Catherine Deneuve dit peut-être parfois des conneries sur Dunkerque, mais quand même, quelle actrice ! J’aurais pu limiter ma critique de la Tête Haute à cette simple phrase, mais cela aurait été un crime vis-à-vis de la richesse de ce film. Si Emmanuelle Bercot a reçu une formidable récompense avec son prix d’interprétation féminine au dernier Festival de Cannes, il serait dommage d’oublier son éclatant talent de réalisatrice qu’elle démontre ici et qui avait valu à ce film de faire l’ouverture de ce même Festival de Cannes.
La Tête Haute rappelle forcément Mommy, avec cet adolescent incontrôlable et sujet à la violence et cette mère dépassée par les évènements. Mais les deux films ne parlent pas tout à fait de la même chose. Le film d’Emmanuelle Bercot reste avant tout un film social. Les personnages occupent tout de même une place centrale, mais le contexte dans lequel ils évoluent constitue plus qu’un décor. Il y a une réflexion sur le système de prise en charge et plus largement sur la manière dont toute la société fait face à ce genre de cas. Il n’y a ni gentils, ni méchants, seulement des êtres humains qui interagissent avec leurs motivations propres, que le film expose sans jugement. Le tout est traité avec beaucoup d’intelligence, de sensibilité et surtout à partir d’une narration qui entraîne définitivement le spectateur.
J’ai déjà cité la prestation tout simplement parfaite de Catherine Deneuve, pas besoin d’y revenir. Mais c’est vraiment tout le casting qui est à saluer, tout comme le travail de direction d’acteurs. Je trouve même Benoît Magimel très bon et convaincant, c’est dire ! Sara Forestier est elle aussi impressionnante, avec une vraie transformation physique. Mais c’est surtout la justesse du jeu des acteurs adolescents qui montre la qualité du travail accompli. Le jeune Rod Paradot est la vraie star de ce film et on peut déjà lui promettre un César du Meilleur Espoir Masculin. Quant au César du Meilleur Film, on en a connu des pires !
LA NOTE : 14/20

On poursuit avec Good Kill, un film qui nous plonge au cœur de la guerre menée par l’armée américaine en Irak et en Afghanistan… mais vu derrière un écran et un joystick depuis Las Vegas. En effet, ce film nous parle des pilotes de drônes qui font la guerre avec des horaires de bureaux. Après Demineurs et American Sniper, on découvre une nouvelle facette de l’impact que peuvent avoir ces conflits d’un nouveau genre sur ceux qui les vivent. Ce film rappelle avec force que même si le missile est lancée à des milliers de kilomètres de distance, il n’en reste pas moins des morts à l’arrivée et des hommes qui doivent vivre avec la culpabilité de les avoir provoqués. Et rentrer chaque soir retrouver bobonne n’y change rien. Le film est peut-être parfois un peu répétitif, mais le propos est salutaire, très bien construit et parfois passionnant. Il s’agit avant tout d’un film de personnages et ceux-ci sont marquants, aider par le talent de leurs interprètes, Ethan Hawke en premier lieu. Un film fort qui méritait mieux qu’un passage finalement assez discret sur nos écrans.
D’un point de vue purement cinématographique, le Labyrinthe du Silence est simplement un bon film. Les éléments du récit se dévoilent progressivement avec un vrai sens de la narration qui maintient une tension constante. La réalisation est sobre, mais totalement au service de l’histoire. L’interprétation est impeccable, avec un très beau duo formé par Alexander Fehling et Friedierike Becht. Bref, on s’intéresse à l’histoire et donc au sujet qu’il traite. En ayant pleinement conscience de ses limites en tant que fiction, le film pousse à creuser le sujet, à en savoir plus, à avoir un point de vue d’historien qu’une production cinématographique ne peut de toute façon pas apporter. Il est sans doute dommage qu’une partie du public s’arrête à cette vision fictionnelle. Mais il serait injuste de condamner le film pour cela et surtout d’oublier que ce qu’il apporte vaut déjà inifiment mieux qu’une désespérante ignorance.

Cependant, il ne grogne pas longtemps, noyé sous le flots des scènes d’action spectaculaires qui s’enchaîne à vitesse grand V. C’est d’ailleurs là, la grande force de Avengers 2 – L’Ere d’Ultron. Le film va à l’essentiel. Un peu moins d’humour et de psychologie que dans le premier volet, mais avouons-le, on ne vient pas là pour ça. Mais c’est vrai que les meilleurs des films Marvel sont ceux qui savent ajouter un petit plus à l’action pure. C’est donc là aussi, la plus grande limite de ce film qui ne nous réserve de plus pas vraiment de morceau de bravoure vraiment inoubliable et porteur d’une vraie idée originale. Beaucoup de scènes terriblement spectaculaires, mais qui se ressemblent quelque peu et nous rappellent la scène finale du premier volet. Ce film ressemble donc à une sorte de compilation du meilleur des films Marvel. Mais on sait bien que les artistes deviennent légendes par de grands albums, pas à travers leur best of.

Reste Viggo Mortensen. Sa seule présence à l’écran suffit à nous donner envie de le regarder. Malheureusement, tout le charisme du monde ne pouvait tirer Jauja du grand néant auquel il appartient. Bon après, si vous ne savez pas où partir en vacances, peut-être que ce film vous convaincra de partir en Patagonie. C’est peu, mais dans un grand rien, on se contente de pas grand chose.
On change d’époque et on traverse la Manche pour retrouver la sublime Izia (je vous rappelle que je dois l’épouser) et son deuxième album, So Much Trouble. Un album qui sonne immédiatement très rock. Mais un rock quelque peu basique (surtout quand on vient d’écouter The Who), malgré beaucoup d’énergie et de conviction. Certains titres sont très moyens et si l’album est globalement sympathique, il n’est pas réellement convaincant.
On reste chez les artistes françaises, avec Emilie Simon et son album Franky Knight. Un album qui manque malheureusement un peu de relief avec quelques titres titres vraiment lancinants. On peut cependant souligner la variété des styles auxquels s’essayent la chanteuse, qui navigue entre blues, folk et électro. La monotonie de certains titres ne condamne donc pas tout l’album à l’être. Surtout qu’il recèle aussi quelques morceaux très réussis, comme Something More.
Il est vrai que si le film est assez court (1h20), chaque passage est peut-être un peu trop long. Le film aurait peut-être gagné à inclure quelques personnages de plus pour donner un peu plus de rythme à ce docu-fiction-film-politique-satyre… bref ce film inclassable. Dommage aussi que pour les protéger, on ignore le nom de tous ces acteurs. Mais allez voir ce film reste le meilleur moyen de leur rendre hommage et de faire vivre ce savoureux acte de résistance !
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