Je poursuis donc mon exploration d’un des arbres généalogiques le plus célèbres, à savoir celui des Rougont-Macquart, avec Au Bonheur des Dames. Un volume qui ne dépayse guère le lecteur puisqu’il reprend le même personnage principal (ou presque) que le précédent (Pot-Bouille). Un volume que j’ai abordé avec une certaine impatience car il m’a souvent été décrit comme un des plus exceptionnels lors de discussion familiale sur le sujet. Enfin rassurez-vous, on se raconte aussi des histoires drôles à table en famille, on ne parle pas que littérature.
Dans Au Bonheur des Dames, on retrouve le style d’Emile Zola dans toute sa splendeur. J’aurais malheureusement envie de dire aussi dans tout son excès. On en ressort avec un vocabulaire considérablement enrichi, connaissant désormais tous les sortes d’étoffe possibles et imaginables. Les pages de ce roman sont peuplées de longues listes, de descriptions… allez j’ose le mot… interminables. Avec tout le respect que je dois à cette œuvre essentielle de l’histoire littéraire, je dois avouer que je me suis parfois quelque peu ennuyé pendant sa lecture.
Après évidemment, je vendrais un de mes bras (enfin de préférence le gauche) pour pouvoir écrire aussi bien qu’Emile Zola. La profusion des descriptions n’est pas non plus totalement vaine. Elle sert à souligner la profusion qui règne dans le magasin où l’action se déroule. Cela fonctionne parfois merveilleusement bien, mais le procédé atteint vite ses limites. Enfin, ceci n’est qu’un petit accroc dans une œuvre tellement immense que l’on aurait bien tort de s’y attarder.



Solide aussi parce que le casting l’est aussi. Le duo Laurent Laffite et Mélanie Laurent fait partie de ce qui se fait de mieux dans le cinéma français actuel. On ne peut pas dire que leur rôle dans Boomerang les pousse dans leurs derniers retranchements. Mais ce n’est pas parce que le rôle est « facile » (enfin tout est relatif) qu’il ne permet pas d’apprécier pleinement le talent quand il est bien au rendez-vous. Un mot aussi sur la jolie prestation d’Audrey Dana
On poursuit avec Mothers and Tygers, 5ème album d’Emily Loizeau, sorti en 2012 et dernier en date. Sa très belle voix nous saisit immédiatement, portée par une musique douce, harmonieuse et des textes poétiques. Les mélodies sont simples, mais toujours plaisantes. La qualité des titres reste constante et élevée, sans « tube » sortant du lot. Du coup, l’album ronronne quelque peu. Mais un ronronnement agréable qui nous berce tendrement. Je sortirais tout de même le morceau Infant Sorrow du lot.
On termine avec Rats du groupe de rock alternatif Balthazar. Ils nous offrent une musique un peu décousue mais toujours agréables, dégageant une vraie personnalité. Leur rock est tranquille, mais toujours interprété avec conviction. Dommage que l’album perd un peu en intensité au fur et à mesure, proposant certains titres assez transparents. Ils se reprennent quelque peu sur la fin, mais c’est clairement le premier tiers de l’album qui est à retenir.
Marguerite restera à coup sûr un des rôles les plus marquants de Catherine Frot. Elle figure depuis longtemps parmi les piliers du cinéma français et n’en est pas à son premier premier rôle, loin de là ! Mais rarement elle aura occupée ainsi seule le haut d’une affiche, surtout d’un film d’une telle qualité. Elle éclabousse la pellicule de son talent dans un rôle qui semble avoir été crée spécialement pour elle. N’est justement pas l’apanage des plus grands comédiens de toujours donner cette impression ?
Tobey Maguire a la bonne idée de ne pas avoir cherché la ressemblance physique à tout prix. Il reste lui-même (physiquement parlant) mais livre un joli numéro d’acteur, démontrant qu’il a été certainement jusqu’alors dans sa carrière assez sous-exploité. Ce n’est pas non plus un rôle à Oscar, mais une performance assez convaincante et solide pour rendre crédible le Prodige. Comme quoi avec un peu de talent, on arrive à faire de bons films avec à peu près n’importe quel sujet.

Mais si, comme moi, vous n’avez pas aimé La Grande Bellezza, vous pourrez quand même aimé Youth. En effet, ce film est parcouru d’une émotion très pure, très simple, presque naïve. Or, le contraste entre la réalisation et son sujet donne un résultat singulier et étonnant. Sans les défauts cités plus haut, il n’est pas certain que le film aurait été meilleur, tant il aurait perdu son essence même. Ce goût sucré/salé, aigre-doux donne toute sa saveur à cette œuvre d’une fraîcheur particulière.

On peut tout de même reconnaître à Prémonitions le mérite d’aborder un sujet assez sérieux et de livrer une conclusion qui n’est pas tout à fait celle que l’on pouvait attendre dans un contexte aussi hollywoodien. Bon, puisque cela joue un rôle important dans le suspense crée par l’intrigue, je n’en dirai pas plus, si ce n’est pour préciser que cela contribue à quitter ce long métrage sur une impression encore plus positive. Le film permet de profiter du plaisir toujours réel de voir Anthony Hopkins à l’écran, dans un rôle de docteur, on en avait l’habitude, mais qui cette fois chasse un serial killer. Mais dans un sens ou dans un autre, le talent de cet immense acteur est bien là.
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