PAPA OU MAMAN : Ou rien…

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papaoumamanafficheAprès la comédie sur le coming-in (Toute Première Fois), voici une autre comédie française qui part d’une situation classique pour la renverser. En effet, dans Papa ou Maman, le deux parents ne se battent pas pour la garde des enfants, mais au contraire pour surtout pas l’avoir. Voilà une idée originale qui aurait pu être excellente. Elle est malheureusement là aussi assez mal exploitée et donne un résultat plutôt poussif.

Si Papa ou Maman est un film franchement médiocre, au moins, ce n’est pas la faute de Laurent Lafitte et Marina Foïs. S’ils ne tiennent pas là le rôle de leur vie, au moins donnent-ils leur maximum. Ils ne renouvellent pas non plus leur répertoire, mais insufflent une énergie qui aurait faire de ce film une réussite. Ils portent le film sur leur dos et font que l’on ne sombre pas complètement dans l’ennui, porté par un fol espoir que le final sera nettement plus intense que le reste du film. C’est légèrement le cas, mais pas assez pour sauver le film.

papaoumamanPapa ou Maman est long à démarrer. La mise en place de l’intrigue prend beaucoup de temps, or la majorité des spectateurs connaît déjà le pitch en arrivant dans la salle et a donc envie qu’on aille à l’essentiel. Et une fois que tout est lancé, c’est plutôt la déception qui domine. Les idées sont toutes assez attendues et surtout ne sont pas si nombreuses que ça. Cela reste au niveau du service minimum niveau intensité et créativité. On sourit de temps en temps, quelques éclats de rire surviennent, mais pas assez pour une comédie digne de ce nom. Bref, on se demande vraiment comment les scénaristes ont pu s’y mettre à trois pour nous livrer si peu de choses…

LA NOTE : 9/20

Fiche technique :
Production : Pathé, M6 films, Jouror films, Chapter 2, Fargo films, UMedia
Distribution : Pathé distribution
Réalisation : Martin Bourboulon
Scénario : Alexandre de La Patellière, Matthieu Delaporte, Jérôme Fansten, d’après une idée de Guillaume Clicquot de Mentque
Montage : Virginie Bruant
Photo : Laurent Dailland
Décors : Stéphane Taillasson
Musique : Jérôme Rebotier
Costumes : Anne Schotte
Durée : 85 mn

Casting :
Marina Foïs : Florence leroy
Laurent Lafitte : Vincent Leroy
Alexandre Desrousseaux : Mathias Leroy
Anna Lemarchand : Emma Leroy
Achille Potier : Julien Leroy
Judith El Zein : Virginie
Michaël Abiteboul : Paul
Vanessa Guide : Marion
Michel Vuillermoz : Coutine
Anne Le Ny : le juge

L’ENQUETE : Eclaircir Clearstream

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lenqueteafficheClearstream, voici un nom qui vous dit quelque chose si vous suivez ne serait-ce qu’un tant soit peu l’actualité. Si vous êtes un peu plus pointu vous vous rappellerez que cette affaire a coûté son avenir politique à Dominique de Villepin. Mais quand vous y repensez, vous ne savez pas grand chose de plus et vous seriez bien incapable d’en expliquer les tentants et les aboutissants. Ou sinon chapeau ! Ou sinon, c’est que vous avez vu L’Enquête, un film consacré à Denis Robert, le journaliste grâce auquel tout cela a fini sur la place publique.

Nous faire un peu mieux comprendre les ressorts de l’affaire Clearstream est a peu près le seul intérêt de l’Enquête. Vous me direz, c’est déjà pas mal, et rien qu’en ce sens, je peux dire que ce film m’a intéressé et que je ne me suis pas du tout ennuyé. Mais il faut bien avouer que cinématographiquement parlant, il reste assez médiocre. On est un peu face à un « les Hommes du Président du pauvre ». La réalisation est très moyenne, ou du moins sans grand intérêt, et les comédiens sont très mal dirigés. Peu de personnages sont vraiment crédibles, tant ceux qui les interprètent semblent figés et mal à l’aise.

lenqueteGilles Lellouche est un acteur très sympathique, mais il faut bien l’admettre, il n’est cependant pas un très grand acteur. Jamais il ne sublime son personnage et se contente juste d’une interprétation professionnelle et sans relief. Il est à l’image de L’Enquête, un film sans souffle épique alors que la quête de la vérité… constitue justement une quête. Le propos reste très manichéen et ne nous épargne aucun des clichés relatifs au journaliste courageux face au vilain système corrompu. Certes, le combat de Denis Robert est courageux et le système largement pourri. Mais on combat rarement efficacement les ombres avec une blancheur trop éclatante pour être crédible… Putain, c’est beau ce que je dis…

LA NOTE : 10/20

Fiche technique :
Production : Samsa Films, Nord-Ouest productions, Artémis Productions, Mars Films, Cool Industrie
Distribution : Mars distribution
Réalisation : Vincent Garenq
Scénario : Vincent Garenq, Stéphane Cabel, d’après les livres de Denis Robert
Montage : Vincent Garenq, Elodie Codaccioni, Raphaël De Monpezat
Photo : Renaud Chassaing
Décors : Véronique Sacrez
Musique : Erwann Kermorvant
Durée : 106 mn

Fiche technique :
Gilles Lellouche : Denis Robert
Charles Berling : Le Juge Van Ruymbeke
Laurent Capelluto : Imah Lahoud
Florence Loiret-Caille : Géraldine Robert
Christian Kmiotek : Régis Hempel
Gregoire Bonnet : L’éditeur Laurent Beccaria
Eric Naggar : Jean-Louis Gergorin
Hervé Falloux : Dominique de Villepin
Thomas Seraphine : Arnaud Montebourg

POT-BOUILLE : Fallait pas énerver Emile !

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potbouilleFallait pas énerver Emile! Car quand Zola a décidé de régler ses comptes, ça envoie du lourd comme disent les jeunes et quelques commentateurs sportifs ! Bien sûr, l’histoire se souvient de son J’accuse ! Mais avant cela, il avait écrit Pot-Bouille pour rendre la monnaie de sa pièce à une bourgeoisie bien pensante qui avait alors une fâcheuse tendance à vouloir le traîner dans la boue. Qu’à cela ne tienne, il se décide de bousculer le plan initial imaginé pour les Rougon-Macquart pour nous livrer un réquisitoire contre l’hypocrisie de la classe sociale dominante.

Pot-Bouille a pour décor un de ses grands immeubles parisiens organisés autour d’une cour centrale. Un temps où les chambres de bonne servaient encore pour les bonnes. Une sorte de société à l’état miniature avec ses amours, ses secrets, ses mensonges et ses adultères. C’est surtout ce dernier point qui sert de fil rouge à l’intrigue. Car pour Zola, à force de faire des jeunes filles des idiotes sans éducation qui savent rien du monde réel, on en finit par en faire des femmes dont le seul horizon est l’ennui. Il leur faut donc prendre les distractions là où elles sont, même si c’est dans le lit du beau jeune homme qui vient tout juste d’arriver à Paris et d’emménager à l’étage au-dessus.

On peut facilement imaginer l’ampleur du scandale provoqué par Pot-Bouille lors de sa sortie en 1882. Ca ne parle pas de « cul » mais presque. Et cela se termine par la description d’un accouchement qui reste assez crue, même pour le lecteur blasé du XXIème siècle. Alors si ce roman n’est peut-être pas le meilleur de la saga des Rougon-Macquart, il a quelque chose de vraiment jouissif, un ode à la provocation qui en ces heures troublées a une résonance un peu particulière. Il y a eu des gens comme Emile Zola pour oser au XIXème. Espérons que notre siècle en compte lui aussi de nombreux !

PHOENIX : La fin du fin

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phoenixafficheParfois une scène peut sauver un film. Ou du moins lui faire pendre une toute autre dimension. Surtout s’il s’agit d’une ultime séquence qui laisse le spectateur sur une très bonne impression. C’est le cas de Phoenix, un film allemand globalement maîtrisé, mais maquant un peu de souffle. Jusqu’à la dernière scène qui vient apporter une petite touche de génie qui fait peut-être pas toute, mais au moins une petite différence.

Phoenix est une histoire quelque peu improbable, mais convaincante. Une histoire sans réels rebondissements, mais parcourue par un suspense constant puisqu’on se demande comment tout cela va finir, en sachant que la réponse ne viendra qu’à la toute fin. Pour le reste, on est là avant tout devant un film de personnages avec un fond historique très fort. L’ensemble est porté par une réalisation d’une élégance typiquement germanique. Certains diront que cela ressemble parfois à un téléfilm. Mais un téléfilm avec une photographie remarquable et un sens de l’image particulièrement développé.

phoenixCependant, il est vrai que le tout ronronne pendant une heure et demi. Le suspense se maintient et par la même occasion la curiosité du spectateur. Puis vient ce moment de grâce cinématographique qui offre à Phoenix un magnifique dénouement. On en ressort donc le souffle un peu court et sous le charme d’une Nina Hoss qui se révèle d’un coup, alors qu’elle s’est surtout contentée de nous offrir une jolie collection de yeux de chien battu pendant tout le reste du film. Une belle fin n’est jamais une fin en soi, mais nous permet de ne pas trop rester sur notre faim.

LA NOTE : 11/20

Fiche technique :
Production : Schramme Film Koerner & Weber, Bayerischer Rundfunk, WDR, Arte
Distribution : Diaphana distribution
Réalisation : Christian Petzold
Scénario : Christian Petzold, Harun Farocki, d’après le roman Le retour des cendres d’Hubert Monteilhet
Montage : Bettina Böhler
Photo : Hans Fromm
Décors : Kade Gruber
Musique : Stefan Will
Directeur artistique : Merlin Ortner
Durée : 98 mn

Casting :
Nina Hoss : Nelly Lenz
Ronald Zehrfeld : Johannes dit Johnny
Nina Kunzendorf : Lene Winter
Michael Maertens : Arzt
Imogen Kogge : Elisabeth

TOUTE PREMIERE FOIS : Une idée et plus rien… (ou pas grand chose)

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toutepremierefoisafficheLe coming out a déjà été au centre de nombreuses comédies. Il fallait donc renouveler le genre et trouver quelque chose de vraiment innovant. Voici donc la première comédie sur le coming in. Toute Première Fois nous raconte en effet l’histoire d’un gay, sur le point de se marier, qui tombe amoureux… d’une femme. On imagine bien que cela peut se prêter à tout un tas de situations coquasses et inattendues. Si le film nous en propose bien quelques unes, mais souffre tout de même de trop de faiblesses pour les exploiter pleinement.

Toute Première Fois est une comédie un peu poussive et à moitié drôle. Déjà, elle possède en la personne de Franck Gastambide, découvert dans Kaïra Shopping, un élément de lourdeur qui plombe quelque peu le film. Il s’agit avant tout du personnage en lui-même, mais l’interprétation en rajoute tout de même une couche. Mais à côté de ça, on a vraiment l’impression que Noémie Saglio et Maxime Govare ont eu l’intuition de tenir une idée de base vraiment géniale pour faire un bon film, mais se sont montrés incapables de la développer. Le film n’est pas totalement raté, mais ne décolle jamais vraiment.

toutepremierefoisReste néanmoins deux raisons de se réjouir devant Toute Première Fois. Pour les hommes, le charme assez incroyable d’Adrianna Gradziel. Pourtant dieu sait si les grandes blondes filiformes ne sont pas ma tasse de thé, mais là, j’avoue, je peux tout à fait comprendre qu’un gay, ou bien même le Pape, ou encore un mort tombe amoureux de cette charmante créature. Mais que les femmes se rassurent, elles en auront aussi pour leur argent car elles auront largement l’occasion d’admirer la plastique de Pio Marmai… toute la plastique !!! C’est un peu faible pour faire un film, mais c’est déjà mieux que rien.

LA NOTE : 10,5/20

Fiche technique :
Production : Les Improductibles, Kaly productions, Gaumont, M6 films
Distribution : Gaumont distribution
Réalisation : Noémie Saglio, Maxime Govare
Scénario : Noémie Saglio, Maxime Govare
Montage : Béatrice Herminie
Photo : Jérôme Alméras
Décors : Christian Marti
Musique : Mathieu Lamboley
Costumes : Frédéric Cambier
Durée : 90 mn

Casting :
Franck Gastambide : Charles
Camille Cottin : Clémence
Adrianna Gradziel : Adna
Lannick Gautry : Antoine
Frédéric Pierrot : Hubert Deprez
Isabelle Candellier : Françoise Deprez
Sébastien Castro : Nounours

IMITATION GAME : Alan Turing, l’homme du XXème siècle

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imitationgameafficheNouveau biopic sur un génie de la science britannique avec Imitation Game (traduction du titre original The Imitation Game… sans commentaire) qui nous fait découvrir le destin étonnant d’Alan Turing. L’homme qui a tout simplement permis aux Alliés de gagner la guerre, en inventant au passage ce que nous appelons banalement aujourd’hui un ordinateur. Un des hommes les plus importants du XXème siècle que ce film met enfin en lumière, après des décennies où le secret défense avait plongé une partie de sa vie dans l’ombre.

Imitation Game s’appuie donc sur deux grandes qualités. Déjà sur l’intérêt de son sujet. Car la vie d’Alan Turing ne se résume pas qu’au parcours d’un individu. Il se heurte à plusieurs éléments majeurs de l’histoire de l’Angleterre. La Seconde Guerre Mondiale déjà, qui occupe une place centrale dans ce film, mais aussi des questions de société liées à son homosexualité. Résumer ce film à la vie de l’inventeur de l’informatique serait donc particulièrement réducteur et injuste. Surtout que le tout est raconté avec beaucoup d’intelligence, un vrai sens de la narration, le film étant parcouru d’un suspense constant. Si on doit faire un reproche, c’est peut-être un démarrage un peu lent à cause duquel le spectateur met un certain temps à rentrer totalement dans cette histoire.

imitationgameImitation Game se distingue par le fond, mais aussi par la forme. Le sens de la narration se traduit par un montage brillant qui nous permet de suivre les trois époques auxquelles nous transporte le film en voyant toujours très bien ce qui les relie, apportant une vraie unité au propos qui ne se résume pas au déroulé d’une vie. La réalisation de Morten Tyldum est sobre mais très élégante, arrivant notamment à créer des ambiances visuelles légèrement différentes entre les époques nous permettant de toujours savoir où nous sommes. Enfin, la performance de Benedict Cumberbatch est d’une justesse remarquable. Il donne vie à son personnage en mettant en avant son caractère exceptionnel, sans lui retirer son humanité.

LA NOTE : 14,5/20

 

Fiche technique : 
Production : Black Bear Pictures, FilmNation Entertainment, Bristol Automotive
Distribution : StudioCanal
Réalisation : Morten Tyldum
Scénario : Graham Moore, d’après le livre d’Andrew Hodhes
Montage : William Goldenberg
Photo : Oscar Faura
Décors : Maria Djurkovic
Musique : Alexandre Desplat
Costumes : Sammy Sheldon
Durée : 114 mn
 
Casting : 
Benedict Cumberbatch : Alan Turing
Keira Knightley : Joan Clarke
Matthew Goode : Hugh Alexander
Rory Kinnear : Detective Robert Nock
Allen Leech : John Cairncross
Matthew Beard : Peter Hilton
Mark Strong : Stewart Menzies
Charles Dance : Commander Denniston
James Northcote : Jack Good

FOXCATCHER : Des galons pour Steve Carell

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foxcatcherafficheLes grands acteurs comiques ont souvent enfin reçu la reconnaissance qu’ils méritaient le jour où ils ont brillé aussi dans un rôle dramatique. On se rappelle de Coluche recevant un César pour son rôle dans Tchao Pantin. Steve Carell a désormais gagné définitivement ses galons de grand comédien dans Foxcatcher, un des premiers films très attendus de ce début d’année 2015. Une attente comblée avec un long métrage maîtrisé de bout en bout.

Foxcatcher nous plonge dans un des faits divers les plus étonnants qu’aient connus les Etats-Unis dans les années 80. De notre côté de l’Atlantique, les faits ont nettement moins marqué les esprits, on peut donc le regarder comme une pure fiction, même si le fait que cela soit une histoire vraie peut renforcer l’intérêt du spectateur. En tout cas, elle donne lieu à un scénario remarquablement bien écrit, dont il serait criminel de dévoiler quoique ce soit, tant il progresse de bout en bout sans jamais laisser présager de ce qui va suivre. Il n’y a pas à proprement parler de rebondissements, mais une tension narrative constante et très forte.

foxcatcherDommage que la réalisation manque un peu de dynamisme pour amplifier cette tension. Le choix d’un rythme plutôt lent participe à l’ambiance générale de Foxcatcher, mais le prive d’un souffle qui aurait fait franchir à cet excellent film un palier supplémentaire. Cependant, cela nous laisse le temps d’admirer la performance d’un trio d’acteurs parfaitement dirigé. Channing Tatum et Mark Ruffalo tiennent là un de leurs rôles les plus marquants, en termes de qualité d’interprétation notamment. Et que dire d’un Steve Carell méconnaissable et terriblement inquiétant ! Cela renforce l’impression d’une maîtrise esthétique et artistique totale de la part de Bennett Miller, même si cette perfection l’a peut-être conduit à une légère tendance à l’auto-contemplation.

LA NOTE : 14/20

Fiche technique :
Production : Annapurna pictures
Réalisation : Bennett Miller
Scénario : E. Max Frye, Dan Futterman
Montage : Stuart Levy, COnor O’Neill, Jay Cassidy
Photo : Greig Fraser
Décors : Jess Gonchor
Distribution : Mars Films
Musique : Rob Simonsen
Durée : 134 mn

Casting :
Channing Tatum : Mark Schultz
Mark Ruffalo : Dave Schultz
Steve Carell : John du Pont
Vanessa Redgrave : Jean du Pont
Sienna Miller : Nancy Schultz
Anthony Michael Hall : Jack

DISCOUNT : Morale à bas prix

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discountafficheLe mythe Robin des Bois est un mythe éminemment positif. Personne ne se sent insulté quand on le traite de Robin des Bois. C’est cette place très favorable que la notion de « voler aux riches pour donner aux pauvres » occupe dans notre imaginaire collectif qui nous fait aimer les personnages de Discount. Les riches en question ici étant un hypermarché qui traite ses employés pas mieux que le Shérif de Nottingham en son temps. Cependant quelques questions restent en suspens…

Je ne sais pas si cela vient de mon éducation bien comme il faut, mais j’ai quand même traversé ce film en ayant dans un coin de ma tête une petite voix disant « oui mais quand même, ils volent… ». Cela n’aurait pu ne poser aucun problème si cette dimension morale était vraiment traitée. Or, Louis-Julien Petit ne fait que l’évoquer très furtivement, comme s’il était un peu gêné aux entournures et avait fait son film en se contentant de croiser les doigts en espérant que le spectateur accepte la situation sans se poser trop de question.

discountEt c’est vrai que cela peut marcher car les personnages sont assez attachants pour que l’on épouse leur combat. Mais tout cela fait que Discount n’est qu’une comédie légère, avec comme seul fond de réflexion « La grande distribution, c’est mal ! Les actionnaires sont vilains ! Bouh ! ». Ca reste un peu léger et le personnage de la directrice du magasin, interprétée par Zabou Breitman, présentée elle-aussi comme une victime malheureuse, ne vient pas vraiment enrichir le propos. D’ailleurs tout cela aboutit à un dénouement qui laisse la plupart des questions et des sous-intrigues en suspens, sans réelle conclusion. Et comme à côté de ça, le côté comédie est sympathique, mais sans plus, cela donne au final un résultat plutôt moyen.

LA NOTE : 10,5/20

Fiche technique :
Distribution : Wild Bunch distribution
Réalisation : Louis-Julien Petit
Scénario : Louis-Julien Petit, Samuel Doux
Montage : Antoine Vareille
Photo : David Chambille
Décors : Cécile Deleu
Musique : Chkrrr
Durée : 105 mn

Casting :
Olivier Barthélemy : Gilles
Corinne Masiero : Christina
Pascal Demolon : Alfred
Sarah Suco : Emma
M’Barek Belbouk : Momo
Pablo Pauly : Hervé
Zabou Breitman : Sofia Benhaoui
Francesco Casisa : Francesco

HEAVEN AND EARTH (John Martyn), THE WHOLE LOVE (Wilco), HOW DO YOU DO (Mayer Hawthorne) : Charmes divers

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heavenandearthjohnmartynUn avis musical, voilà quelque chose que je n’avais pas fait depuis longtemps. Ah que c’est dur d’être un homme si débordé. On commence avec Heaven and Earth, sorti en 2011… soit deux ans après la mort de son interprète, John Martyn, un auteur-compositeur-interprète britannique folk rock dont la carrière se sera étirée des années 60 à la fin des années 2000. Cet album nous permet de découvrir sa voix rocailleuse et sombre, qui vient se poser sur des instrumentations très simples. Le tout le manque parfois de peps, mais le résultat est quand même globalement très mélodieux et non dénué d’un certain charme.

thewholelovewilcoOn enchaîne avec The Whole Love du groupe de rock américain Wilco. C’est le troisième album de ce groupe dont j’écris la critique. Mes deux premières furent plus que positives. Cette dernière sera plus mitigée. Il faut dire que l’album s’ouvre avec un titre plutôt faiblard. La suite est plus convaincante, propre, maîtrisé, mais sans grand relief. L’album constitue en fait plutôt un fond musical sympathique, plutôt qu’une accroche d’oreille. On retiendra une belle ballade, Open Mind, et Standing le titre le plus dynamique et le plus rock.

howdoyoudomayerhawthorneOn termine avec une vraie belle découverte. Mayer Hawthorne est un chanteur et compositeur américain, aux influences multiples. Avec How Do You Do, il nous livre une musique douce et envoûtante parfois, groovy et entraînante souvent. Mais une musique toujours marquée par une grande maîtrise et une réelle énergie. La voix de Mayer Hawthorne n’a peut-être pas une voix exceptionnelle, mais elle l’exploite parfaitement. L’album est très homogène et surtout toujours très bon. On retiendra tout de même le titre Hooked qui sort d’un lot déjà excellent.

UNE MERVEILLEUSE HISTOIRE DU TEMPS : Par delà les étoiles

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unemerveilleusehistoiredutempsaffichePremier de deux excellents biopics consacrés à des scientifiques britanniques quelque peu singuliers, Une Merveilleuse Histoire du Temps est un excellent biopic consacré à un scientifique quelque peu singulier, à savoir Stephen Hawking. Un destin extraordinaire, un homme extraordinaire, à un tel point que l’on pouvait redouter lourdeur et bons sentiments indigestes. James Marsh a contraire su trouver le bon ton pour ne laisser que l’émotion.

Une Merveilleuse Histoire du Temps n’est pas à la hauteur du génie scientifique de Stephen Hawking. Mais ça, c’était évidemment hors de portée. Par contre, il rend un parfait hommage à la richesse de cette personnalité hors du commun dont le sens de l’humour n’est sûrement pas la dernière des qualités, comme les fans de The Big Bang Theory le savent. Un homme qui par sa simple existence envoie plus de messages d’espoir et d’optimiste que n’importe quel discours. La grande force de ce film est d’avoir su justement ne jamais insister sur cet aspect. Le simple récit de cette vie hors du commun suffit à elle-même. Seul reproche, une longueur peut-être un peu excessive et quelques moments plus faibles.

unemerveilleusehistoiredutempsMais évidemment tout cela aurait été bien inutile sans un interprète à la hauteur, qui sache là aussi ne pas en faire trop. Un rôle à Oscar qui pourrait bien valoir à Eddie Redmayne une petite statuette ce dimanche. Pourtant, je n’avais jamais réussi à aimer cet acteur jusqu’à présent, mais là je dois m’incliner devant cette performance. Certes, les biopics se prêtent tout particulièrement à ce genre de performance, mais si jamais il était récompensé, cela serait amplement mérité. Mais plus largement, c’est le film qui mérite notre admiration sincère.

LA NOTE : 14/20

Fiche technique :
Production : Working Title Films
Distribution : Universal Pictures International France
Réalisation : James Marsh
Scénario : Anthony McCarten, d’après le livre de Jane Hawking
Montage : Jinx Godfrey
Photo : Benoît Delhomme
Décors : John Paul Kelly
Musique : Johann Johannsson
Costumes : Steven Noble
Durée : 123 mn

Casting :
Eddiye Redmayne : Stephen Hawking
Felicity Jones : Jane Hawking
David Thewlis : Dennis Scuama
Harry Lloyd : Brian
Emily Watson : Beryl Wilde
Simon McBurney : Frank Jawking
Michael Marcus : Ellis