben Mendelsohn : directeur Orson Krennic
Donnie Yen : Chirrut Îmwe
Diego Luna : capitaine Cassian Andor
Riz Ahmeda : Bodhi Rook

On enchaîne avec Sunbathing Animal du groupe new-yorkais Parquet Courts. Ils proposent un rock archi basique, sur lequel vient se poser une voix qui chante passablement faux. La musique n’est vraiment pas harmonieuse, pour ne pas dire carrément qu’elle casse les oreilles. Le tout est interprété avec un grand dilettantisme. Les gros riffs ne peuvent évidemment compenser tous ces travers, qui font que certains morceaux sont carrément insupportables.
On termine une fois n’est pas coutume avec un artiste francophone. Un vieux de la vieille même, à savoir Etienne Daho et son album Les Chansons de l’Innocence Retrouvé. Ce dernier s’ouvre par deux titres aux textes obscures et la musique molle. On craint alors le pire. Mais à partir de Les Torrents Défendus, on retrouve l’Etienne Daho que l’on aime. C’est mieux, plus énergique (enfin ça reste du Daho!). Mais il faut avouer que l’album est quand même globalement assez anodin au vu de sa longue carrière. Au final c’est le titre éponyme de l’album qui reste le plus marquant. On notera aussi dans l’édition 2CD, un joli duo avec Dominique A intitulé En Surface.
Omar Sy met pourtant toute sa conviction et toute son énergie dans son rôle de papa malgré lui. Mais tout son talent et sa générosité ne suffisent pas. Il paraît même en faire un peu trop parfois tant il essaye de masquer les manques par ailleurs. Bref, Demain Tout Commence est un film largement raté, dont les aspects se voulant d’une certaine gravité font plutôt sourire par leur maladresse et leur vacuité.
Par contre, Baccalauréat est avant tout un formidable scénario. Il fait de ce film à la fois un film de personnages, une chronique sociale, presque politique et un quasi-polar. Une vraie richesse donc et des intérêts multiples. Tous les aspects sont entremêlés pour former une seule et même histoire remarquable et qui entraîne le spectateur de bout en bout. Adrian Titieni et Maria-Victoria Dragus sont deux formidables comédiens qui contribuent largement à faire de ce film une vraie réussite. Une réussite qui valait bien un prix, mais sans doute pas celui qu’il a reçu.
Papa ou Maman 2 reste quand même particulièrement poussif. Les chutes, les situations sont vraiment drôles, bien pensées, parfois surprenantes. Mais tout arrive en prenant beaucoup trop son temps pour ne pas casser le rythme effréné qui devrait être celui d’une telle comédie. Le soufflé est parfois beau, mais il retombe encore et encore. Cela gâche quelque peu le repas cinématographique et empêche le film de réellement nous couper l’appétit. On en ressort sur sa faim !
Natalie Merchant est quant à elle une chanteuse qui, pour ses 20 ans de carrière, a sorti un album sobrement intitulé Natalie Merchant. Elle nous offre une musique entre pop et folk, parfois un peu sucrée, mais toujours douce et mélodieuse. Les mélodies sont simples et accompagnent une très belle voix claire et chaude à la fois. Seven Deadly Sins est le titre le plus emblématique, une jolie ballade à l’instrumentation minimaliste. Cependant, l’album manque globalement d’un petit quelque chose pour vraiment accrocher l’attention et l’oreille de l’auditeur.
On terme avec Neko Case, une autre artiste folk américaine, avec son album The Worse Things Get, The Harder I Fight, the Harder I Fight, the More I Love You… Rien que ça ! Si son titre est particulièrement long, il commence plutôt mollement avec deux morceaux maîtrisés mais sans grande énergie. Heureusement, le troisième, Man, est beaucoup plus dynamique et le résultat s’avère tout de suite plus convaincant. Le reste est effectivement interprété avec plus de conviction. Au final, l’album est agréable, malgré quelques limites.
Premier Contact bénéficie également d’une réalisation particulièrement élégante et d’une interprétation remarquable. Même Jérémy Reiner semble jouer correctement la comédie, c’est dire ! Mais la vrai star reste Amy Adams qui tient là un des rôles les plus marquants de sa jeune carrière. Tout ceci conforte tous les espoirs placés en Denis Villeneuve. On se met même à espérer que son prochain film, Blande Runner 2, soit une réussite. Parce qu’il faut beaucoup de talent pour oser offrir une suite au chef d’œuvre de Ridley Scott. Mais le réalisateur québecois semble avoir les épaules. Rendez-vous en 2017.

La petite déception concernant Vaiana, la Légende du Bout du Monde vient des graphismes des personnages. Ils ne sont pas non plus hideux, mais disons, qu’ils sont parfois un peu moches quand même. Cela contraste avec des décors très réussis, notamment les étendues marines vraiment sublimes. Mais on oublie tout ça très vite quand on entend les chansons, toujours au top, qui continuent de constituer un des poins forts des productions Disney. Un Disney sans bonnes chansons, c’est un peu comme le Père Noël sans sa hotte.
Ma’Rosa a été récompensé au dernier Festival de Cannes par un prix d’interprétation féminine pour Jaclyn Jose. Cela serait sévère de prétendre qu’il n’est pas mérité, car il n’y a rien à dire sur cette performance d’une incroyable justesse. Simplement, c’est le casting dans son intégralité qui devrait être récompensé, car jamais on a l’impression d’assister à un jeu d’acteur. Cela contribue vraiment au caractère immersif du film. Une mention particulière pour les trois jeunes comédiens qui incarnent ses enfants, qui sont, de mon point de vue, les vraies « stars » du film.
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