Il est des acteurs qui semblent condamnés à jouer toujours et encore le même rôle. Liam Neeson a incarné un nombre incalculable de mentors et John Wayne a été dans la peau d’un shérif plus souvent qu’à son tour. Visiblement, Anaïs Demoustier est partie pour une carrière où elle joue inlassablement le point qui vient transformer un segment en triangle. En triangle amoureux évidemment. En moins d’un mois, elle a tenu ce genre de rôle à deux reprises. Après A Trois on y Va, la voici à l’affiche de Caprice.
Caprice est une histoire éternelle, mille fois racontée, mais dont on ne se lasse pas. Du point de vue d’un homme, cet intérêt vient peut-être de l’espoir d’être soi-même obligé un jour de devoir choisir entre Anaïs Demoustier et Virginie Efira… En tout cas, le dilemme amoureux reste un des ressort dramatique les plus efficace quand il est traité avec intelligence, ce qui est le cas ici. On saluera notamment un dénouement très réussi, élément assez capital pour ce genre de film. Le triangle ne pouvant pas rester éternellement triangulaire, son évolution finale demeure l’enjeu majeur de l’histoire et une conclusion décevante peut venir tout gâcher.
La plus grande limite de Caprice reste Emmanuel Mouret. Non pas Emmanuel Mouret le réalisateur ou le scénariste qui maîtrise totalement son sujet. Emmanuel Mouret l’acteur a par contre bien du mal à me convaincre totalement. Il sonne parfois un peu faux, comme s’il n’y avait pas de metteur en scène pour le diriger… Mais il en faut plus pour gâcher le plaisir que l’on ressent devant ce film enjoué, agréable, poétique, un rien décalé, qui se savoure comme un petit caprice !
LA NOTE : 12,5/20
Fiche technique :
Réalisation : Emmanuel Mouret
Scénario : Emmanuel Mouret
Photographie : Laurent Desmet
Montage : Martial Salomon
Musique : Giovanni Mirabassi
Costume : Charlotte Vaysse
Décors : David Faivre
Producteur : Frédéric Niedermayer
Production : Moby Dick Films, Arte France Cinéma et Orange Cinéma Séries
Je me permets décidément des néologismes dans mes critiques. Cette fois j’ai fusionné le mot « marivaudage » et le nom de Woody Allen. Il me fallait en effet un mot pour résumer Broadway Therapy, une histoire de marivaudage qui rappelle beaucoup la face la plus légère du cinéma de Woody Allen. Sauf que ce n’est pas Woody Allen derrière la caméra, mais Peter Bogdanovich, qui visiblement se porte très bien à 76 ans.
Broadway Therapy est une agréable comédie légère et bien huilée. Ca ressemble à du Feydeau parfois, mais dans un esprit très new-yorkais. Les comportements humains sont partout les mêmes, seuls les décors changent. Ce film en est la preuve ! C’est rythmé, vif, jamais vulgaire. Un vrai moment de légèreté qui ne fait pas forcément rire aux éclats à tout bout de champs, mais donne un grand sourire aux lèvres du début jusqu’à la fin.
Broadway Therapy se caractérise aussi par un casting savoureux. Parmi les valeurs sûres, je mettrai en avant les performances d’Owen Wilson et de Jennifer Anniston. Comme quoi, il y a rarement de mauvais acteurs, seulement des mauvais metteurs en scène. Bien dirigés, ces deux là dégagent une vraie force comique, sans cabotinage, ni lourdeur. Mais on retiendra avant tout de ce film la révélation d’Imogen Poots… Avec un nom comme celui-là, il faut du talent pour s’imposer. Elle prouve qu’elle en a beaucoup pour un premier rôle vraiment marquant qui en appelle d’autres.
LA NOTE : 13,5/20
Fiche technique :
Réalisation : Peter Bogdanovich
Scénario : Peter Bogdanovich et Louise Stratten
Direction artistique : Ryan Heck
Décors : Jane Musky
Costumes : Peggy A. Schnitzer
Photographie : Yaron Orbach
Montage : Nick Moore et Pax Wassermann
Musique : Ed Shearmur
Production : Wes Anderson et Noah Baumbach
Producteurs délégués : Christa Campbell, Lati Grobman, George J. Steiner Jr., Jacob Pechenik et Jeff Rice
Sociétés de production : Lagniappe Films et Venture Forth
Durée : 93 minutes
Casting :
Owen Wilson : Arnold Albertson
Imogen Poots : Isabella « Izzy » Patterson
Jennifer Aniston : Jane
Kathryn Hahn : Delta Simmons
Will Forte : Joshua Fleet
Richard Lewis2 : Al Patterson, le père d’Izzy
Cybill Shepherd : Nettie Patterson, la mère d’Izzy
Il est possible que je vieillisse… Je ne ressens pas cet avancée inexorable de l’âge uniquement à travers la chute progressive de me cheveux. J’en mesure les effets aussi lorsque je prends mon bouquin après avoir rejoint mon lit. Il est loin le temps de mon adolescence où je me forçais à m’arrêter de lire pour ne pas y passer la nuit. Désormais je pique du nez assez rapidement. Ceci a pour conséquence que je lis les romans de manière beaucoup plus hachée et il me devient de plus en plus difficile d’apprécier des romans quelque peu confus comme le Lieu du Crime d’Elizabeth George.
Je crois que c’est la première fois de ma vie qu’en lisant ce genre de polar, au moment où est révélé le nom du coupable, je me dis : euh mais c’est qui lui déjà ? Je me rappelais même pas qu’il existait… Bref, du coup l’effet de surprise est quelque peu tombé à plat et par la même occasion tout l’intérêt du roman. Le Lieu du Crime est un roman globalement mal construit. Ce n’est pas pour rien qu’Agatha Christie, qui reste quand même la référence du genre, fait arriver les personnages les uns après les autres dans ses romans. Ici ils sont présentés tous ensemble, et ils sont particulièrement nombreux, et franchement on s’y perd, surtout quand certains sont appelés de plusieurs manières différentes, alors que cette phase occupe prend quasiment la moitié du roman.
Le Lieu du Crime est plus plaisant dans sa deuxième partie. On sort des dialogues entre personnages pour vraiment entrer dans la résolution du mystère. Elizabeth George nous réserve quelques surprises et l’intrigue prend peu à peu de l’épaisseur. Malheureusement tout cela se termine sur cette surprise qui est tombé à plat chez moi (mais qui est peut-être du meilleur effet pour un lecteur plus attentif). De plus, je trouve que les deux investigateurs, dont c’est la deuxième apparition, est beaucoup moins mis en valeur que dans le premier volet de leurs aventures.
Si le cinéma se nourrit de fictions, d’histoires inventées, il n’empêche que le but premier d’un metteur en scène reste d’arriver à faire que l’on croit à son scénario. Malheureusement, il suffit parfois d’un petit grain de sable pour saper sa crédibilité auprès d’un spectateur qui va du coup être incapable de rentrer vraiment dans le film et se laisser porter. C’est tout à fait ce qui se produit avec Dark Places. Un polar noir réalisé avec beaucoup de professionnalisme, mais auquel il est bien difficile de prêter beaucoup de crédit.
Si Dark Places ne fonctionne pas, c’est avant tout la faute à son casting. Le choix de Charlize Theron pour ce rôle est définitivement une fausse bonne idée. Avec son visage parfait, ses mains parfaite, sa silhouette parfaite, elle a bien du mal à nous faire croire qu’elle est une pauvre fille un peu paumée issue de l’Amérique profonde. Pour preuve, la tentative un peu pathétique de la « plouciser » (néologisme de mon invention) en lui faisant porter des t-shirts troués. Le problème, c’est qu’elle n’a pas l’air du tout d’une fille qui porte naturellement des t-shirts troués, juste d’une mannequin de chez Dior à qui on fait porter des t-shirts troués.
A côté de ça, Dark Places souffre d’un scénario bien mené, mais ne déborde ni d’imagination, ni d’originalité. Il est même beaucoup plus linéaire qu’attendu. J’ai été persuadé pendant une bonne partie du film que j’avais deviné bien à l’avance le retournement de situation final… Sauf que pas du tout, parce qu’il n’y a pas vraiment de retournement de situation final. Le fin mot de l’histoire nous est révélé sans réellement nous surprendre, même si on ne la voit pas forcément arriver de loin. Bref, le film manque un peu d’âme et au final un peu trop lisse pour être un film noir convainquant.
LA NOTE : 10,5/20
Fiche technique :
Production : Daryl Prince Productions, Exclusive Media Group, Hugo Productions, Mandalay Entertainment, VisionCuatro Plus Films
Distribution : Mars Distribution
Réalisation : Gilles Paquet-Brenner
Scénario : Gilles Paquet-Brenner, d’après le roman de Gillian Flynn
Le terme conservateur est généralement associé à la droite. Il est vrai qu’historiquement peu de changements sociétaux profonds sont intervenus à son initiative. L’immense majorité des droits et libertés individuels sont nés de combats menés par la gauche, le dernier en date étant le Mariage pour Tous. La seule exception notable étant le droit à l’avortement. Mais la résistance au changement est un phénomène ancré au plus profond de l’être humain, quel que soit sa couleur politique. Il est sûrement particulièrement fort dans notre culture nationale, mais je ne rentrerai pas dans ces considérations. Mais à l’heure où le peuple gauche est prompt à attribuer au gouvernement toutes les tares et les renoncements imaginables, il serait bon de se demander à quel point le dénigrement des réformes entreprises ne vient pas d’une forme de conservatisme de gauche. L’annonce récente de la réforme des collèges par Najat Vallaud-Belkacem illustre particulièrement ce phénomène.
Comme souvent, un sujet assez vaste s’est retrouvé résumé au travers des réseaux sociaux en un point pas tout à fait anecdotique, mais presque, à savoir la question de l’enseignement du latin. Mon grand-père était professeur de latin, après être passé par Normale Sup, tout comme mon oncle qui fut un universitaire latiniste de renom. J’ai moi-même fait du latin jusqu’au baccalauréat et j’en suis très heureux. Je serai à le dernier à dire que cet enseignement m’a été inutile et ne m’a rien apporté. Et je serai le dernier à vouloir sa disparition.
Mais je me rappelle aussi en 3ème avoir appris par cœur à conjuguer tous les verbes latins à l’imparfait du subjonctif. Je me rappelle d’une classe de 25 élèves, qui dans leur immense majorité, n’étaient là que parce que leurs parents y avaient vu un moyen de placer leur progéniture dans une bonne classe. Je me rappelle d’un enseignement scolaire et qui, lui, ne m’a rien apporté. Cela serait de la pure malhonnêteté de dire que cela a amélioré mon orthographe, enrichi mon vocabulaire. Apprendre scolairement à des collégiens à conjuguer des verbes latins à l’imparfait du subjonctif ne présente aucun intérêt. C’est la survivance d’une période révolue qui ne doit nous inspirer strictement aucune nostalgie.
Par contre, oui, j’ai aimé en 1ère et en terminale, cet enseignement au sein d’un petit groupe d’élèves motivés et curieux qui interagissait avec des professeurs heureux de trouver des élèves ayant du répondant et de l’intérêt pour leur matière. Mais force est de constater que cette curiosité, cet intérêt ne m’avait pas été transmis par mes années précédentes passées en cours de latin. Pire, ma curiosité, mon intérêt pour à peu près toutes les matières scolaires ne sont pas nés à l’école. Non ils me viennent de mon environnement familial, de la curiosité face au monde qui m’a été transmis. J’ai toujours pris les exercices les plus scolaires comme un jeu, prenant les exercices de maths comme une défi aussi ludique qu’une énigme dans un épisode de Zelda. Cette façon de voir ne m’a pas été insufflé par mes professeurs, elle m’a simplement permis de surmonter les limites de l’enseignement scolaire. Et comme ma mémoire n’a jamais fait du « par coeur » un problème, j’ai toujours été considéré comme un élève brillant.
Le modèle du cours magistral sur un tableau noir, avec un professeur devant des élèves passifs et notant consciencieusement une leçon se déroulant sans interaction ne peut rester le modèle quasi-exclusif de l’enseignement. Personnellement, j’en suis le fruit le plus caricatural en étant passé par une grande école après deux ans en classes préparatoires. Il aura fallu attendre mes trois dernières années d’études pour enfin apprendre autrement. Parce que mes 14 ans d’enseignement qui ont précédé ne m’ont jamais appris à apprendre, à travailler en équipe, à utiliser les ressources disponibles pour atteindre un objectif. Sans vouloir caricaturer, ils m’ont uniquement apporté des connaissances, non pour leur utilisé dans l’absolu, mais parce qu’elles permettaient de me sélectionner, de m’étalonner par rapport aux autres, par rapport à une moyenne.
Il est à la mode de dire que ce modèle n’est plus soutenable dans une époque profondément marquée par les nouvelles technologies. J’ai lu effectivement des articles passionnants sur la manière dont ces dernières changent notre façon de penser et changent encore plus celle de ceux qui sont nés avec. Ces changements touchent visiblement la structure même de notre cerveau. Mais que cela soit une réalité ou un mythe ne change pas grand chose. L’enseignement scolaire tel qu’il a été pensé depuis plus d’un siècle ne permet pas de tirer le meilleur d’une génération, au mieux en tirer une élite formatée sur un modèle unique. Elle ne le permet pas aujourd’hui, mais elle ne le permettait guère plus hier et sûrement encore moins demain.
La réforme présentée par Najat Vallaud-Belckacem impose une évolution mettant enfin à la mal l’hégémonie de l’enseignement magistral. En ce sens, elle devrait être soutenue et saluée par tous ceux qui souhaitent que l’école cesse enfin d’être une machine à figer indéfiniment la structure sociale de notre pays. Voilà une bel enjeu de gauche ! En ce sens, elle peut être aussi critiquée, amendée, bousculée car cela fait partie du débat démocratique et qu’il y a toujours moyen de faire plus et mieux. Sans doute que le chemin est encore long avant de vraiment changer la face de notre enseignement, mais la réforme a l’immense mérite de faire un premier pas dans le bon sens. Elle mérite en tout cas infiniment mieux qu’un débat sur la conversation d’une forme d’enseignement du latin qui ne rime strictement à rien (parce que la réforme ne supprime pas l’enseignement du latin, faut-il le rappeler !). Combien parmi ceux ayant fait suivre la pétition demandant son rétablissement ont étudié de près l’ensemble de la réforme et ont essayé de comprendre les arguments contradictoires des uns et des autres ?
D’autres critiques ont moins fait le buzz sur les réseaux sociaux que le problème du latin mais qui sont pourtant révélateur de la manière dont la résistance au changement peut amener à renier des convictions que l’on prétend pourtant défendre. La réforme propose la suppression des quelques classes bilangues, qui permettent à un très petit nombre d’élèves, d’apprendre deux langues vivantes dès la 6ème au profit d’un enseignement généralisé d’une deuxième langue dès la 5ème. Il y a là matière à un vrai débat et un vrai affrontement entre une vision de droite et une vision de gauche. Consacrer les moyens à l’amélioration de l’enseignement de tous, plutôt qu’accorder des moyens exceptionnels à quelques uns constitue à mon sens les bases d’une vision de gauche de l’enseignement. Je suis convaincu que les élèves des classes bilangues ont bénéficié d’une vraie plus-value dans leur parcours éducatif, ce n’est pas le problème. Mais les moyens n’étant pas extensibles à l’infini, des choix doivent être faits, on peut pas tout avoir. Le choix fait dans le cadre de la réforme me semble être en totale adéquation avec mes convictions. Alors je regrette amèrement entendre un ancien Premier Ministre socialiste, et accessoirement ancien professeur d’allemand, consacrer son énergie à combattre cet aspect de la réforme, plutôt que de soutenir fermement cette réforme courageuse.
Les réactions négatives des syndicats d’enseignants ne se sont pas fait attendre. Elles n’ont guère surpris. Elles sont désolantes, surtout venant d’une corporation censée être globalement « de gauche ». Mais en dehors des principaux intéressés, j’ai surtout lu des réactions négatives de la part de personnes promptes à donner des leçons de « gauche » à l’actuel gouvernement. Les critiques sont toujours les mêmes, regrettant la baisse de dotation horaire de telle ou telle matière, sans jamais souligner qu’il s’agit juste d’une diminution de la place des cours magistraux au profit d’un enseignement différent. Elles révèlent un conservatisme effroyable et vont à l’encontre de toute velléité de combattre les inégalités sociales et culturelles au travers de l’école.
Je me rappelle notamment avoir lu un commentaire vent debout contre l’augmentation de la dotation horaire consacrée au sport, qui allait d’après son auteur transformer nos enfants en sportifs idiots. Pourtant, cela se situe en totale cohérence avec la volonté de développer enfin le sport comme un moyen de prévention sanitaire. Or les maladies liées à l’absence d’activité physique, en plus de peser de manière dangereuse sur le financement de notre modèle de protection sociale, frappent beaucoup plus fortement les plus modestes, dont les enfants ont rarement accès aux activités sportives extrascolaires. Là encore, seule la résistance bête et méchante au changement peut expliquer ce genre de réactions chez ceux qui devraient être les premiers à défendre la réforme.
Il serait cependant malhonnête de ne pas souligner que le gouvernement donne également le bâton pour se faire battre. On ne parlera pas de son incapacité chronique à communiquer de façon forte et efficace, qui se poursuit inexorablement. Cependant, il aurait été préférable que cette réforme ne sorte pas en même temps qu’un nouveau calendrier scolaire qui a été infiniment plus pensé pour le bien être des stations de ski que pour le bien-être des enfants. Il n’y a rien de nouveau sous le soleil, les professionnels du tourisme ont toujours pesé de manière assez scandaleuse dans ce domaine. Mais cette concomitance fournit des armes aux adversaires du gouvernement alors qu’il devrait mobiliser ses supporters au travers d’une vraie réforme, qui constitue un profond changement dans un domaine majeur. Cette maladresse est dommageable. Mais l’indifférence, voir la mauvaise foi, du peuple gauche face à cette avancée remarquable l’est encore plus.
Nouvel échec en quart de finale de Ligue des Champions pour le Paris-Saint-Germain. Le troisième de suite… Ca ne vous rappelle rien ? Le chemin qu’emprunte le PSG semble être le même que celui du Lyon des années 2000 qui s’est heurté inexorablement à cette barrière, avant tout de même une demi-finale soldée par une correction face au Bayern Munich. Evidemment, les parcours des deux clubs sont différents, mais les similitudes nombreuses.
Le club parisien semble se heurter au même plafond de verre que son prédécesseur lyonnais. Une incapacité à acquérir définitivement ce je ne sais quoi qui séparent les bons clubs des « grands d’Europe ». Si hier, il n’y avait pas photo entre le PSG et le Barcelone, très souvent les deux clubs français ont quitté la compétition sur une immense frustration. Le but de Ba l’année dernière à Chelsea rappelait étrangement celui d’Inzaghi pour le Milan AC en 2006, tout aussi cruel. L’élimination sans perdre face à Barcelone l’année d’avant a laissé le même goût amer aux supporters parisiens que celle face au PSV après également deux matchs nuls en 2007 à leurs homologues lyonnais. Bref, parfois si proches, mais toujours perdants…
Et si ce petit quelque chose était tout simplement l’argent ? Lyon n’en manquait pas alors, mais pas suffisamment pour retenir ses meilleurs joueurs. Le déclin du club a clairement commencé après les départs successifs de Mamadhou Diarra pour le Réal Madrid puis de Michael Essien pour Chelsea. Avec eux, le club aurait pu continuer à grandir et peut-être tutoyer réellement les sommets. La problématique du PSG est différente, mais les effets sont les mêmes. Le fair-play financier est venu contrarier fortement les ambitions parisiennes. On a mesuré hier soir la différence de qualité entre les deux effectifs, au-delà de la simple triplette Messi-Suarez-Neymar qui est peut-être la plus forte jamais alignée par un club dans l’histoire du football européen. Avec Pogba et Di Maria, le PSG aurait-il eu les moyens de rivaliser ? Peut-être pas de l’emporter, tant le jeu de Barcelone frôle la perfection, mais au moins de donner plus de sueurs froids aux catalans qui n’ont jamais eu l’air de devoir forcer leur talent pour vaincre ce PSG-là.
Si les limites de l’Olympique Lyonnais étaient insurmontables, le PSG peut encore garder l’espoir de rejoindre les plus grands. Il a prouvé qu’il pouvait attirer et conserver des joueurs de classe mondiale. On ne sait aujourd’hui quel sera l’avenir du fair-play financier qui est vu par beaucoup comme un facteur d’immobilisme dans le paysage du football européen. Et de celui-ci dépendra fortement l’avenir européen du PSG.
La mort est la seule chose d’absolument certaine dans la vie. C’est dire son importance ! Elle est pourtant rarement le sujet central d’une histoire car on est rarement ravi d’avoir à la regarder en face. On cherche plutôt à l’oublier ou l’exorciser. Mais rien n’y fait, on va bien mourir un jour… Et ce jour là, il faudra bien quelqu’un qui s’occupe de tout ce que l’on laissera derrière soi, même si on meurt seul et isolé. Voilà, le point de départ de Une Belle Fin. Un film sur la mort donc, mais plus optimiste et poétique que ce que laisserait penser un tel sujet.
Une Belle Fin porte très bien son nom puisque il se conclut sur un très joli dénouement, très émouvant. Il vient parachever un film touchant, qui parle de sujets plutôt graves mais d’une manière subtile et intelligente. Il ne s’agit pas vraiment d’une comédie à proprement parler. Il porte simplement un regard un peu décalé sur la mort, le deuil, la solitude. Il véhicule également de belles valeurs humanistes, dénonçant sans en avoir l’air une forme d’indifférence aux autres. Au final, ce film sur la mort nous livre une jolie leçon de vie. D’ailleurs, le titre original est « Still Life »…
Une Belle Fin repose en grande partie sur les épaules d’Eddie Marsan, que l’on avait pu découvrir notamment dans le Dernier Pub Avant la Fin du Monde ou la série Ray Donovan. Il tient là son premier grand rôle et s’en sort remarquablement bien. On soulignera qu’il a le physique de l’emploi, mais sa performance ne peut pas se résumer à ça. Il sait rendre son personnage attachant, nous apprend à l’aimer… et par la même occasion aimer ce film réussi, au message simple, mais très bien amené. Le seul reproche qu’on peut lui faire est peut-être de démarrer un peu trop doucement. En effet, le scénario, aussi réussi soit-il, n’a pas tout à fait assez de matière pour l’heure et demi minimale pour un long métrage.
LA NOTE : 13/20
Fiche technique :
Production : Redwave Films, Embargo Films, Rai Cinema, Cinecittà Luce
Ambiance assez sombre pour les trois albums du jour. On commence par un artiste que j’aime beaucoup, Miossec, et son album Chansons Ordinaires, sorti en 2011. Le son est plus rock qu’à l’accoutumée, mais les textes sont aussi moins clairs et percutants. L’ambiance est assez morose et on a bien du mal à rentrer dans cet album. Certains textes frisent même quelque peu le ridicule. Une petite déception donc.
On enchaîne avec Believers, troisième et dernier album en date du chanteur américain A.A. Bondy. Je ne connaissais pas… et je comprends mieux pourquoi. C’est sombre certes, mais surtout souvent lancinant. Les interprétations sont molles, sans allant, la voix sans grand intérêt, et les mélodies minimalistes. Bref, la monotonie domine du début à la fin et rien ne vient jamais nous en sortir.
On finit par une découverte beaucoup plus sympathique. Atlas Sound est le pseudonyme d’un chanteur américain, Bradford Cox, de « rock expérimental » d’après Wikipédia, qui a la particularité d’être atteint du syndrome de Marfan (oui, je sais, vous ne savez pas ce que c’est, mais faites comme moi, cherchez sur internet…). Parallax est son troisième album solo. Certes, la musique n’est pas très enjouée, mais je la qualifierai de pop paisible. Le chant est un peu évaporé, mais le résultat plaisant et maîtrisé. Certains titres sont parcourus de sonorités électros. Cela donne une jolie musique d’ambiance, même si quelques morceaux plus énergiques sortent du lot et évitent de sombrer dans une douce torpeur.
Ryan Gosling est quand même un putain de beau gosse et par la même occasion une superstar planétaire ! Mais tous les putain de beaux gosses ne deviennent pas pour autant des superstars planétaires. Il faut pour ça beaucoup de talent et un peu de chance. Une rencontre, comme celle entre Ryan Gosling et le réalisateur Nicolas Winding Refn, qui l’a révélé dans Drive. Il n’est donc pas illogique qu’il s’inspire du cinéma de ce dernier en passant de l’autre côté de la caméra pour nous livrer Lost River. Simplement inspirer ou carrément imiter ?
Lost River dans son style, son rythme, sa réalisation, son scénario, pourrait être un film de Nicolas Winding Refn. Ce n’est pas un mal en soi, tant Drive nous avait émerveillés. Mais la filiation est tellement évidente que cela prive cette première œuvre de tout caractère personnel. Cela donne un film brillant et maîtrisé, mais aussi froid et un peu vain. L’esthétique ne peut masquer complètement le manque de propos et l’ambiance étouffante la linéarité de l’intrigue qui ne nous réserve guère de surprises.
Lost River ne possède pas la démesure qui peut caractériser le cinéma de Nicolas Winding Refn. Une démesure qui peut donner certes le meilleur (Drive), mais aussi le pire (Only God Forgives). Mais au moins, il ne laisse personne indifférent. Ryan Gosling reste donc au milieu du gué et n’arrive pas à donner à son film un intérêt profond. Le jeune homme a aussi du talent de ce côté de la caméra, c’est incontestable. Mais il lui manque encore la personnalité !
LA NOTE : 11,5/20
Fiche technique :
Production : Bold Films, Marc Platt Productions, Phantasma
Parfois, dans la vie, on se demande ce qui nous a pris… Certes, on commet tous des erreurs, c’est inévitable. En me rendant au cinéma ce jour-là, j’ai bien commis une erreur. Enfin, pour le coup, à mon sens, ce sont surtout la plupart des critiques qui en ont commis une. 3,9/5 de moyenne sur Allociné pour Histoire de Judas fait partie de ces phénomènes inexplicables et hors de toute rationalité. Je sais bien qu’un avis sur une œuvre est forcément subjectif, mais dans ce cas-ci, mon incompréhension est totale.
Il est évidemment injuste de reprocher à un film son manque de moyen, même quand il est criant. Mais parfois, il est difficile de ne pas avoir un petit sourire moqueur face à ces décors qui ne sont pas du tout ce qu’ils devraient être, où trois murs en ruine sont censés représenter Jérusalem au temps de Jésus. Le problème est quand cela est couplé avec une interprétation relativement désastreuse. Aucun des acteurs n’adopte de ton juste, c’est soit surjoué, soit pas joué du tout. Or, je n’avais pas jamais vu rassemblé ces deux défauts poussés à ce point que dans les films X. Et je peux vous assurer que passer 1h30 à se dire « les acteurs sont aussi mauvais et les décors sont aussi peu crédibles que ceux qu’un film de cul », ça vous gâche un peu le spectacle.
Le plus gros problème, c’est qu’à côté de ça, le propos de Histoire de Judas n’a strictement aucun intérêt. Déjà, il parle au final assez peu de Judas… Et le seul fait qu’il n’est pas dans ce film le traître que la légende a forgé ne suffit pas en soi à sauter sur son siège d’enthousiasme. Surtout quand à côte de ça, il ne se passe pas grand chose et que les dialogues sont creux. Le film ne raconte rien, ne parle de rien. Bref, un moment de non cinéma…
LA NOTE : 3/20
Fiche technique :
Réalisation : Rabah Ameur-Zaïmeche
Scénario : Rabah Ameur-Zaïmeche
Photographie : Irina Lubtchansky
Montage : Grégoire Pontécaille et Marie Loustalot
Musique : Rodolphe Burger
Costumes : Alice Cambournac
Décors : Tony Delattre
Producteur : Rabah Ameur-Zaïmeche et Khalid Djilali
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