RED ARMY : OK !

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redarmyafficheJe regarde un match de hockey sur glace tous les 4 ans, à savoir la finale des Jeux Olympiques et ça me va très bien. Ce n’est pas un spectacle désagréable en soi, mais certainement pas un sport qui me passionne. Par contre, le documentaire Red Army, qui nous raconte l’histoire de la formidable équipe d’URSS qui aura dominé son sport dans les années 80, m’a littéralement passionné. Déjà parce qu’il ne parle au fond que très peu de patins et de crosses.

Red Army est avant tout un documentaire sur le système soviétique et son effondrement. Le hockey n’est qu’un prétexte. Mais un prétexte particulièrement bien choisi, tant le destin des principaux acteurs de cette équipe a été marqué par ces deux éléments. Il s’agit donc d’une démonstration par l’exemple, particulièrement vivante donc, mais surtout particulièrement passionnante. Même ceux qui n’ont aucun intérêt pour ce sport ou même pour la géopolitique en général pourront être séduits par ce documentaire qui méritait bien sa distribution sur grand écran.

redarmyDans la forme, Red Army est très classique. Il alterne interviews et images d’archives. Mais en plus de l’intérêt du sujet et de la manière dont il est traité, ce documentaire raconte vraiment une histoire, avec un début, des péripéties, une fin, des protagonistes et donc au final un vrai suspense et une tension narrative constante. Cela finit de faire de ce film un modèle du genre qui se regarde avec autant de plaisir qu’un très bon match… de football. C’est dire !

LA NOTE : 14/20

Fiche technique :
Réalisation : Gabe Polsky
Durée : 85 minutes

AMERICAN SNIPER : L’ambiguité qui tue

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americansniperafficheAprès une parenthèse légère et musicale (Jersey Boys) l’année dernière, Clint Eastwood revient à un cinéma nettement plus sérieux avec American Sniper. Un film qui soulève polémiques et controverses. Il est vrai qu’on en ressort sans savoir trop quoi penser. Mais peut-on vraiment reprocher à un réalisateur de ne pas apporter de réponse claire aux questions qu’il pose ? L’ambiguïté du propos est-elle acceptable ? Vous avez quatre heures…

American Sniper est la biographie du tireur d’élite le plus efficace de l’armée américaine lors de son intervention en Irak ayant suivi les attentats du 11 septembre. Le plus efficace car le plus mortel, la liste des combattants civils ou militaires tombés sous ses balles étant particulièrement longue. L’homme est donc un tueur, mais un soldat, donc potentiellement un héros. Le personnage inspire des sentiments ambivalents que Clint Eastwood n’aide pas du tout à démêler.

americansniperIl y a clairement de l’admiration et du respect dans les yeux du réalisateur. Il est clair qu’il le voit aussi comme une victime d’une guerre qui aura détruit une partie de lui-même. Ce qui est moins évident c’est le jugement que Clint Eastwood porte sur les événements dans leur globalité. Les sacrifices consenties par Chris Kyle étaient-ils nécessaires, au service d’une cause qui dépasse le seul destin individuel ? Ou bien, au contraire, son héroïsme n’est il que le signe d’une déshumanisation au cœur d’un conflit inhumain ? Le soucis c’est que selon la réponse à ces questions, le sens d’American Sniper change du tout au tout. Certes, chacun peut se faire du coup sa propre opinion, mais le manque de parti pris clair et net en fait un film sans propos, un film un peu vain.

Sur la forme par contre, American Sniper constitue une nouvelle preuve de l’incroyable talent de cinéaste de Clint Eastwood. La réalisation et la narration sont impeccables, la tension toujours présente. C’est aussi l’occasion de mesurer la dimension que prend un Bradley Cooper presque méconnaissable à chaque film. Voici un acteur qui mérite de grands rôles, qui mérite des réalisateurs brillants pour le pousser jusqu’à ses limites, dont on est encore loin je suis sûr. Cependant, tout cela ne parvient pas à faire totalement oublier la sensation bizarre sur laquelle laisse ce film qui pose question sans y répondre.

LA NOTE : 13/20

Fiche technique :
Production : Warner Bros., Village Roadshow, Mad Chance Productions, 22 & Indiana Pictures, Malpaso Productions, RatPac-Dune Pictures
Distribution : Warner Bros. France Réalisation : Clint Eastwood
Scénario : Jason Dean Hall, d’après l’autobiographie de Chris Kyle, Scott McEwen et Jim DeFelice
Montage : Joel Cox, Gary Roach
Photo : Tom Stern
Décors : Charisse Cardenas, James J. Murakami
Son : Alan Robert Murray
Directeur artistique : Harry E. Otto, Dean Wolcott
Durée : 132 mn

Casting :
Bradley Cooper : Chris Kyle
Sienna Miller : Taya Renae Kyle
Kyle Gallner : Goat-Winston
Keir O Donnell : Jeff Kyle
Jake McDorman : Biggles
Luke Grimes : Marc Lee
Brian Hallisay : Capitaine Gillespie
Owain Yeoman : Ranger One

KINGSMAN : SERVICES SECRETS : Jouissance historique

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kingsmanaffiche2015 nous a déjà proposé de très bons films : A Most Violent Year, Une Merveilleuse Histoire du Temps, Imitation Game, Foxcatcher ou encore It Follows. Mais il me manquait encore un vrai moment d’enthousiasme cinématographique sans aucune réserve d’aucune sorte. C’est désormais fait avec Kingsman : Services Secrets. Un film d’espionnage sérieusement parodique qui allie toutes les qualités que l’on attend d’un film certes de pur divertissement, mais qui n’en demeure pas moins un vrai bon moment de cinéma.

Kingsman : Services Secrets, c’est tout d’abord un scénario qui mêle action, suspense et humour. Ce dernier est d’ailleurs omniprésent car tout dans ce film est marqué par un sens de la dérision et du second degré. Le film s’amuse à reprendre tous les codes du genre avec un apparent sérieux, mais en les poussant jusqu’à leur paroxysme. Un procédé qui rappelle fortement le cinéma de Quentin Tarantino. Si vous n’imaginez pas une seconde Colin Firth en train de mettre KO quatre mauvais garçons passablement musclés, c’est que vous êtes fait pour être agréablement par ce film. Il propose aussi quelques moments d’humour beaucoup plus directs, mais qui font mouche, avec souvent une bonne dose de politiquement incorrect.

kingsmanL’intrigue de Kingsman : Services Secrts est solide, rythmée et toujours en tension. On ne s’ennuie pas une seconde, les temps morts sont extrêmement rares et les péripéties s’enchaînent. Les scènes d’action sont particulièrement jouissives et bien menées. On retiendra notamment un pugilat sanglant dans une église évangéliste qui constitue un moment de bravoure cinématographique relativement inoubliable. On retrouve toute l’énergie que Matthew Vaughn avait déjà su insuffler à Kick-Ass. Et c’est un très beau compliment venant de moi, vu l’amour que je porte à ce film !

Kingsman : Services Secrets bénéficie d’un casting de très haut niveau. Colin Firth s’éclate dans un rôle qui le change de son registre habituel, mais où il brille avec un talent et une aisance étonnants… ou pas quand on connaît le talent de cet acteur d’exception. Samuel L. Jackson est assez génial dans son rôle de méchant doté d’un défaut d’élocution. A leurs côtés, le jeune Taron Egerton tient la route et même plus que ça. Enfin, ce film constitue enfin un événement historique… En effet, c’est le deuxième rôle notable de la carrière de Mark Hamill. Et ça, ce n’est pas rien !

LA NOTE : 15,5/20

Fiche technique :
Production : 20th Century Fox, Marv Films, TSG Entertainment
Distribution : 20th Century Fox France
Réalisation : Matthew Vaughn
Scénario : Matthew Vaughn, Jane Goldman d’après l’oeuvre de Mark Millar et Dave Gibbons
Montage : Eddie Hamilton, Jon Harris, Conrad Buff
Photo : George Richmond
Décors : Paul Kirby
Musique : Henry Jackman, Matthew Margeson
Effets spéciaux : Steven Warner
Durée : 129 mn

Casting :
Michael Caine : Arthur
Mark Strong : Merlin
Taron Egerton : Gary Eggsy Unwin
Samuel L. Jackson : Richmond Valentine
Colin Firth : Harry Hart / Galahad
Sofia Boutella : Gazelle
Sophie Cookson : Roxy
Jack Davenport : Lancelot
Mark Hamill : Pr Arnold

IT FOLLOWS : Flippant sa mère !

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itfollowsafficheJe n’aime pas les films qui font peur. J’adore les films qui font peur. C’est évidemment paradoxal mais assez révélateur du plaisir sadique que l’on ressent devant un film comme It Follows. Un film que l’on a envie de voir mais que l’on voit avec l’envie de se cacher les yeux pour ne pas le voir. Un film surtout qui nous prouve une nouvelle fois que le genre n’a pas fini de se renouveler. On pense toujours que tout a été inventé en la matière, mais il reste visiblement encore des idées inexplorées. Des idées simples parfois, mais terriblement efficaces.

It Follows est un film on ne peut plus classique dans sa construction. De la séquence d’ouverture au plan de fin, il reprend les codes du genre sans chercher à innover. Par contre l’idée centrale du film étonne pas sa simplicité. Un simplicité qui fait son originalité et sa singularité. Mais surtout son efficacité, car le film se concentre sur l’essentiel, cette peur qui poursuit inexorablement les personnages et par la même le spectateur. Pas besoin d’explications sur le pourquoi, sur les origines de tout ça, seul compte le résultat et l’angoisse que cela engendre.

itfollowsSi It Follows fonctionne aussi bien, c’est aussi grâce à une réalisation particulièrement soignée. David Robert Mitchell signe là un premier film particulièrement prometteur. Une vraie maîtrise du cadrage, de la photographie, de la musique et de la direction d’acteurs. On reprochera peut-être au film quelques creux. Certains y verront des moments d’ennui. D’autres, au contraire, une manière particulièrement sadique de souffler le chaud et le froid sur le spectateur qui voit son rythme cardiaque redescendre pour mieux sursauter ensuite. Mon avis personnel se situe entre les deux, même s’il reste globalement extrêmement positif sur ce film.

LA NOTE : 14/20

Fiche technique :
Réalisation : David Robert Mitchell
Scénario : David Robert Mitchell
Direction artistique : Joey Ostrander
Décors : Michael Perry
Costumes : Kimberly Leitz-McCauley
Photographie : Mike Gioulakis
Montage : Julio Perez IV
Son : Lauren Robinson
Musique : Disasterpeace
Production : Rebecca Green, David Kaplan, Erik Rommesmo et Laura D. Smith
Durée : 100 minutes

Casting :
Maika Monroe : Jay
Keir Gilchrist : Paul
Jake Weary : Hugh
Olivia Luccardi : Yara
Daniel Zovatto : Greg

L’HERITAGE (Christopher Paolini) : La fin du voyage

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lheritageVoilà c’est fini… Une trilogie, devenue entre temps tétralogie, s’achève avec ce quatrième tome. L’Héritage conclut la saga de… l’Héritage, plus connue sous celle de son personnage principal, Eragon. Une œuvre débutée par un adolescent (le premier tome a été publié alors que Christopher Paolini n’avait que 19 ans) et achevée par un jeune homme de 28 ans. Beaucoup de chemin parcouru pour le héros de cette histoire, l’auteur de cette saga et surtout beaucoup de plaisir pour le lecteur.

Le succès de cette saga repose en partie sur une certaine naïveté presque enfantine caractérisant les premiers épisodes. Chistropher Paolini aura gagné en maturité à chaque tome et ce quatrième volet a été écrit par un homme beaucoup plus mûr et sûr de son talent. L’ambiance est plus sombre, plus « adulte », mais garde quand même tout le charme des volumes précédents. Cette saga constitue donc une expérience littéraire assez unique, mais surtout très agréable. Le style n’a rien perdu de sa clarté, qu’on ne peut plus rapprocher d’une quelconque immaturité. Si Christopher Paolini aura pioché dans Tolkien parfois de manière tellement évidente qu’elle en est amusante, il nous surtout livre une œuvre accessible et transgénérationnelle, que l’on peut rapprocher à ce niveau d’Harry Potter.

L’Héritage est un gros pavé de près de 1000 pages, mais qui se dévorent avec gloutonnerie. Déjà parce qu’on meurt d’envie de savoir comment tout cela va finir. Mais aussi parce que le récit continue d’être riche en surprises. Les bases de l’univers sont depuis longtemps posées et on se concentre donc ici uniquement sur l’avancée de l’intrigue. Tout cela nous mène vers un final très réussi qui nous fera oublier les quelques faiblesses que l’histoire compte encore parfois. Le seul reproche que l’on peut formuler restera cette fin après la fin, particulièrement longue… qui rappelle là aussi celle du Seigneur des Anneaux. C’est là que l’on voit que Christopher Paolini n’est pas encore tout à fait Tolkien. Mais il est déjà Christopher Paolini et c’est déjà très bien !

LES NOUVEAUX HEROS : Disney à la sauce manga, mais sans wasabi

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lesnouveauxherosafficheQuand on pense film d’animation, on pense principalement à deux choses : Disney et le Japon. Ok, on peut également penser aussi à Dreamworks ou bien à l’excellente école française qui brille dans ce domaine, mais ne venez pas troubler ma brillante démonstration. Donc, un monde qui se divisent en deux histoires, deux traditions, deux styles. Cependant, les deux étaient bien destinés à se rencontrer un jour. C’est chose plus ou moins faite avec les Nouveaux Héros.

Plus ou moins, parce que déjà, les Nouveaux Héros, c’est avant tout Disney qui essaye de surfer sur la vague de la japanimation. Bon, vaut mieux tard que jamais, vu que cela fait bientôt 40 ans qu’elle déferle. On reste néanmoins loin de la fusion de deux cultures car le mélange ne va pas beaucoup plus loin que quelques références : le héros s’appelle Hiro Hamada, vit à San Fransokyo (merveilleux jeu de mots pour justifier ce mélange de Japon et d’USA) et ressemble physiquement à un Japonais (mais avec de grands yeux, influence manga oblige)… ce qui constitue déjà une trahison puisque les films d’animation japonais ne mettent en scène que des personnages n’ayant justement pas un physique de Japonais. Et puis, le film parle beaucoup de robot et, depuis Goldorak, on sait tous que les Japonais adorent les robots.

lesnouveauxherosOn le voit, les Nouveaux Héros, c’est avant tout un Disney. Un Disney plutôt réussi et distrayant, mais un Disney néanmoins. L’histoire manque quand même un peu de subtilité et l’humour est le plus souvent très premier degré. Les scènes d’action sont par contre plutôt réussies et les personnages sont assez attachants pour que l’on suivent leurs aventures avec un réel intérêt. Cependant, on est très loin de la réussite des Indestructibles. Le scénario reste une histoire mêlant ce qu’il y’a de plus basique dans la culture des super-héros typiquement américaine et la passion japonaise pour les robots. Un pur divertissement divertissant donc, mais sans réelle originalité ou émotion.

LA NOTE : 12,5/20

Fiche technique :
Production : Walt Disney Animation Studios, Walt Disney Pictures
Distribution : Walt Disney Studios Motion Pictures
Réalisation : Don Hall, Chris Williams
Scénario : Jordan Roberts, Daniel Gerson, Robert L. Baird, d’après le comics Man of Action
Montage : Tim Mertens
Décors : Paul A. Felix
Musique : Henry Jackman
Directeur artistique : Scott Watanabe
Durée : 102 mn

Casting :
Scott Adsit : Baymax
Ryan Potter : Hiro Hamada
Daniel Henney : Tadashi Hamada
Damon Wayans Jr : Wasabi
James Cromwell : Professeur Robert Callaghan

LA MOISSON ROUGE (Dashiell Hammett) : Aux origines décevantes du roman noir

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lamoissonrougeSi JRR Tolkien a inventé l’heroic fantasy, Dashiel Hammett a inventé le roman noir. Ce dernier, auteur notamment du Faucon Maltais, a inspiré de nombreux auteurs après lui, comme George Simenon, Raymond Chandler et même Ernest Hemingway (bon là, je fais confiance à Wikipédia, parce que je ne vois pas vraiment de filiation évidente entre les deux). Son premier roman, dont je vais vous parler aujourd’hui, s’intitule la Moisson Rouge, écrit en 1929… Et malgré l’aspect légendaire de son auteur, je n’ai pas trouvé ça terrible…

Il faut avouer que j’ai lu la Moisson Rouge de manière intermittente. Or, le récit met en scène de nombreux personnages et j’ai souvent repris ma lecture sans me rappeler exactement qui est qui. Du coup, je suis peut-être sévère quand je dis que l’histoire est difficile à suivre et souvent confuse. Par là même, on a bien du mal à s’intéresser aux péripéties qui se résument le plus souvent à une confrontation, souvent mortelle et sanglante, entre les protagonistes.

Je n’ai pas non plus été très convaincu par le style de Dashiell Hammett. La Moisson Rouge n’est jamais particulièrement agréable à lire. Bien sûr, la traduction y est peut-être pour quelque chose, surtout pour ce genre de littérature qui n’a pas toujours bénéficié de ce qui se fait de mieux en la matière. Il en existe une plus récente que celle que j’ai pu lire. Enfin, je doute que cela aurait pu totalement inverser le sens de cet avis plutôt négatif.

REALITE : Loin de la raison

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realiteafficheRéalité est un film que je n’ai été voir que parce que la séance pour It Follows était complète. Il constituait le seul moyen pour moi de m’éviter de repartir des Halles à Viroflay après un aller et retour en RER pour rien. C’est donc presque le hasard qui m’a conduit à visionner ce pur moment de folie surréaliste. Certes, j’avais lu des échos positifs, mais je n’avais pas vraiment envisagéd’aller le voir. Mais tout de même le hasard fait relativement bien les choses car si le résultat ne m’a pas enthousiasmé, il m’a assez surpris pour que je ne regrette pas finalement d’être parti un peu trop tard au ciné pour pouvoir respecter mon programme initial.

Réalité est une sorte de mélange entre les Clés de la Bagnole (chef d’œuvre incompris signé Laurent Baffie) et de Brazil (chef d’œuvre totalement compris de Terry Giliam). Ceux qui ont vu les deux doivent se demander ce que ça peut bien donner. Et bien j’aurais du mal à vous le décrire car cela donne justement quelque chose d’assez indescriptible, sans risquer de le faire paraître ridicule. On nage dans l’absurde le plus complet, mais avec beaucoup d’humour et de poésie. Très vite, on largue les amarres de notre raison et on se laisse porter par cette histoire qui n’a ni queue, ni tête, ou les deux à la fois, on ne sait plus très bien.

realiteEt qui mieux qu’Alain Chabat pouvait donner vie à cet OVNI cinématographique. Malgré les années et les cheveux de plus en plus blancs, il garde son regard et ses expressions de grand enfant un peu lunaire. Réalité brille plus globalement par un casting plutôt malin. On prend beaucoup de plaisir à revoir la beaucoup trop rare Elodie Bouchez et Jonathan Lambert est parfaitement dans son élément au milieu de ce humour totalement absurde. Tout cela donne un film qui nous prend au dépourvu mais charmera tout ceux qui savent larguer le temps d’un film les amarres de leur raison.

LA NOTE : 13/20

Fiche technique :
Réalisation : Quentin Dupieux
Scénario, musique, photographie, montage : Quentin Dupieux
Producteur : Diane Jassem, Kevos Van Der Meiren et Josef Lieck
Producteur délégué : Grégory Bernard
Producteur exécutif : Sindo, Georges Goldman et Jab
Producteur associé : Christine Ponelle, Filippe Vieira et Pierre Weisbein
Durée : 87 minutes

Casting :
Alain Chabat : Jason Tantra
Jonathan Lambert : Bob Marshall
Élodie Bouchez : Alice
Kyla Kenedy : Reality
John Glover : Zog
Eric Wareheim : Henri
Erik Passoja : Billie
Matt Battaglia : Mike
Susan Diol : Gaby
Patrick Bristow : Dr Klaus
Brad Greenquist : Jacques
Jon Heder : Dennis
Roxane Mesquida : la présentatrice des Oscars
Bambadjan Bamba : Tony
Sandra Nelson : Isabella
Carol Locatell : Lucienne
Michel Hazanavicius : le remettant de la récompense

JUPITER : Matrix ne sonne toujours qu’une fois…

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jupiterafficheLana et Andy Wachowski resteront à jamais les créateurs de Matrix. En soit, c’est un titre de gloire particulièrement glorieux que beaucoup aimerait porter. Ils auront au moins accompli quelque chose de remarquable lors de leur passage sur Terre, ce dont tout le monde ne peut pas se vanter, y compris chez les cinéastes. Le souci, c’est qu’en dehors de Matrix, ils ont également réalisé un certain nombre d’autre films, donc Jupiter, sortis récemment sur nos écrans. Mais qui lui ne restera pas profondément gravé dans nos mémoires.

Je suis ressorti de Jupiter avec une seule idée : si Mila Kunis et Channig Tatum font des petits un de ces jours, je veux bien qu’ils m’en gardent un ou deux ! Si ce ne sont pas les deux plus grands acteurs de l’histoire, au moins sont-ils physiquement relativement magnifiques tous les deux. Pour le reste, j’avais déjà à peu près tout oublié de ce space opéra pas désagréable, mais sans originalité, ponctué de pas mal de maladresses et d’incohérences et proposant des personnages relativement sans intérêt. On retiendra simplement cet hommage, sûrement involontaire mais sympathique, à la Maison qui rend fou des Douze Travaux d’Asterix.

jupiterAprès, il faut admettre que Lana et Andy Wachowksi savent filmer des scènes d’action pour les rendre spectaculaires. Simplement, on se dit qu’ils en font un peu trop pour masquer la médiocrité relative du reste. Ca nous préserve certes de l’ennui, mais ne nous émeut ou ne nous enthousiasme jamais. Certes, ce film s’adresse à un public plutôt adolescent, mais même dans ce genre là on a déjà vu beaucoup mieux (la Stratégie Ender par exemple). Bref, on n’aura pas passé un mauvais moment avec Jupiter, mais sûrement pas un grand moment.

LA NOTE : 10/20

Fiche technique :
Production : Warner Bros, Village Roadshow Pictures
Distribution : Warner Bros. France
Réalisation : Andy Wachowski, Lana Wachowski
Scénario : Andy Wachowski, Lana Wachowski
Montage : Alexander Berner
Photo : John Toll
Décors : Hugh Bateup
Musique : Michael Giacchino
Directeur artistique : David Allday
Durée : 127 mn

Casting :
Douglas Booth : Titus
Eddie Redmayne : Balem
Sean Bean : Stinger
Mila Kunis : Jupiter
Channing Tatum : Caine
Tuppence Middleton : Kalique
James d’Arcy : Macimilian Jones
Gugu Mbatha Raw : Famulus
Terry Gilliam : mr.

WILL THE GUNS COME OUT (Hanni El Khatib), SUNNY SIDE UP (Slow Joe & the Ginger Accident) et TAMER ANIMALS (Other Lives) : Le nom ne fait pas tout

willthegunscomeouthannielkhatib

willthegunscomeouthannielkhatibLes noms les plus connus ne sont pas toujours la garantie d’une plus grande qualité. Mon avis qui parlera de deux inconnus et d’un artiste ayant déjà acquis une certaine notoriété en sera la preuve. Je vais d’ailleurs commencer par ce dernier, à savoir Hanni El Khatib et son album Will The Guns Come Out, sorti en 2011 et qui était son premier. Bon, j’avoue que je ne le connaissais que de nom, mais à travers des échos plutôt positifs. Or si sa musique, un rock très classique, est assez maîtrisée, il abuse quelque peu des effets de dissonances… Ok, c’est vraiment quelque chose que je n’aime particulièrement pas personnellement, mais au-delà de ça, je trouve quand même que l’album est globalement tristounet et relativement transparent.

sunnysideupslowjoeOn enchaîne avec quelque chose de nettement plus réjouissant, à savoir Slow Joe and the Ginger Accident et leur album Sunny Side Up. Il s’agit d’un projet musical regroupant un artiste indien nommé Joseph Rocha (et surnommé Slow Joe) et le Français Cédric de la Chapelle. Le tout donne un résultat parfois brouillon mais souvent entraînant, qui mélange les styles musicaux : jazz, country, blues, folk… Les instrumentations sont toujours assez sobres sur lequel vient se poser une voix certes limitée, mais qui utilise toute les intonations qu’elle est capable de produire. L’ensemble manque néanmoins de titres marquants, même si je retiendrai le slow un rien rétro : Give Me Your Love.

tameranimalsotherlivesOn finit rapidement avec Tamer Animals, deuxième album du groupe de rock indépendant américain Other Lives. Rapidement car il n’y a pas grand chose à dire à part que c’est plat, plat, plat… Une voix éthérée vient se poser sur des instrumentations terriblement monotones. Et c’est comme ça du début à la fin. Une découverte qui aurait donc mérité de rester dans l’ombre.