Polar social, voici un genre cinématographique typique du 7ème art hexagonal. Une nouvelle preuve avec Jamais de la Vie, le nouveau film de Pierre Jolivet. Un mélange qui ne surprend guère de la part d’un réalisateur qui donne souvent un fond social à ses films, qu’ils soient sur le ton de la comédie ou beaucoup plus sombres. Ici, on est plus proche du film noir que du divertissement léger. On est surtout proche du très bon film.
Proche, mais pas tout à fait donc. La faute peut-être à un démarrage un peu lent, qui certes pose le décor et les personnages, mais cache aussi le fait que l’intrigue ne tient pas tout à fait une heure et demi. Jamais de la Vie est en fait une longue montée vers un final quelque peu attendu. On est donc proche du film d’ambiance, avec une tension d’abord impalpable qui se concrétise au fur et à mesure. Pierre Jolivet est à l’aise dans cet exercice, qui lui permet de nous démontrer toutes ces qualités de réalisateur, malgré le léger manque de rythme initial.
Jamais de la Vie repose très largement, pour ne pas dire exclusivement, sur les épaules d’Olivier Gourmet qui doit être présent, sauf erreur de ma part, 100% du temps (enfin au moins dans la scène, pas forcément cadré à l’écran). Le film nous raconte bien l’histoire d’un homme et il fallait un acteur aussi talentueux que lui pour donner assez d’épaisseur à son personnage et par la même occasion au film tout entier. Il serait cependant injuste de passer sous silence la jolie performance de Valérie Bonneton, une actrice que l’on a envie de voir ailleurs que dans de simple comédie.
LA NOTE : 13/20

De plus, Pourquoi j’ai pas Mangé mon Père n’est pas tout à fait qu’une comédie. Il est aussi riche en rebondissements qui le rapprochent parfois d’un film d’aventures. Cependant, cela reste assez basique et enfantin, dans le mauvais sens du terme. Ca n’a pas un immense intérêt en soi, mais cela occupe une très grande place dans le film. On ne s’ennuie pas vraiment, mais on attend quand même avec un peu d’impatience le retour d’un passage plus tourné vers l’humour, car c’est encore ce qui fonctionne le mieux malgré les limites évoquées plus haut. Quant à l’animation, elle est de qualité, mais sans réelles qualités esthétiques.
Comme indiqué plus haut, il vaut mieux avoir le cœur bien accroché pour voir Les Enquêtes du Département V : Profanation. Certaines scènes sont assez crues, même si les passages les plus durs sont souvent fugaces. Mikkel Nordgard choisit donc de montrer les choses telles qu’elles sont, de nous en faire mesurer toute l’horreur parfois, mais sans tomber dans le voyeurisme. Cela donne un fort impact à son film et maintient le spectateur dans un état de tension permanent. Tout cela vient appuyer un scénario policier assez classique, mais très solide.

Plus anecdotique, le premier album de la chanteuse folk britannique, Liz Green, intitulé O,Devotion ! Une voix discrète sur des mélodies simples jouées à la guitare. Sa musique est parcourue d’accents jazzy, mais avec toujours une forme de retenue. Le ton de la voix est grave et cassée… mais pas tant que ça. Bref, un album qui reste un peu au milieu du gué et qui du coup est quelque peu lancinant parfois.
On termine avec une légende de la musique, à savoir Chris Isaak et son album de reprises Beyond the Sun. Il s’ouvre sur une divine interprétation de Ring of Fire de Johnny Cash, où il nous offre une nouvelle fois ça sa voix à la fois claire et profonde assez unique. L’album est composé de classiques allant de la country au rockabilly. Cependant, l’exercice à ses limites. On le voit notamment dans son interprétation de Great Balls of Fire, où son génie se manifeste dans la voix, mais sans arriver à insuffler l’énergie qui sied à ce titre. Il est donc meilleur dans des ballades comme Falling in Love, I Walk the Line ou encore Pretty Woman. Cependant, jamais il ne transforme réellement le style ou le rythme des originaux, n’apportant pas à ces titres une touche personnelle. Dommage



ournal d’une Femme de Chambre est surtout très mal joué. Le jeu des acteurs sonne faux, les dialogues sont surjoués, leur donnant un aspect totalement artificiel. La palme revient à Vincent Lacoste qui démontre ici que son rôle brillant dans Hippocrate n’était qu’une parenthèse. Léa Seydoux traverse le film en livrant une prestation sans conviction et on a vraiment l’impression qu’elle est en train de se demander ce qu’elle fait là. Seul Vincent Lindon s’en sort bien… il faut dire qu’il incarne un homme passablement inexpressif. Bref, je trouve ce film simplement très mauvais.
Malheureusement, les personnages ne sont pas du tout au niveau. Leur crédibilité est assez mince et du coup enlève tout intérêt à la partie du film consacrée à leurs relations et son évolution. Et cette dernière pèse tout de même assez lourd. Elle est au final un boulet que Hacker traîne du début jusqu’à la fin. Tout cela est souligné par un casting relativement médiocre. Certes, Chris Hemsworth a des muscles un tantinet plus développés que les miens, mais si c’est un atout pour jouer un dieu nordique dans Avengers, cela n’apporte pas grand chose à son personnage de génie de l’informatique. J’apprécie souvent les rôles à contre-emploi, qui donnent parfois des performances étonnantes, mais pour le coup…bah c’est juste à contre-emploi ! Et cela empêche surtout définitivement ce film de dépasser le stade du divertissement sympathique, mais quelque peu médiocre.
Reste tout de même le plaisir de contempler l’immensité du talent de Julianne Moore. Elle est tellement talentueuse qu’on se demande même pourquoi tant de récompenses pour ce rôle plutôt qu’un autre. Sans doute parce que jamais autant que dans Still Alice, elle n’aura à ce point porté un film sur ses seules épaules. Enfin, seules épaules, pas tout à fait, car si le rôle occupé par Kristen Stewart est plus secondaire, cette dernière prouve une nouvelle fois qu’elle siège désormais parmi les plus grandes. Le mois de février ne lui aura offert qu’un modeste César pour son rôle dans Sils Maria, mais ne doutons pas qu’un jour, un rôle comme celui de Julianne Moore dans Still Alice lui permettra elle-aussi de remporter la statuette tant convoitée.
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